Tag: rassemblement

  • La CGT hausse le ton pour les emplois

    La CGT hausse le ton pour les emplois

    « Ici plus qu’ailleurs les luttes syndicales ont façonné l’histoire sociale de notre territoire. » Devant une marée rouge de militants CGT, Pascal Galéoté, secrétaire général de la CGT du grand port maritime de Marseille (GPMM), donne le ton de la mobilisation du jour. Derrière lui, on retrouve l’une des entrées emblématiques du port de Marseille, la porte 2C, habituée aux piquets de grève massifs. Mais ce jeudi « ce rassemblement revêt un double caractère, à la fois symbolique et historique », campe-t-il. Et pour cause : les militants sont réunis pour un « grand meeting pour l’emploi et contre la criminalisation de l’action syndicale » dans le cadre d’une journée de grève interprofessionnelle. « C’est une étape dans le processus de lutte pour sauver l’emploi dans le département où le péril est grand », abonde Marc Pietrosino, secrétaire général de l’Union départementale CGT 13, à l’origine de la mobilisation du jour. Avant d’énumérer : « Péril sur notre sidérurgie avec Arcelor, péril sur notre filière chimique avec Kem One, péril sur le pluralisme de la presse avec la CPMM, péril sur notre dernière usine de pâte à papier avec Fibre Excellence, péril sur nos services publics avec la Métropole Aix-Marseille… »

    « Décarboner,

    c’est investir ici »

    D’où la présence de militants venant des 4 coins du département et aux professions variées : cheminots, agents hospitaliers, dockers, postiers, travailleurs de la métallurgie… L’organisation estime à plus de 30 000 emplois menacés à court terme dans le département, conséquence directe des politiques austéritaires et du manque d’investissements dans les outils de travail. « Pendant que le patronat compte les profits, nous comptons les licenciements. Derrière chaque plan de suppression d’emplois, il y a des familles qui basculent et des vies brisées », rappelle Stéphane Martins de Araujo, secrétaire général de la CGT ArcelorMittal de Fos-sur-Mer.

    Son site illustre parfaitement l’équation à laquelle font face les militants du monde du travail : « Il est stratégique mais c’est le flou total : flou sur la décarbonation, les investissements… » D’où son constat, qui s’applique pour bien d’autres filières essentielles à l’économie du pays : « Ils organisent la casse industrielle. On nous promet un avenir vert mais on nous prépare un avenir vide. » Car en fond, c’est bien la question de la décarbonation du pourtour de l’Étang de Berre et du bassin de Fos, dont le coût est estimé à plusieurs dizaines de milliards d’euros, qui est posée. « Décarboner ce n’est pas délocaliser, c’est investir ici et produire propre ici », assure Stéphane Martins de Araujo. Problème : comment décarboner des industries qui fermeraient sans la pugnacité de leurs salariés ? « Ici, la CGT porte une vision ambitieuse des activités portuaires, une vision fondée sur la défense du service public et de la souveraineté industrielle », abonde Baptiste Talbot, membre du bureau confédéral de la CGT et ancien secrétaire général de la fédération des services publics, venu spécialement pour l’occasion.

    Pascal Galéoté renchérit : « Pendant qu’une minorité accumule les profits, on demande aux salariés de se serrer la ceinture, aux retraités de faire des sacrifices et aux services publics de fonctionner avec toujours moins de moyens ! » Le syndicaliste, qui a fait appel de sa condamnation dans l’affaire de la gestion des comptes du comité d’entreprise du GPMM, fait le lien avec une autre problématique : celle de la répression syndicale. « Depuis plus de 7 ans, nous subissons un véritable acharnement judiciaire : contrôle, enquête, convocations… Ces attaques s’inscrivent dans une campagne de dénigrement visant à discréditer notre organisation et affaiblir son action », martèle-t-il. Avant de conclure : « Cette journée marque le début d’une nouvelle étape de mobilisation. »

  • Mobilisation suite à des soupçons d’attouchements à Morières-lès-Avignon

    Mobilisation suite à des soupçons d’attouchements à Morières-lès-Avignon

    Pendant une heure et demie, derrière Grégoire Souque, maire (RN) de Morières-lès-Avignon, au conseil municipal de sa commune ce mardi 23 juin, des pancartes « sécurité pour nos enfants » ou encore « stop au mépris ». Car depuis le 10 juin, quatre plaintes pour agressions sexuelles sur mineur ont été déposées à l’encontre d’un animateur en scolaire et périscolaire, qui a été placé en garde à vue ce mercredi 24 juin.

