Tag: santé mentale

  • Avec le festival « FEMMES ! », le cinéma s’accorde au féminin

    Avec le festival « FEMMES ! », le cinéma s’accorde au féminin

    Le rendez-vous a été fondé en 2001 suite à la rencontre de deux militants féministes, Luc Patentreger, médecin, dessinateur, et entrepreneur social, et Loutcha Dassa, ancienne déportée à Auschwitz décorée de la médaille de chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres en 2012 et de la Légion d’Honneur en 2021 pour sa lutte pour l’inclusion des femmes dans la société et le milieu artistique.

    Le festival Femmes ! revient pour une 24e édition, du 5 au 24 novembre. Six salles dans quatre villes s’en feront le relais : Théâtre Liberté et cinéma Le Royal à Toulon, cinéma Six n’étoiles à Six-Fours, Casino Joa et centre culturel Tisot à La Seyne-sur-Mer et cinéma Le Rocher à La Garde.

    44 films en compétition

    Ce festival se définit comme « œuvrant pour l’égalité entre femmes et hommes », avec « une conviction : l’art peut et doit être un levier d’émancipation, d’égalité et de liberté. Nous portons un féminisme universaliste qui réunit toutes les femmes, quels que soient leurs origines, leurs parcours ou leurs frontières, et qui invite les hommes à être pleinement partenaires de ce combat ». Cette année, la thématique « Duo », centrée sur la question « que raconte une femme quand elle parle d’elle à travers l’autre ? », invite à porter « ce féminisme du lien, de l’altérité, du respect, qui trouve dans ce thème une résonance naturelle qui refuse les cloisonnements et se nourrit du dialogue, car l’égalité se construit ensemble ».

    44 films de 16 pays seront en compétition pour le Prix du Public, parmi lesquels 8 avant-premières et 14 films en sortie nationale. Seront également remis le Prix du Jury et le Prix d’interprétation féminine avec sept films, en avant-première, en compétition. Autour de la compétition, le public pourra profiter, entre autres, d’une masterclass donnée par les acteurs de l’iconique série Plus belle la vie, d’un atelier cinéma pour apprendre à analyser les films, de soirées thématiques (dont la nuit des courts-métrages), d’expositions, ou encore de douze débats et conférences sur des thématiques féministes (santé mentale, violences sexuelles et sexistes…) et artistiques. De nombreux réalisateurs et acteurs seront également présents pendant ces trois semaines.

    Infos et tarifs sur femmesfestival.fr

  • [Entretien] Marcel Rufo : « Il faut mettre des moyens financiers mais surtout des moyens en personnes  »

    [Entretien] Marcel Rufo : « Il faut mettre des moyens financiers mais surtout des moyens en personnes  »

    La Marseillaise : Au cours de la semaine passée deux enfants se sont donné la mort par pendaison. L’une à Sarreguemines et l’autre à Martigues. Ils avaient respectivement 9 et 12 ans. Fait-on face à une augmentation de ces suicides ?

    Marcel Rufo : C’est rarissime. Normalement, c’est 7 à 8 par an donc oui il y a une hausse. Et là, vous vous rendez compte, on en a déjà deux dans le mois… Ces tendances suicidaires, c’est comme les autres pathologies. Je crois que l’explication, c’est l’importance de deux phénomènes sur les réseaux sociaux, les moyens informatiques et le cyberharcèlement, surtout.

    Santé publique France alerte sur cette dégradation de la santé mentale chez les jeunes. Quelles en sont les causes ?

    M.R. : Il y a des réseaux sociaux, mais aussi l’incertitude généralisée, la guerre, l’écologie, l’avenir qui est sombre. Ils sont dans une situation où leur avenir, n’est pas rose, est plutôt dramatique. La question de la retraite, le fait qu’ils devront payer la retraite des personnes âgées, qu’ils n’auront pas de retraite eux-mêmes. C’est étonnant à les entendre. C’est très nouveau.

