Tag: Renaud Muselier

  • [Rue de la République] Romain Simmarano: « S’ouvre pour Benoît Payan et ses équipes, une phase de pouvoir total »

    [Rue de la République] Romain Simmarano: « S’ouvre pour Benoît Payan et ses équipes, une phase de pouvoir total »

    l’Analyse de la défaite

    Didier Gesualdi : Vous avez été l’un des artisans de la campagne de Martine Vassal pour les municipales de Marseille. Qu’est-ce qui n’a pas fonctionné ?

    On vient de vivre une défaite spectaculaire, à Marseille, avec des scores de premier comme de second tour qui ne sont pas du tout à la hauteur de nos espoirs, pas du tout à la hauteur de ce qu’incarnent la droite, le centre, les écologistes raisonnables, les sociaux-démocrates… Tous ceux qui se retrouvent dans ces appellations n’ont pas voté pour nous, on est donc mécaniquement rentré dans une phase de réflexion. Une phase d’introspection aussi, en essayant de se poser les bonnes questions : qu’est-ce qui fait que les Marseillais n’ont pas choisi ? Qu’est-ce qui fait que collectivement, nous n’avons pas été capables de présenter un visage et un programme qui donne envie ? Comment on fait pour que dans les six à sept années qui viennent, cette école de pensée, cette façon de voir le monde, la ville, la vie, reste une proposition politique pour Marseille ?

    Léo Purguette : Ça fait beaucoup
    de questions. Avez-vous des pistes de réponses personnelles
     ?

    Des pistes de réponses personnelles jamais, de réponses collectives, toujours. Déjà que le score de second tour montre bien la limite de l’exercice, on a la nécessité de se souder avec celles et ceux qui ont encore envie, aujourd’hui, de porter une voix politique digne de Marseille, de notre famille politique, de tous ceux qui nous ont précédés et viendront après nous. Il y a aussi la nécessité de rendre fiers les Marseillais. Ce qui caractérise cette campagne municipale, c’est que de façon assez collective, et pour nous qui avons perdu de façon fracassante, la classe politique marseillaise n’a pas donné envie aux Marseillais de s’impliquer. Il se trouve que la démocratie a parlé, Benoît Payan est le maire le mieux élu de l’histoire de la ville. Nous avons donc la nécessité de réfléchir, ça ne se fait pas en un mois, en six mois. C’est quelque chose qu’il va falloir bien maturer et mettre en place dans les semaines qui viennent pour permettre aux Marseillais qui souhaitent un espace politique qui ne soit ni le RN, ni le Printemps marseillais, de se retrouver dans quelque chose de sérieux.

    L’INCARNATION DE L’OPPOSITION

    Léo Purguette : Vous parlez beaucoup de collectif, c’est singulier à droite. Mais vous, personnellement, quel rôle entendez-vous jouer à l’avenir ?

    De façon hyper factuelle, je suis conseiller municipal de Marseille, d’une équipe de quatre élus. Je suis conseiller métropolitain de l’opposition marseillaise. Nous ne sommes que quatre avec une présidente d’institution, une ancienne présidente du Crif et une personnalité reconnue du monde de la santé. Cette équipe, même si elle est forte et cohérente, elle ne représente pas la totalité de ce que nous sommes. Moi, mon job, dans les mois qui viennent – je n’ai pas plus de prétention que cela – c’est fédérer autour de cette petite équipe qui siège dans l’hémicycle pour montrer que, hors-les-murs, on arrive à peser sur la vie politique municipale avec un mot-clé : l’utilité. L’objectif est de démontrer que cette forme d’opposition a pour unique but de faire réussir Marseille, ce qu’on n’avait peut-être pas réussi à faire dans les années précédentes. On va proposer, critiquer parfois et se rendre utiles.

    Léo Purguette : Aurez-vous un groupe ? La limite actuelle est à cinq élus.

    Nous ne demandons rien. Nous sommes quatre. La règle telle qu’elle est posée, c’est qu’on est un groupe à partir de cinq. C’est le résultat des urnes, de la démocratie. En revanche, je veux remercier le maire de Marseille qui, avec l’accord du président du groupe du Rassemblement national, nous a permis de prendre la parole comme non-inscrits et nous a laissés dérouler notre vision. L’enjeu pour lui comme pour nous, comme pour tous les Marseillais, c’est que la vie politique ne se limite pas à un mano à mano entre la gauche et l’extrême droite. Il y a besoin d’une offre politique centrale, rassembleuse, humaniste, déterminée sur le régalien et la sécurité tout en étant capable de parler d’autre chose.

    MARTINE VASSAL

    Didier Gesualdi : Martine Vassal est-elle la première responsable de ce score ou autant que le reste de votre équipe ?

    Tous ceux qui pensent qu’on résoudra nos problèmes en accablant celle qui a eu le courage d’être notre tête de liste et de tenir dans les épreuves, se trompent. Comme se trompent ceux qui nous ont lâchés en cours de route ou qui continueront de nous lâcher dans les semaines et les mois qui viennent. La vérité, c’est que nous avons mené une campagne collective autour de valeurs fortes et que nous avons été incapables de faire adhérer les Marseillais à cette façon de penser. Il y a mille raisons pour cela. La première d’entre elles, c’est comment dire « Marseille je t’aime » dans notre slogan de campagne et finalement se rendre compte que les Marseillais ne nous aiment pas. Cela nous engage à beaucoup d’humilité, beaucoup de travail. Il faut se remettre au boulot collectivement et que chacune et chacun d’entre nous se replonge les mains dans le cambouis de la vraie vie des Marseillais, pour travailler sur Marseille telle qu’elle est et pas telle qu’on la voudrait.

    2027

    Didier Gesualdi : La présidentielle arrive avec une droite guère mieux lotie au niveau national que local. Il faut de la proximité, des idées ?

    Léo Purguette : Une primaire ?

