Tag: santé mentale

  • La CGT de l’hôpital de Montfavet au devant du recul de la psychiatrie

    La CGT de l’hôpital de Montfavet au devant du recul de la psychiatrie

    Trois ans de lutte en plus pour Claire Moreno à la tête de la CGT de l’hôpital de Montfavet, réélue ce mercredi suite au congrès de la section syndicale d’un des plus grands établissements de santé mentale en France, qui rassemble environ 420 des 2 200 agents de l’hôpital.

    D’autant que la CGT de l’hôpital psychiatrique fête son 120e anniversaire en 2026 et que « sans nous, il n’aurait pas le même visage », glisse Gaby Adrian, tout juste élu secrétaire général adjoint.

    Et pour les trois prochaines années, un regard attentif va être porté sur les grandes transformations prévues sur le site. Comme celle présentée en grande pompe en avril dernier. Un chantier de 13,9 millions d’euros visant à « humaniser » les soins (notre édition du jeudi 23 avril). Une réhabilitation regardée avec attention car cela implique d’autres problématiques, la direction du site souhaitant adapter les conditions d’isolation des patients qui peuvent parfois être difficiles à gérer. « Humanisation oui. Mais si on réduit nos effectifs à deux pour quinze. Et que les deux doivent être avec un patient, on fait quoi des treize autres ? On veut surtout des effectifs pour éviter la frustration des patients », ajoute-t-elle. Et de pointer également la présence de mineurs dans des services pour adultes. Ou encore la demande d’escorte de police pour l’accueil de patients en détention. Tout en répétant qu’elle « dédouane la direction de cela car ce qu’il manque, c’est des budgets. Elle fait ce qu’elle peut. S’il y avait les budgets pour de la masse salariale, ils embaucheraient et on reverrait les effectifs à la hausse et on pourrait faire de la vraie psychiatrie, du vrai médico-social ». Chaque année, 22 000 personnes sont prises en charge par les services du centre hospitalier.

    Budget réduit

    Et face à la crise que traverse le secteur, elle se remonte les manches. Avec, pour les trois années à venir, « des engagements forts au niveau de la lutte contre l’extrême droite, des engagements forts sur le maintien des valeurs de la CGT et pour défendre une psychiatrie et le médico-social publics, la santé publique au service des usagers », pose-t-elle en introduction. La section syndicale se pose contre les idéologies qui vont à l’encontre du modèle social et le secteur privé qui souhaite grignoter des parts du public. « Toutes les années, ils viennent tirer sur nos budgets en disant qu’il faut réduire nos dépenses. Sauf que nous, on n’est pas une entreprise qui fournit du capital », réitère Claire Moreno. Pointant entre autres que la psychiatrie a été érigée en cause nationale « mais que l’on ferme des lits tous les ans ».

    L’élection présidentielle sera donc scrutée de près par les syndicalistes de la psychiatrie.

  • Première pierre posée pour l’unité adolescents d’EPSY Var

    Première pierre posée pour l’unité adolescents d’EPSY Var

    Poser la première pierre… d’un bâtiment déjà construit. L’expression était peut-être mal choisie, mais qu’importe : vendredi, élus et membres de la direction de l’Établissement psychiatrique du Var (EPSY Var) ont inauguré les travaux de la future unité adolescents sur le site de Pierrefeu-du-Var, au cœur d’une bâtisse désaffectée qui va être entièrement rénovée. « C’est le symbole de notre projet d’établissement 2026-2030. Un projet ambitieux, entièrement tourné vers la couverture des besoins de santé », salue Nicolas Funel, directeur d’EPSY Var.

    Cette nouvelle unité va voir le jour grâce à un soutien de 2 millions d’euros de l’Agence Régionale de Santé (ARS), qui va permettre d’accueillir 14 adolescents de 12 à 17 ans (4 lits d’hospitalisation intensive en séjours de 2 semaines, 4 lits d’hospitalisation de semaine en séjours de 2 mois, et 6 places en hôpital de jour) d’ici avril 2027. « Cela s’est presque imposé à nous, dans un contexte de difficultés pour les publics adolescents, sur des situations de plus en plus lourdes, de plus en plus nombreuses, avec des réponses insuffisantes », appuie Sébastien Monié, directeur départemental de l’ARS PACA pour le Var, qui annonce que la psychiatrie adolescents sera l’une des priorités du projet territorial de santé mentale, « au niveau départemental et inter-départemental ».