    Une étude menée par des chercheurs de l’Inserm et de l’Université Paris-Cité indique qu’un tiers des Français âgés de 11 à 24 ans présentent des signes de troubles anxieux ou dépressifs. Comment cela se manifeste-t-il ?

    M.R. : Par l’impression de ne pas avoir d’avenir, par de la morosité, des problèmes de sommeil. La perte de sommeil est un signe majeur. C’est la conséquence de cauchemars, de malaises, de l’anxiété et de l’angoisse, qui les réveille. Paradoxalement aussi, ces jeunes ont une hostilité, une violence, une auto-violence, la scarification est un phénomène très, très fréquent. Et ces suicides dont on parlait antérieurement.

    Le gouvernement avait fait de 2025 l’année de la santé mentale. Les moyens alloués sont-ils à la hauteur de cette ambition ?

    M.R. : C’est bien que la santé mentale soit en premier plan. Ce n’est pas assez pris au sérieux car ce n’est pas visible, comme pourrait l’être un cancer par exemple. Les parents et les enseignants sont peu au courant de tout cela, ou parfois ne le voient pas. Il faut connaître ces symptômes. L’alliance entre les familles et les enseignants aidera beaucoup les adolescents à surmonter tout ça. Il faut mettre des moyens financiers, mais surtout des moyens en personnes. Il faut former les enseignants et aussi les parents, c’est très important.

    Le club de santé scolaire, c’est vraiment le meilleur moyen de prévenir. Si on augmente ce personnel soignant et éducatif, on fait une véritable œuvre de prévention. La prévention coûte moins cher que le soin.

    Y a-t-il assez de places dans les services dédiés ?

    M.R. : Il n’y a pas assez de places. Je le vois à la Penne-sur-Huveaune, on a des listes d’attente énormes. Dans les centres médico- psychologiques (CMP), il y a plus de six mois à un an d’attente. Attendre six mois dans un état dépressif, un risque suicidaire….

    S’il y a un risque d’infarctus, on dit à quelqu’un qu’on verra dans six mois, a le temps de mourir.

    L’une des recommandations du CESE est la mise en place d’un « couvre-feu numérique pour les mineurs de 22 à 8 heures » ?

    M.R. : Oui c’est très bien. Demander à un adolescent ce qu’il écoute, ce qu’il regarde, ça fait partie d’un examen. Il ne faut pas l’oublier.

    Entretien réalisé par Laureen Piddiu

  • Un tiers des jeunes en souffrance psychique

    Un tiers des jeunes en souffrance psychique

    Ce lundi, Sarah El Haïry, Haute-commissaire à l’Enfance, organise une conférence sur la santé mentale des jeunes dans le cadre d’un nouveau cycle de rencontres mensuelles intitulé « Enfance en débat », consacré aux grands enjeux de l’enfance. Intitulée « Santé mentale des jeunes : un défi collectif vers une société engagée », cette journée va mettre en relief une réalité inquiétante : selon une étude de grande ampleur menée par L’inserm, un tiers des jeunes de 18 à 24 ans déclarent être en souffrance, de l’anxiété aux troubles psychiatriques.

    L’enjeu est aussi au cœur du travail d’une commission parlementaire sur la prise en charge de la santé mentale et du handicap. Le 22 septembre, son rapporteur, le député socialiste de Gironde, Sébastien Saint-Pasteur, estimait que « le compte n’y est pas », un an après que le sujet eut été érigé en « grande cause nationale » par l’ancien Premier ministre Michel Barnier.

    Le handicap et la santé mentale sont « deux sujets qui se rejoignent par rapport aux délais et aux difficultés de prise en charge mais aussi dans le manque de professionnels », a déclaré le député socialiste. La Commission poursuit cette semaine ses auditions et devrait rendre publiques ses préconisations à la fin de l’année.