    D’abord, ce qui s’est passé à Marseille et à Nice fait quand même figure d’exception à l’échelle nationale. La droite, le centre, lorsqu’ils sont unis dans la région comme dans le pays, c’est encore une équation qui gagne dans les trois quarts des cas. Des villes comme Clermont-Ferrand, Bordeaux, Annecy sont revenues dans la besace de la droite et du centre, avec une carte de France globalement gagnante pour nos familles politiques, hors des grandes métropoles. Ici, regardez Robin Prétot à Istres, Alexandre Doriol à La Ciotat, David Gehant et Arnaud Murgia dans les Alpes…

    Léo Purguette : Dans ces communes il n’y avait pas 18 candidats de votre espace politique comme pour la présidentielle.

    Je prêche pour qu’à la fin, il y ait le moins de candidats possibles, mais attention au candidat par défaut, ce qui démobiliserait. Il faut une entente, un projet.

    LA NOUVELLE SITUATION POLITIQUE

    Didier Gesualdi : Vous souhaitez du succès à Benoît Payan ?

    On souhaite du succès à Marseille et donc à Benoît Payan et son équipe qui viennent en fait de récolter tous les pouvoirs. C’est un basculement inédit dans l’histoire politique de Marseille. Vous avez à la fois une majorité pléthorique du Printemps marseillais au conseil municipal et depuis peu, par le biais du travail qu’ils font avec Nicolas Isnard, la totalité des pouvoirs métropolitains. Et donc s’ouvre pour Benoît Payan et ses équipes, une phase de pouvoir total.

    Didier Gesualdi : Il vous reste le Département et la Région quand même !

    Ce ne sont jamais que des co-financeurs. Dans la vie quotidienne des Marseillais : transports, sécurité, propreté, cadre de vie, aménagement… Tous les pouvoirs sont entre les mains du Printemps marseillais. On ne va pas, comme certains, râler, faire des grands discours d’estrade pour commencer tout de suite à les taper et dire qu’ils font mal leur travail. On espère que ça se passe bien. Ce qu’on a dit au moment du budget, qui en fait ressemble aux engagements de campagne de nos adversaires, c’est qu’on jugera aux résultats. Est-ce qu’il y aura, à la fin de cette année, des bibliothèques ouvertes dignement ? Des piscines ouvertes cet été ?

    Léo Purguette : Nicolas Isnard est quand même l’un de vos amis, il siège dans la majorité de Renaud Muselier. Ça ne vous enferme pas dans l’incapacité de critiquer ce qui va se passer à la Métropole ?

    On peut reconnaître à Nicolas Isnard d’être cohérent, il a dit qu’il ferait la Métropole des maires, à la fin, il donne le pouvoir métropolitain au maire de Marseille.

    Léo Purguette : Il y a une tutelle de l’État…

    C’est un autre débat. Vous parlez du budget métropolitain, mais si on prend les vice-présidences thématiques de la vie quotidienne des Marseillais, les satellites comme la RTM, la Soléam, la SPLA-IN… Il ne manque plus rien au Printemps marseillais pour réussir. Notre rôle d’opposition, c’est d’être capable d’apporter des solutions, de donner des idées et, lorsqu’il le faut, de tirer la sonnette d’alarme.

    Léo Purguette : Nicolas Isnard a été quelque peu critique à l’égard du bilan laissé par Martine Vassal. Ça vous a surpris, déçu ?

    Non, je pense qu’il a fait simplement un discours de nouveau président. Mon inquiétude n’est pas sur les questions de personnes ou de bilan. La trajectoire budgétaire était prévisible et prévue, certains maires l’ont dit. J’attends énormément de Nicolas Isnard, que dans cette Métropole des maires, on ne perde pas la dimension stratégique sur l’emploi, les transports, le port…

    LE VERSEMENT MOBILITÉ

    Léo Purguette : Pour ou contre la hausse du versement mobilité ?

    Pardon, mais les impôts ne peuvent pas être l’alpha et l’omega de toutes les réponses politiques aux problèmes budgétaires. Il y a évidemment la nécessité de faire des coupes dans le budget métropolitain.

    Didier Gesualdi : Mais pourquoi Paris ferait payer plus ses entreprises que Marseille ?

    Si, à la fin, c’est la solution retenue, pourquoi pas, mais qu’on ne se focalise pas en permanence sur les impôts. Les Marseillais, les Français, en ont marre de payer autant d’impôts pour ne pas voir le service public correspondant.

    Je soutiens le combat de Nicolas Isnard auprès de l’État pour trouver plus de ressources, mais ça ne peut pas être que par l’augmentation des impôts. Il faut garder à la Métropole sa dimension stratégique. L’émergence massive de l’intelligence artificielle va détruire des centaines de milliers d’emplois dans le pays. Il faut qu’ici, on soit capable de créer des emplois non-délocalisables avec des filières qui nous ressemblent.

    RENAUD MUSELIER

    Léo Purguette : Renaud Muselier a annoncé sa candidature aux sénatoriales et cédera donc la présidence de la Région. Vous qui êtes un très proche, comment avez-vous accueilli la nouvelle ?

    Renaud Muselier a décidé de mettre son expérience au service de tous les maires du département en se présentant aux sénatoriales. Du fond du cœur, comme son directeur de cabinet et désormais élu, il aura mon soutien intégral. S’achèvent 10 ans qui auront été formidables à ses côtés.

    Didier Gesualdi : Ça ne fait pas un peu « courage fuyons » avant les régionales ?

    La décision qu’il prend c’est la préparation d’une victoire pas l’anticipation d’une défaite. Ça force le respect.

    Léo Purguette : La ministre Sabrina Roubache est candidate. Sur la même liste ?

    C’est le côté fantastique de la démocratie, on est tous libres de se présenter à une élection. Il faudra poser la question à elle et à Renaud Muselier.

    LA QUESTION DES LECTEURS

    Chaque semaine posez vos questions à nos invités sur lamarseillaise.fr l’une d’entre elles sera tirée au sort comme celle de Grégory Ibanez :

    Tout le monde est contre le tram des Catalans, est-ce que vous êtes toujours pour ?

