Tag: Renaud Muselier

  • Jean Castex inaugure la relance du train dans les Hautes-Alpes

    Jean Castex inaugure la relance du train dans les Hautes-Alpes

    « Stop à la sinistrose, vous avez un beau projet entre les mains, et vous allez le mener à bien ! » Arrivé en TER à 14h à la gare de Briançon, l’ex-Premier ministre, Jean Castex, est venu avec sa bonhomie caractéristique et un discours mobilisateur à l’heure de lancer le plan Performances ferroviaires dans les Alpes du Sud. Aux côtés du président de Région Renaud Muselier, du maire de Briançon, Arnaud Murgia et du président du Département Jean-Marie Bernard, le nouveau directeur de la SNCF a d’abord inauguré le pôle multimodal de la gare de Briançon. Un aménagement urbain destiné à mieux connecter les mobilités autour de la gare et la rendre plus accessible.

    Ce chantier à 20 millions d’euros est l’un des volets du plus vaste plan de modernisation ferroviaire dans les Alpes du Sud. Il vise à préparer le territoire à l’accueil des Jeux olympiques et paralympiques d’hiver de 2030, tout en modernisant les infrastructures ferroviaires des Hautes‑Alpes, un besoin réclamé depuis plus d’une décennie. « Depuis que je me suis engagé en politique dans ce département, je n’ai eu de cesse que d’entendre, pour seule problématique, le mot désenclavement », a rappelé Arnaud Murgia. Or, c’est bien pour montrer que l’action a désormais pris le pas sur les discours que le PDG de la SNCF a détaillé les grandes lignes du plan de performance ferroviaire lors d’une présentation à la mairie de Briançon.

    Le projet, d’un montant total de 342 millions d’euros, prévoit le renouvellement de 159 km de voie sur la ligne Aix‑en‑Provence–Briançon, le remplacement de 53 aiguillages, la régénération de 108 ouvrages d’art, la réouverture de deux points de croisement, ainsi que la modernisation de la signalisation. Dans les Hautes-Alpes, 40 millions d’euros seront spécifiquement consacrés à la rénovation des gares.

    Concernant l’augmentation de l’offre de trains de nuit, dont la fréquentation est en hausse, Jean Castex a indiqué attendre d’ici la fin de l’année les résultats de l’appel d’offres lancé par l’État. Celui‑ci doit permettre de mettre à disposition de la SNCF de nouvelles locomotives bi‑modes, électriques et diesel, adaptées au réseau ferré alpin, non électrifié entre Veynes et Briançon.

    Dissiper les doutes

    Renaud Muselier a loué l’opportunité que constituent les JO pour le département, estimant que les investissements liés à l’événement permettront de ressusciter une ligne « qui aurait très certainement fermé ». « Si on n’avait pas eu les JO, on n’aurait pas pu avoir ces aménagements structurels profonds pour nos infrastructures ferroviaires, a affirmé le président de Région. Sans ça, on aurait eu que des circulations routières sur le département, qui aurait été encore plus enclavé. »

    La journée a également été l’occasion de répondre aux inquiétudes exprimées par les élus et les usagers. Alerté par Gérard Martinez, maire de Saint-Léger-les-Mélèzes, sur le manque d’effectifs dans certaines gares, Jean Castex a tenu à rappeler que la SNCF est « en phase de création nette d’emplois en 2025 et en 2026 ». Jérôme Rebourg, vice-président de la Fédération nationale des usagers des transports (Fnaut), a lui suggéré de rouvrir les 22 km reliant Digne et Saint-Auban afin de recréer l’ancienne ligne Alpazur, de Nice à Genève, fermée en 1989. « La priorité est de solidifier l’existant, investir pour maintenir et améliorer les lignes qui existent », a répondu Jean Castex, tout en se disant « ouvert » à l’idée d’étudier la réouverture d’anciennes lignes.

  • La bataille pour les sénatoriales est lancée

    La bataille pour les sénatoriales est lancée

    Les élections sénatoriales ne se dérouleront que le 27 septembre prochain, mais ça s’agite déjà sur l’échiquier politique.

