Tag: relations internationales

  • [Passerelle interculturelle] Paris sans filtre ? Réflexions croisées sur le regard et le quotidien

    [Passerelle interculturelle] Paris sans filtre ? Réflexions croisées sur le regard et le quotidien

    Ces derniers jours, des photos de Paris ont largement circulé sur les réseaux sociaux chinois. On y voit un homme âgé, venu de Chine, posant simplement devant la tour Eiffel, sous le ciel d’hiver parisien. Rien d’exceptionnel : pas de ciel bleu éclatant, pas de mise en scène. Juste un instant ordinaire. Autour de ces images prises au fil de son voyage, les commentaires se sont multipliés. Une expression est revenue avec insistance : « Ces photos ont enlevé le filtre de Paris. »

    Cette formule m’a fait sourire, puis réfléchir. Car elle en dit autant sur Paris que sur notre manière de regarder le monde. Paris, comme beaucoup de grandes villes, vit sous un filtre collectif. En Chine, elle est souvent associée au romantisme et à une certaine idée idéalisée de l’Europe, façonnée par le cinéma et la littérature. Les photos de cet homme âgé ne cherchaient ni à confirmer ni à contredire cette image : elles montraient simplement une ville telle qu’elle se vit, au quotidien.

    Vivant aujourd’hui en France, un pays que j’aime profondément et où je me suis installée depuis une dizaine de mois, je découvre cette réalité concrète, faite de nuances, parfois différente de ce que l’on imagine depuis la Chine. Ces dernières semaines, quelques jours d’intempéries ont suffi à rappeler que même une grande capitale repose sur des équilibres sensibles : déplacements ralentis, habitudes bousculées, et, un jour, une pénurie d’œufs au supermarché. Rien de dramatique, mais assez inhabituel pour inviter à regarder autrement le fonctionnement du quotidien.

    Quelle image de Beijing

    ont les Français ?

    Tout cela m’a amenée à repenser à la vie quotidienne en Chine, si proche et si lointaine à la fois. Et je me suis posée une question simple : quelle image de Beijing ont les Français ? Existe-t-il, là aussi, un filtre, comme celui à travers lequel nous regardons Paris depuis la Chine ? D’après ce que j’ai pu observer au cours de ces dix mois en France, certains aspects très ordinaires de la vie en Chine restent encore peu connus ici.

    Revenons aux œufs. Ces derniers jours, le sujet faisait même l’objet de discussions à la télévision française. En Chine, avec un euro, on peut acheter environ seize œufs. Ce chiffre peut sembler anecdotique. Il dit pourtant quelque chose de l’organisation du quotidien dans un pays de 1,4 milliard d’habitants, où la stabilité de l’approvisionnement en produits de base est tellement intégrée à la vie ordinaire qu’on n’y pense presque jamais. Personnellement, je n’avais jamais imaginé me poser un jour la question des œufs. Il ne s’agit pas de comparer ni d’opposer. Ces différences rappellent simplement que chaque société construit ses propres équilibres, souvent invisibles tant qu’ils fonctionnent.

    C’est là que la question du « filtre » prend tout son sens. La distance entre deux pays n’est pas d’abord géographique. Elle est cognitive. Ce qui me touche dans cette histoire de photos, ce n’est donc pas l’idée d’un « Paris sans filtre », mais le regard de celui qui observe : calme, attentif, sans jugement. Les filtres ne disparaissent sans doute jamais complètement. Mais ils peuvent s’alléger, à mesure que l’on observe et que l’on accepte la complexité du réel.

    Entre la Chine et la France, les différences sont réelles. Mais ce sont souvent les regards patients et bienveillants, ceux qui prennent le temps de voir sans conclure trop vite, qui permettent de mieux se comprendre.

  • [Passerelle interculturelle] Chine – France : les sports d’hiver comme nouveau terrain de coopération économique

    [Passerelle interculturelle] Chine – France : les sports d’hiver comme nouveau terrain de coopération économique

    Chaque saison, les stations des Alpes fonctionnent à plein régime, soutenues par des réseaux bien établis de transport, d’hébergement, de formation et de services. Le ski y est à la fois une pratique sportive largement partagée et un pilier de l’économie hivernale locale. En Chine, selon des modalités différentes, l’attrait pour les sports d’hiver prend son essor.

    En effet, depuis les Jeux olympiques d’hiver de Beijing 2022, la participation du public chinois aux sports de glace et de neige progresse de manière continue. Selon les données disponibles, le secteur chinois des sports d’hiver dépasse désormais 1 000 milliards de yuans par an, soit environ 130 milliards d’euros, avec des effets d’entraînement notables sur la consommation hivernale, notamment dans le commerce de détail, les transports et la restauration.

