Tag: relations internationales

  • La guerre en Iran fait vaciller le monde

    La guerre en Iran fait vaciller le monde

    Sans être une énorme surprise tant les tensions étaient extrêmes, les bombardements sur l’Iran, lancés samedi matin par Israël et les États-Unis marquent un tournant dans la violence dans cette région du monde. La mort, samedi, du guide suprême iranien, Ali Khamenei, en poste depuis 37 ans, est le symbole le plus spectaculaire de ce tournant.

    Dimanche soir, le président américain Donald Trump a déclaré que 48 dirigeants iraniens avaient été tués et 9 navires iraniens coulés dans l’offensive déclenchée samedi, tout en se disant prêt au dialogue avec Téhéran. « Cela avance rapidement. Personne n’arrive à croire à notre réussite, 48 dirigeants ont été éliminés d’un coup », a dit le président américain, selon une journaliste de Fox News qui lui a parlé au téléphone et qui a retranscrit ses propos sur son compte X. « Je viens juste d’être informé que nous avons détruit et coulé 9 navires iraniens, pour certains relativement grands et importants. Nous traquons le reste », a-t-il écrit par ailleurs sur son réseau Truth Social. « Dans une attaque différente, nous avons en grande partie détruit leur quartier général maritime. » Le président américain, qui supervise les opérations depuis sa résidence de Mar-a-Lago en Floride, n’a pas jusqu’ici commenté la mort de trois militaires américains, premières pertes des États-Unis depuis le déclenchement du conflit. Donald Trump, qui n’est pas apparu en public depuis le début de la guerre, annoncée dans un message vidéo enregistré, a multiplié les conversations téléphoniques avec des journalistes. Des dirigeants iraniens « veulent parler, et j’ai accepté de parler, donc je vais leur parler », a-t-il ainsi dit à un journaliste de The Atlantic. « La plupart de ces gens sont morts. Certains de ceux avec qui nous étions en négociations sont morts », a ajouté le président américain, en jugeant que les dirigeants iraniens « avaient voulu la jouer trop finement ». Dans un entretien avec un journaliste de la chaîne d’informations financières CNBC, il a assuré que l’opération militaire contre l’Iran « progressait très bien » et « plus vite que prévu ».

    Que l’intervention militaire dans les airs des États-Unis et d’Israël sème un peu plus le chaos, importe peu au locataire de la Maison blanche. Dimanche, plusieurs navires ont été touchés dans le détroit d’Ormuz, route maritime stratégique où circule près d’un quart du pétrole mondial. Sans compter les victimes civiles dans une dizaine de pays dont Israël où le centre du pays a été bombardé faisant au moins 9 morts et 45 blessés. Outre les monarchies du Golfe qui ont aussi essuyé des tirs iraniens, de nouvelles explosions ont été entendues dimanche soir à Erbil, capitale de la région autonome du Kurdistan irakien (nord), qui abrite des bases américaines. La France va rehausser sa « posture » de défense au Moyen-Orient pour y protéger ses ressortissants et ses bases et soutenir les pays de la région visés par l’Iran en riposte à l’offensive israélo-américaine, a annoncé dimanche soir Emmanuel Macron. Il faut « adapter la posture à l’évolution des dernières heures que rien ne justifie et que nous ne laisserons pas passer », a-t-il martelé, suggérant une possible augmentation des moyens militaires français déployés dans la région. Tous les pays du Golfe ont été ciblés par des frappes iraniennes, notamment les Émirats arabes unis où un hangar d’une base française a aussi été « touché dans une attaque de drone » sur le port d’Abu Dhabi, sans faire de victime, a rappelé Emmanuel Macron.

    Réactions

    Emmanuel Macron, président de la République française

    « L’escalade en cours est dangereuse pour tous. Elle doit cesser. Le régime iranien doit comprendre qu’il n’a désormais plus d’autre option que d’engager une négociation de bonne foi pour mettre un terme à son programme nucléaire et balistique comme à ses actions de déstabilisation régionale. C’est absolument nécessaire à la sécurité de tous au Moyen-Orient. Le peuple iranien doit aussi pouvoir construire son avenir librement. Les massacres perpétrés par le régime islamique le disqualifient et nécessitent que la parole soit rendue au peuple. Le plus tôt sera le mieux. »

    Olivier Faure, Premier secrétaire du Parti socialiste

    « L’opinion publique internationale est logiquement partagée. D’un côté, la satisfaction de voir le régime des mollahs -qui ne respecte même pas les droits humains les plus élémentaires- vaciller. De l’autre, le rejet d’une intervention israélo-américaine conduite sans mandat clair (pas même celui du Congrès américain), en contravention avec les règles du droit international, au risque d’un embrasement régional. (…) Il est urgent que le processus de transition soit placé sous l’égide des Nations unies afin d’éviter que le chaos ne succède à la tyrannie. »

