Tag: Renaud Muselier

  • [Entretien] « L’idée c’est de ramener tout le monde à la montagne »

    [Entretien] « L’idée c’est de ramener tout le monde à la montagne »

    La Marseillaise : Les Jeux olympiques de Milan Cortina s’ouvrent de l’autre côté des Alpes. Quel regard portez-vous sur eux et quels enseignements en tirez-vous pour préparer ceux de 2030 dans les Alpes françaises ?

    Renaud Muselier  : Milan Cortina, je suis ça de très près puisqu’on est les prochains. Ce sont les premiers Jeux à se faire sur des sites éclatés, nous serons les seconds donc c’est intéressant pour nous de regarder comment ça s’organise, quelles difficultés se présentent… Je serai là-bas jusqu’à lundi pour échanger avec les organisateurs et soutenir bien sûr les athlètes français et régionaux. On m’a expliqué il y a six mois que Milan Cortina c’était une catastrophe et que les Italiens ne seraient jamais prêts. Il me semble que ce n’est pas le cas. C’est comme Paris 2024 qui a été déglingué par tout le monde avant d’être un succès planétaire extraordinaire. Je crois qu’il ne faut pas trop écouter les critiques, tracer le chemin et s’entourer des meilleurs. J’aime les grands événements. C’est comme ça que m’est venue l’idée de Jeux olympiques d’hiver ici. Jeune parlementaire, j’avais suivi le dossier de Lillehammer. C’était un objectif accessible en nous appuyant sur ce qu’on a chez nous : la neige et les chalets, avec des projets sobres. Je pense que ça aura une plus-value énorme. Quand on parlera des Jeux on parlera de la France et dans ce monde complexe, où on perd ses repères, s’affronter à la loyale ce n’est pas rien. Et ça donne toujours un bonus de bonne humeur ! On en a tous besoin. Les anneaux seront pour tout le monde !

    Vous parlez de « sobriété » et pourtant, il y a une attente forte d’un héritage des Jeux dans les Alpes du Sud. Comment résoudre la contradiction ?

    R.M. : C’est l’occasion de remettre le plus possible nos montagnes à niveau. Nous n’avons jamais eu les Jeux donc c’est le nord qui en a profité qui a pu ensuite organiser des coupes du monde… C’est la discussion que nous avons eue avec nos amis d’Auvergne-Rhône-Alpes. Je leur ai dit « laissez-nous rattraper notre retard ». Maintenant qu’on a décroché les JO, on fait un budget le plus bas possible et on s’efforce de s’y tenir.

    Comment les JO de 2030 se préparent-ils ? À quel rythme ? Quelle répartition des rôles ?

    R.M. : Pour que les Jeux réussissent, il y a trois piliers essentiels. D’abord, il y a le Dijop, le délégué interministériel aux jeux olympiques et paralympiques. C’est l’État. Ça se passe plutôt très bien. Ensuite, il y a la Solideo que je préside et qui est installée à Marseille. C’est la société qui livre ou rénove les équipements avec un budget d’un milliard. Tout est en route. Enfin, il y a le Cojop. C’est le comité d’organisation, souvent c’est ce qu’on connaît le plus parce que c’était l’instance pilotée par Tony Estanguet pour les Jeux de Paris. C’est Edgar Grospiron qui s’en charge pour 2030. Là, il y a quelques difficultés organisationnelles, humaines, il y a un choc des cultures.

    Vous parlez des démissions successives ?

    R.M. : Je m’explique : on a hérité de beaucoup de gens de Paris 2024. C’est une très bonne chose parce qu’ils ont de l’expérience. Mais, en même temps, ils ont une forme de suffisance envers le territoire qui pose des difficultés. Ils ne connaissent ni la montagne ni les montagnards. L’osmose est complexe. Ils ont la culture des moyens presque illimités pour Paris alors que nous avons des moyens très limités pour la montagne. Quand vous avez quelqu’un qui arrive en mocassins pour aller voir une piste de ski dans la neige, vous vous rendez compte qu’il y a un problème d’adaptation au terrain. Mais j’ai entendu M. Grospiron et la ministre s’exprimer devant le CIO à Cortina, on va avancer. Il y a un soutien politique très fort des deux régions et de l’État. On a désormais la loi olympique sur laquelle on peut s’appuyer.

    À quoi va ressembler l’héritage de ces Jeux pour le territoire ?

    R.M. : On va avoir une modification structurelle très forte au niveau des transports. J’avais mis un astérisque dans le contrat de plan État-Région pour clause de revoyure si nous avions les Jeux. On avait déjà engagé pas mal de dossiers. Les JO sont un accélérateur. Grâce à ça, on a pu débloquer ce qu’on attendait depuis 50 ans : le contournement de Martigues-Fos ça touche 900 000 personnes. Le train Marseille-Briançon est sauvé grâce aux Jeux, il va faire 3h40 au lieu de 5h et on va refaire les 16 gares qui montent. C’est énorme, ça touche 800 000 personnes.

    Avec la SNCF ?