    À Harbin, à la découverte du « Monde de glace et de neige »

    Dans le nord de la Chine, le développement des sports d’hiver s’appuie sur des villes historiquement associées au froid. Chaque hiver, la ville de Harbin accueille le Monde de glace et de neige de Harbin, un vaste site touristique construit à partir de dizaines de milliers de tonnes de glace stockées à l’avance. Les installations éphémères transforment temporairement l’espace urbain en une cité de glace ouverte au public, intégrée aux circuits touristiques et culturels hivernaux. Dans le sud du pays, la ville de Shenzhen a investi dans l’un des plus grands centres de ski indoor au monde. Ce type d’infrastructure permet une exploitation tout au long de l’année : alors que la température extérieure avoisine les 26°C, l’intérieur est maintenu autour de -6°C, rendant la pratique du ski indépendante des conditions climatiques et accessible à de nouveaux publics.

    Dans la région du Xinjiang, notamment à Altay et à Urumqi, des « vacances de neige » ont été mises en place afin d’encourager les élèves à participer à des activités sportives, éducatives et culturelles liées à la glace et à la neige. Certains domaines skiables proposent, durant ces périodes, des accès gratuits ou des tarifs préférentiels pour les jeunes, favorisant une familiarisation précoce avec les sports d’hiver.

    Ces évolutions dessinent une trajectoire distincte du modèle alpin européen. Là où la France s’appuie sur un système fondé sur la montagne et le tourisme de séjour, la Chine combine infrastructures urbaines, équipements indoor et politiques publiques afin d’élargir rapidement la base des pratiquants. Dans ce contexte, les sports d’hiver apparaissent comme un nouveau terrain de coopération économique entre la Chine et la France. L’expertise française en matière de gestion des stations, de formation, de sécurité et de tourisme hivernal durable rencontre un marché chinois en forte croissance, ouvrant la voie à des partenariats concrets et pragmatiques entre les deux pays.

  • [Entretien] Christophe Ventura : « Nous revenons à la règle de la force »

    [Entretien] Christophe Ventura : « Nous revenons à la règle de la force »

    La Marseillaise : Est-ce que l’intervention des États-Unis marque une rupture pour un Donald Trump qui se disait isolationniste ?

    Christophe Ventura : Il y a une rupture, qui s’inscrit dans une tradition. C’est la première fois que les États-Unis interviennent militairement dans un pays sud-américain, même s’ils sont intervenus moult fois en Amérique centrale et dans les îles caribéennes, et la première fois depuis la fin de la guerre froide qu’ils y emploient la force militaire en enlevant le chef d’un État en poste. Mais cette politique s’inscrit dans une longue tradition américaine, celle de la doctrine Monroe, à laquelle il a adjoint son propre corollaire Trump. Il le décrit dans son document de stratégie nationale publié le 5 décembre dernier, une stratégie de retour impérial assumé des États-Unis comme puissance dominante dans toute la région, du Groenland à la Terre de Feu.

    On a l’impression d’une graduation continue, entre les sanctions et pressions sur les différents scrutins sud-américains…

    C.V. : On parle beaucoup de Trump, mais il faut aussi parler de Marco Rubio, le secrétaire d’État américain, ou de Maurio Calver-Carone [ex-envoyé spécial en Amérique latine, Ndlr.] qui ont un agenda pour l’Amérique latine. Marco Rubio est beaucoup à la manœuvre, l’objectif, c’est de faire d’une pierre deux coups et derrière cela d’en finir avec Cuba.

    Les menaces contre Cuba, la Colombie, le Groenland peuvent-elles augurer d’autres interventions ?

    C.V. : On ne peut pas le savoir. En termes d’intervention, le Groenland est en haut de la liste, Donald Trump en a aussi promis une deuxième au Venezuela s’il n’y a pas de terrain d’entente avec la présidente par intérim Delcy Rodriguez. Pour la Colombie, nous sommes au stade des menaces, je ne vois pas les États-Unis y intervenir et à Cuba, la stratégie c’est une asphyxie définitive de l’économie cubaine en pensant que le gouvernement va s’effondrer.

    Les institutions vénézuéliennes, qu’elles soient politiques ou militaires, apparaissent-elles toujours comme légitimes ?

