Tag: Region SUD PACA

  • L’Agence régionale de santé met le paquet sur le cancer

    L’Agence régionale de santé met le paquet sur le cancer

    Avec 44 500 nouveaux cas pris en charge chaque année, la Région Paca reste particulièrement touchée par les cancers. Un enjeu de santé majeur au cœur de la feuille de route 2026-2030 de l’Agence régionale de santé (ARS) a expliqué ce mardi 27 octobre son directeur général, Yann Bubien. « Nous faisons face à une augmentation continue du nombre de cancers, liée notamment au vieillissement de la population », contextualise-t-il, vieillissement accru en Paca quand « beaucoup de personnes âgées viennent s’installer en dernière partie de vie ». Deuxième constat, les inégalités sociales et territoriales qui persistent. « On a certains dépistages qui restent insuffisamment réalisés dans notre région », convient le directeur de l’ARS Paca, or « certains cancers de mauvais pronostics nécessitent des parcours plus rapides pour être pris en charge à un stade localisé ».

    Forte de ce diagnostic, l’ARS décline 22 actions, choisies parmi celles proposées par l’Institut national du cancer, qu’elle travaille en grands axes thématiques et en projets avec les hôpitaux, les professionnels de santé, l’Éducation nationale, les collectivités et nombre d’associations. Un investissement de 115 millions d’euros sur 5 ans. Concrètement, le paquet est mis sur la prévention quand « aujourd’hui, environ 40% des cancers peuvent être évités grâce à des actions sur les comportements et sur l’environnement », assure Yann Bubien. Dans la ligne de mire, le tabac, l’alcool, l’exposition aux UV très importante sous nos latitudes ou les infections HPV entendre les papillomavirus humains. Des objectifs précis sont fixés en matière de dépistage : 42% pour le cancer du sein contre 31% aujourd’hui, 35% pour le cancer colorectal contre 26% actuellement.

    Le tabagisme, un fléau

    L’ARS entend également réduire les délais d’accès aux soins. « Pour certains cancers, notamment ceux du poumon, du pancréas, de l’ovaire, chaque semaine compte », rappelle le directeur de l’ARS. Pour améliorer le « confort » de la prise en charge, l’ARS mise aussi sur l’ambulatoire avec le développement de l’hospitalisation à domicile (HAD). « On a multiplié par 4 notre taux de recours à la chimiothérapie par intraveineuse en HAD », précise Élodie Crétel Durand, médecin et cheffe projet stratégie décennale cancer.

    Sur le cancer du poumon dont 9 sur 10 sont liés au tabagisme, et dont le diagnostic est fait tardivement faute de symptômes, un programme baptisé « Impulsion » a été lancé, Paca faisant partie des 5 régions pilotes de France. Pas moins de 20% des 18 à 79 ans de la région fument, soit 775 000 personnes. L’ARS se fixe pour mission de réduire ce chiffre à 18% d’ici 2030 avec un dépistage accru auprès des fumeurs ou ex-fumeurs, âgés de 50 à 74 ans.

    « Nous avons mis en place un premier niveau avec des centres instigateurs, en clair, des structures médicales qui vont inclure les personnes dans le parcours, les accompagner, les amener au dépistage et vont suivre les résultats », détaille Olivier Reilhes, directeur de la santé publique de l’ARS Paca. Treize centres pour le moment installés dans les Alpes maritimes et les Bouches-du-Rhône mais qui devraient passer à 30 en s’étendant sur le Vaucluse, les territoires alpins et le Var. Dans un deuxième temps, les personnes concernées peuvent bénéficier d’un « scanner thoracique à faible dose », réalisé dans 9 centres d’imagerie d’hôpitaux ou de ville. Sur 700 personnes inclues dans l’étude et 500 scans réalisés en quelques mois, dix cas se sont avérés positifs.

    REPÈRES

    Moins de décès en Paca

    Entre 2019 et 2023, environ 135 000 personnes décèdent chaque année d’un cancer dans la région Paca, dont 58% d’hommes. Mais le taux de mortalité plus « favorable » qu’au national, 185 décès pour 100 000 habitants en Paca contre 195 en France masque des « différences selon les territoires et les cancers » selon l’ARS.

    Plus de mélanomes

    La progression des cancers cutanés reste un enjeu important pour l’ARS qui dénombre une augmentation de 29% du mélanome entre 2017 et 2023. Une progression à mettre en regard avec la diminution du nombre de dermatologues dans la région s’inquiète-t-elle.

    775 000

    personnes âgées de 18 à 79 ans fument en Paca, soit 20,9% de cette classe d’âge indique l’ARS. Avec une situation préoccupante pour les femmes dont 18,3% se déclarent fumeuses, un chiffre supérieur à la moyenne nationale.

  • [Revivez le direct] Samedi 24 octobre, journée de mobilisation nationale

    [Revivez le direct] Samedi 24 octobre, journée de mobilisation nationale

    Bouches-du-Rhône

    À Marseille

    10h50 Le kiosque à journaux de la Joliette a dû fermer sur injonction de la police. « On ne comprend pas, samedi c’est notre meilleur jour », déplore Sylvie la responsable du point de vente. Sans compter l’importance de la presse pour la démocratie.

    13h40 Plusieurs centaines de manifestants sont déjà rassemblés aux Réformés. Alia et Ludivine, mère et fille, sont venues de Carpentras « déterminées à manifester dans une grande ville » avec leurs pancartes : «Tout nous motive : le pouvoir d’achat, les services publics, l’interdiction du voile.»

    13h42 Les manifestants arrivent à Réformés. Les forces de l’ordre ont déployé un important dispositif de sécurité sur la Canebière, dont un engin lanceur d’eau.