    Dans une lettre lue en amont de l’audience lors d’un rassemblement organisé par des parents d’élèves de l’école Perdiguier, où l’employé soupçonné d’attouchements intervenait quotidiennement, les manifestants ont fait entendre leur « mécontentement sur le manque de communication de la mairie lié à cette affaire ». Et estiment même que la mairie « entrave » les échanges en « privilégiant certains interlocuteurs » tout en « souhaitant camoufler l’affaire ». Une réunion d’information avait été organisée ce lundi 22 juin par l’édile d’extrême droite. Une enquête de la gendarmerie est en cours. Le suspect a été suspendu « immédiatement », assure la municipalité. Une cellule d’accompagnement psychologique va être mise en place.

    « Écouter les familles »

    Après une heure de conseil où le maire s’est refusé à répondre aux questions de l’opposition sur le sujet, il a, en toute fin d’audience, lu une lettre publiée également sur les réseaux sociaux de la commune. Où il assure avoir pris « toutes les mesures qui s’imposaient » pour la sécurité des enfants. Et que l’absence de communication était pour « respecter la demande de la famille », assurant que c’était la mère du premier jeune concerné qui avait « clairement indiqué sa volonté de ne pas communiquer sur le sujet ». L’ex-figure des Gilets jaunes lâche en toute fin de séance « qu’il va tout passer en revue », mais qu’il « n’a pas de baguette magique ». Et alors que l’élue d’opposition Annick Dubois évoquait qu’il « serait intéressant d’écouter les parents d’élèves présents », il s’y est refusé car « fatigué », avant de lever la séance. Se prenant au passage une huée générale des quelques dizaines de personnes toujours présentes dans la salle du conseil. Drôle de façon d’écouter.

  • À Avignon, la CGT mobilisée pour le pôle solidarité et le RSA

    À Avignon, la CGT mobilisée pour le pôle solidarité et le RSA

    Les rassemblements de la CGT en amont des séances plénières du Conseil départemental de Vaucluse font désormais presque partie du déroulé, avec des manifestations à plusieurs reprises ces dernières années. Et un nouveau est prévu ce vendredi 26 juin contre la réorganisation du pôle Solidarité sous sa forme prévue ainsi que pour dénoncer la politique de la collectivité autour du RSA.

    Dans un tract, le syndicat regrette ainsi une « réorganisation trop floue » du service. Et assure que les agents n’ont pas encore été informés des futurs organigrammes, des missions exactes qui leur seront attribuées, des impacts sur les différents postes ou encore des « conditions d’exercice ». Avec une interrogation également sur la non-réintégration de la direction Insertion-Emploi au pôle Solidarités, estimant que « tout est lié » entre insertion, accompagnement social ou encore parcours vers l’emploi. Et demande « une réponse claire et une réponse approfondie sur ce choix d’organisation ».

    Contacté par La Marseillaise, le Département n’a pas répondu dans les délais impartis pour la publication de cet article sur le sujet.

    Réaction demandée

    La question de la politique de gestion du RSA va également être remise sur la table. Le Vaucluse étant le département où le versement a le plus reculé ces dernières années. Dans une lettre ouverte publiée le 13 juin dernier est pointé le « durcissement progressif de la gestion du RSA ». En citant la chute de 32% du nombre de bénéficiaires entre 2022 et 2025. « Sous couvert de contrôle, d’”accompagnement renforcé” et d’économies budgétaires, votre collectivité multiplie les dispositifs de sanctions, de suspensions et de radiations qui frappent directement les personnes les plus précaires de notre département », poursuit le syndicat. Qui, « à défaut de réponse et de mesures concrètes », prendra « toutes les initiatives nécessaires pour dénoncer publiquement cette situation ». Sans préciser si des poursuites vont éventuellement être engagées contre la collectivité, comme cela a été le cas dans le Finistère il y a une semaine, où la CGT et six allocataires ont porté plainte contre le Département du nord-ouest de la France.