    Les capacités de prise

    en charge regroupées

    « Depuis 2019, il y a eu une augmentation de 30% des tentatives de suicide médicamenteuse chez les adolescents de 12 à 18 ans », illustre Cécile Pinna, cheffe du pôle de pédopsychiatrie d’EPSY Var. Dans cette optique, la création de ce nouveau service « permettra des prises en charge adaptées pour les ados en crise, car pour l’instant on les accueille sur les unités de pédiatrie, qui ne le sont pas », précise Cécile Pinna.

    Et de regrouper les capacités. Car jusqu’ici, les adolescents dépendant du secteur d’EPSY Var – qui s’étale du Verdon jusqu’à Hyères du nord au sud, et du Cannet-des-Maures à Belgentier d’est en ouest -, étaient régulièrement envoyés sur l’unité externe de la Villa Nova, à la Garde (qui s’occupe de l’hospitalisation en semaine et sera intégrée au site de Pierrefeu) et au Centre d’évaluation et d’orientation pour adolescents (CEOA) du Centre hospitalier de Toulon – la Seyne (CHITS). « Ce n’était pas évident parce qu’on n’avait pas la main sur ces lits. Ce n’était pas notre pôle, pas notre équipe, et ils avaient aussi leurs propres besoins. On va pouvoir continuer les prises en charge de semaine comme à la Villa Nova, mais de manière plus sécurisée parce que ce sera à l’intérieur de l’hôpital », valide Cécile Pinna.

  • Une unité pour les détenus atteints de troubles psy à Béziers

    Une unité pour les détenus atteints de troubles psy à Béziers

    « La prise en charge des détenus présentant un trouble psychiatrique est une grosse problématique aujourd’hui dans nos établissements pénitentiaires », assure David Parmentier, secrétaire de l’Ufap Unsa-justice du centre pénitentiaire de Béziers. Aussi, l’annonce faite par Gérald Darmanin, en déplacement à Béziers le 4 juin, de la création prochaine, aux abords directs de l’établissement biterrois, d’une unité hospitalière spécialement aménagée (UHSA) de 40 lits destinée à accueillir des détenus souffrant de troubles psychiatriques, est « une bonne nouvelle », admet David Parmentier. Un projet pour lequel le ministre de la Justice a annoncé une enveloppe de 32 millions d’euros.

    Toutefois, « on est encore loin du compte », nuance le responsable syndical. « On avait déjà, en Occitanie, une UHSA de 40 lits basée à Toulouse. Avec celle qui va voir le jour à Béziers, dont la vocation sera là aussi régionale, on monte à 80 lits pour toute la région. Or l’Occitanie, c’est 7 400 détenus, dont environ 30% (soit près de 3 000) souffrent de troubles psychiatriques. Donc ces 80 places ont certes le mérite d’exister, mais ça reste très insuffisant », estime le représentant de l’Ufap Unsa Justice.

    « Aucunement leur place en centre pénitentiaire »

    « Il faut imaginer la cohabitation, au sein d’une cellule, avec un détenu schizophrène qui a des hallucinations toute la journée ! Quant à nous, personnels pénitentiaires, nous ne sommes pas formés à la gestion au quotidien de ces détenus qui demandent beaucoup d’attention et dont on ne sait jamais comment ils vont réagir, sachant qu’on est dans un contexte de surpopulation doublée d’un manque d’effectifs de plus en plus important », insiste David Parmentier. « On ne peut malheureusement apporter aucune réponse structurelle et sérieuse face à ces détenus qui, pour beaucoup, n’ont aucunement leur place au sein d’un établissement pénitentiaire », considère le responsable syndical. « En échangeant avec des professionnels de santé, on s’aperçoit que la psychiatrie est également le parent pauvre de la médecine… Comme on ne sait pas où mettre ces gens, on les met en prison », déplore-t-il.