    R.M. : Oui, c’est la SNCF qui s’en occupe. Est-ce qu’il y aura après un appel à projet ? On n’est pas là dedans pour le moment. On a un opérateur avec lequel on s’est entendu. Les relations sont plutôt bonnes parce que tout le monde a fait des efforts. J’ajoute qu’il y a un autre volet, c’est le train de nuit Briançon-Paris qui dessert toute l’étoile de Veynes autour de Gap. Il n’y a pas énormément d’habitants mais c’est énorme au niveau du désenclavement. Il y a là un historique ferroviaire très important, c’est nous qui avons sauvé le site et les Jeux qui vont le redynamiser. L’autre volet ferroviaire, c’est Marseille-Menton, la ligne nouvelle Provence Côte d’Azur, le Nice-Digne dit le train des pignes…

    Au-delà des transports quel sera l’héritage des Jeux pour les Alpins ?

    R.M. : On a des problèmes de logement. Si on peut, grâce à cet événement international, sauver les forts Vauban et leur donner une destination hôtelière, touristique et d‘habitation pour les saisonniers ou les Alpins, ce sera énorme. Côté niçois, il y aura un complexe olympique avec une patinoire qui perdurera.

    Comment ces Jeux aideront-ils à penser les Alpes de 2050 ? Quelle adaptation au changement climatique ?

    R.M. : Oui c’est très important, on en tient compte. Les stations de basse montagne voire de moyenne montagne surtout lorsqu’elles sont exposées sud, sont mécaniquement en danger. On travaille la suite. Celles où il y aura les épreuves, la neige sera au rendez-vous. Même lorsqu’il y a une mauvaise saison, il y aura de la neige mais il n’y en aura pas partout. J’entends les critiques mais ce n’est pas tout blanc ou tout noir. Il faut donner de la perspective.

    La Région a en charge les lycées. Quelle prise en compte de la jeunesse dans la démarche des JO ?

    R.M. : On va copier le plan rugby que l’on a fait à l’occasion de la coupe du monde. On a aidé les clubs, refait les vestiaires, payé les camionnettes… Je crois que c’est plutôt réussi puisqu’on est en très bonne place au niveau des licenciés de rugby en France. Il y a un engouement réel. Nous avons déjà fait la même chose avec le plan voile en soutenant les clubs que ce soient sur les lacs ou le littoral. On accompagne désormais trente clubs de sports de montagne, on a multiplié par trois le soutien régional aux ligues de sports d’hiver et aux deux comités de ski. 800 000 euros pour les équipements de clubs et équipements de sport de proximité. On soutient 75 événements et compétitions nationales et internationales. On sort d’ailleurs de la coupe d’Europe de snowboard d’Isola. On a la coupe d’Europe de ski alpin, les championnats d’Europe de vitesse à Vars, la coupe du monde d’alpinisme à Puy-Saint-Vincent et le championnat de France de patinage artistique à Briançon. On a aussi lancé le pass Sud Montagne. Il y a déjà 7 000 jeunes qui ont déposé une demande d’inscription. C’est 100 euros pour financer la licence, la location de skis, l’équipement, les forfaits… S’ils sont abonnés Zou, ils prennent le train ou le bus, s’ils partent tôt le matin ils peuvent revenir le soir. S’ils veulent passer le week-end, ils se mettent à quatre et ils louent un studio. L’idée c’est de ramener tout le monde à la montagne. On va réinventer les classes de neige pour permettre à nos jeunes de savoir ce que c’est un chamois ou une marmotte.

    Serez-vous le président de Région qui coupera le ruban en 2030 ?

    R.M. : Je n’en sais rien. Ce que je sais c‘est que c’est lancé, que ça apportera un plus à la région et que ça aura fait avancer des dossiers à l’arrêt depuis 50 ans tout en montrant nos pôles d’excellence au-delà du tourisme, des cigales et de la lavande.

    « La Marseillaise » arrive ce 7 février dans les Alpes. Quel regard portez-vous sur cette démarche ?

    R.M. : Ça ne peut que me réjouir. Premièrement parce que j’ai toujours défendu la presse. J’en suis respectueux. Deuxièmement, parce que c’est malin. Je pense que tous ceux qui sont dans ces vallées et ces montagnes auront la possibilité d’avoir des informations complémentaires sur des choses qui vont arriver chez eux. C’est une formidable opportunité.

  • Un espace mobile pour dépister le cancer dans les Bouches-du-Rhône

    Un espace mobile pour dépister le cancer dans les Bouches-du-Rhône

    La camionnette « Au fil de la Ligue », garée sous le soleil de la place Jules Guesdes, à Marseille, a été inaugurée ce mardi, à la veille de la journée mondiale de lutte contre le cancer. Les représentants du projet ont coupé le ruban, ouvrant les routes des Bouches-du-Rhône à ce véhicule décoré à l’effigie de la Ligue contre le cancer.

    En ralliant trois communes par semaine, dans « les marchés, sur les plages ou dans les entreprises », la camionnette est un « nouvel outil pour aller là où sont les gens, les rencontrer dans leur lieu de vie » notamment « ceux qui manquent d’information, isolés », détaille Magali Maugeri, directrice générale de la Ligue contre le cancer des Bouches-du-Rhône.

    En commençant par le marché de Gardanne le vendredi 6 mars, cet espace mobile de prévention parcourra le département, avec des missions de prévention et de dépistage. Avec une psychologue, une onco-esthéticienne et une médecin interne à son bord, les habitants pourront être sensibilisés à l’importance du dépistage, dans une région où le cancer est la première cause de mortalité. Pour Michelle Philip, retraitée et bénévole depuis 4 ans au sein de la Ligue, la camionnette « est magnifique, et va permettre d’aller au plus près des gens, partout », chose importante car « le cancer touche toutes les familles, tous les environnements possibles ».

