Tag: réchauffement climatique

  • [Entretien] François Crémieux, AP-HM : « Un outil de réponse en cas de crise sanitaire »

    [Entretien] François Crémieux, AP-HM : « Un outil de réponse en cas de crise sanitaire »

    La Marseillaise : Que va changer ce bâtiment pour l’AP-HM ?

    François Crémieux : Ce bâtiment Samu c’est l’un des premiers grands jalons de la rénovation et de la modernisation de l’assistance publique dans le cadre du plan Marseille en grand. C’est un outil technique de réponse en cas de crise sanitaire sur le département. Sur un plan strictement opérationnel, c’est un bâtiment qui était nécessaire pour installer les équipes du Samu zonal, du Smur de la Timone, du centre anti poison, des équipes du 31 14, qui est le numéro national de prévention du suicide, afin qu’elles puissent aussi travailler dans des conditions optimales.

    Une salle est dédiée aux « crises », cela concerne la crise climatique que nous vivons ?

    F.C. : On se souvient tous de la canicule de 2003 où il y avait eu un afflux de très grand nombre de patients très âgés qui avaient beaucoup souffert mais aussi beaucoup de décès. J’espère que notre pays est mieux préparé et sera mieux capable d’anticiper un risque climatique de ce type-là. À l’heure où on parle, il y a beaucoup d’appels au Samu parce que nos concitoyens ont des difficultés particulières, sont inquiets ou ont besoin de conseils. Les enjeux de crise climatique, ce sont ceux des conséquences sur la santé. C’est aussi le travail des équipes du Samu d’être capable d’y répondre.

    Vous dîtes espérer que le pays est « mieux préparé », l’AP-HM l’est-elle ?

    F.C. : Pour avoir connu la crise de 2003, il est clair que les hôpitaux, les professionnels de santé, les structures médico-sociales qui prennent en charge des personnes âgées ont considérablement évolué. Aujourd’hui, tout le monde sait ce qu’est le risque de chaleur extrême, les enjeux d’aérer la nuit pour refroidir et de se protéger du soleil la journée, mais aussi de faire attention à ne pas se déshydrater au détour d’une canicule. On a collectivement acquis une certaine expérience, malheureusement parce que le réchauffement climatique est là et qu’il va continuer à se poursuivre. Dans le Sud de la France, on était déjà relativement compétents en 2003, du côté des équipes soignantes, et on l’est aujourd’hui plus encore.

    Le Premier ministre a annoncé mardi activer le plan Orsan au niveau 2 sur 4, qu’est-ce que ça signifie ?

    F.C. : Ça dépend du niveau de gravité de la canicule dans les différentes régions, le système de santé va s’adapter, notamment pour être prêt à accueillir plus de patients d’urgence si c’était nécessaire. Aujourd’hui ce n’est pas le cas à Marseille, peut-être que ce le sera, on est capables de l’anticiper. Le sujet pour nous, à date d’aujourd’hui, c’est l’augmentation du nombre d’appels au centre 15. Ça signifie par exemple qu’on va renforcer un peu la salle de régulation pour garder un rythme de décroché qui soit très rapide. Si demain, il y a un plus grand nombre de patients qui viennent aux urgences on saura les prendre en charge. C’est faire en sorte notamment dans les structures de prise en charge de patients handicapés ou de personnes âgées, de faire très attention à elles, parce qu’on sait qu’elles sont les premières victimes potentielles de forte chaleur. Le système de santé au sens large du terme, est en train de s’organiser jour après jour, en fonction de la météo et en fonction de ce qui va se passer, pour être capable de répondre.

  • La Région Sud lance son plan canicule dans les gares

    La Région Sud lance son plan canicule dans les gares

    «Madame, un chapeau ou un éventail ? C’est la Région qui vous l’offre », demande éric, responsable satisfaction client, occupé à distribuer des équipements aux voyageurs sur le quai de la gare Saint-Charles. Ce lundi 22 juin, alors que Météo France a placé une large partie territoire en alerte orange canicule, la Région Sud a déclenché son plan canicule dans les trains régionaux pour informer et accompagner les usagers confrontés aux fortes chaleurs.