    Les agents pénitentiaires ont également échangé avec le ministre au sujet de la surpopulation carcérale (193% de taux d’occupation à Béziers, avec 190 matelas au sol dans le quartier maisons d’arrêt) et du manque d’effectifs. Si Gérald Darmanin a annoncé l’arrivée de 17 nouveaux agents sur le site en septembre, « il ne s’agit pas de la création de 17 postes », précise David Parmentier. « Ces 17 arrivées se feront dans le cadre de mutations qui viendront compenser une quinzaine de départs à la retraite. On va donc se retrouver, à quelque chose près, dans une situation identique. »

  • [Entretien] François Tejedor, CGT Cheminots Paca : « Des conséquences graves »

    [Entretien] François Tejedor, CGT Cheminots Paca : « Des conséquences graves »

    La Marseillaise : L’intersyndicale évoque une « urgence sanitaire et sociale », pourquoi mettre l’accent ?

    François Tejedor : On sonne une alarme sociale : il y a eu 13 suicides au sein de la SNCF, et des accidents de travail. En 6 mois, on a atteint le même taux de suicide qu’à France Télécom en deux ans. C’est, pour nous, la conséquence du démantèlement du service public et c’est corrélé à une accélération de la transformation de l’entreprise. On commence à subir les effets concrets de la réforme ferroviaire de 2018 : fin de l’embauche au statut, début de l’ouverture à la concurrence à tous les niveaux ou encore la liquidation de Fret SNCF. Tout cela a créé un mal-être chez les cheminots, et c’est pour cela qu’on demande un moratoire sur ces réorganisations.

    En Paca, vous avez été les premiers concernés par l’ouverture à la concurrence, quelle conséquence dans la tête d’un cheminot ?

    F.T. : Avec le Casi Paca, nous avons fait un film Tous Cheminots qui revient là-dessus avec un ensemble de témoignages. Parmi eux, un a préféré quitter la SNCF plutôt que de se foutre en l’air. Mais si nous n’avons pas eu de conséquences directes, comme les drames évoqués précédemment, c’est parce que nous avons mené les combats : on a réussi à maintenir un ensemble de droits pour les cheminots, pas de transfert à la concurrence d’office, maintien des conditions de travail… On a maintenu un collectif et ça nous a préservés en quelque sorte.

    C’est aussi une pressurisation croissante des cheminots que vous dénoncez ?

    F.T. : Oui. On a vu récemment qu’ils voulaient enlever 5 jours de RTT. Il y a des attaques claires sur les droits, sur les conditions de travail. L’entreprise a des velléités pour une productivité plus accrue alors qu’on est à 1,8 milliard d’euros de bénéfices. Mais cela provoque de graves conséquences.

  • À Marseille, la santé mentale au cœur d’ateliers

    À Marseille, la santé mentale au cœur d’ateliers

    Chaque dernier mercredi du mois, de nombreuses animations sont mises en place pour toutes les générations, dans le cadre des « mercredis e-sport et sport pour tous » à l’Hôtel du Département, initiés par Martine Vassal, la présidente (DVD) de la collectivité. On y retrouve ce mercredi des personnes du bel âge pratiquant du bowling sur console mais aussi des minots s’initiant à la pétanque. « C’est un projet qui tient à cœur à la présidente. C’est important de réaliser le projet surtout que la santé mentale touche tout le monde peu importe l’âge », insiste Marine Pustorino, conseillère départementale déléguée au sport de haut niveau et à l’e-sport.

    Donner une chance

    à la jeunesse

    Une édition inédite marquée par la présence d’un espace animée par plusieurs services civiques. Sur place, des activités sensorielles qui touchent l’ouïe, le toucher et la vue. Ce projet a été imaginé par Anaïs du Centre médico-psycho-pédagogique (CMPP) et Shana de la Maison des adolescents (MDA). « Le but, c’est d’offrir à tout le monde des solutions par rapport à certains troubles différents. Via ce parcours sensoriel, on introduit des handicaps pour mieux permettre la compréhension et la gestion, avec notamment un atelier de bouteilles sensorielles qui sont utilisées en cas de stress aigu », explique Shana, titulaire d’une licence en psychologie. Un rendez-vous où toutes les générations se sont prêtées au jeu, là où la santé mentale est devenue un sujet fondamental, notamment pour les minots.