    « Au plus près du dépistage »

    Le dépistage précoce d’un cancer permet très souvent un meilleur traitement, moins lourd et avec plus de chances de guérison. Or, sur les traitements des cancers du colon ou de la prostate, la région Provence-Alpes-Côte d’Azur constate un retard de 20 à 25 points par rapport aux autres régions, en raison d’un « manque de prévention sur le dépistage, sur lequel il nous reste encore des choses à faire », insiste Renaud Muselier, président du conseil régional PACA. Ambition régionale donc que de travailler à une meilleure prévention, « faire en sorte d’être au plus près du dépistage ».

    Mais pour se faire dépister, il faut oser. La peur de connaître le diagnostic freine : un sondage réalisé par l’IFOP pour Biogroup à l’occasion d’octobre rose en 2025 montre qu’une personne sur deux interrogées redoute le dépistage, quand 12% renoncent à la démarche. Justement, Charlotte Douchet, responsable de la prévention au sein de la Ligue, affirme qu’il s’agit bien « d’être disponible, d’aller contre les peurs des personnes ». En se rendant dans « des lieux retirés ou populaires, pour aussi aller vers des personnes qui ont moins accès à l’information », la camionnette est une tentative de généraliser le dépistage dans le département.

    Ainsi, c’est avec le soutien de la première région française à avoir adopté un « Plan cancer » que la Ligue souhaite rendre accessible sa connaissance de la maladie. Déjà pionnière, la branche des Bouches-du-Rhône, qui accueille entre 650 et 700 personnes par mois dans ses centres, lutte notamment contre les déserts médicaux. La camionnette « Au fil de la ligue » rejoindra donc des communes isolées, dans lesquelles les rendez-vous médicaux sont parfois longs à obtenir.

    Rendre la santé mobile est une manière de généraliser l’accès au soin et à l’information. Si la camionnette n’a pas encore entamé son périple, Renaud Muselier est confiant : en 2020, la région avait développé une camionnette de vaccination et de tests Covid, qui avait « très bien fonctionné ». Selon lui, « pour un développement harmonieux de la région, il est nécessaire de lutter contre les déserts médicaux, d’aller vers les habitants dans les lieux où il y a moins de médecins ».

  • La droite veut des explications sur la Société des écoles

    La droite veut des explications sur la Société des écoles

    Alors que la campagne de Martine Vassal (DVD) patine, Romain Simmarano, son porte-parole (Ren.) est venu, mardi, devant la presse dénoncer des « manœuvres et pratiques présumées illégales » à la Société publique des écoles de Marseille (Spem). L’enquête publiée la veille par Blast « change le visage de la campagne », estime celui-ci. Elle signale l’ouverture d’une enquête préliminaire, confirmée à La Marseillaise par le parquet sans en préciser le chef, suite à un signalement de Georges-François Leclerc, l’ex-préfet de région parti à l’Élysée, après l’achat sans mise en concurrence de bâtiments modulaires pour l’école Saint-André – la Castellane.

    Derrière la table où est soigneusement posé Le système Guérini, ouvrage signé Renaud Muselier (Ren.), Romain Simmarano demande au maire (DVG) de Marseille, Benoît Payan qui préside la Spem, de « prendre ses responsabilités » : « Il a déclaré qu’il exclurait tout colistier condamné, mis en examen ou faisant l’objet d’une enquête préliminaire. S’appliquera-t-il la règle ? »

    Une question « démocratique essentielle » à ses yeux, même si Benoît Payan n’est pas directement ciblé, contrairement à sa candidate visée par une enquête pour « détournements de fonds publics », « trafic d’influence » et « corruption » au Département dont elle a la présidence. À ses côtés, Catherine Pila (LR) fustige « l’incompétence » et « l’amateurisme » de la majorité, quand Gérard Blanc, candidat (Ren.) sur les 15-16, déplore que des alertes internes sur un risque de favoritisme aient pu être ignorées. S’il assure ne demander « le retrait de personne », Romain Simmarano exige des explications rapides.

    Un coup de pression sur la justice à peine voilé : « Nous avons confiance en la justice, et nous souhaitons que ce soit par le biais de la justice, des médias ou quels que soient les moyens, avoir un maximum d’informations avant le premier tour. »

  • [Rue de la République] Renaud Muselier : « Marseille n’est pas et ne sera jamais une ville RN »

    [Rue de la République] Renaud Muselier : « Marseille n’est pas et ne sera jamais une ville RN »

    La campagne

    Didier Gesualdi : Vous êtes président de Région et du comité de soutien de Martine Vassal à Marseille. Vous avez dit lors de vos vœux que la campagne n’avait pas vraiment commencé. Les sondages, c’est une indication quand même…
    Ça donne un parfum d’ambiance, mais ce n’est pas une indication. Je ne suis pas convaincu du tout que les Marseillais soient dès maintenant dans le match des municipales. Chacun prépare sa ligne, organise son dispositif avec ses atouts, ses défauts… On est dans un contexte compliqué au plan national. Les Français veulent savoir où vont aller leurs impôts, comment va évoluer leur pouvoir d’achat, ce que va devenir leur vie quotidienne avec le budget…

    Léo Purguette : Le contexte national motive, selon vous, les intentions de vote actuelles ?
    Ça va être réglé, il va y avoir le 49.3, normalement le gouvernement restera, donc le focus viendra sur les municipales de manière plus importante.