    C.V. : Je me garderai bien de toute certitude. Le coup est rude, officiellement le Venezuela demande la libération et le retour de M. Maduro. Ils essaient de montrer une continuité de l’État bolivarien dans le respect de la Constitution avec Delcy Rodriguez présidente par intérim pour trois mois. Le défi, c’est de garder cette unité, parce que Donald Trump fait un test de résistance à ce pouvoir civilo-militaire. Il y a ceux qui sont favorables à un deal pour conserver les pouvoirs régaliens et préparer une transition, négocier la meilleure sortie pour ne pas être éliminés physiquement ou finir leur vie en prison. La plupart des dirigeants ont sur leur tête des contrats, entre 15 et 30 millions de dollars, pour « narcotrafic ». Ils pourraient intégrer une partie de l’opposition dans un gouvernement dit national, et ouvrir aux Américains par la grande porte le retour de la pompe à pétrole. Delcy Rodriguez se dit prête à en discuter, à condition que ce ne soit pas une colonie, qu’ils soient respectés. Trump lui dit pour l’instant : tu n’as pas ton mot à dire. Mais au sein du pouvoir chaviste cela peut soit créer l’unité, soit créer une divergence entre un courant qui serait collaborationniste et un autre, peut-être avec les militaires, qui considérerait qu’il faut militariser le pouvoir pour résister. Vient s’ajouter à cela ce que peut faire l’opposition. Elle est elle-même divisée. Maria Corina Machado a été disqualifiée par Donald Trump pour prétendre diriger le pays. Est-ce que cette opposition va accepter de reprendre pied dans les institutions progressivement ou va profiter de cette situation pour prendre la rue et faire tomber le pouvoir une bonne fois pour toute ? Dans ce cas, on ne peut pas exclure que cela devienne un chaos généralisé.

    Le pétrole est-il la principale raison de l’intervention, ou les enjeux sont-ils plus géopolitiques ?

    C.V. : C’est indissociable. Trump veut récupérer la manne pétrolière qui est aujourd’hui exportée à 80% pour la Chine, et balayer d’Amérique latine les États « récalcitrants », en finir avec ce qu’il appelle les « communistes », tout ce qui est grosso modo de gauche et progressiste. C’est une stratégie de restauration impériale dans la région qui commence au Venezuela. Pour Donald Trump, les ressources latino-américaines doivent servir les chaînes de valeur qui servent les intérêts de l’économie américaine.

    Est-ce que cela risque d’entraîner des répliques dans les relations internationales ?

    C.V. : Le responsable de la principale puissance mondiale fait justice par soi-même et pour soi-même. C’est la vengeance érigée en principe de gouvernement et de diplomatie. Quand la première puissance mondiale a fait ça, que voulez-vous dire après à M. Poutine, à la Chine si demain elle voulait reprendre Taïwan ? Chacun désormais peut faire sa loi dans sa zone d’influence, c’est la vision de Donald Trump des relations internationales. Nous revenons à ce qui était la règle de la force, le retour de la politique de la canonnière, le monde d’avant la Première Guerre mondiale : ce sont les grandes puissances qui dirigent et s’arrangent entre elles quand il y a un problème.

    À quel point l’opposition est représentative de la population ?

    C.V. : L’opposition existe, elle est puissante. Il y a grosso modo trois tiers, avec un pôle chaviste qui reste, et qui peut être critique de Maduro, un tiers qui représente les oppositions, et un autre tiers de la population surtout qui n’est plus politisé, qui est fatigué, épuisé d’une crise multiforme qui agonise ce pays depuis dix ans, qui cherche à survivre au quotidien. Maria Corina Machado est beaucoup plus monétisée à l’international qu’elle ne l’est au Venezuela, cela Trump le sait. Elle n’a cessé de proposer pour en finir avec le chavisme des boycotts électoraux, des manifestations de rue, la violence politique ou la demande d’une intervention américaine. Mais elle n’incarne qu’un bout de l’opposition. Une bonne partie de l’opposition de droite veut aussi en finir avec le chavisme par une solution vénézuélienne sans ingérence des américains. Maria Corina Machado n’a pas les moyens de gouverner, parce qu’au Venezuela, on ne gouverne pas sans l’armée qui ne veut surtout pas d’elle puisqu’elle a fait sa carrière politique sur un coup d’État en 2002 visant à lui enlever le pouvoir.

    A lire : « Désocciden-talisation : Repenser l’ordre du monde », par Christophe Ventura et
    Didier Billion,
    Agone, 14
     euros.

  • [Passerelle interculturelle] Pour 2026, Xi Jinping appelle à la paix et à la coopération

    [Passerelle interculturelle] Pour 2026, Xi Jinping appelle à la paix et à la coopération

    « Passerelle interculturelle », est un espace dédié aux échanges d’idées et de perspectives entre la France et la Chine. Chaque lundi, grâce à des entretiens avec des personnalités françaises et chinoises, notre ambition est de créer un pont entre deux traditions intellectuelles, deux sensibilités et deux visions du monde.

    Selon le dirigeant chinois qui a prononcé ses vœux à la veille de 2026, face à une incertitude accrue en 2025, la Chine a privilégié le dialogue et poursuivi une coopération internationale mutuellement bénéfique, agissant comme une ancre de stabilité pour le monde et reflétant les pas fermes et constants de la nation sur la scène internationale.

    Une ouverture sur le monde

    En 2025, la Chine a promu la réforme de la gouvernance mondiale par des actions concrètes, obtenant des résultats tangibles. Dans son message du nouvel an 2026, M. Xi a affirmé qu’au cours de l’année écoulée, la Chine avait continué à s’ouvrir largement au monde. « Pour mieux lutter contre le changement climatique, la Chine a annoncé de nouvelles contributions déterminées au niveau national », a déclaré M. Xi, ajoutant qu’après les trois initiatives sur le développement, la sécurité et la civilisation, il avait avancé l’Initiative pour la gouvernance mondiale dans le but de promouvoir un système de gouvernance mondiale plus juste et plus équitable. « La Chine se tient toujours du bon côté de l’histoire », a affirmé M. Xi.

