Tag: Renaud Muselier

  • Drapeau confédéré : le Collectif aixois contre l’extrême droite s’insurge

    Drapeau confédéré : le Collectif aixois contre l’extrême droite s’insurge

    Symbole raciste et suprémaciste, une bannière confédérée a été déployée, samedi, lors de l’American day organisé par les associations Bikers 100 P et Hors Limites, à Simiane-Collongue. L’organisateur et le maire assument une simple « décoration » . Le Collectif Aixois contre les idées et les violences d’extrême droite a réagi dans un communiqué, mercredi : « L’exposer, c’est diffuser dans l’espace public le message que le racisme et le suprémacisme blanc relèvent d’un patrimoine culturel acceptable ». Le collectif ajoute : « Notre collectif s’étonne qu’aucun des élus présents n’ait jugé nécessaire de demander le retrait de cet emblème, ni de s’en désolidariser publiquement. Plus grave encore : le chef de la police municipale a posé devant ce drapeau, pour une photo que l’on peut voir sur le compte Facebook de l’élue déléguée à la Communication (…). » La structure demande notamment « que Philippe Ardhuin, maire de Simiane-Collongue, et Renaud Muselier, président de la Région, condamnent publiquement et sans ambiguïté le drapeau confédéré et ce qu’il représente, que le maire de la ville recadre le chef de la police municipale (…) ».

  • Un plan pour relancer Fibre Excellence

    Un plan pour relancer Fibre Excellence

    « Il y a un projet viable avec un investissement à hauteur de 30 millions d’euros pour le redémarrage car aujourd’hui l’outil est fonctionnel », défend François Batista, secrétaire général de l’UD CGT 13, sur le parking devant l’usine où une vingtaine de salariés et leurs syndicats CGT et FO étaient réunis en assemblée générale. « Mais il y a urgence à agir », insistent les salariés de plus en plus inquiets de voir chaque jour les employés de la société Realtec vider leur usine de toute sorte de matériels et convaincus que les liquidateurs « veulent rendre le site inutilisable ».

    Dans un 8e arrêté depuis début septembre, pris le 22 septembre, le préfet des Bouches-du-Rhône, Jacques Witkowski précisait bien que les mandataires devaient avoir quitté le terrain pour laisser l’Ademe prendre le relais sur la mise en sécurité du site au 1er octobre. En attendant, ces derniers accélèrent la cadence. Ce mercredi 23 septembre, c’est le piquet de grève des salariés qui a été dégagé, les réfrigérateurs jetés dans l’herbe à l’entrée du site, alors que des ex-salariés de Fibre Excellence continuent gracieusement à veiller au bon fonctionnement de l’outil industriel pour éviter tout accident. « Les câblages en cuivre, l’outillage, on assiste chaque jour à un nouveau pillage, alors que leur mission c’était d’enlever les produits dangereux et les 18 000 tonnes de bois », dénonce le secrétaire général de l’UD CGT 13, qui ne se privera pas de déposer une plainte pour le vol du matériel du CSE, a priori sans danger ni pour l’environnement, ni pour la population.

    Déterminés à défendre leur projet pour la viabilité du site et de toute la filière bois et papeterie, les deux syndicats CGT et FO faisaient le point avec une poignée d’ouvriers. « Là où les autres projets ont pataugé, c’est qu’ils étaient suspendus au prix du kwh, alors qu’on n’en a pas besoin », plaide le syndicaliste. « Le nouveau projet s’appuie sur la réduction des coûts des matières premières et la qualité de la pâte, détaille Jean-Michel Bulinge, délégué syndical CGT Fibre Excellence, moins de matière première et plus de tonnage car on travaille sur la valorisation des déchets. » Adrian Arcangeli, délégué syndical FO Fibre Excellence, précise : « Nous nous nous intégrons dans la filière du recyclage et comme la loi impose aux marchands de barquettes de changer de produits, nous proposons du made in France. »

    Un silence institutionnel

    Les salariés sont abasourdis par le « silence institutionnel » autour de l’avenir de Fibre Excellence à Tarascon. A contrario de la présidente socialiste de la Région Occitanie, Carole Delga, qui s’est engagée financièrement et dans la recherche de repreneurs pour le site de Saint-Gaudens, le président (Ren.) Renaud Muselier de la région Sud montre peu d’empressement à se porter au secours de l’usine de Tarascon, certes située aux confins de Paca. Interpellé par les salariés sur son niveau d’engagement, « il ne nous a pas encore fixé de rendez-vous, mais la Région aurait un projet sur le site, qui ne serait pas de la production de pâte à papier. Et on sait que la position stratégique de l’usine intéresse les groupes logistiques », craint Jean-Michel Bulinge.

    Leur tendre l’oreille serait pourtant intéressant. Alors que le nombre d’usines de production de papier en Europe est passé de 296 unités de production en 1991 à 129 aujourd’hui, un seuil critique est atteint. De quoi aggraver la dépendance aux importations. Un abandon du site de Tarascon menacerait une capacité stratégique dans la filière bois-papeterie, soit la mise en danger de près de 5 000 salariés induits. La filière du recyclage bois représente également un gisement de valorisation des déchets qui alimente 71% de l’industrie papetière. Et à Tarascon, les 180 millions d’euros d’investissements auraient juste été un coup d’épée dans l’eau ?

  • Le drapeau confédéré déployé pour l’American day à Simiane-Collongue

    Le drapeau confédéré déployé pour l’American day à Simiane-Collongue

    Du cuir, des grosses cylindrées et des bannières étoilées. Les États-Unis étaient à l’honneur, ce samedi, sur le complexe sportif de Simiane-Collongue, à l’occasion de l’American day organisé par les associations Bikers 100 P et Hors Limites. Au menu de l’événement, run de motos caritatif sous les fumigènes, rassemblement de voitures américaines, défilés de pin-up, concerts. Et à l’entrée, devant les bolides garés, une immense bannière confédérée déployée.

    Le drapeau des sudistes pendant la guerre de Sécession états-unienne ne semble pas choquer : l’élue déléguée à la communication et aux commerces en partage les photos sur les réseaux sociaux au milieu des images de l’événement, qui a rassemblé plus de 700 personnes, selon les organisateurs. On y voit même le chef de la police municipale poser tout sourire devant, le véhicule sérigraphié garé auprès de la bannière rouge barrée de la croix bleue étoilée. Loin de la charge symbolique du drapeau.

