Tag: RTM

  • La Métropole s’offre une dernière séance de mandature houleuse

    La Métropole s’offre une dernière séance de mandature houleuse

    L’esprit de fêtes n’a pas régné sur le dernier conseil métropolitain de la mandature. L’opposition entre l’exécutif de Martine Vassal, candidate (DVD) à la mairie de Marseille, et la majorité municipale de gauche en gestion, a agité les débats. Pour ouvrir la séance, la présidente avait pris soin de vanter les mérites d’une Métropole qui « se porte bien » et « avance sur ses priorités ». Un discours mis à mal au fil des 143 rapports. Une poignée a suffi.

    Pierre Huguet (G.s) a tiré le premier en pointant l’abandon des politiques à destination des plus précaires. « Un retrait pensé, assumé, un effacement méthodique » dans une ville comptant 42 quartiers politique de la ville quand « ailleurs c’est des largesses ». « Les Marseillais s’en souviendront », assène le chef du Printemps marseillais au conseil municipal. « Stratégie électorale » répond Martial Alvarez (DVD), expliquant que le désengagement était annoncé.

    Dans la foulée, Yannick Ohanessian (PS) réclame une équité de traitement pour le Bataillon des marins-pompiers de Marseille quand l’hémicycle vote une contribution exceptionnelle au Sdis pour les efforts engagés cet été sur le front des incendies. « Dans ma commune la majorité des sapeurs volontaires sont des marins-pompiers », répond Marc del Grazia, maire (DVD) de Roquefort-la-Bédoule.

    « Dites merci ! M.E.R.C.I. »

    En matière de voirie, Perrine Prigent (PM) rappelle les bénéfices perdus du Tunnel Prado Carénage, l’échec du plan vélo, l’obstination sur le boulevard urbain sud. Avant elle, Anne Meilhac (PM) pointait le manque de place de parkings, et Sophie Camard celui de démocratie. « Les meilleures maisons de la Métropole sont les mairies », glisse la maire (GRS) des 1-7 alors que la Métropole entend créer 25 « maisons » de ce type. Elle reviendra à la charge sur les déchets rappelant que la taxe d’enlèvement des ordures ménagères apparaît inversement proportionnelle au service.

    Le ton monte avec le Contrat d’obligation de service public de la RTM. Marie Batoux (PM) explique que son groupe votera contre ce texte qui « marque le renoncement à une régie publique de qualité », « affiche des objectifs sans donner de moyens pour les atteindre » et promet des pénalités. L’élue craint un « affaiblissement structurel de la régie » en vue de son « ouverture à la concurrence ». Le groupe communiste lui s’abstient, réitérant par la voix d’Yves Mesnard, le maire (DVG) de Roquevaire, sa « demande de suspension du contrat en l’état et de prorogation du contrat actuel par voie d’avenant » afin de permettre un travail approfondi avec les syndicats, représentants des usagers et élus.

    « Une agitation pour rien » assure Catherine Pila, la présidente (LR) de la RTM défendant « un contrat ambitieux » et « une confiance mutuelle et renouvelée », signé, gage de bonne foi, sur huit ans. « Non il n’y aura pas de privatisation », lance-t-elle accusant les élus marseillais.

    Martine Vassal finit par sortir de sa réserve. Accusant l’opposition de mentir et d’agiter le chiffon rouge pour bloquer Marseille pendant les fêtes, elle interpelle le maire (DVG) « élu sur un mensonge ». Invitée à ne pas tomber dans un débat marseillo-marseillais par Benoît Payan, elle voit rouge : « Le débat, on va le faire le jour où vous aurez le courage d’être candidat. Vous devriez nous dire merci pour le BHNS, le tramway, le métro… le milliard qui nous a été donné, on l’a dépensé. Vous êtes sur les écoles la honte des dépenses publiques. Ne prenez pas les Marseillais en otage, la révolution des transports est active. Dites merci ! M.E.R.C.I. »

    Vivement la campagne.