    Des opportunités partagées

    Dans son message du Nouvel An 2026, M. Xi a également déclaré que la Chine avait profondément intégré la science et la technologie à l’industrie, donnant naissance à une série continue de nouvelles innovations. De nombreux grands modèles d’IA se livrent à une course vers l’excellence, et des avancées ont été réalisées dans la recherche et le développement de puces électroniques chinoises. « Tout cela a fait de la Chine l’une des économies dont les capacités d’innovation progressent le plus rapidement. La sonde Tianwen-2 a entamé son voyage à la poursuite des étoiles pour explorer les astéroïdes et les comètes. La construction du projet hydroélectrique sur le cours inférieur du Yarlung Zangbo a été lancée. Le premier porte-avions chinois doté d’un système de catapulte électromagnétique a été officiellement mis en service. Des robots humanoïdes ont fait montre de leur maîtrise des arts martiaux et des drones ont présenté de magnifiques spectacles de feux d’artifice », a précisé M. Xi.

    En ouvrant grand ses bras au monde, la Chine entend avancer avec le monde vers un avenir de paix, de développement et de coopération gagnant-gagnant.

  • [Passerelle interculturelle] CMG dévoile le thème et le logo du Gala de la Fête du Printemps

    [Passerelle interculturelle] CMG dévoile le thème et le logo du Gala de la Fête du Printemps

    Placée sous le signe de l’Année du Cheval, cette édition adopte pour thème « Des coursiers au galop, en marche sans entrave », promettant un spectacle culturel à la fois dynamique et ambitieux.

    Le concept central du thème, « Qi Ji », que l’on peut traduire par « coursier », est un terme ancien et élégant de la culture chinoise, désignant le légendaire « cheval capable de parcourir mille lis », symbole de vitesse, d’excellence et de puissance. Cette image forte incarne l’esprit intrinsèque de la nation chinoise : l’audace d’innover, la persévérance dans l’effort et l’élan constant vers l’avant.

    Plus encore, « Qi Ji » présente une proximité phonétique avec le mot chinois signifiant « miracle ». Cette double résonance exprime une détermination affirmée à créer de nouveaux prodiges et une confiance inébranlable dans la réalisation des objectifs nationaux. Le thème s’inscrit ainsi dans une vision pleine d’espoir pour une nouvelle ère et un nouveau parcours, en résonance avec l’ouverture de la période du 15e Plan quinquennal (2026-2030).

    Sur le plan artistique, l’inspiration du thème trouve ses racines dans le célèbre poème antique « Li Sao », issu du recueil classique « Chants de Chu » (Chu Ci), qui évoque la chevauchée d’un noble destrier, métaphore du courage de prendre les devants et d’ouvrir la voie pour les autres.

    Le logo du Gala de la Fête du Printemps 2026 constitue une abstraction visuelle riche, inspirée de ce thème. Son design intègre harmonieusement des motifs décoratifs traditionnels chinois, tels que les motifs de nuages (« yunwen ») et les motifs de tonnerre (« leiwen »), pour esquisser la silhouette de quatre coursiers avançant côte à côte. Pensé comme une forme infiniment extensible, transformable et cyclique, le logo compose une image vivante de dizaines de milliers de chevaux lancés dans une course irrésistible.

    Cette création met en valeur le charme de l’esthétique traditionnelle tout en transmettant l’énergie impétueuse et ascendante d’une époque en plein essor. Ensemble, le thème et le logo instaurent une atmosphère festive et porteuse de bon augure, destinée à rassembler les communautés chinoises du monde entier autour d’un grand festin culturel à l’occasion du réveillon du Nouvel An chinois.

    La Fête du Printemps, ou Nouvel An chinois, est l’une des célébrations traditionnelles les plus importantes de la culture chinoise. Le Gala annuel de la Fête du Printemps demeure une tradition profondément ancrée et chérie par les familles chinoises à travers le monde, jouant un rôle fédérateur majeur. Depuis sa première diffusion en 1983, l’émission est reconnue par le Guinness World Records comme le programme télévisé le plus regardé au monde.

