Tag: santé mentale

  • [Entretien] François Tejedor, CGT Cheminots Paca : « Des conséquences graves »

    [Entretien] François Tejedor, CGT Cheminots Paca : « Des conséquences graves »

    La Marseillaise : L’intersyndicale évoque une « urgence sanitaire et sociale », pourquoi mettre l’accent ?

    François Tejedor : On sonne une alarme sociale : il y a eu 13 suicides au sein de la SNCF, et des accidents de travail. En 6 mois, on a atteint le même taux de suicide qu’à France Télécom en deux ans. C’est, pour nous, la conséquence du démantèlement du service public et c’est corrélé à une accélération de la transformation de l’entreprise. On commence à subir les effets concrets de la réforme ferroviaire de 2018 : fin de l’embauche au statut, début de l’ouverture à la concurrence à tous les niveaux ou encore la liquidation de Fret SNCF. Tout cela a créé un mal-être chez les cheminots, et c’est pour cela qu’on demande un moratoire sur ces réorganisations.

    En Paca, vous avez été les premiers concernés par l’ouverture à la concurrence, quelle conséquence dans la tête d’un cheminot ?

    F.T. : Avec le Casi Paca, nous avons fait un film Tous Cheminots qui revient là-dessus avec un ensemble de témoignages. Parmi eux, un a préféré quitter la SNCF plutôt que de se foutre en l’air. Mais si nous n’avons pas eu de conséquences directes, comme les drames évoqués précédemment, c’est parce que nous avons mené les combats : on a réussi à maintenir un ensemble de droits pour les cheminots, pas de transfert à la concurrence d’office, maintien des conditions de travail… On a maintenu un collectif et ça nous a préservés en quelque sorte.

    C’est aussi une pressurisation croissante des cheminots que vous dénoncez ?

    F.T. : Oui. On a vu récemment qu’ils voulaient enlever 5 jours de RTT. Il y a des attaques claires sur les droits, sur les conditions de travail. L’entreprise a des velléités pour une productivité plus accrue alors qu’on est à 1,8 milliard d’euros de bénéfices. Mais cela provoque de graves conséquences.

  • À Marseille, la santé mentale au cœur d’ateliers

    À Marseille, la santé mentale au cœur d’ateliers

    Chaque dernier mercredi du mois, de nombreuses animations sont mises en place pour toutes les générations, dans le cadre des « mercredis e-sport et sport pour tous » à l’Hôtel du Département, initiés par Martine Vassal, la présidente (DVD) de la collectivité. On y retrouve ce mercredi des personnes du bel âge pratiquant du bowling sur console mais aussi des minots s’initiant à la pétanque. « C’est un projet qui tient à cœur à la présidente. C’est important de réaliser le projet surtout que la santé mentale touche tout le monde peu importe l’âge », insiste Marine Pustorino, conseillère départementale déléguée au sport de haut niveau et à l’e-sport.

    Donner une chance

    à la jeunesse

    Une édition inédite marquée par la présence d’un espace animée par plusieurs services civiques. Sur place, des activités sensorielles qui touchent l’ouïe, le toucher et la vue. Ce projet a été imaginé par Anaïs du Centre médico-psycho-pédagogique (CMPP) et Shana de la Maison des adolescents (MDA). « Le but, c’est d’offrir à tout le monde des solutions par rapport à certains troubles différents. Via ce parcours sensoriel, on introduit des handicaps pour mieux permettre la compréhension et la gestion, avec notamment un atelier de bouteilles sensorielles qui sont utilisées en cas de stress aigu », explique Shana, titulaire d’une licence en psychologie. Un rendez-vous où toutes les générations se sont prêtées au jeu, là où la santé mentale est devenue un sujet fondamental, notamment pour les minots.

  • Une écoute téléphonique au chevet des étudiants d’Aix-Marseille

    Une écoute téléphonique au chevet des étudiants d’Aix-Marseille

    À partir de 21h et jusqu’à 2h30, deux à trois bénévoles rejoignent ce que l’équipe appelle « la brigade de nuit ». L’antenne de l’association de prévention des risques de santé mentale Nightline a ouvert il y a 8 mois à Marseille. Cette ligne d’écoute, gérée par des étudiants bénévoles formés et accompagnés, couvre les besoins de tous les étudiants de l’académie d’Aix-Marseille. Elle répond à un réel besoin, « avec un pic lors des partiels », souligne Vincent Biarneix, responsable de l’association.