  • Une écoute téléphonique au chevet des étudiants d’Aix-Marseille

    Une écoute téléphonique au chevet des étudiants d’Aix-Marseille

    À partir de 21h et jusqu’à 2h30, deux à trois bénévoles rejoignent ce que l’équipe appelle « la brigade de nuit ». L’antenne de l’association de prévention des risques de santé mentale Nightline a ouvert il y a 8 mois à Marseille. Cette ligne d’écoute, gérée par des étudiants bénévoles formés et accompagnés, couvre les besoins de tous les étudiants de l’académie d’Aix-Marseille. Elle répond à un réel besoin, « avec un pic lors des partiels », souligne Vincent Biarneix, responsable de l’association.

    « Rendre accessibles ces outils à tous les jeunes »

    Les thématiques récurrentes sont en premier lieu les ruptures amoureuses, suivies par la solitude et l’isolement. Sur le premier trimestre 2026, l’association a reçu 600 appels. « On aimerait recruter davantage de personnes pour pouvoir faire face aux besoins », partage Yanis* le président-bénévole de l’antenne.

    Au-delà des appels, des ateliers de sensibilisation et de prévention sont organisés par les bénévoles, services civiques et salariés, soit une petite équipe de moins de 30 personnes. Ils se rendent dans les lycées, les universités et les missions locales pour « parler de santé mentale, la déstigmatiser, libérer la parole dans l’optique de rendre accessibles tous nos outils aux jeunes de France », indique Julie Pierre-François, déléguée territoriale de Nightline Aix-Marseille.

  • La gauche seynoise interpelle les députés sur la situation du service de psychiatrie

    La gauche seynoise interpelle les députés sur la situation du service de psychiatrie

    L’avenir du service de psychiatrie de l’hôpital George-Sand, dont dépendent neuf communes et environ 180 000 habitants, s’écrit en pointillé. Depuis plusieurs semaines, l’intersyndicale CGT-CFDT-Sud de l’établissement alerte sur une situation déjà périlleuse (manque d’effectifs malgré des prérogatives en hausse, accueil saturé…), bientôt fragilisée par le départ annoncé de trois des quatre médecins du service. Malgré les demandes de recrutement en urgence et plusieurs réunions avec la direction, aucune annonce n’a été faite.

    De quoi susciter inquiétude et indignation, d’autant plus que le gouvernement a décidé de prolonger en 2026 la grande cause nationale 2025 dédiée à la santé mentale.

    Un combat bientôt porté devant la Métropole

    « Cela pourrait laisser penser que ce problème est réellement pris en compte. Or, force est de constater que ce n’est pas le cas », dénonce le groupe municipal d’opposition seynois, Alternative progressiste. Il n’est pas le seul à gauche, les socialistes appelant aussi à « sauver le service psychiatrie ».

    Les doléances ne datent pas d’hier et avaient déjà été exprimées par les syndicats en 2020 au sujet des baisses d’effectifs et de l’absence de remplacement. Six ans plus tard, le danger se précise, à tel point qu’Alternative progressiste interpelle, dans une missive, les députés du groupe de la Gauche démocrate et républicaine, afin « que tout soit mis en œuvre pour débloquer la situation et que des médecins psychiatriques soient recrutés en urgence afin de permettre que les patients en grande difficulté mentale continuent à être soignés dans les meilleures conditions ».

    Un combat à la fois matériel et symbolique, car « investir dans la psychiatrie, c’est investir dans la cohésion sociale, la dignité humaine et l’avenir de notre société. Le manque de moyens apporté (…) nous interroge sur la réelle volonté de continuité. Mais aussi sur le devenir de l’hôpital où, petit à petit, les services ferment (maternité, chirurgie, cardiologie, service palliatif…) ». Et si les départs ne sont pas compensés, « il ne restera que 0,5 équivalent temps plein de médecin psychiatre dans le service », soit « sa mort assurée ». Si ces mots n’étaient pas entendus, Stéphane Sacco (GRS), élu Alternative progressiste, les portera lors du prochain conseil métropolitain TPM, dont il est le seul élu de gauche, le 21 mai.