  • [Passerelle interculturelle] Chine–France : un même regard sur le cinéma

    [Passerelle interculturelle] Chine–France : un même regard sur le cinéma

    « Je dois vous dire ici la longue et profonde admiration que la France porte à la Chine, mais plus particulièrement que le cinéma français porte au cinéma chinois. La Chine n’a pas seulement cent vingt ans d’histoire cinématographique, elle a offert au monde de formidables réalisateurs. La France et la Chine ont un point essentiel en commun, nous croyons profondément à l’expérience du cinéma » indique Gaëtan Bruel, le président du CNC soulignant également le fait que « Dans un contexte où beaucoup de pays sont tentés de considérer le cinéma davantage comme une industrie que comme un art, ou estiment que la salle n’est plus indispensable puisque les films peuvent être vus sur les plateformes, nos deux pays, nos professionnels, nos artistes, nos talents — réaffirment la valeur unique du cinéma. »

    Dès 1958, Cerf-volant du bout du monde première coproduction sino-française et l’un des premiers films chinois en couleur, révélait déjà la force de l’échange artistique entre les deux pays. Le cinéma n’est pas seulement un art : il constitue une véritable langue interculturelle. Chen Wenqin, professeure associée à l’Université de la communication de Chine et amie proche, partage également son analyse sur l’évolution de la coopération cinématographique franco-chinoise. « Les échanges cinématographiques entre la Chine et la France débutent dans les années 1950, lorsque Fanfan la Tulipe arrive sur les écrans chinois et rencontre un immense succès. En 2025, année de double anniversaire, on constate que cette coopération a largement dépassé la simple collaboration technique pour devenir un véritable espace de co-création, où les deux traditions esthétiques se rencontrent et dialoguent. » Elle a également souligné que « Des coproductions comme Wolf Totem jusqu’aux projets plus récents, il ne s’agit plus seulement de traduire une culture vers l’autre, mais d’explorer de nouvelles narrations et d’offrir une expérience spectatorielle renouvelée. On observe aussi l’émergence d’une nouvelle génération de cinéastes chinois, capables de naviguer entre plusieurs systèmes esthétiques tout en restant profondément ancrés dans leur culture : un auteurisme transculturel en plein développement. »

    Marché dynamique

    La Chine est aujourd’hui l’un des marchés cinématographiques les plus dynamiques. En 2025, le box-office a dépassé 50 milliards de yuans, et des succès tels que Ne Zha 2 ou Nanjing Photo Studio confirment cette vitalité. Cette croissance soutient l’émergence de nombreux films, ainsi que les œuvres de Jia Zhangke et Lou Ye, soutenues à plusieurs reprises par le CNC. La professeure Chen Wenqin a également expliqué qu’en tant que spectatrice de longue date, elle perçoit le cinéma comme une forme de lecture intertextuelle : « À travers la Nouvelle Vague française, les spectateurs chinois ont pu observer l’angoisse de la modernité en France. À travers les récits familiaux du cinéma chinois, les spectateurs français peuvent lire la manière dont les Chinois pensent la dialectique entre le collectif et l’individu. Cette intertextualité crée un troisième espace : ni point de vue purement chinois, ni regard purement français, mais une dimension nouvelle qui se déploie dans l’intervalle entre les deux cultures. Le cinéma dépasse les clivages idéologiques. Les personnages ordinaires des films chinois ouvrent de nouvelles expériences esthétiques aux spectateurs français, tandis que les questionnements des auteurs français nourrissent la réflexion des cinéastes chinois. À travers ces échanges, chacun découvre mieux ses propres angles morts culturels. »

  • [Passerelle interculturelle] Rencontre avec Charles Personnaz, directeur de l’Institut national du patrimoine

    [Passerelle interculturelle] Rencontre avec Charles Personnaz, directeur de l’Institut national du patrimoine

    « Passerelle interculturelle », est un espace dédié aux échanges d’idées et de perspectives entre la France et la Chine. Chaque lundi, grâce à des entretiens avec des personnalités françaises et chinoises, notre ambition est de créer un pont entre deux traditions intellectuelles, deux sensibilités et deux visions du monde.

    Dans un monde où tout change très vite, le patrimoine nous rappelle ce qui demeure. Il nous relie à ceux qui nous ont précédés et ouvre un chemin pour ceux qui viendront après nous. Dans ce dialogue silencieux entre les siècles, la Chine et la France partagent une même conviction : protéger les traces du passé, c’est préserver la lumière de l’avenir.

    C’est dans cet esprit que nous avons rencontré Charles Personnaz, directeur de l’Institut national du patrimoine (INP). Le directeur nous a parlé de ses voyages en Chine et des liens tissés depuis longtemps entre les conservateurs et restaurateurs français et chinois.

    « Par exemple, moi j’ai été très impressionné, en Chine, de voir la qualité du suivi scientifique des œuvres. C’est-à-dire la qualité des moyens mis en œuvre, et puis des personnes qui travaillent sur ces questions, pour préserver le patrimoine et faire attention que les conditions de chaleur, d’humidité, que les éventuels dommages des œuvres soient suivis le plus précisément possible. » présente-t-il. Le directeur souligne combien la Chine a investi dans ses laboratoires, ses universités et ses institutions culturelles pour renforcer la protection des œuvres.