    « Rendre accessibles ces outils à tous les jeunes »

    Les thématiques récurrentes sont en premier lieu les ruptures amoureuses, suivies par la solitude et l’isolement. Sur le premier trimestre 2026, l’association a reçu 600 appels. « On aimerait recruter davantage de personnes pour pouvoir faire face aux besoins », partage Yanis* le président-bénévole de l’antenne.

    Au-delà des appels, des ateliers de sensibilisation et de prévention sont organisés par les bénévoles, services civiques et salariés, soit une petite équipe de moins de 30 personnes. Ils se rendent dans les lycées, les universités et les missions locales pour « parler de santé mentale, la déstigmatiser, libérer la parole dans l’optique de rendre accessibles tous nos outils aux jeunes de France », indique Julie Pierre-François, déléguée territoriale de Nightline Aix-Marseille.

  • La gauche seynoise interpelle les députés sur la situation du service de psychiatrie

    La gauche seynoise interpelle les députés sur la situation du service de psychiatrie

    L’avenir du service de psychiatrie de l’hôpital George-Sand, dont dépendent neuf communes et environ 180 000 habitants, s’écrit en pointillé. Depuis plusieurs semaines, l’intersyndicale CGT-CFDT-Sud de l’établissement alerte sur une situation déjà périlleuse (manque d’effectifs malgré des prérogatives en hausse, accueil saturé…), bientôt fragilisée par le départ annoncé de trois des quatre médecins du service. Malgré les demandes de recrutement en urgence et plusieurs réunions avec la direction, aucune annonce n’a été faite.

    De quoi susciter inquiétude et indignation, d’autant plus que le gouvernement a décidé de prolonger en 2026 la grande cause nationale 2025 dédiée à la santé mentale.

    Un combat bientôt porté devant la Métropole

    « Cela pourrait laisser penser que ce problème est réellement pris en compte. Or, force est de constater que ce n’est pas le cas », dénonce le groupe municipal d’opposition seynois, Alternative progressiste. Il n’est pas le seul à gauche, les socialistes appelant aussi à « sauver le service psychiatrie ».

    Les doléances ne datent pas d’hier et avaient déjà été exprimées par les syndicats en 2020 au sujet des baisses d’effectifs et de l’absence de remplacement. Six ans plus tard, le danger se précise, à tel point qu’Alternative progressiste interpelle, dans une missive, les députés du groupe de la Gauche démocrate et républicaine, afin « que tout soit mis en œuvre pour débloquer la situation et que des médecins psychiatriques soient recrutés en urgence afin de permettre que les patients en grande difficulté mentale continuent à être soignés dans les meilleures conditions ».

    Un combat à la fois matériel et symbolique, car « investir dans la psychiatrie, c’est investir dans la cohésion sociale, la dignité humaine et l’avenir de notre société. Le manque de moyens apporté (…) nous interroge sur la réelle volonté de continuité. Mais aussi sur le devenir de l’hôpital où, petit à petit, les services ferment (maternité, chirurgie, cardiologie, service palliatif…) ». Et si les départs ne sont pas compensés, « il ne restera que 0,5 équivalent temps plein de médecin psychiatre dans le service », soit « sa mort assurée ». Si ces mots n’étaient pas entendus, Stéphane Sacco (GRS), élu Alternative progressiste, les portera lors du prochain conseil métropolitain TPM, dont il est le seul élu de gauche, le 21 mai.

  • Les personnels de psychiatrie en lutte aussi pour notre propre santé mentale

    Les personnels de psychiatrie en lutte aussi pour notre propre santé mentale

    « La santé mentale façonne notre capacité à prendre soin, à travailler, à créer, à vivre ensemble », a rappelé le secrétaire général de la CGT du Centre hospitalier intercommunal Toulon-La Seyne (CHITS), Cyril Rodillon, en pointant la crise profonde que traverse la psychiatrie avec un décalage croissant entre l’offre et les besoins en soins sur l’ensemble du territoire français.