    On a fait campagne pendant plus d’un an pour le tramway des Catalans et on a perdu les élections. Aujourd’hui, vous avez une équipe qui a fait campagne contre, qui a gagné les élections, qui préside la RTM et qui a tous les outils entre les mains pour mettre fin au projet. Est-ce qu’elle le fera ou pas ? Ce que je dis et que j’ai d’ailleurs rappelé au conseil d’arrondissements, c’est : « Faisons un référendum ou une consultation citoyenne si le préfet n’accepte pas le référendum. » Soyons capables de poser la question aux riverains et aux bénéficiaires de cet équipement qui, qu’on le veuille ou non, représentera une avancée en matière de transports, mais qui peut braquer, qui peut cliver. Je crois que ce n’est jamais mauvais d’aller demander leur avis aux Marseillais. Je répète que ce que nous pensons utile, c’est une consultation qui donne la parole aux Marseillais pour qu’ils puissent réellement s’exprimer sur le sujet.

  • L’association des maires passe le message au préfet

    L’association des maires passe le message au préfet

    L’amphithéâtre des archives départementales, à Marseille, n’a pas fait le plein, jeudi, à l’occasion de l’assemblée des maires des Bouches-du-Rhône. Un rendez-vous annuel organisé dans un contexte post-municipales et l’élection de 33 nouveaux maires dans le département. Plusieurs d’entre eux, dont Jean-Pierre Squillari (DVG) élu à Aubagne, avaient répondu à l’invitation.

    Au total, 65 étaient présents ou représentés sur les 93 adhérents de l’association d’un territoire comptant 119 communes. Parmi les absents figuraient Benoît Payan, maire (DVG) de Marseille – représenté par Pierre Huguet (G.S), son adjoint aux relations institutionnelles et 1er vice-président de la Métropole – ainsi que Nicolas Isnard, nouveau président de l’EPCI. En déplacement, il avait donné pouvoir à Georges Cristiani.

    À la tribune, le président de l’association des maires s’est chargé de faire passer les messages. Saluant le soutien de Martine Vassal, présidente (DVD) du Département – « un partenaire privilégié » -, et celui du président de Région (Renaissance), Renaud Muselier, sur lequel il sait pouvoir compter « pour défendre des citadelles municipales », Georges Cristiani s’est montré plus rude envers l’État, qui a retiré 5 milliards aux collectivités, et le Gouvernement qui, citant Beaumarchais, « a l’art de plumer la poule sans la faire crier ».

    Assis à ses côtés, le préfet Jacques Witkowski s’est aussi vu rappeler le bref passage de son prédécesseur, parti rejoindre le cabinet du président de la République. « Il ne nous a pas laissé un souvenir attendri (…), c’est le seul préfet que je connaisse qui a réussi à nous abîmer », glisse le représentant des maires, « avec vous, qui êtes un homme d’action, je sais que nous aurons des gestes, des actes et pas seulement des mots ».

    « Prenons garde »

    Le premier attendu est la formalisation du budget de la Métropole que les maires ont refusé de voter, le 28 avril, sur fond de déficit de 123 millions d’euros imputé aux ponctions de l’État sur les deux dernières années. Les élus redoutent notamment une intervention de la chambre régionale des comptes (CRC) sur les Attributions de compensation, l’un des leviers susceptibles d’être actionnés, au même titre que la fiscalité des ménages (taxe foncière) ou celle des entreprises (versement mobilité). « Les lois de finance rectificatives sont encore plus sournoises, prenons garde à nos attributions de compensations », glisse Georges Cristiani après avoir enjoint le préfet à faire passer le message.

    Avant cela, Martine Vassal avait rappelé l’effort financier du Département – 920 millions reversés aux communes entre 2018 et 2023 -, insistant sur la nécessité d’un « partenariat » et d’un « dialogue républicain » avec l’État. Renaud Muselier, lui, n’a pas caché son inquiétude : « Monsieur le préfet, nous sommes tous rabotés de façon régulière et systématique. À un moment, on est à l’os et on ne peut pas se laisser faire. On vous tend la main, on est avec vous. »

    à l’amorce d’une mandature « particulière » avec les élections nationales à venir et la fin « de la mondialisation bienveillante », le préfet assure que « la commune est l’élément clé », puis glisse quelques « messages de service » sur l’organisation des élections sénatoriales, la sécurité, l’effondrement démographique et son lot de fermetures d’écoles, « l’âme d’une commune ». Et de les prévenir ensuite que les lettres d’objectif triennal de la loi SRU ont été signées et envoyées. Assis au premier rang, le sénateur d’extrême droite, Stéphane Ravier, ricane. En 2026, les municipalités ne respectant pas l’obligation de 25% de logements sociaux vont payer 15,6 millions d’amendes…

    Le préfet assume son « rôle de contrôle des décisions des maires »

    « Les maires sont des chevilles ouvrières sans lesquelles le pays ne fonctionnerait pas comme il le fait. » À l’assemblée des maires des Bouches-du-Rhône, le préfet, Jacques Witkowski, était attendu sur le budget de la Métropole pour lequel il a saisi, lundi, la CRC. Interrogé, il s’est fait discret à la sortie : « Tout le monde exprime dans ces moments des préoccupations et soucis. Les maires sont confrontés à des politiques parfois complexes parce que l’intérêt individuel peut se heurter à l’intérêt collectif. Il est très important d’entendre ce que les maires ont à dire, mais aussi rappeler que l’État est d’abord un État partenaire, d’accompagnement, mais j’ai aussi un rôle de contrôle des décisions des maires, il faut l’assumer. »

  • La Région Sud signe avec la SNCF un nouveau contrat

    La Région Sud signe avec la SNCF un nouveau contrat

    Ce contrat entérine notamment un renouvellement des rames et des infrastructures ainsi que l’amélioration de la desserte. Aujourd’hui dégradé, le réseau des Alpes du Sud sera modernisé, notamment pour accueillir les Jeux olympiques de 2030. Un des grands objectifs de la Région.

  • [Entretien exclusif] Renaud Muselier et Jean Castex « Les JO, accélérateur de la révolution ferroviaire »

    [Entretien exclusif] Renaud Muselier et Jean Castex « Les JO, accélérateur de la révolution ferroviaire »

    La Marseillaise : Vous avez fait ensemble des annonces importantes pour le ferroviaire dans la région. Peut-on parler d’un « effet Jeux olympiques » ?