    Fabien Roussel, Secrétaire national du PCF

    « Soutien total au peuple iranien, en étau entre la dictature des mollahs, les provocations de Netanyahu et la politique guerrière de Trump. Comme le rappellent nos partenaires du Tudeh, l’avenir appartient aux forces démocratiques du pays, pas aux ingérences ni aux tyrannies. »

    Marine Tondelier, Secrétaire nationale des Écologistes

    « J’ai une pensée très émue pour les Iraniennes et les Iraniens qui subissent ce régime sanguinaire depuis 47 ans. Je leur souhaite vraiment de pouvoir s’en libérer. Mais des bombardements n’ont jamais démocratisé un pays. Et j’aurais préféré qu’Ali Khamenei soit jugé, que tué. »

    Jean-Luc Mélenchon, leader de LFI

    « La mort d’Ali Khamenei, bourreau du peuple iranien, ne justifie pas les moyens qui l’ont provoquée. Enlever ou assassiner les dirigeants dont on combat la politique reste la négation de tout droit international. La guerre des États-Unis et d’Israël a lieu sans autre mandat que la volonté suprémaciste de Trump et Netanyahu. Cette guerre ouvre un nouveau cycle de violences et d’escalades régionales et mondiales. C’est une guerre contre le droit international. »

    Bruno Retailleau, président de LR

    « À ce stade, ne nous leurrons pas sur les conséquences d’un recours unilatéral à la force, qui ne peut déboucher que si le peuple iranien parvient à reprendre en main son destin. Fidèle à ses principes, la France doit se tenir aux côtés du peuple iranien, qui subit depuis des décennies les massacres d’un régime criminel discrédité. L’avenir de l’Iran doit s’écrire par les Iraniens eux-mêmes. »

    Dominique de Villepin, ancien Premier ministre français

    « Cette nouvelle guerre déclenchée par Israël et les États-Unis contre l’Iran ne sert ni la paix, ni la démocratie, ni le droit. Elle est conduite en dehors de tout cadre collectif, et elle ouvre une spirale de représailles dont personne ne maîtrise ni l’issue, ni l’ampleur, ni le coût humain. Il y a du cynisme, et même une forme de lâcheté, à jeter, en l’appelant au soulèvement, un peuple sous les mitrailleuses du régime sans lui donner les moyens et les appuis d’y parvenir, comme il y a une irresponsabilité à exposer les pays du Golfe et du Moyen-Orient aux bombes et aux flammes sans pouvoir garantir leur sécurité, ni aujourd’hui ni demain. Je regrette aussi que les négociations n’aient jamais été menées à leur terme. »

    Gabriel Attal, secrétaire général de Renaissance

    « Je constate que l’ONU est devenue un guichet humanitaire et une ONG climatique. Elle ne permet plus de prévenir, d’éviter les conflits ni de les résoudre. Face à cette guerre mondiale par fragments, nous devons imaginer une nouvelle gouvernance, de nouveaux multilatéralismes pour apaiser le monde. »

  • [Passerelle interculturelle] Les secrets derrière les exploits technologiques : des robots d’arts martiaux impressionnent au Gala de la Fête du Printemps

    [Passerelle interculturelle] Les secrets derrière les exploits technologiques : des robots d’arts martiaux impressionnent au Gala de la Fête du Printemps

    Ces robots humanoïdes ont réalisé des performances spectaculaires : parkour, saltos arrière sur une jambe, grands sauts, changements rapides de formation. Ils ont aussi combattu avec des humains et exécuté des mouvements comme le style de l’homme ivre. Leur précision, leur agilité et leur fluidité ont été très applaudies.

    Ces robots ont été développés par l’entreprise chinoise Unitree Robotics, basée à Hangzhou, ville située à l’Est de la Chine. Ils ont réalisé plusieurs exploits techniques inédits au monde, premier parkour continu avec saut par-dessus une table, premier salto aérien lancé atteignant plus de 3 mètres de hauteur, premiers saltos continus sur une seule jambe, salto arrière avec appui sur un mur en deux pas.

    Le fondateur et PDG de l’entreprise, Wang Xingxing, a expliqué qu’ils voulaient « repousser les limites des robots sur la scène du gala ». Pour réussir ces figures, l’équipe a effectué des centaines de millions de simulations avant de tester les robots dans le monde réel. Ces mouvements demandent un contrôle très précis de l’équilibre et de la stabilité.

    Des progrès importants depuis l’an dernier

    En 2025, les robots faisaient des mouvements simples et des formations basiques. En 2026, ils peuvent courir vite tout en exécutant des mouvements complexes et parfaitement synchronisés. Cela a été possible grâce à un nouveau système de contrôle en groupe, qui permet à des dizaines de robots de bouger ensemble en temps réel avec très peu de retard.

