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  • [Ces villes face à l’emprise de l’extrême droite] À Fos-sur-Mer, les résultats laissent les progressistes sonnés

    [Ces villes face à l’emprise de l’extrême droite] À Fos-sur-Mer, les résultats laissent les progressistes sonnés

    Dans la petite zone commerciale à proximité de l’école Joseph-d’Arbaud, les municipales sont dans toutes les bouches. En sortant du Vival, une habitante glisse à son ami : « Je suis allée au meeting de Maurizot. »

    Dimanche, celui qui était conseiller municipal d’opposition depuis des décennies a remporté le scrutin municipal, avec 48,24% des suffrages exprimés. S’il se présentait comme candidat divers droite, il avait rallié le label La Provence qu’on aime créé par le RN. Jean-Philippe Murru, membre de l’Union locale CGT, n’est pas dupe : « Il est affilié à l’extrême droite, même si lui ne le présente pas comme ça. »

    Élue communiste à la mairie pendant trois mandats avant de raccrocher en 2014, Rita Serafini est « furieuse » de ce résultat. « En 1995, j’ai monté le Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples à Fos. On faisait la semaine de l’éducation. À l’époque, on pensait que ce n’était pas utile, tout le monde vivait en bonne harmonie. Je m’aperçois maintenant que ça a changé. C’est affolant comme ça a glissé vers le RN. L’entreprise de normalisation a bien fonctionné. »

    La militante anti-raciste l’a vu venir : « Aux dernières législatives, on a perdu un super député en la personne de Pierre Dharréville. À Fos, l’extrême droite a fait 62%. Quand on a eu le résultat, on aurait pu faire des actions, dénoncer. On n’a rien fait et on en paie le prix fort. » Elle appelle désormais à un sursaut des forces progressistes : « On a perdu une ville de gauche quoi, j’ai l’impression qu’on ne se rend pas compte. »

    Car les risques existent. « On a quand même des services publics développés, une solidarité envers la population, note Rita Serafini. Il ne faut pas qu’on y touche. » Jean-Philippe Murru s’inquiète aussi des rapports que la CGT pourra avoir avec la future majorité. « Jusqu’ici, on avait de bons rapports en termes de moyens, de relais d’information… qu’on risque de perdre. On aura probablement moins d’appui politique pour faire remonter les problèmes hors du giron de l’entreprise. Alors qu’on a de grosses batailles à mener. »

  • Agde : la « perle noire » emportée par une vague brune

    Agde : la « perle noire » emportée par une vague brune

    Perceptible dès le soir du 1er tour où Aurélien Lopez-Liguori était arrivé largement en tête (38,44%), la catastrophe a bien eu lieu, dimanche 22 mars en Agde. Le sage retrait du maire sortant Sébastien Frey (3e avec 20,74%) n’y a rien fait. La « perle noire de la Méditerranée » s’est fait emporter par une vague brune. Dans son duel qui l’opposait au médecin agathois divers droite Thierry Nadal (45,13%), Aurélien Lopez-Liguori (54,87%) l’a emporté avec 1 652 voix d’avance et une participation correcte (64,75%) qui ne laisse aucune place au doute.

    Quatrième ville la plus peuplée du département, Agde est donc la première ville héraultaise à basculer aux mains du RN. Terrible pour les habitants de ce territoire sinistré qui compte l’un des taux de chômage les plus élevés de France (17,6%). Mais est-ce bien étonnant ? Dès 2007, Agde avait massivement plébiscité N. Sarkozy (62,47% au 2e tour). Aux deux dernières Présidentielles de 2017 et 2022, M. Le Pen est chaque fois arrivée en tête contre E. Macron (54,37% puis 60,14%).

    Si bien qu’aux législatives 2022, l’élection du député RN Aurélien Lopez-Liguori (59,19%) au 2e tour contre le communiste Gabriel Blasco n’avait surpris personne. Pas plus que sa large réélection aux législatives anticipées de 2024. Ce qu’on n’aurait pas imaginé en revanche, c’est que le député RN soit reconduit dès le 1er tour (51,66%).