    Renaud Muselier : Il y a incontestablement un effet JO dans la région, pas simplement sur le ferroviaire. Mais nous avions commencé par le premier budget vert d’Europe, ce qui entraîne la décarbonation. Dans une région où on ne peut pas avoir de route et dans laquelle il faut des trains. La boucle est bouclée. On a fait ce qu’il fallait sur l’arc bucco-rhodanien, pour libérer, organiser, structurer Tarascon, Arles, Miramas, la Côte bleue, donc l’Ouest de Marseille. On a, sur la Métropole niçoise, réglé le problème de Nice-Breil, ce qu’on appelle le train des merveilles, mais aussi le Nice-Digne, le train des pignes. On a obtenu des moyens pour la Ligne nouvelle Provence Côte d’Azur qui est le premier maillon de l’arc méditerranéen entre l’Italie et l’Espagne, financé par l’Europe. Dans le cadre de l’application des règles européennes transcrites dans le droit français, nous avons fait des appels à concurrence. Quel est l’accélérateur de la révolution ferroviaire ? Oui, c’est l’effet Jeux. Il permet d’obtenir plus vite les livraisons, l’organisation d’une structuration qui a été anticipée depuis longtemps.

    Jean Castex : Les JO d’hiver c’est le bébé de Renaud Muselier, mais permettez-moi de rappeler qu’avant d’être Premier ministre, j’ai été délégué interministériel aux Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024. Cela me permet de dire que des Jeux réussis, ce sont ceux qui laissent un héritage sur le territoire sur lequel ils sont organisés. Je ne peux que me réjouir, avec ma casquette de président de la SNCF, qu’Alpes 2030 aura un héritage ferroviaire majeur. La ligne des Alpes sur laquelle nous nous trouvions, mardi, avec le président Muselier, en est l’illustration. La force de la région, c’est d’avoir su drainer une partie des financements olympiques sur un objet ferroviaire qui va rester bien au-delà de l’échéance de 2030. L’ambition est là. Bravo la région ! Après, il faut réaliser. L’avantage des Jeux, je l’ai mesuré à Paris, c’est qu’il y a une échéance. On ne peut pas dire au monde entier qu’on n’est pas prêt et que, finalement, on va les faire en 2032. On sait faire. On a fait des lois olympiques pour accélérer les procédures. C’est aussi une vertu des Jeux de nous apprendre à travailler autrement pour rendre possible ce qui d’ordinaire est impossible ou, du moins, très difficile.

    Quel impact de cet héritage ferroviaire sur la vie quotidienne de la population ?

    Jean Castex : La ligne des Alpes, mais ce n’est pas la seule, a un taux de régularité qui peut être amélioré. C’est ça que regardent nos concitoyens. Le cumul de l’ouverture à la concurrence lot n° 3 et des travaux olympiques va nous permettre d’agir sur tous les registres avec des impacts concrets pour nos concitoyens. Augmentation de l’offre ferroviaire à terme de 30%, ça veut dire par exemple un train par heure à heure de pointe. Dans les causes des retards, aujourd’hui, il y a la vétusté de l’infrastructure. À l’issue des 340 millions d’euros qu’on va engager sur la ligne Marseille-Briançon, tout cela va changer. La région va, par ailleurs, commander de nouvelles rames, certains retards étant liés à des pannes sur des rames anciennes. On va construire également un atelier de maintenance à Briançon. Bravo la région ! On comprend bien que rapprocher la maintenance de la ligne accroît la performance. Des pannes, il peut y en avoir, c’est inévitable. La question c’est : dans quel délai on peut les réparer.

    Donc, vous considérez que ce ne sont pas seulement des investissements pour transporter une masse de touristes durant les 15 jours des Jeux ?

    Renaud Muselier : Je pense d’abord aux citoyens de la région qui sont entre les trois grandes métropoles voire quatre avec Avignon, plus les bassins de vie enclavés dans nos terres. Je commence par là. Par exemple, au-delà de l’augmentation des trains dont a parlé le président Castex, on diminue le prix du billet de 20% pour les abonnés. Parallèlement, il augmente de 20%pour le ticket unique. Donc, celui qui vient en vacances, il prend le train et il paye beaucoup plus cher. C’est le seul moyen que l’on a pour désengorger, décarboner, fluidifier, organiser, structurer en refaisant la totalité de nos gares. On nous avait accusés, au début du mandat, de vouloir fermer des gares. On n’en ferme aucune. Au contraire ! On crée des pôles multimodaux partout avec le train, les cars Zou! qui ont été augmentés et décarbonés, les parkings, les prises de recharge, les vélos…

    Jean Castex : La force des Jeux et du président Muselier, c’est d’avoir réussi à attirer des financements extérieurs à la région. Nous avons posé, ensemble, le premier cube du Pôle d’échange multimodal de la gare de Briançon. C’est un projet ambitieux de 20 millions d’euros qui sera financé par la Solidéo [Société de livraison des ouvrages olympiques Ndlr]. Ce ne sont pas des fonds régionaux, pas des fonds SNCF.

    Il est aussi question, avec votre déplacement, Jean Castex, d’ouverture à la concurrence. Et puis… finalement, c’est l’opérateur historique qui l’emporte ? Cela n’aurait‑il pas été plus simple d’avancer sans en passer par là ?

    Renaud Muselier : On augmente de 30% le niveau de service. La concurrence a quelque chose de bon, c’est qu’en sortant du monopole, tout le monde se retrousse les manches. Que le meilleur gagne. Dans les lots ouverts, il y en a quand même un qui a été gagné par un concurrent. Nous avons été les premiers en France à ouvrir la concurrence, il a fallu que la SNCF s’adapte.

    Jean Castex : Évidemment, c’est un challenge pour la SNCF, mais on aime bien être challengé. Ne croyons pas que le service public soit incompatible avec l’amélioration de la performance, à l’adaptation à des attentes nouvelles… Le monde bouge. Mais, vous vous en doutez bien, c’est un challenge quand vous êtes en monopole depuis quand même 1937. Je le dis : l’objectif stratégique de la SNCF est de se succéder à elle-même. Elle est mise en concurrence, c’est la loi. Les autorités organisatrices des transports sont exigeantes, M. Muselier l’a rappelé. Nous devons faire des offres qui sont performantes sans nous renier, sans casser le jouet. On reste la SNCF ! On a des valeurs de service public auxquelles je suis parfaitement attaché, mais les modalités évoluent. Cela suppose un processus d’accompagnement du changement, par le dialogue social. Qu’est-ce qui résout l’équation ? L’accroissement de l’offre. C’est-à-dire qu’on nous donne des moyens, que l’on peut investir… Si on restait à offre constante, sans aucun moyen d’évoluer à l’investissement, on pourrait se dire « tout ça pour ça ». Non ! Ce n’est pas comme ça. On est heureux de garder ce service, on veut gagner tous les lots, même si on ne les gagne pas tous, c’est la loi du genre. Le point commun avec l’autorité organisatrice des transports, c’est que l’on est satisfait quand nos voyageurs, nos usagers, le sont aussi.