    Les robots utilisent aussi une technologie d’intelligence artificielle qui combine leurs capteurs internes et un lidar 3D. Ils analysent leur environnement des centaines de fois par seconde, ce qui leur permet de rester stables même après des mouvements très intenses. Chaque geste a été ajusté avec précision pour être synchronisé avec la musique et les artistes humains, avec une précision de 0,1 seconde.

    Des applications concrètes dans la vie réelle

    Le but n’est pas seulement le spectacle. Selon Wang Xingxing, améliorer les mouvements permet aux robots d’être plus stables et plus sûrs pour travailler avec les humains. Le système de contrôle en groupe peut être utilisé dans les usines pour l’inspection, le tri en entrepôt ou la coordination sur les chaînes de production. La capacité des robots à résister à des forces extérieures tout en gardant une prise stable peut servir pour l’assemblage précis, le transport de charges lourdes ou les services à domicile. Leur capacité à sauter et éviter des obstacles est utile pour placer des objets sur des étagères, se déplacer dans des espaces étroits ou monter des escaliers. Avec ces avancées, la performance du gala montre non seulement un spectacle impressionnant, mais aussi le grand potentiel des robots pour transformer de nombreux secteurs à l’avenir.

  • [Passerelle interculturelle] Un avant-goût de l’événement culturel le plus suivi au monde

    [Passerelle interculturelle] Un avant-goût de l’événement culturel le plus suivi au monde

    En tant que plus grand événement culturel annuel au monde en termes d’audience, le Gala de la Fête du Printemps produit par China Media Group est organisé sans interruption depuis 43 ans. Il est devenu, pour les Chinois de Chine et d’outre-mer ainsi que pour de nombreux amis étrangers, un véritable « dîner de réveillon pour l’esprit », créant une résonance émotionnelle partagée à l’échelle mondiale.

    L’an dernier, grâce à un dispositif international multilingue et multimédia, mobilisant plus de 3 100 médias partenaires à travers le monde, CMG a transmis au public international l’esprit du Nouvel An chinois, fondé sur le principe de « l’harmonie dans la diversité des civilisations ».

    Des robots humanoïdes dotés d’intelligence artificielle dansant le yangge, devenus viraux sur les réseaux sociaux, aux rencontres vibrantes entre le patrimoine culturel immatériel et l’esthétique contemporaine, des compositions musicales imprégnées de l’élégance orientale aux créations rock mêlant influences orientales et occidentales.

    Le Gala de la Fête du Printemps a ouvert au public mondial une fenêtre privilégiée pour mieux comprendre la richesse de la culture traditionnelle chinoise et la vitalité de la Chine d’aujourd’hui. L’édition de cette année se distingue par une mise en scène à l’échelle nationale, articulée autour d’une scène principale à Beijing et de quatre villes représentatives de différentes régions du pays : Harbin, Yiwu, Hefei et Yibin. Chaque ville associée apporte sa couleur locale : Harbin conjugue musique symphonique, chant et ballet dans un décor hivernal spectaculaire ; Yiwu, connue pour son ouverture internationale, associe opéra Wu et dynamisme commercial ; Hefei marie danse inspirée de l’encre chinoise et opéra Huangmei, enrichis d’effets visuels contemporains ; Yibin, au bord du fleuve Yangtsé, célèbre la réunion familiale et les traditions du Nouvel An.

    Cette année, le Gala de CMG s’appuiera sur les innovations technologiques de pointe « 5G + 4K/8K + IA » et sur les capacités de diffusion en 85 langues de CMG afin d’offrir aux publics chinois et internationaux un véritable festin culturel. Les publics du monde entier pourront non seulement découvrir, à travers les écrans, la créativité et la splendeur visuelle du Gala, mais aussi vivre de manière immersive l’atmosphère de joie, de chance et de célébration qui caractérise la Fête du Printemps.

  • [Passerelle interculturelle] À Marseille, le « Prélude au Gala de la Fête du Printemps » met la culture chinoise à l’honneur

    [Passerelle interculturelle] À Marseille, le « Prélude au Gala de la Fête du Printemps » met la culture chinoise à l’honneur

    Le parc Chanot était aux couleurs du Nouvel An chinois ce vendredi. Les nombreux participants français comme chinois issus des milieux politique, culturel et médiatique, ainsi que de nombreux habitants de la région, se sont réjouis de l’initiative culturelle.

    Dans leurs allocutions, les représentants de la partie chinoise ont souligné que la Fête du Printemps, symbole millénaire de la civilisation chinoise, est devenue un lien spirituel reliant les communautés chinoises du monde entier et un pont culturel de plus en plus reconnu à l’international. À travers le Gala de la Fête du Printemps, CMG s’appuie sur un dispositif de diffusion multilingue et multimédia afin de transmettre au public mondial les valeurs de cohésion familiale, d’inclusion sociale et d’harmonie entre l’homme et la nature portées par le Nouvel An chinois.

