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  • [Rue de la République] Nicolas Isnard : « Je veux qu’on pointe la Métropole pour ses réussites, pas ses dysfonctionnements »

    [Rue de la République] Nicolas Isnard : « Je veux qu’on pointe la Métropole pour ses réussites, pas ses dysfonctionnements »

    Ce week-end, Nicolas Isnard (LR), maire de Salon-de-Provence et candidat à la présidence de la Métropole Aix-Marseille-Provence.

    Sa Candidature

    Didier Gesualdi : Avant le vote de mardi pour choisir le futur président de la Métropole, vous avez construit votre candidature depuis longtemps. Pourquoi souhaitez-vous que ça change ?

    Avant d’être candidat, il faut savoir si la candidature que l’on veut porter a du sens. Je voulais être, j’espère être, je veux être, le candidat des 92 maires de cette Métropole. L’idée était de savoir ce qu’ils voulaient, s’ils avaient la même vision de ce qu’ils espèrent pour la Métropole. Donc, oui, j’ai essayé de voir le maximum de mes collègues sur ces dernières semaines, ces derniers mois, et j’ai même envie de dire, ces dernières années. J’ai pu échanger, j’ai senti qu’il y avait l’espérance d’une autre Métropole. C’est cette candidature que je veux porter, celle d’une Métropole des maires.

    Didier Gesualdi : La Métropole ça a l’air compliqué mais c’est le quotidien des habitants.

    Aujourd’hui, la Métropole est souvent pointée pour ses dysfonctionnements, j’espère qu’un jour elle sera pointée pour ses réussites. La Métropole s’occupe de beaucoup de choses qui font notre qualité de vie au quotidien, le meilleur exemple étant la propreté de nos rues, mais il y a aussi la voirie, l’environnement, les transports… C’est pour ça qu’il faut améliorer le service qu’elle rend. Pourquoi ça doit être la Métropole des maires ? Parce que lorsque vous êtes maire vous voulez que vos concitoyens vivent bien, qu’ils vous disent que la ville est propre, entretenue, qu’on circule bien… On veut le meilleur pour nos habitants.

    Léo Purguette : Si on vous entend bien, vous êtes porteur d’une rupture. Martine Vassal était pourtant de votre famille politique. Vous en avez parlé avec elle ?

    Oui, on a parlé de cela avec Martine à plusieurs reprises et avec Jean-Claude Gaudin avant elle. Il faut remettre en perspective ce qu’ils ont eu à faire : installer la Métropole que personne ne voulait, moi le premier. Fusionner de force les six intercommunalités, nous n’en voulions pas. Nous avions un fonctionnement en bassins de vie qui était optimal. On nous a imposé un changement. Jean-Claude Gaudin et Martine Vassal ont eu à gérer cette installation, ils ont fait ce qu’ils ont pu dans les conditions que je viens d’énoncer. On ne va pas refaire l’histoire mais ils ont eu le mérite d’installer cette Métropole. Maintenant qu’elle est là et que nous allons la garder, il faut la transformer pour qu’elle soit plus efficace, à notre service.

    la Métropole « des maires »

    Léo Purguette : Vous défendez un fonctionnement réellement intercommunal, qu’est-ce que cela signifie concrètement ?

    La Métropole, avec le temps, est passée au-dessus des maires, imposant sa vision technocratique. On va la remettre en dessous des maires. La Métropole, demain, sera un outil. C’est-à-dire, par exemple, que lorsqu’un camion-poubelle va passer dans une rue, il va passer à la demande d’un maire, à l’horaire que souhaite le maire…

    Léo Purguette : C’est possible sans évolution de la loi ?

    Bien sûr. Prenons la propreté. Les décharges, le traitement des déchets, les incinérateurs, ça restera une compétence métropolitaine, et nous devrons le décider ensemble mais le passage des cantonniers dans nos rues, certaines villes comme la mienne ont la chance de l’avoir en gestion directe, d’autres ne l’ont pas. Demain, les villes qui voudront récupérer la gestion de ces hommes et de ces femmes méritants, qui nettoient nos rues au quotidien, auront la possibilité de le faire. En gestion directe, ils pourront décider des jours et des heures où passeront les cantonniers. Il n’y a pas besoin de révolution législative pour cela.

    Didier Gesualdi : Vous avez vu les maires de Marseille ? Aix ? Martigues ?

    J’ai vu tous les gros, tous les grands mais aussi le maire de La Barben, d’Aurons, de Saint-Paul-lès-Durance. J’ai vu ceux qui sont là depuis 30 ans et ceux qui viennent d’arriver. J’ai vu tous ceux que je pouvais, mille excuses à ceux que je n’ai pas encore rencontrés. Dans une Métropole des maires, tout le monde sera considéré. Il n’y a pas les uns contre les autres. Les ruraux contre les urbains, l’ouest contre l’est, Marseille contre le département… Tout ça, c’est fini. On est 92 ensemble, condamnés à réussir et à avancer dans un pack, un front commun.

    Didier Gesualdi : Les gens ont voté et élu des majorités différentes selon les communes. Il faudra quand même faire des choix, ce n’est pas pareil quand on est de droite ou de gauche ?

    Je ne suis pas du tout d’accord. Il y a des sujets sur lesquels la droite et la gauche, ça compte. Par exemple, l’âge de départ à la retraite, on a des visions différentes. Mais pardon, quand il s’agit de circuler, tout le monde veut la même chose : qu’on aille le plus vite, le plus sereinement, le plus respectueusement possible d’un point à un autre. Qui dit aujourd’hui qu’il trouve très bien de mettre 2h30 en partant de Salon pour aller voir un match de foot au stade Vélodrome ? Et à l’intérieur des villes, les maires élus décideront comment on circule dans leur commune. Ce sont des sujets ni de droite ni de gauche.

    Léo Purguette : Quid de la gratuité en Pays d’Aubagne ? C’est un débat droite-gauche.