    En bref

    Hommage

    Alors qu’à l’extérieur, les drapeaux étaient en berne, Martine Vassal a ouvert la séance sur une minute de silence « en hommage aux victimes de l’attaque antisémite » de la plage de Bondy à Sydney et « en signe de solidarité avec la communauté juive », après avoir demandé un renfort de sécurité dans tous les lieux de culte.

    Première

    Christian Denans, le tout nouveau maire d’Aurons, a fait ses premiers pas lundi au conseil métropolitain. « Une première et une dernière séance », a plaisanté Martine Vassal au moment de le saluer. Pour Jean-Pascal Gournès, maire de Meyreuil, c’était une première à la présidence du groupe métropolitain d’intérêt communal où il succédait à Georges Cristiani.

    Enjeux

    Sur le rapport n° 1, du projet partenarial d’aménagement du golfe de Fos et de l’étang de Berre, Gaby Charroux, le maire (PCF) de Martigues a tenu à rappeler quatre enjeux : la rénovation de l’hôpital de sa commune avec « un calendrier et des moyens identifiés », la nécessité d’un « plan cohérent » autour du contournement en matière de transports publics, de logement, d’urbanisme, la prise en compte de « l’espace stratégique » du chenal de Caronte et la définition « à la parcelle près et validé par les communes » du périmètre de l’opération d’intérêt national.

  • Les salariés d’Orange de retour à Saint-Mauront

    Les salariés d’Orange de retour à Saint-Mauront

    Des salariés plus gênés par la présence des caméras qu’autre chose… Sur le site d’Orange à Saint-Mauront (3e), c’est la rentrée ce lundi 15 décembre, après quinze jours de fermeture temporaire. La direction de l’entreprise ayant pris cette décision fin novembre après des « événements répétés » qui ont entraîné deux confinements. Les syndicats CGT et CFE-CGC avaient déposé des droits d’alerte pour « danger grave et imminent ». Tandis que la préfète de police déléguée, Corinne Simon, démentait, assurant n’avoir recensé aucun appel au 17, pas plus qu’avoir été alertée par la direction d’Orange.

    À la sortie du métro National, les salariés pressent le pas. « Franchement, on a l’habitude de cette ambiance, disons un peu chaude, les tags sur les murs, et tout le reste… Il faudrait être aveugle pour ne pas le voir. Mais je n’ai jamais eu peur », confie l’une d’entre eux. Elle poursuit : « Ce n’est pas quinze jours de fermeture de site qui va régler un problème aussi important. » Même son de cloche chez un de ses collègues, Frédéric, habitant des quartiers Nord. Lui, ce qui « le tue », « c’est qu’on a un commissariat à quelques mètres et des points de deal de partout ». Un peu plus loin, un habitant tient à intervenir : « Y a pas qu’Orange, nous aussi on est là ! »

    La CGT prône

    le vivre-ensemble

    Depuis l’ouverture des portes ce matin-là une voiture de police a pris place sur le trottoir d’en face, une autre un peu plus loin. Le trafiquant de cigarettes est au rendez-vous lui aussi, vendant à l’unité, non sans succès si on en croit la liasse de billets qu’il compte. Les organisations syndicales ont pu rencontrer le responsable d’Orange France. « On est rassuré par le dispositif mis en place, on a aussi demandé une hotline avec des psychologues » indique Jérôme Bissey, délégué syndical CFDT Orange grand Sud Est, précisant que pour le moment 380 sur les 1 200 salariés du site, ceux qui viennent en transports en commun, sont concernés, dans l’attente de travaux sur les parkings.