    Les intervenants français ont, de leur côté, salué l’influence croissante de la culture du Nouvel An chinois en France, estimant que ce type d’échanges culturels contribue à renforcer la compréhension mutuelle et l’amitié entre les peuples français et chinois.

    Le programme de la soirée s’est distingué par sa richesse et sa diversité. Des extraits et bandes-annonces du Gala de la Fête du Printemps 2026 ont été projetés, permettant au public français de découvrir en avant-première la créativité artistique et les innovations technologiques du spectacle. Des performances mêlant inspirations orientales et occidentales ont également été proposées, associant musique, danse et expressions artistiques contemporaines, et ont suscité un accueil enthousiaste.

    De nombreux participants français ont confié qu’il s’agissait pour eux d’une première immersion aussi directe dans la culture de la Fête du Printemps. Grâce à ce « Prélude », le Gala ne se limite plus à une émission télévisée, mais devient une expérience culturelle vivante, accessible et partagée.

    Tradition ancestrale

    Étape importante de la série d’événements « Le monde regarde le Gala de CMG ensemble », la soirée marseillaise a non seulement contribué à annoncer le prochain Gala, mais a également illustré l’attrait croissant de la culture chinoise dans le sud de la France, apportant une nouvelle dimension aux échanges culturels sino-français.

    La Fête du Printemps est un symbole culturel millénaire de la civilisation chinoise. Elle constitue également un lien spirituel profond qui unit les communautés chinoises à travers le monde. Aujourd’hui, près de vingt pays et régions ont inscrit la Fête du Printemps comme jour férié officiel, et environ un cinquième de la population mondiale la célèbre, sous des formes diverses.

    À travers cette tradition ancestrale, de plus en plus de personnes découvrent la Chine, apprécient la culture chinoise et perçoivent les valeurs universelles portées par la Fête du Printemps : la cohésion familiale, l’inclusion sociale et l’harmonie entre l’être humain et la nature.

  • [Passerelle interculturelle] Répétition avant la Fête du Printemps 2026

    [Passerelle interculturelle] Répétition avant la Fête du Printemps 2026

    Cette étape clé a permis de vérifier la fluidité de l’ensemble du programme, tandis que l’équipe de réalisation a continué d’affiner avec précision les choix artistiques et scéniques, afin de créer une atmosphère chaleureuse, joyeuse et porteuse de bons augures.

    La Fête du Printemps, qui correspond au Nouvel An lunaire chinois, est la célébration la plus importante de l’année pour les Chinois. Inscrite à la fin de l’année 2024 sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’UNESCO, elle incarne le renouveau, la transmission des traditions et, surtout, la réunion familiale. À cette occasion, les familles se rassemblent pour partager un repas, échanger des vœux et célébrer ensemble le passage à la nouvelle année, en Chine comme au sein des communautés chinoises à travers le monde.

    Dans ce contexte, le Gala de la Fête du Printemps occupe une place toute particulière. Véritable rituel télévisuel du Nouvel An chinois, il est regardé chaque année en famille et fait désormais partie intégrante des habitudes du Nouvel An. Plus qu’un simple spectacle, il accompagne l’entrée dans la nouvelle année et constitue un rendez-vous culturel incontournable pour des centaines de millions de téléspectateurs.

    Pour l’année du cheval de 2026, la scène du gala donnera vie à la chaleur et à l’énergie du quotidien de nombreux foyers. Des chansons originales évoquent les liens familiaux, rendent hommage à l’engagement discret des gens ordinaires et célèbrent la valeur précieuse des retrouvailles. Portées par des mélodies douces et émouvantes, les performances saluent celles et ceux qui travaillent avec constance et donnent le meilleur d’eux-mêmes.

    À Marseille le 6 février

    Au-delà de la soirée du Nouvel An lunaire chinois, le Gala de la Fête du Printemps s’inscrit désormais dans une dynamique mondiale. Les communautés chinoises à l’étranger, ainsi que de nombreux amis étrangers passionnés par la culture chinoise, peuvent découvrir en avant-première l’esprit et l’esthétique du Gala grâce aux événements « Prélude au Gala de la Fête du Printemps ». À partir du début du mois de février, ces célébrations se dérouleront dans de nombreuses grandes villes à travers le monde, permettant au public international de ressentir l’atmosphère festive et chaleureuse du Nouvel An chinois.

    En France, l’événement « Prélude au Gala de la Fête du Printemps » se tiendra le 6 février à Marseille, offrant au public local une immersion dans l’ambiance du Gala et une occasion privilégiée de partager la joie du Nouvel An chinois.

