Tag: Renaud Muselier

  • 107 millions à trouver pour réindustrialiser le golfe de Fos

    107 millions à trouver pour réindustrialiser le golfe de Fos

    L’ambition est posée d’emblée : « Faire du golfe de Fos-étang de Berre le premier pôle industrialo-portuaire décarboné de la zone Euro-Méditerranée-Afrique, tout en préservant et valorisant ses atouts environnementaux. » Cinq mois après la fin d’une concertation XXL sur l’avenir de la zone, le conseil régional doit adopter, ce jeudi, le contrat de projet partenarial d’aménagement, afin d’accompagner l’installation de 30 projets industriels majeurs sur le territoire avec 10 000 emplois créés et de 15 à 20 milliards d’euros d’investissement sur dix ans. Un contrat qui doit être aussi validé en conseil départemental le lendemain, puis métropolitain lundi.

    Au total, 679,5 millions d’euros doivent être investis d’ici 2030 pour créer les infrastructures nécessaires, entre lancement d’études et réalisation des premiers travaux. Des financements fléchés en majorité sur les transports, en particulier sur la réalisation, attendue depuis cinquante ans, du contournement de Martigues et Port-de-Bouc avec 228 millions d’euros prévus, mais aussi pour la modernisation de la ligne de la Côte bleue en étudiant un possible rapprochement de la gare de Fos avec sa zone industrielle, à hauteur de 93 millions d’euros, pour la réalisation de pôles d’échanges multimodaux à Miramas, au Rove, Vitrolles et Rognac avec en plus une piste cyclable de Port-Saint-Louis à Distriport, pour 54 millions d’euros… Et puis il y a les études de la liaison Fos-Salon, la requalification de la D268 qui dessert les terminaux.

    S’ajoutent d’autres gros dossiers : la modernisation depuis longtemps réclamée de l’hôpital de Martigues pour 60 millions d’euros, le développement des réseaux d’eau industrielle pour 42,5 millions, auquel s’ajoutent des études pour prélever l’eau du canal d’Arles à Fos, se connecter au réseau du canal de Provence voire se pencher à plus long terme sur la dérivation de l’eau de l’usine hydroélectrique de Saint-Chamas vers le Rhône. La zone de la Fossette, à Fos-sur-Mer, doit de son côté être aménagée avec un investissement de 40 millions d’euros pour accueillir des services sur mesure pour la zone industrielle, avec espaces tertiaires, aires de services pour poids lourds, ainsi que future cité de l’industrie et du port.

    5 600 logements à créer

    Le document se penche aussi longuement sur la question du logement. Des zones prioritaires sont identifiées, sur le secteur nord canal à Port-Saint-Louis, autour du contournement de Martigues – Port-de-Bouc, sur la friche Rassuen à Istres. Au total, ce sont 5 600 logements qu’il faut livrer en cinq ans. Pour faciliter la maîtrise foncière, une opération d’intérêt national doit être mise en place, une société publique locale d’aménagement d’intérêt national (Spla-in) créée.

    Mais, sur l’enveloppe prévue, 107 millions d’euros restent à trouver. « Quand on a le projet, on trouve les fonds, je ne suis pas très inquiet », tient à rassurer le président (Ren.) de Région, Renaud Muselier. Qui rappelle que sur les fonds européens, « on est éligibles à tout ».

    Un cap, surtout, reste à passer, celui de la ligne très haute tension qui doit assurer le doublement de la demande en électricité, et sur laquelle une décision du préfet est attendue pour samedi. « Le conseil que je lui donne, c’est de le faire après les municipales pour ne pas déclencher de conflits qui n’existent pas », glisse Renaud Muselier, qui veut rassurer les industriels. Rappelant que l’ancien préfet, favorable au projet, est maintenant directeur de cabinet à l’Élysée.

    Pour Muselier, le RN a peu de chances aux municipales

    Interrogé par la presse, ce mercredi, sur la menace de l’extrême droite aux municipales, le président (Ren.) de Région Renaud Muselier se montre optimiste. « Je ne crois pas à la victoire du RN dans la région », assure-t-il. Avec même l’espoir de refaire basculer Rognac, un an après la victoire surprise du RN. Cela ne l’empêche pas d’être inquiet pour Toulon, où « il y a de la division sur la ligne », tandis qu’à Arles, il a œuvré pour l’union de Cyril Juglaret avec Patrick de Carolis face au risque de défaite. Prudent sur la situation à Marseille avec l’évolution du mode de scrutin, il n’en rappelle pas moins que « le national ce n’est pas le local », taclant le candidat RN. Et d’écarter les craintes sur une alliance avec l’extrême droite : « Il faut bien qu’on récupère les électeurs RN et, en même temps, il ne faut pas qu’on perde les électeurs du centre. » Quant à Sabrina Agresti-Roubache, qui s’était émue des propos de Martine Vassal, « elle a sa place, mais ça ne peut fonctionner que si on est une équipe. »

  • [Entretien] Renaud Muselier : « Laisser aux Régions leur capacité d’action »

    [Entretien] Renaud Muselier : « Laisser aux Régions leur capacité d’action »

    La Marseillaise : Quel est l’objet de cette visite de 48 heures à Bruxelles ?