    C’est que l’étendard du Sud esclavagiste puis ségrégationniste, encore brandi comme symbole d’indépendance face à Washington, est surtout une marque de ralliement des mouvements suprémacistes aux États-Unis aussi bien que dans le reste du monde. À tel point que l’État de Caroline du Sud l’a retiré de ses bâtiments en 2015 après la tuerie raciste de Charleston, le Mississippi en 2020 après les manifestations antiracistes qui ont suivi la mort de George Floyd, en même temps que l’armée états-unienne le bannissait de ses bases. « Cela peut choquer peut-être, reconnaît l’organisateur, Alain Courbet. Mais nous l’avons mis comme ça, nous n’avons pas fait le rapprochement ! Nous n’avons mis les drapeaux que pour décorer. » Et le motard de jurer : « Pour nous, il n’y avait aucune arrière-pensée, rien du tout ! »

    Le maire « pas choqué »

    Présent à l’événement, le maire (LR) de la commune, Philippe Ardhuin, relativise lui aussi le symbole. « Je l’ai aperçu, mais ça ne m’a pas du tout choqué, partage-t-il. Ce n’est ni du racisme, ni sécessionniste, cela fait partie de leur histoire. » Une identité partagée par les bikers, plus présents dans le Sud, qu’il réduit à une « décoration ». Et de tenter la comparaison : « C’est vieux d’un siècle et demi. Si vous avez une fleur de lys, cela ne veut pas forcément dire que vous êtes anti-républicains ou royaliste. »

    Motard revendiqué lui aussi, le président (Ren.) de Région et candidat aux sénatoriales, Renaud Muselier, était présent à l’événement. Mais promet qu’il n’a pas vu la bannière installée à l’entrée. « Ce symbole, associé à une histoire de racisme et de ségrégation, n’a évidemment pas sa place dans un tel événement, indique la collectivité. Il est à l’opposé des convictions de Renaud Muselier et des valeurs de fraternité, de liberté et de partage qui doivent prévaloir dans ce type de rassemblement. »

  • Les liquidateurs de Fibre Excellence ont gardé les clés de l’usine

    Les liquidateurs de Fibre Excellence ont gardé les clés de l’usine

    « On s’attendait ce matin à voir Realtec et les mandataires judiciaires quitter le terrain pour laisser place à l’Ademe [Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie, ndlr], pour que soit enfin procédé à la mise en sécurité des installations », s’étonne Jean-Michel Bulinge. Le délégué syndical du site et trois autres ex-salariés restent en veille et s’inquiètent « de la lenteur de frappe du gouvernement alors qu’il y a urgence à agir et que des décisions ont été prises », par le ministre de la Transition écologique et le préfet des Bouches-du-Rhône.

    Depuis que la station d’épuration et les pompes qui alimentent le système incendie ont été remises en fonctionnement, le 17 septembre dernier par les anciens salariés, ils sont une poignée à se relayer « pour gérer le lessivage des eaux polluées », détaille Julien, technicien de maintenance. Dans l’usine, lundi matin, les salariés de Realtec, société « spécialisée dans la fermeture de site » missionnée par les administrateurs judiciaires, géraient toujours, quant à eux, les entrées et les sorties sur le site Seveso.

    Deux entreprises prestataires de Fibre Excellence s’y sont cassé le nez. La première, Chimirec, spécialisée dans le tri et traitement des produits chimiques, entendait récupérer ses conteneurs « toujours stockés dans l’usine et remplis », indiquait la salariée, un peu « inquiète d’être restée sans réponse des mandataires ». Le second prestataire, Soprovise échafaudages, venu récupérer son matériel dans le local où il l’entrepose s’est également vu refuser l’entrée. Jeudi, lors d’une visite du site, les ex-salariés, en présence de journalistes, avaient constaté que la grille du local de cette entreprise avait été forcée. « La situation est des plus préoccupantes, confirme l’UD CGT 13, les salariés présents assistent impuissants à des méthodes qui s’apparentent à du pillage de matériels, d’outillages et d’éléments divers dans l’usine. »

    Renaud Muselier « attentif »

    En fin de matinée, les agents de l’Ademe et de la Dreal Paca (Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement) sont entrés accompagnés d’un huissier et ont procédé à un tour du site. « On subit une vraie pression de la part des liquidateurs, témoigne Julien, alors qu’on s’évertue à éviter les catastrophes étant donné qu’ils ont tout stoppé n’importe comment ». Une nouvelle fuite serait survenue « depuis le retour de Realtec sur le site », précise l’UD CGT 13 qui demande « l’intervention de la préfecture, de la Dreal et des services compétents pour constater l’origine et l’étendue de la fuite, le prélèvement et l’analyse du réseau pluvial dans le Rhône, un inventaire des matériels présents » et « la suspension de tout démantèlement ».

    Car la CGT est convaincue qu’il y a un avenir pour la production de pâte à papier sur le site de Tarascon comme à Saint-Gaudens où la présidente (PS) de la Région Occitanie s’est engagée à la recherche d’un industriel et financièrement. Interpellé par le syndicat sur son niveau d’engagement en faveur de Fibre Excellence Provence dont 270 emplois directs et toute une filière dépendent, le président (Ren.) de la Région Sud, Renaud Muselier, « a bien reçu la demande d’audience de l’UD CGT 13 et le projet présenté par le syndicat fait actuellement l’objet d’une étude attentive ». Mais il y a urgence à agir.

    Licenciés et dans l’impasse

    Tous les contrats de travail ont été stoppé au 29 Août, selon le délégué syndical, « mais certains ont continué jusqu’au 1er septembre, voire jusqu’au 17 , et on a déjà un licencié dans ce cas que France Travail a prévenu que ce qui lui a été versé après le 29 août pourrait être un trop perçu car le mandataire est sensé le payer ». Un autre, qui a refusé le CSP et a créé son entreprise, est bloqué « parce qu’il n’obtient pas les documents administratifs nécessaires à son inscription à France Travail et il est en train de perdre ses futurs clients ».

  • [Grand entretien exclusif] Benoît Payan : « 2027 sera apocalyptique pour la Métropole »

    [Grand entretien exclusif] Benoît Payan : « 2027 sera apocalyptique pour la Métropole »

    La Marseillaise : Le refus par le conseil métropolitain de voter la baisse des dotations de solidarité aux communes – à une voix près – a été un séisme pour l’institution. Où en est-on aujourd’hui ?