  • [Passerelle interculturelle] Comprendre la Chine au-delà des apparences

    [Passerelle interculturelle] Comprendre la Chine au-delà des apparences

    La France est depuis longtemps un lieu de rencontre des cultures du monde. Grâce à ses musées, ses festivals, ses théâtres et son cinéma, elle offre aux cultures étrangères un espace de visibilité et de dialogue. De nombreux pays souhaitent y présenter à la fois leur patrimoine et leur création contemporaine.

    En tant que journaliste chinoise installée en France, je découvre cette ouverture avec intérêt. Mais cette expérience m’amène aussi à m’interroger. Il arrive que certains spectacles, présentés comme de simples propositions culturelles, véhiculent en réalité des messages idéologiques ou politiques que le public ne perçoit pas toujours clairement.

    Ces derniers mois, la troupe « Shen Yun », associée au mouvement Falun Gong, a été largement promue dans le sud de la France. Pour de nombreux spectateurs, il s’agit avant tout d’un spectacle inspiré de la tradition chinoise. Pourtant, Falun Gong est considéré en Chine comme une organisation sectaire interdite depuis 1999. Par ailleurs, des médias internationaux ont relayé des témoignages d’anciens artistes évoquant une forte pression idéologique ainsi que des conditions de travail difficiles au sein de la troupe. Ces éléments permettent de mieux comprendre le contexte dans lequel ces spectacles s’inscrivent.

    La question n’est donc peut-être pas de juger, mais de s’interroger sur la manière dont la culture est présentée. Lorsque des spectacles se revendiquent comme porteurs d’une culture « authentique », la transparence sur leur démarche et leur message apparaît essentielle, par respect pour le public comme pour les traditions culturelles elles-mêmes.

    Renouveau culturel

    La culture chinoise ne se résume pas à des symboles figés. Riche de plusieurs millénaires d’histoire, elle est diverse, vivante et en constante évolution. En Chine, de nombreux jeunes s’intéressent aujourd’hui aux savoirs traditionnels, au hanfu ou aux arts classiques, tout en participant à une création artistique contemporaine dynamique, souvent soutenue par les nouvelles technologies. Pourtant, ces formes culturelles actuelles disposent encore de peu d’occasions d’être présentées à l’étranger, notamment dans un cadre professionnel en France.

    Ce décalage explique en partie pourquoi l’image de la culture chinoise reste souvent associée, dans l’esprit du public français, à des références très traditionnelles. Alors même que les échanges culturels entre la Chine et la France se développent, un meilleur équilibre dans la représentation des cultures reste à construire.

    À l’approche du Nouvel An chinois, moment de partage et de renouveau, cette réflexion prend tout son sens. Multiplier les échanges, diversifier les formes de présentation et favoriser la circulation des œuvres permettraient aux publics chinois et français de mieux se connaître et d’apprécier des créations culturelles authentiques, contemporaines et de grande qualité. Dans ce contexte, le Consulat général de Chine à Marseille, en collaboration avec les communautés chinoises locales, prépare une série d’événements culturels mettant en valeur les cultures chinoises. Le public est invité à les découvrir prochainement.

  • [Passerelle interculturelle] Paris sans filtre ? Réflexions croisées sur le regard et le quotidien

    [Passerelle interculturelle] Paris sans filtre ? Réflexions croisées sur le regard et le quotidien

    Ces derniers jours, des photos de Paris ont largement circulé sur les réseaux sociaux chinois. On y voit un homme âgé, venu de Chine, posant simplement devant la tour Eiffel, sous le ciel d’hiver parisien. Rien d’exceptionnel : pas de ciel bleu éclatant, pas de mise en scène. Juste un instant ordinaire. Autour de ces images prises au fil de son voyage, les commentaires se sont multipliés. Une expression est revenue avec insistance : « Ces photos ont enlevé le filtre de Paris. »

    Cette formule m’a fait sourire, puis réfléchir. Car elle en dit autant sur Paris que sur notre manière de regarder le monde. Paris, comme beaucoup de grandes villes, vit sous un filtre collectif. En Chine, elle est souvent associée au romantisme et à une certaine idée idéalisée de l’Europe, façonnée par le cinéma et la littérature. Les photos de cet homme âgé ne cherchaient ni à confirmer ni à contredire cette image : elles montraient simplement une ville telle qu’elle se vit, au quotidien.

    Vivant aujourd’hui en France, un pays que j’aime profondément et où je me suis installée depuis une dizaine de mois, je découvre cette réalité concrète, faite de nuances, parfois différente de ce que l’on imagine depuis la Chine. Ces dernières semaines, quelques jours d’intempéries ont suffi à rappeler que même une grande capitale repose sur des équilibres sensibles : déplacements ralentis, habitudes bousculées, et, un jour, une pénurie d’œufs au supermarché. Rien de dramatique, mais assez inhabituel pour inviter à regarder autrement le fonctionnement du quotidien.