    C’est même le branle-bas de combat à droite et au centre. Après l’annonce de la candidature du président de la Région Sud, Renaud Muselier (Renaissance) pour un siège au Palais du Luxembourg, voilà que c’est la Marseillaise et ministre déléguée à l’Enseignement, Sabrina Roubache, qui envisage d’être candidate. L’information a été révélée par La Tribune Dimanche puis confirmée, ce lundi, par nos confrères de Marsactu.

    De quoi provoquer des remous dans le camp présidentiel. Renaud Muselier avait déjà jugé cette candidature « inamicale ». Il en rajoute une couche en invitant « le Premier ministre et le Président à s’occuper de cette affaire (…). On va voir qui sera ridicule dans cette histoire ». Autant dire que le groupe vit bien… Et, pour ajouter un peu de piquant, la sénatrice sortante Valérie Boyer (Les Républicains) a également annoncé être candidate à sa réélection dans Valeurs Actuelles, ce lundi. Cette dernière développe, sur le site de Public Sénat cette fois, être « ouverte à tout », dont à un accord avec Renaud Muselier. Lequel a d’ailleurs été élu via une large alliance des formations de la droite et du centre, et pourrait reproduire la manœuvre, ou pas. Il ne ferme d’ailleurs pas la porte à Valérie Boyer : « Pour additionner, il faut discuter. »

    Voilà qui contraste avec ses propos vis-à-vis de Sabrina Roubache. Une chose est sûre, c’est que l’Aixoise Brigitte Devésa (UDI) est aussi « candidate à sa réélection avec Renaud Muselier », confie-t-elle, ce mardi. Plus que ça, elle entend ne pas « descendre en dessous de la 4e place » sur la liste à venir. Et pour cause, il n’y a que huit sièges à se partager et, en 2020, la gauche avait raflé trois sièges, la droite trois, le RN avec Stéphane Ravier (il a quitté le RN depuis) et Jean-Noël Guérini (ex-PS) complétant l’affaire. « Ça se bouscule au portillon », résume le sénateur communiste Jérémy Bacchi. Qui s’inquiète : « Mais la multiplication des listes à droite pourrait favoriser l’extrême droite. »

    À gauche, le PCF plaide pour l’union

    Pour l’heure, les forces de gauche ne prennent pas le même chemin que leurs homologues de droite. « En 2020, on a conduit une liste d’union de la gauche entre communistes, socialistes et écologistes, qui a bien marché en faisant élire trois sénateurs de gauche dans le département », campe Jérémy Bacchi, sénateur communiste élu aux côtés de la socialiste Marie-Arlette Carlotti et de l’écologiste Guy Benarroche en 2020.

    Il note positivement que, depuis ce scrutin, il y a eu « une poussée de la gauche avec une augmentation du nombre d’élus à la faveur d’une union des forces de gauche aux municipales ». Ce qui implique donc une hausse du nombre de grands électeurs et conforte par là même les positions à gauche. « À titre personnel, je pense qu’il faut prolonger cette stratégie d’union qui s’est avérée gagnante pour la séquence sénatoriale. » Mais la prudence est de mise, puisque Jérémy Bacchi attend « les discussions souveraines au sein des communistes pour établir la stratégie et la représentation aux sénatoriales », avec une réunion prévue le 27 mai. En tout cas, on pourrait repartir sur le même trio sortant. Mais quid de Mireille Jouve, qui avait remplacé Jean-Noël Guérini, réélu sénateur en 2020 avant d’être déclaré inéligible par la justice ? « Je poursuis ce que j’ai entrepris depuis des années pour soutenir les communes […], je ne m’interdis rien », glisse-t-elle.

    Nul doute que les discussions sont loin d’être terminées pour ce scrutin.

  • Le projet Var Bleu pour sécuriser l’accès eau du territoire est lancé

    Le projet Var Bleu pour sécuriser l’accès eau du territoire est lancé

    Face aux sécheresses répétées et à la pression croissante sur la ressource en eau, la Région Sud, le Département du Var et la Société du canal de Provence (SCP) ont officiellement lancé, jeudi 30 avril à Rians, le programme Var Bleu. Présenté comme « le grand réseau de l’eau » du territoire, ce projet structurant vise à garantir, sur le long terme, l’accès à l’eau potable, l’irrigation agricole et la protection contre les incendies dans un département particulièrement exposé au changement climatique.