    Partenariat avec Disney

    Ce manque de moyens publics pour répondre aux besoins des plus jeunes est illustrée par la décision du gouvernement de lancer un partenariat avec le géant américain du divertissement Disney. Cette campagne de sensibilisation à la santé mentale à destination des enfants dévoilée le 9 octobre, s’appuie sur les personnages du film Vice-Versa. Un livret d’information à destination des enfants du CP à la 6e, « Parlons santé mentale », met en page les personnages et des visuels inspirés du film d’animation à succès de Pixar, filiale de Disney. Il sera mis à disposition des enseignants partout en France dans les prochains jours, après les vacances scolaires de la Toussaint. Des affiches, un livret à destination des parents, et un spot d’information complètent le dispositif. « Plus de 40% des 18-24 ans présentent des signes de dépression », a souligné Michaël Nathan, directeur du Service d’information du gouvernement (SIG), lors d’une conférence de presse jeudi 9 octobre. Il a précisé que Disney n’avait pas été rémunéré dans le cadre du partenariat, décrit comme un outil d’information sur la santé mentale parmi d’autres. Il a rappelé que le ministère de l’Éducation nationale utilisait aussi la mini-série Adolescence, diffusée sur Netflix, sur les dangers des réseaux sociaux et des mouvements virilistes chez les adolescents. « On a là des outils qui correspondent exactement à ce qui est impactant » chez les plus jeunes, « toutes les études, tous les experts nous disent que sur ces questions (…), si on l’aborde directement en termes de (…) de message sanitaire, on n’atteint pas nos objectifs », a expliqué Thibaut de Saint Pol, délégué interministériel à la jeunesse, lors de la conférence.

    Une institutrice de la Drôme confie que « sur Eduscol », outil de ressources pédagogiques pour les enseignants, « on a du matériel mais ces supports ne sont pas adaptés aux enfants actuels. Il nous manque des ressources clés en main, des supports parlants, colorés… », ajoute-t-elle, affirmant que « tout le monde utilise Vice Versa (…), la gestion des émotions, c’est un vrai sujet dans nos classes ».

    Elle interroge toutefois : « j’utilise La couleur des émotions d’Anna Llenas, un classique de la littérature jeunesse » en classe, « pourquoi ne promeut-on pas ce genre de livres ? ». Aurélie Gagnier, co-secrétaire générale du FSU-Snuipp, affirme que « le ministère ne devrait pas avoir à conclure des partenariats avec des (intermédiaires) privés pour combler ses manques, particulièrement avec des multinationales ». L’enquête Talis, menée par l’OCDE auprès des enseignants et chefs d’établissements, « dit bien que les compétences socio-émotionnelles en France sont moins travaillées que dans les autres pays » car « nous manquons de formations », constate-t-elle.

    À SAVOIR

    Étude Mentalo

    C’est la première grande étude nationale sur le bien-être mental des 11-24 ans menée par l’Inserm. Elle les questionne plusieurs fois dans l’année, afin de suivre l’évolution de leur bien-être et d’identifier les facteurs qui y sont associés. Lancée en mai 2024, elle s’achèvera en 2026.

    Les filles plus touchées

    Le bureau Europe de l’OMS a publié en octobre 2023 les données issues de l’enquête Health Behaviour in School-aged Children (HBSC). En France, la santé mentale s’y dégrade particulièrement à 15 ans et parmi les jeunes filles qui déclarent plus souvent que les garçons un mal-être.

    Huit ados sur dix se disent en bonne santé

    8 sur 10 des élèves de collège et de lycée se perçoivent en bonne santé. Un tiers des élèves interrogés se sont déclarés en excellente santé selon une étude menée par l’Inserm. Mais seuls la moitié d’entre eux ont un bon niveau de bien-être mental.

    Risque de dépression

    14% des collégiens et 15% des lycéens présentent un risque important de dépression. Le fait de manquer d’énergie, de se sentir découragé et d’avoir du mal à réfléchir sont les trois principaux symptômes dépressifs déclarés par les adolescents.