    Votre prédécesseur à la tête de la SNCF, Jean-Pierre Farandou, avait quand même reconnu qu’il avait un doute sur l’efficience économique de la concurrence. Est-ce que vous partagez ce doute ?

    Jean Castex : Aucun système n’est jamais parfait, bien entendu. J’ai d’ailleurs appelé de mes vœux la constitution d’un observatoire neutre. Vous le savez, le TGV est lui aussi ouvert à la concurrence. Il y a des dessertes qui sont très rentables et d’autres qui sont déficitaires. C’est comme ça, parce que le TGV va partout et je tiens à ce que ça continue. Il n’y a pas besoin d’être docteur en gestion. Si les aimables concurrents ne vont que sur les sections rentables pour laisser à la SNCF les dessertes non rentables ça ne fonctionne pas. Pour moi, oui à l’ouverture à la concurrence, mais avec des obligations et des règles du jeu qui sont les mêmes pour tous. L’aménagement du territoire, c’est la péréquation. Les élus politiques des territoires le savent et ont ce souci.

    Renaud Muselier : Oui, d’ailleurs, nous-mêmes en tant qu’autorité organisatrice des transports, on a intégré cette exigence. On a toujours fait des lots équilibrés. On sait bien quels sont les territoires sur lesquels il y a beaucoup de monde et les autres.

    Jean Castex : Sur les TGV, c’est une activité « librement organisée », il n’y a pas d’autorité organisatrice des transports comme pour les TER avec les Régions. Mais attention, on est sur du service à la Nation ! Le train c’est un atout de développement du territoire.

    C’est le cas aussi pour les trains de nuit, vous reconnaissez cette logique ?

    Renaud Muselier : La desserte de Marseille ou Nice, ce n’est pas la même chose que la desserte de Briançon. Quand on arrive sur Briançon, on voit bien que tout le matériel est obsolète. C’est un peu compliqué aussi parce que, si nous nous avons fait des efforts, on se connecte à un autre réseau sur une autre région qui ne fait pas forcément les mêmes efforts en termes d’électrification. Donc, si on veut être prêt pour 2030, le train de nuit a une importance capitale pour circuler entre la capitale et les Hautes-Alpes. On a la nécessité de commander les locomotives et les rames, d’ici la fin de l’année. On a un allié qui est le ministre des Transports.

    Jean Castex : Tout à fait. Vous avez devant vous le Premier ministre qui a relancé les trains de nuit, rouvert le Paris-Nice, mais aussi le Paris-Tarbes ou le Paris-Aurillac. Je crois au train de nuit, les faits me donnent raison parce que ça marche. Je me suis rendu lundi soir – pas un week-end – à Briançon par train de nuit. Il était quasiment plein. Le Paris-Nice fonctionne très bien. Sur ce type de train, qu’on appelle intercités, c’est l’État l’autorité organisatrice des transports. Ils vont aussi être mis en concurrence. Ce serait un crève-cœur que ce ne soit plus la SNCF qui les exploite. Sur Paris-Briançon en particulier, je vais remercier les Jeux et M. Muselier : Les voies vont être refaites de Veynes à Briançon. Ensuite, il y a la section entre Veynes et Valence qui mériterait sans doute le même effort d’investissement. Mais le vrai sujet sur cette ligne, c’est le matériel roulant. Depuis Paris-Austerlitz jusqu’à Valence, le train roule avec une locomotive électrique, puis à 4h du matin, on met une locomotive diesel jusqu’à Briançon. Ces locomotives sont fragiles et en nombre limité. Elles expliquent beaucoup d’annulations, de problèmes, dont je suis parfaitement conscient. Nous attendons le résultat des appels d’offres lancés par l’État pour des locomotives bimodes, neuves, qui permettraient de ne pas en changer sur la longueur du trajet, économisant un temps précieux.

    Renaud Muselier : Ces locomotives seront livrées prioritairement chez nous, parce qu’on a les Jeux !

    M. Castex, vous avez rencontré à Marseille les organisations syndicales, qui redoutent un scénario semblable à celui vécu à France télécom, avec les bouleversements liés à la concurrence. Que répondez-vous ?

    Jean Castex : Je suis à l’écoute et je comprends les inquiétudes. C’est normal que les processus de changement inquiètent. Mon devoir, c’est d’écouter, de comprendre, mais aussi de trouver les voies et moyens pour rassurer. Tout ce que l’on vient de se dire montre qu’il n’y a, en aucun cas, un abandon du service public ferroviaire ou de la SNCF puisque ceux qui ont la capacité de choisir, nous choisissent. On investit de plus en plus dans le ferroviaire, on a de plus en plus de voyageurs. Effectivement, il faut prévenir les risques psychosociaux. Chaque agent doit être traité avec l’attention qu’il mérite. Ne doutez pas de ma détermination sur le sujet. La réussite pour nos usagers ne peut pas se faire sans réussite pour nos agents.

    Avez-vous quantifié l’effet de ces grands chantiers ferroviaires sur l’économie régionale, sur l’emploi ?

    Renaud Muselier : Dans la globalité des Jeux, après avoir fait notre rencontre « meet the buyers » sur les appels d’offres avec les entreprises, on peut estimer à la louche que c’est 4 milliards d’euros investis pour les Jeux. Ce qui fait 2,1 milliards pour la Région Sud, dont 700 millions pour le pôle de Briançon, 700 pour le pôle Alpes-Maritimes et 700 qui vont arriver sur le reste de la région. C’est un effet de levier économique très important, sans compter l’héritage.