    Liaison permienne

    « En Région Sud, nous faisons face à des sécheresses plus fréquentes, plus longues, qui mettent sous tension l’ensemble des usages. Dans ce contexte, agir n’est plus une option : c’est une responsabilité », souligne Renaud Muselier, président (Ren.) de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur, rappelant que Var Bleu s’inscrit dans la continuité du Plan Or Bleu, lancé par sa collectivité pour préserver la ressource en eau. L’objectif est clair : « Préserver les besoins essentiels, de l’eau potable à l’agriculture, en passant par la protection contre les incendies. »

    Jean-Louis Masson, président (LR) du Conseil départemental du Var, insiste sur la dimension de solidarité territoriale du programme. « J’ai souhaité que les sujets de la gestion et de la préservation de l’eau soient au cœur de l’action de proximité du Département auprès des Varois », rappelle-t-il, évoquant la démarche Var Eau 2050 et le plan Var Eau Solidaire, adopté en 2025. Sa collectivité a d’ores et déjà engagé 20 millions en 2026 et 2027 pour sécuriser les ressources et promouvoir les économies d’eau, avec plus de 500 000 euros attribués depuis janvier à 11 communes et intercommunalités.

    Au cœur de Var Bleu, une nouvelle infrastructure hydraulique majeure : la liaison permienne. Plusieurs solutions d’aménagement sont à l’étude ; le scénario privilégié à ce stade consiste en une adduction de 52 km qui relierait Belgentier à Vidauban, en traversant le sillon permien. Cet ouvrage permettra de transférer une partie des ressources stockées dans les barrages du Verdon vers les territoires varois, via la branche varoise du canal de Provence, en complément – et non en substitution – des ressources locales. « L’objectif n’est pas de remplacer les ressources existantes, mais de les soulager en période de tension forte », précise la SCP, gestionnaire historique du canal de Provence depuis près de 70 ans.

    Enquête publique en 2030

    Sa présidente insiste sur la philosophie générale du projet : « Var Bleu, c’est d’abord une vision, fondée sur la solidarité entre les territoires, la sobriété des usages et la préservation des milieux naturels. » Le programme repose sur trois piliers : une infrastructure de transport d’eau, le déploiement de réseaux multi-usages à l’échelle locale, et des actions concrètes pour économiser la ressource. À terme, près de 60 communes supplémentaires et 15 000 hectares agricoles pourraient être raccordés.

    Avant le lancement des travaux, Var Bleu prévoit une large concertation : une phase préalable s’ouvre en 2026 et 2027 pour la liaison permienne, une enquête publique en 2030, et un dialogue continu avec les collectivités pour les réseaux de proximité. Le coût global du programme est estimé à 335 millions d’euros, dont 140 millions pour l’infrastructure principale. Un investissement d’ampleur, présenté par les élus comme indispensable pour « préparer l’avenir » d’un département confronté, dès aujourd’hui, aux limites de la ressource en eau.

  • JO-2030 : décision attendue en fin de semaine pour le pôle niçois

    JO-2030 : décision attendue en fin de semaine pour le pôle niçois

    « On est sur un fil, mais le fil est toujours tendu et on n’est pas tombés du fil. On a la semaine », a déclaré Renaud Muselier, lundi soir, à l’issue d’une réunion entre les différentes parties prenantes de l’organisation des Jeux olympiques d’hiver prévus pour se dérouler dans les Alpes françaises.

    Vendredi, le dossier semblait pourtant dans l’impasse, Renaud Muselier et Éric Ciotti, le nouveau maire de Nice, s’accusant mutuellement de tout bloquer.

    Nice doit théoriquement accueillir le patinage artistique, le hockey sur glace, le short-track et le curling ainsi qu’un village olympique et un centre des médias. De son côté, le Comité d’organisation (Cojop) a indiqué que « les parties prenantes ont convenu d’un commun accord de poursuivre l’examen technique des hypothèses en matière d’implantation et de financement permettant d’accueillir à Nice les épreuves de glace, dans le strict respect des enveloppes budgétaires. Une nouvelle réunion du groupe de travail se tiendra dans le courant de la semaine », selon un communiqué. « Je me réjouis de ces avancées positives », a déclaré Éric Ciotti à l’AFP.