    Benoît Payan : Le rôle du maire de Marseille, c’est d’abord de protéger les Marseillais et les Marseillaises. On s’acheminait vers un choix inacceptable pour moi, parce que je suis maire, Marseillais et que je dois défendre cette ville, qui consiste à nous faire perdre 36 millions d’euros. Marseille seule aurait porté 70% des économies de cette Métropole. J’avais prévenu : c’était inacceptable. Je crois à la solidarité métropolitaine, je pense qu’il faut être attentif à d’autres communes et j’avais proposé un chemin qui permettait aux 92 communes de ne rien perdre. Ma proposition a été balayée d’un revers de main. En le faisant j’ai prévenu que ceux qui la balayaient se mettraient dans une situation difficile car je me battrai pour ma ville. C’est ce que j’ai fait. On a réussi a gardé 36 millions d’euros.

    L’histoire n’est pas terminée… Marseille fait-elle toujours partie de cette « gouvernance des maires » ?

    B.P. : Ça a toujours été très particulier la relation de Marseille avec sa Métropole. Quels que soient les maires et les présidents, cette relation a toujours été très difficile parce que Marseille est une grande ville. Elle est tellement plus grande que toutes les autres villes qu’elle fait presque, à elle toute seule, la moitié de cette Métropole. Longtemps elle a été vue comme l’ogre qui allait se servir sur la bête. En réalité, c’est le contraire qui s’est passé. Ce sont les Marseillais qui paient le plus d’impôts métropolitains, pas seulement en millions d’euros mais en pourcentage. Ce sont les Marseillais qui paient la taxe d’enlèvement des ordures ménagères la plus chère. Et pourtant on n’a aucun équipement métropolitain, les politiques métropolitaines sont beaucoup trop absentes de la ville. Pourquoi j’ai souhaité entrer dans la gouvernance de la Métropole ? Parce que cette ville ne peut pas être sans cesse le bouc émissaire des uns et des autres. On n’a jamais revendiqué une hégémonie mais on revendique d’être respectés comme n’importe quelle autre commune. C’est un message qui doit passer.

    Ce message, estimez-vous qu’il est passé auprès de Nicolas Isnard ? La gouvernance de la Métropole restera-t-elle dans un statu quo ?

    B.P. : Il appartient désormais au président de dire ce qu’il veut faire de cette gouvernance, s’il désire en changer, j’ai toujours dit que j’étais prêt à l’accompagner et que je serai là si les choses doivent évoluer. Non pas parce que je serai candidat à la présidence, je ne le suis pas, je ne le serai pas. Quand je dis quelque chose je m’y tiens, je sais qu’en politique ce n’est pas commun. Je n’étais pas candidat il y a un an, six mois, je ne serai pas candidat demain, mais s’il doit y avoir des changements, je les accompagnerai.

    La Métropole a donc un budget élaboré hors des élus. Est-ce supportable ?

    B.P. : C’est un budget qui va peser sur les communes. Je suis allé rencontrer le président, notamment avec Gaby Charroux, pour lui dire « ne commets pas l’erreur de monter les communes les unes contre les autres ». Ce n’est pas parce que la Chambre régionale des comptes ou que le préfet disent quelque chose que nous, élus, sommes dépossédés de notre pouvoir de décision. Nous avons été choisis pour cela. Il y avait des moyens d’économiser ces 50 millions d’euros, de les lisser. Un budget en déséquilibre aurait ouvert un dialogue avec la chambre régionale des comptes. Ses magistrats sont des gens intelligents, ils comprennent qu’on est presque au bout de l’année budgétaire et que ces 50 millions sont lissables sur plusieurs années. C’est ce qu’il fallait faire, cela aurait évité une crise politique et budgétaire, or, là, nous les avons.

    La Métropole a-t-elle un avenir financier et fiscal ? N’est-elle pas déjà enterrée ?

    B.P. : Il ne faut pas se mentir : cette Métropole est mal née, elle est née en siège, dans la douleur et elle ne s’en sort pas. Structurellement, systémiquement, elle est malade. Sa capacité a développer des politiques publiques est inexistante par ce que sa construction, financière, fiscale, budgétaire, l’en empêche. Il m’est arrivé de le dire, Martine Vassal, elle-même, n’était pas en mesure de changer les choses. On ne peut pas faire avec cet outil, ce à quoi il devrait servir. Quand on voit l’état des équipements à Marseille, l’état de la voirie, ce sont des dizaines de millions d’euros qu’il faudrait investir. Il n’y a pas 40 solutions : soit une augmentation massive de la fiscalité mais les habitants sont-ils aujourd’hui en mesure de perdre du pouvoir d’achat ? Soit il faudrait renoncer à l’effet redistributif et contre-péréquateur de cette Métropole qui a sans cesse été pointé par les magistrats de la chambre. On en arrive à une situation insolvable. On ne pourra pas longtemps faire croire que cette Métropole est vivable. Elle ne l’est plus. J’appelle solennellement le gouvernement à se pencher sur cette Métropole. 2026 a été difficile mais 2027 sera apocalyptique. Toutes les circonvolutions, toutes les belles paroles du monde ne suffiront pas à remplir les caisses de la Métropole. Qui va-t-on faire payer ? Les entreprises avec le versement mobilité ? Vous croyez qu’elles sont prêtes à payer pour combler des trous ? Et les particuliers ? Il faut un consentement à l’impôt. L’impôt, c’est un effort pour vivre en collectivité parce qu’il permet de fabriquer des politiques publiques. On ne paye pas d’impôts pour les intérêts de la dette…

    Quelle alternative ?

    B.P. : Tout refaire ! Il faut tout repenser. Il ne peut y avoir ni totem ni tabou. Une Métropole telle qu’elle existe aujourd’hui est vouée à l’échec. À la fin ce sont les Marseillais qui vont trinquer. Je l’ai dit sur tous les tons pendant 6 ans : nous n’avons jamais réussi à faire Métropole, il n’y a que des intérêts particuliers, chacun défendant sa commune. Il ne peut pas y avoir de projet métropolitain dans un ensemble institutionnel sans argent. C’est comme si on jetait quelques subsides dans un cirque romain et qu’on demandait à des gladiateurs de se battre pour les récupérer. Ça ne fonctionne pas ! Les gens sont des adultes, ils se sont choisi des maires dans lesquels ils ont confiance. L’État ne peut pas nous laisser dans cette situation.

    Ça peut vouloir dire une fusion avec le Département ?