    A. Rivière (PS) contre le RN ?

    Nul besoin de se remémorer le score famélique de la gauche au 1er tour de ces municipales (Arthur Labatut 6,52%) pour savoir que depuis longtemps Agde penche très à droite. Mais jusqu’ici, Les Républicains gardaient la main localement. La folie des grandeurs de l’ancien maire démissionnaire (31 mai 2024) Gilles d’Ettore, mis en examen dans l’affaire de la voyante Sophia Martinez, a provoqué la bascule. Comptable aux yeux des électeurs de cette politique favorable aux promoteurs, son successeur depuis près de 2 ans, Sébastien Frey, n’a pas réussi à incarner le renouveau à droite. Du pain béni pour Lopez-Liguori qui laisse son siège de député à son suppléant, Bernard Chaumeil.

    Reste à savoir si l’ombre de l’extrême droite peut s’étendre jusqu’à l’Agglo Hérault Méditerranée. Brillamment réélu au 1er tour à Pézenas et en réflexion, Armand Rivière pourrait avoir des ambitions. Mais le socialiste n’a que 5 sièges à l’Agglo plus les 3 de son homologue PS Vincent Gaudy reconduit à Florensac contre 13 acquis au RN avec Agde. D’autant que le maire DVD de Bessan (4 sièges), Stéphane Pépin-Bonet, a de bonnes relations avec Lopez-Liguori. Sachant qu’il faut 30 sièges pour prendre l’Agglo, le choix des maires de Portiragnes, Lézignan ou Saint-Thibéry (…) sera prochainement décisif.

  • Bagnols-sur-Cèze, 3e ville du Gard, bascule au RN

    Bagnols-sur-Cèze, 3e ville du Gard, bascule au RN

    Après Beaucaire, 4e ville du Gard il y a douze ans, c’est au tour de Bagnols-sur-Cèze de tomber. Si la vague brune a été contenue de justesse à Nîmes et Alès, elle a emporté une terre labourée depuis des décennies par le Parti socialiste, qui s’est totalement retiré du scrutin municipal cette année.

    Cette « défaite annoncée » comme le dit le communiste local Elian Cellier, n’était pas inéluctable. Bien sûr, la députée de la circonscription Pascale Bordes, réélue en 2024, partait favorite. Mais un scrutin local n’est pas un scrutin national. Si la députée est parvenue à lisser l’image du parti d’extrême droite sur son territoire, elle comptait aussi de nombreuses faiblesses : une liste familiale inexpérimentée composée de nombreux couples, un programme uniquement axé sur la sécurité et une absence assumée dans l’opposition au conseil municipal depuis cinq ans signe que ses priorités n’étaient pas vraiment les sujets locaux. Mais en face, l’irresponsabilité de la désunion l’a emporté et avec elle, la menace d’une implantation durable de l’extrême droite sur le territoire bagnolais.

    « Ils sont complices »

    Élu sur une liste de gauche en 2008, le maire sortant Jean-Yves Chapelet n’a cessé de glisser vers la droite. Puis, les dossiers de l’imam Mahjoubi et la prolifération du trafic de drogue ont fini de le décrédibiliser. Incapable de s’en rendre compte avant le scrutin, Jean-Yves Chapelet est arrivé deuxième du premier tour mais avec un score historiquement bas (18,25%) qui montrait son incapacité à rassembler (25,02% au second tour). Il n’a d’ailleurs même pas tenté une alliance avec Philippe Broche arrivé 4e avec 14,43%. Incapable non plus de s’entendre avec les autres forces de gauche, Jérôme Jackel (Debout!) n’a jamais envisagé de se retirer et termine dernier de la triangulaire (22,10%).

    Après la victoire du RN, Elian Cellier s’en est pris aux auteurs de la désunion : « On ne peut rien contre la bêtise des hommes. Chapelet élu en 2008 sur une liste de gauche aura mandat après mandat exclu les communistes, les socialistes pour rejoindre le centre droit. Les idiots-utiles que sont les Jackel, Michel Cegielski (éliminé au 1er tour), Sylvain Hille (PS), Alain David (SE) et Christophe Prévost (ancien gilet jaune, plusieurs fois candidats) portent une lourde responsabilité dans la prise de la ville par le RN. Cette situation était pourtant prévisible. À croire qu’ils sont complices ».