    Didier Gesualdi : Le porte-parole de Martine Vassal, Romain Simmarano dénonce un manque de démocratie parce que le RN demande à Martine Vassal de se retirer et que Benoît Payan joue le duel avec le RN. Ils ont le droit non ? Vous êtes mauvais joueurs à droite ?
    Non, d’abord, je trouve Romain Simmarano très bon, Martine Vassal a bien fait de le prendre. Il est très compétent, très performant et surtout pas dupe des tactiques des uns et des autres. Il voit le jeu plus ou moins pervers ou malicieux de ses adversaires. Il a parfaitement raison de dire ça. Ils veulent enfermer le match dans un duel entre l’extrême droite et le maire non-élu alors que les sondages disent que c’est une quadrangulaire.

    Léo Purguette : C’est vrai, mais dans cette quadrangulaire, deux sont devant. Est-ce que ça vous a surpris au regard de l’opinion très critique que vous avez du bilan de Benoît Payan ?
    Vous savez les sondages… Il y a eu des pics, des montées, des descentes. Les derniers résultats ne me semblent pas correspondre à ce que je ressens avec mon flair de chien truffier et mon instinct. Je trouve Benoît Payan et Franck Allisio tous les deux très hauts, Delogu trop bas et Martine pas à son niveau réel. Je cite toujours comme exemple ma réélection. Au soir du premier tour, j’avais quatre points de retard, alors que le lundi qui précédait, on m’avait mis 14 points derrière.

    Le RN

    Didier Gesualdi : Ça vous étonne que le RN soit si haut à Marseille, dans une ville de fraternité et d’accueil ?
    Mais ça vous étonne vous ? Vous avez de la mémoire aussi. M. Jean-Marie Le Pen avait été en tête ici à la présidentielle.

    Léo Purguette : Mais c’était un scrutin national.
    Oui, mais qu’est-ce qu’il s’est passé ensuite ? Il a dit « je suis en tête, tiens je veux bien être député, je viens à Marseille ». Il s’est pris une branlée ! Il s’est fait ramasser !

    Didier Gesualdi : C’est ce qui attend Franck Allisio ?
    Je le souhaite. Ma réponse est claire à votre question claire. Je ne tourne pas autour du pot. Aux municipales de 2014, la presse nationale et vous-même aviez annoncé que le RN prendrait une quinzaine de communes dans la région, ils en ont pris deux dont Fréjus, parce que nous, à droite, on s’était divisé. En 2020, les mêmes annonçaient une vingtaine de communes, c’était zéro. Le match national est clair. On a été rincé aux législatives. J’en prends acte. Il faut être vigilant, on ne les combat pas en disant que c’est le diable. Et pourtant, peut-être que c’est le diable. Quand vous allez à Auschwitz comme je l’ai fait cette semaine, avec des jeunes, des membres de la communauté juive, mais aussi le grand recteur de la mosquée de la Capelette et le représentant de l’archevêque, vous voyez qu’Hitler a gagné en démocratie, dans un peuple très intelligent et cultivé. Je ne dis pas que les gens du RN sont comme ça, mais ce sont quand même les héritiers de cette histoire.

    La perte de repères

    Léo Purguette : Vous parlez de mémoire historique, n’y a-t-il pas un brouillage des repères aujourd’hui ? Sur les tracts, Franck Allisio fait figurer le sigle « RPR » et la croix de Lorraine. Ça vous fait quoi à vous, le petit-fils de l’amiral Muselier ?
    Ça me retourne le sang. La croix de Lorraine, c’est mon grand-père qui l’a donnée à la France libre. Je n’avais jamais pensé une seule seconde que mon ancienne famille politique n’ait pas déposé ça. Il a profité du trou pour essayer de perturber le jeu. On a attaqué en justice. La justice est en train de décider. Normalement, il n’a pas le droit de s’en servir, comme de la marque RPR. La croix de Lorraine, c’est le symbole de la France libre, contre la croix nazie. Ça me retourne quand je vois ça et je me bats !

    Didier Gesualdi : À force de parler sécurité, les gens ne préfèrent-ils pas l’original à la copie ?
    Mais qu’est-ce qu’ils ont prouvé eux ? Pourquoi au Parlement européen, quand j’y étais, Marine Le Pen a toujours voté contre les mesures de régulations des visas ? Parce qu’elle mise sur la frayeur de l’étranger pour gagner des voix. Cette ville n’est pas RN, elle ne le sera jamais ! Regardez les propositions quand même, ils veulent réserver les plages aux vieux…

    Léo Purguette : Vous, vous voulez les rendre payantes…
    Mais non, qu’il y ait un partage des plages avec des plages privées, des plages publiques. C’est un partage accessible à tous, pas la fermeture au profit du privé. On ne le fait pas pour interdire à une catégorie d’êtres humains l’accès à la mer par rapport à leur âge ou leur tenue, c’est quand même très différent.

