Tag: santé mentale

  • Mobilité, sécurité et logement : les grandes priorités du préfet

    Mobilité, sécurité et logement : les grandes priorités du préfet

    Municipales

    « On sort d’un cycle électoral réussi » se félicite le préfet. « Je ne parle pas des choix politiques qui sont faits, mais de l’organisation et du déroulement. Je laisse les analyses et les commentaires politiques. La participation est décevante pour un cycle municipal qui traditionnellement appelle plus d’électeurs que d’autres élections politiques. Pour les petites communes moins nombreuses, moins peuplées et où il y a plus de proximité, la participation est restée conforme. »

    Sénatoriales

    Le renouvellement des 8 sénateurs est dans 4 mois, le 27 septembre. « On va commencer les réunions préparatoires. Il y aura environ 3 600 grands électeurs dans ce département. La liste sera arrêtée en juin. »

    Carburants

    « Il n’y a pas de pénurie » souligne le préfet, mais un certain nombre de stations ont été en difficulté notamment Total. « Environ 8% des stations ont eu une difficulté de réapprovisionnement sur un carburant, donc il n’y a rien d’inquiétant. » « Sur les conséquences économiques, les batteries d’aides sont là. On s’est mis en veille, en contact et en déploiement des mesures gouvernementales avec les secteurs économiques concernés en début de semaine dernière. » Un point devait être fait hier matin avec la ministre de la Mer pour la totalité des pêcheurs sur la façade Méditerranée. D’évoquer le cas d’un producteur de fraises dont le fournisseur de barquettes en plastique avait multiplié ses prix par trois, sans pouvoir répercuter cette hausse sur le prix final.

    Ligne THT des bassins ouest du GPMM

    Suspense. « On est dans une phase très imminente de communication de l’État sur ce dossier d’importance nationale et européenne. »

    Sécurité

    Le préfet met en avant de bons résultats avec, au premier trimestre, une baisse des cambriolages et des violences crapuleuses mais une hausse en zone police de 2,51% des violences intrafamiliales et de 3,62% en violences conjugales dans le département. Les violences sexuelles baissent de 2%. Le recours à la violence dans les rapports humains continue d’augmenter. « On a un recul de la capacité à prendre en compte la santé mentale. Le nombre de psychiatres et de psychologues en ville a beaucoup baissé. Sur l’agression d’un infirmier de l’hôpital psychiatrique Édouard-Toulouse, j’ai demandé à comprendre. L’ARS a déclenché des vérifications pour comprendre comment un patient au passé extrêmement violent a pu se retrouver en possession d’un couteau. »

    Narcotrafic

    « Ma stratégie reste fondée sur le maximum de présence de terrain, pour être le plus visible possible et utiliser tous les outils à disposition », pose le préfet. « On porte des coups sur les cartels et ce n’est pas fini. » Les saisies judiciaires depuis le début de l’année atteignent les 100 millions d’euros en comptant avec l’opération du Marché du Soleil.

    Logement

    C’est la « priorité absolue » qui exige de consacrer beaucoup de moyens à la production. Sur la lutte contre l’insalubrité, « on commence à taper, à monter sur des astreintes financières ». Le volume d’insalubrité constaté est important. « Dans le département, la moitié de l’habitat doit être rénovée. Cela demande du temps et c’est tous ensemble qu’il faut le gérer sur le temps et avec soin. »

    Relogement

    Les victimes d’habitat insalubre dans le parc social ne sont pas prioritaires en réattribution de logement, déplore le préfet. « Un vide juridique que je déplore à titre personnel. »

    Réquisitions

    Avec 57 000 logements vides à Marseille quid de la réquisition ? « Je ne pense pas que ce soit une solution. Il faut repartir sur une production et la remise à niveau de logement. C’est presque 200 millions d’euros qui ont été mis dans la remise en état de logements anciens dans le centre-ville de Marseille depuis les événements de la rue d’Aubagne. »

    Logements sociaux

    Avec 116 000 demandes de logements sociaux fin 2025, la situation se tend. « Le taux de rotation de 4% est faible. Peu de gens quittent le parc social pour beaucoup qui demandent à y entrer avec une production qui de 11 000 est descendue à 9 000. Il faut remettre de la tonicité sur la production tout en rénovant un parc ancien. » Le préfet a publié les arrêtés de pénalités à l’encontre de communes carencées dont « certaines ont fait le choix cynique local de préférer payer » (lire page 6).

    EPF Paca

    L’État a relancé un appel à candidatures pour le recrutement du directeur de l’Établissement public foncier Paca. « La directrice actuelle a donné entière satisfaction mais après 12 ans passés, on peut considérer que sur un poste d’État il faut passer la main. On a plein de candidats. Un certain nombre seront auditionnés. » La désignation est attendue pour cet été.

    Cité judiciaire

    L’État a tranché sur l’engagement d’études de faisabilité dans le quartier d’Arenc en signant avec les collectivités une convention de cofinancement des études de l’ordre de 10 millions d’euros soit 750 000 euros par collectivité. « C’est un projet majeur qu’il faut faire vite. Une justice moderne passe aussi par des bâtiments dignes. C’est un besoin impératif, car on ne peut pas laisser la justice fonctionner dans des conditions dégradées. Les études vont prendre du temps, une bonne année, et il faudra ensuite une décision politique centrale. »

    Marseille en Grand

    Pas de changement en vue. « Les projets sont préfinancés et préétudiés. L’enjeu de la mobilité et des transports en commun est vital à l’échelle de la 2e métropole de France » insiste le préfet qui consent qu’il puisse y avoir « quelques modifications sur des tracés ». Quid du tramway des Catalans ? « Je suis ouvert à toute discussion pour améliorer et faire vivre les projets pour une meilleure acceptabilité. Sur les mobilités, l’État sera au rendez-vous et ne lâchera pas le morceau. »

    Spem

    Le préfet a demandé et obtenu de la Spem (Société publique des écoles marseillaises) « une présentation de la totalité de leur process de sécurisation des marchés publics. Mes deux services experts m’ont répondu que cette présentation était conforme à leurs attentes. Donc il n’y a pas de difficultés à poursuivre notre travail avec eux ». Cet audit fait suite à la polémique sur un signalement effectué par son prédécesseur, Georges-François Leclerc, au parquet sur l’achat de préfabriqués sans mise en concurrence.