  • La Seyne-sur-Mer, anatomie d’une chute

    La Seyne-sur-Mer, anatomie d’une chute

    Une claque à la hauteur du préjudice. Entre 1945 et 2020, la Seyne-sur-Mer a passé 55 ans à gauche, dont 22 sous le mandat de Toussaint Merle, illustre figure communiste de la Résistance. Le RPR (droite) y a exercé le pouvoir par intermittence, mais la cité des chantiers navals finissait toujours par revenir à ses racines ouvrières, portée par une mémoire profondément ancrée dans le fer du syndicalisme industriel.

    Une histoire qui perdure, mais qui n’a pas suffi à empêcher un brutal basculement vers le RN. Son nouveau maire, Dorian Munoz, s’impose avec un score sans appel de 46,31% au second tour. Une question s’impose alors : comment en est-on arrivé là, dans une commune encore ancrée à gauche il y a six ans ? Occulter les responsabilités de cette dernière face à ce tsunami brun serait une erreur d’analyse. Le dernier maire progressiste, Marc Vuillemot (GRS, 2008-2020), n’est sans doute pas parvenu à relancer une ville que de nombreux habitants décrivent comme « en stagnation », voire « à l’abandon », pointant, entre autres, l’état des routes, du centre-ville et des écoles. Mais, dans un contexte d’austérité, est-il judicieux d’élire un parti qui a proposé, et voté, en janvier, une baisse de 4,9 milliards d’euros de la dotation globale de fonctionnement des collectivités territoriales ?

    Trois villes de TPM au RN

    Mais là n’est pas le nœud de la question. En 2020, les Seynois ont élu Nathalie Bicais (LR), à la tête d’une « coalition » composée et recomposée, au fil du mandat, de personnes de sensibilités diverses, de la gauche jusqu’au RN. Un cocktail instable qui a explosé quand la maire a été condamnée à 5 ans d’inéligibilité et remplacée par Joseph Minniti. D’incongrue, la majorité est devenue illisible, au détriment de La Seyne, toujours dans l’immobilisme, symbolisé par le recul sur la construction d’une école et le retard pris dans les projets d’urbanisme. La « faillite » d’une droite « qui a passé son temps à se quereller », pointait Stéphane Sacco, candidat de la liste Uni.e.s à Gauche pour la Seyne, arrivé troisième dimanche soir.

    Dernier épisode : la guerre ouverte entre Joseph Minniti et son ancien adjoint Cheikh Mansour. Le premier, qui avait, lors de son élection, assuré qu’il n’irait pas au-delà de son intérim, est revenu sur sa décision. Le second, qui ambitionnait sûrement de longue date de se présenter, a été au bout de son idée. Leur passe d’armes dans l’entre-deux-tours aura duré jusqu’à dimanche soir. Cheikh Mansour reprochait encore à Joseph Minniti son refus de fusion, pointant son incapacité « à cumuler les voix de Dailleau et Peurière ». Joseph Minniti, lui, reprochait à Cheikh Mansour d’avoir « trahi la ville », répétant que la tradition républicaine voulait que les candidats arrivés derrière se retirent.

    Un reproche également adressé à Stéphane Sacco, que le socialiste Olivier Andrau accusait d’avoir « fait le choix du pire : les places et les indemnités, les miettes plutôt que l’intérêt général », qualifiant sa liste et celle de Cheikh Mansour de « coalition d’irresponsables ». Stéphane Sacco qualifiait l’accusation d’« inappropriée », rétorquant que « c’est la partie de la gauche qui ne [les] a pas appuyés qui manque pour être 2e », pointant aussi le soutien de Marc Vuillemot à Joseph Minniti.

    Tous disaient regretter ce dénouement, qui semblait toutefois bien moins évitable qu’à Six-Fours, tombée dans l’escarcelle du député RN Frédéric Boccaletti… à seulement 21 voix près. Avec La Valette-du-Var, acquise par Julien Argento, ce sont désormais trois villes de la métropole TPM conquises par le parti frontiste. « Nous ne lâcherons rien pendant 7 ans », promet Stéphane Sacco.

