Tag: Renaud Muselier

  • Convention annuelle des maires : une décentralisation sans délier la bourse

    Convention annuelle des maires : une décentralisation sans délier la bourse

    En toile de fond de cette convention annuelle des maires, le sujet brûlant de la décentralisation et « la nécessité » de redonner de l’efficacité et de l’indépendance à l’action locale, rappelle à plusieurs reprises Renaud Muselier (Ren.). Le président de la Région Sud, à l’initiative de ce rendez-vous, a fédéré, ce jeudi dans l’amphithéâtre du Grand théâtre de Provence, plus de 400 maires et 650 communes représentées.

    En invité d’honneur : Gérard Larcher, président (LR) du Sénat, représentant des collectivités territoriales. Alors qu’en septembre, le Premier ministre a annoncé sa volonté de mettre en place un « grand acte de décentralisation », le président de Région et le président du Sénat ont annoncé proposer « dans les prochaines semaines » un texte de loi « complet », destiné à ouvrir un « vrai acte de décentralisation ».

    Gérard Larcher a précisé à la presse : « Il n’y a pas encore de plan. Nous allons attendre les propositions du gouvernement. Le Sénat a adressé sa contribution (…). Aujourd’hui, nous attendons le retour du gouvernement. Ce que l’on veut est une loi simple, à horizon bref (…), qui clarifie et simplifie les relations entre l’état, l’intercommunalité et la commune, l’état et le département, l’état et la Région. » Mais sans transfert des moyens financiers, les compétences risquent de rester théoriques, fragilisant l’autonomie locale, avec une rupture dans l’égalité entre les territoires de la République.

    Déroulé de propositions

    Dans un second volet, consacré à la gestion locale et à la « simplification » des actions pour les élus sur leurs territoires, Gérard Larcher a déballé une série de pistes et quelques mesures, réitérant son soutien explicite à ces élus locaux, « pôle de stabilité de notre pays ». Le tout « alors que le gouvernement demande aux collectivités un effort de 4,6 milliards d’euros (…), nous avons indiqué la semaine passée, en commission des finances, que c’était inacceptable », indique le président du Sénat face à une foule d’édiles.

    Gérard Larcher a, entre autres, avancer la proposition de réduire de moitié la compensation de l’abattement de 50% des valeurs locatives industrielles. Il est aussi favorable « à l’instauration d’un guichet unique, avec des dossiers instruits par le préfet du département ».

    D’ici le 9 décembre à l’Assemblée, poursuit le président du Sénat, la proposition de loi sénatoriale visant à accorder le statut « d’élu local » pourrait voir le jour, permettant « une meilleure conciliation vie privée, vie professionnelle et mandat ».

    Pour les maires, le Sénat examinera, le 1er décembre prochain, le projet d’une loi qui permettra aux maire et présidents d’intercommunalités « de créer un service de police municipale à compétence élargie ».

    Ils ont dit

    Dominique Santoni, présidente LR du département de Vaucluse

    « Gérard Larcher a rappelé une réalité que je partage pleinement. Cette nouvelle phase de décentralisation, ce n’est même plus une option, c’est une véritable nécessité. Le territoire et les élus de proximité savent prendre les décisions pertinentes, pourvu qu’on leur donne les moyens. Je suis pour cette nouvelle phase de décentralisation, il faut qu’on ait un État qui soit effectivement un partenaire stratégique, mais surtout qui fasse davantage confiance aux collectivités. Cela peut venir vite, parce que je crois qu’on est tous prêts, aujourd’hui, à assumer davantage de responsabilités. »

    Joël Levi-Valensi, maire SE de Saint-Cannat (Bouches-du-Rhône)

    « Les contraintes budgétaires, c’est une véritable problématique. Je me suis engagé sur mon mandat public, comme dans ma lutte professionnelle dans la fonction publique territoriale, car je croyais fermement à cet élan de décentralisation qui a touché les communes dans les années 1980 jusqu’aux années 2000-2005. Je suis très heureux d’entendre le président du Sénat, Gérard Larcher, annoncer que les sénateurs vont faire la promotion d’un acte de décentralisation fort, parce que je pense qu’il faut que ce soit la proximité qui gouverne. »

    Pierre Gonzalvez, maire LR de L’Isle-sur-la-Sorgue (Vaucluse)