    Renaud Muselier : J’y vais pour rencontrer les commissaires européens, l’ambassadeur représentant la France, présenter mon dossier, son évolution. Là, je leur ai remis le tome 11 du recueil de projets soutenus en novembre, c’est 500 millions investis dans la région sur différents dossiers, comme la communauté du Guillestrois, la gestion intégrale des risques incendie dans les baronnies provençales… J’ai rencontré la présidente du Parlement, Mme Metsola, et je me suis exprimé en ouverture du comité européen des régions sur les coopérations territoriales, avant de m’entretenir avec M. Fitto, vice-président chargé de la politique de cohésion, du développement régional, des Villes.

    Notamment sur la renationalisation des fonds européens ?

    R. M. : L’enjeu est simple : est-ce que ces fonds sont recentralisés par les États membres ou est-ce qu’ils restent organisés en proximité et en territorialité ? L’association des Régions de France, que je copréside, plaide pour laisser aux Régions leur capacité d’action. Nous sommes très inquiets, nous ne voulons pas que l’état français récupère ces fonds et les engloutisse dans le budget national sans les reventiler comme nous savons le faire. Les Régions espagnoles et allemandes sont sur la même ligne, mais d’autres pays en mauvaise santé aimeraient les récupérer au profit de l’État central. C’est un lobbying important pour rappeler que la politique de cohésion est absolument indispensable.

    Ce n’est pas l’orientation prise sur le prochain plan quinquennal ?

    R. M. : Oui, surtout qu’aujourd’hui, compte tenu de ses difficultés de gouvernance, la position de la France n’est pas claire. Il faut qu’elle le devienne dans le premier trimestre 2026 pour peser. Pour notre région, qui est la première de France et la 10e région d’Europe en termes de captation de fonds, on parle de 10 milliards.

    D’autres sujets sont évoqués ?

    R. M.: Il y a tout le volet stratégie militaire, avec en la matière tout ce qui est déplacements civil et militaire sur la vallée du Rhône : entre Istres et Salon, le ferroviaire jusqu’au port de Marseille pour les marchandises et de Toulon pour les militaires. C’est co-finançable à 100% par sa commission (transports et tourisme), selon M. Tzitzikostas (commissaire européen), dans le cadre de stratégies d’aménagements de déplacements mixtes. Il y a un intérêt majeur à avoir un portage stratégie par stratégie, dossier par dossier : la sécurité, les transports, l’aménagement des territoires, Erasmus sport, les clubs amateurs, les bénévoles…

    Avez-vous un exemple concret ?

    R. M. : Un exemple qui nous concerne directement. Avec le travail que nous avons fait au Costa Rica, qui organise une scannérisation de la totalité des conteneurs portuaires, nous avons demandé avec les douanes, dans le cadre du contrat de plan, un scanner éligible aux Fonds européens à hauteur de 60%. C’est concret dans le cadre de la lutte contre le narcotrafic en amont de l’entrée des marchandises suspectes.

    Ça se discute comment ?

    R. M. : On est une région très représentée à Bruxelles et plus de 140 personnes à Marseille transforment des dossiers techniques pour les rendre éligibles. Après, c’est une validation politique avec des interlocuteurs qui savent que je défends l’Europe et me connaissent comme le loup blanc. Je fais ce travail de présentation d’évolution des dossiers tous les 4 à 6 mois. M. Tzitzikostas m’a par exemple donné des pistes sur la ligne nouvelle parce que les Italiens font la même chose de leur côté. Donc, les gares sont éligibles comme ce qu’on appelle le « RTMS », le volet technique… Là, il y a 90 millions d’euros pour nous.

    Les JO sont-ils facilitateurs à l’échelle européenne aussi ?

    R. M. : Dans le cadre de l’accélération de la validation des décisions. Comme pour le contournement Fos-Martigues, la zone industrielle de Fos… Ces fonds européens représentent 20 à 40% des investissements. C’est d’autant plus facile que je suis dans le contrat de plan, que ça a été validé grâce aux Jeux, que j’ai été intégré dans le budget qui, j’espère, sera voté. Tout est prêt, ensuite, il faut faire le lobbying nécessaire pour que la signature arrive en bas de la feuille.