  • [Infographie] Une majorité confortable pour Benoît Payan

    [Infographie] Une majorité confortable pour Benoît Payan

    Forte de 54,34% des suffrages, la nouvelle majorité du Printemps marseillais s’assure une avance confortable avec 73 élus sur les désormais 111 sièges du conseil municipal, version réforme de la loi PLM, soit 10 de plus qu’en 2020. Pour mémoire il y a 6 ans, en pleine crise sanitaire, il avait fallu ferrailler dur pour que l’écologiste Michèle Rubirola prenne la tête de la Ville, avec le soutien de Samia Ghali (DVG) qui briguait elle aussi le poste dans un premier temps.

    Devenue finalement maire adjointe, cette dernière a désormais intégré le Printemps marseillais et fait partie des piliers sur lesquels s’appuie le Printemps nouvelle mouture. Tout comme Pierre Huguet (G.s), ex-adjoint à l’Éducation, Éric Méry, ex-adjoint à l’Urbanisme, le député PS Laurent Lhardit, les socialistes Joël Canicave, ex-adjoint aux Finances, Anthony Krehmeier, maire des 2-3 réélu, ou encore Yannick Ohanessian ex-adjoint en charge de la Tranquillité publique. Jusqu’alors en charge du Logement, Patrick Amico (GRS), bien que 71e sur la liste, est aussi de retour.

    On retrouve également les communistes, Audrey Garino, Jean-Marc Coppola, Nathalie Tessier, respectivement en charge de la Solidarité, la Culture et le Droit des femmes dans la mandature écoulée. Rangs du PCF qui se trouvent renforcés avec Anthony Gonçalves, oncologue et chef de file du parti pour ces municipales, Mohamed Itrisso, militant des quartiers nord et cofondateur du collectif SOS Comores et Ibrahim Mze, responsable du collectif fédéral du logement du PCF 13.

    Troisième de la liste, le militant écologiste, Amine Kessaci, devenu symbole national de la lutte contre le narcotrafic après l’assassinat de deux de ses frères, va également peser dans l’hémicycle.

    Une opposition RN

    Il y a aussi les petits « nouveaux » qui ne le sont pas vraiment, ayant déjà fait leurs preuves dans les secteurs ou à la métropole, comme Emilia Sinsoilliez, ex-première adjointe au maire des 2-3, Enda Amraoui, présidente du collectif pour une société plus inclusive, « Plus jamais sans nous » et ex-adjointe à la mairie des 4-5, Juliette Masson, ex-déléguée aux Écoles dans les 6-8 ou Jean-Marc Signes, ex-conseiller métropolitain écologiste, élu dans les 11-12. Côté société civile, Karim Touche, directeur général de la Ligue de l’enseignement 13 ou Yahya Güngörmez, représentant du Conseil démocratique kurde à Marseille font leur entrée.

    En face l’extrême droite. Franck Allisio, ayant totalisé 40,29% des voix, se pose en leader d’une opposition passée de 9 à 34 élus. Cumul des mandats oblige, il devra sans nul doute démissionner de la Région. Il s’appuiera sur des historiques comme Jean-Marc Graffeo, responsable départemental de Reconquête !, la députée RN Gisèle Lelouis ou Eléonore Bez, conseillère régionale. Il pourra compter sur une ribambelle d’ex-élus de secteur, Sophie Arrighi, Thibaut Charpentier, Jessy Nakache, ou Gérard Audibert. Figure aussi Jean-Baptiste Rivoallan, ancien président du groupe de la droite marseillaise à la métropole.

    Droite marseillaise atomisée avec 4 élus seulement dont Martine Vassal (DVD), présidente du Département, son bras droit Romain Simmarano (Ren.), Fabienne Bendayan, ex-présidente du Crif Marseille et Stéphane Pichon, président du Conseil régional de l’ordre des pharmaciens.