    Et de poursuivre : « Partout, les professionnels tirent la sonnette d’alarme. Tous décrivent des conditions de travail dégradées, un manque de moyens criant, et une perte de sens. Et à cela s’ajoute une pénurie alarmante de psychiatres. » Ce qui fragilise l’ensemble du système et reporte une pression considérable sur les équipes déjà en tension. « Comment accompagner dignement des patients quand le temps manque, quand les équipes sont épuisées, quand les structures sont saturées ? », interroge le responsable syndical. Tout cela affecte bien entendu les patients et leurs familles avec des conditions de prise en charge qui ne sont plus à la hauteur des enjeux. Les délais pour obtenir un rendez-vous s’allongeant et les hospitalisations se faisant souvent dans l’urgence, « parfois dans des conditions indignes ». Et au final, « trop de personnes se retrouvent sans suivi, sans écoute, sans solution ». Derrière ces constats, « il y a des vies fragilisées, des parcours brisés, et une souffrance silencieuse ».

    Pas question donc pour les personnels et leurs organisations syndicales de rester spectateurs du désastre. L’occasion aussi de mettre en avant la prévention qui doit, insiste l’intersyndicale, devenir une priorité. Comme l’écoute, la bienveillance et l’inclusion.

    Ne pas sacrifier

    la prévention

    Une situation qui concerne tout le monde. Tout comme cette mobilisation d’ailleurs. Et les tracts distribués à l’entrée sont là pour rappeler cette réalité. « Notre territoire est durement touché », reprend Cyril Rodillon, en expliquant que « l’offre de soins qui s’est réduite laisse des patients sans suivi et des équipes encore plus fragilisées ».

    Face à une situation médicale devenue critique, l’intersyndicale ne cesse de tirer la sonnette d’alarme de tous côtés depuis la mi-mars. Sans grand résultat. Aux courriers adressés au préfet et aux élus seule l’opposition de gauche de la mairie de La Seyne a répondu et apporté son soutien à la mobilisation (lire ci-dessous).

    « Depuis plus de 30 ans, les équipes des secteurs de l’ouest varois, couvrant 12 communes et près de 180 000 habitants, ont construit une psychiatrie fidèle aux politiques de secteur : une psychiatrie humaine, de proximité, articulant les prises en charge intra et extrahospitalières, au plus près des patients », intervient Bérangère Mas (Sud), en rappelant que « la psychiatrie est un pilier de notre humanité ». Et que la défendre, par conséquent, « c’est défendre notre capacité à prendre soin les uns des autres ».

    Pas question donc de voir le véritable maillage de soins et d’accompagnement patiemment tissé, favorisant le rétablissement et la stabilisation des patients, détricoté faute de psychiatres suffisants. L’intersyndicale lance donc un appel aux médecins qui hésitent à franchir le pas : « Vous trouverez un exercice professionnel riche, varié et porteur de sens dans une région qui offre un cadre de vie exceptionnel. » Et surtout, « une équipe soudée, volontaire, courageuse, où l’entraide et le lien humain sont au cœur du travail ».

    En tout cas la bagarre va continuer, les réponses apportées pour l’heure étant pour le moins inquiétantes. « Si on est dans l’impossibilité de recruter, on accompagnera les agents à faire autre chose à l’hôpital, nous dit le directeur, en maintenant uniquement ce qui est régalien, c’est-à-dire le soin sans consentement », s’indigne Valérie, Lardet (CGT).

    Autre chose donc que d’œuvrer pour la santé mentale de la population, donc. Inacceptable.

  • Pour la ministre de la Santé, le plan avance

    Pour la ministre de la Santé, le plan avance

    Ici, l’état a investi 480 millions d’euros, complétés par les 180 millions des collectivités, et « on voit que ça marche, ça avance », s’est félicité Stéphanie Rist en entamant son tour d’horizon par le chantier de modernisation du pôle d’excellence de l’hôpital Nord. Un bâtiment dédié à la cardiologie vasculaire, dont la construction a été lancée en 2022, avec une rénovation du site historique qui sont au cœur du projet Marseille en Grand. « Avec un enjeu fort pour tout l’ouest du département et les quartiers nord de Marseille », a souligné François Crémieux, directeur général de l’établissement : « Quand l’état finance, ça va plus vite. »

    Le nouveau bâtiment, composé d’un bloc opératoire, de quatre salles, d’un bloc de soins intensifs et de 16 chambres, devrait ouvrir d’ici un an. Une « prouesse de planning » pour les 50 ouvriers de ce chantier, qui travaillent sur site occupé « avec les passages d’hélicoptères », témoigne Manuel Lopes, maître compagnon sur le chantier principal. Ce nouvel équipement permettra un « appel d’air » pour les autres services du bâtiment de 1965, également rénové, se réjouit un cardiologue, heureux pour ses patients de passer de « une à 25 douches ».