    13h45 Eugène, 19 ans, en banane et tutu rose, étudiant en cybersécurité, a tenté un selfie avec les policiers. « Ils ont refusé mais franchement ils étaient très corrects, pourvu que ça dure. Je suis là pour l’amélioration des conditions matérielles d’études. »

    13h45 Des forces de l’ordre avec gros engins sont prépositionnées à hauteur du cinéma Artplex sur la Canebière et filtrent les piétons.

    14h Oscar jeune chômeur : «Franchement tout me motive depuis ces 10 dernières années, le gouvernement Macron, la gestion de la crise Covid, les gilets jaunes et l’ignorance des cahiers de doléance, le pouvoir d’achat, tout ! »

    14h05 Ce sont déjà plusieurs milliers de manifestants qui sont rassemblés aux Réformés. Le début du cortège encore statique est conduit par Marc Pietrosino, secrétaire général de l’UD CGT 13 avec des centaines de militants et un service d’ordre.

    14h05 Les totally spies font partie du cortège marseillais.

    14h05 Le cortège marseillais se forme avec l’intersyndicale en tête et de nombreux élus communistes.

    14h08 «Marseille, Marseille antifas ! Tutti antifascisti !» crient les jeunes juchés sur la fontaine repris par la foule.

    14h10 Le parcours de la manifestations marseillaise n’empruntera pas la Canebière.

    14h12 Marc Pietrosino, secrétaire général de l’UD CGT 13 en tête de cortège !

    14h15 360 parents des lycées de Marseille ont créé leur groupe.

    14h19 Émilie et son père Pierre sont venus manifester en famille. « La répression policière fait peur, mais ça fait longtemps qu’on a pas ressenti des émotions aussi fortes en manif, témoignent-ils. Ça redonne de l’espoir d’être tous ensemble. »

    14h20 Un jeune poing levé sur le monument des Mobiles.

    14h25 Jessie, une mère venue de Vitrolles avec ses trois enfants « vraiment pour exprimer le droit de manifester après la répression des jeunes samedi dernier. La justice est vraiment à deux vitesses. »

    14h30 Les communistes qui avaient déposé un référé liberté contre l’interdiction de manifester sont présents en nombre à Marseille.

    14h30 Céline, éducatrice spécialisée : « Je suis là pour soutenir les lycéens mais aussi tout le manque de moyens que nous subissons dans notre secteur. Non, je n’ai pas peur de manifester. Nous sommes tous ensemble. »

    14h40 Le cortège arrive au pied des escaliers de la gare Saint Charles. Pas d’écho d’incidents.

    14h55 Eva et son ami sont venus d’Aix-en-Provence pour manifester à Marseille. Ils dénoncent leurs conditions d’apprentissage à la faculté de droit Schuman, où « il n’y avait pas de clim à la rentrée alors qu’ils faisaient 40 degrés », racontent-ils. « On n’arrive pas à joindre les deux bouts en étant étudiants, on a peur de l’avenir », ajoutent-ils.

    15h « Manu, Manu, jusqu’à la victoire ! » entonnent les militants CGT avant d’amorcer l’avenue du général Leclerc.

    15h10 Les Scop-TI (ex Fralib) sont dans la manifestation marseillaise.

    15h20 Ça défile en bon ordre boulevard Camille Pelletan.

    15h30 Marc Pietrosino, secrétaire général de l’UD CGT 13 : « On ne va pas crier victoire tout de suite mais c’est une manifestation réussie. On a réuni 100 000 personnes. C’est un grand ouf de soulagement pour la CGT d’avoir emmené cette manifestation pour exprimer nos revendications.»

    15h40 Encore énormément de monde aux escaliers de la gare Saint-Charles et sur tout le boulevard d’Athènes.

    16h Encore beaucoup de monde dans les rues dans une ambiance joyeuse.

    16h25 Les manifestants se sont engagés boulevard des Dames avant de reculer face aux forces de l’ordre qui ont fait usage de lacrymogènes.

    16h38 Premières tensions à Porte d’Aix.

    17h La porte d’Aix, devenue blanche sous les lacrymogènes, se vide.

    À Aix-en-Provence

    11h20 La ligne 50 reliant Aix- Marseille a été suspendue sur décision préfectorale ce samedi 24 octobre

    11h40 Le marché du cours Mirabeau, situé juste en face de la Rotonde, reste maintenu. Les commerçants y sont installés depuis 6h pour les plus matinaux et les Aixois sont bien au rendez vous.

    12h Pour le moment, seulement quelques voitures de police ont été déployées à la Rotonde, lieu d’où était partie la manifestation samedi dernier.

    14h55 L’interdiction de manifester est contestée en actes.

    15h Pourtant interdite par la Préfecture, un groupe de manifestants commence à se créer. Entre sittings et chants, le cortège se déplace actuellement vers la gare routière.

    15h La manifestation poursuit son chemin toujours animée par les chants et colorée par les centaines de pancartes. Le cortège pourtant pacifique reste cependant très encadré par les forces de l’ordre.

    15h30 Les manifestants tentent de bloquer la route de Galice, départementale qui permet de rejoindre l’autoroute A51 en direction de Gap.

    16h45 Finalement délogés de l’autoroute A51 par les forces de l’ordre, le cortège a perdu quelques manifestants en cours de route. Mais ceux encore présents dans les rues aixoises maintiennent malgré tout leur énergie et leur ferveur.

    17h Les manifestants font une nouvelle minute de silence en hommage aux victimes de l’attentat de Trappes.

    17h10 La manifestation poursuit sa marche pacifique. Elle se dirige peu à peu vers la Rotonde, point de départ du cortège.

    Après presque 4h de marche à travers les rues, le cortège des manifestants prend fin à la Rotonde.

    Après l’arrestation d’un jeune homme par les forces de l’ordre pour un motif inconnu, les Aixois haussent le ton.

    18h C’est la fin de la manifestation. Les participants s’éparpillent pour regagner le centre-ville.