    C’est un débat à 92 maires. La gratuité, sur le papier c’est bien mais derrière il y a quelqu’un qui paye, donc il faut voir les avantages et les inconvénients. Je n’ai surtout pas à dire « ça va être comme ça », la Métropole des maires, c’est 92 qui décident œcuméniquement, dans l’intérêt général.

    le RN

    Didier Gesualdi : Que ferez-vous avec le RN qui pèse dans l’assemblée métropolitaine comme il a pesé dans ces élections ?

    Le RN et ceux qui le représentent dans cet hémicycle seront respectés. Pour qu’il n’y ait pas de malentendu : moi président de la Métropole, on ne va pas arrêter de ramasser les poubelles à Rognac ou d’y faire passer des bus. Les Rognacais seront traités comme les autres. Pour autant, la participation du RN dans l’exécutif n’est pas possible. Tout le monde en convient. D’ailleurs ils ne l’ont pas demandé. Le RN a choisi lors des dernières élections de faire le maximum de listes dans le maximum d’endroits pour s’opposer au maximum à ceux qui sont maires aujourd’hui. On ne peut pas essayer de changer les maires en place et puis leur dire ensuite « on vient travailler avec vous ». Il faut être dans la cohérence, ils ne peuvent bien évidemment pas participer à l’exécutif.

    le Logement

    Léo Purguette : Le logement était attribué à David Ytier, un Salonnais, à qui reviendra-t-il ? Pour mener quelle politique ?

    Comme dans tous les autres domaines, c’est un expert qui s’en occupera. Je suis président de l’établissement public foncier, dans cette région il faudra construire 30 000 logements par an pour satisfaire les demandes locales, on n’en produit que 18 000. Nous n’avons même plus de quoi loger nos enfants, il faut produire du logement, c’est mon avis. Pas n’importe comment. Des logements, oui. Dans le respect des maires, oui.

    Léo Purguette : On vous accuse d’avoir freiné la rénovation des copropriétés dégradées.

    L’établissement public foncier marche très bien, c’est une de mes fiertés personnelles. Cela fait 10 ans que j’en suis aux commandes. On travaillait avec 150 villes, c’est maintenant 300. On avait 1,4 milliard de budget, c’est 2,5 aujourd’hui. C’est un outil utile mais on l’a chargé. Au début on lui a dit de faire du logement social, puis du logement tout court, puis du développement économique et maintenant les copropriétés dégradées. Attention à ne pas charger la mule. On a trouvé un compromis avec l’État pour éviter de tirer vers le bas cet établissement avec une mission trop lourde pour lui.

    Salon-de-Provence

    Didier Gesualdi : Ce vendredi vous avez annoncé l’arrivée d’une grande enseigne à Salon, qu’est-ce que cela dit de votre ville ?

    C’est extraordinaire. C’est le reflet d’une ville qui avance et qui réussit. Decathlon qui ouvre un magasin en cœur de ville, c’est une reconnaissance pour le dynamisme de Salon. Nous avions déjà eu des locomotives remarquables comme la Fnac, Nature & Découvertes, et désormais parmi les 600 commerces de cœur de ville, nous compterons Decathlon, qui figure parmi les deux enseignes préférées des Français. Avoir un tel aspirateur à clients, ça va être énorme. Pour moi, le commerce de proximité est un bien sacré. Salon ne sera pas ce qu’elle est sans lui, c’est un art de vivre, un vivre ensemble. J’en suis très fier.

    le rapport à Marseille

    Didier Gesualdi : Benoît Payan s’estimait maltraité par la Métropole. Vous en pensez quoi ?

    Chacun interprétera ce mot comme il l’entend. Effectivement, on peut se demander s’il est bien légitime qu’un maire – quel qu’il soit – n’ait pas la possibilité de décider de la surface des terrasses dans sa ville. Dans la mienne, je les gère et j’entends bien continuer à le faire. Il n’est peut être pas normal que dans sa ville, le maire ne puisse pas décider des heures auxquelles passent le métro ou le tramway… On va remettre l’église au centre du village. Ce sont désormais les maires qui décideront chez eux ce qui est bon pour leur commune, parce qu’ils sont légitimes. Derrière les maires, il y a les habitants qui les ont choisi. Ceux qui portent la voix du peuple seront respectés, nous suivrons leur desiderata, avec le plus d’efficacité et de loyauté possibles.

    Léo Purguette : Il faut tout de même construire un exécutif métropolitain. Y aura-t-il des Marseillais ?

    Oui, il y aura des Marseillais parce que Marseille, c’est une grande ville et qu’elle mérite d’être respectée. L’idée c’est qu’il y ait des représentants de tous les territoires à l’origine de la création de la Métropole. Il y aura des petits, des gros, des gens de l’ouest, de l’est, des sans étiquette, des sensibilités différentes mais il y aura surtout, ce sera le maître-mot, des compétences. Personne ne peut avoir la prétention de maîtriser tous les domaines, mais les élus qui vont s’occuper de chaque domaine auront toutes les compétences pour le faire. Ce qui m’a fait plaisir, c’est que personne n’a dit « je veux X place » mais que tout le monde se demande qui est la meilleure candidature dans chaque domaine. Il y a beaucoup de talents vous verrez.

    Léo Purguette : Souhaitez-vous que le maire de Marseille lui-même participe à l’exécutif ?

    C’est à lui que revient la réponse à cette question mais pour que les choses soient clairement dites, oui je le souhaite. Pour autant, il a beaucoup de responsabilités, la deuxième ville de France à gérer. S’il est avec moi, comme le maire d’Aix et les grands maires du territoire, je crois que ce serait un joli signal. Après je comprends que les responsabilités quotidiennes ne sont pas les mêmes à Marseille ou Aix qu’à Lamanon, sans faire offense à quiconque.

    Didier Gesualdi : La présidence de la RTM reviendra-t-elle à un Marseillais ?

    C’est réglé. La question ne se pose même pas. Il y aura dans le conseil d’administration des représentants d’autres communes mais la RTM sert essentiellement à déplacer des Marseillais, c’est normal que ce soit un Marseillais qui pilote cette maison. Elle s’est posée par le passé, elle ne se posera plus parce que ces outils seront aux mains des maires qui en ont besoin. Idem pour le centre de formation des apprentis d’Aix. Idem pour les conseils de surveillance de chaque hôpital. Trouveriez-vous normal qu’à celui de Salon, les deux représentants de la Métropole soient le maire de Cadolive et celui de Peynier ? Moi je ne me mêlerai pas de la gestion de l’hôpital d’Aubagne ou de Martigues. C’est du bon sens. On va remettre tout ça en ordre.