    Vous les avez eues ?

    R. M. : En tout cas, ils m’ont dit qu’ils le faisaient. Donc, je pars plutôt content de mes rendez-vous. Très content.

  • Lionel de Cala officiellement en course pour un second mandat à Allauch

    Lionel de Cala officiellement en course pour un second mandat à Allauch

    Lionel de Cala a choisi La Provence, où il a fait ses classes il y a 25 ans, pour officialiser, lundi, sa candidature à un deuxième mandat à la mairie d’Allauch. à 42 ans, ce proche de Renaud Muselier resté chez LR, fixe deux priorités : « L’éducation et la sécurité. »

    Dans ce premier mandat qu’il rappelle marqué par une succession de crises sanitaire, sociale, économique, géopolitique, et aujourd’hui institutionnelle, Lionel de Cala met à son actif la restauration de l’hôtel de ville historique et l’ouverture du pôle culturel de l’Usine électrique. Le président du groupe majoritaire Provence Unie au conseil départemental met aussi en avant la nouvelle caserne des pompiers d’Allauch et Plan-de-Cuques « promise depuis 20 ans ».

    Le RN en embuscade,

    la gauche unie

    Un établissement largement financé par le Département, « premier partenaire financier » de la commune, dont les subventions en tout genre sont passées de 820 000 euros en 2020 à 8,3 millions. La Chambre régionale des comptes pointe dans un rapport ces aides dont le montant « explique 55% de la dette » de la collectivité et ne sont pas orientées vers les municipalités qui en ont le plus besoin.

    Le maire défend aussi dans son entretien sa politique en matière de logement social et continue d’espérer une « réforme » de la loi SRU, jugeant « inutilement punitif de devoir verser des pénalités de plus de 1,2 million d’euros à l’État », alors que sa commune ne compte que 7,5% de logement sociaux. Un argument de choix, visiblement, pour celui qui a mis fin en 2020 à 45 ans de règne Povinelli, devançant au second tour (59,66%), la candidate divers droite Monique Robineau-Chailan (24,41%) et l’extrême droite (RN) menée par Laurent Jacobelli (15,91%). C’est Christelle Varnier qui sera, en mars prochain, la tête de liste du parti lepéniste.

    Balayées au 1er tour il y a six ans, les forces de gauche et écologistes ont choisi cette fois l’unité. « Face à la menace grandissante de l’extrême droite et à une gestion municipale conservatrice, nous soutenons une liste écologique sociale et solidaire », indiquait, début décembre, un communiqué signé de l’ensemble des forces de gauche, appelant « tous les citoyens qui le souhaitent » à apporter leurs contributions dans l’élaboration d’un « projet alternatif et concret ». Cette liste sera conduite par Frédéric Dutoit, Dorothée Sudan, Vincent Coulomb et Denise Triscari.

  • Patrons et élus planchent sur la souveraineté lors du forum économique Soft

    Patrons et élus planchent sur la souveraineté lors du forum économique Soft

    « L’Europe : sursaut ou sursis ? ». C’est la question à laquelle ont tenté de répondre les plusieurs centaines d’entrepreneurs et élus présents pour Soft 2025, forum économique organisé par l’agence de développement de la Région Sud, RisingSud, ce jeudi à Marseille. « C’est l’occasion pour les grands dirigeants d’entreprises […] de parler de transition, innovation, d’industrialisation », résume Bernard Kleynhoff, président de RisingSud et conseiller régional.

    Le tout, avec quelques invités de marque comme l’ambassadeur de l’Ukraine (lire ci-dessous) ou encore le ministre délégué au commerce extérieur, Nicolas Forissier. Ce dernier revenait justement de Chine et a tenté de justifier la stratégie commerciale paradoxale d’Emmanuel Macron et ses gouvernements successifs. S’il vante « la révolution économique permanente » et la « planification » du pays de Xi Jinping, il juge que la France « verse trop dans la protection ». Même principe sur les accords commerciaux : d’un côté il plaide pour « plus de fermeté dans les négociations » et appelle à « ne pas être dépendant », et de l’autre il loue les accords de libre-échange, comme le Mercosur ou encore le Ceta. « Le Ceta, c’est tout bénef ! Le Mercosur est une opportunité ! », explique-t-il, tout en reconnaissant tout de même « qu’il faut protéger des filières sensibles ». En bref, il résume grossièrement le débat à « l’ouverture commerciale versus le protectionnisme et la fermeture des frontières ». Pas de quoi vraiment éclairer les lanternes des participants qui venaient débattre, par une série d’ateliers et de tables rondes, de la souveraineté européenne et française au sein de celle-ci.