    Le second tour

    Didier Gesualdi : Si le RN était en position de gagner, accepteriez-vous de vous désister ?
    Vous savez très bien que ça ne se passe jamais comme ça. Vous êtes toujours en train de dire « et si, et si »… Avec des « si » on met Paris en tonneau et Bordeaux en bouteille. Ça ne marche pas comme ça la vie politique. Vous avez un combat de premier tour. Aujourd’hui, vous avez des ambiances, on sait qu’on sera en quadrangulaire.

    Léo Purguette : La question se pose, quand même, au regard des seconds tours des deux dernières régionales.
    J’espère qu’au premier tour, on finira premier ou second. La question, posez-la aux autres ! Posez-la au RN ! S’il se retrouve derrière, avec M. Payan qui croit gagner, qu’est-ce qu’il fait par rapport à nous ? Et les autres, qu’est-ce qu’ils font par rapport à M. Delogu avec lequel ils ne sont visiblement pas du tout sur la même ligne ?

    Le syndrome de Stockholm

    Didier Gesualdi : Vous avez déclaré qu’Amine Kessaci était atteint du syndrome de Stockholm parce qu’il soutient Benoît Payan alors que ses deux frères ont été assassinés pendant son mandat. Vous regrettez cette parole ?
    Non, je ne regrette rien du tout. Je suis assez surpris de voir que Mme Rubirola, qui nous expliquait qu’elle était malade, qu’elle ne pouvait plus venir, qu’elle laissait la place à M. Payan, et aujourd’hui elle lui demande s’il veut bien la prendre sur sa liste. C’est pas le syndrome de Stockholm ça ?

    Didier Gesualdi : Mais sur Amine Kessaci ?
    On a eu 4 ou 5 DGS en cinq ans, c’est pas un syndrome de Stockholm pour les fonctionnaires de haut niveau ? Le syndrome de Stockholm, c’est quand vous aimez quelqu’un qui vous martyrise. J’ai l’impression que la ville est martyrisée et je vois M. Payan haut dans les sondages, c’est une forme syndrome de Stockholm. S’agissant de M. Kessaci. Avec dignité, on s’est manifesté auprès de lui et de sa famille après le drame. On n’a aucun état d’âme dans la lutte contre le narcotrafic et au désastre qui le touche. M. Kessaci, dans la démarche qui est la sienne, au profit de la lutte contre le narcotrafic – on doit tous y être – il nous dit « M. Payan est un excellent maire et ça se passe bien avec lui ». Je ne crois pas…

    Léo Purguette : Il a demandé qu’on n’instrumentalise pas cette situation.
    Mais il l’instrumentalise lui-même puisqu’il se sert de sa situation pour être candidat. On ne peut pas avoir un double langage en permanence. Il veut rentrer dans l’arène politique ? Tant mieux. Il veut se battre contre le narcotrafic ? Tant mieux. Mais qu’il ne me dise pas que tout s’est bien passé avec M. Payan. Ça n’est pas sous l’ère de M. Gaudin que s’est passé ce drame épouvantable.

    Léo Purguette : Nicolas Sarkozy a supprimé beaucoup de postes de policiers et beaucoup d’entre eux votent à droite. C’est le syndrome de Stockholm ?
    Ou à l’extrême droite. On pourrait débattre longtemps sur ce que représente le syndrome de Stockholm dans la réalité psychologique ou psychiatrique. On peut rentrer dans les détails : je suis médecin. À mon avis, vous n’allez pas gagner le match. Le syndrome de Stockholm, c’est quoi ? C’est quand on est sous le charme de son tortionnaire.

    Léo Purguette : Il y en a un qui n’est pas dans le syndrome de Stockholm, c’est Lionel Royer-Perreaut. Vous regrettez qu’il ne rejoigne pas la campagne ?
    Lionel, on l’a toujours soutenu. Il a fait une campagne, il a perdu. Après sa défaite, je l’ai vu plusieurs fois, il m’a expliqué qu’il arrêtait, qu’il quittait Marseille, qu’il ne voulait plus faire de politique. Et puis – il y en a d’autres qui l’ont fait d’ailleurs – il dit « finalement je vais peut-être revenir » et puis « je ne reviens pas mais je commente ». Je lui dis « Lionel, tu as été un grand maire de secteur, tu as bien travaillé à l’Assemblée nationale, mais tes électeurs t’ont dit au revoir ». Ça m’est arrivé aussi, mais je n’ai jamais pris la parole quand j’ai pris ma retraite de pénitent pour me refaire. Je demande de la cohérence dans le propos.

    Léo Purguette : Il vous faut convaincre l’électorat modéré qui est tenté de filer vers Benoît Payan. Il y avait une figure identifiée chez Renaissance, votre conseillère régionale Sabrina Agresti-Roubache. Vous avez de ses nouvelles ?
    Elle était au premier rang à mes vœux.

    Léo Purguette : Elle va s’engager dans la campagne ?
    Vous savez, je crois que je suis le représentant de la globalité des gens raisonnables et républicains. Je respecte tout le monde, je ne cherche pas l’agression. J’ai un long passé politique, j’étais le grand chef du RPR ici et je suis capable de rassembler 14 composantes politiques dans ma majorité régionale. Quand je viens à La Marseillaise, ça ne me gêne pas parce que gaullistes et communistes ont fait des grandes choses ensemble.