    « Ligne rouge »

    « Tout est OK, sauf le hockey », a répété Renaud Muselier. Car pour Éric Ciotti, le projet de couvrir temporairement le stade de football de l’Allianz Riviera pour accueillir le tournoi de hockey, ce qui priverait l’OGC Nice de son stade pendant plusieurs mois, reste « une ligne rouge absolue ».

    « Tout le monde a un peu travaillé ce week-end et les options alternatives de M. Ciotti ont été présentées. M. Cadot a dit qu’il fallait les étudier et on a jusqu’à la fin de la semaine », a déclaré Renaud Muselier. Michel Cadot, ex-préfet d’Île-de-France et ancien délégué interministériel aux JO-2024, assure une mission « par intérim » au Cojop dans l’attente de la désignation d’un nouveau directeur général, après le départ en février de Cyril Linette suite à des « désaccords insurmontables » avec le président Edgar Grospiron.

    « Tout le monde veut Nice. Il y a un fort attachement au pôle niçois, qui avait beaucoup séduit le CIO », a aussi rappelé le président de la Région Paca, qui a ajouté qu’Éric Ciotti « a eu le président de la République à ce sujet ».

    Le Comité d’organisation a par ailleurs indiqué qu’un nouveau directeur général serait désigné le 11 mai. Selon Renaud Muselier, « il y a deux noms qui ressortent assez clairement ».

  • La Région Sud aide Fibre Excellence

    La Région Sud aide Fibre Excellence

    « La Région Sud avait accordé un prêt de 3 millions d’euros, dont 2,3 millions restent aujourd’hui à rembourser. Elle est prête à y renoncer pour soutenir la continuité de l’activité », annonce la collectivité, dans un communiqué de presse diffusé ce mercredi, à propos de la situation de Fibre Excellence, l’entreprise produisant de la pâte à papier dont un de ses sites est situé à Tarascon. Notons que cette créance avait été prise lors de la reprise de l’entreprise en 2021 et que la proposition de la Région se fait « dans le cadre d’une solution de reprise crédible et durable ». « La Région Sud est pleinement mobilisée pour défendre les emplois et préserver ce site, un acteur important de la souveraineté industrielle de notre pays. Fidèles à nos engagements depuis 2021, nous sommes prêts à prendre nos responsabilités », développe le président du conseil régional, Renaud Muselier (Ren.).

    « Merci pour le coup

    de pouce »

    Côté CGT, on accueille cette mesure positivement mais sans sauter au plafond non plus. Laurent Quinto, représentant de la Filpac-CGT sur le site de Tarascon « remercie la Région pour le coup de pouce » et loue un acte « qui n’est pas rien ». Mais il déplore surtout que « l’intersyndicale n’ait pas été reçue par la Région Sud malgré plusieurs demandes » et décrit cette aide régionale comme « pas suffisante au regard des enjeux ». Le syndicaliste prend exemple sur la Région Occitanie dirigée par Carole Delga (PS) : « On aurait aimé que la Région Sud s’engage autant que l’Occitanie, qui propose une entrée au capital. »

  • Des bateaux de croisière de plus en plus branchés

    Des bateaux de croisière de plus en plus branchés

    Une « première en France » s’est félicité ce samedi 11 avril le ministre des Transports, Philippe Tabarot, venu sur le Grand Port maritime de Marseille (GPMM) inaugurer le branchement électrique à quai des bateaux de croisière. Déployée dans le cadre du dispositif « Connexion électrique des navires à quai, Escale zéro fumée », cette technologie permet de connecter en simultané trois navires, dont les besoins peuvent atteindre les 16 mégawatts chacun, soit la consommation d’une ville de 13 000 habitants, et de couper les moteurs durant l’escale. De quoi améliorer la qualité de l’air quand le maritime représente « 37% des émissions d’oxyde d’azote » a rappelé en préambule Dominique Robin, directeur de l’association de surveillance de qualité de l’air, AtmoSud.

    Si « la trajectoire baisse depuis 15 ans, de 7 ou 10%, on a besoin d’accélérer », estime-t-il. Se basant sur une étude « récente » de la Ville de Marseille, il indique que « près de 780 personnes décèdent de façon prématurée en lien avec la pollution ». Mais pour Hervé Martel, président du directoire du GPMM, c’est une « étape majeure » qui a été franchie. Mieux, de l’avance a été prise sur la réglementation européenne qui impose que 90% des escales de navires de passagers et de porte-conteneurs utilisent l’électricité à l’horizon 2030.