    « Le Vaucluse est l’un des départements les plus pauvres de France, et on est au milieu d’une région qui est riche (…). Cela pose quand même la question de la répartition de ces richesses au niveau régional. (…) On a quand même beaucoup de salariés qui travaillent sur Iter ou autres, et qui génèrent et créent de la richesse du côté du département des Bouches-du-Rhône. On n’est pas jaloux, mais quand on voit les financements qu’on a de ce côté, et de l’autre, les difficultés dans notre département – où une majeure partie du budget est injectée dans le social – on voit les difficultés que l’on a à financer nos projets. Donc, y aura-t-il un jour une véritable réflexion sur un système permettant de mieux répartir les richesses régionales entre tous les départements ? »

  • Largement soutenu, Bernardini inaugure sa permanence à Istres

    Largement soutenu, Bernardini inaugure sa permanence à Istres

    L’avenue Hélène Boucher est la rue des élections municipales. Samedi 22 novembre, le maire candidat François Bernardini (DVG) a inauguré sa permanence de campagne au 14, à quelques mètres seulement de celle de son « voisin de palier » et principal opposant politique Robin Prétot (LR). Malgré le vent glacial, plus d’une centaine d’habitants se sont réunis pour soutenir l’édile.

    Sur l’estrade, François Bernardini était entouré de son mentor, le président du conseil régional de 1981 à 1985 Michel Pezet (PS), des maires de Fos-sur-Mer et de Port-Saint-Louis-du-Rhône René Raimondi (ex-PS) et Martial Alvarez (DVD), ainsi que du sénateur communiste Jérémy Bacchi. « Devant tant de personnes issues de courants différents, on peut se dire : “Quelle bouillabaisse !”, reconnaît l’élu. Ce n’est que la traduction véritable de tout ce que j’ai pu initier depuis 2008 et qui a permis d’emporter des gens différents dans un esprit commun avec une valeur essentielle qui est celle de la loyauté envers un programme et une ville ».

    Suzelle Ayot, élue à Istres et conseillère régionale, a délivré un message de la part de son président Renaud Muselier (Ren) : « Istres mérite de garder François Bernardini à sa tête. Vous avez un grand maire. C’est un bâtisseur, un visionnaire reconnu comme celui qui a transformé sa ville comme personne ».

    C’est justement ce que lui reproche son adversaire Robin Prétot, qui a fait du ralentissement de l’urbanisation son cheval de bataille. En mars 2026, ce sont ces deux visions de la ville qui vont s’affronter. Martial Alvarez assure : « Dans cette période confuse, (…) on a besoin d’un capitaine, d’un vieux briscard, de quelqu’un capable de porter de négociations fortes ». L’expérience suffira-t-elle à François Bernardini pour rester « indéboulonnable », comme Renaud Muselier le dit ?

  • Lutte contre le narcotrafic : Marseille attend des réponses concrètes

    Lutte contre le narcotrafic : Marseille attend des réponses concrètes

    Une semaine après l’assassinat de Mehdi Kessaci, sur un parking à proximité de l’hôtel du département des Bouches-du-Rhône, Laurent Nuñez, le ministre de l’Intérieur, et Gérald Darmanin, le ministre de la Justice, débarquent à Marseille. Une visite demandée par le président de la République. Lors de la réunion d’urgence mardi à l’Élysée, Emmanuel Macron avait appelé à poursuivre et amplifier la lutte contre les narcotrafics.

    Durant la journée, les deux hommes se rendront au Baumettes, rencontreront Benoît Payan, le maire (DVG) de la ville, puis les magistrats de la juridiction interrégionale spécialisée et les autorités judiciaires et des forces de sécurité intérieure, pour des « réunions de travail » sur la criminalité organisée et le narcotrafic. L’après-midi, un temps d’échange avec la famille Kessaci est prévu avant une étape à l’Évêché pour rencontrer les enquêteurs et chefs de service.

    Services publics

    En visite aux Émirats arabes unis, le garde des Sceaux a réclamé l’extradition d’une quinzaine de narcotrafiquants présumés recherchés par la France. Depuis janvier, quatorze ont été interpellés puis extradés dans l’Hexagone pour y être incarcérés et jugés, précisait-il. Mais l’attente est surtout grande dans la deuxième ville de France où une marche blanche est organisée samedi.

    Si Marseille est régulièrement secouée par des narcomicides sur fond de guerre pour le contrôle des points de deal, l’assassinat de Mehdi Kessaci, un « crime d’intimidation inédit » selon les mots de Laurent Nuñez, soulignant implicitement que son frère Amine, militant engagé dans la lutte contre les narcotrafics était visé, a marqué « un point de bascule ». Mercredi, au lendemain des obsèques de son frère, dans une tribune au Monde le matin puis le soir au JT de 20h de France 2, ce dernier a appelé à ce que « la révolte (…) soit durable », réaffirmant sa volonté de ne pas se taire.