    Halte soins addictions

    La création repoussée de cette structure d’accueil fait toujours débat et c’est un bus qui va au contact des consommateurs de drogues dures. « Il a repris ses activités avec un lieu de déploiement inadapté qui sera déplacé en mai, rue de Blidah (3e) près de l’église », annonce le préfet. Sur la Halte soins, « l’ARS est prête à accompagner sur une expérimentation. D’un point de vue social, j’en vois l’utilité, mais je redis que ce n’est pas moi qui irais chercher un site. C’est un sujet compliqué, essentiellement médical. Il faut gérer les voisins. Je ne veux pas de point de fixation autour de la gare Saint-Charles. L’accompagnement à l’hôpital ne pose pas de difficultés ».

  • Le service de psychiatrie de La Seyne-sur-Mer demande des renforts

    Le service de psychiatrie de La Seyne-sur-Mer demande des renforts

    Un poste sur quatre vacant dans 40% des hôpitaux publics, un patient sur deux soumis à des délais d’attente trop longs, et des demandes qui, en parallèle, augmentent (32% pour la pathologie, 25% pour les addictions) : la situation dans les services de psychiatrie se dégrade et les moyens n’augmentent pas, selon des chiffres de la Fédération hospitalière de France datés de 2024. Celle du Centre hospitalier de Toulon – La Seyne (CHITS) en est un exemple concret. Avec trois psychiatres sur le départ (mutation, retraite…), l’inquiétude grandit au sein du service qui ne compte à l’heure actuelle que quatre, deux stagiaires et un médecin généraliste pour trois unités d’hospitalisation (dont une sous contrainte) et sept unités ambulatoires.

    En 2025, le service, basé à l’hôpital George-Sand de la Seyne, revendique 16 000 journées d’hospitalisation, un taux d’occupation de 90%, 1 100 patients suivis en extra hospitalier dont 349 à domicile, pour près de 5 000 consultations. Et si aucun recrutement n’était effectué, cela mettrait « en péril la prise en charge » ainsi que « la continuité et la sécurité des soins » dénonce l’intersyndicale CGT – CFDT – SUD.

    Aucune mesure annoncée par la direction

    « Malgré plusieurs réunions avec la Direction aucune mesure concrète n’est annoncée », dénonce cette dernière. Une situation qui « laisse planer un doute inquiétant sur l’avenir de ces services », d’autant plus « incompréhensible » que « le gouvernement déclare pour une deuxième année la santé mentale comme Grande Cause Nationale. » L’intersyndicale demande ainsi « des recrutements en urgence » pour que « l’établissement devienne une référence, un lieu où les psychiatres ont envie de venir et rester. »

    Le service a reçu le soutien de patients, regroupés au sein du collectif « Patients en Danger », et qui se sont mobilisés mardi devant l’établissement. Mais aussi celui du groupe d’opposition municipale « Alternative progressiste », pour qui « la psychiatrie publique ne peut être la variable d’ajustement des politiques hospitalières. Défendre ce service, c’est défendre une conception humaine, solidaire et ambitieuse de la santé. »

  • À Avignon, l’université poursuit son chantier sur la santé mentale

    À Avignon, l’université poursuit son chantier sur la santé mentale

    « Il faut que la santé mentale devienne un sujet plus important à l’université. Il est essentiel de miser dessus pour essayer de réparer ce que l’on n’a pas soigné plus tôt », lance Hugo Mazure, étudiant en deuxième année de sciences politiques et relais santé à l’université d’Avignon, ce mardi 7 avril, à l’occasion des assises territoriales de la santé étudiante.

    En plus d’un petit « village santé » avec plusieurs stands sur le campus Hannah-Arendt, un congrès s’est tenu à quelques mètres de là, à la Villa Créative. Et le constat des différents acteurs se rejoint : il faut en faire plus. En France, seuls quatre jeunes sur dix interrogés se disent en bonne santé mentale. « On voit tellement d’étudiants en détresse psychologique. On a l’impression qu’il n’y a pas assez d’actions pour y remédier et déstigmatiser l’accès aux soins », abonde Liana Pellat-Finet, vice-présidente étudiante à l’université d’Avignon. « C’est un enjeu vraiment important. Que ce soit une cause nationale deux années de suite montre que c’est un signe marquant de notre époque. Ce genre de journée a pour but de trouver des solutions et des actions concrètes pour les étudiants au plus tôt », lance de son côté Alain Richaud, vice-président d’Avignon Université.

    D’autant que « le Vaucluse est un territoire encore plus fragilisé car c’est un département parmi les plus pauvres et avec une offre de soins sous tension », précise Alizée Susler, médecin directrice du Service de Santé étudiante d’Avignon Université.

    Besoins immenses

    Un constat que partage le docteur Rafaël Ortiz, psychiatre au Service de Santé étudiante d’Avignon Université, qui pointe des « besoins immenses » et rappelle qu’« un Français sur cinq sera touché par un trouble de santé mentale dans sa vie ». Il explique qu’en Cité des Papes, il est notamment confronté à de nombreuses personnes avec des antécédents d’abus sexuels mais moins de personnes avec des addictions à différents produits. S’il se réjouit de l’existence de dispositifs d’aide, comme Santé Psy Étudiant, il pointe quelques problématiques. « J’ai moi-même testé sur mes appareils. On ne trouve à Avignon que cinq psys et après, on est renvoyé dans le Gard ou les Bouches-du-Rhône. Cela pose question car les délais sont longs et, quand on est dans une situation à risque, on ne peut pas attendre. C’est plus facile de dire qu’on a mal au genou que de dire qu’on entend des voix, mais ça ne devrait pas l’être. » « De nombreux étudiants ne savent même pas qu’ils peuvent prendre des rendez-vous. Notre objectif est qu’à terme, les gens s’y intéressent et que ce soit remarquable », pousse Hugo Mazure.

  • Dignité

    Dignité

    Environ 1 à 2% de la population serait atteint d’un « trouble du spectre de l’autisme ». Soit 700 000 personnes, dont 100 000 jeunes. Le spectre est très large, les indices permettant de suspecter un trouble aussi, et
    « l’errance diagnostique » est un premier parcours du combattant pour trouver une réponse à cette différence.

    Le « pourquoi », met des mots sur des troubles encore trop souvent ignorés ou minorés.

    Ce diagnostic intervient dans un environnement qui n’est pas neutre, il pose aussitôt une question centrale : comment faire société ? Soit vivre dignement et en autonomie, un droit fondamental à toute personne. Et à défaut comment cette même société peut aider à « aller vers ».