    Contrairement à la CFE-CGC qui dénonce dans un communiqué un « retour forcé » et demande le « transfert des collaborateurs, tant que l’ordre républicain ne sera pas durablement rétabli dans le quartier », la CFDT réclame l’ouverture d’un deuxième site sur Marseille, Orange ayant vendu une bonne partie de son patrimoine immobilier. « Pour nous, cette réunion a permis de recadrer un peu certains syndicats qui font monter la sauce sur des thèmes politiques, ce qui n’est pas de bon augure dans un quartier comme Saint-Mauront, au lieu de travailler sur le vivre-ensemble, à la part sociale que doit prendre Orange dans le quartier », estime Guillaume Lamourette secrétaire départemental de la Fapt- Telecoms 13. Pour le syndicaliste, la disparition des services publics dans les quartiers est aussi un facteur aggravant. Dans un tract distribué aux salariés, la CGT rappelle ses revendications : remboursement des abonnements RTM, ouverture de plusieurs sites, un parking…

    Après plus d’une heure de réunion, la préfète de police estime que la « crise est passée » mais précise que le dispositif restera « souple et adapté ». Au-delà des rondes et patrouilles, une présence statique est assurée « sur des horaires de rentrée et de sortie des salariés pour leur permettre de travailler en toute sécurité ». Et ce pour au moins quinze jours. La direction d’Orange affirme, elle, « rester pleinement mobilisée pour assurer un environnement de travail sécurisé et serein. »

  • À la Métropole, une valse à deux temps pour les transports

    À la Métropole, une valse à deux temps pour les transports

    L’avenir de la RTM se décide ce lundi en conseil métropolitain. Du moins pour les huit prochaines années, à travers le nouveau contrat d’obligations de service public dévoilé dans nos colonnes, qui vise à exposer la régie « aux aléas du marché » par un système de bonus-malus. Avec l’exigence de réaliser 25 millions d’euros de recettes supplémentaires dès 2026 (notre édition du 10/12). D’ores et déjà, la CGT de la RTM a interpellé les élus métropolitains, pour leur demander de s’opposer à ce contrat qui « derrière un discours de modernisation, impose en réalité des restrictions budgétaires qui fragilisent le service public ».

    Alors que la municipalité marseillaise monte elle aussi au créneau, la Métropole est finalement sortie du bois à travers un long communiqué qui s’en prend à « la campagne de désinformation menée par certains agitateurs mal intentionnés » en promettant ne pas vouloir privatiser la régie. « La RTM est recentrée sur son cœur de métier : l’exploitation, la qualité de service et la satisfaction des voyageurs », défend-elle en mettant en avant les 1,2 milliard d’investissements qui seront désormais portés par l’intercommunalité sur la période 2026-2033, notamment dans le cadre du plan Marseille en grand. Et de cantonner la concertation des usagers à l’évolution de l’offre « mais non sur les relations contractuelles, qui ne peuvent être rendues publiques ».

    Régie de fret ferroviaire

    Mais de nouvelles missions pourraient être confiées à la régie. Une délibération présentée à l’hémicycle ce lundi met aussi à l’ordre du jour les premiers pas vers la création d’un service de proximité de fret ferroviaire. Une première étude technique et commerciale avait été réalisée en décembre 2019, puis une seconde lancée fin 2023. Désormais, trois corridors sont identifiés, entre Fos et Gardanne, Miramas et Marseille ainsi que Fos et Marseille. « Il y a lieu d’engager la phase de création du service pour une opérationnalité à court terme », indique la délibération, qui en confie l’exploitation à la RTM. Alors que les études pour les deux dernières liaisons doivent être finalisées d’ici la fin de l’année, l’hémicycle devra valider après les municipales leur lancement officiel.

    Enfin, après le conseil régional et la commission permanente du conseil départemental, c’est au tour de la Métropole d’approuver le projet partenarial d’aménagement pour la réindustrialisation du golfe de Fos. Avec une déclinaison concrète, l’approbation des financements pour les études préalables de la liaison Fos-Salon, et ses premiers travaux d’aménagement pour 22,5 millions d’euros, dont 16% pour la Métropole.