    « On ne peut pas être contre le fait de remettre des gens au travail, tout ne peut pas être blanc ou noir mais des ajustements ont été faits », se justifiait la présidente en sortie d’hémicycle le lundi 31 mars dernier.

  • Des remaniements dans la petite enfance qui interrogent à Monteux

    Des remaniements dans la petite enfance qui interrogent à Monteux

    Les drapeaux rouges de la CGT flottaient devant l’entrée de la mairie de Monteux, ce lundi 22 juin, à l’occasion d’un rassemblement à l’appel des territoriaux de la commune contre des « conditions de travail de plus en plus difficiles », notamment dans le secteur de la petite enfance, assure le syndicat.

    Une cinquantaine de personnes étaient ainsi réunies en matinée. Un préavis de grève avait aussi été déposé par le syndicat. « On nous demande de plus en plus de choses », souffle Stéphanie Audibert, agente territoriale spécialisée des écoles maternelles (Atsem) à l’école Marcel-Pagnol. Elle pointe une réorganisation de son temps de travail afin de la faire intervenir également, lors des vacances scolaires, dans les centres aérés. Une demi-heure de travail par jour hors vacances a ainsi été levée pour être fléchée vers les périodes de congés. « Normalement, on s’occupait, à ces moments-là, de faire le ménage dans les écoles. Ça nous permettait un peu de couper aussi. Là, ça devient compliqué et cela va se ressentir dans notre travail. J’aime mon travail, mais plus comment je le pratique. On a presque une impression d’abattage », regrette-t-elle. Le syndicat demande entre autres une révision des 1 607 heures et une reconnaissance de la pénibilité de la fonction.

    Même constat pour trois des quatre directeurs des centres de loisirs associés à l’école (Clae) de Monteux, qui se sont également mobilisés, estimant ne « pas avoir été concertés » et que les modifications évoquées sont encore « très floues ». « On va nous demander à nous aussi de refaire à nouveau des fonctions d’animation alors que ce n’est pas censé être notre métier. On est en lien direct avec les familles sur de nombreux sujets. Nous ne sommes pas d’accord pour que l’on nous rajoute encore du temps de présence avec les enfants », déclarent Antony Saguet, Anaïs Raphanel et Barbara Barbet. Au total, 17 employés de la mairie étaient en grève.

    Négociations

    Les grévistes soulignent un manque de concertation avec les équipes municipales avant la prise de ces décisions. Un rendez-vous s’est bien tenu entre le secrétaire général CGT des territoriaux de Monteux, Stéphane de Castro, et le premier édile montilien, Patrice de Camaret (RN). Mais « le maire n’a pas voulu négocier nos revendications », assure le responsable syndical.

    De son côté, la municipalité assure que ce sont des « évolutions nécessaires ». Le maire souhaite que les employés des Clae et les Atsem, « des spécialistes de la petite enfance », participent aussi en milieu scolaire « pour rassurer après les scandales en mairie de Paris ». Et de lâcher qu’il s’agit d’« une grève surprenante », que la CGT « cherche à politiser l’affaire », et que les agents seraient « instrumentalisés ». D’autres discussions sont prévues dans les prochains jours.

  • En colère contre la baisse des subventions des associations

    En colère contre la baisse des subventions des associations

    Cette mesure risque à terme de faire disparaître certaines associations et va porter un coup fatal à l’âme de notre village » : l’argument du collectif d’associations qui appelait dimanche à se rassembler sur le marché pour dénoncer la baisse des subventions attribuées aux associations décidées lors du dernier conseil municipal.