    Jean-Pierre Serrus, vice-président de la Région Sud en charge des transports et de la mobilité durable, est venu présenter le dispositif. « Ce plan canicule, comme son nom l’indique, est activé chaque fois qu’on est dans des conditions de canicule, explique-t-il. Nous adaptons nos dispositions selon les alertes Météo France. »

    Pour l’occasion, les agents de gare distribuent des chapeaux, des gourdes et des éventails sur les quais des trains régionaux. Des bouteilles d’eau sont également mises à disposition à bord des trains. « On a reçu tout le matériel avant même qu’on sache qu’il y avait une canicule. Dès qu’il y a de fortes chaleurs et que la Région donne son feu vert, on vient distribuer des éventails, des chapeaux et des gourdes. Des réassorts sont prévus pour avoir de quoi faire pendant la canicule », précise Éric.

    Des messages de prévention sont également diffusés sur les écrans de la gare pour rappeler les bons comportements à adopter, indique la Région. Toujours selon elle, des brumisateurs sont installés sur certains sites et huit gares régionales disposent désormais de fontaines à eau.

    Le dispositif semble bien accueilli par les voyageurs, selon Gaëlle, venue en renfort pour la distribution : « Ils ont tous le sourire, ça se voit que le dispositif est apprécié. » Jean-Louis, voyageur, confirme ce constat : « On vient d’arriver en train et on reste 48h à Marseille. Je trouve que c’est une bonne initiative de faire ça. Avec ma compagne, on n’avait qu’une gourde pour deux et maintenant, on en a une chacun ! »

    Des réponses aux fortes chaleurs

    Pour Jean-Pierre Serrus, ces mesures s’inscrivent dans une stratégie plus large d’adaptation de la Région au changement climatique : « Nous sommes ce lundi matin aux côtés des usagers, mais cela fait dix ans que nous travaillons sur cette transition. Le plan climat repose sur deux temps d’action : d’abord l’adaptation des gares et du réseau aux températures, puis l’atténuation afin de réduire l’impact de notre activité sur le climat. »

    L’élu insiste également sur les investissements nécessaires pour améliorer le confort en cas de fortes chaleurs. « Aujourd’hui, il faut que les trains soient climatisés, que les gares soient aménagées avec des ombrières et des salons où l’on peut se rafraîchir. Évidemment, il faut que les rails et les infrastructures soient les plus résilients possibles en cas d’augmentation anormale de la température. »

    La Région poursuit le déploiement de son plan canicule en gare d’Avignon Centre, ce mardi matin.

    EN BREF

    Aubagne

    La Ville prend des mesures exceptionnelles « jusqu’au vendredi 26 juin inclus ». Si l’école est maintenue, la municipalité recommande aux parents « de récupérer leurs enfants l’après-midi ».

    Des lieux sont mobilisés pour permettre aux habitants de se rafraîchir, comme la Maison du Partage, ouverte et climatisée de 14 à 18h, et le parc Jean-Moulin, accessible jusqu’à 23h. Pour les agents, la Ville annonce le « décalage des horaires de travail et une limitation des tâches physiques ». La question du maintien de la grande braderie, le 28 juin, reste en suspens.

    Avignon

    La Ville ouvre exceptionnellement ses parcs et jardins jour et nuit jusqu’au 31 août pour offrir des espaces de fraîcheur. Les parcs de la Croix de Noves, de la Cantone et le jardin des Doms ne sont pas concernés et restent ouverts jusqu’à 22h.

    Toutes les déchetteries du Grand Avignon passent en horaires « canicule ». Celles de Caumont, de Sauveterre, de Vedène et de Velleron sont accessibles de 7h à 12h30 sur leurs jours d’ouverture. Les déchetteries de Courtine, d’Entraigues et de Montfavet ferment leurs portes à 14h.