    Vaucluse

    À Avignon

    9h45 À Avignon, la Sud PTT a décidé de maintenir son rassemblement contre la fermeture du bureau de poste de la place Pie, prévu depuis plusieurs semaines, malgré l’interdiction de manifester en centre-ville. « On est pacifiques donc il ne devrait pas y avoir de soucis ni d’amendes. Les luttes se rejoignent », confie Bruno Verdi , secrétaire du syndicat. Il est prévu qu’ils se joignent à la manifestation devant la préfecture entre 10 et 11 heures.

    10h10 Les représentants de la CGT sont allés échanger avec les forces de l’ordre, en nombre, postées devant la préfecture. Le représentant de la police nationale qui rappelle l’interdiction, tout en affirmant qu’il laissera passer le cortège, peut recevoir des ordres de faire évacuer la place.

    10h50 Un millier de personnes sont rassemblées devant la porte Saint Lazare. La CGT a décidé de ne pas aller devant la préfecture, à une centaine de mètres, pour l’heure. « On fait valoir nos droits et on nous arrête. Je ne comprends pas », confie Marie, étudiante à l’université locale.

    11h15 Faute de pouvoir aller devant la préfecture, les manifestants ont organisé une chenille « contre l’extrême droite » dans une ambiance festive.

    13h10 Manif sauvage en cours à Avignon sans but précis. D’après des manifestants, le but est de rentrer en centre-ville alors que les forces de l’ordre bloquent toutes les entrées. « C’était un peu une idée de merde. Ça sent mauvais » glisse un étudiant.

    13h12 Des policiers casqués et équipés de boucliers suivent de près et empêchent les manifestants de passer.

    14h25 Alors que quelque dizaines de manifestants tentent de se rassembler sur place de l’horloge malgré l’interdiction du préfet, les forces de l’ordre commencent à contrôler les personnes devant l’hôtel de ville. Tandis que le maire Olivier Galzi (DVD) boit un café au restaurant en face.

    15h25 Empêchés de passer sur la rue de la République, le cortège s’engouffre rue de la Bonneterie. « On nous fait passer dans les rues avec toutes les boutiques, ça ne va pas avec tous les discours qu’on a entendus cette semaine », réagit Anne-Marie, aide soignante. Tout en pointant « que la vraie casse, elle est dans nos lycées où les plafonds s’effondrent. »

    Var

    À Toulon

    11h15 L’audience du référé liberté déposé par l’Union syndicale Solidaires.s du Var et l’association Résistance Handi Droits devant le tribunal administratif de concernant le droit de manifester s’est achevée il y a quelques instants. Le verdict est attendu dans les prochaines minutes.

    13h20 40 minutes avant le début du rassemblement auquel ont appelé plusieurs organisations ce samedi (14h place de la Gare), le tribunal administratif de Toulon n’a toujours pas rendu sa décision concernant le référé liberté déposé par l’Union syndicale Solidaires.s du Var et l’association Résistance Handi Droits.

    14h Une cinquantaine de vigiles ont été déployés par la CCI du Var à proximité des commerces du centre ville de Toulon, et des centres commerciaux Avenue 83 et Grand Var, pour prévenir de potentielles violences et rassurer les commerçants.

    14h20 Suite au référé liberté déposé par l’Union syndicale Solidaires du Var et l’association Résistance Handi Droits, le Tribunal administratif de Toulon lève l’interdiction totale de manifester, mais maintient l’interdiction concernant le centre-ville. Un cortège se dirige de la Bourse du travail vers la place Martin Bidoure, d’où la manifestation va officiellement s’élancer.

    14h30 Plusieurs centaines de manifestants arrivent place Martin Bidoure, dans le quartier du Pont du Las à Toulon.

    14h40 Olivier Rosay, secrétaire départemental Solidaire.s du Var, qui a porté le référé liberté devant le tribunal administratif concernant l’interdiction de manifester, sa suspension partielle et l’autorisation d’un parcours alternatif « n’est pas une vraie victoire car on souhaitait manifester en centre ville. Même si on avait proposé ce parcours au préfet hier, ce n’était pas ce qu’on voulait obtenir.» Il se réjouit tout de même de voir «qu’il y a quand même du monde» malgré un verdict rendu tardivement, «mais le déferlement médiatique a dissuadé quelques collègues et manifestants, le gouvernement a réussi ce qu’il voulait en montrant en boucle des images de violence. On continue notre mobilisation, qu’on appellera à amplifier davantage car il y a une profonde colère sociale dans le pays, des salariés et couches populaires qui n’arrivent pas à joindre les deux bouts. »

    14h55 Le cortège s’élance dans les rues du Pont du Las. Des dizaines de personnes le rejoignent en route.

    15h50 1200 personnes traversent actuellement, dans le calme, le quartier du Pont du Las à Toulon, en se dirigeant vers la porte Castigneau. Les syndicalistes, parmi lesquels la CGT et Solidaire.s, sont nombreux à avoir revêtu leurs chasubles, contrairement à la semaine dernière.

    16h Plusieurs soignantes, qui composent l’équipe de street medics bénévoles de la manifestation, affirment que « certains policiers ont emmené des collègues dans les camions, et leur ont enlevé leur matériel », car celui-ci était composé de masques, contraires à l’arrêté préfectoral interdisant le port d’objets pouvant dissimuler le visage. « D’autres sont plus compréhensifs et nous ont laissé passer », précisent-elles, tandis qu’une responsable négocie actuellement avec des membres de forces de l’ordre pour récupérer ce qui a été intercepté.

    16h05 Stoppé par les forces de l’ordre à la sortie du pont du Las, le cortège se disperse. Certains manifestants ont regagné la place Martin Bidoure, quand d’autres s’engagent par petit groupe dans des rues attenantes.

    16h20 Plusieurs centaines de manifestants se sont dirigés vers le boulevard Lazare Carnot, bloqués par des policiers. Ils repartent en direction du Pont du Las.