    Didier Gesualdi : Toucherez-vous aux « attributions de compensation », utiles aux maires mais parfois au détriment de l’intérêt métropolitain ?

    On ne touchera jamais un euro des attributions de compensation. C’est l’intérêt d’avoir un maire qui soit président de la Métropole. Nous avons bâti nos budgets sur cette recette, si on nous l’enlève, ce sont des services publics en moins. Ce n’est pas possible.

    Léo Purguette : Et l’État ?

    Même s’il les a regretté, je pense qu’il a profité des fameuses chicayas dénoncées par le président de la République pour dire « on versera de l’argent quand vous vous serez mis d’accord ». Ça tombe bien : nous sommes d’accord. L’État va venir nous aider, aider ce territoire. Le nerf de la guerre c’est la mobilité, l’habitat, l’environnement, le développement économique. Nous avons deux millions d’habitants c’est autant que la Slovénie, c’est un pays ici !

    la question des lecteurs

    Chaque semaine posez vos questions à nos invités sur lamarseillaise.fr l’une d’entre elles sera tirée au sort comme celle de Diane :

    Bonjour, Monsieur Isnard, si vous êtes élu à la présidence de la Métropole, qui vous remplacera à votre fonction de Maire de Salon-de-Provence ?

    Personne, parce que c’est le plus beau mandat que je puisse avoir, être maire de sa ville c’est vraiment le mandat suprême que l’on puisse espérer. D’ailleurs, si je suis intéressé pour piloter la Métropole c’est parce que ce mandat est compatible avec la continuité de mon mandat de maire.

    Je pense d’ailleurs qu’il est essentiel que ce soit un maire, qui vit le quotidien de la Métropole, qui puisse la piloter. Je pense que c’est particulièrement complémentaire. Je resterai maire de Salon-de-Provence, cette ville à qui je dois tout, qui m’a fait. J’essaye au quotidien de lui rendre ce qu’elle m’a donné. Je pense qu’en étant président de la Métropole, je pourrai faire bénéficier cette institution de la vie quotidienne d’un maire pour en améliorer le fonctionnement au jour le jour.

  • OM-Liverpool : la RTM modifie les lignes et leurs fréquences à partir de 17h ce mercredi

    OM-Liverpool : la RTM modifie les lignes et leurs fréquences à partir de 17h ce mercredi

    L’accès à la Tribune Jean Bouin et au Virage Nord se fait uniquement par la station Rond-Point du Prado, Métro 2.

    L’accès à la Tribune Ganay et au Virage Sud se fait uniquement par la station Sainte Marguerite Dromel, Métro 2 et Tramway 3.

    Plus d’infos pour le retour.

    Métro M1, M2 : renforcés de 16h30 à fin de service- Fermeture station Périer dès 22h15, vers Gèze.

    Bus B1 :

    9 arrêts non desservis en direction de Campus de Luminy: Castellane, Prado Dupré, Prado Périer, Prado Borde, Prado Louvain, Prado Rodocanachi, Rond Point du Prado, Métro Rond Point du Prado, Michelet Huveaune.

    10 arrêts non desservis en direction de Castellane : Michelet Ramon, Michelet Huveaune, Métro Rond Point du Prado, Rond Point du Prado, Prado Rodocanachi, Prado Louvain, Prado Borde, Prado Périer, Prado Dupré, Castellane

    – Terminus Castellane déplacé à au PEM Sainte Marguerite (terminus de la ligne 16)

    Bus 23, 44, 452 arrêts non desservis en direction de Beauvallon, Collège Roy d’Espagne, Marseilleveyre : Métro Rond Point du Prado, Négresko

    3 arrêts non desservis en direction de Métro Rond Point du Prado : Mazargues Négresko, Négresko, Métro Rond Point du Prado – Terminus Métro Rond Point du Prado déplacés à Mazargues Etienne Milan (Bus 23)

    Consultez le plan du terminus reporté : Plan piéton

    Bus 41

    7 arrêts non desservis en direction du terminus Métro Rond Point du Prado : Place Delibes, Paradis Wulfran Puget, Paradis Lord Duveen, Paradis Mistral, Paradis D’Urville, St Giniez et Prado Saint-Giniez Déviation à partir de la rue Paradis, bd Périer et av du Prado.

    Bus 482

    arrêts non desservis en direction de Hôpital Clairval : Métro Rond Point du Prado, Michelet Huveaune

    3 arrêts non desservis en direction de Métro Rond Point du Prado : Michelet Ramon, Michelet Huveaune, Métro Rond Point du Prado – Terminus Métro Rond Point du Prado déplacé à Ste Marguerite Dromel (boulevard de l’Huveaune)

    Plan

    Bus 723 arrêts non desservis :

    Place Ferrié, Hôpital St Joseph, Métro Rond Point du Prado- Terminus Métro Rond Point du Prado déplacé à au 4 bd de l’Huveaune (à proximité du PEM Ste Marguerite)

    Plan

    En fonction de l’évolution de la situation d’autres dispositions peuvent être mises en place. Carte interactive sur Info Trafic.

  • Matraques et bombes lacrymo pour les agents de la RTM

    Matraques et bombes lacrymo pour les agents de la RTM

    Des armes non létales, mais des armes tout de même. Comme annoncé voilà près d’un an, la présidente de la Métropole, Martine Vassal (DVD) a officiellement équipé ce mardi 13 janvier les agents du Groupement d’assistance et de protection (GAP) de la RTM de matraques télescopiques et de bombes lacrymogènes. Seuls 9 des 99 traminots de cette brigade dédiée à la sécurité ont pour le moment été formés, par une agence composée d’anciens militaires nous précisera Christian, membre du GAP depuis sa création en 2022, qui insiste sur le côté dissuasif et de médiation de sa mission.