    Bollène

    À compter de ce mardi, la Ville indique que les écoles sont ouvertes uniquement le matin, la piscine gratuite l’après-midi et la veille sanitaire auprès des publics fragiles activée.

    Les activités sportives et extrascolaires sont suspendues durant l’alerte.

    Toulon

    La Ville et le CCAS ont lancé leur dispositif de veille saisonnière le 2 juin, pour accompagner les personnes vulnérables et isolées face à la chaleur. Celui-ci prévoit des appels, SMS et interventions à domicile pour les personnes dites à risque, en cas de canicule. La démarche d’inscription s’effectue par téléphone auprès du CCAS (04.94.24.65.25), et peut être réalisée par les proches des personnes concernées.

    Draguignan

    La mairie met à disposition des habitants une salle climatisée à la Résidence autonomie de l’Îlot de l’Horloge, un établissement d’hébergement pour les personnes âgées autonomes. Elle est accessible de 12h à 21h, au 130 rue de la Juiverie.

  • En période de canicule, des associations veulent réguler l’aviation

    En période de canicule, des associations veulent réguler l’aviation

    Le Collectif Danger Aix Avenir (CD2A) appelle de nouveau à des mesures autour de l’aviation dite générale (de loisir). Il fait désormais partie des signataires d’une tribune, lancée par l’Union française contre les nuisances des aéronefs (UFCNA), qui réclame, en ces temps de canicule, à ce que l’aviation générale, dont « l’absence de réglementation environnementale » est pointée, soit soumise « aux exigences de préservation de l’environnement, de protection de la santé publique et de respecter les populations qu’elle survole ».

    « Aujourd’hui, il n’y a pas de régulation de ces activités, s’indigne François Cabet, pour le CD2A. Du fait de l’urgence climatique, de la pollution de l’air, on rentre depuis trois jours dans un cadre de pollution à l’ozone. »

    S’il n’y a pas de « solution miracle, admet l’association, il faut discuter et trouver des réglementations. Nous, riverains, en subissons les conséquences ».

  • Deux enfants retrouvés morts dans une voiture à Carpentras

    Deux enfants retrouvés morts dans une voiture à Carpentras

    Alors que le Vaucluse est placé en alerte canicule orange, avec des températures avoisinant les 40 degrés, un drame très certainement lié à ces fortes chaleurs a endeuillé Carpentras, ce lundi en début d’après-midi : deux enfants de 2 et 4 ans ont péri dans la voiture familiale, qui était stationnée sur le chemin d’accès de la maison, située impasse des Aulnes, une zone pavillonnaire mitoyenne du quartier du Bois de l’Ubac.

    C’est leur maman qui a donné l’alerte, peu avant 13h30, en découvrant ses enfants inanimés à l’intérieur du véhicule. « Les secours tentaient de réanimer les deux jeunes enfants sans succès », indique le parquet de Carpentras dans un communiqué, précisant que les corps ont été « transportés à l’institut médico-légal de Nîmes pour une autopsie qui se déroulera demain [ce mardi] afin de déterminer les causes et circonstances de la mort ». Mais, selon la procureure Hélène Mourgues, citée par l’AFP, « la piste de la canicule est privilégiée ». Une enquête pour homicide involontaire a été ouverte et confiée à la police nationale de Carpentras.

    Difficile, à ce stade, de retracer le cours des événements. Âgée de 33 ans, la maman, prise en charge par les sapeurs-pompiers, n’a pu être auditionnée « au regard de son état », stipule le parquet. Deux hypothèses ont été évoquées : d’abord, l’oubli des enfants dans la voiture au retour de courses puis, la possibilité que les deux garçons se soient introduits dans le véhicule avant de s’y retrouver coincés et que la maman ne s’en aperçoive trop tard. Garée en plein soleil sous près de 40 degrés, une voiture peut, en un quart d’heure, devenir une étuve mortelle à plus de 70 degrés, rappelle le ministère de la Santé.