    Si l’hôpital perd des lits à l’échelle globale, Philippe Amabile, chef du service de chirurgie vasculaire, insiste : « On modifie notre façon de travailler en le construisant sur le circuit du patient. On peut faire tous les gestes de la chirurgie conventionnelle en ambulatoire. » Moins long pour le patient et moins cher pour la Sécu, c’est aussi « du temps dégagé pour les personnels ».

    Une ouverture « attendue de longue date », précise le professeur Roche, pour un bâtiment moderne « au service à la fois des soins de proximité et de recours » des treize hôpitaux du GHT (groupement hospitalier de territoire). Le site devient aussi « une source d’attractivité pour des étudiants » de la faculté de cardiologie, qui complète le site. Et un nouveau Samu accueille femmes, parents et enfants. « Quand Aix dévisse en pédiatrie, c’est à Nord que les patients arrivent, indique le Dr Jouve, directeur de la commission médicale. On a une hausse régulière de 5% par an de recours aux urgences. »

    Punir les agresseurs

    Si ce dernier salue « une remontée de l’attractivité » à Nord, avec « une cible atteinte sur le non-médical, bien qu’il subsiste quelques difficultés sur le personnel médical », la situation est tout autre en psychiatrie. L’hôpital Edouard-Toulouse n’échappe pas à cette pénurie de médecins. Les syndicats ont alerté sur les fermetures de lits et les conditions de sécurité. Dimanche 12 avril, un infirmier y a été attaqué au couteau par un patient dangereux et souffrant d’addiction, placé par les services de l’état en hospitalisation complète. « On agit au national et on a renforcé les termes pour les agresseurs lors des plaintes portées par les patients », a réagi Stéphanie Rist. La ministre annonce préparer « un décret dans lequel il est prévu de punir sévèrement les auteurs ». à l’AP-HM, où Wanda Wrona, directrice de la sécurité, relève « 230 agressions physiques sur l’année, l’administration finance, depuis janvier 2025, un poste de policier qui se déplace sur l’ensemble des sites ». Le week-end dernier, « un agresseur a fait six victimes avec une béquille, il a été interpellé, placé en garde à vue et défférré ». Si l’employeur accompagne déjà les personnels dans leur plainte, dans le cadre de désorganisation du service, « la plainte pourra désormais se faire en son nom ».

    Quant à la perte de lits à l’hôpitalpychiatrique Edouard-Toulouse, la ministre considére « qu’il faut faire les choses dans l’ordre ». Dans sa mission, la ministre pense au portefeuille. « La question est de savoir comment financer le système », a-t-elle rappelé. Pas plus enthousiaste sur l’ouverture d’une halte soins adddictions (HSA) qui fait débat à Marseille, elle a balayé : « Une HSA ne peut pas résoudre tout le problème. »

  • Mobilité, sécurité et logement : les grandes priorités du préfet

    Mobilité, sécurité et logement : les grandes priorités du préfet

    Municipales

    « On sort d’un cycle électoral réussi » se félicite le préfet. « Je ne parle pas des choix politiques qui sont faits, mais de l’organisation et du déroulement. Je laisse les analyses et les commentaires politiques. La participation est décevante pour un cycle municipal qui traditionnellement appelle plus d’électeurs que d’autres élections politiques. Pour les petites communes moins nombreuses, moins peuplées et où il y a plus de proximité, la participation est restée conforme. »

    Sénatoriales

    Le renouvellement des 8 sénateurs est dans 4 mois, le 27 septembre. « On va commencer les réunions préparatoires. Il y aura environ 3 600 grands électeurs dans ce département. La liste sera arrêtée en juin. »

    Carburants

    « Il n’y a pas de pénurie » souligne le préfet, mais un certain nombre de stations ont été en difficulté notamment Total. « Environ 8% des stations ont eu une difficulté de réapprovisionnement sur un carburant, donc il n’y a rien d’inquiétant. » « Sur les conséquences économiques, les batteries d’aides sont là. On s’est mis en veille, en contact et en déploiement des mesures gouvernementales avec les secteurs économiques concernés en début de semaine dernière. » Un point devait être fait hier matin avec la ministre de la Mer pour la totalité des pêcheurs sur la façade Méditerranée. D’évoquer le cas d’un producteur de fraises dont le fournisseur de barquettes en plastique avait multiplié ses prix par trois, sans pouvoir répercuter cette hausse sur le prix final.