    B.P. : Ça peut vouloir dire beaucoup de choses mais je ne pense pas que le bloc communal soit fongible dans le Département, on a vu ce que ça a donné à Lyon. C’est voué à l’échec. On recommencerait à faire un gros machin qui ne fonctionnerait pas. Je crois aux compétences de proximité. Mais cette Métropole ne fonctionne pas. Non pas que Martine Vassal ait vidé les caisses, mais on apprend les choses au compte-goutte. Un établissement de coopération intercommunal doit d’abord être fondé sur la confiance. Ce n’est pas une collectivité, nous sommes les représentants de nos communes, nous sommes les élus de leurs habitants. Cet ensemble institutionnel n’est pas à la hauteur de nos ambitions. Je vis dans une ville qui fait 5 fois Lyon, 2,5 fois Paris et où le dernier métro a été inauguré avant ma naissance, il y a 48 ans ! Tout ça parce que l’argent a été servi à d’autres. Les attributions de compensation ont été calculées il y a 30 ans, à l’époque Marseille perdait des habitants, des emplois, les entreprises fermaient. Aujourd’hui j’ai des fleurons internationaux à Marseille, une ville qui attire des millions de touristes, qui produit énormément de richesses et nous ne bénéficions pas de tout cela. On me dit « c’est le fruit de l’histoire » mais je préfère regarder l’avenir que d’être tanqué dans un passé qui ne correspond plus à la réalité.

    En participant à la gouvernance métropolitaine dans ces conditions, notamment avec Samia Ghali, l’une de vos adjointes à la présidence de la RTM, n’est-ce pas un piège qui se referme sur vous ?

    B.P. : Elle travaille le plus possible pour améliorer les conditions de transports des usagers, elle fabrique de la tarification sociale, elle essaye de réfléchir à une nouvelle répartition des lignes aériennes, aux cadences des transports. On est en train d’avancer sur ces sujets mais on va se heurter à une réalité financière dans les années qui viennent. La RTM, à mon sens, doit peut-être devenir un établissement public autonome.

    Sur le modèle de la RATP ?

    B.P. : Pourquoi pas ? Il ne faut rien s’interdire. Le modèle tel qu’on l’a connu est éculé, terminé.

    Sentez-vous en cette rentrée, l’exaspération qui monte sur le pouvoir d’achat ?

    B.P. : J’aimerais bien fixer le prix de l’essence ou le niveau des salaires. Ce n’est pas la compétence d’un maire. En revanche, sur la question de la rentrée scolaire, je me suis mobilisé pour que les familles marseillaises aient des conditions meilleures qu’ailleurs avec un kit de rentrée scolaire, avec des grilles tarifaires de la restauration scolaire qui permette à 15 000 petits Marseillais de manger gratuitement, soit 5 000 de plus qu’avant. De la même manière on va augmenter le nombre de petits-déjeuners gratuits pour ne plus jamais avoir des petits qui ont le ventre vide à l’école. On ne peut pas tout, mais tout ce qu’on peut, il faut le faire. Un petit Marseillais, quel que soit son quartier, son histoire, sa religion, sa couleur de peau, il doit avoir les mêmes chances que les autres. L’école c’est fondamental pour moi, c’est là qu’on devient une femme, un homme, émancipés. Nos décisions sont prises avec une seule boussole : qu’est-ce qui est juste ?

    Qu’avez-vous envie de dire au gouvernement qui craint de voir renaître les Gilets jaunes et constate un calendrier syndical qui se remplit un peu plus chaque jour ?

    B.P. : Il est entre des feux contradictoires. Choisir c’est renoncer. Je crois profondément que la fiscalité dans ce pays est injuste. Celles et ceux qui gagnent le plus d’argent ne sont pas des ennemis mais ils ont des devoirs envers leur patrie. Quand on gagne beaucoup d’argent, c’est un honneur. Je ne dis pas de tout prendre mais que chacun contribue à sa juste mesure. On nous explique que les gens vont partir, ce sont des histoires à dormir debout, des berceuses des années 1980. Je crois que quoi qu’il en coûte, il faut aider les Français sur le pouvoir d’achat.

    Amine Kessaci, mécontent de ne pas pouvoir choisir la directrice de Marseille habitat dont il est le président vous a présenté sa démission. Comment avez-vous reçu cette nouvelle ?

    B.P. : D’abord je comprends qu’il puisse être affecté par ce vote. Ce ne doit pas être simple de se retrouver seul, mis en minorité par l’ensemble des administratrices et administrateurs d’un bailleur que l’on préside. Je le recevrai dans les prochains jours pour discuter de ce qu’il s’est passé. J’ai besoin de comprendre ce qui l’a poussé à faire ce choix. Aujourd’hui encore je ne comprends pas. J’ai entendu que c’était « le bureau de recrutement » que je ne connais pas qui avait motivé son choix. À partir du moment où il a souhaité mettre fin au contrat du directeur général qui a donné toute satisfaction jusqu’à présent, en tant que nouveau président, après tout pourquoi pas, je lui ai dit : « le choix devra se faire dans la plus grande transparence et qu’il n’y ait aucun doute sur la personne choisie ». Je pense que ni l’une, ni l’autre des conditions posées n’ont été remplies.

    Vous lui en voulez ?

    B.P. : La question n’est pas de savoir si je lui en veux ou pas. J’ai besoin de comprendre ce qui l’a amené à faire un choix aussi baroque. Il semble qu’il n’ait pas été convaincu par les multiples alertes données sur cette personne.

    Des alertes données par qui ? La mairie ?

    B.P. : Des alertes données par pas mal de personnes dont moi-même.

    Quand le verrez-vous ? Il a même proposé d’assumer lui-même le rôle de directeur général et, dit-il, à faire économiser de l’argent au bailleur.

    B.P. : Dans les prochains jours. Je n’ai pas bien compris ce que cela voulait dire. Amine Kessaci est quelqu’un de très intelligent, mais le dernier conseil que je lui donnerais c’est d’être président-directeur général. Cela l’exposerait juridiquement. Quand je vois la fougue et l’emportement qui sont les siens, je lui conseille de savoir raison garder. Je suis maire de Marseille, pas directeur général des services de la Ville. Il ne faut pas tout confondre.

    Cela signifie-t-il qu’il pourrait ne plus être votre adjoint ?