  • Jeunes en péril

    Jeunes en péril

    Selon le haut conseil de la santé publique, « au cours des 30 dernières années, la santé physique et mentale des adolescents n’a cessé de se dégrader, reflétant une moins bonne condition physique, un sommeil réduit, une sédentarité accrue. » La révolution numérique est pointée du doigt avec une utilisation inconsidérée des écrans mais aussi une alimentation « de plus en plus dominée par les aliments ultra-transformés et la restauration rapide ». Ce qui provoque des cancers à l’âge adulte plus précoces alertent les oncologues. C’est en fait tout un modèle de société, basé sur l’ultra-consommation, le capitalisme boosté par les algorithmes pilotés par les Gafam, qu’il convient de remettre en cause.

    L’affaire de tous

    Les jeunes de 11 à 24 ans, sont les cibles privilégiées des géants de la tech et de la malbouffe. L’épidémie de Covid, les crises climatiques et sociales sont aussi invoquées par le haut conseil pour expliquer le mal-être des enfants, adolescents et jeunes adultes. C’est donc l’affaire de tous et « un défi collectif » selon le Haut-commissariat à l’enfance.

    Si les études progressent pour prendre la mesure de cette épidémie de mal-être, la santé mentale demeure encore le parent très pauvre de notre système de santé. Les délais pour les consultations, les places en hôpitaux psychiatriques dédiées aux plus jeunes et les professionnels sont en deçà des besoins et des demandes des familles et des jeunes. Les préconisations de la commission parlementaire sur le handicap et la santé mentale seront dévoilées à la fin de l’année. Le budget devra y répondre.

  • Cinéma : changer de regard sur la santé mentale

    Cinéma : changer de regard sur la santé mentale

    La santé mentale s’invite dans les salles obscures nîmoises. Du 10 au 13 octobre, le cinéma Le Sémaphore accueille pour la première fois le festival Cinéma à la folie, nouveaux regards sur la santé mentale. Un événement inédit qui associe art et sensibilisation, pour briser les clichés persistants sur les troubles psychiques.

    Imaginé par la Fondation Érié, le Fipadoc et le Festival La Rochelle Cinéma, ce festival parcourt huit villes françaises en octobre, de Nantes à Nîmes. À l’affiche, douze films (fictions et documentaires) qui explorent avec sensibilité les réalités de la dépression, de la schizophrénie, du stress post-traumatique ou encore de l’addiction numérique. Isabelle Carré, marraine du festival, et le réalisateur Nicolas Philibert en sont les parrains engagés, convaincus du pouvoir du cinéma à « libérer la parole et briser les tabous ».

    Six films à découvrir

    À Nîmes, six films seront projetés gratuitement au Sémaphore. Le festival s’ouvrira vendredi 10 octobre avec Le Soleil de trop près de Brieuc Carnaille, avant une rencontre avec l’équipe et Aurélie Schandrin, cheffe du pôle psychiatrie du CHU de Nîmes. Samedi 11, place au documentaire Le Souffle du canon de Nicolas Mingasson, suivi en soirée des Rêveurs d’Isabelle Carré, en présence de professionnels de la Maison des adolescents de Nîmes. Dimanche 12, le public pourra découvrir Nos folies ordinaires d’Adèle Flaux et Jérémy Frey, puis replonger dans le classique Eternal Sunshine of the Spotless Mind de Michel Gondry. Enfin, lundi 13 octobre, la projection d’Emprise numérique d’Élisa Jadot permettra d’aborder la question brûlante de l’impact des écrans sur la santé mentale des jeunes. Au-delà des films, chaque séance se prolonge par un débat réunissant réalisateurs, experts, associations et personnes concernées. Un espace d’échange précieux pour témoigner, informer et rapprocher les expériences.