    Expérience de travail ensemble

    Parmi les coopérations emblématiques, le temple de Gongshutang, dans la province du Shanxi, est devenu un symbole fort de l’amitié professionnelle entre les deux pays.

    « Également, nous avons des échanges professionnels avec nos collègues chinois sur un certain nombre de matériaux. Nous avons mené à deux reprises une très belle opération, assez unique, sur un monument emblématique du patrimoine chinois, puisqu’il est inscrit au patrimoine national de la Chine, qui est le temple de Gangshutang, près de Xi’an. Et sur ce temple, les Français, élèves et professeurs, et les experts chinois ont partagé leurs connaissances du bois, des peintures qui sont particulières, parce qu’elles sont entre la laque et la peinture. Et donc, cet échange a permis d’avancer vers un constat d’État partagé sur ce monument et la manière, à terme, de le restaurer », explique-t-il.

    Une coopération qui s’inscrit dans le temps

    Cette coopération n’est pas un hasard, mais le fruit d’une longue histoire d’estime mutuelle. « Le patrimoine est l’un des sujets sur lesquels la France et la Chine coopèrent le mieux, du fait de l’immense richesse du patrimoine des deux pays, du fait aussi d’une tradition de connaissances réciproques, dans notre institut qui n’est pas très ancien, mais depuis le début, il y a eu des liens avec la Chine, du fait aussi de l’attention qui est portée au plus haut niveau politique à ces questions du patrimoine et du patrimoine dans les relations franco-chinoises. Et donc aujourd’hui, effectivement, à travers la coopération entre les musées, à travers la coopération que nous menons dans le domaine de la formation et de l’expertise, à travers la coopération dans le domaine des archives également, on peut dire que l’actualité de nos différentes coopérations est très vivace. »

    Du mausolée de Qin Shi Huang et de ses guerriers de terre cuite à Notre-Dame de Paris, les deux pays portent une responsabilité commune envers les trésors de l’humanité. La Chine et la France, riches de traditions qui se répondent, ont tout à gagner à multiplier les échanges dans le domaine du patrimoine. Que ce dialogue culturel permette à nos deux grandes civilisations de mieux se comprendre et de se rapprocher encore.

  • [Passerelle interculturelle] 10e anniversaire de l’Accord de Paris : rencontre avec Laurent Fabius

    [Passerelle interculturelle] 10e anniversaire de l’Accord de Paris : rencontre avec Laurent Fabius

    « Passerelle interculturelle », est un espace dédié aux échanges d’idées et de perspectives entre la France et la Chine. Chaque lundi, grâce à des entretiens avec des personnalités françaises et chinoises, notre ambition est de créer un pont entre deux traditions intellectuelles, deux sensibilités et deux visions du monde.

    À l’occasion du dixième anniversaire de l’Accord de Paris, nous avons rencontré Laurent Fabius pour revenir sur ce moment historique et sur la décennie qui a suivi. Laurent Fabius demeure l’un des artisans essentiels de la diplomatie climatique mondiale. L’image de lui frappant le petit marteau vert, le 12 décembre 2015, est restée gravée dans la mémoire du monde entier, en Chine aussi, ce geste a suscité une immense émotion. En se remémorant cette scène, Laurent Fabius raconte « Il y avait près de 200 ministres. Lorsque j’ai vu qu’il n’y avait aucune opposition, j’ai dit : L’Accord de Paris est adopté. Il y a eu une explosion de joie dans la salle. Même les ministres très posés, très calmes, s’embrassaient. Je me souviens particulièrement de la délégation chinoise, avec M. Xie Zhenhua, qui m’a beaucoup aidé à obtenir cet accord. »

    Un monde transformé, de nouveaux défis

    Dix ans plus tard, le contexte international a profondément changé. Les crises géopolitiques se multiplient, les événements climatiques extrêmes deviennent plus fréquents, et l’intelligence artificielle introduit de nouveaux défis énergétiques. Laurent Fabius prévient « Le développement de l’IA exige des data centers, qui consomme énormément d’électricité. On estime que, d’ici quelques années, la consommation d’électricité nécessaire sera équivalente à celle de l’ensemble de l’Europe. À l’époque, on n’en parlait pas, donc la situation est plus compliquée. Et surtout, ce qui me frappe, c’est que les pays agissent en ordre dispersé. »

    La Chine, un acteur clé et moteur de la transition

    Dans ce contexte complexe, Fabius tient à souligner le rôle déterminant de la Chine dans la lutte contre le changement climatique. Il rappelle que « Au mois de septembre dernier, le président Xi Jinping a présenté aux Nations unies le plan en matière climatique de la Chine. Nous voyons donc qu’il va y avoir un effort continue, et c’est une chose très importante. Alors bien sûr, beaucoup disent qu’il faudra en faire encore plus ; et souvent, la Chine d’ailleurs fait plus que ce qu’elle annonce, donc ça c’est de ce point de vue là une bonne chose ».