    Dans son sillage, le maire de Marseille a appelé les Marseillais à se joindre en nombre à cette marche : « C’est une marche pour la dignité en mémoire de Mehdi Kessaci, c’est une marche pour la justice et l’État de droit. Et je dis aux Marseillais et aux Marseillaises n’ayez pas peur, justement parce que cet assassinat inqualifiable est fait pour qu’on se cache. Il faut qu’on soit nombreux, déterminés ! Il faut montrer que Marseille est une ville rassemblée. »

    Benoît Payan attend aussi des réponses concrètes de cette visite ministérielle. Notamment un véritable renforcement des moyens : « L’assassinat de Mehdi nous dit aussi autre chose. Cette fois, c’est l’État qui est défié. Même si je ne fais pas le tri entre les morts, il nous dit que la République doit être présente et faire son retour partout. Le service public doit être dans tous les quartiers, la police et les magistrats bien sûr, mais tous les services publics. À chaque fois que la République baisse la tête, les narcotrafiquants s’installent. »

    « On est passé dans une autre dimension ! Les narcotrafiquants, par leurs assassinats, rackets et pressions de toutes sortes, veulent prendre le pouvoir sur les lois de la République », a réagi de son côté Renaud Muselier. Rappelant les résultats concrets apportés entre 2024 et 2025 dans la lutte contre les narcotrafics, le président (Ren.) de la Région n’avait pourtant pas boudé en début d’année la suppression d’un préfet de police de plein exercice, décidée par Bruno Retailleau. En mars, l’ex-ministre (LR) de l’Intérieur avait confié la fonction au préfet de région, Georges-François Leclerc, parti depuis diriger le cabinet présidentiel à l’Élysée.

    Doctrine et plein exercice

    Une situation que le maire de Marseille regrette, allant plus loin dans sa critique. « Ça ne fait pas tout et tout ne s’est pas arrêté, il y a eu des résultats ces dernières années », tempère Benoît Payan rappelant que le nombre de narcomicides est passé de 49 en 2023 à moins d’une dizaine cette année : « Mais les policiers sont des agents du service public aussi, des fonctionnaires de l’État qui ont besoin de moyens. Ils ont besoin d’être payés correctement, ils ont besoin de renforts, de matériel et ils ont besoin d’avoir des idées claires et un cadre. Avoir enlevé un préfet de police de plein exercice à Marseille, en pleine bataille contre les narcotrafics, ça n’a pas de sens. »

    Sur le fond, le maire déplore aussi « la doctrine d’emploi des forces de l’ordre », estimant avoir observé malgré ces résultats, « un relâchement sur la question du narcotrafic ». Il regrette notamment que « l’accent ait été mis sur de la poursuite de personnes en situation irrégulière », évoquant les 7 500 OQTF délivrées sur l’année pour la seule ville de Marseille.

    Et de pointer la création tardive du Parquet national anticriminalité organisée qui va voir le jour, à l’instar des parquets national antiterroriste et financier. Une demande formulée en 2021. « Pas par plaisir. J’ai juste considéré que c’était une nécessité voyant ce qui se passait dans cette ville », coupe Benoît Payan. « Peut-être faut-il écouter les maires. Tous les maires. Quand on parle de nos villes, on sait de quoi on parle. Même si l’État était là à Marseille et c’est pas moi qui vous dirai le contraire, sur cette question-là, sa création le 1er janvier 2026 arrive un peu tard. »

    La réforme de la PJJ dans le viseur

    En réponse à l’appel d’Emmanuel Macron, à « amplifier » la lutte contre le trafic de drogue, l’Association nationale de la police judiciaire (ANPJ) réclame dans un communiqué la création en « urgence » d’une direction générale de la police judiciaire « forte, rassemblée et connectée, à l’image de la DGSI (Direction générale de la sécurité intérieure). » Pour l’ANPJ, « cette bascule dans le narcoterrorisme était prévisible ». Estimant que les « pouvoirs publics se montrent incapables d’anticiper et d’endiguer un phénomène désormais structurel », l’association considère que « la réforme de la police judiciaire a été, elle aussi, un point de bascule. Celui de la déconstruction du seul service de police capable de poursuivre une lutte efficace contre la très grande criminalité à l’échelle nationale. »

    L.M.