    Ligne THT des bassins ouest du GPMM

    Suspense. « On est dans une phase très imminente de communication de l’État sur ce dossier d’importance nationale et européenne. »

    Sécurité

    Le préfet met en avant de bons résultats avec, au premier trimestre, une baisse des cambriolages et des violences crapuleuses mais une hausse en zone police de 2,51% des violences intrafamiliales et de 3,62% en violences conjugales dans le département. Les violences sexuelles baissent de 2%. Le recours à la violence dans les rapports humains continue d’augmenter. « On a un recul de la capacité à prendre en compte la santé mentale. Le nombre de psychiatres et de psychologues en ville a beaucoup baissé. Sur l’agression d’un infirmier de l’hôpital psychiatrique Édouard-Toulouse, j’ai demandé à comprendre. L’ARS a déclenché des vérifications pour comprendre comment un patient au passé extrêmement violent a pu se retrouver en possession d’un couteau. »

    Narcotrafic

    « Ma stratégie reste fondée sur le maximum de présence de terrain, pour être le plus visible possible et utiliser tous les outils à disposition », pose le préfet. « On porte des coups sur les cartels et ce n’est pas fini. » Les saisies judiciaires depuis le début de l’année atteignent les 100 millions d’euros en comptant avec l’opération du Marché du Soleil.

    Logement

    C’est la « priorité absolue » qui exige de consacrer beaucoup de moyens à la production. Sur la lutte contre l’insalubrité, « on commence à taper, à monter sur des astreintes financières ». Le volume d’insalubrité constaté est important. « Dans le département, la moitié de l’habitat doit être rénovée. Cela demande du temps et c’est tous ensemble qu’il faut le gérer sur le temps et avec soin. »

    Relogement

    Les victimes d’habitat insalubre dans le parc social ne sont pas prioritaires en réattribution de logement, déplore le préfet. « Un vide juridique que je déplore à titre personnel. »

    Réquisitions

    Avec 57 000 logements vides à Marseille quid de la réquisition ? « Je ne pense pas que ce soit une solution. Il faut repartir sur une production et la remise à niveau de logement. C’est presque 200 millions d’euros qui ont été mis dans la remise en état de logements anciens dans le centre-ville de Marseille depuis les événements de la rue d’Aubagne. »

    Logements sociaux

    Avec 116 000 demandes de logements sociaux fin 2025, la situation se tend. « Le taux de rotation de 4% est faible. Peu de gens quittent le parc social pour beaucoup qui demandent à y entrer avec une production qui de 11 000 est descendue à 9 000. Il faut remettre de la tonicité sur la production tout en rénovant un parc ancien. » Le préfet a publié les arrêtés de pénalités à l’encontre de communes carencées dont « certaines ont fait le choix cynique local de préférer payer » (lire page 6).

    EPF Paca

    L’État a relancé un appel à candidatures pour le recrutement du directeur de l’Établissement public foncier Paca. « La directrice actuelle a donné entière satisfaction mais après 12 ans passés, on peut considérer que sur un poste d’État il faut passer la main. On a plein de candidats. Un certain nombre seront auditionnés. » La désignation est attendue pour cet été.