    D’après plusieurs témoignages, la maman se serait récemment installée dans cette maison, domicile de sa propre mère, et avait inscrit son garçon de 2 ans à la crèche du quartier. « On n’a pas compris au départ, mais très vite, des informations ont circulé disant que deux enfants étaient morts et dans des conditions horribles, s’émeut Amandine, une voisine. On n’imagine pas que ce genre de chose arrive à des enfants si petits. » Séverine, riveraine directe du drame, raconte « entendre jouer ces enfants depuis chez nous, ils étaient pleins de vie, c’est un drame absolu, pour une maman, ce qui est arrivé est terrible, je pense beaucoup à elle ».

    Les écoles fermées

    ce mardi après-midi

    Dans un communiqué, le nouveau maire RN, Hervé de Lépinau, s’est dit « abasourdi par le drame », rappelant qu’il est « essentiel de porter une vigilance accrue envers les enfants en cette période de très fortes chaleurs ». Dès ce samedi, la municipalité avait annoncé la fermeture des écoles de la Ville à compter de ce mardi après-midi, « en raison des fortes chaleurs annoncées afin de garantir la sécurité et le bien-être des enfants ». Seul un accueil minimal dans une salle climatisée sera assuré l’après-midi à destination en priorité des familles travaillant dans le secteur de la santé, la sécurité et « aux agents assurant la continuité des services publics essentiels ».

  • Au travail, le manque de protection et de contrôles tue

    Au travail, le manque de protection et de contrôles tue

    Face à ce nouveau drame, « la fédération CGT des métiers de la construction a demandé l’ouverture de discussions avec tous les acteurs, organisme de prévention au travail et patronat. On n’a toujours pas de réponse », explique Pascal Maestracci, secrétaire régional CGT construction bois et matériaux, un secteur qui cumule à lui seul 4 des 9 morts au travail en France dû à la chaleur en 2024.

    Depuis 2024, le BTP bénéficie d’un encadrement légal particulier. La canicule est entrée dans la liste des intempéries considérées comme un motif de chômage technique. « Mais les ouvriers sont partiellement payés et toutes les entreprises ne sont pas inscrites à la caisse, c’est sans compter les intérimaires », tempère le syndicaliste. Si l’Institut national de recherche et de sécurité fait des recommandations, le Code du travail ne fixe pas de niveau de températures. « On reste dans une logique d’adaptation des conditions de travail. La rentabilité l’emporte sur la mise en danger du salarié, déplore Pascal Maestracci, et l’administration n’a pas les moyens de contrôle ».

    Exposés, moins visibles

    Le BTP, l’agriculture et les travaux publics sont les secteurs les plus évidents lorsqu’on parle de fortes chaleurs. Mais d’autres travailleurs sont exposés dans le secteur de la logistique, la livraison, la restauration, l’industrie, la voirie, l’entretien urbain, la sécurité, ou dans le secteur hospitalier où le syndicat SUD santé sociaux vient d’adresser la demande d’un « véritable plan de rafraîchissement » au conseil de surveillance de l’hôpital Édouard Toulouse. Sonia, salariée en droit de retrait à la blanchisserie Pamar dans le 15e arrondissement de Marseille rappelle les conditions dans lesquels l’entreprise les a fait travailler. Des locaux mal adaptés, en particulier à la calandre, la seule ouverture, un « skydome » faisait office d’aération. Effet de serre garanti l’été avec le soleil au zénith. « On l’avait signalé, on a eu droit à un parasol de plage accroché à un chariot de linge. » Quand le mercure grimpait, accentué par la chaleur des machines, « on suffoquait, lâche Sonia, on avait droit à une bouteille d’eau uniquement en cas de canicule ».