  • Ces entreprises qui investissent dans la région Sud

    Ces entreprises qui investissent dans la région Sud

    Les entreprises tricolores sont à l’honneur. Habituellement destiné à attirer des investissements étrangers, le 9e sommet Choose France, qui s’est ouvert lundi 17 novembre à la Maison de la chimie à Paris, se décline pour la première fois en version française pour encourager quelque 150 boîtes qui choisissent d’investir dans l’hexagone malgré un contexte international compliqué, en particulier dans les secteurs stratégiques de l’industrie. Au total, un peu plus de 30 milliards d’euros d’investissements sont valorisés, dont 9,2 milliards dans de nouveaux projets. Du côté de la région Sud, huit projets représentant 2 milliards d’euros sont mis en avant.

    Parmi eux, Airbus  Helicopters, qui investit 600 millions d’euros pour moderniser et augmenter la production de son site de Marignane qui compte aujourd’hui 8 500 salariés. Intégré au Pacte Sud Avenir Hélico, ce projet pourrait créer jusqu’à 5 700 emplois supplémentaires d’ici 2032.

    Total La Mède figure également sur la liste. Le géant de la pétrochimie ambitionne de créer une unité d’hydrogène renouvelable d’une capacité de 25 000 tonnes par an en partenariat avec Air Liquide afin de décarboner l’hydrogène utilisé sur sa plateforme de Châteauneuf-les-Martigues, pour un coût total de 150 millions d’euros.

    Un moteur de la réindustrialisation

    L’usine d’acier bas-carbone GravitHy portée par un consortium d’acteurs internationaux, qui représente un investissement de 2,2 milliards d’euros et bénéficie d’une avance remboursable de 800 000 euros de la Région Sud, fait office d’exemple de projet novateur lors de ce sommet. L’usine devrait créer 3 000 emplois (dont 500 directs) et produire 2 millions de tonnes par an de minerai de fer pré-réduit, contribuant à la décarbonation de la filière acier. Le démarrage des travaux est prévu d’ici 2026-2027, pour une mise en production commerciale autour de 2029.

    Devant cette vitrine, Renaud Muselier, président de la Région Sud (Ren), fait part de sa fierté : « Ici en Provence-Alpes-Côte d’Azur, le développement durable crée de l’emploi, l’industrie se décarbone et l’innovation se développe. Grâce à la mobilisation de risingSUD et de nos partenaires, nous faisons de la région un moteur de la réindustrialisation française. »

    Car l’agence d’attractivité et de développement économique de la Région et la collectivité accompagnent également d’autres investissements stratégiques pour renforcer la souveraineté économique du territoire. La start-up française spécialisée dans l’aéronautique Hynaero jouit de ce soutien pour l’installation de son usine d’assemblage de l’avion amphibie bombardier d’eau « Frégate F-100 » à Istres. Le projet bénéficie de 7 millions d’euros de soutien public via France 2030, pour un investissement global d’environ 1 milliard d’euros.

    Du côté de Fos-sur-Mer, Elyse Energy, via son projet Neocarb, est aussi accompagnée par la Région et risingSUD pour implanter une giga-usine de carburants de synthèse bas-carbone destinée à verdir le transport maritime et aérien. Avec un investissement de plus d’1 milliard d’euros et la création de 600 emplois directs et indirects, le projet prévoit une mise en service en 2030.

    Depuis 2 ans, risingSUD dévoile le bilan des investissements français dans la région. En 2024, la région avait ainsi attiré 1 487 nouveaux projets, permettant la création de 9 357 emplois.

  • L’industrie ouvre une halle immersive pour recruter à Istres

    L’industrie ouvre une halle immersive pour recruter à Istres

    « Il faut rendre l’industrie désirable », répète à qui veut l’entendre Pascal Kuhn, directeur du site marignanais d’Airbus Helicopters et président de l’Union des industries et métiers de la métallurgie (UIMM) Alpes-Méditerranée. Ce lundi 17 novembre, le secteur fait un pas de plus vers cet objectif en inaugurant sa toute nouvelle halle immersive 360° au sein du CFAI d’Istres, alors que s’ouvre la 14e édition de la Semaine de l’industrie.

