Tag: Renaissance

  • [Entretien] « La promesse du Printemps marseillais a été bafouée »

    [Entretien] « La promesse du Printemps marseillais a été bafouée »

    La Marseillaise : Avec vos nominations pour diriger la campagne de Martine Vassal il y a deux semaines, c’est le choix d’un équilibre entre les tendances politiques et les générations qui s’est fait ?

    Laure-Agnès Caradec : C’est le binôme des tendances, parce qu’on va d’une droite clairement affirmée au centre et aux écologistes modérés. Et une Génération pour Marseille incarne cette nouvelle génération qui a envie de se battre pour Marseille, qui est force de propositions. Après, il y a ceux qui ont l’expérience de plusieurs campagnes, la connaissance de cette ville, des dossiers. C’est un bon complément. L’objectif, c’est de mettre le pied à l’étrier à une nouvelle génération, c’est la transmission.

    Romain Simmarano : Il y a l’équilibre et il y a l’offensive ! C’est une façon pour Martine Vassal de dire : mon équipe est prête, on peut lancer immédiatement une campagne de conquête de la deuxième ville de France, qui aujourd’hui souffre, est en difficulté, mais mérite qu’on donne une perspective. Dès notre nomination, nous avons mis en place l’ossature de cette campagne. Au fil des mois qui s’annoncent, nous allons faire beaucoup de propositions, chacune bien ciselée, travaillée, financée, argumentée pour montrer qu’un autre destin est possible et que nous ne sommes pas obligés de nous contenter de ce à quoi on a assisté depuis cinq ans.

    Lancer cette nouvelle génération,
    ce n’est pas aussi une façon de tourner la page des années Gaudin, voire de préparer plutôt
    les municipales de 2032
     ?

    R.S. : Personne ne se détermine ni par rapport au passé, ni par rapport à un futur incertain. On se détermine par rapport à 2026. C’est le dernier virage pour éviter le déclin de Marseille, l’opportunité de saisir la balle au bond d’un vrai renouveau. Cette promesse du Printemps marseillais a été trahie et bafouée par Benoît Payan.

    On a vu ce « socle commun » éclater au niveau national. Au niveau local, Sabrina Agresti-Roubache fait des vagues, Frédéric Collart
    s’est lancé… Ça va tenir
     ?

    L.-A.C. : Il y a peut-être des individualités. Mais tous les blocs politiques sont alignés pour faire une large union et mener campagne. Nous avons commencé tous les samedis à aller tracter, à aller à la rencontre des Marseillais. Personne ne se pose la question de la couleur politique. Et tous les samedis nous sommes nombreux dans chaque secteur, c’est le signe de cet enthousiasme autour de notre candidate Martine Vassal.

    R.S. : Aucune aventure individuelle ne permettra de régler les problèmes de Marseille. Seule l’unité compte, seul le collectif est capable de transformer une ville comme la notre.

    Face à l’extrême droite, Bruno Retailleau avait appelé à ne pas voter pour le PS. Vous comptez faire pareil à Marseille ?

    R.S. : Les élections qui se préparent vont être profondément marquées par le désordre national auquel nous assistons collectivement. Il faut être capable de dire que ce désordre n’est pas le notre, et que la bataille du premier tour n’est pas celle du second tour. Si on veut être cohérent, il faut être capable de parler de ce qu’on propose, pas des autres. Le temps du second tour viendra et chacun saura prendre ses responsabilités.

    Le départ des Galeries Lafayette est au cœur de l’actualité. On peut se contenter comme projet d’un référendum avec des images par intelligence artificielle ?

    R.S. : Ce qui est certain, c’est qu’on ne peut pas se contenter d’agiter un projet qui n’existe pas, déposé ni à l’Élysée, ni à la préfecture, ni au ministère de la Culture, en demandant comme à chaque fois à l’État de payer. Ce projet fumeux, c’est faire venir la Philharmonie de Paris à Marseille. Ça coûterait 300 millions d’euros minimum. Et comme toujours avec Benoît Payan, c’est Emmanuel qui paye ! Martine Vassal fait des propositions concrètes, immédiatement applicables, finançables, travaillées. Et qui donnent la parole aux Marseillais. Depuis combien de temps on ne leur a pas donné la parole ? C’est une méthode qui change.

    La dernière fois qu’on a donné la parole aux Marseillais, ils ont dit : « la droite, on a testé, on n’en veut plus… »

    L.-A.C. : C’était la droite désunie, il ne faut pas oublier. Aujourd’hui, nous sommes dans une configuration de rassemblement et de dynamique. Démarrer la campagne si tôt permet d’aller à la rencontre des Marseillais pour créer cette envie.