    D’immenses besoins

    Là encore, les chiffres sont implacables. D’après une étude de 2024 publiée par Autisme France, 11,6% des personnes autistes vivent en « totale autonomie ». Plus de 40% d’entre elles ont besoin d’un soutien, au logement, pour l’accès aux soins, à l’autonomie ou pour les démarches administratives, tandis que près de la moitié exige des interventions ponctuelles voire un accompagnement 24h/24 dans leur vie quotidienne. Les besoins sont donc immenses, tant pour eux que pour leurs proches. Ils balayent tous les domaines : premiers apprentissages, scolarisation, insertion professionnelle jusqu’à la vie d’adulte.

    Faut-il encore des politiques publiques à la hauteur des grandes déclarations « inclusives ». Nous en sommes, hélas, très loin et, pire, nous nous en éloignons encore un peu plus, au gré des politiques d’austérité et des coupes budgétaires en cascade. Indignes.

  • L’Unicef met en lumière les droits des enfants

    L’Unicef met en lumière les droits des enfants

    « On fait comprendre aux enfants qu’ils ont des droits et une véritable valeur », explique Stéphane, bénévole à l’antenne de Gap de l’Unicef. Formé par l’organisation, il intervient dans les écoles pour informer les élèves sur leurs droits. « Il y a toujours à faire, même en France, bien que la situation soit moins grave que dans d’autres pays », ajoute-t-il. Brigitte Pinel Pedro, bénévole dans les Hautes-Alpes, précise : « Les enfants sont les premières victimes des guerres. Ils ne peuvent pas se débrouiller seuls dans ce monde, c’est pour ça que la Convention des droits de l’enfant est aussi importante. » Mais alors, quels sont ces droits ? Il en existe quatre principaux, explique Bruno Enjolras : « La non-discrimination, chaque enfant, peu importe d’où il vient, a les mêmes droits. Le droit pour les enfants de donner leur avis. Aussi, l’intérêt supérieur de l’enfant, car toutes les décisions prises par les adultes doivent s’y inscrire. Enfin leur prise en compte dans les politiques publiques. » Le secrétaire général revient sur la situation en France : « Le suicide est la première cause de mortalité chez les adolescents. Un enfant meurt sous les coups d’un proche tous les cinq jours. » Après la diffusion d’un court-métrage sur la santé mentale, il insiste : « Les enfants doivent avoir conscience de leurs droits, cela peut les pousser à parler, se confier et éviter le pire. »

    Former aux droits des enfants

    Maeva, jeune ambassadrice de l’Unicef, revient sur l’organisation des Gap Good Game, un événement autour du jeu et du numérique : « Nous avons présenté une exposition en réalité virtuelle pour sensibiliser aux droits à l’éducation et à l’importance de l’eau. » Le président détaille sa volonté, cette année, de développer les partenariats « écoles amies » qui ont pour objectif de former les acteurs éducatifs aux droits des enfants, et ainsi les diffuser plus largement dans les départements de la région Paca. Bruno Enjolras rappelle que les élections municipales représentent un enjeu important : « Si les valeurs de l’Unicef ne sont pas intégrées par les mairies, le travail peut devenir difficile. » La journée s’est terminée par une table ronde animée notamment par la pédopsychiatre Pascale Louarn et la sophrologue Marie-Lyne Rozanes autour de la santé mentale des enfants et des adolescents. « Une thématique devenue centrale depuis la crise du Covid-19, qui a accentué le mal-être des jeunes », rappelle Morgane, également bénévole.

  • Les Canourgues, la rénovation urbaine par la démolition à Salon-de-Provence

    Les Canourgues, la rénovation urbaine par la démolition à Salon-de-Provence

    Après la démolition de la tour Sofia l’été dernier, le bailleur social Unicil programme de raser deux autres tours identiques au sein du grand ensemble immobilier des Canourgues à Salon-de-Provence (44 500 habitants) dans le cadre du Nouveau programme national de renouvellement urbain (NPNRU) validé en 2019.

    Marseille n’a pas le monopole des ensembles immobiliers complexes et dégradés. Le quartier des Canourgues à Salon-de-Provence regroupe 3 560 habitants. Il a trouvé son plein essor à sa construction dans les années 60-70. L’ensemble locatif au nord-est est composé de 1 455 logements à 92% de logements locatifs sociaux répartis sur trois bailleurs Unicil, Erilia (qui a absorbé Logirem) et 13 Habitat.

    L’habitat collectif est formé principalement de barres en R+4 et de hautes tours en R+12. On y trouve essentiellement de grands logements de type T3 et T4. C’est un bâti vieillissant relativement enclavé qui ne répond plus aux attentes. Après la tour Sofia démolie par grignotage en août dernier, Unicil qui gère 14 bâtiments se cherche une maîtrise d’œuvre pour raser la tour B4 en février 2027 et la tour B3 pour février 2028. Il faudra aussi raser les bâtiments Renaissance et D18.

    La pauvreté y frappe 53% des ménages

    « Le secteur est fragile en termes de fonctionnement social et urbain et présente des tendances de précarisation accrue et des problématiques de sécurité urbaine », écrit pudiquement la Métropole peut-on lire dans le cahier des charges de la consultation pour désigner la maîtrise d’œuvre. Plus crûment, ce quartier prioritaire et populaire cumule les difficultés. 53% des ménages se situent sous le seuil de pauvreté. La part des 16-25 ans non scolarisés et sans emplois est de 35%. Celle des familles monoparentales de 40%.

    Cette rénovation urbaine [validée en 2019 en comité d’engagement de l’Anru] est budgétée à hauteur de 150 millions d’euros portés pour l’essentiel à 46.3% par les trois bailleurs, à 19.5% par la Métropole, à 7.3% par Salon-de-Provence et à 17% par l’Anru. Elle doit être achevée à l’horizon 2030. Déclinée en trois axes – « oxygéner, mixer, ouvrir » – elle ambitionne de régénérer tous les bâtiments conservés pour atteindre la performance énergétique, d’améliorer le confort et la santé des habitants et de changer l’image du quartier.

    394 logements sociaux seront démolis en tout, 953 réhabilités. Jusqu’à 118 logements locatifs libres et en accession sociale seront créés. 394 logements sociaux seront reconstitués hors site pour plus de mixité. La restructuration de l’école Saint-Norbert est au programme avec la création d’une école d’infirmiers, d’aides-soignants, d’auxiliaires de puériculture et d’un pôle santé mentale. Une serre bioclimatique, des jardins de formation professionnelle et des jardins partagés seront développés, ce qui vaut au projet le label « Quartiers fertiles » de l’Anru.