  • La gauche inquiète pour l’avenir de la RTM

    La gauche inquiète pour l’avenir de la RTM

    « Est-ce que la Métropole cherche à terme à fragiliser de la RTM comme régie pour n’avoir plus qu’une seule solution, s’en débarrasser ? », interroge ouvertement l’adjointe marseillaise aux transports, Marie Batoux (DVG). Alors que doit être adopté lundi le nouveau contrat d’obligations de service public de la RTM, avec l’objectif affiché qu’elle soit « exposée aux aléas du marché » par un système de bonus-malus (notre édition du 10/12), la majorité municipale monte au créneau.

    « La collectivité n’a pas eu son mot à dire, déplore ainsi Marie Batoux. J’ai posé des questions en commission sur l’intention politique derrière les pénalités, auxquelles je n’ai pas eu de réponse. » Elle s’alarme ainsi d’objectifs posés « sans prendre en compte les difficultés du quotidien », quittent à menacer les recettes de la régie.

    La reprise en main de l’investissement directement par l’intercommunalité l’interroge aussi. « Quelles sont nos garanties pour que les investissements soient faits pour assurer le service public pour les Marseillais, quels sont les engagements ? » questionne l’adjointe. Son inquiétude est d’autant plus forte qu’aucun engagement n’est pris sur l’augmentation des kilomètres commerciaux à effectuer au-delà de 2026. « L’ambition n’est pas portée dans ce contrat », résume-t-elle. Et de regretter que la décision n’ait pas été reportée après les municipales.

    Le comité des usagers des transports marseillais, de son côté, cible à travers un communiqué le manque de concertation. Malgré la promesse de groupes de travail, « nous n’avons jamais été sollicité par la Métropole, ni par la RTM, pour participer », déplore l’association, qui regrette aussi ne pas pouvoir siéger dans le futur comité de suivi qui inclue la direction de la RTM et des élus métropolitains. « Nous avons, nous aussi, des objectifs à fixer », réclame le comité, qui rappelle les difficultés des transports en commun à Marseille.

  • [Exclusif] Un nouveau contrat met la RTM sous pression

    [Exclusif] Un nouveau contrat met la RTM sous pression

    L’aboutissement d’un an de négociations tendues et gardées jusqu’ici secrètes. Lundi sera présenté, en conseil métropolitain, le nouveau contrat d’obligations de service public de la RTM, prévu pour encadrer l’activité de la régie des transports pour une durée de huit ans sur un périmètre inchangé. Ce document de 255 pages (sans les annexes), consulté par La Marseillaise, promet « une priorité réaffirmée de renforcer la qualité de service, conforter et contrôler le coût du service, dans un cadre financier rénové et maîtrisé ». Prévu pour entrer en application le 1er janvier prochain, il vient ainsi couvrir le déploiement du volet mobilité du plan Marseille en grand, l’électrification de la flotte de bus avec la transformation de leurs dépôts, la mise en service du métro automatique Neomma. Mais, pour la régie, ces nouvelles obligations viennent surtout lui placer sous la gorge le couteau de sanctions financières conséquentes.

    Dès l’adoption des premières orientations en décembre 2024, l’intercommunalité assumait en effet de viser un contrat « dans lequel la régie sera exposée aux aléas du marché et assumera un risque commercial et d’exploitation ». Alors que la RTM doit désormais reverser ses recettes à la Métropole, cette dernière lui impose d’en réaliser à hauteur de 125 millions d’euros dès la première année, contre 102 millions en 2024. Un montant qui devra s’élever à 144 millions d’euros en 2033, révisable en fonction du renforcement de l’offre de transports. Faute de quoi elle devra compenser une partie du manque à gagner, alors même que la régie doit assumer l’extension de la gratuité. Pourvu que l’extension prévue du tramway T3, le 10 janvier prochain, amène assez de nouveaux passagers. Dans le cas où les recettes dépasseraient les objectifs, elles seraient partagées, la plus grosse partie allant à la Métropole.