    Mais tout devrait aller très vite se félicite l’élue, déjà satisfaite que tous bénéficient déjà de caméras piétons depuis le 19 décembre. De quoi réduire de 40% les incivilités à leur égard et lutter contre le fameux « sentiment d’insécurité ».

    Surtout, la candidate à la mairie de Marseille a vu là une belle occasion de pilonner sur son thème favori. « C’est une belle séquence qui renoue avec la façon de faire de la politique, avec ma majorité et mes élus, quand nous faisons des promesses, nous les tenons », martèle-t-elle, quand « la sécurité est la première de nos libertés ». Et de préciser qu’il aura « fallu se battre » pour obtenir les habilitations tant convoitées, où le soutien de « deux ministres très engagés, Bruno Retailleau et Philippe Tabarot » aura permis d’aboutir.

    Un continuum de sécurité

    En attendant les métros climatisés cet été, on saura que les agents du GAP pourront désormais dégainer s’ils jugent que leur intégrité physique ou celle des voyageurs est menacée, précise Catherine Pila, présidente de la RTM.

    Également présent, le préfet de région, Jacques Witkowski, satisfait. « Un pas vient d’être franchi, vous entrez de plain-pied dans le continuum de la sécurité », résume-t-il, considérant « vain d’opposer les forces de sécurité les unes aux autres ». Pour lui, « il faut plutôt les additionner », chacun « à sa place ». Car police nationale et CRS sont déjà présents sur le réseau. Et « les résultats sont bons » affirme-t-il, taclant Benoît Payan, maire DVG de Marseille et candidat à sa succession, qui n’a de cesse de réclamer des moyens : « Comme quoi avec 40 policiers en ville, on arrive encore à faire des choses ! » Et qu’on ne voit pas là le morcellement d’une activité régalienne de l’État. « On ne répond pas toujours aux questions de sécurité par plus d’effectifs », assène le préfet. Il prône l’utilisation de « moyens modernes » comme les caméras de rues, considérant « le débat d’atteinte à la liberté individuelle » éteint quand elles sont devenues « un élément de fiabilité de la sécurité du quotidien » et que « les concitoyens appellent à avoir encore davantage ». L’ex-gendarme Witkowski assume son côté répressif, « désolé, mais on ne se refait pas », avec du Audiard : « Quand on négocie avec un 11.43 en pogne, on est nettement plus crédible. »

  • [Entretien] Martine Vassal : « À Marseille, nous relions maintenant tous les quartiers »

    [Entretien] Martine Vassal : « À Marseille, nous relions maintenant tous les quartiers »

    La Marseillaise : Vous multipliez en ce début d’année les inaugurations, du Zénibus à l’extension du tramway T3… C’est une « révolution des transports » ou seulement un premier pas ?

    Martine Vassal : C’est une avancée énorme par rapport à ce qui s’est passé précédemment. Nous sommes vraiment sur une révolution des transports qui commence aujourd’hui. Nous avons fait Miramas il y a quelques mois, lundi nous avons fait le bus à haut niveau de service entre Plan-de-Campagne et Marignane… À Marseille, on relie tous les quartiers : avec le T3, le B4 et le B5, on relie le Nord à l’Est et au Sud, nous avons aujourd’hui un maillage, en complément de ce qui existe aujourd’hui.

    Les services de l’État étaient inquiets pour l’extension
    du tramway sur les enjeux d’accessibilité, d’aménagements cyclables. Vous avez pu
    les rassurer
     ?

    M.V. : Tout à fait. Et même dans le métro on a rendu accessibles un certain nombre de stations alors que c’est plus compliqué, il faut faire installer des ascenseur. mais maintenant il y a le Prado, Castellane…

    Il y a quand même un retard significatif.

    M.V. : Il y avait un retard significatif sur tout ! Les dates historiques, c’est : 1977, l’inauguration du métro avec Gaston Defferre ; 2007, le tramway avec Jean-Claude Gaudin et Renaud Muselier. Et aujourd’hui, 2026, c’est Martine Vassal ! Pendant cette période, les présidents d’intercommunalité ont préparé ce qu’on inaugure aujourd’hui. Ils avaient une vision que j’ai développée pour arriver à ce résultat. Mais derrière, il y avait une partie financière, je n’ai eu de cesse d’aller chercher des financements à l’Europe, à la Région, à l’État, au Département. Et j’ai augmenté l’investissement de manière très forte : quand je suis arrivée en responsabilité, il était à 80 millions d’euros par an, il est passé à 300 millions, ça a mis un coup de boost.

    Au Sud pour le tramway, il y a un goût d’inachevé : il n’y a pas encore de parking relais
    à la Gaye, il ne va pas jusqu’à
    la Rouvière…

    M.V. : Le parking relais de la Gaye, c’est un engagement que j’ai pris. On a lancé les études, il va se faire. En attendant, nous avons souhaité faire un parking relais intermédiaire d’une cinquantaine de places. Mais aujourd’hui, j’attends toujours les autorisations de la Ville de Marseille. S’il y en a un qui me met des bâtons dans les roues, c’est la Ville de Marseille, comme d’habitude. Ce qui les embête, c’est que nous on a une vision, on avance, mais eux ils essaient de nous faire reculer. Pour la Rouvière, il était prévu à l’origine un arrêt dans le rond-point, cela ne se fait pas. Nous sommes en train de voir avec la mairie de secteur si on peut faire une station après le rond-point. La difficulté c’est qu’on n’a pas eu un assentiment de la population à ce niveau-là ni au niveau du passage sur la montée de la colline Saint-Joseph. Il faut le remettre à plat.