    Quelle image de Beijing

    ont les Français ?

    Tout cela m’a amenée à repenser à la vie quotidienne en Chine, si proche et si lointaine à la fois. Et je me suis posée une question simple : quelle image de Beijing ont les Français ? Existe-t-il, là aussi, un filtre, comme celui à travers lequel nous regardons Paris depuis la Chine ? D’après ce que j’ai pu observer au cours de ces dix mois en France, certains aspects très ordinaires de la vie en Chine restent encore peu connus ici.

    Revenons aux œufs. Ces derniers jours, le sujet faisait même l’objet de discussions à la télévision française. En Chine, avec un euro, on peut acheter environ seize œufs. Ce chiffre peut sembler anecdotique. Il dit pourtant quelque chose de l’organisation du quotidien dans un pays de 1,4 milliard d’habitants, où la stabilité de l’approvisionnement en produits de base est tellement intégrée à la vie ordinaire qu’on n’y pense presque jamais. Personnellement, je n’avais jamais imaginé me poser un jour la question des œufs. Il ne s’agit pas de comparer ni d’opposer. Ces différences rappellent simplement que chaque société construit ses propres équilibres, souvent invisibles tant qu’ils fonctionnent.

    C’est là que la question du « filtre » prend tout son sens. La distance entre deux pays n’est pas d’abord géographique. Elle est cognitive. Ce qui me touche dans cette histoire de photos, ce n’est donc pas l’idée d’un « Paris sans filtre », mais le regard de celui qui observe : calme, attentif, sans jugement. Les filtres ne disparaissent sans doute jamais complètement. Mais ils peuvent s’alléger, à mesure que l’on observe et que l’on accepte la complexité du réel.

    Entre la Chine et la France, les différences sont réelles. Mais ce sont souvent les regards patients et bienveillants, ceux qui prennent le temps de voir sans conclure trop vite, qui permettent de mieux se comprendre.

  • [Passerelle interculturelle] Chine – France : les sports d’hiver comme nouveau terrain de coopération économique

    [Passerelle interculturelle] Chine – France : les sports d’hiver comme nouveau terrain de coopération économique

    Chaque saison, les stations des Alpes fonctionnent à plein régime, soutenues par des réseaux bien établis de transport, d’hébergement, de formation et de services. Le ski y est à la fois une pratique sportive largement partagée et un pilier de l’économie hivernale locale. En Chine, selon des modalités différentes, l’attrait pour les sports d’hiver prend son essor.

    En effet, depuis les Jeux olympiques d’hiver de Beijing 2022, la participation du public chinois aux sports de glace et de neige progresse de manière continue. Selon les données disponibles, le secteur chinois des sports d’hiver dépasse désormais 1 000 milliards de yuans par an, soit environ 130 milliards d’euros, avec des effets d’entraînement notables sur la consommation hivernale, notamment dans le commerce de détail, les transports et la restauration.

    À Harbin, à la découverte du « Monde de glace et de neige »

    Dans le nord de la Chine, le développement des sports d’hiver s’appuie sur des villes historiquement associées au froid. Chaque hiver, la ville de Harbin accueille le Monde de glace et de neige de Harbin, un vaste site touristique construit à partir de dizaines de milliers de tonnes de glace stockées à l’avance. Les installations éphémères transforment temporairement l’espace urbain en une cité de glace ouverte au public, intégrée aux circuits touristiques et culturels hivernaux. Dans le sud du pays, la ville de Shenzhen a investi dans l’un des plus grands centres de ski indoor au monde. Ce type d’infrastructure permet une exploitation tout au long de l’année : alors que la température extérieure avoisine les 26°C, l’intérieur est maintenu autour de -6°C, rendant la pratique du ski indépendante des conditions climatiques et accessible à de nouveaux publics.

    Dans la région du Xinjiang, notamment à Altay et à Urumqi, des « vacances de neige » ont été mises en place afin d’encourager les élèves à participer à des activités sportives, éducatives et culturelles liées à la glace et à la neige. Certains domaines skiables proposent, durant ces périodes, des accès gratuits ou des tarifs préférentiels pour les jeunes, favorisant une familiarisation précoce avec les sports d’hiver.

    Ces évolutions dessinent une trajectoire distincte du modèle alpin européen. Là où la France s’appuie sur un système fondé sur la montagne et le tourisme de séjour, la Chine combine infrastructures urbaines, équipements indoor et politiques publiques afin d’élargir rapidement la base des pratiquants. Dans ce contexte, les sports d’hiver apparaissent comme un nouveau terrain de coopération économique entre la Chine et la France. L’expertise française en matière de gestion des stations, de formation, de sécurité et de tourisme hivernal durable rencontre un marché chinois en forte croissance, ouvrant la voie à des partenariats concrets et pragmatiques entre les deux pays.