  • La CGT psychiatrie en appelle à la responsabilité des maires

    La CGT psychiatrie en appelle à la responsabilité des maires

    « Budget en berne, difficultés à recruter, lits supprimés, formations compressées, malades laissés en souffrance. » Le constat est dressé depuis des années. Réunis au local CGT du Centre hospitalier Edouard Toulouse, les représentants syndicaux des unions départementales des Bouches-du-Rhône, du Vaucluse, des Hautes-Alpes et du Var refusent de s’y résigner.

    « Dans un contexte de pénurie de médecins, nous appelons à la solidarité des psychiatres », explique Pierre-Edouard Thiébaud, responsable syndical au CH Edouard Toulouse, dont le pôle littoral Nord est menacé par de nouvelles fermetures de lits. « Mais aussi à la responsabilité des maires car ils siègent dans les conseils d’administrations et ont un rôle d’officier de police », rappellent les élus CGT.

    Quand la branche fragile de l’hôpital public prend à ce point l’eau, le privé devient la bouée de secours. Et l’accès aux soins se restreint : « Pour une prise en charge dans le privé lucratif, le reste à charge du patient c’est 3 000 euros par mois », souligne le Dr Bernard Fossa, psychiatre au centre Henri Guerrin à Pierrefeu-du-Var. « Les équipes mobiles ne compensent pas les lits supprimés, et ne résorbent pas les déserts médicaux dans les endroits les plus précaires, alors qu’on fait face à l’explosion des consommations toxiques, aux passages à la violence, que des patients se clochardisent », déplore Sandrine Giaime, qui exerce dans les Hautes-Alpes. Et partout, de plus en plus d’enfants et d’adolescents sont concernés par des troubles. À Avignon, « cinq structures de pédopsychiatrie ont fermé en un an et demi », précise le responsable CGT du Vaucluse.

    Il y a beaucoup à revoir : « La sectorisation est passée d’un pôle médico-psychologique pour 70 000 habitants dans les années 70 à un pour 300 000 aujourd’hui. pour recruter il faut cesser d’abaisser la formation donc les compétences mais mettre en place des conditions d’accueil attractives, dans les écoles le besoin en pédopsychiatres est urgent », proposent ces soignants qui restent motivés et engagés et ont adressé des courriers à leurs maires pour travailler à remailler le territoire.

  • [Quoi de neuf] Camille, Liès et Sophie Nigon : « Le soin psy doit être fait par et avec les personnes »

    [Quoi de neuf] Camille, Liès et Sophie Nigon : « Le soin psy doit être fait par et avec les personnes »

    Le système psychiatrique, outre son manque de moyens humains et matériels structurel dans le secteur public, est source de violences pour de nombreuses personnes, notamment les plus vulnérables et marginalisées dans notre société. Quelle place pour les citoyens qui ont besoin de soins et d’accompagnement ? Qu’en est-il de la reconnaissance véritable, c’est-à-dire citoyenne, de leur parole et de leur vécu ? Alors que le gouvernement avait fait de la santé mentale une « grande cause nationale » en 2025, les attentes ne sont pas honorées. Rencontre avec Camille et Liès, bénévoles de l’association Democrapsy à Montpellier, qui œuvrent pour un changement total de paradigme, et la psychanalyse montpelliéraine, Sophie Nigon.

    Françoise Verna : Qu’est-ce qui a motivé votre choix d’être bénévole au sein de l’association Democrapsy à Montpellier ?

    Liès : Parce que libérer la parole des personnes concernées, cela ne suffit pas. Nous, on milite pour que cette parole soit prise en compte. Quand nous parlons de personnes concernées, ce sont les premiers et premières opprimés. Les prendre en compte c’est demander que les pouvoirs publics soutiennent des créations d’espaces pour ces personnes et que ces espaces soient gérés par ces personnes.

    Camille : L’idée serait d’élaborer un soin qui parte de la base, de la parole des personnes les plus violentées et marginalisées, pour avoir un soin collectif qui ne soit pas défini par l’altérité, la marge. Et par cette idée qui consiste à dire : « Vous êtes dehors, on va vous guérir et vous rencontre productif. »

    Olivier Nottale : Qui sont « ces personnes concernées », notamment dans l’association Democrapsy ?

    Liès : On réunit des personnes concernées par la psychiatrisation et/ou la vulnérabilité psychique sans forcément passer par un parcours de psychiatrisation. Nous, nous sommes concernés. Nous sommes une association de soins communautaire. On travaille en commun avec des personnes concernées, par exemple, par un trouble du spectre autistique, la psychiatrisation sous contrainte, y compris avec le fait d’être amenée par la police. On a réuni une communauté depuis un an et demi autour de plusieurs d’événements.

    Camille : L’idée c’est de montrer que la problématique de santé est aussi sociale. Traversée par des enjeux de féminisme, de racialisation, de colonialisme. Il faut prendre en compte toutes les formes d’oppressions, tout le système.

    Françoise Verna : Est-ce que cela vous parle que des jeunes gens, comme Liès et Camille, veuillent être les acteurs de leur bien-être et de ne pas être mis dans des cases ?

    Sophie Nigon : Cela me parle tout à fait. Dans l’approche lacanienne, qui est la mienne, ce qui compte effectivement c’est la question de l’individu, du sujet, de la spécificité. C’est-à-dire ne pas mettre les personnes dans des petites cases. Cocher des cases sur tel symptôme ou tel comportement, etc. Il s’agit de prendre en compte ce qui est la dimension du sujet, ce qui est sa subjectivité. Et ça, cela demande du temps et de l’écoute.

    Olivier Nottale : Or nous sommes dans un système de soins et une société où des personnes en besoin de soins vont buter contre ce système ?

    Camille : Je pense que la psychiatrie est un système fou, un pompier pyromane. Si la psychiatrie m’a sauvé la vie, elle m’a aussi rendue malade, handicapée. Je suis très critique de la psychiatrie comme institution mais au regard de l’urgence actuelle, c’est une des seules ressources que l’on a pour sauver les personnes parce qu’on n’a pas une remise en question totale de nos approches du soin et des problématiques sociales qui engendrent la folie. Les violences psychiatriques forcent les gens à rentrer dans la norme.

    Françoise Verna : Vous êtes psychanalyste et vous intervenez aussi auprès de professionnels. Vous avez donc cette double expérience, côté patient et côté soignant ?