    Ce système de bonus-malus est aussi imposé dans la lutte contre la fraude, priorité affichée de l’intercommunalité. Celle-ci a balayé d’un revers de la main l’offre présentée au mois de juillet par la RTM, qui comptait doubler le nombre de contrôleurs pour réduire, à terme, le taux de fraude dure de sept points. Trop coûteux, et pas assez ambitieux pour la Métropole. Ainsi, pour les seuls bus marseillais, celui-ci doit passer de 31,3% en 2024 à 22,3% dès 2032. Il est aussi exigé de mettre les moyens nécessaires pour contrôler 2% des voyageurs, sous peine de pénalités supplémentaires. De quoi s’ajouter à une liste de neuf pages de sanctions diverses, alors que la régie, sur le précédent contrat, n’en avait reçu aucune.

    Mais, tandis que la Métropole insiste sur l’amélioration de la qualité du service et du report modal, étrillant une offre initiale « inacceptable » de la RTM puisqu’« aucune proposition n’est réalisée dans l’objectif d’améliorer la productivité », les moyens alloués restent bien en deçà des attentes de sa régie. La RTM réclamait une rémunération de 4,83 milliards d’euros sur la période. Ce sera finalement 600 millions d’euros de moins. Certes, celle-ci n’aura qu’à effectuer le gros entretien et renouvellement du matériel, à hauteur de 130 millions d’euros sur la période.

    Vers la privatisation ?

    Car, désormais, la Métropole portera directement les investissements dans les transports. En effet, celle-ci fait le choix d’une concession d’affermage. En clair : elle reprend la main sur les 3,6 milliards d’euros de patrimoine de la RTM – selon l’estimation du cabinet Galtier au mois de mars – qu’elle met à disposition de l’établissement « qui se voit confier la gestion et l’exploitation du service à ses risques pour l’exploitation du service public ». Un choix qui « modernise en profondeur le cadre de relation », justifie la Métropole auprès de La Marseillaise, mais qui interroge : elle reprend en effet la main sur l’investissement alors même qu’elle est bien plus endettée que sa régie. De quoi faciliter une éventuelle privatisation au terme des huit ans de ce contrat ? « Nous sommes les derniers des Mohicans », s’alarme vivement un syndicaliste face aux vagues de mise en concurrence.

  • Les agents des bus interurbains en grève pour leurs acquis

    Les agents des bus interurbains en grève pour leurs acquis

    Sur le parking du dépôt interurbain de la RTM, les agents du réseau, arborant les dossards de leurs syndicats respectifs, sont mobilisés depuis 4h du matin. Une grève « extrêmement bien suivie », se réjouit Marc Garcia, délégué syndical de la CGT de l’Établissement interurbain Régie des transports métropolitain (RTM), qui avait d’ailleurs signalé, pour ce vendredi, de « fortes perturbations ». En cause, un large mouvement de grève mené par les agents des lignes interurbaines.

    La mobilisation, impulsée par l’intersyndicale (CGT, SUD et CFTC), mobilise « 85% de grévistes [étendus sur les dépôts d’Aix, d’Aubagne et Châteauneuf-les-Martigues, Ndlr]. Il y a 80% chez les conducteurs et 100% chez les administratifs et les contrôleurs », précise Séverine Ben Moussa, secrétaire générale CFTC. Les revendications sont nombreuses, mais la principale inquiétude concerne la perte progressive des acquis antérieurs à la fusion, en janvier 2024, entre le Réseau de transports marseillais (RTM) et la Régie départementale des transports urbains (RDT 13).

    Négociations à venir ?