    R.S. : Notre équipe, ce n’est pas la droite. C’est la droite, le centre, les écologistes raisonnables, les sociaux-démocrates… Tous les Marseillais qui ne veulent pas faire de choix entre un système défaillant, celui de Benoît Payan, l’héritier de Jean-Noël Guérini, et des extrêmes qui n’ont rien d’autre à proposer que la désunion et la haine.

    Martine Vassal, dans « Valeurs Actuelles », dit qu’elle s’inspire à la fois de Robert Ménard et de Christian Estrosi. Cette campagne ne fait-elle pas, comme le reprochait Lionel Royer-Perreaut, des coups de godille entre le centre et l’extrême droite ?

    R.S. : Elle dit qu’elle s’inspire de ce qui a été fait dans les villes, c’est très différent. Qui peut dire qu’on n’aurait pas besoin, demain, d’une BAC municipale capable de harceler les dealers, les petits délinquants pour empêcher les rues de Marseille d’être occupées en permanence par ces délinquants ? Qui peut dire qu’on n’a pas besoin de cinq fois plus de caméras de vidéoprotection, d’un centre de supervision urbain algorithmique avec la possibilité de repérer les dangers, les agressions, les hurlements ? Toutes les recettes sont bonnes à prendre du moment qu’elles assurent le bien vivre, qu’elles restaurent l’ordre et nous donnent du souffle pour construire le Marseille dont on rêve.

  • Le PCF interpelle le député Yannick Chenevard

    Le PCF interpelle le député Yannick Chenevard

    La lettre ouverte envoyée par la section du PCF de Toulon au député de la 1ère circonscription du Var, Yannick Chenevard (Ensemble), vise à éclairer en retour les électeurs de gauche sur le positionnement politique de celui pour lequel ils se sont, comme un seul homme, massivement reportés, en 2024, afin de faire barrage à l’extrême droite et empêcher le RN de réaliser un carton plein dans le Var.

    Les communistes proposent au parlementaire de s’exprimer sur les déclarations graves de sens du chef du parti Les Républicains, Bruno Retailleau, entre les deux tours de la législative partielle dans le Tarn-et-Garonne opposant un candidat d’extrême droite à celui du Parti socialiste. Il appelait alors à ne donner « pas une voix pour la gauche ». Le candidat soutenu par le RN l’a emporté…

    Le PCF dénonce donc un honteux front antirépublicain unissant LR et le parti à la flamme créé entre autres, par d’anciens Waffen SS. Le PCF demande donc au député élu, lui, grâce au front républicain, de se déterminer, étant donné qu’il soutient aux municipales le candidat LR Michel Bonnus, un proche de Retailleau.

    La section communiste toulonnaise prévient que, s’il partage les positions du chef des Républicains, il « trahit la confiance des électeurs de gauche comme de droite ». Et dans le cas contraire, elle ajoute : « Nous nous demandons comment vous pouvez soutenir aux élections municipales un candidat qui est le délégué toulonnais du parti de M.Retailleau ? »

    Des contradictions auxquelles le député ne sera pas le seul à devoir répondre.

  • Point de non-retour

    Point de non-retour

    Ambiance fin de règne. Le premier coup – et le plus dur – a été porté lundi soir par Gabriel Attal, président du parti présidentiel et du groupe Renaissance à l’Assemblée nationale. Confiant ne « plus comprendre » les décisions du chef de l’État, il a déploré son entêtement dans la méthode.

    Il n’a pas fallu longtemps pour qu’un autre ancien Premier ministre, Édouard Philippe, viole le dernier tabou macroniste en appelant de ses vœux une présidentielle anticipée après le vote du budget.

    Élisabeth Borne, également ancienne hôte de Matignon, s’est quant à elle déclarée ouverte, au nom de la « stabilité » du pays, à la suspension de la réforme des retraites qu’elle avait imposée à coups de 49.3…

    Rassemblement

    « Un aveu : la réforme des retraites est un échec », a commenté la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet.

    Emmanuel Macron lâché par les siens, face à un bilan en forme de champ de ruine, a-t-il conscience que la France avait atteint un point de non-retour ?

    S’il s’avère incapable de nommer un Premier ministre de gauche ou, pire, si la gauche se révèle incapable de proposer un compromis fondé sur la justice sociale au pays, alors il faudra en revenir aux urnes.

    Mais rien ne permet d’assurer que de nouvelles législatives conduiraient à une situation sensiblement différente d’aujourd’hui.

    L’extrême droite, haineuse et revancharde, bien que déconsidérée par les affaires, croit dur comme fer en ses chances.

    Il y a urgence à lui opposer un rassemblement pour la démocratie et le progrès social.