  • Jean Castex inaugure la relance du train dans les Hautes-Alpes

    Jean Castex inaugure la relance du train dans les Hautes-Alpes

    « Stop à la sinistrose, vous avez un beau projet entre les mains, et vous allez le mener à bien ! » Arrivé en TER à 14h à la gare de Briançon, l’ex-Premier ministre, Jean Castex, est venu avec sa bonhomie caractéristique et un discours mobilisateur à l’heure de lancer le plan Performances ferroviaires dans les Alpes du Sud. Aux côtés du président de Région Renaud Muselier, du maire de Briançon, Arnaud Murgia et du président du Département Jean-Marie Bernard, le nouveau directeur de la SNCF a d’abord inauguré le pôle multimodal de la gare de Briançon. Un aménagement urbain destiné à mieux connecter les mobilités autour de la gare et la rendre plus accessible.

    Ce chantier à 20 millions d’euros est l’un des volets du plus vaste plan de modernisation ferroviaire dans les Alpes du Sud. Il vise à préparer le territoire à l’accueil des Jeux olympiques et paralympiques d’hiver de 2030, tout en modernisant les infrastructures ferroviaires des Hautes‑Alpes, un besoin réclamé depuis plus d’une décennie. « Depuis que je me suis engagé en politique dans ce département, je n’ai eu de cesse que d’entendre, pour seule problématique, le mot désenclavement », a rappelé Arnaud Murgia. Or, c’est bien pour montrer que l’action a désormais pris le pas sur les discours que le PDG de la SNCF a détaillé les grandes lignes du plan de performance ferroviaire lors d’une présentation à la mairie de Briançon.

    Le projet, d’un montant total de 342 millions d’euros, prévoit le renouvellement de 159 km de voie sur la ligne Aix‑en‑Provence–Briançon, le remplacement de 53 aiguillages, la régénération de 108 ouvrages d’art, la réouverture de deux points de croisement, ainsi que la modernisation de la signalisation. Dans les Hautes-Alpes, 40 millions d’euros seront spécifiquement consacrés à la rénovation des gares.

    Concernant l’augmentation de l’offre de trains de nuit, dont la fréquentation est en hausse, Jean Castex a indiqué attendre d’ici la fin de l’année les résultats de l’appel d’offres lancé par l’État. Celui‑ci doit permettre de mettre à disposition de la SNCF de nouvelles locomotives bi‑modes, électriques et diesel, adaptées au réseau ferré alpin, non électrifié entre Veynes et Briançon.

    Dissiper les doutes

    Renaud Muselier a loué l’opportunité que constituent les JO pour le département, estimant que les investissements liés à l’événement permettront de ressusciter une ligne « qui aurait très certainement fermé ». « Si on n’avait pas eu les JO, on n’aurait pas pu avoir ces aménagements structurels profonds pour nos infrastructures ferroviaires, a affirmé le président de Région. Sans ça, on aurait eu que des circulations routières sur le département, qui aurait été encore plus enclavé. »

    La journée a également été l’occasion de répondre aux inquiétudes exprimées par les élus et les usagers. Alerté par Gérard Martinez, maire de Saint-Léger-les-Mélèzes, sur le manque d’effectifs dans certaines gares, Jean Castex a tenu à rappeler que la SNCF est « en phase de création nette d’emplois en 2025 et en 2026 ». Jérôme Rebourg, vice-président de la Fédération nationale des usagers des transports (Fnaut), a lui suggéré de rouvrir les 22 km reliant Digne et Saint-Auban afin de recréer l’ancienne ligne Alpazur, de Nice à Genève, fermée en 1989. « La priorité est de solidifier l’existant, investir pour maintenir et améliorer les lignes qui existent », a répondu Jean Castex, tout en se disant « ouvert » à l’idée d’étudier la réouverture d’anciennes lignes.

  • La bataille pour les sénatoriales est lancée

    La bataille pour les sénatoriales est lancée

    Les élections sénatoriales ne se dérouleront que le 27 septembre prochain, mais ça s’agite déjà sur l’échiquier politique.

    C’est même le branle-bas de combat à droite et au centre. Après l’annonce de la candidature du président de la Région Sud, Renaud Muselier (Renaissance) pour un siège au Palais du Luxembourg, voilà que c’est la Marseillaise et ministre déléguée à l’Enseignement, Sabrina Roubache, qui envisage d’être candidate. L’information a été révélée par La Tribune Dimanche puis confirmée, ce lundi, par nos confrères de Marsactu.

    De quoi provoquer des remous dans le camp présidentiel. Renaud Muselier avait déjà jugé cette candidature « inamicale ». Il en rajoute une couche en invitant « le Premier ministre et le Président à s’occuper de cette affaire (…). On va voir qui sera ridicule dans cette histoire ». Autant dire que le groupe vit bien… Et, pour ajouter un peu de piquant, la sénatrice sortante Valérie Boyer (Les Républicains) a également annoncé être candidate à sa réélection dans Valeurs Actuelles, ce lundi. Cette dernière développe, sur le site de Public Sénat cette fois, être « ouverte à tout », dont à un accord avec Renaud Muselier. Lequel a d’ailleurs été élu via une large alliance des formations de la droite et du centre, et pourrait reproduire la manœuvre, ou pas. Il ne ferme d’ailleurs pas la porte à Valérie Boyer : « Pour additionner, il faut discuter. »

    Voilà qui contraste avec ses propos vis-à-vis de Sabrina Roubache. Une chose est sûre, c’est que l’Aixoise Brigitte Devésa (UDI) est aussi « candidate à sa réélection avec Renaud Muselier », confie-t-elle, ce mardi. Plus que ça, elle entend ne pas « descendre en dessous de la 4e place » sur la liste à venir. Et pour cause, il n’y a que huit sièges à se partager et, en 2020, la gauche avait raflé trois sièges, la droite trois, le RN avec Stéphane Ravier (il a quitté le RN depuis) et Jean-Noël Guérini (ex-PS) complétant l’affaire. « Ça se bouscule au portillon », résume le sénateur communiste Jérémy Bacchi. Qui s’inquiète : « Mais la multiplication des listes à droite pourrait favoriser l’extrême droite. »

    À gauche, le PCF plaide pour l’union

    Pour l’heure, les forces de gauche ne prennent pas le même chemin que leurs homologues de droite. « En 2020, on a conduit une liste d’union de la gauche entre communistes, socialistes et écologistes, qui a bien marché en faisant élire trois sénateurs de gauche dans le département », campe Jérémy Bacchi, sénateur communiste élu aux côtés de la socialiste Marie-Arlette Carlotti et de l’écologiste Guy Benarroche en 2020.