    Les deux entités ne forment désormais qu’une seule régie : la Régie des transports métropolitains. « Depuis, on doit renégocier trois accords de substitution, celle du temps de travail, de la rémunération et du déroulement de carrière. Aujourd’hui, beaucoup de ces acquis sont remis en cause », poursuit Marc Garcia. Selon l’intersyndicale, la raison est claire : des économies budgétaires. « On demande simplement à récupérer nos salaires et nos primes d’avant-fusion », rappelle Mohamed Boumadi, délégué syndical SUD Solidaires.

    Des négociations sont prévues ce lundi. à l’issue de cette rencontre, les agents décideront de reconduire ou non la grève. « Avec la direction générale autour de la table, on espère. On veut une personne de la Métropole », insiste Marc Garcia. « On a l’impression d’être traités comme une filiale. Ils tiennent à ce qu’on soit un groupe ? Alors, même traitement pour tout le monde », lance David Icard, délégué CGT.

    Le syndicat CFDT, mobilisé aussi, mais en marge de l’intersyndicale, demande à la direction de « reprendre des négociations sérieuses et d’entendre la colère de ses salariés ». « La direction nous propose des augmentations qui sont, pour la majorité d’entre nous, à peine suffisantes pour compenser l’inflation (…). Nous nous battrons pour obtenir une augmentation significative de nos salaires de base et une juste reconnaissance de notre ancienneté et de nos efforts quotidiens », poursuit le syndicat, qui ne sera pas invité aux discussions, en début de semaine, mais « adressera un courrier listant ses revendications », indique Alexandre Sass, élu CSE et délégué syndical CFDT.

    De leur côté, les services de la RTM indiquent ne pas pouvoir communiquer davantage d’éléments.

  • Des perturbations massives sur le réseau de cars

    Des perturbations massives sur le réseau de cars

    « Le mouvement de grève a bien pris », se réjouit Marc Garcia, délégué syndical de la CGT de l’Établissement Interurbain de la RTM (Régie des transports métropolitains). Et pour cause : ce vendredi, plusieurs dizaines de lignes de bus verront leur service largement perturbé sur le réseau de la Métropole Aix-Marseille-Provence. De Marignane à Martigues en passant par Aix et Aubagne, moult lignes oscillent entre 30 et 60% du niveau d’offre habituel, quand elles ne sont tout simplement pas en service.

    La RTM évoque « de fortes perturbations » et a dressé une liste longue comme le bras des lignes concernées. L’intersyndicale (CGT, SUD et CFTC) à l’origine du mouvement, explique que les dépôts de Gémenos, de Châteauneuf-les-Martigues et d’Aix le suivent particulièrement. Elle a notamment dans le viseur « le maintien des accords » qui étaient de mise lorsque les agents interurbains étaient sous le pavillon de la RDT 13 (Régie départementale des transports), avant qu’elle ne fusionne avec la RTM en janvier 2024. « Cela fait plus de 10 mois qu’on négocie mais rien n’avance. Ils veulent même nous enlever des conquis sociaux », développe Marc Garcia, citant par exemple la prime de participation « qui disparaîtrait ». Autre conséquence concrète de la fusion : « Avant, on changeait les cars tous les 5 ans, maintenant c’est tous les 7 ! On roule avec des problèmes de matériel ! » Reste que « les réseaux urbains d’Aubagne, La Ciotat-Ceyreste et Martigues-Port de Bouc-Saint-Mitre-les-Remparts tout comme le réseau urbain Marseille-Allauch-Plan-de-Cuques fonctionnent normalement », selon la RTM.