  • Royer-Perreaut part, Vassal « prend acte »

    Royer-Perreaut part, Vassal « prend acte »

    Les invitations sont parties sur les coups de 23h, ce mercredi soir. Après l’annonce surprise dans les colonnes de La Provence du retrait de la vie publique de l’ex-maire (Ren.) des 9-10, Lionel Royer-Perreaut, la droite municipale a rapidement dû improviser. « Aujourd’hui, je prends acte de sa décision », a annoncé face aux micros tendus la candidate Martine Vassal. « Il a fait un travail remarquable, peut-être qu’il l’a pris trop à cœur. C’est dommage, il avait toute sa place avec nous », déplorait-elle. Et de philosopher : « La vie politique est tellement dure, elle peut faire des blessures. »

    Elle le sait bien, la candidature dissidente de Frédéric Guelle (UDI), issu de ses rangs, face à Anne-Marie d’Estienne-d’Orves pour succéder au maire de secteur élu député en 2022, reste encore au travers de la gorge de Lionel Royer-Perreaut. Sans que cela ne motive sa décision, prise à la fin de l’été, et qu’il n’a pas même annoncée à son ancienne binôme aux départementales. « Cela s’est imposé par l’analyse que je fais de la situation nationale comme locale, la façon dont ont fait de la politique par rapport à ce que j’ai vécu, la dislocation que les réseaux sociaux ont apportée dans la relation entre les administrés et les élus, la radicalité des positions, l’incapacité à pouvoir porter des débats de fond », explique-t-il. Mais il reconnaît aussi : « Je ne me voyais pas m’inscrire dans le sillage de la candidature de Martine Vassal, je ne peux pas apporter ma caution à une candidate en qui je ne crois plus. » Déplorant ses discours fluctuants. « Un coup ça tutoie l’extrême droite, un coup c’est sur le centre, ces zigzags finissent par manquer de corticalité, les gens le ressentent », soupire-t-il.

    Réunis dans l’hémicycle

    « Ce n’est pas une question de me soutenir ou pas, on aura l’occasion de rediscuter les choses », balaie Martine Vassal face à la presse. Quant aux zigzags que lui reproche l’ancien parlementaire, elle assume : « Nous sommes en train de bâtir le programme avec des personnes qui viennent d’horizons très différents les uns des autres. Nous ne sommes pas d’accord sur tout, c’est notre richesse, de nos différences, on va bâtir quelque chose. »

    Auprès d’elle, la présidente (LR) du groupe Une Volonté pour Marseille, Catherine Pila, préfère saluer l’arrivée des quatre conseillères qui siégeaient avec Lionel Royer-Perreaut depuis 2022. « C’est un plaisir de retrouver des élues avec qui nous avions commencé notre aventure municipale en 2020 », sourit-elle. La preuve d’une « dynamique d’union non feinte ». S’il vient dans l’hémicycle pour les deux dernières séances, l’ancien parlementaire – qui veut mener son mandat jusqu’au bout – siégera quant à lui en indépendant. Comme Hayat Atia et Aurélie Falek qui, la veille, ont claqué la porte du groupe de droite face à des positions « qui tendent de plus en plus vers l’extrême droite ». Citant le refus de voter des aides pour les enfants de Gaza. Une « aventure personnelle », pour Catherine Pila. « Depuis des mois, elles ne participaient plus aux réunions de groupe », rétorque-t-elle, assurant que la droite a toujours voté les subventions en faveur de l’Unicef. Seuls sept élus de son groupe les avaient pourtant approuvées, le 20 juin.

  • Martine Vassal d’accord « à 95 % » avec Renaissance

    Martine Vassal d’accord « à 95 % » avec Renaissance

    Tout s’organise, tranquillement mais mécaniquement », sourit Renaud Muselier, pilote pour Renaissance de l’union de la droite aux municipales, à Marseille. Un mois après que le parti présidentiel a mis sur la table ses propositions ainsi qu’une charte des valeurs pour le scrutin à venir, le président de Région est venu annoncer, ce mercredi midi, au côté de la candidate Martine Vassal, dans une brasserie de la place Castellane, qu’un accord programmatique avait été trouvé pour cette campagne.

    « Le travail que l’on a présenté est issu d’un travail militant engagé il y a plus de six mois », présente Gérard Blanc, membre du bureau de Renaissance dans les Bouches-du-Rhône. « Dans ces propositions, il y en a 95% que je fais miennes, sourit de son côté Martine Vassal. ça ne m’étonne pas énormément, beaucoup de choses nous rassemblent. » Et de citer l’ouverture d’un bureau à Bruxelles pour travailler sur les financements européens, la végétalisation de la ville, un droit opposable à la garde d’enfants pour les familles monoparentales, des conventions pour transférer propreté, voirie et écoles aux mairies de secteur… En taisant les divergences. Quant à la charte de valeurs, « j’aurais pu l’écrire », jure-t-elle. Celle-ci défendait la nécessaire union, en appuyant : « Ces alliances devront exclure toute association, directe ou indirecte, avec l’extrême droite, LFI, ou des personnes dont la moralité serait incompatible avec nos principes d’intégrité, de transparence et d’humanisme. » Une alliance « exigeante », rappelle le co-responsable de la communication de Renaissance 13, Maxime Boudet. « Et c’est réciproque », rebondit la candidate.