    Enjeu national

    Léo Purguette : Dans le deuxième volet du sondage La Marseillaise, portant sur « qui ferait un bon maire », Martine Vassal est nettement devant Franck Allisio. Pensez-vous que les ressorts du vote RN sont des considérations nationales et, si oui, comment déjouer ce mécanisme qui semble vous desservir ?
    Sur cette deuxième partie du sondage, M. Payan et Mme Vassal arrivent à touche-touche, très loin devant M. Allisio, ce qui veut bien dire qu’aujourd’hui, on parle plutôt du national alors que nous, on veut parler du local. Mais je constate dans la région, que tous ceux qui sont collés dans le national vont finir plombés par le national. Regardez à Toulon. Mme Lavalette qui était donnée à 48% dans le précédent sondage…

    Léo Purguette : … donc archi-favorite.
    Oui et elle est désormais à 39%, elle perd 10 points ! Et elle est donnée battue au second tour. Je crois que le chaos national va faire que tous ceux qui y participent, tous ceux qui contribuent au rejet de la vie politique nationale par intérêt partisan, auront des surprises désagréables.

    La question des lecteurs

    Lucas Antronico : Est-ce qu’au second tour des élections municipales, vous comptez faire barrage à l’extrême droite ou vous comptez faire comme avec madame Petel que vous avez soutenue et laisser passer l’extrême droite ?
    Je crois qu’avec les élections municipales, on est encore dans un autre schéma que dans les élections législatives. On compare deux modes de scrutins très différents. Le scrutin sur Aix était très spécifique avec des formations politiques là-bas. Là, on est dans un combat des municipales, l’enjeu est local et pas national. Et ce qui se dessine, c’est une quadrangulaire, pas une triangulaire. Il y a plusieurs éléments dans cette quadrangulaire qui entreront dans les paramètres au soir du premier tour. Il y a ceux qui concerneront l’élection à la mairie centrale de Marseille comme pour toutes les communes alentour, il y aura l’enjeu de la Métropole et l’enjeu dans les huit mairies de secteur. Ça complique la réponse à cette question. Je réponds quoi pour être clair ? Il n’y aura pas le RN. Marseille n’est pas et ne sera jamais RN.

  • Renaud Muselier, soutien pragmatique de Martine Vassal

    Renaud Muselier, soutien pragmatique de Martine Vassal

    Aucun doute là-dessus, à Marseille, Renaud Muselier n’est « pas candidat » aux municipales, a-t-il tenu à rappeler lors de ses vœux à la presse, ce jeudi 29 janvier, et il soutient Martine Vassal (DVD). « Je pense que c’est de loin la meilleure » pose-t-il, vantant son « expérience » et sa « compétence ». À ceux qui l’interrogent sur les difficultés de la candidate de la droite et du centre dans les sondages et sur le terrain, il oppose son vécu de président élu quand on prédisait le contraire. « Les sondages ne correspondent pas à la réalité, ils donnent une ambiance », estime Renaud Muselier, pour qui la campagne des municipales n’a pas encore démarré : « Cela va s’accélérer en février. »

    Il préfère fracasser le bilan du maire DVG sortant, Benoît Payan. Un maire qui « n’a jamais été élu », a « changé je ne sais pas combien de fois de DGS (directeur général des services) », les Verts « qu’il a noyautés » et n’ont pas pu se présenter, aujourd’hui victimes d’un « syndrome de Stockholm ». Il enchaîne avec « Kessaci, pour qui j’ai beaucoup de respect, qui est là… » Et ose : « Enfin, c’est pendant le mandat du maire que ses deux frères ont été assassinés. On ne peut pas dire que c’est un mec bien quand même ! » Orange qui s’en va de Saint-Mauront, les Galeries Lafayette fermées en centre-ville, les écoles non réalisées, tout y passe… Renaud Muselier parlant de « diagnostic » et de « projet ».

    Un « pacte de raison »

    Face à la menace RN à laquelle il refuse de croire, tout en déplorant que l’extrême droite sème le « chaos » au niveau national, il prône son « mode d’emploi ». La clé : faire comme à la Région, « un pacte de raison », s’entendre au premier tour, respecter ses partenaires. Ce qu’il avait essayé de faire à l’époque, à Marseille, estime-t-il avec « Bruno [Gilles], avec Renaissance, ils ont tous voulu se [présenter], on a perdu la ville ». Convenant que pour les législatives « la droite, le centre, les socialistes on a été rincés », il reste confiant : « Ce n’est pas [pour ça] qu’on va perdre les municipales. Au contraire, la méthode que nous avons mise en place est applicable. »

    Il étrille Franck Allisio, candidat RN et conseiller régional, dont il n’oublie pas qu’il fait l’objet d’un « article 40 car il s’est servi de la Région pour faire sa campagne ». « On est susceptible de voter pour quelqu’un qui n’est même pas considéré comme bon candidat », estime-t-il. Sur sa position en cas de triangulaires, Renaud Muselier reste évasif. « Pourquoi vous ne me parlez pas de quadrangulaires ? » interroge-t-il, estimant visiblement que ce sera le cas à Marseille. Et de réclamer de la « hauteur avec de vrais débats ».