    Finalement les manifestants s’engagent sur le Boulevard de Strasbourg, en direction de la place Liberté, et donc du périmètre interdit par la Préfecture.

    16h30 Arrivés à hauteur du lycée Bonaparte, les manifestants sont repoussés par de premiers tirs de grenades lacrymogènes des policiers.

    16h38 Une vingtaine de policiers bloquent le boulevard de Strasbourg, porte d’entrée du centre-ville, et ont procédé à une dizaine de tirs de grenades lacrymogènes. Un manifestant a été arrêté.

    17h «Vous avez des salaires de misère. Vous êtes des travailleurs comme nous. Rejoignez-nous ! », crie une manifestante à l’attention des policiers.

    17h40 Les manifestants, jeunes pour la plupart, sont repoussés vers la porte Castigneau, à l’entrée de la ville. Plusieurs d’entre eux ont été interpellés.

    18h Une jeune manifestante toulonnaise demande aux auteurs de jetés de pierres « d’arrêter de donner des images pour la télé », alors que les affrontements avec les forces de l’ordre se poursuivent. La BAC a effectué des tirs de LBD dont certains semblaient tendus.

    18h30 La centaine de manifestants toujours présente à Toulon a été repoussée jusqu’à son point de départ, au Pont du Las.

    18h35 Les forces de l’ordre ont encerclé le quartier du Pont du Las en s’établissant dans les rues parallèles et pris les manifestants par surprise. Plusieurs d’entre eux ont été interpellés.

    19h Les quelques manifestants restants ont été dispersés dans le quartier du Pont du Las, à Toulon. Les forces de l’ordre restent positionnées sur l’avenue du 15e Corps.

    Alpes-de-Haute-Provence

    À Manosque

    10h20 Environ 70 personnes sont pour l’instant réunies sur le rond-point de l’A51, où une cyclo-chorale militante et itinérante est arrivée à vélo et apprend des chants aux manifestants. Plusieurs jeunes rejoignent le mouvement ce samedi.

    10h30 Alors que les manifestants chantent calmement, les policiers viennent à leur rencontre pour les informer que la préfète est en train de prendre un arrêté d’interdiction et leur ordonner de se disperser, sous les protestations des manifestants, qui n’avaient pas déclaré le rassemblement.

    La préfecture vient de confirmer un arrêté d’interdiction de manifester à Manosque à partir de 12h.

    Hautes-Alpes

    À Gap

    9h25 À Gap, une cinquantaine de personnes sont rassemblées, pour le moment, place Desmichels.

    10h10 De nombreux manifestants trouvent l’interdiction de manifester au centre ville « disproportionnée ». « On vient à chaque manif depuis des années à Gap et il n’y a jamais eu de violences, ce sont des mobilisations familiales. Tous ces policiers et un drone pour nous surveiller, c’est n’importe quoi », déplore Léa, une manifestante.

    10h20 La nouvelle est tombée : la manifestation est finalement autorisée dans le centre ville. Les manifestants ont donc annoncé un cortège vers le centre ville.

    10h45 Même si l’interdiction a été levée, la manifestation n’est pas déclarée. La police ne laisse pas passer le cortège rue Carnot dans le centre-ville. Il y a environ 200 personnes dans le cortège.

    11h10 Le cortège défile calmement entre les allées du marché sous les regards étonnés des commerçants et clients.

    12h45 La manifestation touche à sa fin, il y a eu jusqu’à environ 380 personnes. Quelques manifestants restent pique-niquer sur un rond point.

  • À Marseille, ces agriculteurs manifestent pour défendre le pluralisme syndical

    À Marseille, ces agriculteurs manifestent pour défendre le pluralisme syndical

    On nous coupe les vivres », a asséné Yoann Le Lay, éleveur dans les Alpes-de-Haute-Provence et secrétaire du réseau régional Ardear (Association régionale pour le développement de l’emploi agricole et rural). Mobilisé devant l’Hôtel de Région à l’occasion de l’assemblée plénière, vendredi matin, il a dénoncé : « Depuis 17 ans, la Région finance nos dossiers d’accompagnement pour renouveler les générations agricoles. Au mois d’août, elle a supprimé les 100 000 euros annuels pour le travail qu’on a démarré en janvier. »

    En avril, la Région justifiait alors à Ardear « avoir fait le choix de financer le réseau consulaire avec la Chambre régionale d’agriculture, l’heure n’étant pas à la dispersion, mais à l’optimisation des moyens ».

    « C’est inacceptable, les chambres consulaires ne font pas le même travail que nous », s’indigne le secrétaire de l’organisme, qui accompagne un tiers des porteurs de projets agricoles en région Paca. « On travaille dessus depuis vingt ans et on a des résultats, c’est incompréhensible », regrette-t-il.

    « La démocratie part en lambeaux », déplore Yannick Becker, porte-parole de la Confédération paysanne en région. Cet arboriculteur, maraîcher et éleveur dans les Alpes-de-Haute-Provence cible la modification de la clé de répartition de la subvention aux syndicats agricoles (lire notre article du 4 août) : « En basculant presque l’ensemble des financements sur la FNSEA-JA, la Région fragilise le pluralisme syndical et pénalise 26% des agriculteurs et agricultrices représentés par la Confédération paysanne. »

    En attente de réponses

    « C’est clairement une question de posture, insiste Yannick Becker en désignant la réorientation du budget. Ce n’est pas le moment de mettre une force représentative, qui amène un discours différent de celui de l’agriculture industrielle, de côté. » De son côté, l’Ardear reproche à la Région « une contradiction totale avec la dernière loi d’orientation agricole qui vise expressément les publics accompagnés par l’association ».

    L’Ardear indique avoir déposé un recours gracieux et la Confédération Paysanne un recours contentieux, ces dernières semaines.