    C’est au premier étage du pôle de formation sud de l’UIMM que les publics peuvent désormais découvrir ce lieu innovant. Après avoir franchi le pas de la porte, un premier espace interactif dédié à la découverte des métiers se dévoile. Les visiteurs peuvent pianoter sur les écrans pour se familiariser avec les filières et entreprises qui embauchent localement – telles que l’aéronautique, la sidérurgie, la défense ou la chimie – avant de passer dans un couloir consacré à l’expérimentation. Là, plusieurs outils sont à disposition : le jeu vidéo Forindustrie, un atelier pour choisir l’intensité du vent et l’orientation des pales d’une éolienne ou encore un poste à souder virtuel pour s’essayer au procédé d’assemblage… Équipée d’un écran incurvé, une dernière salle présente des témoignages vidéo de travailleurs et de travailleuses du bassin industriel.

    Imaginée avec France Travail, la halle est un outil à destination des scolaires mais surtout des demandeurs d’emploi. Jean-Pierre Dos Santos, le directeur du CFAI d’Istres, explique : « Ça permet de démystifier les métiers de l’industrie de manière rapide et démonstrative. Un travail de fond est ensuite fait avec des services publics de l’emploi comme l’Apec, Cap avenir, la Maison de l’emploi ou les missions locales pour assurer un accompagnement social du bénéficiaire dans sa recherche, son évolution ou sa reconversion. »

    Un besoin en main-d’œuvre grandissant

    Cette halle immersive s’inscrit dans le Contrat d’objectif sectoriel. Créé pour renforcer l’adéquation entre l’offre de formation et les défis du marché du travail, cet outil comprend deux autres piliers que présente Jean-Pierre Dos Santos : « Le parcours industrie avec l’Éducation nationale pour travailler sur l’attractivité des jeunes à partir de la 5e jusqu’en seconde pour pouvoir redonner du sens à la voie professionnelle, qui est aujourd’hui remplie à 50%. (…) Le troisième volet s’attaque à l’enseignement supérieur avec le plan de Renaud Muselier qui vise à diplômer 1 000 ingénieurs supplémentaires par an d’ici 2030. »

    Dans la région, les enjeux sont grands. Selon la Chambre de commerce et d’industrie Aix-Marseille-Provence, l’industrie pèse pour 32% de l’emploi salarié privé, soit environ 467 000 emplois directs et induits. Et le secteur va se développer dans les années à venir, rappelle Sébastien Debeaumont, directeur de la Direction régionale de l’économie, de l’emploi, du travail et des solidarités : « 15 milliards d’euros d’investissements publics et privés sont annoncés d’ici 2030-2040, si tous les projets portés se réalisent c’est 10 000 emplois supplémentaires créés et donc le défi à relever collectivement est de répondre à ce besoin de main-d’œuvre en suscitant des vocations ou en amenant progressivement les demandeurs d’emploi et les personnes en reconversion à s’intéresser à ces métiers. » Sans oublier les « 60 000 personnes qui seront recrutées pour remplacer les départs à la retraite », précise Pascal Kuhn.

    Linda Khenniche, directrice régionale adjointe de France Travail est confiante : « Ce sont ces lieux un peu différents, ces formats ludiques et attractifs qui permettent la rencontre des candidats avec les recruteurs. »

    Les rendez-vous de la semaine de l’industrie

    Féminiser les métiers

    Tout au long de la semaine de l’industrie, des groupes comme Eiffage, CMA CGM, CS Group ou Vinci ouvrent leurs portes à des étudiantes, lycéennes et collégiennes pour des journées dédiées à la féminisation du secteur. Avec ateliers et rencontres de travailleuses de l’industrie.

    Forum régional de l’industrie

    Une trentaine d’entreprises majeures de la maintenance industrielle, des industries aéronautique, navale et nucléaire donnent rendez-vous aux visiteurs et curieux le jeudi 20 novembre, de 14h à 17h, au pôle d’activités Yvon-Morandat à Gardanne.

    Visite de la centrale EDF de Martigues

    Lundi 24 novembre, la centrale thermique, en service depuis 2012, organise une visite d’1h30 sur inscription. À noter que les cycles combinés gaz de Martigues sont les premiers construits en France en utilisant une partie des installations de l’ancienne centrale au fioul.

    Une conférence sur la 5G

    Mercredi 26 novembre, à 9h, une conférence présentera les résultats d’une expérimentation menée au Technocentre Henri-Fabre à Marignane. Un rendez-vous pour comprendre comment la 5G privée peut améliorer la performance et la connectivité dans les ateliers industriels.