    Dans les plateformes logistiques, la situation n’est pas plus enviable. En 2022, ID logistics avait investi un hangar dans le 15e arrondissement, avant de le liquider trois ans plus tard et tous ses salariés. Porte-parole des anciens salariés qui ont porté l’affaire aux prud’hommes, Alexandre Regnault se souvient également de conditions indignes : « Pendant des mois il n’y avait même pas de toilettes, d’accès à l’eau. L’été, c’était l’étuve, certains étaient au bord du malaise, mais on avait tous besoin de ce travail ».

    Le droit de retrait reste une possibilité de pression sur les entrepreneurs, mais là encore « la perte des CHSCT a fortement atténué le contre-pouvoir des syndicats qui subissent aussi de lourdes attaques », souligne Pascal Maestracci.

  • Un nouvel épisode de canicule démarre

    Un nouvel épisode de canicule démarre

    Des jours chauds et des nuits tropicales… Un peu épargnée jusque-là, notre région rentre à son tour dans la séquence canicule qui sévit déjà dans une bonne partie de la France. Alors que 49 départements sont placés « en vigilance rouge canicule » lundi, un record, à partir de midi, les départements des Bouches-du-Rhône, du Var et du Vaucluse sont placés en vigilance orange.

    Une période de chaleur « longue, intense » avec « en début de semaine, les températures les plus chaudes jamais observées », a prévenu dès ce vendredi Sophie Voirin, permanencière à la direction de Météo France lors d’un point de situation. Dès le dimanche, « des pointes à 40 degrés dans l’intérieur de la Provence » seront atteintes précise-t-elle. Un épisode similaire à celui de juillet 2019 et août 2003 ajoute-t-elle en termes d’intensité pour les températures, aussi bien la nuit que le jour.

    Plus précisément ce sera chaud dans le Var, le Vaucluse, les Alpes-de-Haute-Provence ou les Bouches-du-Rhône, indique Paul Marquis, météorologue indépendant, qui assure des prévisions locales avec son application « La météo du 13 ». Un épisode dont la fin reste pour le moment incertaine, mais pourrait durer au moins toute la semaine. « Des modélisations voient la canicule perdurer jusqu’au 28 juin, d’autres jusqu’au 3 juillet », précise-t-il.

    « étant donné la masse d’air chaud, le dôme de chaleur qui va s’inviter à partir de ce week-end sur le pays, est un élément météorologique qui, une fois qu’il est en place, met du temps à bouger, à évoluer », confirme François Gourand, prévisionniste à Météo-France.

    Un impact sanitaire

    Cette chaleur va peser lourd sur les organismes. « La santé de la population dans son ensemble peut être affectée », alerte Sophie Voirin, rappelant qu’un numéro vert a été mis en place* par le ministère de la Santé. C’est d’ailleurs quand on prend en compte l’impact sanitaire qu’on utilise le mot canicule détaille François Gourand.

    Pour ce qui est des alertes météo, des départements classés orange pouvant passer au rouge cette semaine, « les critères se basent sur les seuils de température par département qui tiennent compte des canicules passées et leurs impacts sur la mortalité et le niveau d’acclimatation du territoire » poursuit Sophie Voirin. Provence-Alpes-Côte d’Azur a été la région la plus touchée en 2025, avec la mortalité attribuable à la chaleur la plus importante de l’hexagone, note dans son bilan publié en février 2026, Santé publique France. Soit plus de 710 décès attribuables à la hausse des températures. Concernée par 3 des 4 épisodes de canicule cette année-là, la région a vu grimper le recours aux soins d’urgence. Près de 2 800 pour canicule enregistrés pendant l’été, dont 27% pendant les épisodes météo, deux-tiers de ces passages étant suivis d’une hospitalisation poursuit l’agence nationale. Toutes les classes d’âges étaient concernées mais les personnes de 75 ans ou plus ont été les plus touchées précise-t-elle.