  • Les personnels de psychiatrie en lutte aussi pour notre propre santé mentale

    Les personnels de psychiatrie en lutte aussi pour notre propre santé mentale

    « La santé mentale façonne notre capacité à prendre soin, à travailler, à créer, à vivre ensemble », a rappelé le secrétaire général de la CGT du Centre hospitalier intercommunal Toulon-La Seyne (CHITS), Cyril Rodillon, en pointant la crise profonde que traverse la psychiatrie avec un décalage croissant entre l’offre et les besoins en soins sur l’ensemble du territoire français.

    Et de poursuivre : « Partout, les professionnels tirent la sonnette d’alarme. Tous décrivent des conditions de travail dégradées, un manque de moyens criant, et une perte de sens. Et à cela s’ajoute une pénurie alarmante de psychiatres. » Ce qui fragilise l’ensemble du système et reporte une pression considérable sur les équipes déjà en tension. « Comment accompagner dignement des patients quand le temps manque, quand les équipes sont épuisées, quand les structures sont saturées ? », interroge le responsable syndical. Tout cela affecte bien entendu les patients et leurs familles avec des conditions de prise en charge qui ne sont plus à la hauteur des enjeux. Les délais pour obtenir un rendez-vous s’allongeant et les hospitalisations se faisant souvent dans l’urgence, « parfois dans des conditions indignes ». Et au final, « trop de personnes se retrouvent sans suivi, sans écoute, sans solution ». Derrière ces constats, « il y a des vies fragilisées, des parcours brisés, et une souffrance silencieuse ».

    Pas question donc pour les personnels et leurs organisations syndicales de rester spectateurs du désastre. L’occasion aussi de mettre en avant la prévention qui doit, insiste l’intersyndicale, devenir une priorité. Comme l’écoute, la bienveillance et l’inclusion.

    Ne pas sacrifier

    la prévention

    Une situation qui concerne tout le monde. Tout comme cette mobilisation d’ailleurs. Et les tracts distribués à l’entrée sont là pour rappeler cette réalité. « Notre territoire est durement touché », reprend Cyril Rodillon, en expliquant que « l’offre de soins qui s’est réduite laisse des patients sans suivi et des équipes encore plus fragilisées ».

    Face à une situation médicale devenue critique, l’intersyndicale ne cesse de tirer la sonnette d’alarme de tous côtés depuis la mi-mars. Sans grand résultat. Aux courriers adressés au préfet et aux élus seule l’opposition de gauche de la mairie de La Seyne a répondu et apporté son soutien à la mobilisation (lire ci-dessous).

    « Depuis plus de 30 ans, les équipes des secteurs de l’ouest varois, couvrant 12 communes et près de 180 000 habitants, ont construit une psychiatrie fidèle aux politiques de secteur : une psychiatrie humaine, de proximité, articulant les prises en charge intra et extrahospitalières, au plus près des patients », intervient Bérangère Mas (Sud), en rappelant que « la psychiatrie est un pilier de notre humanité ». Et que la défendre, par conséquent, « c’est défendre notre capacité à prendre soin les uns des autres ».

    Pas question donc de voir le véritable maillage de soins et d’accompagnement patiemment tissé, favorisant le rétablissement et la stabilisation des patients, détricoté faute de psychiatres suffisants. L’intersyndicale lance donc un appel aux médecins qui hésitent à franchir le pas : « Vous trouverez un exercice professionnel riche, varié et porteur de sens dans une région qui offre un cadre de vie exceptionnel. » Et surtout, « une équipe soudée, volontaire, courageuse, où l’entraide et le lien humain sont au cœur du travail ».

    En tout cas la bagarre va continuer, les réponses apportées pour l’heure étant pour le moins inquiétantes. « Si on est dans l’impossibilité de recruter, on accompagnera les agents à faire autre chose à l’hôpital, nous dit le directeur, en maintenant uniquement ce qui est régalien, c’est-à-dire le soin sans consentement », s’indigne Valérie, Lardet (CGT).

    Autre chose donc que d’œuvrer pour la santé mentale de la population, donc. Inacceptable.