  • La piste d’une exécution pour semer la terreur

    La piste d’une exécution pour semer la terreur

    L’assassinat, jeudi, du frère d’un militant écologiste menacé de mort pour avoir dénoncé l’emprise du narcotrafic sur la cité phocéenne est unanimement interprété comme un cap franchi dans l’horreur. Le garde des Sceaux, Gérald Darmanin, voit aussi dans ce drame « un point de bascule effrayant qui doit faire prendre conscience du danger de cette mafia du narcobanditisme à l’ensemble de la société française ». Car cet assassinat s’inscrit, selon lui, « probablement dans la stratégie de terreur et d’intimidation contre tous ceux qui, courageusement, luttent contre le narcotrafic ».

    Le jeune homme de 20 ans a été abattu, jeudi à 14h30, de plusieurs balles de 9 mm par un commando à moto alors qu’il stationnait devant la pharmacie du rond-point Claudie d’Arcy (4e). Le corps de Mehdi a été autopsié, vendredi, à l’institut médicolégal de la Timone. Le garçon était « absolument inconnu des services de police et de la justice », a redit le procureur de la République, Nicolas Bessone. Ce dernier n’exclut pas l’hypothèse d’un « assassinat d’avertissement », un crime par procuration dirigé contre son frère Amine Kessaci, 22 ans, militant écologiste qui a fondé l’association Conscience pour venir en aide aux familles victimes du narcotrafic, après l’assassinat d’un premier frère, Brahim, 22 ans, tué fin 2020. Il avait interpellé Emmanuel Macron, en 2021, venu lancer « Marseille en grand », pour lui demander de prendre en considération les habitants. Amine venait de sortir, le mois dernier, le livre Marseille, essuie tes larmes, centré sur l’exécution de son premier frère et qui fustigeait le narcotrafic et la carence de l’état à défendre les habitants victimes premières dans les cités.

    « Une jeunesse fauchée par une violence sans limite »

    « Si l’enquête confirme qu’il s’agit d’un assassinat d’intimidation, une volonté de faire taire Amine, nous passons collectivement dans une autre dimension et cela est très préoccupant », a réagi le maire de Marseille, Benoît Payan (DVG), venu la veille sur la scène de crime soutenir des membres de la famille, dont la mère et la tante d’Amine.

    Ce sentiment est partagé par la fédération du PCF 13 : « L’idée même qu’un assassinat d’avertissement soit envisagé par le parquet montre à quel point la violence a franchi un seuil intolérable », écrit la fédération, horrifiée de voir « cette jeunesse fauchée par une violence sans limite dans une société qui accumule les problèmes et où les inégalités se creusent ». Cette tragédie est « la conséquence d’un désengagement continu de l’État, qui laisse nos quartiers sans moyens, sans prévention, sans perspectives ».

    « Nous ne céderons rien face à l’intolérable », déclare la préfète de police Corinne Simon, qui « réaffirme la détermination totale de l’État » à retrouver les auteurs et les présenter à la justice. L’enquête pour « assassinat en bande organisée », confiée à la Division de la criminalité organisée et spécialisée, est une « priorité ». Une « trentaine d’enquêteurs » sont mobilisés, indique le parquet. Vendredi, la moto des auteurs a été retrouvée incendiée dans le 13e arrondissement.

    « Amine n’est pas un simple militant », se dresse Katia Yakoubi, sa colistière d’Europe Écologie aux dernières élections européennes : « C’est un jeune qui s’est levé avec courage pour dénoncer la violence du narcotrafic et défendre l’honneur de notre ville. Il a écrit, témoigné, mobilisé. Et parce qu’il ose parler, il vivait sous protection, menacé de mort. » Le président de Région, Renaud Muselier (Ren.), a aussi souligné que ce « terrible drame » touche la famille d’un « acteur politique de Marseille ».

    Amine et sa mère bénéficient d’une protection du ministère de l’Intérieur depuis août et Amine a dû quitter Marseille. « S’il est démontré que c’est une expédition punitive pour intimider ceux qui se plaignent de la mainmise des narcotrafiquants sur la cité phocéenne, il n’y a alors plus de limites », répond Me Mathieu Croizet, conseil d’Amine, constitué partie civile dans la procédure visant à conduire sept personnes devant les assises pour l’assassinat de son premier frère, en 2020.