    Il note positivement que, depuis ce scrutin, il y a eu « une poussée de la gauche avec une augmentation du nombre d’élus à la faveur d’une union des forces de gauche aux municipales ». Ce qui implique donc une hausse du nombre de grands électeurs et conforte par là même les positions à gauche. « À titre personnel, je pense qu’il faut prolonger cette stratégie d’union qui s’est avérée gagnante pour la séquence sénatoriale. » Mais la prudence est de mise, puisque Jérémy Bacchi attend « les discussions souveraines au sein des communistes pour établir la stratégie et la représentation aux sénatoriales », avec une réunion prévue le 27 mai. En tout cas, on pourrait repartir sur le même trio sortant. Mais quid de Mireille Jouve, qui avait remplacé Jean-Noël Guérini, réélu sénateur en 2020 avant d’être déclaré inéligible par la justice ? « Je poursuis ce que j’ai entrepris depuis des années pour soutenir les communes […], je ne m’interdis rien », glisse-t-elle.

    Nul doute que les discussions sont loin d’être terminées pour ce scrutin.

  • Le projet Var Bleu pour sécuriser l’accès eau du territoire est lancé

    Le projet Var Bleu pour sécuriser l’accès eau du territoire est lancé

    Face aux sécheresses répétées et à la pression croissante sur la ressource en eau, la Région Sud, le Département du Var et la Société du canal de Provence (SCP) ont officiellement lancé, jeudi 30 avril à Rians, le programme Var Bleu. Présenté comme « le grand réseau de l’eau » du territoire, ce projet structurant vise à garantir, sur le long terme, l’accès à l’eau potable, l’irrigation agricole et la protection contre les incendies dans un département particulièrement exposé au changement climatique.

    Liaison permienne

    « En Région Sud, nous faisons face à des sécheresses plus fréquentes, plus longues, qui mettent sous tension l’ensemble des usages. Dans ce contexte, agir n’est plus une option : c’est une responsabilité », souligne Renaud Muselier, président (Ren.) de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur, rappelant que Var Bleu s’inscrit dans la continuité du Plan Or Bleu, lancé par sa collectivité pour préserver la ressource en eau. L’objectif est clair : « Préserver les besoins essentiels, de l’eau potable à l’agriculture, en passant par la protection contre les incendies. »

    Jean-Louis Masson, président (LR) du Conseil départemental du Var, insiste sur la dimension de solidarité territoriale du programme. « J’ai souhaité que les sujets de la gestion et de la préservation de l’eau soient au cœur de l’action de proximité du Département auprès des Varois », rappelle-t-il, évoquant la démarche Var Eau 2050 et le plan Var Eau Solidaire, adopté en 2025. Sa collectivité a d’ores et déjà engagé 20 millions en 2026 et 2027 pour sécuriser les ressources et promouvoir les économies d’eau, avec plus de 500 000 euros attribués depuis janvier à 11 communes et intercommunalités.

    Au cœur de Var Bleu, une nouvelle infrastructure hydraulique majeure : la liaison permienne. Plusieurs solutions d’aménagement sont à l’étude ; le scénario privilégié à ce stade consiste en une adduction de 52 km qui relierait Belgentier à Vidauban, en traversant le sillon permien. Cet ouvrage permettra de transférer une partie des ressources stockées dans les barrages du Verdon vers les territoires varois, via la branche varoise du canal de Provence, en complément – et non en substitution – des ressources locales. « L’objectif n’est pas de remplacer les ressources existantes, mais de les soulager en période de tension forte », précise la SCP, gestionnaire historique du canal de Provence depuis près de 70 ans.

    Enquête publique en 2030

    Sa présidente insiste sur la philosophie générale du projet : « Var Bleu, c’est d’abord une vision, fondée sur la solidarité entre les territoires, la sobriété des usages et la préservation des milieux naturels. » Le programme repose sur trois piliers : une infrastructure de transport d’eau, le déploiement de réseaux multi-usages à l’échelle locale, et des actions concrètes pour économiser la ressource. À terme, près de 60 communes supplémentaires et 15 000 hectares agricoles pourraient être raccordés.

    Avant le lancement des travaux, Var Bleu prévoit une large concertation : une phase préalable s’ouvre en 2026 et 2027 pour la liaison permienne, une enquête publique en 2030, et un dialogue continu avec les collectivités pour les réseaux de proximité. Le coût global du programme est estimé à 335 millions d’euros, dont 140 millions pour l’infrastructure principale. Un investissement d’ampleur, présenté par les élus comme indispensable pour « préparer l’avenir » d’un département confronté, dès aujourd’hui, aux limites de la ressource en eau.

  • JO-2030 : décision attendue en fin de semaine pour le pôle niçois

    JO-2030 : décision attendue en fin de semaine pour le pôle niçois

    « On est sur un fil, mais le fil est toujours tendu et on n’est pas tombés du fil. On a la semaine », a déclaré Renaud Muselier, lundi soir, à l’issue d’une réunion entre les différentes parties prenantes de l’organisation des Jeux olympiques d’hiver prévus pour se dérouler dans les Alpes françaises.

    Vendredi, le dossier semblait pourtant dans l’impasse, Renaud Muselier et Éric Ciotti, le nouveau maire de Nice, s’accusant mutuellement de tout bloquer.

    Nice doit théoriquement accueillir le patinage artistique, le hockey sur glace, le short-track et le curling ainsi qu’un village olympique et un centre des médias. De son côté, le Comité d’organisation (Cojop) a indiqué que « les parties prenantes ont convenu d’un commun accord de poursuivre l’examen technique des hypothèses en matière d’implantation et de financement permettant d’accueillir à Nice les épreuves de glace, dans le strict respect des enveloppes budgétaires. Une nouvelle réunion du groupe de travail se tiendra dans le courant de la semaine », selon un communiqué. « Je me réjouis de ces avancées positives », a déclaré Éric Ciotti à l’AFP.