  • La politique du chiffre fait dérailler la RTM

    La politique du chiffre fait dérailler la RTM

    Parmi les contrôleurs rencontrés ce lundi, la colère est palpable. « Ce sont des quotas qu’ils nous demandent, ils n’ont pas le droit », s’indigne l’un d’entre eux. Autour, ses collègues acquiescent. Et témoignent des invitations qui ont été adressées à plusieurs cadres, par leur hiérarchie au sein de la coordination à la sûreté de la RTM, pour venir prendre un café. Des convocations officieuses pour leur reprocher le manque de contrôles réalisés. À tel point que le syndicat FO a dû monter au créneau, le 28 octobre dernier, pour recommander aux salariés : « Si vous êtes convoqués sans courrier (pour aller boire un café) n’y allez pas ! »

    « À ma connaissance, ça a commencé au mois d’octobre, ils ont demandé aux agents de maîtrise qui encadrent les vérificateurs de monter dans les bureaux », explique Dominique Alaimo, élu FO au comité social et économique (CSE) de la RTM. Lui a eu connaissance d’au moins quatre cas différents. « Mais il y en a plus à qui on a dit : tu vas être convoqué, parce que tu ne passes pas assez de cartes, assure-t-il. Une fois que l’agent est dans le bureau, ils leur parlent de passages de cartes. Ils mettent la pression aux agents, à regarder les appareils de contrôle. Alors qu’ils n’ont pas le droit de les regarder ! »

    70 contrôles par jour

    Car derrière ces convocations, il y a une politique du chiffre dénoncée par l’organisation syndicale. Des consignes orales sont données, témoigne le syndicaliste, sur le nombre de contrôles quotidien à réaliser par chaque agent. « L’année dernière, ils nous demandaient 50 passages de cartes par jour. Depuis le mois de septembre, c’est 70 passages », indique Dominique Alaimo. Des consignes illégales : « Pour demander un quota à un agent, il faut que ce soit inscrit dans son contrat de travail », explique l’élu syndical. Après avoir déjà alerté il y a un an, il menace cette fois de saisir l’inspection du travail, tandis que les services juridiques lui ont indiqué qu’ils vérifieraient la légalité de ces mesures.

    De son côté, la RTM, sollicitée par La Marseillaise, a refusé de s’expliquer sur ces convocations pointées comme illégales par FO. Tout comme elle refuse de donner le moindre chiffre sur les contrôles. La lutte contre la fraude est pourtant régulièrement mise en avant par la régie des transports, tandis que la Métropole, son autorité de tutelle, prône la tolérance zéro avec l’installation de portails anti-fraude depuis 2023 pour 12,5 millions d’euros, la mise en place d’amendes pédagogiques au mois de décembre dernier, puis d’un outil de vérification pour les contrôles en janvier… Mettant en avant un manque à gagner de 24 millions d’euros par an. En 2023, 36,5% des voyageurs avaient fraudé, dévoilait la RTM au détour d’un marché public.

    Quel nouveau contrat ?

    Mais sur le terrain, les agents de contrôle sont à bout. « Nous sommes en sous-effectifs », alerte Dominique Alaimo face aux non-remplacements des arrêts maladie. Et la politique du chiffre, au détriment des missions d’orientation des voyageurs ou de dissuasion, dégrade les conditions de travail, d’autant plus face aux défaillances de la régie. « Nous faisons des opérations de contrôle sur des lignes où il manque deux ou trois bus, la clientèle est énervée à cause de ça et ne paie pas, et tout s’enchaîne », déplore-t-il. Cela au moment où le nouveau contrat de services entre la Métropole et la RTM, qui doit être présenté aux organisations syndicales le 9 décembre, devait mettre encore plus l’accent sur la sécurité.

  • Marseille : un réseau de bus en attente d’un nouveau souffle

    Marseille : un réseau de bus en attente d’un nouveau souffle

    Le réseau de bus marseillais est-il en train de craquer ? C’est le ressenti de beaucoup d’usagers et de traminots depuis la rentrée de septembre. Bus qui ne passent pas, largement en retard ou dans un état « catastrophique », les critiques contre le service rendu par la Régie des transports métropolitains (RTM) sont de plus en plus nombreuses.