    Contactée, la Région nous indique « vouloir engager le dialogue prochainement ».

  • La situation dans le Var, les Alpes et en Vaucluse

    La situation dans le Var, les Alpes et en Vaucluse

    Var : À Toulon pas d’accord entre préfecture et Solidaires, la manifestation est interdite

    « À la suite de l’interdiction par arrêté préfectoral des manifestations, cortèges, défilés et rassemblements dans le centre-ville de Toulon, une demande de manifestation a été déposée à la préfecture du Var par l’union syndicale Solidaires. Bien que cette demande soit parvenue hors délai, la préfecture a accepté d’engager une discussion pour un défilé en dehors du centre-ville, en proposant notamment deux parcours », écrit la préfecture du Var. « En dépit de nombreux échanges, aucun accord n’a pu être trouvé. La préfecture rappelle donc que toute manifestation reste interdite ce samedi 24 octobre à Toulon, soit en raison de l’interdiction en vigueur pour le centre-ville, soit en raison de l’absence de manifestation déclarée hors du centre-ville », poursuit le communiqué. Le syndicat a néanmoins déposé un référé-liberté qui sera examiné ce samedi matin dans l’espoir de faire annuler la décision du préfet par le tribunal administratif et de pouvoir manifester au départ de la place de la gare à 14h.

    Vaucluse : Les syndicats maintiennent leur manifestation à Avignon

    En Vaucluse, les syndicats maintiennent un appel pour un rassemblement à 10 heures devant la préfecture de Vaucluse. Une interdiction de manifester en centre-ville et le long des remparts d’Avignon, ce qui comprend au moins une partie de la zone en face de la préfecture, a pourtant été décidée par le préfet, Thierry Suquet. Mais la CGT Vaucluse a déposé un recours en référé-liberté devant le tribunal administratif de Nîmes, estimant que la « liberté de manifester est un droit démocratique essentiel que nous entendons défendre ». FO Enseignement a déposé une déclaration de rassemblement. Dans un communiqué, la préfecture assure cependant qu’« aucune manifestation n’a été déclarée en préfecture dans le délai prévu par la loi, de 3 jours francs avant la date de l’événement » et semble ne pas accepter la demande de rassemblement. « On n’a pas reçu de confirmation d’interdiction donc on sera là », insiste Tanguy Langlet, secrétaire départemental FO Enseignement.

    Alpes-de-Haute Provence : Opération péage gratuit à Manosque, manif interdite à Barcelonnette

    Dans les Alpes-de-Haute-Provence, des manifestations sont prévues à Manosque, Digne-les-Bains, Sisteron et Barcelonnette. À Manosque, le rendez-vous est fixé, comme la semaine dernière, sur le rond-point de l’A51, à 10h. Les manifestants devraient à nouveau mettre en place une opération péage gratuit. À Digne, le rendez-vous est fixé à 10h rond-point du 11 novembre. À Sisteron, un appel à la mobilisation est lancé à 9h30, place de la République. À Barcelonnette, un rassemblement est prévu à 14h place du marché Aimé Gassier mais la préfète l’a interdit : « À ce stade, une seule manifestation a été déclarée sur la commune de Barcelonnette pour laquelle l’organisateur n’est pas en mesure d’assurer un service d’ordre suffisant. En conséquence, la préfète a été amenée à prendre un arrêté d’interdiction de manifester », précise la préfecture.

    Hautes-Alpes : Un référé liberté pour défendre le droit de Manifester à Gap

    Plusieurs points de rassemblements sont prévus dans les Hautes-Alpes. À Gap, un rendez-vous est annoncé à 9h à la place Desmichels. Le lieu se situe hors de la zone de l’hypercentre, visée par une interdiction de manifester suite à un arrêté préfectoral. Les syndicats (CGT, FO, FSU, Solidaires et la CFDT) ont conjointement soutenu un référé liberté déposé par le syndicat des avocats de France. Une audience a eu lieu vendredi après-midi au tribunal administratif de Marseille, mais la décision n’a pas été communiquée en fin de journée, vendredi. Comme la semaine dernière, un autre rendez-vous est fixé au péage de La Saulce à 10h. Un point de covoiturage sera mis en place dès 9h30 depuis la place Desmichels à Gap. À Briançon, les manifestations ont aussi été interdites mais un rassemblement est aussi prévu à 14h au rond-point de Chamandrin.

    ET AUSSI

    Des équipements municipaux fermés à Marseille

    La Ville a décidé la fermeture totale des mairies de secteur des 1-7 et 2-3, du parc Longchamp, du théâtre de l’Odéon, de l’Opéra, du musée d’histoire de Marseille, de Cantini, des Beaux-Arts, d’histoire naturelle, de la Vieille Charité, du museum des déportations, des bibliothèques de l’Alcazar, du Panier, du Merlan, de la Maison des associations, du jardin du Pharo. Le marché aux fleurs du port, des Réformés, des Capucins, du Prado, de la Plaine sont annulés.

    Polémique sur la police municipale marseillaise

    Suite aux déclarations de Rudy Manna, représentant de l’Unsa Police, assurant que les policiers municipaux de Marseille étaient confinés le 17 octobre, alors que les forces de l’ordre étaient dépassées, les syndicats CFDT, CGT et FO des territoriaux dénoncent plus que fermement ces propos, défendant des agents engagés sur le terrain et qui ont même été blessés. La Ville a de son côté annoncé porter plainte déposer une plainte pour diffamation.

    La droite locale veut « des éclaircissements » sur les transports

    Le collectif de droite, Une Génération pour Marseille, a écrit au préfet de région, Jacques Witkowski, ce vendredi pour une « demande d’éclaircissements » quant à l’interdiction, puis l’autorisation de la circulation des transports en commun. « Nous souhaitons comprendre ce revirement », questionnent-ils. « Nous nous interrogeons également sur le “consensus” qui aurait fait défaut. À notre connaissance, ni la RTM, ni la Métropole Aix-Marseille-Provence, ni le Département, ni la Région, ni les commerçants ne se sont opposés à votre décision », développent-ils.