  • Renaissance officialise son soutien à Martine Vassal, à Marseille

    Renaissance officialise son soutien à Martine Vassal, à Marseille

    Et de trois. Un mois et demi après avoir reçu l’investiture des Républicains (notre édition du 24/09) et une semaine avoir reçu celle du parti Horizons, la commission nationale d’investiture de Renaissance a officialisé, ce mercredi soir, à l’unanimité, son soutien à la candidature de Martine Vassal (DVD) pour les municipales à Marseille.

    « La dynamique d’unité de la droite, du centre, des écologistes raisonnables et des sociaux-démocrates se renforce », célébrait dans la foulée le président (Ren.) de la Région Sud, Renaud Muselier, qui a mené le travail de négociation en tant que pilote municipal pour le parti présidentiel.

    Les instances locales de Renaissance avaient déjà apporté à la candidate leur soutien, tandis que celle-ci avait approuvé, le 1er octobre dernier, l’essentiel des 26 propositions soumises par les militants ainsi que leur charte des valeurs, interdisant toute alliance avec l’extrême droite. « J’aurais pu l’écrire », jurait-elle alors (notre édition du 02/10).

    « Un engagement a été pris par la candidate pour une bonne représentation de nos candidats dans les équilibres de la liste centrale, comme dans les listes de secteur », souligne le communiqué national de Renaissance, qui indique que Renaud Muselier, président du comité de soutien de Martine Vassal, « sera le garant de cet engagement politique ».

    « Ce sont les cadres de Renaissance à Marseille qui ont beaucoup œuvré pour ce soutien, souligne le porte-parole de la candidate, Romain Simmarano. Nous avons travaillé sur le fond avant les places, pour que ce ne soit pas un accord opportuniste. » S’il assure que le temps de la constitution des listes n’est pas encore venu, « le poids électoral de Renaissance se retrouvera de façon équilibrée », défend le président du collectif Une Génération pour Marseille. Alors que cette investiture intervient après des frictions au sein des composantes de la droite, il insiste : « Dans tout mariage, il faut du respect. » Reste désormais notamment au Modem et à l’UDI d’apporter leur soutien.

  • Salle comble pour le départ du préfet Georges-François Leclerc

    Salle comble pour le départ du préfet Georges-François Leclerc

    À ses côtés, Benoît Payan, maire DVG
    de Marseille, Martine Vassal, présidente DVD du Département et de la Métropole, et Renaud Muselier, président Renaissance de la Région Sud, ont tour à tour salué son engagement pendant les 10 mois durant lesquels il a exercé ses fonctions. Refusant les caricatures faites de lui, le préfet Leclerc a néanmoins estimé que « dans l’action publique, il faut une certaine autorité ». « Merci pour ce que vous m’avez appris », a-t-il conclu.

  • La liaison Est-Ouest d’Avignon n’est pas pour tout de suite

    La liaison Est-Ouest d’Avignon n’est pas pour tout de suite

    Le Contrat plan État Région fait des heureux, mais aussi des déçus. Si les Hautes-Alpes et les Bouches-du-Rhône sortent gagnantes de cet avenant « il y a aussi des amis qui ont été peut-être moins dotés au niveau pécuniaire », admet le ministre des Transports Philippe Tabarot (LR), comme le Var, les Alpes-Maritimes ou le Vaucluse, où la liaison Est-Ouest (LEO), qui doit permettre de réduire le trafic routier sur tout le sud d’Avignon, ne sera pas financée.

    Pascale Bories dénonce un nouveau recul

    « Bien sûr que désenclaver Avignon reste un objectif pour tous, mais dès que tout le monde se sera mis d’accord, poursuit le ministre. On est sur une déclaration d’utilité publique qui date de 2003 et on n’a toujours pas de tracé où les uns et les autres arrivent à se mettre d’accord. Pour toutes ces raisons, je pense qu’il y a encore besoin de laisser mûrir certaines échéances. » Renaud Muselier avance une explication plus simple : « La maire n’a pas voulu que ça se passe. »

    Dans un communiqué, Pascale Bories, maire (LR) de Villeneuve-lez-Avignon et conseillère départementale du Gard, s’est émue du « transfert » de crédits alloués au projet LEO, sachant qu’une 3e et dernière phase doit arriver dans le Gard via un nouveau pont sur le Rhône. « Je n’ai cessé avec mes collègues élus gardois de plaider en faveur de ce dossier structurant pour notre territoire », assure-t-elle, même si cela ne s’est pas traduit concrètement par des recherches de financement par le département du Gard ou de la région Occitane.