    Sophie Nigon : Je suis psychanalyste en libéral où j’accueille des personnes et j’interviens aussi, toujours en tant que psychanalyste, dans différents services hospitaliers, institutions, associations qui ont tous en commun d’accueillir des personnes en souffrance : des enfants, des personnes handicapées, à la rue, en souffrance psychique, psychiatriques. J’accompagne aussi une équipe qui va dans des prisons. Du côté des professionnels il y a aussi de la souffrance parce qu’ils sont contraints par des injonctions, des règles, un manque de moyens et de temps. Pour un rendez-vous dans un centre médico-psychologique, un CMP, il faut six, huit voire plus d’un an. Et s’agissant d’enfants, pour un premier rendez-vous, c’est un an à dix-huit mois d’attente !

    Camille : J’aurai des recommandations : une réattribution des budgets répressifs pour faire de la prévention et de l’accompagnement aux soins. Et bien sûr des actions conjointes avec les premiers concernés pour élaborer une méthodologie de soins qui soit inclusive pour les soignants et les patients. Et avoir accès à des formations spécifiques sur le racisme, les violences sexuelles, l’inceste etc. Pour que l’on puisse nous accompagner au mieux.

    Retrouvez l’émission en cliquant sur le lien.

    * Democrapsy sur instagram @democrapsy_mtp34

    Samedi 21 mars scène ouverte au Quartier Généreux, 18h30.

    Mardi 24 mars à La Base, 19h :

    cercle en non-mixité HP-police.

    * *acfvoiedomitienne.fr

    sophienigon_psy-montpellier.com

  • Marc Pena face aux lecteurs à Aix-en-Provence

    Marc Pena face aux lecteurs à Aix-en-Provence

    Le logement

    Denise Tardy : Que comptez-vous faire pour le logement social et comment cela va évoluer dans nos quartiers ?

    Marc Pena : Nous allons commencer par appliquer la loi SRU. Aix est très loin du compte et paie des pénalités car elle ne respecte pas la loi SRU, qui est une boussole. Je mettrais tout en œuvre pour que l’on puisse atteindre les objectifs de celle-ci. Cela signifie construire, qui est un vrai sujet alors que nous avons un foncier très cher, avec des promoteurs qui préfèrent investir dans des résidences secondaires plutôt que dans du logement social.

    Ce n’est pas si facile, mais il y a un chemin. Chaque fois qu’il y a un projet immobilier, la mairie aujourd’hui, à partir de 1 000m2, à l’obligation de mettre proportionnellement le même nombre de logement social. L’obligation était à 2 000m2 au début du mandat de Maryse Joissains. Mais nous étions les premiers dans l’opposition, que nous représentons, à dire que vis-à-vis des autres villes, nous n’étions pas dans la norme. Finalement, la majorité est descendue à 1 000m2. Mais on peut aller plus loin. On pourrait envisager de construire des logements sociaux dès 500m2.

    Se pose ensuite la question d’où et de comment. L’erreur à ne pas faire, est de concentrer les logements sociaux en un seul endroit. Il faut qu’ils puissent être de partout dans la ville, et pas seulement à Encagnane, qui supporte l’essentiel des logements sociaux. Ailleurs, nous n’avons pas assez de logements sociaux. Il y a entre sept et dix ans d’attente à Aix, pour un logement social. On a le temps de changer de vie avant d’en avoir un.

    Je le dis aussi, il y a un clientélisme éhonté, il n’y a aucune transparence en ce qui concerne l’attribution des logements, ce sont des éléments fondamentaux qu’il faut changer. Nous proposons des procédures claires, transparentes, dans ce domaine. Au-delà de la construction, il y a les conditions d’habitat, et le lieu. Ce qui est dramatique à Aix, c’est qu’en plus d’avoir un manque de logement social, celui que nous avons n’est pas un logement pour les plus vulnérables, les plus précaires : ce n’est pas le logement social très social.

    Si Sophie Joissains était reconduite, j’ai peur que ce manque soit encore plus important, puisqu’on a privatisé le parc social de logements qui appartenait à Pays d’Aix Habitat. ça a été donné à Famille & Provence, ce sont plus de 700 millions d’euros de mètres carrés d’immobilier qui a été donné au privé. Ce que je vois, c’est un bailleur qui ne fait pas dans le social : il achète, rénove, revend, et n’est pas dans la philosophie générale de ce que nous proposons. Il y aura aussi à retrouver une organisation des bailleurs sociaux publics, sur lesquels on peut agir.

    Céline Urbaniak : On est en train d’entrer dans le piège du surtourisme en ce qui concerne le logement en centre-ville, essentiel pour les étudiants et les jeunes travailleurs. Comment sortir de ce piège-là ?

    Marc Pena : On entend continuellement la municipalité actuelle se réjouir du développement du tourisme depuis quelques années et se forme une communication autour d’Aix comme étant la ville la plus visitée, la plus belle du monde… Puis on joue de ses atouts, l’été, les festivals de musique, etc. Or, ce surtourisme à des conséquences négatives.

    Sur un plan économique, il y a des retombées qui pourraient apparaître être positives pour les commerces, c’est à discuter. Parce que dans ce surtourisme il arrive des cars entiers de touristes qui viennent, qui prennent un bout de lavande, qui ne savent pas s’ils sont à Rome, Florence, ou Aix à ce moment-là et qui consomment rapidement. Il y a des questions à se poser même pour les gens liés directement au tourisme. Je connais des cafetiers qui dès qu’il y a des événements comme l’Iron Man, ferment, plutôt que d’avoir des problèmes.

    Il y a à s’interroger sur ce qu’on appelle l’attractivité d’Aix et cette politique du surtourisme, qui conduit indirectement ou directement à un fléau, celui des Airbnb. C’est une manière de capter, d’enlever des logements au marché privé classique qui permettrait à des jeunes de se loger. La Ville ne fait rien, rien en termes de Airbnb.

    Pendant le Covid, les étudiants, quand ils le pouvaient, sont partis, le centre-ville était vide : il n’y a pas de familles, peu de gens qui ont une vie banale de tous les jours. Ça pose la question de ce que l’on entend par attractivité. Je ne suis pas contre, mais elle ne se limite pas aux hôtels particuliers ou la Biennale.