  • À Martigues, un tiers-lieu géré par et pour les personnes en souffrance psychique

    À Martigues, un tiers-lieu géré par et pour les personnes en souffrance psychique

    « Ici, les gens qui ont des problèmes psy sont accueillis par des gens qui en ont aussi », lance le président du Groupe d’entraide mutuelle de Martigues (GEM), Julien Dupré, à l’occasion des portes ouvertes, jeudi après-midi, de ce tiers-lieu autogéré, situé quai Kléber.

    L’objectif ? « Sortir les personnes handicapées ou malades au niveau psychologique de l’isolement, les ouvrir à l’extérieur, à la vie sociale, amener à l’autonomie en préservant le libre choix d’activité en fonction de ses capacités », résume-t-il.

    Cet adhérent qui franchit le pas de la porte en est un exemple. Fabien Burgio sort un jean neuf de son sac, tout juste venu du magasin, sous les félicitations de ses pairs. « Je vais voir mon beau-père demain, alors je me présente bien, c’est important », détaille-t-il. « Tout à l’heure, il était stressé, mais il y est arrivé », se réjouit le trésorier, Karim Daineche. Fabien Burgio confie avoir « du mal à sortir, à prendre le bus à cause de la foule et du regard des gens ». « Mais ça me fait du bien de venir ici depuis trois semaines, reconnaît-il. ça me permet de voir des gens qui me correspondent, avec qui je peux discuter », avec moins de difficulté.

    Principe de pair-aidance

    La particularité du GEM est de fonctionner selon le principe de la « pair-aidance », comme l’indique Julien Dupré. Un prisme militant assumé par le président, lui-même schizophrène : « Certains pensent qu’il n’y a rien à faire pour les personnes handicapées, que les malades mentaux ne sont que des bouches à médicaments. Nous, on pense que la vie sociale est nécessaire et qu’il faut donner aux gens le pouvoir et les outils pour se réaliser. »

    Des outils comme ceux dont dispose le GEM. Dans une salle dédiée, le trésorier a disposé une borne d’arcade et deux ordinateurs. « Chacun dispose de son dossier, il y a aussi un raccourci au site Coursinfo, pour apprendre à utiliser un ordinateur », détaille Karim Daineche.

    Parmi les activités du GEM, un atelier théâtre, un groupe de parole et des ateliers antigaspi en partenariat avec le Secours populaire de Martigues. Plus encore, « on a déjà fait de la plongée sous-marine, du paddle », rappelle le président, sans oublier le camping à La Couronne, l’an passé. « Au printemps prochain, on vise le Vaucluse », indique le trésorier.

    Mais une difficulté subsiste. Sonia Suez, coordinatrice, regrette ne pas disposer de véhicule. « On finit par tourner en rond, après 7 ans d’existence. On n’accueille pas des enfants, on ne peut pas forcer les gens à faire quelque chose, ni juste prendre des cafés. Nos subventions nous obligent à un résultat », mais ne suffisent plus à passer ce cap. Une demande a été adressée en ce sens à l’ARS, tutelle de l’association.

  • À Martigues, ils ont marché ensemble pour soutenir et aider les aidants

    À Martigues, ils ont marché ensemble pour soutenir et aider les aidants

    « Un Français sur six est aidant, il faut mieux les reconnaître et les accompagner » plaide le maire (PCF) de Martigues, Gaby Charroux, au parc des sports Julien-Olive, mercredi après midi, alors que s’ouvre le 2e village des aidants organisé par la Ville, le CIAS du Pays de Martigues et l’association d’aide aux aidants Le Maillon. De nombreux partenaires sont de la partie, comme l’association France Parkinson, APF France Handicap ou l’association des malades à corps de Lewy.

    Au stand de l’association Le Maillon, chacun peut venir en quête d’accompagnement. « Vous avez quelqu’un qui peut venir chez vous et vous donner du temps. Oui, ça existe ! » explique Eric Palmieri, directeur de l’association, à une personne de passage. « Nous avons une psychologue qui reçoit les aidants et les aidés pour déterminer l’accompagnement à mettre en place. Généralement, notre aide médicopsychologique va ensuite intervenir au domicile et décharger l’aidant pendant 4 heures, dans le cadre du dispositif temps libéré », détaille-t-il.