  • Le RN et Dorian Munoz prennent La Seyne-sur-Mer

    Le RN et Dorian Munoz prennent La Seyne-sur-Mer

    Il n’y a pas eu de miracle. La quadrangulaire seynoise du second tour, aucun des candidats qualifiés ne consentant à se retirer, ou à conclure des accords de fusion, fussent-ils techniques, semblait quasiment acter la victoire du RN et de Dorian Munoz. Le conseiller municipal d’opposition depuis 2020, en tête au premier tour (35,3%), devançait largement le maire sortant Joseph Minniti (LR, 15,91%), Cheikh Mansour (HOR, 13,25%), et la tête de liste d’union de gauche Stéphane Sacco (11,93%). Et il est même parvenu à largement asseoir son avance, avec 46,31%, devant le maire sortant (24,39%), Stéphane Sacco (19,02%) et Cheikh Mansour (10,28%).

    Un dénouement presque inéluctable, après un mandat marqué par les débâcles politiques. la condamnation à 5 ans d’inéligibilité de la maire Nathalie Bicais en mai dernier, qui a fait exploser une majorité disparate et déjà sous tension, à travers une guerre de succession qui a vu les allégeances et alliances se faire et se défaire au gré des aléas. Joseph Minniti, sorti vainqueur de celle-ci, avouait même que cette « coalition, saluée de tous en 2020 », avait viré à « la catastrophe ». Pourtant de son côté lors de son élection, Cheikh Mansour avait décidé de faire cavalier seul, considérant que le maire par intérim et ses 83 ans ne représentaient pas l’avenir, d’autant que ce dernier avait annoncé qu’il n’irait pas plus loin que ce remplacement de quelques mois. Ce bilan n’a pu être compensé au second tour, malgré une baisse de l’abstention, seul espoir de l’entre-deux-tours, qui s’est avérée insuffisante.

    Minniti : « Mansour a trahi la ville »

    C’est donc le RN et Munoz qui en profitent, offrant pour la première fois la deuxième ville du Var à l’extrême droite. Les deux candidats de droite se renvoyaient encore la balle, le maire sortant regrettant que les deux candidats arrivés derrière lui ne se soient pas retirés, reprochant même à Mansour d’avoir « trahi la ville ». Ce dernier disait ne pas regretter sa candidature et continuait d’affirmer que la seule option pour l’emporter était l’union. Stéphane Sacco, qui avait justifié son maintien par l’impossibilité que « les voix de gauche ne soient pas audibles pendant 7 ans », pointait ainsi « la faillite de la liste Bicais qui a exacerbé le vote RN » et réfutait la responsabilité de la gauche dans la débâcle. « Les Seynois ont préféré le RN, à nous de porter l’espoir. Nous avons un socle sérieux, avec un électeur sur cinq ayant voté pour nous, alors qu’on ne partait de rien », voulait-il croire à l’aube de son premier mandat dans l’opposition.

  • Gaby Charroux rassemble et barre la route au RN

    Gaby Charroux rassemble et barre la route au RN

    « Martigues la républicaine a résisté ! », s’exclame Gaby Charroux, dimanche soir à l’hôtel de ville de Martigues, juste avant de partager sa victoire avec ses soutiens venus nombreux. Le maire (PCF) sortant a récolté 44,14% des suffrages au second tour, loin devant le député RN Emmanuel Fouquart (35%) et Jean-Luc Di Maria (20,81%).

    Fraîchement réélu, l’élu communiste n’a cessé de marteler, face à la presse, que cette victoire est avant tout un moment avec « beaucoup d’affection, d’amour et d’enthousiasme », se livrant à de nombreuses accolades et embrassades, avant d’ajouter qu’il s’agit aussi d’une « étape », avant « le travail qui commence maintenant pour porter ensemble notre projet avec la population ».

    Gaby Charroux considère que « Martigues a résisté à la haine, au rejet de l’autre, est restée fidèle à ses valeurs », estimant que « la politique n’est pas promettre, ni jouer sur les peurs ou flatter les plus bas instincts, mais c’est bâtir un projet de société ». Et d’insister : « La politique n’est pas seulement gagner une élection, mais agir concrètement pour que chacun vive mieux (…). Nous respecterons toutes les promesses que nous avons faites. Ce n’est pas un jeu, cela demande de la rigueur et de la compétence. C’est une vision que l’on a et que les Martégaux partagent. »

    Soulagement du monde associatif

    De nombreux acteurs de la vie locale étaient présents, notamment dans le monde associatif. « Nous sommes rassurés pour les gens que l’on aide car nous savons que le soutien de la Ville sera pérennisé », se réjouit Jeanine Incorvaïa, du Secours populaire. Même sentiment pour Francis Fournier, du comité de vigilance postale : « Nous avons gagné deux combats : celui pour la Poste et celui pour la Ville. » Cette dernière les a soutenus dans leur combat pour la Poste de Ferrières.