    200 millions investis

    Et de citer une autre étude, du Pôle mer Méditerranée, selon laquelle le branchement des navires permet de réduire de 80% les émissions d’oxyde de soufre, de 75% les oxydes d’azote, et de 60% les particules fines. Dans un contexte de guerre au Proche et au Moyen-Orient, il s’agit aussi de réduire la facture énergétique, de se détacher des énergies fossiles pour renforcer sa souveraineté dans un secteur stratégique pour l’économie mondiale précise Philippe Tabarot. « L’État a investi plus de 50 millions d’euros, soit près de la moitié des investissements publics de ce projet » de 200 millions d’euros a-t-il détaillé.

    Côté croisiéristes, on se félicite de l’usage de cette électricité « verte » pour « se consacrer à toute la chaîne de valeurs entre le départ et l’arrivée du bateau », résume Jacques Hardelay, président de l’association Marseille-Provence croisière. Et de défendre l’impact économique « important » sur la Ville, « 57 euros par personne et par jour dépensés » par les passagers en transit avance-t-il, et aussi sur les entreprises, entre taxis et avitaillement. Parmi les représentants des collectivités, le président de la Région, Renaud Muselier (Ren.), bombe le torse rappelant sa capacité à aller chercher les financements européens. Plus nuancé, Laurent Lhardit, député PS des Bouches-du-Rhône et conseiller municipal, évoque, au nom du maire de Marseille, la volonté de maîtriser un tourisme que la Ville souhaite « durable » et « bien loin d’une massification qui devra être régulée ». Le nombre de croisiéristes accueillis par le port de Marseille étant passé de 62 000 en 1996 à… 3 millions prévus cette année.

  • Des bateaux de croisière de plus en plus branchés

    Des bateaux de croisière de plus en plus branchés

    Une « première en France » s’est félicité ce samedi 11 avril le ministre des Transports, Philippe Tabarot, venu sur le Grand Port maritime de Marseille (GPMM) inaugurer le branchement électrique à quai des bateaux de croisière. Déployée dans le cadre du dispositif « Connexion électrique des navires à quai, Escale zéro fumée », cette technologie permet de connecter en simultané trois navires, dont les besoins peuvent atteindre les 16 mégawatts chacun, soit la consommation d’une ville de 13 000 habitants, et de couper les moteurs durant l’escale. De quoi améliorer la qualité de l’air quand le maritime représente « 37% des émissions d’oxyde d’azote » a rappelé en préambule Dominique Robin, directeur de l’association de surveillance de qualité de l’air, AtmoSud.

    Si « la trajectoire baisse depuis 15 ans, de 7 ou 10%, on a besoin d’accélérer », estime-t-il. Se basant sur une étude « récente » de la Ville de Marseille, il indique que « près de 780 personnes décèdent de façon prématurée en lien avec la pollution ». Mais pour Hervé Martel, président du directoire du GPMM, c’est une « étape majeure » qui a été franchie. Mieux, de l’avance a été prise sur la réglementation européenne qui impose que 90% des escales de navires de passagers et de porte-conteneurs utilisent l’électricité à l’horizon 2030.

    200 millions investis

    Et de citer une autre étude, du Pôle mer Méditerranée, selon laquelle le branchement des navires permet de réduire de 80% les émissions d’oxyde de soufre, de 75% les oxydes d’azote, et de 60% les particules fines. Dans un contexte de guerre au Proche et au Moyen-Orient, il s’agit aussi de réduire la facture énergétique, de se détacher des énergies fossiles pour renforcer sa souveraineté dans un secteur stratégique pour l’économie mondiale précise Philippe Tabarot. « L’État a investi plus de 50 millions d’euros, soit près de la moitié des investissements publics de ce projet » de 200 millions d’euros a-t-il détaillé.