    « On n’a pas de cohésion »

    Le président de la Région Sud, Renaud Muselier (Ren.) n’a pas manqué de rappeler sa capacité à capter les fonds européens pour des projets locaux : « Quand on est arrivé à la tête de la Région, on prenait 300 millions d’euros de fonds européens. À la fin de cette mandature on aura 10 milliards ! Ça finance d’Iter à Airbus jusqu’aux villages de haute-montagne où l’on refait des églises et des lavoirs. » Mais retombe dans la même forme de paradoxe que le ministre. Il loue l’aide financière de l’État ou de l’Europe en direction des entrepreneurs pour faire face au « souverainisme américain » mais ne veut pas entendre parler de contreparties. « Je suis d’une culture où il faut laisser grandir l’esprit d’entreprise. Nos voisins innovent et avancent pendant que nous, on fabrique des dispositifs de régulation permanents », développe-t-il. Compliqué donc de « redonner un sens à l’Europe » dans ce cadre.

    Finalement, certains patrons se montrent plus lucides. À l’instar d’Elie Girard, PDG d’Alice et Bob, start-up d’informatique quantique qui travaille sur des technologies potentiellement révolutionnaires : « À part Airbus, les géants européens ça ne marche pas vraiment. Le problème c’est que si on devient un géant en Europe, on sera vu comme un géant français pour nos voisins européens… Et ils achèteront américain. On n’a pas de cohésion suffisamment forte. »

  • La « tech israélienne » de l’eau n’est pas la bienvenue

    La « tech israélienne » de l’eau n’est pas la bienvenue

    Le rendez-vous ne passe pas. Dans une lettre ouverte au président (Ren.) de la Région, Renaud Muselier, une quinzaine de collectifs et associations engagés sur la question de l’accès à l’eau et du soutien à la Palestine, la CGT du conseil régional, la France insoumise et le collectif Vaï demandent l’annulation d’une rencontre organisée, ce mercredi, avec des entreprises israéliennes de l’eau.

    « Christian Estrosi, Renaud Muselier ou Éric Ciotti sont assujettis au traité sur la prévention du génocide », que la France a signé en janvier 2024, insiste Régine Fiorani du collectif Marseille Gaza. « Nous nous opposons fermement à cette collaboration avec des entreprises qui, de près ou de loin, contribuent au crime de guerre et crime contre l’humanité perpétrés par l’État israélien et l’armée israélienne. »

    La délégation de dix sociétés israéliennes spécialisées dans les technologies de pointe de l’eau doit être reçue au Tholonet, dans le cadre d’un événement organisé par Rising Sud, l’agence d’attractivité et de développement économique de la Région, avec la Société du canal de Provence (SCP) et le ministère israélien de l’Économie. Au menu : présentations de projets, rendez-vous pros, et visite d’infrastructures hydrauliques…

    La démarche s’inscrit dans une convention de partenariat entre la SCP dont est actionnaire la Région, et Mekorot, la compagnie des eaux israélienne. Elle a été signée en mai 2023, lors d’un voyage organisé en Israël, et s’inscrit dans le plan Or bleu : 620 millions d’euros fléchés d’ici 2028, s’inspirant de ce qui a pu être mis en place en Espagne ou en Israël.

    « Quel est le statut de ce type de rendez-vous du point de vue du droit international ? », interroge Benard Mounier (Eau Bien commun Paca), rappelant que « la privation d’eau est utilisée comme arme de guerre » à Gaza, en violation de l’ordonnance de la Cour pénale internationale de mars 2024 : bombardement des infrastructures d’assainissement et des réseaux hydriques, pollution des nappes phréatiques… La gestion de l’eau est « un outil de domestication des populations » et « le cheval de Troie de l’installation des colons », poursuit Anti du collectif Hydre. « Cette association est condamnable du point de vue de l’action génocidaire qu’il y a derrière, mais aussi du point de vue de l’imaginaire socio-technique qui va contre l’idée même de l’eau bien commun. »

  • [Entretien] Renaud Muselier : « Chacun son boulot, dans son domaine »

    [Entretien] Renaud Muselier : « Chacun son boulot, dans son domaine »

    La Marseillaise : Qu’est-ce qui se joue lors de cette 7e convention annuelle ?

    Renaud Muselier : L’objectif, aujourd’hui, c’est de faire l’état des lieux des relations entre la Région et les mairies, l’état des lieux entre le contexte local et national et faire le constat que les maires, qui sont élus et qui vont être en compétition au mois de mars, sont quand même ceux qui sont en contact direct sur la proximité. S’ils ont fait leur boulot, ce n’est pas le national qui pèsera, c’est le local.