    B.P. : Je crois qu’il faut décorréler la situation à Marseille Habitat que j’ai besoin de comprendre et la confiance que je peux lui accorder par ailleurs. Si demain il devait démissionner de son poste d’adjoint, il faudrait qu’il m’en explique la raison.

    Dans notre région, ce sont dans les Bouches-du-Rhône que la gauche est dans la meilleure posture pour les sénatoriales. Quel est votre pronostic et où se porte votre soutien ?

    B.P. : Vous m’avez demandé 27 fois mon pronostic sur les municipales et 27 fois je vous ai répondu que je n’en faisais pas. C’est pareil pour ces sénatoriales. J’espère que cette liste d’union, solide, qui représente les territoires, les sensibilités, avec des histoires différentes, des horizons et des enracinements différents, arrivera en tête. Ce serait un très beau signal pour la gauche dans le pays, pour tout ce à quoi je crois. Le rôle des sénateurs va s’accroître dans un pays instable qui peut connaître le pire. Le rôle du Sénat doit être celui de garant de l’État de droit et de la continuité républicain, celui d’une vigie. Pour cela, il faut des sénateurs qui ont la conviction profonde que la République est une et indivisible, que sa devise est « Liberté, Égalité, Fraternité », que ses racines plongent dans la Révolution française, dans les forces de la lumière contre celle de l’obscurité. J’y crois avec force. Les listes de gauche qui n’ont aucune chance de faire un siège, vont prendre des voix à la liste d’union et à la fin c’est quoi ? Un siège en plus pour l’extrême droite. Je leur dis les yeux dans les yeux.

    Votre famille politique d’origine organise une primaire, vous intéresse ? Vous positionnerez-vous ?

    B.P. : Non.

    Pourquoi ?

    B.P. : Mon travail est d’être maire de Marseille. Je reste un homme de convictions. J’entrerai dans la danse si je sens un danger arriver. Je ne m’occupe pas des partis. Ça ne m’intéresse pas. Je dis simplement une chose : vous n’avez pas le droit de vous diviser. Je n’aurais pas l’outrecuidance ni la vacuité de penser que c’est duplicable. Mais c’est un exemple comme un autre. On nous a expliqué que le Printemps marseillais c’était des rigolos. Il se trouve qu’on a été élus en 2020 et réélus en 2026 sur un totem, celui de l’union. Les divisions permanentes pour savoir qui est le plus à gauche, qui est le moins gauchiste, le plus écologiste, le plus raisonnable, le plus révolutionnaire… Ce sont des débats de chambre. Les gens veulent une seule proposition. Je dis : ne partez pas en ordre dispersé parce qu’à la fin c’est l’échec.

    À Marseille, votre conception du rassemblement c’était sans LFI. Quand vous parlez d’une seule candidature, c’est avec ou sans LFI ?

    B.P. : C’est Jean-Luc Mélenchon qui a déjà répondu à cette question. Il est parti, il croit en son destin, l’ambition de sa vie n’est rien d’autre que d’occuper le fauteuil de François Mitterrand. Il se fout pas mal de ce qui se passera à la fin, il espère être président de la République quel qu’en soit le coût. C’est triste.

    Renaud Muselier a confié à « La Marseillaise » que vous lui aviez donné votre accord pour travailler à une cérémonie de clôture des JO 2030 à Marseille. Vous n’étiez pas en si bons termes auparavant ?

    B.P. : Le président Muselier est un pragmatique. Il m’a demandé si j’étais d’accord pour que ça se passe à Marseille. J’ai lui ai naturellement répondu oui parce qu’on sait faire, on sait organiser des événements internationaux. Renaud Muselier sait que ça sera réussi si c’est à Marseille. Mieux qu’ailleurs !

  • Course contre la montre après la démission de Grospiron

    Course contre la montre après la démission de Grospiron

    Après la démission d’Edgar Grospiron, qui sera choisi pour incarner les Jeux Olympiques 2030 ? En attendant la décision des instances olympiques, c’est son numéro deux, l’ex-préfet Vincent Roberti qui assure l’intérim en tant que directeur général du Comité d’organisation des JO (Cojop).

    Pour remplacer Edgar Grospiron, « il faut la bonne personne » même si « c’est clair qu’on est dans le temps court, il ne faut pas non plus prendre trop de temps », a déclaré Christophe Dubi, directeur exécutif des Jeux Olympiques au sein du CIO. « Il faut quelqu’un avec une autorité naturelle et un charisme personnel », avait mis en avant mardi Renaud Muselier, président (Ren.) de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, faisant état d’un nombre « impressionnant » de candidatures. Ce ne sera « pas obligatoirement un sportif », avait ajouté Amélie Oudéa-Castéra, présidente du Comité national olympique et sportif français (CNOSF), mais il faudra impérativement « une dimension sportive » et « montagne ». Pour la ministre des Sports Marina Ferrari, « il faut prendre le temps, il ne faut pas s’endormir non plus car il faut quand même que nous ayons une incarnation pour le projet des Jeux ». « On n’a pas de retard, mais pas de marge de manœuvre », a résumé Damien Robert, président de la Solideo, chargé de livrer les ouvrages olympiques.

    « Ne pas perdre de temps supplémentaire »

    « L’important est d’avancer au plus vite pour garantir aux porteurs de projets, sur le terrain, le soutien nécessaire au bon déroulement des chantiers olympiques qui sont, partout ici dans les Hautes-Alpes, sur le point de démarrer, ont réagi conjointement le maire de Briançon Arnaud Murgia, le maire de La Salle-les-Alpes Emeric Salle et la maire de Montgenèvre Muriel Jourdain. Nous souhaitons donc témoigner notre confiance à Vincent Roberti qui est sans aucun doute l’homme de la situation. » C’est avec « une grande tristesse » que les élus ont pris acte des désaccords qui ont mené à la démission d’Edgar Grospiron. « Nous tenons à saluer son action, sa vision de la montagne tout comme l’engagement sans faille qui a été le sien en faveur du projet olympique dans le Briançonnais. » Ils souhaitent par ailleurs que la nomination d’un ou d’une nouvelle présidente intervienne au plus vite « afin de ne pas perdre de temps supplémentaire, car celui-ci nous est compté », ont-ils conclu.