  • [Entretien] Christophe Ventura : « Nous revenons à la règle de la force »

    [Entretien] Christophe Ventura : « Nous revenons à la règle de la force »

    La Marseillaise : Est-ce que l’intervention des États-Unis marque une rupture pour un Donald Trump qui se disait isolationniste ?

    Christophe Ventura : Il y a une rupture, qui s’inscrit dans une tradition. C’est la première fois que les États-Unis interviennent militairement dans un pays sud-américain, même s’ils sont intervenus moult fois en Amérique centrale et dans les îles caribéennes, et la première fois depuis la fin de la guerre froide qu’ils y emploient la force militaire en enlevant le chef d’un État en poste. Mais cette politique s’inscrit dans une longue tradition américaine, celle de la doctrine Monroe, à laquelle il a adjoint son propre corollaire Trump. Il le décrit dans son document de stratégie nationale publié le 5 décembre dernier, une stratégie de retour impérial assumé des États-Unis comme puissance dominante dans toute la région, du Groenland à la Terre de Feu.

    On a l’impression d’une graduation continue, entre les sanctions et pressions sur les différents scrutins sud-américains…

    C.V. : On parle beaucoup de Trump, mais il faut aussi parler de Marco Rubio, le secrétaire d’État américain, ou de Maurio Calver-Carone [ex-envoyé spécial en Amérique latine, Ndlr.] qui ont un agenda pour l’Amérique latine. Marco Rubio est beaucoup à la manœuvre, l’objectif, c’est de faire d’une pierre deux coups et derrière cela d’en finir avec Cuba.

    Les menaces contre Cuba, la Colombie, le Groenland peuvent-elles augurer d’autres interventions ?

    C.V. : On ne peut pas le savoir. En termes d’intervention, le Groenland est en haut de la liste, Donald Trump en a aussi promis une deuxième au Venezuela s’il n’y a pas de terrain d’entente avec la présidente par intérim Delcy Rodriguez. Pour la Colombie, nous sommes au stade des menaces, je ne vois pas les États-Unis y intervenir et à Cuba, la stratégie c’est une asphyxie définitive de l’économie cubaine en pensant que le gouvernement va s’effondrer.

    Les institutions vénézuéliennes, qu’elles soient politiques ou militaires, apparaissent-elles toujours comme légitimes ?

    C.V. : Je me garderai bien de toute certitude. Le coup est rude, officiellement le Venezuela demande la libération et le retour de M. Maduro. Ils essaient de montrer une continuité de l’État bolivarien dans le respect de la Constitution avec Delcy Rodriguez présidente par intérim pour trois mois. Le défi, c’est de garder cette unité, parce que Donald Trump fait un test de résistance à ce pouvoir civilo-militaire. Il y a ceux qui sont favorables à un deal pour conserver les pouvoirs régaliens et préparer une transition, négocier la meilleure sortie pour ne pas être éliminés physiquement ou finir leur vie en prison. La plupart des dirigeants ont sur leur tête des contrats, entre 15 et 30 millions de dollars, pour « narcotrafic ». Ils pourraient intégrer une partie de l’opposition dans un gouvernement dit national, et ouvrir aux Américains par la grande porte le retour de la pompe à pétrole. Delcy Rodriguez se dit prête à en discuter, à condition que ce ne soit pas une colonie, qu’ils soient respectés. Trump lui dit pour l’instant : tu n’as pas ton mot à dire. Mais au sein du pouvoir chaviste cela peut soit créer l’unité, soit créer une divergence entre un courant qui serait collaborationniste et un autre, peut-être avec les militaires, qui considérerait qu’il faut militariser le pouvoir pour résister. Vient s’ajouter à cela ce que peut faire l’opposition. Elle est elle-même divisée. Maria Corina Machado a été disqualifiée par Donald Trump pour prétendre diriger le pays. Est-ce que cette opposition va accepter de reprendre pied dans les institutions progressivement ou va profiter de cette situation pour prendre la rue et faire tomber le pouvoir une bonne fois pour toute ? Dans ce cas, on ne peut pas exclure que cela devienne un chaos généralisé.

    Le pétrole est-il la principale raison de l’intervention, ou les enjeux sont-ils plus géopolitiques ?

    C.V. : C’est indissociable. Trump veut récupérer la manne pétrolière qui est aujourd’hui exportée à 80% pour la Chine, et balayer d’Amérique latine les États « récalcitrants », en finir avec ce qu’il appelle les « communistes », tout ce qui est grosso modo de gauche et progressiste. C’est une stratégie de restauration impériale dans la région qui commence au Venezuela. Pour Donald Trump, les ressources latino-américaines doivent servir les chaînes de valeur qui servent les intérêts de l’économie américaine.

    Est-ce que cela risque d’entraîner des répliques dans les relations internationales ?