    Et l’association des usagers réagit

    L’Association des Usagers des Transports des Bouches-du-Rhône (AUT13) se félicite du revirement préfectoral sur l’interdiction des transports en commun à Marseille.

    Dans un communiqué, elle précise : « Nous avons appris ce matin que les autorités préfectorales revenaient finalement sur cette décision de limitation ». Avant de s’en féliciter : « Les nombreuses réactions à cette mesure pénalisante et la mobilisation citoyenne ont payé et c’est tant mieux ! ».

  • Des lycées aux commerces, la Région Sud joue les pompiers

    Des lycées aux commerces, la Région Sud joue les pompiers

    François de Canson est passé par toutes les crises pour sa première semaine à la tête de la Région Sud, des mobilisations lycéennes aux violences qui ont marqué ce samedi 17 octobre, jusqu’aux inondations meurtrières dans l’ouest des Bouches-du-Rhône. « Cela permet de montrer que l’on sait les traiter », philosophe-t-il. Alors, logiquement, la première séance plénière du conseil régional qu’il préside, ce vendredi matin, est marquée par les réponses d’urgence, avec des aides qui doivent être votées à destination des lycées comme des commerces pillés.

    S’il insiste sur les 2,9 milliards d’euros d’investissements déjà réalisés dans les lycées en dix ans, « il faut améliorer le quotidien », concède le président (DVD) de Région. Dès son élection, il avait lancé une plateforme de signalements : Allô lycées Région Sud. « Nous avons eu 600 retours en moins d’une semaine », se félicite-t-il. Parmi eux, seuls trois établissements sont concernés par des plaintes concernant l’état des locaux, assure l’édile varois de La Londe-les-Maures, en énumérant les lycées Jean-Cocteau à Miramas, Ismaël-Dauphin à Cavaillon et Adam-de-Craponne à Salon-de-Provence. Face aux dégradations, le conseil régional débloque d’emblée une enveloppe d’urgence de 6 millions d’euros. Mais, tandis que la moitié des signalements déjà effectués sur la nouvelle plateforme régionale concerne le manque d’adaptation aux canicules, il annonce un budget supplémentaire de 10 millions d’euros d’ici la fin de l’année pour y faire face, avec un premier volet de 3,2 millions d’euros pour 50 lycées qui doit être voté ce vendredi. « Nous allons faire en sorte qu’il y a un espace climatisé dans chaque établissement », promet François de Canson.

    Mais le président de Région veut aussi sanctionner plus durement les lycéens auteurs de dégradations. « Manifester, c’est bien, dégrader et casser c’est inadmissible », appuie-t-il, en annonçant porter plainte systématiquement et mettre à disposition de la justice 10 000 heures de travaux d’intérêt général. Surtout, il demande au ministre de l’Éducation de transmettre les noms des élèves sanctionnés, « afin qu’ils ne puissent plus bénéficier des aides régionales comme le pass plein air ou le pass Zou ». En s’inscrivant donc dans les pas du RN qui avait fait la même proposition, le 6 octobre dernier. « Monsieur Allisio est bien gentil, mais je l’ai annoncé depuis bien longtemps, c’est facile de répéter ce qu’on a annoncé », balaie le président de Région, lui demandant de ne pas « polémiquer ».

    Demi-tour judiciaire

    François de Canson monte aussi au créneau face aux pillages du 17 octobre dernier. « J’ai souhaité que l’on puisse agir le plus rapidement possible », explique-t-il après ces violences « inadmissibles ». Sans décolérer face à la visite « à la lampe frontale » du ministre de l’Intérieur, mardi soir, à laquelle il n’avait pas été convié là où il attendait, lui aussi, des explications, tandis que le ministre du Commerce, avec lequel il s’était entretenu par visioconférence, « n’avait pas grand-chose à nous dire ». Alors il se pose en chef de file de l’accompagnement des commerces en faisant voter, comme il l’avait annoncé, la réactivation du Fonds de solidarité régional avec une enveloppe de 5 millions d’euros pour des aides forfaitaires de 10 000 euros par commerce touché par les pillages. Le Département des Bouches-du-Rhône doit l’abonder de 5 millions d’euros, la Métropole Aix-Marseille ajoute 1 million supplémentaire tout comme la CMA-CGM, et il invite les autres collectivités à l’abonder.

    Ironie du sort, deux jours avant les pillages, la Région réclamait devant le tribunal administratif l’annulation des aides versées aux commerces par la Ville de Marseille après les émeutes de 2023. « Bien évidemment, nous n’irons pas au bout de la démarche et nous ne demanderons pas aux commerçants de rembourser », répond le président de Région, alors que le rapporteur public allait dans le sens d’une annulation. Mais il promet de mobiliser le comité régional de tourisme, qu’il préside également, afin de redorer l’image de la ville avant les fêtes de fin d’année, et de financer la réparation des caméras de vidéosurveillance.

  • Aveu de faiblesse

    Aveu de faiblesse

    Interdiction de manifester dans les Bouches-du-Rhône, à Toulon et Avignon, couvre-feux étendus aux majeurs ce week-end, interruption des transports en commun… Dans quelle société vit-on ? La question mérite d’être posée tant le glissement en cours est grave depuis le 17 octobre.

    Le procureur Nicolas Bessone estimait, hier, qu’entre « 1 800 et 3 000 personnes » ont saccagé Marseille ce jour-là. La République est-elle prête à capituler devant cela ? Il serait donc impossible de garantir la sécurité et la sérénité des cortèges de lycéens mobilisés et de manifestants contre la vie chère ?