    Sans Royer-Perreaut

    L’investiture officielle des Républicains obtenue une semaine plus tôt, reste à obtenir celle du parti présidentiel. « J’ai demandé que Marseille soit programmée dans le dispositif, la date arrivera en temps et en heure », explique Renaud Muselier. C’est que, pour l’instant, la formation d’un gouvernement accapare les esprits au niveau national. Mais, glisse-t-il, la candidature de Martine Vassal est regardée « avec un œil bienveillant ». Quant aux équilibres sur la liste, « on fait le quoi avant le qui », glisse le responsable départemental de Renaissance, Bertrand Mas-Fraissinet.

    Cela se fera, pourtant, sans l’ex-maire et député des 9-10, Lionel Royer-Perreaut. Dans un entretien à La Provence ce mercredi soir, celui-ci a annoncé se retirer de la vie publique, sans apporter de soutien à Martine Vassal. « Trop de choses aujourd’hui me séparent d’elle », explique-t-il. Et d’appuyer : « Pour qu’il y ait confiance, il faut qu’il y ait une forme de cohérence. »

  • « Nous allons recentrer le débat à Marseille, sortir des invectives »

    « Nous allons recentrer le débat à Marseille, sortir des invectives »

    La Marseillaise : Quel est le sens de cette charte et de ses 26 propositions ?

    Maxime Boudet : On veut respecter toutes les sensibilités de Renaissance et notre ADN, qui est un socle solide autour du « en même temps ». On défend ces valeurs au national avec un renouvellement des visages. Localement, Renaud Muselier pilote les échanges avec les autres partis, mais on voulait montrer que pendant ce temps, nous bossons. On a donc travaillé avec l’ensemble des présidents de comités signataires du document et nos 250 adhérents sur Marseille, sur ce qu’on veut défendre : la laïcité, l’humanisme, le progrès, la modernité, le dépassement, l’écologie pragmatique…

    Il y a des propositions qu’on peut mettre en avant ?

    M.B. : Dans ce qui me parle le plus, il y a la citoyenneté. La République est en pleine turbulence, mais les élections municipales vont redonner envie aux gens de s’engager. On propose aussi des mesures sociales comme la création d’un droit opposable à la garde des enfants pour les mères isolées. Il y en a sur la santé aussi, sujet d’actualité avec les derniers événements à Belsunce…

    C’est bien de l’aborder ainsi.

    M.B. : Et c’est ce qu’on est censé défendre, on doit regarder les faits en face. D’accord, l’immigration irrégulière est un vrai problème, mais quand la personne est en situation régulière, il y a d’autres problèmes de fond qu’il faut traiter. Là, le monsieur avait des problèmes psychiatriques et c’est un vrai sujet à Marseille. Ça fait deux ans que le CMP du 1er et du 2e arrondissements est fermé. On voit bien les gens qui errent dans la rue, sans soins, en rupture sociale totale, sans accompagnement. Il faudrait négocier un vrai partenariat Ville – Aphm comme il existe des partenariats Ville – Port. Laisser les gens sans soins, on voit là ce que ça donne : une personne qui a une errance médicale, qui ne prend plus de traitement, qui se réfugie dans des produits stupéfiants… Certes, le monsieur était Tunisien, mais il avait surtout un gros problème psychiatrique. Et qu’est-ce qu’on en a fait ? On l’a ignoré.

    La charte s’inscrit dans une démarche « centriste, humaniste et progressiste ». C’est un message aux Républicains qui courent après l’extrême droite ?

    M.B. : On veut être droit dans nos bottes et le garant de ces valeurs fondamentales dans la coalition. On ne veut pas se renier. On dit à la droite républicaine, attention, on doit défendre ce côté humaniste. Et des Républicains le font très bien, comme les UDI ou le Modem. On est sur cette ligne. Mais aussi, on veut chercher les centres gauches, les sociaux-démocrates modérés. Il faut vraiment se rassembler. En fait, on ne peut pas pactiser ni avec la LFI, ni avec le RN. Marseille n’a vraiment pas besoin de ça, surtout en ce moment.

    Vous n’avez pas le sentiment que cette alliance tire à droite ?

    M.B. : Je suis persuadé que beaucoup vont nous rejoindre parce que nous allons recentrer le débat, et sortir des invectives et de la surenchère. Rien n’est figé. Plus on sera nombreux dans cette alliance, mieux ce sera pour gagner la ville en 2026.