    Cité judiciaire

    L’État a tranché sur l’engagement d’études de faisabilité dans le quartier d’Arenc en signant avec les collectivités une convention de cofinancement des études de l’ordre de 10 millions d’euros soit 750 000 euros par collectivité. « C’est un projet majeur qu’il faut faire vite. Une justice moderne passe aussi par des bâtiments dignes. C’est un besoin impératif, car on ne peut pas laisser la justice fonctionner dans des conditions dégradées. Les études vont prendre du temps, une bonne année, et il faudra ensuite une décision politique centrale. »

    Marseille en Grand

    Pas de changement en vue. « Les projets sont préfinancés et préétudiés. L’enjeu de la mobilité et des transports en commun est vital à l’échelle de la 2e métropole de France » insiste le préfet qui consent qu’il puisse y avoir « quelques modifications sur des tracés ». Quid du tramway des Catalans ? « Je suis ouvert à toute discussion pour améliorer et faire vivre les projets pour une meilleure acceptabilité. Sur les mobilités, l’État sera au rendez-vous et ne lâchera pas le morceau. »

    Spem

    Le préfet a demandé et obtenu de la Spem (Société publique des écoles marseillaises) « une présentation de la totalité de leur process de sécurisation des marchés publics. Mes deux services experts m’ont répondu que cette présentation était conforme à leurs attentes. Donc il n’y a pas de difficultés à poursuivre notre travail avec eux ». Cet audit fait suite à la polémique sur un signalement effectué par son prédécesseur, Georges-François Leclerc, au parquet sur l’achat de préfabriqués sans mise en concurrence.

    Halte soins addictions

    La création repoussée de cette structure d’accueil fait toujours débat et c’est un bus qui va au contact des consommateurs de drogues dures. « Il a repris ses activités avec un lieu de déploiement inadapté qui sera déplacé en mai, rue de Blidah (3e) près de l’église », annonce le préfet. Sur la Halte soins, « l’ARS est prête à accompagner sur une expérimentation. D’un point de vue social, j’en vois l’utilité, mais je redis que ce n’est pas moi qui irais chercher un site. C’est un sujet compliqué, essentiellement médical. Il faut gérer les voisins. Je ne veux pas de point de fixation autour de la gare Saint-Charles. L’accompagnement à l’hôpital ne pose pas de difficultés ».

  • Le service de psychiatrie de La Seyne-sur-Mer demande des renforts

    Le service de psychiatrie de La Seyne-sur-Mer demande des renforts

    Un poste sur quatre vacant dans 40% des hôpitaux publics, un patient sur deux soumis à des délais d’attente trop longs, et des demandes qui, en parallèle, augmentent (32% pour la pathologie, 25% pour les addictions) : la situation dans les services de psychiatrie se dégrade et les moyens n’augmentent pas, selon des chiffres de la Fédération hospitalière de France datés de 2024. Celle du Centre hospitalier de Toulon – La Seyne (CHITS) en est un exemple concret. Avec trois psychiatres sur le départ (mutation, retraite…), l’inquiétude grandit au sein du service qui ne compte à l’heure actuelle que quatre, deux stagiaires et un médecin généraliste pour trois unités d’hospitalisation (dont une sous contrainte) et sept unités ambulatoires.

    En 2025, le service, basé à l’hôpital George-Sand de la Seyne, revendique 16 000 journées d’hospitalisation, un taux d’occupation de 90%, 1 100 patients suivis en extra hospitalier dont 349 à domicile, pour près de 5 000 consultations. Et si aucun recrutement n’était effectué, cela mettrait « en péril la prise en charge » ainsi que « la continuité et la sécurité des soins » dénonce l’intersyndicale CGT – CFDT – SUD.

    Aucune mesure annoncée par la direction

    « Malgré plusieurs réunions avec la Direction aucune mesure concrète n’est annoncée », dénonce cette dernière. Une situation qui « laisse planer un doute inquiétant sur l’avenir de ces services », d’autant plus « incompréhensible » que « le gouvernement déclare pour une deuxième année la santé mentale comme Grande Cause Nationale. » L’intersyndicale demande ainsi « des recrutements en urgence » pour que « l’établissement devienne une référence, un lieu où les psychiatres ont envie de venir et rester. »

    Le service a reçu le soutien de patients, regroupés au sein du collectif « Patients en Danger », et qui se sont mobilisés mardi devant l’établissement. Mais aussi celui du groupe d’opposition municipale « Alternative progressiste », pour qui « la psychiatrie publique ne peut être la variable d’ajustement des politiques hospitalières. Défendre ce service, c’est défendre une conception humaine, solidaire et ambitieuse de la santé. »

  • À Avignon, l’université poursuit son chantier sur la santé mentale

    À Avignon, l’université poursuit son chantier sur la santé mentale

    « Il faut que la santé mentale devienne un sujet plus important à l’université. Il est essentiel de miser dessus pour essayer de réparer ce que l’on n’a pas soigné plus tôt », lance Hugo Mazure, étudiant en deuxième année de sciences politiques et relais santé à l’université d’Avignon, ce mardi 7 avril, à l’occasion des assises territoriales de la santé étudiante.