  • [Rue de la République] Posez vos questions à notre invité Renaud Muselier

    [Rue de la République] Posez vos questions à notre invité Renaud Muselier

    Municipales, transports, TER, Jeux Olympiques…

    A vous la parole

  • En difficulté à Marseille, la droite se serre les coudes

    En difficulté à Marseille, la droite se serre les coudes

    Sauver Marseille. Un nouveau slogan pour sauver une campagne. Distancé dans les derniers sondages par le maire (DVG) sortant, Benoît Payan, et Franck Allisio, le candidat (RN) de l’extrême droite, Martine Vassal est à la relance. Partie en campagne le 13 septembre sous le slogan « Marseille, je t’aime », la candidate de la droite, a voulu changer de braquet avec le lancement de son comité de soutien.

    « ça fait chaud au cœur », concède-t-elle en prenant la parole pour conclure la soirée. « C’est vrai que c’est dur, j’en prends plein la figure », poursuit-elle en reprenant les mots de Renaud Muselier, le président de son comité soutien « mais je ne vais rien lâcher ». Près de 600 personnes s’étaient inscrites pour ce rendez-vous dans une brasserie de l’Escale Borély (8e). Un peu moins de la moitié était présente. Parmi eux des élus, un certain Yvon Berland, aussi, candidat macroniste qui avait contribué à sa défaite en 2020, ou Titi le boss, ce supporter de l’OM rendu célèbre pour « gratter » les maillots des joueurs à la sortie de la Commanderie.

    « Madame courage »

    à la tribune, quelques membres de son comité qui réunit presque 6 000 personnes, viennent expliciter leur engagement. Il sera beaucoup question de sécurité. Sans surprise. Christine Frontera, commandante de police honoraire, estime que Martine Vassal « a la volonté, le courage et la lucidité nécessaires pour affronter ce défi majeur ». Elle apprécie « l’idée novatrice » de création un hôtel des polices à la Caserne du Muy.

    « Marseille a besoin de constance, d’une autorité qui soit juste, protège et rassure », enchaîne Fabienne Bendayan, ex-présidente du Crif Marseille Provence. André Bendano, ex-président de la chambre régionale des métiers et de l’artisanat, s’engage par « sens du devoir » et par « refus du déclin de la ville ». Il cède le micro à Djihane Dib, d’une Génération pour Marseille. Elle, se bat pour une « ville plus accueillante, plus sûre, plus verte », où « sortir le soir ne doit être plus être un sujet ». N’y voir aucun lien avec la fermeture du métro à 21h30, même si elle salue la proposition de gratuité des transports pour les moins de 26 ans. Toute la droite locale qui honnit la gratuité applaudit.

    Invité surprise, le président du club de football de Vivaux Sauvagère, Omar Keddadouche, n’a pas écrit de discours. Il enchaîne les punchlines : « Personne n’a le monopole du cœur et des quartiers », « Je veux travailler pour le peuple », « Mon sang est bleu et blanc », « Martine tu vas gagner car on n’a pas besoin d’amateur mais de gens qui ont fait leurs preuves ».

    C’est finalement Renaud Muselier qui sortira les gants pour boxer les autres candidats, persuadé que « les choses ne se passeront pas comme annoncé » à « Marseille, reine des batailles ». Comprendre un duel entre Allisio, le « candidat à l’étiquette porteuse » qui a « fui à Vitrolles » et Benoît Payan. à l’entrée du « money-time », il invite la salle à ne pas croire aux sondages. Après avoir singé Nora Preziosi, dansant autour du candidat Erwan Davoux de manière « téléguidée », le président (Ren.) de la Région tape sur le maire sortant.

    Les JO 2024 et la coupe du monde de rugby, « c’est moi », et le Pape, c’est Gaudin… La gauche c’est les budgets retoqués en justice, le fiasco d’une adjointe à l’urbanisme qui ne « sortait pas un permis », l’affaire de l’ex-maire (PM) des 6-8 « sorti manu militari de la mairie pour avoir fait des cochonneries ». Après avoir évoqué le cas Hammou, il finit par convoquer « les héritiers de Guérini »… « Martine, c’est Madame courage. Il faut l’applaudir. On la défendra. Cette campagne est difficile, elle va être extrêmement violente. » On veut bien le croire.

    « ça fait chaud au cœur…
    C’est vrai que c’est dur,
    j’en prends plein la figure
    mais je ne vais rien lâcher »

  • Marseille écologie veut faire la différence

    Marseille écologie veut faire la différence

    Un « lanceur d’alerte » engagé depuis 30 ans sur les questions d’environnement avec notamment son réseau associatif Ecoforum. Ses priorités :la santé publique, la mobilité,le traitement des déchets… Avec une ligne rouge pour l’émigré chilien qui a connu la dictature : un refus de l’extrême droite. Pour le reste, « pas d’états d’âme » assume Jean-Marc Governatori, estimant avoir contribué à l’élection de Renaud Muselier en 2021 en lui apportant son soutien face au RN aux régionales. M.R. Photo M.R.