    Agathe Di Lenardo

  • Martine Vassal met en scène l’union de la droite pour sa rentrée politique

    Martine Vassal met en scène l’union de la droite pour sa rentrée politique

    Union de la droite. C’était le mot d’ordre de la rentrée politique de la présidente (DVD) du Département, Martine Vassal. Ce dimanche, au domaine de la Tour de La Ciotat, 80 maires et 200 élus de droite des Bouches-du-Rhône sont venus partager un aïoli et afficher une union de façade devant deux mille cinq cents participants. Car la droite affiche ses divisions pour les élections sénatoriales du 27 septembre. Trois listes ont été déposées ce vendredi. Mais malgré ce climat à couteaux tirés, le président de la Région, Renaud Muselier (Ren.) second sur la liste conduite par Brigitte Devésa, soutenue par la majorité sénatoriale de droite LR, Valérie Boyer, tête de liste soutenue, elle, par le président du parti LR Bruno Retailleau et Hervé Granier, maire de Gardanne, tous candidats sur trois listes adverses, étaient présents derrière Martine Vassal.

    C’est donc avec une droite qui apparaît unie derrière elle que la présidente du Département a tenu son discours de rentrée. Le premier depuis sa défaite aux municipales de Marseille. Si elle s’est dite « triste et en colère de voir que la droite n’a pas réussi à s’unir pour les sénatoriales », elle a officiellement apporté son soutien à la liste de Brigitte Devésa et de Renaud Muselier. Mais ce dimanche, l’objectif est clair : mettre en scène l’unité. « Ça fait chaud au cœur de les voir autant rassemblés », s’émeut la présidente du Département. Pour elle, sa famille politique « n’a pas le droit d’être en conflit ou d’être en opposition. Pour les prochaines élections départementales, il n’y aura qu’une candidature et pour les régionales aussi, clame-t-elle. Parce que c’est obligatoire pour tout ce que l’on a fait. » Il reste deux ans pour y travailler.

    « On espère n’avoir qu’un candidat à la présidentielle »

    Pour la présidentielle, « on espère n’avoir qu’un seul candidat pour ne pas tomber dans l’un ou l’autre extrême ». précise Martine Vassal. Pour Sylvain Di Giovanni, ancien président du mouvement Marseille Provence Unie « la droite a gagné lorsqu’elle a été unie ». Selon Martine Vassal, son camp politique devra « trouver des voies pour ne pas charger davantage ni les entreprises ni les habitants et donc réduire les dépenses en faisant des économies d’échelle ». Un cap qui fait l’unanimité à droite.

  • [Rue de la République] Renaud Muselier : « A la Région, j’ai 16 députés RN. Je les connais. On ne peut pas leur filer les clés »

    [Rue de la République] Renaud Muselier : « A la Région, j’ai 16 députés RN. Je les connais. On ne peut pas leur filer les clés »

    Sénatoriales

    Didier Gesualdi : Nous voudrions d’abord vous interroger sur votre candidature aux sénatoriales au sujet de laquelle on a tout entendu.
    Peut-être parce que l’on n’a pas voulu m’écouter, m’entendre. Je me suis exprimé clairement au lendemain des municipales où ma majorité de la droite et du centre a gardé à peu près 45 communes données perdues dans la région au profit de l’extrême droite. On nous avait dit « vous allez perdre ! » Où ? On a perdu à Menton où c’était compliqué car nos élus étaient un peu tous en prison et l’arrivée de Monsieur Sarkozy fils était un peu tardive, à La Seyne où nous avions trois candidats et donc la division. On a perdu à Tarascon où notre candidat n’a pas voulu se représenter et Nice mais où c’est plus un combat Christian Estrosi et Éric Ciotti. Après cela, je pense que la mère des batailles va être la présidentielle et les législatives. On ne sait pas ce qui va se passer mais si on est au Sénat dans l’opposition face au RN, parce qu’on s’est tous divisés, on aura un lieu de combat républicain et démocratique qui fera un contre-pouvoir. Et donc je veux aller là-bas.

    Léo Purguette : Aux municipales droite et centre ont globalement avancé unis, en revanche, il y a quand même un éclatement des candidatures pour ces sénatoriales. Est-ce que vous en prenez votre part d’échec ?
    On va voir à la sortie. Je prends toujours ma part de responsabilité, j’ai essayé d’invoquer l’union, j’ai obtenu de la totalité des formations politiques de la droite et du centre le soutien de la majorité sénatoriale autour et derrière Gérard Larcher. Pour cette raison, j’ai reculé afin de permettre à Mme Devésa d’être première et Mme Boyer d’être troisième et j’ai eu les investitures. Je pensais que cela apaisait. Cela a apaisé un mois. Et au bout d’un mois, madame a dit « je ne veux pas ».

    Léo Purguette : Valérie Boyer soutenue par Bruno Retailleau, cela vous a surpris ?
    On a le soutien de la commission d’investiture présidée par M. Karoutchi par délégation de M. Retailleau. On a le soutien de la majorité sénatoriale présidée par M. Larcher, et on se retrouve dans un schéma où à titre personnel ils la soutiennent… Moi je suis issu de la Chiraquie, avec un chef qui décide… Je suis donc un peu surpris.

    Extrême droite

    Didier Gesualdi : On en est où de votre combat contre le RN ? Vous pensez que cela sera aussi flamboyant au Sénat ?
    Je souhaite aller au Sénat pour porter mon combat politique de toujours lors duquel vous n’avez jamais vu une porosité avec le RN. Je pense que ce n’est pas bon pour le pays, pour notre vie quotidienne, pour notre sécurité, notre environnement, pour nos finances. Je les ai en face de moi à la Région, 16 députés, on ne peut pas leur filer les clés.

    Léo Purguette : Celle qui vous fait face aux sénatoriales pour le RN, Marie-Pierre Callet, a pourtant été longtemps dans votre famille politique. Cela ne vous interroge pas ?
    Il ne faut pas oublier que Marie-Pierre Callet a eu des positions très anti-RN. Mais vraisemblablement, ayant fini battue 4 fois sur sa commune de Maussane, elle s’est dit qu’elle jetait tout à la poubelle et se présentait contre ses anciens amis.

    Léo Purguette : C’est la traduction d’un opportunisme ? Pas des limites idéologiques qui se brouillent ?
    Sûrement aussi pour certains mais… Ça a toujours été un problème à droite. Avec Chirac on avait tranché. Là, il y a des porosités sur les lignes… Si on va plus loin, au lendemain des municipales à Marseille où avec ma candidate on n’a pas brillé, Mme Pila voulait avec Mme Caradec se retirer au profit du RN et Mme Boyer faire une fusion technique. Là, il y a une porosité réelle. Dans mon équipe, aucune fusion, aucune porosité.