    « Ma fille attend le 10 en direction des Caillols depuis une heure ! Aucun bus n’est passé ! », témoigne Sabine, sur les réseaux sociaux, avant de remercier ironiquement la RTM pour « le bus fantôme des Caillols tous les matins ». Des bus fantômes, c’est aussi ce que pointe la CGT RTM, dans une communication assassine à l’endroit de leur direction, en date du 16 octobre. Le tableau que dresse l’organisation syndicale fait froid dans le dos : « Certains bus sont dans un état d’épaves, désastreux. Plus de pare-chocs, trappes ouvertes, pare-brise fissuré. »

    La liste est évidemment non exhaustive, mais c’est surtout la face visible d’un iceberg bien plus alarmant pour les transports en commun marseillais : « Le pire, ce n’est pas seulement l’état, mais le manque de matériel, nous n’avons plus de bus pour faire tourner le réseau correctement, et ceux qui restent tombent en panne (avaries, incidents techniques, fuites etc…) et ne peuvent pas être réparés. » Le constat est sans appel du côté des représentants des traminots : « Des tours délestés, des lignes amputées, des usagers en colère, des chauffeurs épuisés, un centre de régulation essoufflé. »

    « Il y avait 185 véhicules immobilisés »

    Nicolas Ruiz, secrétaire général de FO RTM, développe : « Pendant des mois, sur de grandes lignes comme la 32, on avait la moitié des bus effectifs, avec donc des retards conséquents. » « Tous syndicats confondus, on reproche la mise en fonction de nouvelles lignes à la rentrée, la B3, B4 et B5, alors qu’on n’était pas prêts, on n’avait pas assez de bus. » La CGT pointe également une ligne B3, qui relie Saint-Jérôme et Château-Gombert, « à bout de souffle » avec des « temps de parcours irréalistes » et demandait des véhicules supplémentaires. « Au gros de la crise, il y avait 185 véhicules immobilisés, aujourd’hui c’est moins de 100 », abonde Nicolas Ruiz, qui cite des exemples de bus roulants malgré la présence de « voyants rouges » au tableau de bord.

    Contactée, la RTM ne nie pas les difficultés récentes. « La RTM a rencontré, depuis la rentrée de septembre, des difficultés de disponibilité de son parc autobus sur le réseau de Marseille, qui ont eu un impact sur les fréquences de passage. […] En septembre, le taux d’indisponibilité du parc était de l’ordre de 5% », explique la Régie. Une indisponibilité « qui peut apparaître relativement faible, mais qui est pour autant directement perceptible par la clientèle ».

    La RTM reste positive : « La situation est aujourd’hui en très nette amélioration avec un service très proche de l’offre nominale. » Elle en veut pour preuve le recrutement de « 22 opérateurs de maintenance pour accélérer la réparation des véhicules immobilisés ». Et renvoie surtout sur la livraison de bus électriques Iveco, qui a du retard, mais dont « la totalité devait être livrée au 1er semestre 2025 ». Avant de conclure : « Daimler Buses France (Mercedes) a remporté l’appel d’offres portant sur un ensemble de 200 bus articulés 100% électriques, qui devront être livrés à partir de l’automne 2026. »

  • Fermeture des Galeries Lafayette prises d’assaut

    Fermeture des Galeries Lafayette prises d’assaut

    La journée avait pourtant bien démarré hier matin, avec avant même l’ouverture des centaines de personnes massées devant les portes des Galeries Lafayette pour pouvoir accéder à la liquidation des deux grandes enseignes. Neuf cents clients étaient comptabilisés dès la première heure au Centre Bourse. Entre midi et deux, la foule n’a fait que croître et la tension aussi. Mouvements de foule, des bagarres et des tentatives de vols ont conduit la sécurité à fermer les portes du magasin en centre-ville. Au Prado, à Marseille Shopping, c’est tout le centre commercial qui a dû fermer plus tard dans l’après-midi impuissant face à l’incivisme de cette marée humaine. Les magasins rouvrent normalement aujourd’hui.