    En plus de les nier dans leurs revendications, le gouvernement entend donc les priver de leur capacité d’exprimer leur colère.

    Ce déni de démocratie est particulièrement inquiétant. Il témoigne d’un exécutif à la dérive, minoritaire à l’Assemblée nationale, refusant toute inflexion de sa politique.

    Une interdiction contestée en justice par un référé liberté

    En prenant ces mesures, le gouvernement croit faire une démonstration de force.

    Il fait en réalité un terrible aveu de faiblesse. Faiblesse face aux casseurs, aux pillards. Incapacité à garantir la liberté de manifester. Incapacité à assurer la sécurité et la tranquillité républicaines.

    Plusieurs organisations syndicales ou politiques ont annoncé leur intention de contester cette interdiction de manifester par un référé liberté.

    Puisse la justice, elle, ne pas être faible.

  • [Entretien] Cédric Gimenez, CGT Cheminots Paca : « Rompre avec des années de sous investissement dans le rail »

    [Entretien] Cédric Gimenez, CGT Cheminots Paca : « Rompre avec des années de sous investissement dans le rail »

    La Marseillaise : La CGT dénonce la détérioration des chemins de fer. Par quoi cela se traduit-il concrètement ?

    Cédric Gimenez : Cela a des conséquences sur la qualité du service en engendrant des annulations ou des retards de train. Cela donne forcément une image dégradée de la SNCF qui ne nie pas les difficultés puisque nationalement une table ronde est organisée par SNCF réseau, au siège de la SNCF. Dans notre région où il y a de la concurrence qui a été imposée, cela ne règle aucun problème puisque tous les trains roulent sur la même infrastructure. Nous alertons sur les risques d’un réseau fragile : quand il y a des déformations de voie comme on l’a vécu cet été, il y a des possibilités de déraillement. Nous voulons protéger les cheminots et les usagers. Nous voulons rétablir un certain nombre de vérités sur les raisons qui nous ont conduits à cela. Mais surtout, pour nous l’enjeu c’est que l’on débouche sur des améliorations concrètes.

    Votre interpellation s’adresse-t-elle à la direction ou à l’État ?

    C.G. : Les deux. On entend tout un tas de sommes annoncées pour rénover le réseau. On nous parle de 2,5 milliards. Dans notre région, il y a notamment des investissements importants annoncés sur la ligne Marseille-Briançon pour accueillir les JO. Ce sont des travaux que l’on ne renie pas même si on estime qu’ils arrivent tard. Ce qu’on veut souligner c’est qu’à côté des investissements, il est nécessaire d’avoir des budgets de maintenance à la hauteur afin de pouvoir intervenir le plus vite possible quand il y a une problématique qui survient. Cela a été affaibli par toutes les réorganisations qui ont eu lieu dans l’entreprise avec comme unique but : faire des économies. Des années de sous-investissement et d’affaiblissement de la maintenance ont produit l’état du réseau d’aujourd’hui. Même du côté des infrastructures TGV, cela commence à se tendre. On l’a vu avec les intempéries qui ont montré une incapacité à agir vite.

    Les pluies et inondations qui ont touché les Bouches-du-Rhône causent la fermeture de la ligne Marseille-Miramas via Rognac pendant une semaine. Est-ce dû
    à la violence de l’épisode méditerranéen où aux faibles capacités d’intervention
     ?

    C.G. : Il y a la réalité du climat où on constate malheureusement de plus en plus d’intempéries de grande ampleur mais on s’aperçoit que l’entreprise a du mal à préparer cet avenir. Ce n’est pas en supprimant du monde qu’on y sera prêt. On ne peut pas être toujours dans la réparation d’urgence, il y a besoin d’un entretien régulier. Le but c’est de développer l’offre et pour y parvenir, il faut une infrastructure robuste. C’est une responsabilité qui incombe à l’État mais aussi à la direction SNCF que l’on ne peut pas exonérer des choix faits en interne depuis des années. En séparant les entités, en s’inscrivant dans une perspective de concurrence, elle s’est détournée de ce que nous estimons être les priorités pour l’avenir.

    Comment modifier la situation ?

    C.G. : Il faut faire grandir le rapport de force. Cela passe par l’interpellation de l’opinion publique et donc des usagers mais aussi, à l’approche des élections professionnelles, j’appelle l’ensemble des cheminots à voter CGT. Si on en est arrivé là c’est aussi lié à l’influence respective des organisations syndicales. Voter CGT du 19 au 26 novembre, c’est se donner les moyens de peser sur la situation et de défendre une vision d’avenir pour le ferroviaire.

  • Le nouveau rendez-vous des colères

    Le nouveau rendez-vous des colères

    Ce samedi 17 octobre va-t-il donner lieu à une déferlante de colère ? Lancés sur les réseaux sociaux, autour du mot d’ordre principal d’une opposition à « la vie chère », les appels à manifester pour ce samedi se sont multipliés dans toute la France. Agriculteurs de la Confédération paysanne, anciens Gilets jaunes, militants de la CGT, lycéens et étudiants ou encore pompiers et retraités… Il est difficile de recenser l’ensemble des organisations qui prévoient de battre le pavé d’une manière ou d’une autre.

    À tel point que plus de 1 000 points de rendez-vous partout en France, allant de la manifestation classique au blocage de ronds-points en passant par des actions sur les péages, sont recensés par une carte collaborative. Quand le ministre de l’Intérieur en prévoit pas moins de 500, citant notamment des « rassemblements spontanés ». Les appels à la mobilisation ont aussi pris de l’ampleur avec le mouvement lycéen de ces dernières semaines, qui a largement relayé l’initiative.