  • 1,8 milliard pour la desserte de la région Sud

    1,8 milliard pour la desserte de la région Sud

    Le dernier tour de piste de Georges-François Leclerc aura été auréolé de succès. Ce lundi 3 novembre, le préfet de Région, bientôt directeur de cabinet d’Emmanuel Macron, a signé l’avenant du contrat de plan État-Région (CPER) 2023-2027 qui porte les engagements des deux parties à 1,1 milliard d’euros pour atteindre 1,8 milliard d’investissements dans les transports du territoire, aux côtés de la Métropole, des Départements des Hautes-Alpes et des Bouches-du-Rhône ainsi que quelques privés. À ses côtés : le ministre des Transports Philippe Tabarot (LR), le président de la Région Sud Renaud Muselier (Ren), la présidente du Département des Bouches-du-Rhône et de la Métropole Martine Vassal (DVD) et le président du Département des Hautes-Alpes Jean-Marie Bernard (LR).

    Renaud Muselier salue cette somme « historique ». « C’est un contrat record boosté par les Jeux olympiques d’hiver qui va nous permettre d’accélérer le développement des transports régionaux », affirme-t-il. Et ce, principalement dans les Alpes, les Bouches-du-Rhône – qui capteront près de 50% des investissements, notamment dans le golfe de Fos-sur-Mer, « mais aussi plus largement dans tous les départements de la région ».

    Le CPER fait la part belle au rail, avec 47 millions d’euros dédiés au fret ferroviaire et 562 millions d’euros alloués à la partie voyageurs. « C’est une révolution pour tous les déplacements de la région, vous allez avoir des lignes rapides entre Marseille et Menton, des lignes de Marseille à Briançon en 3h40 au lieu de 5 heures, mais aussi des RER métropolitains sur Avignon, Marseille ou encore Nice avec un train toutes les dix minutes », détaille Renaud Muselier.

    Si le chantier principal reste la modernisation de la ligne ferroviaire des Alpes (voir ci-contre), qui devra être livrée avant 2030 avec l’échéance des Jeux olympiques d’hiver, le CPER permet aussi de traiter des « dossiers qui traînent depuis près de 50 ans », admet Renaud Muselier, comme le contournement autoroutier de Martigues et de Port-de-Bouc.

    Une condition au développement industriel

    Sur les 293,7 millions d’euros consacrés au volet routier, 167 millions iront à ce projet tant attendu par les habitants, mais aussi par le monde économique. Les maires concernés Gaby Charroux (PCF) et Laurent Belsola (PCF) disent leur satisfaction : « C’est un grand soulagement pour nos populations qui sont traversées par la RN 568 », confirme l’édile de Port-de-Bouc. D’un point de vue de la sécurité, d’abord, mais aussi du cadre de vie, puisque près de 1 500 habitants sont actuellement exposés à des nuisances sonores, dont plus de 800 à des niveaux critiques. « On cherche désormais à faire requalifier la deux voies en boulevard urbain par la Métropole pour pouvoir recoudre et apaiser nos villes », précise Gaby Charroux.

    Les travaux de cette nouvelle route, qui vise à délester l’actuelle voie rapide de près de 40 000 véhicules par jour (sur près de 52 000 en circulation actuellement), dont 4 600 poids lourds, devraient démarrer en 2027 pour une livraison en 2030. L’objectif de ce calendrier : être en mesure d’accueillir les nouvelles entreprises qui souhaitent s’implanter sur la zone industrialo-portuaire de Fos. « C’est une condition qui était nécessaire pour permettre à l’industrie existante de se maintenir, mais aussi pour assurer le développement de l’industrie du futur, explique Jean-Michel Diaz, président du Groupement maritime et industriel de Fos et sa région. Aujourd’hui, aux heures de pointe, il faut 45 minutes pour faire Châteauneuf-les-Martigues/Fos-sur-Mer, ce n’est pas acceptable. »

    Désormais, le représentant du monde économique se concentre sur l’étape d’après, la liaison Fos-Salon, « dont on espère qu’elle arrivera dans des délais raisonnables ». Les études de cette desserte sont en cours et sont inscrites dans le CPER. « C’est un vrai bol d’air pour les industriels car ils sont pris en considération par les acteurs du territoire. » Au-delà des 210 millions d’euros alloués aux routes par l’État et la Région, au total, 636,5 millions d’euros seront investis par les pouvoirs publics dans les années à venir dans des travaux visant à améliorer la desserte de la zone industrialo-portuaire de Fos, pour des mises en service dès 2030.