    C.V. : Le responsable de la principale puissance mondiale fait justice par soi-même et pour soi-même. C’est la vengeance érigée en principe de gouvernement et de diplomatie. Quand la première puissance mondiale a fait ça, que voulez-vous dire après à M. Poutine, à la Chine si demain elle voulait reprendre Taïwan ? Chacun désormais peut faire sa loi dans sa zone d’influence, c’est la vision de Donald Trump des relations internationales. Nous revenons à ce qui était la règle de la force, le retour de la politique de la canonnière, le monde d’avant la Première Guerre mondiale : ce sont les grandes puissances qui dirigent et s’arrangent entre elles quand il y a un problème.

    À quel point l’opposition est représentative de la population ?

    C.V. : L’opposition existe, elle est puissante. Il y a grosso modo trois tiers, avec un pôle chaviste qui reste, et qui peut être critique de Maduro, un tiers qui représente les oppositions, et un autre tiers de la population surtout qui n’est plus politisé, qui est fatigué, épuisé d’une crise multiforme qui agonise ce pays depuis dix ans, qui cherche à survivre au quotidien. Maria Corina Machado est beaucoup plus monétisée à l’international qu’elle ne l’est au Venezuela, cela Trump le sait. Elle n’a cessé de proposer pour en finir avec le chavisme des boycotts électoraux, des manifestations de rue, la violence politique ou la demande d’une intervention américaine. Mais elle n’incarne qu’un bout de l’opposition. Une bonne partie de l’opposition de droite veut aussi en finir avec le chavisme par une solution vénézuélienne sans ingérence des américains. Maria Corina Machado n’a pas les moyens de gouverner, parce qu’au Venezuela, on ne gouverne pas sans l’armée qui ne veut surtout pas d’elle puisqu’elle a fait sa carrière politique sur un coup d’État en 2002 visant à lui enlever le pouvoir.

    A lire : « Désocciden-talisation : Repenser l’ordre du monde », par Christophe Ventura et
    Didier Billion,
    Agone, 14
     euros.

  • [Passerelle interculturelle] Pour 2026, Xi Jinping appelle à la paix et à la coopération

    [Passerelle interculturelle] Pour 2026, Xi Jinping appelle à la paix et à la coopération

    « Passerelle interculturelle », est un espace dédié aux échanges d’idées et de perspectives entre la France et la Chine. Chaque lundi, grâce à des entretiens avec des personnalités françaises et chinoises, notre ambition est de créer un pont entre deux traditions intellectuelles, deux sensibilités et deux visions du monde.

    Selon le dirigeant chinois qui a prononcé ses vœux à la veille de 2026, face à une incertitude accrue en 2025, la Chine a privilégié le dialogue et poursuivi une coopération internationale mutuellement bénéfique, agissant comme une ancre de stabilité pour le monde et reflétant les pas fermes et constants de la nation sur la scène internationale.

    Une ouverture sur le monde

    En 2025, la Chine a promu la réforme de la gouvernance mondiale par des actions concrètes, obtenant des résultats tangibles. Dans son message du nouvel an 2026, M. Xi a affirmé qu’au cours de l’année écoulée, la Chine avait continué à s’ouvrir largement au monde. « Pour mieux lutter contre le changement climatique, la Chine a annoncé de nouvelles contributions déterminées au niveau national », a déclaré M. Xi, ajoutant qu’après les trois initiatives sur le développement, la sécurité et la civilisation, il avait avancé l’Initiative pour la gouvernance mondiale dans le but de promouvoir un système de gouvernance mondiale plus juste et plus équitable. « La Chine se tient toujours du bon côté de l’histoire », a affirmé M. Xi.

    Des opportunités partagées

    Dans son message du Nouvel An 2026, M. Xi a également déclaré que la Chine avait profondément intégré la science et la technologie à l’industrie, donnant naissance à une série continue de nouvelles innovations. De nombreux grands modèles d’IA se livrent à une course vers l’excellence, et des avancées ont été réalisées dans la recherche et le développement de puces électroniques chinoises. « Tout cela a fait de la Chine l’une des économies dont les capacités d’innovation progressent le plus rapidementLa sonde Tianwen-2 a entamé son voyage à la poursuite des étoiles pour explorer les astéroïdes et les comètes. La construction du projet hydroélectrique sur le cours inférieur du Yarlung Zangbo a été lancée. Le premier porte-avions chinois doté d’un système de catapulte électromagnétique a été officiellement mis en service. Des robots humanoïdes ont fait montre de leur maîtrise des arts martiaux et des drones ont présenté de magnifiques spectacles de feux d’artifice », a précisé M. Xi.

    En ouvrant grand ses bras au monde, la Chine entend avancer avec le monde vers un avenir de paix, de développement et de coopération gagnant-gagnant.