    « Ils ne sont pas seuls »

    « On leur dit déjà qu’ils ne sont pas seuls », indique Sandrine Silvieri, psychologue coordinatrice de la plateforme de répit du Maillon, qui organise « du soutien psychologique et des actions collectives pour réinsérer socialement les aidants, car parfois, ils s’isolent du fait de leur rôle. On s’appuie sur le réseau partenarial qu’on voit ici, dans un esprit d’entraide mutuelle », dans ce village des aidants.

    Mais, comme le souligne la psychologue, « les dispositifs ne sont pas tous pareils selon les territoires. La plateforme du Maillon couvre 19 communes autour de l’étang de Berre et on observe des disparités ». À Martigues, Sandrine Silveri estime « qu’on est bien. Le pôle social est assez important et dispose de bonnes ressources ». « Si seulement ça pouvait être la même chose partout… », fait-elle remarquer.

    Pour le maire, Gaby Charroux, « oui, la question des aidants est une question sociale, mais aussi de santé publique », affirme l’édile. Une question « transversale, qui concerne le handicap, le grand âge, la santé mentale et touche toutes les générations. C’est tout l’enjeu des politiques publiques », rappelle Gaby Charroux, à l’heure des ponctions sur le budget des collectivités.

  • Santé mentale : les élus locaux sont aussi en première ligne

    Santé mentale : les élus locaux sont aussi en première ligne

    Il y a un an, lors de son discours de politique générale le Premier ministre d’alors, Michel Barnier, annonçait faire de la santé mentale une grande cause nationale en 2025. Parmi les objectifs, le développement de la prévention ou l’amélioration de l’accès aux soins. Un thème abordé, ce jeudi, lors d’une journée santé mentale et psychiatrie au centre hospitalier de Montfavet (CHM), qui s’adressait aux maires.

    « Vous n’êtes pas seuls », assure le préfet Thierry Suquet, venu ouvrir la journée, en insistant sur la prise en charge des personnes nécessitant des soins sans consentement. « Votre rôle est capital, vous êtes les premiers témoins de certaines situations, votre vigilance permet de déclencher une action rapide et proportionnée », cajole le préfet à l’adresse des maires. En face, le sentiment perçu par les édiles, principalement de petites communes, est tout autre. Ils se disent souvent démunis. « On se sent seuls, il y a des carences sur nos territoires où on n’a pas d’association vers qui se tourner », illustre Frédérique Angeletti, maire de Vaugines, à peine 500 habitants, dans le Luberon. « Une maman doit faire face à son fils jeune majeur qui refuse de se faire soigner, elle est au bord du burn-out », abonde Joëlle Richaud, maire de Saint-Martin-de-la-Brasque (800 habitants).

    Thierry Suquet rappelle « l’attaque au couteau perpétrée par un individu présentant des fragilités mentales », en janvier à Apt. les élus sont parfois des cibles. À l’instar de Pierre Gonzalvez, maire de L’Isle-sur-la-Sorgue, « agressé verbalement dans la rue puis par une lettre de menace par une personne dont j’ai appris, plus tard, qu’elle avait un passé psychiatrique très lourd ». Le président de l’association des maires de Vaucluse réclame une plus grande transparence sur l’état de santé des administrés sans non plus déflorer le secret médical.

    La CGT a échangé avec

    le préfet

    De manière plus globale, le préfet reconnaît « un certain nombre d’insuffisances » qui découlent d’un diagnostic territorial de santé mentale. « Prévenir, soigner, accompagner : ce sont les clés d’une société plus solidaire et plus sûre », revendique Thierry Suquet. Une incantation louable, très loin de la réalité vécue au sein de l’hôpital par bon nombre de salariés. La semaine dernière encore, une grève avait lieu à la Maison d’accueil spécialisée face au nombre insuffisant de personnels et de financements.