    Comme un mélange du mouvement citoyen « Bloquons tout », qui a eu lieu l’année passée à la même époque, et d’un remake des débuts des Gilets jaunes. « C’est un peu un retour des Gilets jaunes et c’est plus global que ça : il y a les lycéens, des infirmiers, des agriculteurs… Tout le monde va se rejoindre et des gens vont manifester alors qu’ils ne l’ont jamais fait de leur vie », assure Franck Rhit, l’une des figures du mouvement à Marseille, qui tenait le rond-point de l’Estaque ,en 2018 . S’il insiste sur l’aspect élargi de la mobilisation, c’est aussi car l’envie de protester dépasse le cadre de la couleur du gilet.

    « Faire craquer

    le gouvernement »

    Car au niveau national comme dans la région, en Vaucluse et dans les Alpes du Sud par exemple, la CGT et plusieurs organisations syndicales traditionnelles seront aussi de la partie. Tout comme les militants de La France insoumise et du Parti communiste français. Jean-Luc Mélenchon jugeant que la date est « un moment important où s’exprimeront l’exaspération aiguë de très nombreux secteurs de la société », quand Fabien Roussel appelle à « faire craquer le gouvernement comme seul le peuple rassemblé peut le faire ».

    Reste que la nébulosité du mouvement provoque aussi de la prudence dans le Var et les Bouches-du-Rhône. Dans le premier département, le PCF et les organisations syndicales traditionnelles privilégient une manifestation à Brignoles plutôt qu’à Toulon. Dans le second, l’UD CGT, la FSU mais aussi le PCF n’appellent pas à se rendre dans la rue. Pas de quoi empêcher plusieurs organisations CGT de partager le rendez-vous fixé à 14h, sur le Vieux-Port, avec le mot d’ordre « Lycéens, étudiants, travailleurs… Tous en lutte ». Même principe pour Solidaires 13 ou encore la Convergence Infirmière, collectif qui rassemble des infirmières libérales et aides à domicile. « On n’a pas de dispositif particulier de présence car on n’a pas réussi à aller au bout d’une démarche commune avec les organisateurs », explique Marc Pietrosino, secrétaire de l’Union départementale CGT 13. De quoi faire écho à la position de la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, qui assurait ce vendredi, sur France Inter, que « cette mobilisation montre l’ampleur de la colère ». Une mobilisation qui pourrait aussi préparer aussi la grève interprofessionnelle et intersyndicale du 5 novembre prochain.

    Le Préfet appelle à la vigilance

    « On a suffisamment d’éléments probants pour dire que des personnes s’organisent pour un peu en découdre », explique, ce vendredi, le préfet de Région Jacques Witkowski. « On ne connait pas de parcours ni d’organisateurs», déplore-t-il pour le cas marseillais, citant un «facteur de risque en centre-ville». Il évoque un «appel à manifester global qui concerne beaucoup de villes» avec de multiples annonces de blocages par exemple sur les axes routiers. Et de prévoir la mobilisation « d’un maximum » de moyen au niveau des forces de l’ordre.

    A.B

    Note

  • Vaucluse : les victimes de l’amiante lassées de la passivité des élus

    Vaucluse : les victimes de l’amiante lassées de la passivité des élus

    Mi-septembre, une des filiales de la SNCF a été condamnée à indemniser 39 salariés en Paca pour ne pas avoir assez assuré leur sécurité contre l’exposition à l’amiante, notamment en gare d’Avignon. Une décision qui renvoie à l’inlassable combat de la Cavam (Coordination des associations de victimes de l’amiante), qui s’est réunie il y a une semaine à Paris.

    L’association, qui regroupe 22 associations – dont le Caps 84 (Collectif amiante Pays des Sorgues) –, s’agace d’une inaction générale pour éradiquer ce fléau. « Le gouvernement et trop d’élus de terrain restent passifs, voire indifférents, déplore la Cavam dans un communiqué. Partout, le même scénario se répète. Nous sommes reçus, écoutés, parfois même encouragés, mais les suites sérieuses ne viennent pas et pendant ce temps, le nombre de décès provoqués par l’amiante ne cesse d’augmenter. »

    Diagnostic dans les écoles, départements totalement démunis de déchetteries capables d’accueillir l’amiante ou « projets industriels alternatifs qui s’enlisent faute de financement, de terrain ou de volonté politique », les griefs demeurent. La Cavam martèle une « revendication centrale : la création d’un pôle public d’éradication de l’amiante ». Elle « appelle le gouvernement, les élus, les collectivités et les employeurs à passer enfin des paroles aux actes ».

  • Colères en chaîne

    Colères en chaîne

    Les lycéens, les retraités, les étudiants désormais, sont mobilisés, chacun avec leurs revendications, mais une même colère vis-à-vis d’un gouvernement qui ne les entend pas et qui, bien que minoritaire à l’Assemblée nationale, s’entête dans une politique d’austérité et d’injustice fiscale.

    Alors que notre région comme le reste du pays sont traversés par un mouvement social puissant, le gouvernement Lecornu avait désigné dans son projet de budget ceux qui sont pour lui des privilégiés : les retraités ! Objectif : récupérer dans leurs poches 1,4 milliard d’euros en remettant en cause l’abattement fiscal dont ils bénéficient.

    Devant cette mesure, vécue comme une provocation par les premiers intéressés et dans un contexte social bouillonnant, les députés ont finalement rejeté cette disposition.

    Budget libéral et d’austérité

    C’est une bonne nouvelle, mais elle ne suffira pas à apaiser le pays.

    Ce samedi, des manifestations pour protester contre le prix des carburants et la vie chère en général s’ajouteront aux mouvements déjà existants.

    Tout cela appelle un changement de politique profond. Aucune aspiration qui s’exprime dans la jeunesse comme dans le monde du travail ne trouvera de réponse dans un budget libéral qui malmène les services publics et le pouvoir d’achat.

    En se déclarant incapable de changer de cap, le gouvernement prend le risque que cette chaîne de colères devienne une chaîne de solidarité, un front commun contre lui.