    L’attractivité doit concerner tous les habitants de la ville. L’enjeu de refaire venir les familles en centre-ville est difficile, il va avec celui de la commercialité, il faut retrouver des commerces de proximité, lutter contre la spéculation immobilière, arriver à trouver des loyers à des prix où les classes moyennes vont pouvoir vivre en centre-ville toute l’année me semble important. Aussi, j’espère être maire parce que j’espère que la ville ne va pas avoir la main totale sur la rénovation du quartier Faubourg. C’est une opération de spéculation immobilière qui va faire monter les prix sur le cours Sextius quand il sera rénové, provoquer une gentrification et une expulsion des classes moyennes.

    Sécurité

    Denise Tardy : à Encagnane, nous avons eu plusieurs incidents (tirs, attaque sur gendarme en civil, etc.) Comment lutter contre
    les incivilités, que faire pour la tranquillité publique, notamment dans les quartiers populaires
     ?

    Marc Pena : La sécurité est un droit fondamental, il est normal que les habitants des quartiers populaires puissent se sentir délaissés sur ce sujet-là. Je veux redire d’abord que la sécurité et la tranquillité publique sont une problématique de gauche. ça a pu être accaparé, instrumentalisé par la droite et l’extrême droite mais c’est une problématique de gauche : c’est la mère de toute liberté.

    Aujourd’hui, il y a, notamment lié au narcotrafic mais pas que cela, une délinquance qui monte en puissance, alors que faire ? La première chose que l’on veut faire, avant tout, c’est rétablir de l’humain. C’est retrouver, autrement, ce que l’on appelle la police de proximité que Nicolas Sarkozy avait jetée par-dessus bord il y a quelques années tout en disant qu’avec le karcher, il allait résoudre tous les problèmes. La police de proximité, c’est assumer un recrutement en matière de police municipale, un recrutement où la police municipale connaît le quartier dans lequel elle travaille et elle agit, et vice versa. Ce n’est pas un corps étranger qui arrive une fois puis repart. La police est présente, en tenue, et n’est pas seulement là pour faire faire du sport aux enfants. On va par ailleurs recruter à cet effet des animateurs, des moniteurs, des personnes qui vont accompagner les dispositifs qu’on va mettre en place. Encore une fois, en matière de sécurité, la police de proximité est fondamentale.

    On va recruter, sur la mandature, 80 policiers municipaux. Au début, dans la première année, une vingtaine. Ce sont des choix budgétaires que l’on va faire mais c’est indispensable. Aussi, les policiers sont des ouvriers de la sécurité, ce sont des travailleurs.

    En ce sens je me distingue de la gauche qui dit que la police tue. C’est dangereux d’expliquer que l’on rentre dans une société de conflit ouvert entre les habitants et sa police. On a aussi des dispositifs d’alerte, par exemple des bornes qui permettent d’alerter en direct la police municipale, et selon le type de sujet, travailler avec la police nationale pour une intervention immédiate et efficace dans certains cas.

    J’ai beaucoup insisté sur la sécurité dans mon meeting, où j’ai eu l’honneur de recevoir Amine Kessaci. Je pense qu’à Aix-en-Provence il y a une insuffisance. Je pense surtout que cette question de la sécurité est une question capitale pour les habitants. Il faut qu’on retrouve un sens du collectif, des responsabilités.

    Sarah Trevisiol-Peccini : Quels sont les dispositifs que vous comptez mettre en place pour améliorer la sécurité des femmes dans l’espace public. Il serait envisageable d’ouvrir un centre d’accueil permanent et municipal pour les victimes de violences sexistes et sexuelles (VSS) ?

    Marc Pena : C’est dans le programme. On peut envisager de former des agents municipaux dans ce domaine, puisque l’accueil n’est pas un accueil ordinaire dans ces cas-là. On veut en faire une cellule qui soit celle de l’accueil, de l’humanité, et d’alerte de manière plus générale pour éviter les drames. Pour que ces femmes puissent trouver une réponse première à leur situation, souvent de grande difficulté dans ce cas-là. Je le disais au travers des transports, il y a chez la jeunesse et jeunes femmes, un sentiment d’insécurité. On va prévoir dans les bus un système d’arrêt à la demande, qui n’a l’air de rien mais peut permettre en cas de danger potentiel, de s’extirper rapidement et au chauffeur, d’alerter sur le problème. On va faire une pédagogie autour de ces questions de façon très forte. C’est un sujet global, national, de société et touche toutes les catégories, et Aix-en-Provence doit être exemplaire en la matière.

    Transport

    Lionel Nari : Au sujet de la desserte des Milles et du Pôle d’activités de la Duranne, les élus métropolitains ont voté un nouveau Bus à haut niveau de service (BHNS). Ne serait-il pas mieux d’exploiter la voie ferrée Rognac-Aix ? Pour éviter 5 ans de travaux et coûter moins cher à la collectivité ?

    Marc Pena : Cette municipalité n’a rien compris aux enjeux des transports sur son territoire et de manière générale, n’a rien compris à ce qu’il se passait aux Milles. Elle nous propose une desserte par BHNS au moins pour 2030, plutôt pour 2035 selon moi. Une desserte qui est en fait un vieux projet qui revient. C’est une ligne droite qui va à un endroit et qui en revient, sans desservir l’ensemble du pôle d’activité, ni les autres quartiers. On se demande comment on met tant d’argent pour desservir la Duranne, qui doit l’être, mais c’est tout puisque les salariés qui travaillent sur le Pôle d’activité viennent de partout : et ils sont loin d’être tous aixois.

    Je suis un fervent partisan du ferroviaire, et il y a des années que des associations, des collectifs, parfois des responsables politiques ont montré et démontré que cette ligne ferroviaire desservirait bien mieux l’ensemble du territoire métropolitain et qu’elle était une solution plus accessible que les BHNS. Il faut que cette ligne ferroviaire soit rapidement utilisée car dans quelques années, elle risque d’être réellement détériorée. C’est le moment d’agir dessus. Avec les progrès que nous avons faits, nous pouvons avoir des trains qui ne soient pas trop lourds, ne demandent pas à ce que toute la ligne soit à refaire, et où l’on puisse être opérationnels rapidement. Nous allons évidemment, si nous sommes aux affaires, proposer et essayer d’entraîner un changement dans la politique métropolitaine en la matière, en obtenant que si l’on a des financements, ils doivent d’abord revenir au ferroviaire. Le tracé de la ligne Aix-Rognac permet de desservir très largement toute cette zone autour des Milles et au-delà. Je suis convaincu, avec d’autres communes peut-être, que l’on peut agir si nous la demandons. Le BHNS encore une fois ne dessert qu’une partie des Aixois, est relativement restreint, en plus avec un débit en termes de fréquence et de desserte qui ne serait de toute façon pas satisfaisant. Il faut véritablement changer de politique sur les transports.