    Côté croisiéristes, on se félicite de l’usage de cette électricité « verte » pour « se consacrer à toute la chaîne de valeurs entre le départ et l’arrivée du bateau », résume Jacques Hardelay, président de l’association Marseille-Provence croisière. Et de défendre l’impact économique « important » sur la Ville, « 57 euros par personne et par jour dépensés » par les passagers en transit avance-t-il, et aussi sur les entreprises, entre taxis et avitaillement. Parmi les représentants des collectivités, le président de la Région, Renaud Muselier (Ren.), bombe le torse rappelant sa capacité à aller chercher les financements européens. Plus nuancé, Laurent Lhardit, député PS des Bouches-du-Rhône et conseiller municipal, évoque, au nom du maire de Marseille, la volonté de maîtriser un tourisme que la Ville souhaite « durable » et « bien loin d’une massification qui devra être régulée ». Le nombre de croisiéristes accueillis par le port de Marseille étant passé de 62 000 en 1996 à… 3 millions prévus cette année.

  • La majorité régionale essaie de se montrer rassemblée

    La majorité régionale essaie de se montrer rassemblée

    Face à la presse ce jeudi midi, le président (Ren.) de Région promettait d’annoncer officiellement, face à son hémicycle, sa volonté d’être candidat aux sénatoriales et de laisser son siège. « J’ai oublié », confessait-il auprès des journalistes présents à l’issue de la séance plénière ce vendredi midi. Estimant avoir assez communiqué pour s’en passer finalement. Les débats face à son opposition d’extrême droite avaient pourtant été l’occasion d’allusions à cette ambition sénatoriale. « Je compte sur le futur jeune sénateur que vous êtes », narguait le député RN Franck Allisio, pour porter ses vœux nationaux. Et l’intéressé de répliquer : « Si je suis au Sénat, comptez sur moi pour corriger vos erreurs et vos bêtises. »

    Mais passée la sidération au sein de la majorité régionale, l’heure est désormais à afficher l’unité dans les rangs. « Il nous revient collectivement de poursuivre et d’accentuer encore les dynamiques engagées, rappelait jeudi Christophe Madrolle (UCE). Nombreux sont les défis qu’il va nous falloir relever pour trouver le juste équilibre entre développement économique, développement humain et préservation de notre patrimoine naturel. » Surtout, les élus centristes se sont empressés de poser pour une photo avant la séance avec le président de Région, son héritier désigné François de Canson (DVD)… et le vice-président LR David Géhant. Si son entourage assure qu’il n’ambitionne pas de prendre la présidence et veut se consacrer à Forcalquier, un élu lui donnait du « bonjour au président de Région » à l’université des maires de Sisteron. « L’important c’est d’être rassemblés », insiste l’intéressé.

    Alors Renaud Muselier assume le contre-feu photographique. « J’ai toujours la crainte de la division, la division c’est mortel : chaque fois qu’on est divisés on perd », explique-t-il, coupant court aux rumeurs sur des ambitions de Christian Estrosi. « J’organise les trucs comme jamais on n’a organisé une transmission, une organisation, des dossiers qui sont ficelés, un avenir pour cette région, des grands projets », défend-il, en répétant : « Tout le monde est ensemble. »

  • Le RN s’oppose encore au financement des transports

    Le RN s’oppose encore au financement des transports

    Le dépôt des amendements de l’extrême droite est presque devenu un jeu routinier, dans l’hémicycle régional. Au moment d’approuver le budget primitif de la collectivité ce vendredi matin, il n’y avait donc rien de nouveau lorsque l’opposition RN s’est échinée à les multiplier pour redéployer des crédits de communication vers les autres politiques régionales afin de montrer « que d’autres choix sont possibles », affirmait sérieusement l’élue varoise (RN) Coline Houssays. Mais tandis que l’argentier de la Région Jean-Pierre Colin (Les Centristes) déroule sur « un budget de responsabilité qui garantit la poursuite des grands projets structurants », la conseillère d’extrême droite se borne à constater « un budget qui se tient avec un petit coup de pouce extérieur ». La priorité, pour l’opposition RN, restant de réduire l’investissement de la collectivité. « Ce n’est pas tant chaque projet isolément qui pose question, mais leur addition », justifie la Lorguaise. « Nous avons choisi sans hésitation de maîtriser les comptes publics pour dégager les moyens supplémentaires à nos engagements », lui donne la réplique le président (LR) de la majorité régionale, Pierre-Paul Léonelli, sans s’arrêter sur les coupes dans la santé, la politique économique, la formation (notre édition du 10/04). Face aux baisses de dotations de l’État, « ce sont presque 60 millions d’économie qu’il a fallu trouver », rappelait le président (Ren.) de Région Renaud Muselier. Désormais président de la Métropole Aix-Marseille, le vice-président (LR) à la formation professionnelle Nicolas Isnard a tenu aussi à défendre son action face au chômage en baisse. Assurant, malgré les baisses des dotations, que la collectivité « contribuera à soutenir les missions locales, les écoles de la 2e chance, dans les mêmes proportions que les années précédentes ».