    Le syndicat CGT, non invité, a toutefois pu interpeller le préfet à l’issue de son discours. « On a alerté sur le manque de moyens, la sécurisation lors du transfert des détenus, une vraie prise en charge sanitaire et médico-sociale des enfants et des ados et enfin, au sujet des maisons médicales : elles deviennent des enjeux électoraux alors qu’elles doivent rester à la main du ministère de la Santé », résume Claire Moreno, secrétaire CGT des personnels du CHM. Avant vite de filer en manifestation pour exprimer toutes ces doléances (lire page 5).

  • Gard : un mois pour dire merci aux aidants

    Gard : un mois pour dire merci aux aidants

    On les appelle volontiers « les super-héros du quotidien ». Dans le Gard, on en dénombre près de 63 500 : 40 000 adultes et 23 500 enfants qui, chaque jour, accompagnent un parent, un conjoint, un frère ou une sœur en perte d’autonomie en raison de l’âge, d’une maladie chronique ou d’un handicap. Souvent invisibles, parfois isolés, ces aidants jouent pourtant un rôle essentiel pour la société. Leur présence permet le maintien à domicile, le réconfort et le soutien permanent de milliers de Gardois.

    Pour leur rendre hommage, mais aussi pour leur offrir un espace d’écoute et de répit, le Conseil départemental et ses partenaires organisent du 23 septembre au 15 octobre 2025 les Journées gardoises des aidants. Sept villes accueilleront ces temps forts : Rochefort-du-Gard, Le Grau-du-Roi, Bagnols-sur-Cèze, Le Vigan, Uzès, Nîmes et Alès. Ces rendez-vous co-construits avec des aidants eux-mêmes et des professionnels de l’accompagnement entendent briser l’isolement et mieux faire connaître les dispositifs disponibles. « Par leur abnégation et leur dévouement, les aidants apportent une contribution majeure à notre société », rappelle la présidente du Conseil départemental, qui souligne la nécessité de leur apporter reconnaissance et soutien. Au programme, une large palette d’animations : conférences, ateliers pratiques, moments conviviaux et événements culturels gratuits. À Bagnols-sur-Cèze, le 1er octobre, stands d’information, apéritif dînatoire et concert du groupe Les Uns Différents – composé de musiciens en situation de handicap – mettront à l’honneur l’alliance entre solidarité et inclusion. À Nîmes, le 9 octobre, puis à Alès, le 15 octobre, des rendez-vous culturels offriront des parenthèses festives.

    « Prendre soin de soi »

    Au-delà des festivités, ces journées veulent transmettre un message central : prendre soin des autres passe aussi par la capacité à prendre soin de soi. Beaucoup d’aidants ne se reconnaissent pas comme tels et ignorent les soutiens existants. Pour les interpeller, de nouveaux outils seront présentés : l’« aidantomètre », inspiré du « violentomètre », aide à mesurer sa situation et à identifier un besoin de répit ; une carte d’urgence permettra d’indiquer, en cas d’imprévu, qui prendra le relais auprès de la personne aidée ; enfin, un annuaire territorial recensera les ressources disponibles dans chaque bassin de vie.