    « Ligne rouge »

    « Tout est OK, sauf le hockey », a répété Renaud Muselier. Car pour Éric Ciotti, le projet de couvrir temporairement le stade de football de l’Allianz Riviera pour accueillir le tournoi de hockey, ce qui priverait l’OGC Nice de son stade pendant plusieurs mois, reste « une ligne rouge absolue ».

    « Tout le monde a un peu travaillé ce week-end et les options alternatives de M. Ciotti ont été présentées. M. Cadot a dit qu’il fallait les étudier et on a jusqu’à la fin de la semaine », a déclaré Renaud Muselier. Michel Cadot, ex-préfet d’Île-de-France et ancien délégué interministériel aux JO-2024, assure une mission « par intérim » au Cojop dans l’attente de la désignation d’un nouveau directeur général, après le départ en février de Cyril Linette suite à des « désaccords insurmontables » avec le président Edgar Grospiron.

    « Tout le monde veut Nice. Il y a un fort attachement au pôle niçois, qui avait beaucoup séduit le CIO », a aussi rappelé le président de la Région Paca, qui a ajouté qu’Éric Ciotti « a eu le président de la République à ce sujet ».

    Le Comité d’organisation a par ailleurs indiqué qu’un nouveau directeur général serait désigné le 11 mai. Selon Renaud Muselier, « il y a deux noms qui ressortent assez clairement ».

  • La Région Sud aide Fibre Excellence

    La Région Sud aide Fibre Excellence

    « La Région Sud avait accordé un prêt de 3 millions d’euros, dont 2,3 millions restent aujourd’hui à rembourser. Elle est prête à y renoncer pour soutenir la continuité de l’activité », annonce la collectivité, dans un communiqué de presse diffusé ce mercredi, à propos de la situation de Fibre Excellence, l’entreprise produisant de la pâte à papier dont un de ses sites est situé à Tarascon. Notons que cette créance avait été prise lors de la reprise de l’entreprise en 2021 et que la proposition de la Région se fait « dans le cadre d’une solution de reprise crédible et durable ». « La Région Sud est pleinement mobilisée pour défendre les emplois et préserver ce site, un acteur important de la souveraineté industrielle de notre pays. Fidèles à nos engagements depuis 2021, nous sommes prêts à prendre nos responsabilités », développe le président du conseil régional, Renaud Muselier (Ren.).

    « Merci pour le coup

    de pouce »

    Côté CGT, on accueille cette mesure positivement mais sans sauter au plafond non plus. Laurent Quinto, représentant de la Filpac-CGT sur le site de Tarascon « remercie la Région pour le coup de pouce » et loue un acte « qui n’est pas rien ». Mais il déplore surtout que « l’intersyndicale n’ait pas été reçue par la Région Sud malgré plusieurs demandes » et décrit cette aide régionale comme « pas suffisante au regard des enjeux ». Le syndicaliste prend exemple sur la Région Occitanie dirigée par Carole Delga (PS) : « On aurait aimé que la Région Sud s’engage autant que l’Occitanie, qui propose une entrée au capital. »

  • Des bateaux de croisière de plus en plus branchés

    Des bateaux de croisière de plus en plus branchés

    Une « première en France » s’est félicité ce samedi 11 avril le ministre des Transports, Philippe Tabarot, venu sur le Grand Port maritime de Marseille (GPMM) inaugurer le branchement électrique à quai des bateaux de croisière. Déployée dans le cadre du dispositif « Connexion électrique des navires à quai, Escale zéro fumée », cette technologie permet de connecter en simultané trois navires, dont les besoins peuvent atteindre les 16 mégawatts chacun, soit la consommation d’une ville de 13 000 habitants, et de couper les moteurs durant l’escale. De quoi améliorer la qualité de l’air quand le maritime représente « 37% des émissions d’oxyde d’azote » a rappelé en préambule Dominique Robin, directeur de l’association de surveillance de qualité de l’air, AtmoSud.

    Si « la trajectoire baisse depuis 15 ans, de 7 ou 10%, on a besoin d’accélérer », estime-t-il. Se basant sur une étude « récente » de la Ville de Marseille, il indique que « près de 780 personnes décèdent de façon prématurée en lien avec la pollution ». Mais pour Hervé Martel, président du directoire du GPMM, c’est une « étape majeure » qui a été franchie. Mieux, de l’avance a été prise sur la réglementation européenne qui impose que 90% des escales de navires de passagers et de porte-conteneurs utilisent l’électricité à l’horizon 2030.

    200 millions investis

    Et de citer une autre étude, du Pôle mer Méditerranée, selon laquelle le branchement des navires permet de réduire de 80% les émissions d’oxyde de soufre, de 75% les oxydes d’azote, et de 60% les particules fines. Dans un contexte de guerre au Proche et au Moyen-Orient, il s’agit aussi de réduire la facture énergétique, de se détacher des énergies fossiles pour renforcer sa souveraineté dans un secteur stratégique pour l’économie mondiale précise Philippe Tabarot. « L’État a investi plus de 50 millions d’euros, soit près de la moitié des investissements publics de ce projet » de 200 millions d’euros a-t-il détaillé.

    Côté croisiéristes, on se félicite de l’usage de cette électricité « verte » pour « se consacrer à toute la chaîne de valeurs entre le départ et l’arrivée du bateau », résume Jacques Hardelay, président de l’association Marseille-Provence croisière. Et de défendre l’impact économique « important » sur la Ville, « 57 euros par personne et par jour dépensés » par les passagers en transit avance-t-il, et aussi sur les entreprises, entre taxis et avitaillement. Parmi les représentants des collectivités, le président de la Région, Renaud Muselier (Ren.), bombe le torse rappelant sa capacité à aller chercher les financements européens. Plus nuancé, Laurent Lhardit, député PS des Bouches-du-Rhône et conseiller municipal, évoque, au nom du maire de Marseille, la volonté de maîtriser un tourisme que la Ville souhaite « durable » et « bien loin d’une massification qui devra être régulée ». Le nombre de croisiéristes accueillis par le port de Marseille étant passé de 62 000 en 1996 à… 3 millions prévus cette année.