  • Bruno Gilles veut en finir avec « l’affaire du portail » des Chutes-Lavie

    Bruno Gilles veut en finir avec « l’affaire du portail » des Chutes-Lavie

    La campagne officielle n’a pas démarré, mais Bruno Gilles (Horizons) est déjà dans le dur. L’ex-député-maire du secteur, candidat de la droite sur les 4e et 5e arrondissements pour les municipales, dénonce une tentative de déstabilisation. « C’est la première fois en quarante ans que je dépose trois plaintes en quinze jours », explique l’ancien patron de la fédération LR des Bouches-du-Rhône. La première pour des menaces de mort, a été déposée le 19 décembre. La deuxième suite au cambriolage de sa permanence, date du 29 décembre, et la dernière pour harcèlement, diffamation et dénonciation calomnieuse, du 9 janvier. « Ça prend de l’énergie, du temps et de l’argent », souffle-t-il.

    Violence politique

    Au cœur de la polémique, le portail de la cité HMP des Chutes Lavie, installé en 2019 par l’assemblée de copropriétaires. « Je n’étais même plus maire, mais on me fait porter le poids de tous les mécontents de ce portail », s’agace Bruno Gilles, accusant à demi-mot l’actuelle mairie de secteur d’en faire une affaire politique avant les élections. « Une histoire hallucinante s’écrit. Dans le quartier, on me dit : mais pourquoi as-tu fermé ce portail ? En gros, je suis un méchant. Donc, je dis stop ! Je n’y suis pour rien », martèle l’élu de droite, acculé dans son fief. « S’attaquer aux Chutes Lavie où je suis né, où je vis depuis trois générations, où j’ai mes meilleurs bureaux de vote… J’y fais plus de 60% au 2e tour en triangulaire. Peut-être qu’ils veulent ronger ce petit os jusqu’à la moelle ? »

    Romain Simmarano (Ren), porte-parole de Martine Vassal, candidate (DVD) à la mairie centrale, est venu en soutien. « C’est le symbole d’une violence politique qui rappelle des époques qu’on croyait révolues. Et le silence de l’héritier des méthodes Guerini, qui est Benoît Payan, est un silence coupable », tance le protégé de Renaud Muselier. Lui, choisit de taper sur le maire (DVG) de Marseille au moment ou sa candidate est distancée par le candidat (RN) d’extrême droite dans le dernier sondage La Marseillaise/Experts et territoires/Ipsos-BVA.

    Dans ce climat plombant, Bruno Gilles esquisse des projets : piétonniser une partie du boulevard Chave, sécuriser les abords des écoles, réaménager la place Sébastopol. Rappelant son opposition à l’implantation de la Halte soin addiction, il plaide « la concertation », critique « les décisions imposées » arguant que lui « sait faire ». Le fiasco de la concertation sur la réhabilitation de la place Jean-Jaurès, sous le dernier mandat Gaudin, n’en est qu’un contre exemple.

  • Un Samu tout neuf pour le printemps

    Un Samu tout neuf pour le printemps

    Tout ne sera livré qu’au printemps, mais l’essentiel des murs du futur Samu « zonal », dont le périmètre s’étend de Marseille à la Corse en passant par l’Occitanie, a été monté. Implantés à la Timone, à deux pas du futur pôle Femmes Parents Enfants, les 7 500 mètres carrés de ce bâtiment aux dernières normes environnementales accueilleront également le centre de régulation des réception et de régulation des appels au 15, le centre anti-poison et les équipes du Smur (service mobile d’urgence et de réanimation). Un bond dans la modernité, conviennent les équipes médicales. Et une immense satisfaction pour le président de la Région, Renaud Muselier (Ren.), qui a participé à hauteur de 6 millions d’euros sur les 23 millions de coût du projet.

    « J’ai fait toutes mes études dans les urgences et je me souviens, on se reposait sur des brancards », commente l’élu en découvrant les chambres de garde. Espace de coworking, vaste salle de régulation et PC de crise, parking pour les 16 ambulances… Des dimensions adaptées à l’activité du « deuxième Samu de France derrière celui de Lille », explique le docteur Fouzia Heireche, directrice médicale du Samu 13, avec 800 000 appels au 15 et 40 000 interventions par an. « Et cela ne fait que monter, nous prévoyons dans nos projections d’atteindre le million », ajoute-t-elle.

    Un engagement collectif

    « Ce projet s’inscrit dans le cadre d’un plan de modernisation de l’AP-HM », précise François Crémieux, son directeur général, rappelant qu’au sortir du Covid, le système était « déstabilisé », même s’il se félicite que les bâtiments des années 60 aient « tenu le coup ». Mais « on est arrivé a une fin de cycle », estime-t-il. C’est aussi pour lui le résultat d’un « engagement collectif ». D’abord de l’État avant 2020, assorti d’une rallonge dans le cadre du plan Marseille en grand, puis des collectivités territoriales, souligne-t-il, avec 31 millions d’euros de la part de la Région, « quand partout ailleurs c’est quelques centaines de milliers d’euros ».

    Un investissement justifié estime Renaud Muselier. Si ce n’est pas dans ses compétences, « j’ai la charge de l’aménagement et du développement de ce territoire et ce n’est pas possible de ne pas avoir de réponse sur la santé », déclare-t-il, ajoutant que 130 millions d’euros ont été débloqués pour ce faire. « On a ventilé sur les 6 départements, on avait 15 maisons de santé ouvertes, on en a maintenant 124 », détaille-t-il. Et d’insister sur sa volonté pour le Samu, d’avoir « quelque chose d’efficace tout de suite » et qui serve à toute la région.