    Parmi les populations fragiles, on retrouve aussi les personnes à la rue. « Elles meurent de chaud, l’accès à l’eau est vital en période de canicule, plus encore pour les personnes sans abri, particulièrement exposées », alerte Médecins du Monde ce jeudi 18 juin, qui « demande une mise à l’abri immédiate » et « l’accès à un accueil et à un logement dignes ».

    Avec cette fournaise, le risque incendie sera également élevé prévient Sophie Voirin, la « météo des forêts » passant à l’orange pour la semaine, et même rouge dans le Vaucluse depuis vendredi dernier. Le taux d’humidité de 20% rendant ce département et le nord des Bouches-du-Rhône particulièrement exposés.

    Après celle déjà vécue fin mai, cette nouvelle vague de chaleur ne surprend pas. « On l’a vu venir il y a une semaine » commente Paul Marquis. « Nous nous attendons à observer des canicules de plus en plus précoces, intenses, fréquentes et tardives », analyse Matthieu Sorel, climatologue à Météo-France. De là à dire que l’été sera brûlant, il n’y a qu’un pas que ce dernier se refuse à franchir. « Il n’y a pas de lien entre la canicule que nous connaissons et la suite de l’été. Les événements sont indépendants. La canicule que nous connaissons, aussi intense soit-elle, ne présage en rien de l’été qui arrive », assure le scientifique.

    Mireille Roubaud

    * Canicule info service
    au 0800.06.66.66

  • Pas un bulletin météo

    Pas un bulletin météo

    La Provence entre en épisode caniculaire. Des pointes à 40° sont annoncées, des records de températures aussi bien la nuit que le jour… Nul bulletin météo dans ces informations mais l’occasion de rappeler les impacts qu’ont ces hausses de températures liées au réchauffement climatique. Elles provoquent des décès au travail comme ce jeune couvreur de 19 ans mort d’hyperthermie dans la Drôme. La canicule tue aussi au quotidien. L’an dernier la Région Sud avait été la plus frappée par la mortalité attribuable à la chaleur. Si les plus de 75 ans sont les plus touchés, les personnes fragiles sont aussi dans la rue. La canicule est enfin synonyme de risques incendie accru ou de saturation des Urgences.

    Adaptation ?

    Les scientifiques martèlent que le dérèglement climatique va provoquer des canicules toujours plus fréquentes et intenses. On le constate déjà. Et pourtant, l’adaptation qui permettrait de dépasser les mesures improvisées dans l’urgence n’est pas au rendez-vous. Il y a bien un plan national et des ministres pour se féliciter régulièrement des progrès de la France. Mais dans les faits, le fonds vert qui permet de soutenir les collectivités territoriales pour la transition écologique a été divisé par deux entre 2024 et 2026 et est à nouveau menacé d’une coupe franche de 162,5 millions d’euros. Le Haut conseil pour le climat répète que différer les investissements entraînera une augmentation des coûts à long terme mais manifestement le gouvernement n’en a cure. Imaginer que c’est parce que ce sont les travailleurs et les plus fragiles qui en payent le coût le plus élevé serait paranoïaque ?

  • Béziers : un pilote inédit pour réutiliser des eaux usées

    Béziers : un pilote inédit pour réutiliser des eaux usées

    Installé sur la station d’épuration de Béziers, le premier pilote industriel d’osmose inverse hybride séquencée, basé sur la technologie HyBatch, fonctionne déjà en conditions réelles. Cette technologie est développée par Salinity Solutions, avec l’appui de Suez dans le traitement des eaux usées. Soutenue par l’Ademe, cette expérimentation vise à améliorer la réutilisation des eaux usées municipales, un sujet de plus en plus regardé à mesure que les sécheresses et les restrictions d’usage se multiplient.

    Le principe de la Reut est de donner une seconde vie à une eau déjà passée par une station d’épuration pour servir à des usages qui ne nécessitent pas forcément une eau potable : irrigation agricole, arrosage d’espaces verts, nettoyage de voiries, usages urbains ou industriels. L’idée est donc de réserver l’eau potable aux usages qui l’exigent vraiment, tout en créant une ressource alternative.