    Lionel Nari : Il ne serait pas temps de fusionner la régie des transports métropolitains pour récupérer toutes les activités interurbaines et urbaines afin d’arrêter la casse sociale des salariés des transports qui subissent les logiques des entreprises privées ?

    Marc Pena : Quand on est candidat aux municipales, dans le meilleur des cas, on aborde la question du transport dans sa généralité. On oublie parfois ceux qui travaillent dans ces entreprises, les salariés. Là où je vous rejoins : le bilan de la concurrence (européenne) après 25 ans est très mauvais. Autrefois, il y avait un lien entre les chauffeurs et les usagers. Aujourd’hui, c’est totalement anonyme, c’est une entreprise commerciale, ils vous parleraient en anglais, vous trouveriez ça normal. On a un vrai sujet et surtout, les salaires sont extrêmement faibles. Une municipalité ne peut pas s’occuper de tout, mais ce n’est pas une fatalité de n’avoir que des délégataires de service public. Aussi, ceux que l’on connaît à Marseille au niveau de la RTM, on pourrait le développer beaucoup plus au niveau métropolitain. Si une ville comme Aix dit ses besoins en ce domaine, porte ce type de projet, ça pourrait avoir un écho et un effet pour les autres communes qui joueront le jeu. C’est un enjeu social, sociétal, un enjeu économique en matière de transport, un enjeu de santé publique aussi, puisqu’on se retrouve souvent dans des embouteillages monstres. Il faut changer la donne. Une commune ne va pas transformer la société mais elle peut changer la ville et améliorer largement la qualité de vie des citoyens et de ceux qui ont l’honneur de faire ce métier-là.

    Marc Barrieu : Est-ce que l’on peut avancer vers la gratuité totale des transports ?

    Marc Pena : Oui, dans le programme il y a l’objectif d’avancer, au cours du mandat, vers la gratuité. Le droit de se déplacer est un droit fondamental. Il implique pouvoir aller à son travail, aux enfants d’aller faire des activités sportives et culturelles, aux personnes âgées de trouver des moyens de transport qui leur correspondent… Dans la société d’aujourd’hui, c’est un impératif. Si on doit penser à une gratuité, il faut peut-être aussi la penser à une échelle métropolitaine. C’est difficile, mais c’est un rapport de force politique et c’est là qu’on revient à ces élections. Si dans un rapport de force politique à la Métropole nous avons une majorité, on pourra changer de politique y compris dans ce domaine.

    Santé

    Marc Barrieu : Si vous êtes élu maire vous siégerez au conseil d’administration de l’hôpital. L’offre de santé, Montperrin incluse, est mise en concurrence avec les cliniques qui se rassemblent dans l’hôpital privé. Quelle sera votre action sur la matière ?

    Marc Pena : L’action de nos communes sur les soucis de santé publique existe, même à une échelle modeste. C’est une politique nationale, d’ensemble de santé publique, qui fait l’état de l’hôpital public aujourd’hui. Il reste à l’hôpital public tout ce qu’il n’est pas rentable mais tout ce qui est essentiel, pourtant. Derrière cette crise-là, ce n’est pas qu’une crise conjoncturelle de concurrence, mais l’idée d’une certaine politique d’affaiblir tellement le service public que finalement la santé ne serait plus publique, mais réservée à la catégorie de citoyens qui peuvent se la payer, et donc on a là un vrai sujet. L’hôpital public d’Aix-en-Provence est aujourd’hui défavorisé par rapport à ce qu’il se passe dans le privé. Axium va s’étendre énormément. Et la commune va siéger dans le conseil stratégique de l’hôpital. C’est là où elle peut faire valoir ses besoins, c’est là où elle peut non pas contrecarrer à elle seule toutes les politiques de santé publique en la matière, mais où elle peut dire ses besoins, être aux côtés des salariés de l’hôpital public et donc, peser sur les décisions prises.

    Je pense qu’à Aix, il est très important de défendre cet hôpital. L’hôpital de Montperrin, est un symbole, un hôpital ouvert sur la cité, ce n’est pas un hôpital de l’enfermement global. Aujourd’hui avec le peu de moyens qui lui reste, toute cette philosophie de prise en compte autrement se perd de plus en plus. Aussi, autour de Montperrin, il y a beaucoup de foncier, qui a déjà été grignoté, et c’est directement visé. Pas pour faire des logements sociaux, je vous assure ! Si on pouvait ou le faire disparaître, ou le restreindre au minimum, on le ferait. Alors qu’il y a une crise de la psychiatrie en France.

    Jeunesse

    Céline Urbaniak : Quel peut-être le rôle d’une équipe municipale dans une ville étudiante pour qu’on lutte mieux contre la précarité étudiante et que ce qui peut être proposé par la ville soit plus lisible, plus accessible, pour que les étudiants puissent étudier, puisqu’ils viennent pour ça.

    Marc Pena : En ce moment, on perd 5 000 étudiants chaque année. Ils choisissent Montpellier, l’académie de Nice, Grenoble ou Lyon, car à Aix, le loyer et la vie quotidienne sont trop chers. Les étudiants qui vont pouvoir être intéressés par des hauts niveaux de formation, de Master, vont faire un arbitrage qui n’est pas en faveur de notre région. Si on continue comme ça, on va continuer à perdre des étudiants. De ce point de vue là, ce devrait être un enjeu fondamental pour les pouvoirs publics, pour ceux qui ont fait l’Université unique qui avait pour but d’attirer le plus d’étudiants et de compétences possibles. Aujourd’hui, dans l’environnement qui est celui d’Aix ce n’est plus le cas.

    Le mot précarité, pour les étudiants, commence à être usé. C’est pire que ça. Aujourd’hui, les étudiants sont pauvres. C’est un sujet encore plus important. Ils pourraient, pour un certain nombre d’entre eux, être classés parmi les 10 millions de pauvres dans notre pays. On est pauvre quand on diffère les soins et la santé : les étudiants ne peuvent même pas avancer l’argent. Ils vont donc ne pas se soigner. Vous savez les problèmes de santé publique que ça va entraîner, globalement, et évidemment sur la santé de notre jeunesse. Au moment de l’âge de la vie où l’on s’émancipe, c’est d’une tristesse infinie de voir cela. On a tout de même réussi à obtenir le repas au Crous à un euro à l’Assemblée, qui était depuis très longtemps une revendication des associations étudiantes et des partis de gauche de manière générale. Il devrait permettre à nos étudiants de ne plus différer leurs repas.