    En octobre, dans « La Marseillaise », vous indiquez vouloir un « fédéralisme à la française ». Pourriez-vous développer ?

    R.M. : ça veut dire simplement : fin des injonctions contradictoires de l’état, suppression des doublons, liberté et confiance auprès des acteurs locaux de terrain, des entreprises ou des salariés d’ailleurs, de façon à ce qu’on ne soit non plus dans le contrôle de la réglementation, mais dans une liberté – dans le respect des lois de la République – qui ne soit pas en permanence en train de contraindre. C’est une décentralisation très claire que je propose : chacun son boulot, dans son domaine. à ce jour, ce n’est pas le cas. Par exemple, nous avons à charge l’orientation, que nous finançons. Mais, pourquoi a-t-on encore des services de l’orientation au niveau national ? C’est un doublon ! (…) C’est impossible pour les maires de travailler dans des conditions pareilles. Comment développer un territoire si, systématiquement, vous avez au sein d’une administration, trois sous-administrations véhicules de l’état ?

    Avec quels moyens mettre en place un modèle qui donnera encore davantage de responsabilité aux collectivités ?

    R.M. : Nous allons proposer, avec le Sénat, un texte pour une vraie décentralisation. (…) Si l’état veut décentraliser, la Région sera en première ligne. C’est notre devoir d’aider (les maires) maintenant.

  • Convention annuelle des maires : une décentralisation sans délier la bourse

    Convention annuelle des maires : une décentralisation sans délier la bourse

    En toile de fond de cette convention annuelle des maires, le sujet brûlant de la décentralisation et « la nécessité » de redonner de l’efficacité et de l’indépendance à l’action locale, rappelle à plusieurs reprises Renaud Muselier (Ren.). Le président de la Région Sud, à l’initiative de ce rendez-vous, a fédéré, ce jeudi dans l’amphithéâtre du Grand théâtre de Provence, plus de 400 maires et 650 communes représentées.

    En invité d’honneur : Gérard Larcher, président (LR) du Sénat, représentant des collectivités territoriales. Alors qu’en septembre, le Premier ministre a annoncé sa volonté de mettre en place un « grand acte de décentralisation », le président de Région et le président du Sénat ont annoncé proposer « dans les prochaines semaines » un texte de loi « complet », destiné à ouvrir un « vrai acte de décentralisation ».

    Gérard Larcher a précisé à la presse : « Il n’y a pas encore de plan. Nous allons attendre les propositions du gouvernement. Le Sénat a adressé sa contribution (…). Aujourd’hui, nous attendons le retour du gouvernement. Ce que l’on veut est une loi simple, à horizon bref (…), qui clarifie et simplifie les relations entre l’état, l’intercommunalité et la commune, l’état et le département, l’état et la Région. » Mais sans transfert des moyens financiers, les compétences risquent de rester théoriques, fragilisant l’autonomie locale, avec une rupture dans l’égalité entre les territoires de la République.

    Déroulé de propositions

    Dans un second volet, consacré à la gestion locale et à la « simplification » des actions pour les élus sur leurs territoires, Gérard Larcher a déballé une série de pistes et quelques mesures, réitérant son soutien explicite à ces élus locaux, « pôle de stabilité de notre pays ». Le tout « alors que le gouvernement demande aux collectivités un effort de 4,6 milliards d’euros (…), nous avons indiqué la semaine passée, en commission des finances, que c’était inacceptable », indique le président du Sénat face à une foule d’édiles.

    Gérard Larcher a, entre autres, avancer la proposition de réduire de moitié la compensation de l’abattement de 50% des valeurs locatives industrielles. Il est aussi favorable « à l’instauration d’un guichet unique, avec des dossiers instruits par le préfet du département ».

    D’ici le 9 décembre à l’Assemblée, poursuit le président du Sénat, la proposition de loi sénatoriale visant à accorder le statut « d’élu local » pourrait voir le jour, permettant « une meilleure conciliation vie privée, vie professionnelle et mandat ».

    Pour les maires, le Sénat examinera, le 1er décembre prochain, le projet d’une loi qui permettra aux maire et présidents d’intercommunalités « de créer un service de police municipale à compétence élargie ».