    Dans le cas du pilote biterrois, l’enjeu est aussi technique. Selon les données communiquées par Suez, le procédé doit permettre de récupérer 90% à 95% de l’eau traitée, contre jusqu’à 85% pour des systèmes classiques d’osmose inverse. Il doit aussi limiter la production de saumures, ces eaux très chargées en sel issues du traitement, ainsi que l’usage de produits chimiques et la consommation d’énergie.

    Un test grandeur nature

    Pour Grégory Tesse, directeur Infrastructure et Innovation des activités Engineering et Construction de Suez, l’enjeu est de rendre ce type de traitement plus accessible : « Notre objectif est de réduire les coûts d’exploitation de ces filières de traitement », précise-t-il dans un communiqué national. L’entreprise met ainsi en avant une possible utilisation par des collectivités comme par des industriels.

    Dans ce communiqué, Richard Bruges, directeur général de Salinity Solutions, présente ce partenariat comme une étape importante. « Cette collaboration avec Suez marque une étape déterminante pour faire évoluer le modèle économique et la performance environnementale de la réutilisation de l’eau. En démontrant qu’un très haut taux de récupération peut être atteint de façon fiable, à grande échelle et avec une efficacité énergétique accrue, nous voulons établir une nouvelle référence pour le traitement avancé des eaux usées dans le monde. » Le communiqué souligne aussi que les solutions « déployables à grande échelle et sobres en énergie » peuvent répondre aux enjeux croissants de raréfaction de la ressource. Reste à voir si ce test grandeur nature permettra de confirmer les promesses affichées. Béziers devient en tout cas un laboratoire de cette réutilisation encore peu développée en France.

  • En Catalogne, des usines de dessalinisation pour faire face à la sècheresse

    En Catalogne, des usines de dessalinisation pour faire face à la sècheresse

    Deux cents millions de litres d’eau par jour. C’est la capacité de production de l’usine de dessalement du Llobergat, à Barcelone. Gérée par l’entreprise publique Ens d’Abastament d’Aigua Ter-Llobregat. L’usine permet de diversifier les sources d’approvisionnement en eau, notamment en période de sécheresse. « Lors de la sécheresse de 2021-2025, l’utilisation de l’eau superficielle est passée de 44 à 19% tandis que celle de l’eau dessalée est passée 14 à 23% », détaille Manel Giraldo, directeur des relations institutionnelles à Agües de Barcelona, une filiale de Veolia.

    Mise en service en 2009, l’usine de dessalement du Llobergat distribue de l’eau potable à 154 municipalités catalanes, soit cinq millions d’habitants. « Nous captons l’eau à 2,2 km des côtes, soit à 32 mètres de profondeur. Deux tours de 4m de diamètre récupèrent l’eau qui est envoyée via des canalisations vers la station de dessalement, à plus de 3 km », fait valoir Carlos Miguel, directeur de la station. Le procédé se déroule en plusieurs étapes : un premier traitement par flottation afin d’éliminer les micro-organismes et les algues suivi de plusieurs filtrations dont une par osmose inverse, avant d’être reminéralisée afin d’être consommée. « Sur 100 litres d’eau salée, nous obtenons 45 litres d’eau douce », poursuit Carlos Miguel. Le reste étant rejeté dans la mer. La méthode est louée notamment pour sa complémentarité avec la réutilisation des eaux usées traitées (Reut). « Lors de fortes pluies, beaucoup de matière est en suspension, la qualité de l’eau du fleuve n’est pas bonne, ce qui fait que les usines de Reut ne peuvent fonctionner. Il faut donc utiliser le dessalement », insiste Carlos Miguel. Si aucun impact sur la faune et la flore marines n’est à relever selon le directeur de l’usine, son coût est néanmoins plus élevé que la Reut. « Alors que l’eau issue de la Reut et d’une station de potabilisation a un coût de 32 centimes le mètre cube, celui d’une usine de dessalement est de 64 centimes », observe Miquel Paraira, directeur de la qualité de l’eau à Aigües de Barcelona. Deux projets d’usine sont déjà dans les cartons, portant à quatre le nombre d’usines de dessalement en Catalogne.