    Un « grand ouf de soulagement » aussi pour Catherine Lecoq, comédienne et syndicaliste CGT. « C’est un bon signal pour le monde de la culture, nous allons pouvoir continuer à créer du lien, à faire en sorte que les humains se parlent, se reconnaissent, voire s’aiment », développe-t-elle, parlant aussi de « liberté artistique et de parole, d’émancipation, d’ouverture d’esprit » sauvegardés.

    Un autre travail qui commence

    La culture, mais aussi le sport. Clémence Calvin, athlète martégale et championne de demi-fond, estime que « toute l’énergie de Martigues ne pouvait pas se convertir autrement qu’en renouvelant sa confiance à Gaby Charroux ». « Sa réélection préserve le sport et l’inclusion universelle par le sport dans toute la ville, grâce au soutien du secteur social, qui est un vivier de sportifs. C’est la culture sport qui infuse par là », développe l’athlète.

    Cette réélection est, pour beaucoup, une étape avant un autre travail à mener, comme le disait le maire. « En même temps, nous sommes rassurés et inquiets de la progression de l’extrême droite », nuance Daniel Bretonnès, secrétaire général de l’Union locale CGT de Martigues. Un sentiment partagé par Pierre Dharréville, de la direction nationale du PCF, réélu au conseil municipal : « Nous savons qu’il y a beaucoup de travail devant nous », même si « la volonté de poursuivre les politiques de solidarité s’est exprimée ».

    Un nouveau mandat s’ouvre sous le signe du renouvellement avec une nouvelle place accordée à la jeunesse. « C’est parti pour Martigues nouvelle génération ! » se réjouit Najla Er Rachdi, jeune martégale membre de la « team coco », de jeunes militants ayant accompagné le maire dans sa campagne. « Je suis très contente du résultat après tant d’efforts, c’est une bouffée d’air pour Martigues avec tous ces nouveaux projets pour les jeunes », lance-t-elle.

    Gaby Charroux l’assure : « Le projet que nous avons présenté va être mis en application, avec une équipe renouvelée. »

    Le conseil municipal d’installation est programmé vendredi 27 mars, à 17h30.

  • Franck Allisio et le RN largement défaits

    Franck Allisio et le RN largement défaits

    La vague brune n’a pas submergé les remparts républicains de la cité phocéenne.

    Franck Allisio, qui conduisait la liste du Rassemblement National pour la mairie de Marseille, arrive deuxième autour de 40% des suffrages exprimés, selon les estimations disponibles à l’heure où nous écrivons ces lignes. « La réalité s’impose, Benoît Payan sera maire et je serai le leader de l’opposition », annonce-t-il en milieu de soirée, avec le sourire de façade de circonstance. Le retard de l’extrême droite dans le scrutin est tel qu’il n’attend pas le dépouillement total des bureaux. Et a déjà une excuse toute trouvée pour justifier sa défaite : « S’il y a un naufrage, c’est celui de Vassal et Muselier, par leur maintien, ils ont brisé la dynamique de changement pour notre ville ». Autour de lui, pas d’effusion de joie ni de mines déconfites, les militants restent de marbre et tentent de voir le verre à moitié plein. « Nous remportons deux à trois mairies de secteurs à l’heure où je vous parle, soit l’équivalent de 400 000 Marseillais », vante le leader de l’extrême droite marseillaise.