    Ils ont dit

    Dominique Santoni, présidente LR du département de Vaucluse

    « Gérard Larcher a rappelé une réalité que je partage pleinement. Cette nouvelle phase de décentralisation, ce n’est même plus une option, c’est une véritable nécessité. Le territoire et les élus de proximité savent prendre les décisions pertinentes, pourvu qu’on leur donne les moyens. Je suis pour cette nouvelle phase de décentralisation, il faut qu’on ait un État qui soit effectivement un partenaire stratégique, mais surtout qui fasse davantage confiance aux collectivités. Cela peut venir vite, parce que je crois qu’on est tous prêts, aujourd’hui, à assumer davantage de responsabilités. »

    Joël Levi-Valensi, maire SE de Saint-Cannat (Bouches-du-Rhône)

    « Les contraintes budgétaires, c’est une véritable problématique. Je me suis engagé sur mon mandat public, comme dans ma lutte professionnelle dans la fonction publique territoriale, car je croyais fermement à cet élan de décentralisation qui a touché les communes dans les années 1980 jusqu’aux années 2000-2005. Je suis très heureux d’entendre le président du Sénat, Gérard Larcher, annoncer que les sénateurs vont faire la promotion d’un acte de décentralisation fort, parce que je pense qu’il faut que ce soit la proximité qui gouverne. »

    Pierre Gonzalvez, maire LR de L’Isle-sur-la-Sorgue (Vaucluse)

    « Le Vaucluse est l’un des départements les plus pauvres de France, et on est au milieu d’une région qui est riche (…). Cela pose quand même la question de la répartition de ces richesses au niveau régional. (…) On a quand même beaucoup de salariés qui travaillent sur Iter ou autres, et qui génèrent et créent de la richesse du côté du département des Bouches-du-Rhône. On n’est pas jaloux, mais quand on voit les financements qu’on a de ce côté, et de l’autre, les difficultés dans notre département – où une majeure partie du budget est injectée dans le social – on voit les difficultés que l’on a à financer nos projets. Donc, y aura-t-il un jour une véritable réflexion sur un système permettant de mieux répartir les richesses régionales entre tous les départements ? »

  • Largement soutenu, Bernardini inaugure sa permanence à Istres

    Largement soutenu, Bernardini inaugure sa permanence à Istres

    L’avenue Hélène Boucher est la rue des élections municipales. Samedi 22 novembre, le maire candidat François Bernardini (DVG) a inauguré sa permanence de campagne au 14, à quelques mètres seulement de celle de son « voisin de palier » et principal opposant politique Robin Prétot (LR). Malgré le vent glacial, plus d’une centaine d’habitants se sont réunis pour soutenir l’édile.

    Sur l’estrade, François Bernardini était entouré de son mentor, le président du conseil régional de 1981 à 1985 Michel Pezet (PS), des maires de Fos-sur-Mer et de Port-Saint-Louis-du-Rhône René Raimondi (ex-PS) et Martial Alvarez (DVD), ainsi que du sénateur communiste Jérémy Bacchi. « Devant tant de personnes issues de courants différents, on peut se dire : “Quelle bouillabaisse !”, reconnaît l’élu. Ce n’est que la traduction véritable de tout ce que j’ai pu initier depuis 2008 et qui a permis d’emporter des gens différents dans un esprit commun avec une valeur essentielle qui est celle de la loyauté envers un programme et une ville ».

    Suzelle Ayot, élue à Istres et conseillère régionale, a délivré un message de la part de son président Renaud Muselier (Ren) : « Istres mérite de garder François Bernardini à sa tête. Vous avez un grand maire. C’est un bâtisseur, un visionnaire reconnu comme celui qui a transformé sa ville comme personne ».

    C’est justement ce que lui reproche son adversaire Robin Prétot, qui a fait du ralentissement de l’urbanisation son cheval de bataille. En mars 2026, ce sont ces deux visions de la ville qui vont s’affronter. Martial Alvarez assure : « Dans cette période confuse, (…) on a besoin d’un capitaine, d’un vieux briscard, de quelqu’un capable de porter de négociations fortes ». L’expérience suffira-t-elle à François Bernardini pour rester « indéboulonnable », comme Renaud Muselier le dit ?

  • Lutte contre le narcotrafic : Marseille attend des réponses concrètes

    Lutte contre le narcotrafic : Marseille attend des réponses concrètes

    Une semaine après l’assassinat de Mehdi Kessaci, sur un parking à proximité de l’hôtel du département des Bouches-du-Rhône, Laurent Nuñez, le ministre de l’Intérieur, et Gérald Darmanin, le ministre de la Justice, débarquent à Marseille. Une visite demandée par le président de la République. Lors de la réunion d’urgence mardi à l’Élysée, Emmanuel Macron avait appelé à poursuivre et amplifier la lutte contre les narcotrafics.