    Il insiste aussi sur les contributions concrètes de la Chine surtout dans les technologies vertes, les véhicules électriques, les moteurs électriques et les panneaux solaires. Ces progrès accélèrent la transition énergétique mondiale et rendent accessibles des solutions indispensables pour réduire les émissions. Les performances chinoises suscitent parfois des inquiétudes, notamment en Europe, où certains secteurs se sentent fragilisés. L’inquiétude face aux déséquilibres commerciaux est compréhensible, mais chaque grande révolution industrielle crée des tensions avant de générer de nouvelles coopérations. L’ancien premier ministre insiste néanmoins « Les problèmes sont faits pour être surmontés. »

    Alors que le président français vient d’achever sa visite en Chine, un nouveau cycle de dialogue s’ouvre entre les deux pays. À ce moment charnière, les enjeux du climat, de l’économie et de la technologie appellent une vision à long terme. C’est désormais l’heure de mettre à l’épreuve la sagesse des dirigeants et de redonner à l’Accord de Paris l’élan collectif qui avait ému le monde entier il y a dix ans.

    Par Dong Qiao, correspondante de China Media Group à Paris

  • [Passerelle interculturelle] Chine-France : une relation d’équilibre dans un monde en transition

    [Passerelle interculturelle] Chine-France : une relation d’équilibre dans un monde en transition

    Avec ce premier numéro de « Passerelle interculturelle », nous inaugurons un espace dédié aux échanges d’idées et de perspectives entre la France et la Chine. Chaque lundi, grâce à des entretiens avec des personnalités françaises et chinoises, notre ambition est de créer un pont entre deux traditions intellectuelles, deux sensibilités et deux visions du monde.

    Alors que le contexte international demeure marqué par l’instabilité, les relations sino-françaises continuent de progresser avec une constance remarquée. Pour Peng Shuyi, chercheuse à l’Institut d’études européennes de l’Académie chinoise des sciences sociales, cette dynamique s’inscrit dans une profondeur historique unique. « Les liens entre la Chine et la France demeurent parmi les relations bilatérales les plus structurantes entre grandes puissances », affirme-t-elle. Malgré les aléas géopolitiques, elle estime que ces relations se distinguent par leur capacité « à dépasser le simple cadre commercial » pour toucher aux questions de souveraineté et de gouvernance mondiale. Les deux pays, souligne-t-elle, « défendent l’indépendance stratégique, le multilatéralisme et s’opposent à l’unilatéralisme », tout en partageant des visions proches en matière de climat, de biodiversité ou de développement du Sud.

    Sur le plan économique, la coopération connaît une vitalité nouvelle, notamment dans la transition écologique, l’aéronautique et l’innovation technologique. Mais pour Peng Shuyi, un domaine s’impose désormais comme moteur majeur : l’intelligence artificielle. « La France dispose d’une recherche fondamentale solide », explique-t-elle, rappelant qu’elle abrite le plus grand nombre de laboratoires du continent. La Chine, à l’inverse, possède « des atouts en matière d’applications et de données ». Cette complémentarité, qu’elle résume par l’opposition entre « innovation théorique » et « innovation appliquée », ouvre selon elle un potentiel considérable pour bâtir un partenariat scientifique plus ambitieux. Les deux pays, ajoute-t-elle, partagent « des préoccupations communes quant à la gouvernance des risques liés à l’IA », un terrain propice à une coordination plus étroite.

    Au-delà des échanges d’État à État, la coopération régionale s’est imposée comme un pilier essentiel de la relation. Peng Shuyi cite les exemples de Jingdezhen et Limoges, unies par la porcelaine, de Zhuhai et Nice liées par leur identité maritime, ou encore de Zigong et Gaillac, rassemblées autour de l’art des lanternes. Cette mosaïque partenariale constitue selon elle un véritable « réseau capillaire », nourrissant en continu les interactions économiques, humaines et culturelles. Ces dynamiques locales contribuent à renforcer « les bases sociétales de l’amitié sino-française », consolidant la relation à long terme.

    Face aux défis globaux, la France et la Chine ont également la capacité, selon la chercheuse, de peser conjointement sur la gouvernance internationale. « Acteurs résolus du multilatéralisme », elles peuvent promouvoir des règles communes dans les enceintes onusiennes, mais aussi coopérer dans le nucléaire civil pour développer une énergie propre fiable. Peng Shuyi souligne également les opportunités offertes par l’Unesco, où les deux pays peuvent renforcer la protection du patrimoine culturel et accélérer le développement des musées numériques. Dans le domaine des énergies renouvelables, enfin, elle voit dans leurs compétences complémentaires un moyen d’accompagner efficacement la transition bas-carbone des pays en développement.

    Pour Peng Shuyi, cette relation ancienne demeure ainsi l’une des plus prometteuses pour répondre aux défis du siècle. « Dans une période agitée, les liens sino-français continuent d’avancer », rappelle-t-elle.