    Quelque 250 personnes ont répondu à l’appel, sachant que la pétition qui demande au maire de revoir sa copie a déjà rassemblé près de 900 signatures dans un village qui compte 1 700 habitants. « Rien ne justifie une coupe de 35%, soit 15 000 euros dans un budget de 2 millions d’euros. La commune à un endettement très faible, une situation financière saine », dénonce un participant. Un autre souligne que les associations culturelles sont prioritairement touchées. Et de demander une table ronde rassemblant élus, associations et population pour une réflexion collective. Les élus de l’opposition Simonne Chagniard, Marion Andlauer, Kamal Lorenzo, Florent Mongin participaient à la manifestation.

  • Rassemblement de SUD-PTT aux Pennes-Mirabeau en soutien au facteur suspendu

    Rassemblement de SUD-PTT aux Pennes-Mirabeau en soutien au facteur suspendu

    Cette mobilisation était organisée par SUD-PTT, dans le cadre d’une journée de mobilisation nationale contre la répression syndicale. Pour Yann Remlé, représentant syndical, la situation de Didier Rochette facteur des Pennes-Mirabeau, illustre cette problématique « on n’a pas les moyens d’endosser la charge de travail qu’on nous demande, c’est ce que Didier dénonçait. Il défendait le service public ! », assène-t-il.

    Facteur depuis 1999, le militant de Sud avait dénoncé l’organisation interne au bureau. Une plainte contre lui de sa direction a été classée sans suite. Sa révocation a été réclamée, mais au vu « du contexte de l’établissement » et les « difficultés rencontrées dans les directives données par ses managers », le Conseil de discipline qui l’a convoqué à Paris fin avril dernier a finalement voté à l’unanimité pour une exclusion temporaire sans rémunération de deux ans, dont un avec sursis.

    Depuis, pour Didier Rochette c’est « la galère », notamment financière déplore ce père de famille qui se sent mis « au ban de la société ». « À mon âge, je ne sais pas où je pourrais trouver du travail, ni dans quel état je serai quand je reprendrais mon poste », souffle le postier qui a l’intention de contester cette décision en justice. Une pétition de soutien a été signée par 350 usagers de sa tournée. Samedi, 550 euros ont été récoltés dans la caisse de solidarité lui étant dédié.

    « Ce qui se passe aux Pennes, se passe partout », martèle Yann Remlé, dénonçant une « stratégie pour exterminer la contestation, syndicale et sociale ». Le représentant de SUD-PTT tire la sonnette d’alarme : « On se dirige à la Poste, à la SNCF, à l’Éducation nationale, dans les hôpitaux et dans tous les services publics, vers la situation de France Télécoms ».

  • Gauche et syndicalistes rassemblés contre le RN

    Gauche et syndicalistes rassemblés contre le RN

    Être présents ce soir, c’est refuser le silence et l’habitude, et que la présence du RN devienne une normalité. » Le conseiller municipal Nicolas Féraud (PCF) donne le ton du rassemblement de vendredi soir, sur le parking de la Maison de la mer de Fos, à l’initiative de l’opposition de gauche au conseil municipal.

    L’élu communiste, portant la parole du groupe Notre Fos, a dénoncé le prêt de la salle communale par le maire d’extrême droite Philippe Maurizot à trois députés RN pour leur réunion publique. « Le nouveau maire de Fos n’assume pas ce qu’il est, ses choix politiques, mais fait de Fos la vitrine de l’extrême droite », affirme Nicolas Féraud. « On tente de nous opposer les uns les autres, un jour les immigrés, l’autre les retraités, demain les jeunes. Halte à la division, aux cases qui nous isolent », conclut-il.

    Les participants sont de cet avis. « La CGT a toujours été contre le RN qui agit contre les travailleurs et les syndicalistes » tance Frédéric Bruno, de la CGT Marcegaglia. « Ils font semblant de servir nos intérêts de classe mais c’est que du fake, car ils refusent de voter l’augmentation des salaires et veulent en terminer avec nos cotisations sociales, qui font la Sécu et les retraites, pour aller vers un système à l’américaine », observe le syndicaliste.

    « La Provence, nous on l’aime, mais pas eux » rebondit Jean-Philippe Murru, communiste fosséen. « La Provence est cosmopolite, elle s’est faite avec les Italiens, puis avec d’autres immigrés. Les RN vivent dans le fantasme ! Celui d’une race donnée pour un territoire donné », développe-t-il.