    Mais l’extrême droite préfère s’échiner à coups d’amendements sur le nouveau versement mobilité régional et rural pour en réduire la portée. « Malgré lui, ce versement reste une taxe en plus sur nos entreprises », s’indigne l’élue varoise (RN) Muriel Fiol. « 97% des entreprises de la région ne sont pas concernées », rappelle encore Renaud Muselier. C’est surtout son prédécesseur (Hor.) Christian Estrosi qui monte au créneau. « Je vois l’instrumentalisation qui est faite par une partie du monde de l’entreprise », dénonce-t-il. Lui défend « une condition essentielle, quand je vois tous ceux qui demandent de nouvelles lignes, des modernisations de lignes. » Et de regretter que seule la région parisienne a obtenu un versement mobilité un point au-dessus du niveau national fixé à 2% de la masse salariale des entreprises.

    Contre les droits

    des femmes

    Pas de quoi freiner le RN qui dans la foulée s’en prend aux subventions… pour les associations de soutien aux femmes victimes de violences. « Il serait préférable de s’en tenir à vos compétences et de flécher ces budgets aux lycées », explique benoîtement l’élue maralpine RN Brigitte Lancine. « Quand elles n’ont plus d’emploi, qu’elles sont sous domination, qu’elles n’ont plus de maison, que leurs enfants sont abandonnés, vous voulez dire ne vous en occupez pas ? » s’estomaque le président de Région. Alors que son opposante veut reprendre la parole, il avertit : « Vous allez en prendre une ! » Avant de s’excuser immédiatement, repris par Christian Estrosi. Mais l’élue RN a beau dire qu’elle n’est « pas contre cette cause », elle persiste : « Ce que dit la Chambre régionale des comptes, c’est qu’il faut plus se mobiliser sur les compétences de la Région sans aller en permanence se substituer à l’État ». Tout juste rentré du conseil municipal, le député RN Franck Allisio intervient à temps pour faire voter son groupe en faveur du plan de lutte contre les violences faites aux femmes. Pas une évidence pour l’extrême droite à deux doigts de s’abstenir.

  • Le Printemps marseillais solide dans ses orientations

    Le Printemps marseillais solide dans ses orientations

    Une heure et trente minutes. Les 18 rapports, essentiellement « techniques », au menu vendredi du conseil municipal de Marseille ont été traités avec une rare rapidité. Le signe d’une gouvernance désormais maîtrisée par le Printemps marseillais qui entame ce deuxième mandat avec une majorité renforcée ?

    La conséquence surtout d’une pâle opposition. « Pour la première fois, les conseillers RN n’ont pas prononcé le mot immigration », fait remarquer Canicave (PS) à l’issue de la séance. « On a un peu senti leur tropisme sur la sécurité et ils se relanceront sur ces choses-là, mais il faut qu’ils apprennent surtout ce qu’est la gestion d’une ville. » Une inconsistance qui leur sera renvoyée tout au long de la séance.

    Titillé par le maire de Marseille lorsqu’elle s’abstient sur les rapports accordant dotations en équipement (tablettes), moyens, indemnités, et mise à disposition de véhicules à des membres du conseil municipal – « Vous proposez qu’on reprenne les chauffeurs aux maires de secteurs ? Je n’ai aucun problème », tance Benoît Payan -, l’extrême droite joue d’abord la polémique sur le rapport 11. Présenté par une Nathalie Tessier (PCF), « furieusement féministe », il porte sur l’égalité femmes/hommes à la ville.