  • Pour la ministre de la Santé, le plan avance

    Pour la ministre de la Santé, le plan avance

    Ici, l’état a investi 480 millions d’euros, complétés par les 180 millions des collectivités, et « on voit que ça marche, ça avance », s’est félicité Stéphanie Rist en entamant son tour d’horizon par le chantier de modernisation du pôle d’excellence de l’hôpital Nord. Un bâtiment dédié à la cardiologie vasculaire, dont la construction a été lancée en 2022, avec une rénovation du site historique qui sont au cœur du projet Marseille en Grand. « Avec un enjeu fort pour tout l’ouest du département et les quartiers nord de Marseille », a souligné François Crémieux, directeur général de l’établissement : « Quand l’état finance, ça va plus vite. »

    Le nouveau bâtiment, composé d’un bloc opératoire, de quatre salles, d’un bloc de soins intensifs et de 16 chambres, devrait ouvrir d’ici un an. Une « prouesse de planning » pour les 50 ouvriers de ce chantier, qui travaillent sur site occupé « avec les passages d’hélicoptères », témoigne Manuel Lopes, maître compagnon sur le chantier principal. Ce nouvel équipement permettra un « appel d’air » pour les autres services du bâtiment de 1965, également rénové, se réjouit un cardiologue, heureux pour ses patients de passer de « une à 25 douches ».

    Si l’hôpital perd des lits à l’échelle globale, Philippe Amabile, chef du service de chirurgie vasculaire, insiste : « On modifie notre façon de travailler en le construisant sur le circuit du patient. On peut faire tous les gestes de la chirurgie conventionnelle en ambulatoire. » Moins long pour le patient et moins cher pour la Sécu, c’est aussi « du temps dégagé pour les personnels ».

    Une ouverture « attendue de longue date », précise le professeur Roche, pour un bâtiment moderne « au service à la fois des soins de proximité et de recours » des treize hôpitaux du GHT (groupement hospitalier de territoire). Le site devient aussi « une source d’attractivité pour des étudiants » de la faculté de cardiologie, qui complète le site. Et un nouveau Samu accueille femmes, parents et enfants. « Quand Aix dévisse en pédiatrie, c’est à Nord que les patients arrivent, indique le Dr Jouve, directeur de la commission médicale. On a une hausse régulière de 5% par an de recours aux urgences. »

    Punir les agresseurs

    Si ce dernier salue « une remontée de l’attractivité » à Nord, avec « une cible atteinte sur le non-médical, bien qu’il subsiste quelques difficultés sur le personnel médical », la situation est tout autre en psychiatrie. L’hôpital Edouard-Toulouse n’échappe pas à cette pénurie de médecins. Les syndicats ont alerté sur les fermetures de lits et les conditions de sécurité. Dimanche 12 avril, un infirmier y a été attaqué au couteau par un patient dangereux et souffrant d’addiction, placé par les services de l’état en hospitalisation complète. « On agit au national et on a renforcé les termes pour les agresseurs lors des plaintes portées par les patients », a réagi Stéphanie Rist. La ministre annonce préparer « un décret dans lequel il est prévu de punir sévèrement les auteurs ». à l’AP-HM, où Wanda Wrona, directrice de la sécurité, relève « 230 agressions physiques sur l’année, l’administration finance, depuis janvier 2025, un poste de policier qui se déplace sur l’ensemble des sites ». Le week-end dernier, « un agresseur a fait six victimes avec une béquille, il a été interpellé, placé en garde à vue et défférré ». Si l’employeur accompagne déjà les personnels dans leur plainte, dans le cadre de désorganisation du service, « la plainte pourra désormais se faire en son nom ».

    Quant à la perte de lits à l’hôpitalpychiatrique Edouard-Toulouse, la ministre considére « qu’il faut faire les choses dans l’ordre ». Dans sa mission, la ministre pense au portefeuille. « La question est de savoir comment financer le système », a-t-elle rappelé. Pas plus enthousiaste sur l’ouverture d’une halte soins adddictions (HSA) qui fait débat à Marseille, elle a balayé : « Une HSA ne peut pas résoudre tout le problème. »