    Présidentielle

    Didier Gesualdi. Les grands électeurs et même simplement les citoyens sont un peu perdus. Droite, Macron… Votre cœur penche où ?
    Mon cœur était pour la droite et le centre et c’est comme cela que j’ai gagné. Je suis de la famille gaulliste, du RPR, fondateur de LR, de l’UMP et j’ai fait l’union de la droite et du centre pour gagner les élections régionales. Dans le cadre des présidentielles qui approchent, je dis il en faut qu’un pour notre camp. Sinon, on ne sera pas au second tour. Il faut le faire avant Noël.

    Didier Gesualdi : Ce « un », c’est Gabriel Attal ?
    C’est celui qui est le mieux placé et aujourd’hui ce n’est pas le mieux placé. Ce « un » c’est celui qui peut gagner. Donc, quel que soit celui qui soit en tête, que le mode de désignation permette de gagner au deuxième tour. Et quand vous regardez, même si c’est toujours relatif et qu’il faut faire attention aux sondages, aujourd’hui celui qui peut gagner c’est Édouard Philippe. On va voir d’ici décembre, la campagne va avancer… Mais mon calendrier est clair et mon discours toujours le même.

    Austérité

    Léo Purguette : On est en plein débat sur le budget de la nation, il se passe beaucoup à l’Assemblée nationale, mais le Sénat c’est la chambre des territoires. Beaucoup d’élus regrettent amèrement les contractions de budget qui leur sont imposées. Quelle sera votre position vis-à-vis de cette austérité ?
    Nous en Provence-Alpes-Côte d’Azur on a fait 220 millions d’euros d’économie, de rabot budgétaire, sur un budget de trois milliards. On a voté notre budget, on l’a appliqué… Mais aujourd’hui il y a une volonté d’État de baisser le taux de compensation de la TVA – TVA plus ou moins active sur les régions, le domaine de l’économie dépend de nous et ils veulent nous enlever la proactivité de cette TVA. Ce qui veut dire que nous qui sommes très dynamiques et avons un retour sur la TVA à cause du travail des entreprises, on veut nous le sucrer. Ce n’est pas acceptable.

    Jeux Olympiques

    Léo Purguette : Concernant les Jeux olympiques, M. Grospiron a quitté la présidence du Cojop. Ça fait plusieurs directeurs aussi qui sont soit fragilisés, soit mis à la porte. Qu’est-ce qu’il se passe ?
    Depuis maintenant le mois de juillet et juin, plus exactement, même au lendemain des municipales, je suis sur ma campagne sénatoriale et je suis donc moins au fait. On a un bureau exécutif qui aura lieu cette semaine. Je vais débloquer du temps pour, bien entendu, y participer.
    On a le DG maintenant, c’est clair. On va avoir le livreur, celui qui doit faire en sorte que ça puisse être livré en temps et en heure. On a le budget et on a le soutien du CIO. Ça, c’est clair.
    On a eu le départ de Nice au profit de Lyon, ce qui est une tristesse absolue et un désastre économique et financier pour la région, au profit d’Auvergne-Rhône-Alpes. Ça, c’est clair. Et là, j’ai cru comprendre qu’il y avait encore une difficulté importante avec le président, elle est traitée avec le maximum d’élégance, pour continuer ce beau championnat des Jeux olympiques.

    Léo Purguette : La cérémonie de clôture, est-ce que vous avez avancé ? Vous aviez évoqué deux pistes, le lac de Serre-Ponçon ou Marseille.
    Il faut quand même regretter Nice. La cérémonie de clôture, ça représente quoi ? Ça représente, dans une période de non-tourisme, tous les hôtels pleins, tous les restaurants pleins et une dimension mondiale de visibilité, plus les aménagements des territoires. Donc, une fois qu’on dit ça, on réalise ce qu’on vient de perdre. Sur la volonté, quand même du maire, M. Ciotti, qui a pris la décision, seul, de punir son propre territoire. Premier volet.
    Deuxième volet, j’essaie de trouver une solution. Dans les solutions, Embrun pose un problème d’accès, pas un problème de cadre. C’est-à-dire qu’en fait, la famille olympique est à Lyon. Et donc, comment on les amène de Lyon à Embrun ? Voilà, c’est complexe. Donc ça, je pense que ça ne va pas avancer.
    Il faut prendre la famille olympique comme on l’a fait pour Cortina et Milan, où on les a pris et on les a amenés pour la cérémonie de clôture, puis on les a ramenés, puisque pour la sécurité, ils dorment dans le même hôtel. Et donc, ça veut dire qu’on a une organisation à voir et que sur Marseille, j’essaie d’avancer. Le maire m’a donné son accord pour avancer là-dessus.

    Métropole

    Léo Purguette : Le nouveau président de la Métropole, Nicolas Isnard, a échoué d’une voix à baisser la dotation de solidarité aux communes. Quelle est votre analyse ? Cette Métropole a-t-elle encore un avenir ?
    L’assemblée métropolitaine n’a pu s’entendre sur le budget modificatif de l’institution pour l’année 2026. Cela pose un certain nombre de difficultés, puisque nous sommes en septembre.
    Les dysfonctionnements de cette institution ne datent pas d’hier, ils sont le fruit de sa création. Cela a des conséquences pour nos habitants, et avec eux tous les acteurs économiques, associatifs, sociaux, sportifs, culturels du territoire.
    Il en va donc de l’avenir de notre territoire de trouver une solution institutionnelle, durable et stable. La loi de la création de la Métropole Aix-Marseille Provence a été conçue au Sénat, elle sera modifiée par le Sénat. Nous nous y engageons, et ceci au plus tôt.

    Présidence de la région

    Didier Gesualdi : Votre favori pour vous succéder, si vous êtes élu, est toujours François de Canson ?
    François de Canson est un vice-président de la Région, il était tête de liste dans le Var, président du CRT. C’est un homme expérimenté, maire élu, il est réélu plusieurs fois. Je pense qu’il sera un très bon Président. Et puis je reste élu régional.

    Léo Purguette : Il se murmure qu’un de vos vice-présidents alpins pourrait y aller ?
    Non, je ne crois pas, je pense que je le saurais. Mon départ a un peu saisi tout le monde mais petit à petit, tout le monde intègre que la Région doit évoluer. Je veux garder mes dossiers à moi, les Bouches-du-Rhône, les JO… et après, il faut créer, fabriquer, il faut donner.