    Éléonore Bez, la maire (RN) des 9-10, juge bon de faire l’amalgame avec le recadrage d’Anne-Marie Grégori, la doyenne de l’hémicycle, qui avait interpellé « la gauche », lors du conseil d’installation, le 28 mars. Filmée par un élu à sa droite, la séquence est destinée aux réseaux sociaux. Benoît Payan pointe, lui, un relativisme mal venu : « On ne peut pas comparer les assassinats quotidiens, les blessures, les viols, les coups et les violences, à ce qui s’est passé. (…) Je crois que même une femme doit respecter la loi et il se trouve que sous la présidence du doyen d’âge, il n’y a pas de débat politique.»

    Sur le débat du rapport d’orientation budgétaire, Franck Alisio, président du groupe Marseille en ordre, choisit d’interroger « le sens des priorités » de la majorité. Le député (RN) de Marignane va « droit au but » et surtout pas bien loin, pressé de rejoindre la plénière du Conseil régional où son recours sur les municipales, lui permet de cumuler mandats et indemnités.

    Il réclame pêle-mêle, une règle d’or budgétaire, la garantie du financement par l’État du plan école ou le Prado Carénage à 1 euro. Pour briller, Antoine Baudino, assistant parlementaire de Stéphane Ravier (REC), lance lui une avalanche de chiffres picorés dans le ROB dont l’incohérence laisse circonspect.

    « Vous vous êtes arrêtés sur des sujets picrocholins (…) mais vous aurez le temps de comprendre comment fonctionnent des budgets », répond Benoît Payan rappelant que 83% du budget d’investissement a été dépensé, que la ville est la seule collectivité à s’être désendettée et que sa note financière a augmenté, sans soutien de la Région et du Département.

    « Une opportunité unique »

    À côté d’eux, les trois élus (Martine Vassal était absente) de la droite républicaine qui gère ces collectivités, s’efforcent de porter par Romain Simmarano (Ren.), une opposition « claire mais utile », celle d’un « courant de pensée » qui « même si il est très minoritaire à l’échelle de la ville, représente une voix singulière ». Après avoir rappelé la nécessité d’objectifs chiffrés sur les fonds européens, le directeur de cabinet de Renaud Muselier, acte un changement de paradigme : « Il y a une opportunité unique qui doit nous permettre d’être utiles aux Marseillais en mettant au passé ce qui appartient au passé. »

    « Nous allons devoir nous serrer les coudes fortement dans nos collectivités », abonde le maire de Marseille, conscient de la nécessité de faire vivre le courant de pensée de la famille gaulliste mais rappelant que « la politique c’est un peu comme l’amour : il y a les mots et les preuves ».

    « Le seul point d’optimisme aujourd’hui, c’est que localement, les choses semblent un peu se déverrouiller », observe Joël Canicave, au regard d’une situation nationale et internationale qui tend les finances des collectivités locales. « Les propos de M. Simmarano sur la Région et ce qui s’est passé à la Métropole a du sens. Il restera à travailler avec le Département. Quand une ville représente 42% d’un département et reçoit 2% de l’aide aux communes, il y a un dysfonctionnement majeur », conclut l’adjoint aux finances.

    REPÈRES

    « Le nouveau Pierre Robin est arrivé ! »

    Anthony Krehmeier à la cantonade, après l’intervention de l’élu d’extrême droite Antoine Baudino. Un hommage à l’ex-conseiller LR, spécialisé dans les lignes comptables et des virgules. « C’est beaucoup d’honneur. M. Robin ne confondait pas investissement et fonctionnement, le niveau n’est pas le même », amende le maire au pupitre.

    Règlement

    Une commission chargée de rédiger le nouveau règlement intérieur du conseil municipal a été désignée. Elle se réunira en avril et mai et le texte entrera en vigueur en juin. Siégeront : Drouot, Garino, Huguet, Roller, Kessaci, Rossi, Richerolle, Lécorché, Rioult, Rivoallan et Baudino, ainsi qu’un élu de la droite républicaine.

    5

    Les commissions permanentes du conseil municipal de Marseille vont passer de quatre composées de 25 membres, à cinq constituées de 22 membres pour cette nouvelle mandature, du fait de l’augmentation du nombre de conseillers municipaux. Ils étaient 101 élus en 2020, ils sont désormais 111 sous l’effet de la réforme de la loi Paris-Lyon-Marseille.