    Au Nord, il y a de l’impatience pour la phase 2 de la prolongation du tramway, et en même temps on voit les marchés déjà lancés pour le tramway des Catalans…

    M.V. : On a voté à l’unanimité le plan de déplacement métropolitain en 2021. L’idée d’origine c’est de partir du centre-ville pour aller en étoile. Si à chaque fois qu’il vient un nouvel exécutif on change tout, on ne fait rien. À partir de la rue de Lyon, la mairie de secteur a voulu changer le tracé, mais quand vous changez un tracé de manière aussi importante pour passer par le littoral, vous repartez de zéro. Ils peuvent nous dire merci, on a été ultrarapides. Pour les Catalans, le projet est prêt : est-ce qu’on devrait l’arrêter pour en faire un autre ? Mais l’autre je ne peux pas aller plus vite ! C’est un transport qui est dans la ZFE, qui va permettre de faire des pistes cyclables, de réguler la circulation. J’attends toujours le merci ! Et il y a une autre branche importante, la partie Belle de Mai, et on va aller jusqu’au Merlan. Mais ils nous ont bloqué pendant cinq ans, on n’a pas encore pu lancer les appels d’offres ! Les blocages, c’est la Ville de Marseille.

    En attendant, les bus sont saturés pour aller à la Belle de Mai, pourquoi il n’y a pas plus de moyens ?

    M.V. : Parce qu’il me faut des caméras de vidéosurveillance, il me faut de la police. Vous avez pris le boulevard National ? Vous avez vu le gymkhana qu’il faut faire ? C’est quand même inacceptable, il faut de la police sur place pour faire la circulation.

    Il y a le tramway, et puis il y a le métro… Le métro à 21h30, c’est fini quand ?

    M.V. : Vous allez me dire qu’il y a du retard sur un chantier à 580 millions d’euros ? Ce sera au mois de mai ou juin, au printemps. Ca arrive ! Il aurait été beaucoup plus facile d’arrêter complètement le métro toute la journée, on aurait gagné deux ans. Mais je n’ai pas voulu pénaliser les Marseillais. Il n’y en a que 4 000 qui prennent le métro après 21h30, et il y a des bus de substitution. Pour adapter le dispositif qui avait cinquante ans, mettre du neuf sur du vieux, c’est très compliqué. Les rames, elles, sont bien là.

    Depuis le 1er janvier la RTM est soumise à un nouveau contrat d’obligation de service public qui veut l’« exposer aux aléas du marché ». Cela ne risque pas de la fragiliser ?

    M.V. : Ce ne sera pas privatisé. La RTM se modernise, elle avance, c’est un partenaire en qui nous avons entièrement confiance. Vivement le mois de mars qu’on passe ces élections et qu’on n’en fasse plus un enjeu électoral pour dire n’importe quoi…

    La RTM demandait 600 millions d’euros de plus, la Métropole lui disait que c’était « inacceptable »…

    M.V. : C’est normal, c’est une négociation. La RTM va avoir un développement considérable dans les années à venir, son chiffre d’affaires a considérablement augmenté avec les nouvelles lignes. Sur le métro, on va doubler la fréquence ! Les rames vont être automatisées, il y aura plus de personnes. Je suis de tout cœur avec la RTM, avec les contrôleurs dont un s’est encore fait agresser cette semaine. Dans les jours qui viennent, le groupement de protection va avoir la caméra et les armes non létales !

    En quelle année les Marseillais pourront avoir des transports à la hauteur de ce qu’on voit à Lyon, ou Toulouse ?

    M.V. : 2026. Ça commence aujourd’hui.

    La gratuité des transports à Aubagne sera-t-elle maintenue ?

    M.V. : Quand le Val’tram arrivera, on verra à ce moment-là. Le nouvel exécutif de la Métropole décidera ce qu’il va faire.

    On a l’impression que le Marseille des bus est mis de côté par rapport au Marseille des tramway. À la Savine, les habitants réclament le retour de bus la nuit…

    M.V. : On a travaillé sur une mise à plat complète du réseau de bus, cela faisait trente ans que ça n’avait pas été revu. L’arrivée des nouvelles lignes fait que automatiquement on va changer le dispositif. Quand tout cela sera en action, dans les mois qui viennent, on appliquera ce qui a été concerté avec les habitants, secteur par secteur.

  • La Métropole s’offre une dernière séance de mandature houleuse

    La Métropole s’offre une dernière séance de mandature houleuse

    L’esprit de fêtes n’a pas régné sur le dernier conseil métropolitain de la mandature. L’opposition entre l’exécutif de Martine Vassal, candidate (DVD) à la mairie de Marseille, et la majorité municipale de gauche en gestion, a agité les débats. Pour ouvrir la séance, la présidente avait pris soin de vanter les mérites d’une Métropole qui « se porte bien » et « avance sur ses priorités ». Un discours mis à mal au fil des 143 rapports. Une poignée a suffi.

    Pierre Huguet (G.s) a tiré le premier en pointant l’abandon des politiques à destination des plus précaires. « Un retrait pensé, assumé, un effacement méthodique » dans une ville comptant 42 quartiers politique de la ville quand « ailleurs c’est des largesses ». « Les Marseillais s’en souviendront », assène le chef du Printemps marseillais au conseil municipal. « Stratégie électorale » répond Martial Alvarez (DVD), expliquant que le désengagement était annoncé.

    Dans la foulée, Yannick Ohanessian (PS) réclame une équité de traitement pour le Bataillon des marins-pompiers de Marseille quand l’hémicycle vote une contribution exceptionnelle au Sdis pour les efforts engagés cet été sur le front des incendies. « Dans ma commune la majorité des sapeurs volontaires sont des marins-pompiers », répond Marc del Grazia, maire (DVD) de Roquefort-la-Bédoule.

    « Dites merci ! M.E.R.C.I. »

    En matière de voirie, Perrine Prigent (PM) rappelle les bénéfices perdus du Tunnel Prado Carénage, l’échec du plan vélo, l’obstination sur le boulevard urbain sud. Avant elle, Anne Meilhac (PM) pointait le manque de place de parkings, et Sophie Camard celui de démocratie. « Les meilleures maisons de la Métropole sont les mairies », glisse la maire (GRS) des 1-7 alors que la Métropole entend créer 25 « maisons » de ce type. Elle reviendra à la charge sur les déchets rappelant que la taxe d’enlèvement des ordures ménagères apparaît inversement proportionnelle au service.