    Sarah Trevisiol-Peccini : Que comptez-vous mettre en place pour faciliter l’accès à la culture pour les jeunes et les enfants, mais aussi aux étudiants et étudiantes, la jeunesse en général ?

    Marc Pena : À ce sujet, il y a beaucoup de choses à dire. Vous avez, par exemple, le Théâtre du Bois de l’Aulne, une programmation remarquable, des spectacles gratuits, possibles, même s’il faut réserver à l’avance. En même temps, s’il y a de quoi se nourrir en termes de culture, les habitants du quartier n’y vont pas. Cela signifie que pour eux, cela reste un corps étranger et qu’une politique de fond n’est pas menée. Je pense que la culture commence très tôt. Par exemple, nous avons de grandes ambitions pour le périscolaire : je l’ai redit en meeting il n’y a pas si longtemps. On a notamment l’éveil à la culture dans ce plan, en lien avec le Conservatoire, pour la maîtrise d’un instrument de musique par exemple. Il y a le besoin très tôt d’installer la culture comme un élément essentiel de développement individuel et collectif, de développement pour l’individu dans son ensemble. Ensuite, il faut qu’il y ait une offre culturelle qui corresponde aux catégories, aux besoins de cette jeunesse-là. Si elle va au festival d’Arts Lyriques immédiatement, c’est très bien. Mais on n’a pas de réseau d’activité culturelle, de spectacle, dans lequel les étudiants se reconnaîtraient et participeraient. Les étudiants, même s’ils ne restent que quelques années à Aix, doivent être associés à la ville. Ça implique de concevoir différemment les étudiants dans la ville. On a un vrai sujet. J’ai un plan jeunesse qui va de la crèche, jusqu’au périscolaire et jusqu’à l’enseignement supérieur, qui fasse en sorte que les étudiants n’aient pas que des nourritures terrestres mais aussi des nourritures spirituelles. Pour cela, il faut s’appuyer sur les organisations étudiantes, parce que la mairie actuelle a créé un conseil étudiant, mais pour 80%, ce sont des clones de la majorité. Ils ne sont pas très reconnaissants, j’en vois beaucoup faire campagne pour Philippe Klein.

    Sarah Trevisiol-Peccini : Comment aider les petits commerces de proximité liés à la culture face aux grandes chaînes de magasin ?

    Marc Pena : Aujourd’hui, vous n’avez plus qu’une seule librairie, c’est Goulard. Sur ma liste, il y aura un monsieur qui s’appelle Jean-Michel Durafour. Il vit à Aix et travaille aux presses universitaires d’Aix-Marseille. Il avait créé, avec son épouse, une librairie qui s’appelait le Lagon Noir, avec BD, romans policiers, dans une rue qui n’est pas dans le centre immédiat. Or, elle a dû fermer. Il a plusieurs fois écrit à la mairie pour le minimum de subventions qui l’auraient aidé dans son entreprise, il n’est jamais rentré dans les réseaux de cette mairie et n’a jamais obtenu quoi que ce soit. Il y avait aussi un système d’arrêt ponctuel en voiture, rester un quart d’heure, une demi-heure, pour acheter ses livres, discuter avec le libraire et repartir. Cela, sans explication, a été supprimé par la mairie. Finalement, comme c’est périphérique et qu’on ne peut plus y aller, les gens ont fini par ne plus y aller. Il a dû fermer [en novembre, Ndlr.]. Là-dessus, la mairie peut avoir un droit de préemption commerciale. Sous la pression de l’opposition, la mairie d’Aix l’a mis en place mais n’en fait pas grande chose. Ce droit permet à la commune de décider globalement du type de commerce qu’elle veut dans sa commune, et du type de commerce qui correspond à ses quartiers ou son centre-ville. Ce sont des choix qui peuvent être faits, des accompagnements qui peuvent être donnés… Nous, nous serons une commune à l’écoute de ce type d’initiatives, nous les accompagnerons aussi.

  • « Demain Salon » présente ses mesures écologiques et sociales

    « Demain Salon » présente ses mesures écologiques et sociales

    Elle a reçu le soutien de l’ancien maire Michel Tonon (PS). Ce mercredi 11 février, la liste d’union de la gauche « Demain Salon » a présenté ses visages et son programme, élaboré dans l’ombre « depuis six mois », indique le candidat, Patrick Chini (PS).

    En quatrième position sur la liste, Michèle Blanc-Pardigon, pédiatre, chevalier de la Légion d’honneur et ancienne élue à la santé publique, souhaite s’engager « pleinement (…) pour une santé globale associant le développement de l’agriculture nourricière bio, des activités physiques, sportives et culturelles, pour un contrat de santé et de santé mentale global, et pour l’accessibilité aux soins pour tous ».

    Logement digne

    « Demain Salon » propose notamment de mettre en place un Plan alimentaire communal et des fermes municipales pour tendre vers le 100% bio et local, mais aussi d’aider les nouveaux médecins à s’installer ou encore de créer un Ehpad public.

    Son colistier Nicolas Maury (PCF) insiste sur la problématique de l’habitat : « Nous sommes la liste qui défend le logement social (…). Nous voulons que les travailleurs et travailleuses puissent se loger dignement dans des logements salubres et accessibles. » Si l’équipe est élue, elle entend imposer au moins 50% de logements sociaux dans les nouvelles opérations, développer l’hébergement d’urgence, réhabiliter l’ancien et lutter contre la vacance.

    Celle qui est en position de devenir première adjointe, Véronique Le Marchand, s’est engagée à « faire triompher l’écologie (…) populaire et joyeuse, qui ne confond pas les responsables et les victimes ». Parmi les mesures : tendre vers le 100% d’énergies renouvelables pour le patrimoine municipal en imposant une couverture photovoltaïque sur toute nouvelle construction, atteindre le 0 pesticide et végétaliser l’espace public, à commencer par les places Morgan et Charles-de-Gaulle.

    L’ancien maire Michel Tonon salue : « On voit bien les difficultés à faire aboutir les idées de gauche à travers les questions de justice sociale. Je crois que le combat politique qui peut se mener à l’échelle locale est un combat important. » Face à Nicolas Isnard, élu en 2020 avec près de 70% des suffrages, les chances de la liste semblent minces. Mais il affirme, évoquant la victoire de François Blanc en 2001 acquise dans un « trou de souris » après une « quadrangulaire » : « Les combats ne sont jamais perdus tant qu’on ne les a pas menés. »