    Le RN devient l’opposition principale

    Il évoque là le passage de deux secteurs dans les mains du RN : « Victoire dans les mairies des 9e et 10e arrondissements avec Eléonore Bez, victoire dans les mairies du 11e et 12e arrondissements ». D’autant que les militants attendent encore les résultats pour les 13e et 14e arrondissements. Secteur où Sandrine d’Angio, ancienne maire de 2016 à 2020 avait réalisé 39,8% au premier tour. De quoi illustrer l’arrivée en force du RN au conseil municipal de la Ville comme première force d’opposition au Printemps Marseillais, et dans les conseils d’arrondissements. « C’est un résultat sans précédent, jamais depuis 1983 un candidat de la droite ou du camp national n’avait réuni autant de suffrages à Marseille », développe Franck Allisio. Avant de se rassurer comme il peut : « Rien ne sera plus jamais comme avant. […] Il y aura d’autres échéances. Bientôt nous serons victorieux ».

  • Petit chelem en vue dans les secteurs pour le Printemps marseillais

    Petit chelem en vue dans les secteurs pour le Printemps marseillais

    Interrogé au moment de sa candidature sur les secteurs que visait le Printemps marseillais, le maire (DVG) sortant Benoît Payan assurait : « Tous. » Mais l’effondrement de la droite et la percée du RN rebattent les cartes. « Dans les 9-10 et les 11-12, le RN est en capacité d’emporter quatre arrondissements », reconnaît-il désormais, en soulignant aussi l’enjeu « fort » des 13e et 14e. De quoi confirmer ce qu’annonçait à l’automne dernier le candidat de l’extrême droite Franck Allisio, déclarant que sa priorité était « les Marseillais du 9e au 13e arrondissement».

    1er secteur

    1er et 7e arrondissements

    Avec le maintien de Sébastien Barles pour le second tour, les équilibres politiques issus des urnes au soir du dimanche 15 mars ont de bonne chance d’être maintenus. Dans cette quadrangulaire, la maire sortante Sophie Camard (GRS) possède une très large avance avec 43,2% des voix, le double de Clémence Parodi candidate pour le RN (21,6%) qui la suit. Derrière, l’écologiste dissident Sébastien Barles sous les couleurs de LFI (18,6%) et le porte-parole (Ren.) de Martine Vassal, Romain Simmaran (13,9%) complètent l’affiche.

    2e secteur

    2e et 3e arrondissements

    Après avoir emporté ce secteur en 2014 en s’alliant à Lisette Narducci, la candidate de la droite Solange Biaggi (LR) n’a pas réussi à passer la barre des 10% pour se maintenir. C’est donc une triangulaire qui oppose le maire sortant Anthony Krehmeier (39,5%) au candidat LFI Alladine Abdallah Salim (27,6%) et à la responsable du RNJ Marie Bermejo (18,38%). Sans grosses réserves de voix, seul un changement dans la participation (59,8% d’abstention au premier tour) pourrait bousculer l’ordre d’arrivée.

    3e secteur

    4e et 5e arrondissements

    Après avoir arraché le secteur à la droite en 2020, le Printemps marseillais confirme son implantation dans le secteur : avec 38,9% des voix, le maire sortant Didier Jau (EELV) obtient presque deux fois de plus de suffrages que l’ancien responsable Reconquête dans la Drôme, Thomas Battesti (20,2%) pour cette quadrangulaire. L’ancien maire Bruno Gilles (Hor.) n’arrive que 3e (16,9%), à moins de 100 voix devant la candidate LFI Léa Bijaoui (16,6%) qui peut espérer le report des voix de Révolution permanente (7,3%). La scission du NPA, qui dit comprendre ceux qui feront le choix d’un vote RN, a apporté un soutien « critique et sans illusion » aux insoumis.

    4e secteur

    6e et 8e arrondissements

    Dans ce secteur où la participation est la plus élevée de toute la ville la maire sortante (MadMars) Olivia Fortin confirme son ancrage avec 36,6% des suffrages, faisant même progresser l’ensemble des voix de gauche. Elle peut compter sur les reports de voix de LFI qui reste juste en dessous la barre des 10%, de quoi lui offrir un boulevard de cette triangulaire qui l’oppose au co-responsable de l’UDR Jean-Baptiste Rivoallan (32,2%), parmi les premiers ralliés au RN, et à la présidente LR du groupe d’opposition Catherine Pila qui résiste mais reste derrière avec 17,6% des voix.