    Le ton monte avec le Contrat d’obligation de service public de la RTM. Marie Batoux (PM) explique que son groupe votera contre ce texte qui « marque le renoncement à une régie publique de qualité », « affiche des objectifs sans donner de moyens pour les atteindre » et promet des pénalités. L’élue craint un « affaiblissement structurel de la régie » en vue de son « ouverture à la concurrence ». Le groupe communiste lui s’abstient, réitérant par la voix d’Yves Mesnard, le maire (DVG) de Roquevaire, sa « demande de suspension du contrat en l’état et de prorogation du contrat actuel par voie d’avenant » afin de permettre un travail approfondi avec les syndicats, représentants des usagers et élus.

    « Une agitation pour rien » assure Catherine Pila, la présidente (LR) de la RTM défendant « un contrat ambitieux » et « une confiance mutuelle et renouvelée », signé, gage de bonne foi, sur huit ans. « Non il n’y aura pas de privatisation », lance-t-elle accusant les élus marseillais.

    Martine Vassal finit par sortir de sa réserve. Accusant l’opposition de mentir et d’agiter le chiffon rouge pour bloquer Marseille pendant les fêtes, elle interpelle le maire (DVG) « élu sur un mensonge ». Invitée à ne pas tomber dans un débat marseillo-marseillais par Benoît Payan, elle voit rouge : « Le débat, on va le faire le jour où vous aurez le courage d’être candidat. Vous devriez nous dire merci pour le BHNS, le tramway, le métro… le milliard qui nous a été donné, on l’a dépensé. Vous êtes sur les écoles la honte des dépenses publiques. Ne prenez pas les Marseillais en otage, la révolution des transports est active. Dites merci ! M.E.R.C.I. »

    Vivement la campagne.

    En bref

    Hommage

    Alors qu’à l’extérieur, les drapeaux étaient en berne, Martine Vassal a ouvert la séance sur une minute de silence « en hommage aux victimes de l’attaque antisémite » de la plage de Bondy à Sydney et « en signe de solidarité avec la communauté juive », après avoir demandé un renfort de sécurité dans tous les lieux de culte.

    Première

    Christian Denans, le tout nouveau maire d’Aurons, a fait ses premiers pas lundi au conseil métropolitain. « Une première et une dernière séance », a plaisanté Martine Vassal au moment de le saluer. Pour Jean-Pascal Gournès, maire de Meyreuil, c’était une première à la présidence du groupe métropolitain d’intérêt communal où il succédait à Georges Cristiani.

    Enjeux

    Sur le rapport n° 1, du projet partenarial d’aménagement du golfe de Fos et de l’étang de Berre, Gaby Charroux, le maire (PCF) de Martigues a tenu à rappeler quatre enjeux : la rénovation de l’hôpital de sa commune avec « un calendrier et des moyens identifiés », la nécessité d’un « plan cohérent » autour du contournement en matière de transports publics, de logement, d’urbanisme, la prise en compte de « l’espace stratégique » du chenal de Caronte et la définition « à la parcelle près et validé par les communes » du périmètre de l’opération d’intérêt national.

  • Les salariés d’Orange de retour à Saint-Mauront

    Les salariés d’Orange de retour à Saint-Mauront

    Des salariés plus gênés par la présence des caméras qu’autre chose… Sur le site d’Orange à Saint-Mauront (3e), c’est la rentrée ce lundi 15 décembre, après quinze jours de fermeture temporaire. La direction de l’entreprise ayant pris cette décision fin novembre après des « événements répétés » qui ont entraîné deux confinements. Les syndicats CGT et CFE-CGC avaient déposé des droits d’alerte pour « danger grave et imminent ». Tandis que la préfète de police déléguée, Corinne Simon, démentait, assurant n’avoir recensé aucun appel au 17, pas plus qu’avoir été alertée par la direction d’Orange.

    À la sortie du métro National, les salariés pressent le pas. « Franchement, on a l’habitude de cette ambiance, disons un peu chaude, les tags sur les murs, et tout le reste… Il faudrait être aveugle pour ne pas le voir. Mais je n’ai jamais eu peur », confie l’une d’entre eux. Elle poursuit : « Ce n’est pas quinze jours de fermeture de site qui va régler un problème aussi important. » Même son de cloche chez un de ses collègues, Frédéric, habitant des quartiers Nord. Lui, ce qui « le tue », « c’est qu’on a un commissariat à quelques mètres et des points de deal de partout ». Un peu plus loin, un habitant tient à intervenir : « Y a pas qu’Orange, nous aussi on est là ! »

    La CGT prône

    le vivre-ensemble

    Depuis l’ouverture des portes ce matin-là une voiture de police a pris place sur le trottoir d’en face, une autre un peu plus loin. Le trafiquant de cigarettes est au rendez-vous lui aussi, vendant à l’unité, non sans succès si on en croit la liasse de billets qu’il compte. Les organisations syndicales ont pu rencontrer le responsable d’Orange France. « On est rassuré par le dispositif mis en place, on a aussi demandé une hotline avec des psychologues » indique Jérôme Bissey, délégué syndical CFDT Orange grand Sud Est, précisant que pour le moment 380 sur les 1 200 salariés du site, ceux qui viennent en transports en commun, sont concernés, dans l’attente de travaux sur les parkings.

    Contrairement à la CFE-CGC qui dénonce dans un communiqué un « retour forcé » et demande le « transfert des collaborateurs, tant que l’ordre républicain ne sera pas durablement rétabli dans le quartier », la CFDT réclame l’ouverture d’un deuxième site sur Marseille, Orange ayant vendu une bonne partie de son patrimoine immobilier. « Pour nous, cette réunion a permis de recadrer un peu certains syndicats qui font monter la sauce sur des thèmes politiques, ce qui n’est pas de bon augure dans un quartier comme Saint-Mauront, au lieu de travailler sur le vivre-ensemble, à la part sociale que doit prendre Orange dans le quartier », estime Guillaume Lamourette secrétaire départemental de la Fapt- Telecoms 13. Pour le syndicaliste, la disparition des services publics dans les quartiers est aussi un facteur aggravant. Dans un tract distribué aux salariés, la CGT rappelle ses revendications : remboursement des abonnements RTM, ouverture de plusieurs sites, un parking…