    Durant la journée, les deux hommes se rendront au Baumettes, rencontreront Benoît Payan, le maire (DVG) de la ville, puis les magistrats de la juridiction interrégionale spécialisée et les autorités judiciaires et des forces de sécurité intérieure, pour des « réunions de travail » sur la criminalité organisée et le narcotrafic. L’après-midi, un temps d’échange avec la famille Kessaci est prévu avant une étape à l’Évêché pour rencontrer les enquêteurs et chefs de service.

    Services publics

    En visite aux Émirats arabes unis, le garde des Sceaux a réclamé l’extradition d’une quinzaine de narcotrafiquants présumés recherchés par la France. Depuis janvier, quatorze ont été interpellés puis extradés dans l’Hexagone pour y être incarcérés et jugés, précisait-il. Mais l’attente est surtout grande dans la deuxième ville de France où une marche blanche est organisée samedi.

    Si Marseille est régulièrement secouée par des narcomicides sur fond de guerre pour le contrôle des points de deal, l’assassinat de Mehdi Kessaci, un « crime d’intimidation inédit » selon les mots de Laurent Nuñez, soulignant implicitement que son frère Amine, militant engagé dans la lutte contre les narcotrafics était visé, a marqué « un point de bascule ». Mercredi, au lendemain des obsèques de son frère, dans une tribune au Monde le matin puis le soir au JT de 20h de France 2, ce dernier a appelé à ce que « la révolte (…) soit durable », réaffirmant sa volonté de ne pas se taire.

    Dans son sillage, le maire de Marseille a appelé les Marseillais à se joindre en nombre à cette marche : « C’est une marche pour la dignité en mémoire de Mehdi Kessaci, c’est une marche pour la justice et l’État de droit. Et je dis aux Marseillais et aux Marseillaises n’ayez pas peur, justement parce que cet assassinat inqualifiable est fait pour qu’on se cache. Il faut qu’on soit nombreux, déterminés ! Il faut montrer que Marseille est une ville rassemblée. »

    Benoît Payan attend aussi des réponses concrètes de cette visite ministérielle. Notamment un véritable renforcement des moyens : « L’assassinat de Mehdi nous dit aussi autre chose. Cette fois, c’est l’État qui est défié. Même si je ne fais pas le tri entre les morts, il nous dit que la République doit être présente et faire son retour partout. Le service public doit être dans tous les quartiers, la police et les magistrats bien sûr, mais tous les services publics. À chaque fois que la République baisse la tête, les narcotrafiquants s’installent. »

    « On est passé dans une autre dimension ! Les narcotrafiquants, par leurs assassinats, rackets et pressions de toutes sortes, veulent prendre le pouvoir sur les lois de la République », a réagi de son côté Renaud Muselier. Rappelant les résultats concrets apportés entre 2024 et 2025 dans la lutte contre les narcotrafics, le président (Ren.) de la Région n’avait pourtant pas boudé en début d’année la suppression d’un préfet de police de plein exercice, décidée par Bruno Retailleau. En mars, l’ex-ministre (LR) de l’Intérieur avait confié la fonction au préfet de région, Georges-François Leclerc, parti depuis diriger le cabinet présidentiel à l’Élysée.

    Doctrine et plein exercice

    Une situation que le maire de Marseille regrette, allant plus loin dans sa critique. « Ça ne fait pas tout et tout ne s’est pas arrêté, il y a eu des résultats ces dernières années », tempère Benoît Payan rappelant que le nombre de narcomicides est passé de 49 en 2023 à moins d’une dizaine cette année : « Mais les policiers sont des agents du service public aussi, des fonctionnaires de l’État qui ont besoin de moyens. Ils ont besoin d’être payés correctement, ils ont besoin de renforts, de matériel et ils ont besoin d’avoir des idées claires et un cadre. Avoir enlevé un préfet de police de plein exercice à Marseille, en pleine bataille contre les narcotrafics, ça n’a pas de sens. »

    Sur le fond, le maire déplore aussi « la doctrine d’emploi des forces de l’ordre », estimant avoir observé malgré ces résultats, « un relâchement sur la question du narcotrafic ». Il regrette notamment que « l’accent ait été mis sur de la poursuite de personnes en situation irrégulière », évoquant les 7 500 OQTF délivrées sur l’année pour la seule ville de Marseille.