  • Rima raconte les frappes israéliennes à Bint Jbeil

    Rima raconte les frappes israéliennes à Bint Jbeil

    « Peu importe ce qu’il se passe, nous resterons ici », martèle Rima Charara. À 46 ans, cette employée d’un centre culturel francophone, chapeauté par le ministère de la Culture et l’agence de la francophonie du Sud-Liban, vit à Bint Jbeil. Cette ville de 30 000 habitants, à majorité chiite, est située dans le sud du Liban, à 5 km de la frontière avec la Palestine.

    En février dernier, l’armée israélienne cible une habitation voisine. Les dégâts de l’explosion détruisent une partie de l’arrière de son habitation, « Nous l’avons construite à nouveau, nous essayons d’aller de l’avant », souffle son époux, Nassim Bazzi. Avant de reprendre : « C’est la deuxième fois que notre maison est dégradée. En 2006, elle avait été complètement détruite. »

    Sous occupation israélienne de 1982 à 2000, Bint Jbeil a été, en 2006, le terrain d’une bataille sanglante entre l’État hébreu et le Hezbollah. Sa reconquête était l’un des objectifs de guerre de Tsahal, qui considère cette ville comme l’un des bastions de son ennemi au sud du pays. Cet échec israélien est présenté comme une lourde défaite par le mouvement islamiste pro iranien.

    « C’est une partie de notre vie quotidienne : les attaques, la guerre civile, les invasions. On s’y est habitué. On n’a pas d’autre option », souffle Nassim Bazzi, rappelant que depuis 1948, « l’armée n’a pas le pouvoir suffisant de protéger ses frontières ». Dès lors, « les petits pays comme le nôtre, partout dans le monde, n’ont pas vraiment l’indépendance », regrette-t-il.

    Israël frappe malgré le cessez-le-feu

    Le 27 novembre 2024, après deux mois d’une guerre ouverte meurtrière, un accord de cessez-le-feu entre Israël et le Hezbollah entre en vigueur. Celui-ci prévoit notamment un retrait de l’armée israélienne du sud du Liban au 18 février 2025, qui n’a toujours pas été respecté à ce jour. Non seulement les militaires israéliens maintiennent leurs positions dans cette zone, mais poursuivent leurs frappes, officiellement dirigées contre le Hezbollah. Selon le Haut-commissariat de l’ONU aux droits de l’Homme, les attaques israéliennes ont causé la mort d’au moins 127 civils au Liban, depuis le cessez-le-feu.

    Un an après l’accord, Israël est encore accusé de violer cette trêve, mais se défend, disant agir « conformément aux termes du cessez-le-feu en contrant les tentatives du Hezbollah de se reconstruire et de se réarmer, et en intervenant avec fermeté pour éliminer toute menace pesant sur les civils israéliens ».

    « Seul un État palestinien peut apporter la paix »

    Les États-Unis, alliés indéfectibles d’Israël, pressent le gouvernement libanais. Pour le Premier ministre libanais, Nawaf Salam, son pays se trouve dans « une guerre d’usure unilatérale qui s’intensifie » et critique le Hezbollah, qui refuse le désarmement imposé par Tel Aviv et Washington. « Ces armes n’ont protégé ni les dirigeants du Hezbollah, ni le peuple libanais et ses biens », assure-t-il. Nassim Bazzi s’inquiète : « Le Hezbollah peut se désarmer, mais Israël doit donner des garanties, regardez ce qu’il se passe en Syrie ! »

    Pour lui, une seule solution peut apporter la paix dans cette région meurtrie. « L’instauration d’un État palestinien résoudra le problème du Moyen-Orient facilement. Mais les Israéliens n’en veulent pas », tempête le père de famille.

    Sous la menace des bombardements israéliens, Rima et Nassim tentent de survivre, mais redoutent le pire. « J’ai peur pour mes enfants, pour leur avenir, pour leur éducation. Mais que pouvons-nous faire ? Nous n’avons pas d’autre solution », soupire-t-elle.

    La famille n’entend pas pour autant quitter le pays. « Nous sommes un peuple qui aime sa terre, on ne l’abandonnera pas. Vous ne pouvez pas diviser le Liban », insiste Rima Charara.

    En solidarité avec le peuple palestinien

    Le rendez-vous est donné ce samedi, à Paris, place de la République. C’est là que des citoyens, dont certains partis du quartier marseillais de la Busserine (14e) la semaine dernière, sont attendus pour participer à la grande manifestation nationale, organisée en cette journée internationale de solidarité avec le peuple palestinien, instaurée par les Nations unies, ce 29 novembre. Les membres de plus de 80 organisations, associations, syndicats et partis, venus de tout le pays, portant les couleurs du drapeau palestinien, se retrouveront dans la capitale à 14 heures. Ils réclament, entre autres « l’autodétermination » et « la fin de l’occupation, de la colonisation et de l’apartheid ».