    Après plus d’une heure de réunion, la préfète de police estime que la « crise est passée » mais précise que le dispositif restera « souple et adapté ». Au-delà des rondes et patrouilles, une présence statique est assurée « sur des horaires de rentrée et de sortie des salariés pour leur permettre de travailler en toute sécurité ». Et ce pour au moins quinze jours. La direction d’Orange affirme, elle, « rester pleinement mobilisée pour assurer un environnement de travail sécurisé et serein. »

  • À la Métropole, une valse à deux temps pour les transports

    À la Métropole, une valse à deux temps pour les transports

    L’avenir de la RTM se décide ce lundi en conseil métropolitain. Du moins pour les huit prochaines années, à travers le nouveau contrat d’obligations de service public dévoilé dans nos colonnes, qui vise à exposer la régie « aux aléas du marché » par un système de bonus-malus. Avec l’exigence de réaliser 25 millions d’euros de recettes supplémentaires dès 2026 (notre édition du 10/12). D’ores et déjà, la CGT de la RTM a interpellé les élus métropolitains, pour leur demander de s’opposer à ce contrat qui « derrière un discours de modernisation, impose en réalité des restrictions budgétaires qui fragilisent le service public ».

    Alors que la municipalité marseillaise monte elle aussi au créneau, la Métropole est finalement sortie du bois à travers un long communiqué qui s’en prend à « la campagne de désinformation menée par certains agitateurs mal intentionnés » en promettant ne pas vouloir privatiser la régie. « La RTM est recentrée sur son cœur de métier : l’exploitation, la qualité de service et la satisfaction des voyageurs », défend-elle en mettant en avant les 1,2 milliard d’investissements qui seront désormais portés par l’intercommunalité sur la période 2026-2033, notamment dans le cadre du plan Marseille en grand. Et de cantonner la concertation des usagers à l’évolution de l’offre « mais non sur les relations contractuelles, qui ne peuvent être rendues publiques ».

    Régie de fret ferroviaire

    Mais de nouvelles missions pourraient être confiées à la régie. Une délibération présentée à l’hémicycle ce lundi met aussi à l’ordre du jour les premiers pas vers la création d’un service de proximité de fret ferroviaire. Une première étude technique et commerciale avait été réalisée en décembre 2019, puis une seconde lancée fin 2023. Désormais, trois corridors sont identifiés, entre Fos et Gardanne, Miramas et Marseille ainsi que Fos et Marseille. « Il y a lieu d’engager la phase de création du service pour une opérationnalité à court terme », indique la délibération, qui en confie l’exploitation à la RTM. Alors que les études pour les deux dernières liaisons doivent être finalisées d’ici la fin de l’année, l’hémicycle devra valider après les municipales leur lancement officiel.

    Enfin, après le conseil régional et la commission permanente du conseil départemental, c’est au tour de la Métropole d’approuver le projet partenarial d’aménagement pour la réindustrialisation du golfe de Fos. Avec une déclinaison concrète, l’approbation des financements pour les études préalables de la liaison Fos-Salon, et ses premiers travaux d’aménagement pour 22,5 millions d’euros, dont 16% pour la Métropole.

  • La gauche inquiète pour l’avenir de la RTM

    La gauche inquiète pour l’avenir de la RTM

    « Est-ce que la Métropole cherche à terme à fragiliser de la RTM comme régie pour n’avoir plus qu’une seule solution, s’en débarrasser ? », interroge ouvertement l’adjointe marseillaise aux transports, Marie Batoux (DVG). Alors que doit être adopté lundi le nouveau contrat d’obligations de service public de la RTM, avec l’objectif affiché qu’elle soit « exposée aux aléas du marché » par un système de bonus-malus (notre édition du 10/12), la majorité municipale monte au créneau.

    « La collectivité n’a pas eu son mot à dire, déplore ainsi Marie Batoux. J’ai posé des questions en commission sur l’intention politique derrière les pénalités, auxquelles je n’ai pas eu de réponse. » Elle s’alarme ainsi d’objectifs posés « sans prendre en compte les difficultés du quotidien », quittent à menacer les recettes de la régie.

    La reprise en main de l’investissement directement par l’intercommunalité l’interroge aussi. « Quelles sont nos garanties pour que les investissements soient faits pour assurer le service public pour les Marseillais, quels sont les engagements ? » questionne l’adjointe. Son inquiétude est d’autant plus forte qu’aucun engagement n’est pris sur l’augmentation des kilomètres commerciaux à effectuer au-delà de 2026. « L’ambition n’est pas portée dans ce contrat », résume-t-elle. Et de regretter que la décision n’ait pas été reportée après les municipales.

    Le comité des usagers des transports marseillais, de son côté, cible à travers un communiqué le manque de concertation. Malgré la promesse de groupes de travail, « nous n’avons jamais été sollicité par la Métropole, ni par la RTM, pour participer », déplore l’association, qui regrette aussi ne pas pouvoir siéger dans le futur comité de suivi qui inclue la direction de la RTM et des élus métropolitains. « Nous avons, nous aussi, des objectifs à fixer », réclame le comité, qui rappelle les difficultés des transports en commun à Marseille.

  • [Exclusif] Un nouveau contrat met la RTM sous pression

    [Exclusif] Un nouveau contrat met la RTM sous pression

    L’aboutissement d’un an de négociations tendues et gardées jusqu’ici secrètes. Lundi sera présenté, en conseil métropolitain, le nouveau contrat d’obligations de service public de la RTM, prévu pour encadrer l’activité de la régie des transports pour une durée de huit ans sur un périmètre inchangé. Ce document de 255 pages (sans les annexes), consulté par La Marseillaise, promet « une priorité réaffirmée de renforcer la qualité de service, conforter et contrôler le coût du service, dans un cadre financier rénové et maîtrisé ». Prévu pour entrer en application le 1er janvier prochain, il vient ainsi couvrir le déploiement du volet mobilité du plan Marseille en grand, l’électrification de la flotte de bus avec la transformation de leurs dépôts, la mise en service du métro automatique Neomma. Mais, pour la régie, ces nouvelles obligations viennent surtout lui placer sous la gorge le couteau de sanctions financières conséquentes.