    En plus d’un petit « village santé » avec plusieurs stands sur le campus Hannah-Arendt, un congrès s’est tenu à quelques mètres de là, à la Villa Créative. Et le constat des différents acteurs se rejoint : il faut en faire plus. En France, seuls quatre jeunes sur dix interrogés se disent en bonne santé mentale. « On voit tellement d’étudiants en détresse psychologique. On a l’impression qu’il n’y a pas assez d’actions pour y remédier et déstigmatiser l’accès aux soins », abonde Liana Pellat-Finet, vice-présidente étudiante à l’université d’Avignon. « C’est un enjeu vraiment important. Que ce soit une cause nationale deux années de suite montre que c’est un signe marquant de notre époque. Ce genre de journée a pour but de trouver des solutions et des actions concrètes pour les étudiants au plus tôt », lance de son côté Alain Richaud, vice-président d’Avignon Université.

    D’autant que « le Vaucluse est un territoire encore plus fragilisé car c’est un département parmi les plus pauvres et avec une offre de soins sous tension », précise Alizée Susler, médecin directrice du Service de Santé étudiante d’Avignon Université.

    Besoins immenses

    Un constat que partage le docteur Rafaël Ortiz, psychiatre au Service de Santé étudiante d’Avignon Université, qui pointe des « besoins immenses » et rappelle qu’« un Français sur cinq sera touché par un trouble de santé mentale dans sa vie ». Il explique qu’en Cité des Papes, il est notamment confronté à de nombreuses personnes avec des antécédents d’abus sexuels mais moins de personnes avec des addictions à différents produits. S’il se réjouit de l’existence de dispositifs d’aide, comme Santé Psy Étudiant, il pointe quelques problématiques. « J’ai moi-même testé sur mes appareils. On ne trouve à Avignon que cinq psys et après, on est renvoyé dans le Gard ou les Bouches-du-Rhône. Cela pose question car les délais sont longs et, quand on est dans une situation à risque, on ne peut pas attendre. C’est plus facile de dire qu’on a mal au genou que de dire qu’on entend des voix, mais ça ne devrait pas l’être. » « De nombreux étudiants ne savent même pas qu’ils peuvent prendre des rendez-vous. Notre objectif est qu’à terme, les gens s’y intéressent et que ce soit remarquable », pousse Hugo Mazure.

  • Dignité

    Dignité

    Environ 1 à 2% de la population serait atteint d’un « trouble du spectre de l’autisme ». Soit 700 000 personnes, dont 100 000 jeunes. Le spectre est très large, les indices permettant de suspecter un trouble aussi, et
    « l’errance diagnostique » est un premier parcours du combattant pour trouver une réponse à cette différence.

    Le « pourquoi », met des mots sur des troubles encore trop souvent ignorés ou minorés.

    Ce diagnostic intervient dans un environnement qui n’est pas neutre, il pose aussitôt une question centrale : comment faire société ? Soit vivre dignement et en autonomie, un droit fondamental à toute personne. Et à défaut comment cette même société peut aider à « aller vers ».

    D’immenses besoins

    Là encore, les chiffres sont implacables. D’après une étude de 2024 publiée par Autisme France, 11,6% des personnes autistes vivent en « totale autonomie ». Plus de 40% d’entre elles ont besoin d’un soutien, au logement, pour l’accès aux soins, à l’autonomie ou pour les démarches administratives, tandis que près de la moitié exige des interventions ponctuelles voire un accompagnement 24h/24 dans leur vie quotidienne. Les besoins sont donc immenses, tant pour eux que pour leurs proches. Ils balayent tous les domaines : premiers apprentissages, scolarisation, insertion professionnelle jusqu’à la vie d’adulte.

    Faut-il encore des politiques publiques à la hauteur des grandes déclarations « inclusives ». Nous en sommes, hélas, très loin et, pire, nous nous en éloignons encore un peu plus, au gré des politiques d’austérité et des coupes budgétaires en cascade. Indignes.