    La question des lecteurs

    Christine : Si vous n’êtes pas élu sénateur, resterez-vous à la Région ?
    Je resterai à la Région quoi qu’il arrive car j’ai annoncé que je passerai la main à la présidence, pas que je quitterai l’institution. Si je ne suis pas élu, c’est triste. Pas tellement pour moi, mais c’est-à-dire que mon expérience et mon savoir-faire ne pourront pas être utiles ou ne sont pas souhaités en national. Je l’entends, je ne souhaite pas que ça se passe comme ça. C’est la raison pour laquelle je fais campagne, parce qu’il n’y a jamais rien d’acquis, que j’ai confiance dans le résultat, et que quel que soit le résultat, de toute façon, ma décision, elle est prise. Je laisserai la présidence de la Région, mais je resterai au conseil régional. En fait, moi, vous savez comment je fais. Je fais exactement l’inverse de ce qu’on a fait pour moi. C’est-à-dire que j’aime bien fabriquer, transmettre, aider, globalement, tous ceux qui sont dans mes équipes, tous ceux qui sont autour de moi, tous ceux qui sont à la Région, ils ont tous bénéficié de cette technique d’apprentissage, de formation, de victoire. Et donc, voilà, même si la reconnaissance est rarement réelle en politique, j’estime que c’est mon devoir. J’ai 67 ans, je pense que c’est une forme de sagesse, malgré mon combat, mes combats permanents, qui font en sorte qu’aujourd’hui, un combat est à mener ailleurs, et qu’aujourd’hui, il faut aider les autres à grandir, à pousser, à gagner. C’est ma marque de fabrique.

  • Le jour d’après pour la Métropole Aix-Marseille

    Le jour d’après pour la Métropole Aix-Marseille

    Retour à la case départ. Au lendemain de l’approbation d’une modification budgétaire assumée comme insincère par l’hémicycle métropolitain, les services de l’État confirment que le préfet saisira logiquement la chambre régionale des comptes, dès lors que la délibération lui sera notifiée. Une décision sans surprise. Le vote qui modifiait le budget arrêté par la préfecture au mois de juin ignorait délibérément la disparition de 53 millions de recettes issues des coupes prévues dans la dotation de solidarité versée aux communes. À une voix près ce jeudi, le maire (DVG) de Marseille Benoît Payan a imposé une minorité de blocage, échappant à une perte sèche de 36 millions d’euros pour sa ville.

    « Benoît Payan et les élus du Printemps marseillais se sont battus pour défendre Marseille, les Marseillaises et les Marseillais », rappelle encore ce jeudi la majorité marseillaise, qui reproche à la droite et l’extrême droite d’avoir « marqué contre Marseille » en approuvant cette délibération. Le RN et ses alliés de leur côté remercient encore le président (LR) de la Métropole Nicolas Isnard « qui a très clairement annoncé lors de cette séance budgétaire sa volonté de travailler avec nous » sur un nouveau plan de coupes sombres de 100 millions d’euros.

    Trois options

    « Le Département continuera d’accompagner les communes, de soutenir la Métropole lorsqu’elle agit dans l’intérêt général », réagit sa présidente Martine Vassal (DVD) face à ce « blocage institutionnel ». Et d’insister sur son vote en faveur de la délibération coupant dans la dotation de solidarité, appelant le président à « prendre ses responsabilités ». « Nous voulons faire une délibération en octobre sur des aides complémentaires aux structures et communes en très grande difficulté », annonçait lui aussi le président (Ren.) de la Région Renaud Muselier, en campagne pour les sénatoriales, sur BFM Marseille jeudi soir. Il promet d’ores et déjà de modifier la loi spéciale qui a créé la Métropole, ce « truc en plomb qui ne peut pas avancer ». Les Insoumis de leur côté rappellent qu’ils veulent la supprimer.

    Reste à savoir ce qui va advenir dans l’immédiat à cette Métropole. Dès lors que la chambre régionale des comptes sera saisie, c’est le budget arrêté par le préfet au mois de juin qui de nouveau s’applique, avec ses coupes dans les attributions de compensation versées aux communes. Les magistrats financiers ne pourront que constater l’insincérité assumée du budget, qui présente des recettes inexistantes, et donc son déséquilibre réel. « À partir de là, l’incertitude est totale », reconnaît le vice-président (LR) aux finances David Ytier. Trois options se profilent déjà dans la copie qui doit être rendue un mois après la saisine : les magistrats pourraient réitérer leur proposition initiale ou reprendre le budget arrêté par le préfet. Mais la municipalité marseillaise espère aussi qu’ils proposeront une trajectoire pluriannuelle pour résorber ce déficit, comme cela a été le cas pour le Département de Gironde. Des propositions qui devront être soumises au vote. « On regrette d’en être arrivés là », souffle-t-on dans l’entourage du maire, face à « un défi lancé à des institutions qui ne nous feront pas de cadeau ». Si un départ de l’exécutif n’est pas à l’ordre du jour, « nous avons été déçus par l’absence de dialogue et de considération de Nicolas Isnard », reproche-t-on dans les couloirs de l’hôtel de ville. « Cela va ajouter beaucoup de complexité à l’exercice de 2027 », craint de son côté l’argentier de l’institution. « On décale le problème, on ne le fait pas disparaître », pointe David Ytier, en rappelant que chaque commune peut saisir aussi les magistrats financiers pour solliciter des dépenses obligatoires. Mais la réunion du pacte financier et fiscal prévue ce mardi à Aix-en-Provence reste maintenue. « Nous continuons à travailler », insiste-t-il, et en bonne entente avec Marseille. Le même jour, Nicolas Isnard présentera l’édition 2027 de son marathon. Une épreuve que la Métropole doit désormais courir.

    « Nous décalons
    le problème. »

  • Lançon-Provence : Renaud Muselier remet un don pour les pompiers

    Lançon-Provence : Renaud Muselier remet un don pour les pompiers

    Il était ce lundi à Lançon-Provence pour remettre un chèque de 135 723 euros à l’œuvre des Pupilles Orphelins et Fonds d’Entraide des Sapeurs-Pompiers, association qui apporte un soutien aux enfants et aux familles de sapeurs-pompiers décédés. Cette somme est le fruit d’une collecte citoyenne que Renaud Muselier avait lancé au début des incendies dans les Landes et dont il avait été « le premier donateur ».