    L’événement est également l’occasion de mettre en lumière les Espaces ressources aidants, désormais ouverts à Vauvert, Calvisson, Alès, Nîmes, Uzès, Rochefort-du-Gard, Bagnols-sur-Cèze et Le Vigan. Véritables guichets uniques, ces lieux proposent écoute, soutien psychologique et social, permanences de professionnels, mais aussi formations et moments de convivialité. Ils s’inscrivent dans une dynamique forte : en 2025, le Département a consacré plus de 400 000 euros au soutien des aidants, contre 250 000 euros en 2024 et 105 000 euros en 2023. Le Comité départemental d’éducation pour la santé du Gard (Codes 30), partenaire historique, joue un rôle clé dans l’animation de ces dispositifs et dans la coordination des actions. L’association porte notamment la plateforme numérique « Aidants Gard », conçue pour faciliter l’accès à l’information et centraliser les services disponibles. Car si les aidants donnent sans compter, ils en paient parfois le prix : anxiété, fatigue, douleurs chroniques, isolement. Cette parenthèse est une manière de rappeler que derrière chaque « super-héros », il y a aussi une femme, un homme, un enfant, qui mérite écoute et réconfort.

  • Les agents psy face à une maison d’accueil « inhumaine »

    Les agents psy face à une maison d’accueil « inhumaine »

    Les témoignages affluent de toutes parts ce jeudi midi, devant la MAS (maison d’accueil spécialisée) de Bel-Air. La structure médico-sociale de l’hôpital psychiatrique de Montfavet, qui héberge 60 résidents autistes ou polyhandicapés, traverse une crise sans précédent. Un appel à la grève, lancé par la CGT, avait lieu ce jeudi. « Cela fait 27 ans que je travaille ici, je n’ai jamais vu ça », se désole Sylvie, ASH (ménage). « On nous dit de nous occuper des résidents et que la priorité ce n’est pas le ménage, mais avoir un lieu propre fait partie du soin », développe-t-elle. « Plusieurs matins et tous les après-midi de l’été, il n’y avait qu’une seule infirmière au lieu de 2 pour 60 résidents », décrit Carine, infirmière. « Les résidents ne sortent jamais, ils restent enfermés », s’émeut Gaby. Franck, lui, dénonce un « glissement des tâches, avec des fiches de postes pas respectés ».

    Comme des ASH obligés d’endosser un rôle d’aide soignante. « Un poste de maître de maison a été créé il y a plusieurs années, qui ne correspond à aucune qualification, tout ça pour payer moins », déplore Claire Moreno, secrétaire générale CGT de l’hôpital de Montfavet. Le syndicat estime à 17 le nombre de postes à créer, en plus des environ 80 salariés, dont 40% contractuels. « On réorganise toujours mais à la baisse, on fait des économies sur le dos des agents et la prise en charge des résidents devient inhumaine », s’émeut Claire Moreno. La syndicaliste, au bord des larmes, se désole à « chaque lecture de fiche d’événements indésirables ». Et dire, « qu’on est en 2025, année de la santé mentale », soupire-t-elle. Une situation qui a empiré ces derniers mois, et qui a déjà fait l’objet de 5 droits d’alerte. « Cela me fait mal au cœur », se désole Jacques Rousset. À la retraite depuis 4 ans, cet ancien chef du pôle médico-social, gérait la MAS. Il est accueilli avec d’immenses sourires. « Je viens témoigner ma solidarité face à cette détérioration sans précédent de la prise en charge, c’est à l’image de ce qu’il se passe dans le pays où une logique comptable et déshumanisée est à l’œuvre », expose-t-il.

    Le « déficit » comme justification

    Des propos qui seront corroborés quelques minutes plus tard par Laure Baltazard, directrice adjointe de l’hôpital de Montfavet, venue à la demande de la CGT entendre les agents, aux côtés du DRH Nizar Chaffai.

    « Une contrainte budgétaire se pose à nous, comme dans beaucoup de MAS, on a un déficit de 1,5 million d’euros soit 15% du budget et l’on doit préserver des marges de manœuvre pour investir, tente-t-elle de justifier. Nos effectifs tels qu’ils sont organisés ne sont pas à la hauteur des recettes que nous recevons. » « Tant que vous mettrez l’argent en balance avec le soin, ça ne marchera pas ! », l’interrompt une agent tout en lui enjoignant de défendre plus de budget auprès des autorités de santé supérieures. « Il faut des réponses maintenant ! », conclut-elle.