    « Une première étape »

    Cette histoire, Anne-Charlotte Cipreo, 16 ans, la connaît. « Ma meilleure amie est réfugiée, et y’a des gens qui auraient aimé qu’elle meure dans son bateau. Mon combat part de là », lâche-t-elle.

    Olivier Bonnet, insoumis de Fos, regrette l’utilisation de la Maison de la mer, « lieu de convivialité par excellence où les associations font leurs fêtes de fin d’année, le Téléthon ou les oursinades ». « Que ce lieu serve à distiller un discours de haine et de racisme nous est insupportable », dénonce le militant.

    Un rassemblement « bon enfant » en somme, comme l’assure Nicolas Féraud, conclu par un « siamo tutti antifascisti » collectif. « Notre message vise à s’organiser collectivement contre le RN, pas contre les urnes. Il y aura d’autres combats à mener, c’est une première étape », promet l’élu.

  • Mobilisés contre les violences en milieu scolaire à Avignon

    Mobilisés contre les violences en milieu scolaire à Avignon

    La maman, présente, a simplement adressé des remerciements. Tandis que l’organisation les Résiliantes, à l’initiative du rassemblement a, par la voix de sa représentante Sabah Boutahar, demandé à ce qu’il n’y ait « aucun acharnement ». Elle a également rappelé que le système éducatif est « très exigeant » et que les enseignants sont « trop souvent laissés seuls dans des situations complexes ». Elle demande davantage de réactivité en cas d’alerte, estimant que « la réaction a ici été trop longue ».

  • Pamar : même lutte, nouvelle direction

    Pamar : même lutte, nouvelle direction

    « On a eu des rencontres et ça, c’est le grand changement », reconnaît Kalathoumi Ibouroi. Pourtant, la déléguée syndicale CGT des salariés de Pamar ne désarme pas : « Les Pamar ne refusent jamais le dialogue, mais ces discussions ne nous mènent nulle part. »

    Entourés de nombreux soutiens venus des UL CGT Saint-Lazare, Centre, Quartiers Nord, Martigues, Cheminots, Croix Rouge et Indecosa, les huit salariés sont venus demander, devant la clinique Beauregard-Vert Coteau, leur réintégration dans des conditions de sécurité garanties. Mais, après une victoire au tribunal des prud’hommes de Marseille, puis une autre devant la cour d’appel d’Aix-en-Provence, il y a encore un hic à la reprise : « La cheffe de service à l’origine du conflit, est restée en poste », précise Kalathoumi Ibouroi.

    Pour rappel en 2024, les salariés de la blanchisserie avaient interpellé l’inspection du travail pour alerter de manquements graves à l’hygiène dans le procédé de traitement du linge et d’un management agressif. Quelques jours plus tard, ils déposaient une plainte au commissariat contre la cheffe de service suite à des menaces de mort à l’encontre des salariés.

    Il y a quatre mois le groupe Almaviva, 4e plus important groupe de cliniques privées en France, détenu à 60% par le fonds koweïtien Wren House Infrastructure, a repris le groupement des huit cliniques privées Sainte-Marguerite. Il hérite également du contentieux qui dure depuis plus de deux ans avec les salariés de sa filiale Pamar.

    Dernier point de blocage

    Devant la clinique ce jeudi, le tractage des militants était tout juste en cours. Deux représentants de la direction d’Almaviva et une de la clinique Beauregard-Vert Coteau sont venus à la rencontre des manifestants. La dernière s’est dite « désolée » ne voyant « pas de lien avec Beauregard ». Pour les salariés, le lien est pourtant évident : « C’est grâce à notre travail que votre établissement et tous ceux du groupe peuvent fonctionner. C’est grâce à notre lutte que vous avez obtenu l’assurance que le linge et les tenues de travail des soignants sont impeccablement traîtés parce que des contrôles ont obligé Pamar à respecter le bon process. »