    5e secteur

    9e et 10e arrondissements

    La droite vacille sérieusement dans son secteur d’élection, déjà passé à l’extrême droite lors des dernières législatives. La présidente de LR 13 Laure-Agnès Caradec n’y obtient que 16,5% des voix, mais se maintient. Si Eléonore Bez est loin en tête (44,9%), le candidat du Printemps marseillais Pierre Huguet (28,77%) peut compter sur un report des voix de LFI (8,1%) et surtout sur le soutien de l’ancien maire (Ren.) Lionel Royer-Perreaut, bien implanté sur le secteur, pour jouer la surprise.

    6e secteur

    11e et 12e arrondissements

    Dans son fief, le maire sortant (LR) Sylvain Souvestre réalise le meilleur score de la droite (23,47%), insuffisant cependant pour devancer le candidat Yannick Ohanessian (PS) (26,67%), encore moins pour menacer le délégué du RN pour Marseille Olivier Rioult loin devant (43,81%). À gauche, les 6% de LFI n’apportent que peu de réserves de voix.

    7e secteur

    13e et 14e arrondissements

    C’est dans ce secteur que se joue la plus grande bataille. D’abord par le symbole : il est le seul à avoir été dirigé par le FN, et la gauche s’était désistée en 2020 pour permettre à la droite de battre l’extrême droite. Ensuite par les enjeux : le plus grand secteur de la ville par la population illustre aussi les difficultés de Marseille en matière de logements et de transports. L’ex-maire FN Sandrine d’Angio est loin devant (39,8%) mais la candidate du Printemps marseillais Tina Biard-Sansonetti (26,4%) peut compter sur les reports de voix de l’insoumis Mohammed Bensaada (13,1%) qui s’est retiré, ainsi que de Nora Preziosi (5,6%). La maire sortante (DVD) Marion Bareille (12,1%) s’est maintenue. Reste l’inconnue de la participation.

    8e secteur

    15e et 16e arrondissements

    Dans le secteur où le candidat LFI Sébastien Delogu avait été élu dès le premier tour aux législatives grâce à l’union de la gauche, sa candidate Rabyata Boinaheri n’arrive qu’en 3e position avec 23,8% des voix. Dans son fief, Samia Ghali est bien en tête (37%), suivie par le RN (29,2%), quand la droite fait son plus bas score (5,2%). Reste à savoir comment pèsera la participation, la plus faible au premier tour de la toute la ville (38,6%).

  • À Cogolin, l’extrême droite toujours debout malgré la fin de l’ère Lansade

    À Cogolin, l’extrême droite toujours debout malgré la fin de l’ère Lansade

    Aux mains de Marc-Etienne Lansade entre 2014 et 2025, jusqu’à sa condamnation à 5 ans inéligibilité en juillet, Cogolin bascule. Au premier tour, trois des quatre listes d’extrême droite – record en France -, menées par des (ex) proches de l’ancien maire, dont celle de sa successeuse Christiane Lardat n’ont pas franchi les 10%. La quatrième, menée par le RN Philippe Vallet, 3e du scrutin (18,76%), se retire et fusionne partiellement (trois candidats) avec celle de Pierre-Yves Tierce (Union des droites), qu’il justifie par ce qu’il considère comme un « flou entretenu entre la droite et la gauche » par la liste d’Isabelle Farnet-Risso (DVD), en tête au premier tour (33,88%, contre 29,2 pour Tierce).

    De quoi mettre à mal les déclarations de Pierre-Yves Tierce, prétendant n’avoir « aucun logo de parti ». Michael Rigaud, colistier d’Isabelle Farnet-Risso, affirme également que ce dernier, avec qui il avait échangé en décembre, avait demandé l’investiture du RN, accusant par ailleurs « Messieurs Tierce et Vallet d’avoir dilué les voix avec un accord de retrait au deuxième tour en cas de triangulaire pour avoir une chance de battre Isabelle Farnet-Risso. »

    Cette dernière, conseillère municipale d’opposition particulièrement active depuis 2020 face au clan Lansade, revendique « une liste apolitique, composée de personnes de toute tendance et opinion, unis par une conviction simple : “servir et ne pas se servir.” ».