    Dès l’adoption des premières orientations en décembre 2024, l’intercommunalité assumait en effet de viser un contrat « dans lequel la régie sera exposée aux aléas du marché et assumera un risque commercial et d’exploitation ». Alors que la RTM doit désormais reverser ses recettes à la Métropole, cette dernière lui impose d’en réaliser à hauteur de 125 millions d’euros dès la première année, contre 102 millions en 2024. Un montant qui devra s’élever à 144 millions d’euros en 2033, révisable en fonction du renforcement de l’offre de transports. Faute de quoi elle devra compenser une partie du manque à gagner, alors même que la régie doit assumer l’extension de la gratuité. Pourvu que l’extension prévue du tramway T3, le 10 janvier prochain, amène assez de nouveaux passagers. Dans le cas où les recettes dépasseraient les objectifs, elles seraient partagées, la plus grosse partie allant à la Métropole.

    Ce système de bonus-malus est aussi imposé dans la lutte contre la fraude, priorité affichée de l’intercommunalité. Celle-ci a balayé d’un revers de la main l’offre présentée au mois de juillet par la RTM, qui comptait doubler le nombre de contrôleurs pour réduire, à terme, le taux de fraude dure de sept points. Trop coûteux, et pas assez ambitieux pour la Métropole. Ainsi, pour les seuls bus marseillais, celui-ci doit passer de 31,3% en 2024 à 22,3% dès 2032. Il est aussi exigé de mettre les moyens nécessaires pour contrôler 2% des voyageurs, sous peine de pénalités supplémentaires. De quoi s’ajouter à une liste de neuf pages de sanctions diverses, alors que la régie, sur le précédent contrat, n’en avait reçu aucune.

    Mais, tandis que la Métropole insiste sur l’amélioration de la qualité du service et du report modal, étrillant une offre initiale « inacceptable » de la RTM puisqu’« aucune proposition n’est réalisée dans l’objectif d’améliorer la productivité », les moyens alloués restent bien en deçà des attentes de sa régie. La RTM réclamait une rémunération de 4,83 milliards d’euros sur la période. Ce sera finalement 600 millions d’euros de moins. Certes, celle-ci n’aura qu’à effectuer le gros entretien et renouvellement du matériel, à hauteur de 130 millions d’euros sur la période.

    Vers la privatisation ?

    Car, désormais, la Métropole portera directement les investissements dans les transports. En effet, celle-ci fait le choix d’une concession d’affermage. En clair : elle reprend la main sur les 3,6 milliards d’euros de patrimoine de la RTM – selon l’estimation du cabinet Galtier au mois de mars – qu’elle met à disposition de l’établissement « qui se voit confier la gestion et l’exploitation du service à ses risques pour l’exploitation du service public ». Un choix qui « modernise en profondeur le cadre de relation », justifie la Métropole auprès de La Marseillaise, mais qui interroge : elle reprend en effet la main sur l’investissement alors même qu’elle est bien plus endettée que sa régie. De quoi faciliter une éventuelle privatisation au terme des huit ans de ce contrat ? « Nous sommes les derniers des Mohicans », s’alarme vivement un syndicaliste face aux vagues de mise en concurrence.

  • Les agents des bus interurbains en grève pour leurs acquis

    Les agents des bus interurbains en grève pour leurs acquis

    Sur le parking du dépôt interurbain de la RTM, les agents du réseau, arborant les dossards de leurs syndicats respectifs, sont mobilisés depuis 4h du matin. Une grève « extrêmement bien suivie », se réjouit Marc Garcia, délégué syndical de la CGT de l’Établissement interurbain Régie des transports métropolitain (RTM), qui avait d’ailleurs signalé, pour ce vendredi, de « fortes perturbations ». En cause, un large mouvement de grève mené par les agents des lignes interurbaines.

    La mobilisation, impulsée par l’intersyndicale (CGT, SUD et CFTC), mobilise « 85% de grévistes [étendus sur les dépôts d’Aix, d’Aubagne et Châteauneuf-les-Martigues, Ndlr]. Il y a 80% chez les conducteurs et 100% chez les administratifs et les contrôleurs », précise Séverine Ben Moussa, secrétaire générale CFTC. Les revendications sont nombreuses, mais la principale inquiétude concerne la perte progressive des acquis antérieurs à la fusion, en janvier 2024, entre le Réseau de transports marseillais (RTM) et la Régie départementale des transports urbains (RDT 13).

    Négociations à venir ?

    Les deux entités ne forment désormais qu’une seule régie : la Régie des transports métropolitains. « Depuis, on doit renégocier trois accords de substitution, celle du temps de travail, de la rémunération et du déroulement de carrière. Aujourd’hui, beaucoup de ces acquis sont remis en cause », poursuit Marc Garcia. Selon l’intersyndicale, la raison est claire : des économies budgétaires. « On demande simplement à récupérer nos salaires et nos primes d’avant-fusion », rappelle Mohamed Boumadi, délégué syndical SUD Solidaires.

    Des négociations sont prévues ce lundi. à l’issue de cette rencontre, les agents décideront de reconduire ou non la grève. « Avec la direction générale autour de la table, on espère. On veut une personne de la Métropole », insiste Marc Garcia. « On a l’impression d’être traités comme une filiale. Ils tiennent à ce qu’on soit un groupe ? Alors, même traitement pour tout le monde », lance David Icard, délégué CGT.

    Le syndicat CFDT, mobilisé aussi, mais en marge de l’intersyndicale, demande à la direction de « reprendre des négociations sérieuses et d’entendre la colère de ses salariés ». « La direction nous propose des augmentations qui sont, pour la majorité d’entre nous, à peine suffisantes pour compenser l’inflation (…). Nous nous battrons pour obtenir une augmentation significative de nos salaires de base et une juste reconnaissance de notre ancienneté et de nos efforts quotidiens », poursuit le syndicat, qui ne sera pas invité aux discussions, en début de semaine, mais « adressera un courrier listant ses revendications », indique Alexandre Sass, élu CSE et délégué syndical CFDT.

    De leur côté, les services de la RTM indiquent ne pas pouvoir communiquer davantage d’éléments.