  • Un potentiel d’un million de m3 d’eau réutilisée pour la Camargue

    Un potentiel d’un million de m3 d’eau réutilisée pour la Camargue

    Pour l’heure, l’étude, dont les premiers résultats ont été présentés début février 2026, n’est pas encore rendue publique et reste dans les tiroirs des élus de la communauté de communes de Terre de Camargue. Lancée sous la présidence de Robert Crauste, elle doit désormais être analysée par les nouveaux élus de la communauté de communes.

    Car avec la défaite de Robert Crauste (DVC) battu par Charly Crespe (DVD) aux dernières élections municipales au Grau-du-Roi, l’intercommunalité, composée également d’Aigues-Mortes et de Saint-Laurent-d’Aigouze, a vu son conseil renouvelé. C’est le maire de cette dernière, Thierry Féline (DVD), jusqu’ici en charge du développement économique, qui a récupéré la présidence et devra prochainement se prononcer sur les investissements à réaliser pour une gestion durable de l’eau.

    Comme un peu partout en Occitanie, la ressource en eau se raréfie en Terre de Camargue sous l’effet du dérèglement climatique. Au-delà des questions agricoles et de la préservation des milieux naturels, ce sont les enjeux d’approvisionnement en eau liés à l’afflux touristique qui sont étudiés. En effet, la population du Grau-du-Roi est multipliée par 14 durant la période estivale, passant de 8 500 habitants l’hiver à 120 000 l’été. Pour répondre à ces besoins, la collectivité assure l’ensemble du cycle de l’eau : alimentation en eau potable, assainissement collectif et non collectif, collecte des eaux pluviales et protection des milieux aquatiques.

    C’est donc dans ce contexte que la communauté de communes a lancé une étude pilotée par le bureau d’études Ecofilae associé à BRL Ingénierie afin de mener un projet de réutilisation des eaux usées traitées (REUT). Ce projet n’est d’ailleurs pas nouveau : les communes du territoire réfléchissent à la manière de réutiliser les eaux usées depuis 2007.

    Résultats encourageants

    Cette étude s’appuie donc sur la station d’épuration
    intercommunale du Grau-du-Roi, capable de traiter l’équivalent de 100 000 habitants. Aujourd’hui, elle rejette ses eaux traitées vers des lagunes avant leur arrivée en milieu naturel. Si l’étude dresse un bilan des usages actuels, domestiques et agricoles, elle identifie aussi des scénarios possibles de réutilisation des eaux usées traitées en sortie de station.

    Les résultats, jugés comme un « potentiel intéressant », dessinent un scénario où il serait possible de réutiliser 200 000 m³ d’eau par an pour l’irrigation agricole. Jusqu’à un million de m³ est même envisagé pour des usages plus larges, dont potentiellement des usages liés à l’eau potable. Cela représente ainsi près de 30% de la consommation en eau du territoire. « Ce serait alors une première en France si ce scénario était poursuivi », souligne l’étude. La station graulenne pourrait ainsi réutiliser jusqu’à 40% de l’eau qu’elle traite (2,5 millions de m³). Une prouesse d’autant plus prometteuse que l’un des facteurs locaux à prendre en compte reste la salinité de l’eau, qui demande un traitement différent.

    Si les coûts d’un tel projet n’ont pas encore été dévoilés – ce qui devrait être déterminant dans la décision pour engager des investissements -l’intercommunalité confirme que cette étude « permet de juger des opportunités, des contraintes techniques, des coûts et des bénéfices d’une telle stratégie » afin « d’anticiper et de préparer des solutions robustes face à des tensions sur la ressource, tout en respectant les équilibres environnementaux et les usages locaux ».