    Et de pointer la création tardive du Parquet national anticriminalité organisée qui va voir le jour, à l’instar des parquets national antiterroriste et financier. Une demande formulée en 2021. « Pas par plaisir. J’ai juste considéré que c’était une nécessité voyant ce qui se passait dans cette ville », coupe Benoît Payan. « Peut-être faut-il écouter les maires. Tous les maires. Quand on parle de nos villes, on sait de quoi on parle. Même si l’État était là à Marseille et c’est pas moi qui vous dirai le contraire, sur cette question-là, sa création le 1er janvier 2026 arrive un peu tard. »

    La réforme de la PJJ dans le viseur

    En réponse à l’appel d’Emmanuel Macron, à « amplifier » la lutte contre le trafic de drogue, l’Association nationale de la police judiciaire (ANPJ) réclame dans un communiqué la création en « urgence » d’une direction générale de la police judiciaire « forte, rassemblée et connectée, à l’image de la DGSI (Direction générale de la sécurité intérieure). » Pour l’ANPJ, « cette bascule dans le narcoterrorisme était prévisible ». Estimant que les « pouvoirs publics se montrent incapables d’anticiper et d’endiguer un phénomène désormais structurel », l’association considère que « la réforme de la police judiciaire a été, elle aussi, un point de bascule. Celui de la déconstruction du seul service de police capable de poursuivre une lutte efficace contre la très grande criminalité à l’échelle nationale. »

    L.M.

  • Ces entreprises qui investissent dans la région Sud

    Ces entreprises qui investissent dans la région Sud

    Les entreprises tricolores sont à l’honneur. Habituellement destiné à attirer des investissements étrangers, le 9e sommet Choose France, qui s’est ouvert lundi 17 novembre à la Maison de la chimie à Paris, se décline pour la première fois en version française pour encourager quelque 150 boîtes qui choisissent d’investir dans l’hexagone malgré un contexte international compliqué, en particulier dans les secteurs stratégiques de l’industrie. Au total, un peu plus de 30 milliards d’euros d’investissements sont valorisés, dont 9,2 milliards dans de nouveaux projets. Du côté de la région Sud, huit projets représentant 2 milliards d’euros sont mis en avant.

    Parmi eux, Airbus  Helicopters, qui investit 600 millions d’euros pour moderniser et augmenter la production de son site de Marignane qui compte aujourd’hui 8 500 salariés. Intégré au Pacte Sud Avenir Hélico, ce projet pourrait créer jusqu’à 5 700 emplois supplémentaires d’ici 2032.

    Total La Mède figure également sur la liste. Le géant de la pétrochimie ambitionne de créer une unité d’hydrogène renouvelable d’une capacité de 25 000 tonnes par an en partenariat avec Air Liquide afin de décarboner l’hydrogène utilisé sur sa plateforme de Châteauneuf-les-Martigues, pour un coût total de 150 millions d’euros.

    Un moteur de la réindustrialisation

    L’usine d’acier bas-carbone GravitHy portée par un consortium d’acteurs internationaux, qui représente un investissement de 2,2 milliards d’euros et bénéficie d’une avance remboursable de 800 000 euros de la Région Sud, fait office d’exemple de projet novateur lors de ce sommet. L’usine devrait créer 3 000 emplois (dont 500 directs) et produire 2 millions de tonnes par an de minerai de fer pré-réduit, contribuant à la décarbonation de la filière acier. Le démarrage des travaux est prévu d’ici 2026-2027, pour une mise en production commerciale autour de 2029.

    Devant cette vitrine, Renaud Muselier, président de la Région Sud (Ren), fait part de sa fierté : « Ici en Provence-Alpes-Côte d’Azur, le développement durable crée de l’emploi, l’industrie se décarbone et l’innovation se développe. Grâce à la mobilisation de risingSUD et de nos partenaires, nous faisons de la région un moteur de la réindustrialisation française. »

    Car l’agence d’attractivité et de développement économique de la Région et la collectivité accompagnent également d’autres investissements stratégiques pour renforcer la souveraineté économique du territoire. La start-up française spécialisée dans l’aéronautique Hynaero jouit de ce soutien pour l’installation de son usine d’assemblage de l’avion amphibie bombardier d’eau « Frégate F-100 » à Istres. Le projet bénéficie de 7 millions d’euros de soutien public via France 2030, pour un investissement global d’environ 1 milliard d’euros.

    Du côté de Fos-sur-Mer, Elyse Energy, via son projet Neocarb, est aussi accompagnée par la Région et risingSUD pour implanter une giga-usine de carburants de synthèse bas-carbone destinée à verdir le transport maritime et aérien. Avec un investissement de plus d’1 milliard d’euros et la création de 600 emplois directs et indirects, le projet prévoit une mise en service en 2030.

    Depuis 2 ans, risingSUD dévoile le bilan des investissements français dans la région. En 2024, la région avait ainsi attiré 1 487 nouveaux projets, permettant la création de 9 357 emplois.