    La direction d’Almaviva précisait : « Il y a des choses que nous proposons de mettre en place, mais ce ne sont pas les solutions qu’ils souhaitent. » Pour les salariés, la reprise ne tient qu’à une condition : « Nous avons accepté de travailler sous la direction de l’ancienne directrice qui, pourtant, n’a rien fait pour protéger ses salariés. Mais il est inacceptable que nous, victimes de ses menaces de mort, reprenions le travail sous le management de cette cheffe de service. » Sonia, salariée, insiste : « Nous voulons retourner travailler, mais il reste ce point de blocage qui est notre principale revendication : sa mutation ! » Or, dans cette déjà trop longue lutte, l’ultime levier semble difficile à actionner. « Sous mandat », en tant que représentante de section syndicale FO, « cette salariée est protégée », souligne la direction. Contacté, le syndicat n’était pas joignable à l’heure où nous écrivions ces lignes. Manu Roux, secrétaire de l’UL CGT Centre, lance en signe de revoyure : « Le temps passe, il y a urgence. Nous serons toujours là pour nos camarades. »

  • [Contre les violences faites aux mineurs] À Montpellier « La parole est dite. C’est à nous d’entendre les victimes »

    [Contre les violences faites aux mineurs] À Montpellier « La parole est dite. C’est à nous d’entendre les victimes »

    Des cris d’indignation que le président de la République a semblé vouloir éteindre. Le 10 juin, à l’issue du Conseil des ministres, Emmanuel Macron déclarait : « On ne répond pas à un drame par des cris. » Des mots perçus comme indécents par ceux qui ont fait le choix d’être présents ce lundi 15 juin devant le tribunal judiciaire de Montpellier. Des propos aussi perçus comme une forme de victimisation secondaire par ceux qui ont été et sont encore confrontés à des violences sexuelles.

    À cela, la présidente de l’association Les Tricoteuses Hystériques, relais local de l’appel national, répond : « Quand un système choisit de ne pas protéger, il construit les conditions de la récidive. Le cas de la famille Barella est la démonstration de ce que beaucoup dénoncent depuis des années. Selon la Commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants (Ciivise), 160 000 enfants sont victimes de violences sexuelles chaque année, soit plus de 400 par jour. Une victime sur cinq porte plainte, et parmi celles qui trouvent le courage de parler, la majorité ne trouvera jamais justice.» Tels sont les mots qui ont ouvert ce rassemblement.

    Ce soir-là, les statistiques ont pris des visages. Parmi la foule, une mère s’avance, les larmes aux yeux, pour témoigner de l’histoire de ses jumelles, aujourd’hui âgées de six ans. « À l’âge de trois ans, mes filles rentrent de chez leur père en me disant : papa me touche, papa me fait ça. Je suis allée porter plainte et celle-ci a été classée sans suite. Elles sont traumatisées. Il y a eu un signalement de l’école, une photo de fissure anale. Pourtant, le procureur a demandé il y a deux semaines un réquisitoire de non-lieu. Personne ne nous aide, personne ne croit mes enfants. » Dans la foule, des visages se ferment, des personnes crient, scandalisées. Beaucoup pleurent, aussi.

    Plus tard, c’est une jeune fille de seize ans qui prend la parole. « À quinze ans, je me suis fait violer en boîte de nuit. C’était la première fois que j’y allais. Deux mois après, je porte plainte. Et le policier me dit : “Mais mademoiselle, fallait pas être en boîte” » Un an plus tard, son agresseur n’a eu droit qu’à une garde à vue. « Honte à la police ! », s’exclame-t-elle devant la foule.

    Il y avait aussi cette femme, qui parlait de l’agression de sa fille de deux ans et qui remercie les policiers. Elle raconte avoir été bien accompagnée : « La police a été super et a fait une enquête, ma fille a été entendue, ainsi qu’une nounou qui estimait que je lisais trop de livres et que le père, le violeur, était tout à fait charmant. » Un mois après, une saisie en référé a abouti à une suspension du droit de visite et d’hébergement du père. Mais ce dernier a fait appel. « On est alors passé devant une juge plus âgée qui a commencé l’audience par : “Vous savez, madame, des études scientifiques montrent qu’on ne peut pas se fier à la mémoire d’un enfant de moins de six ans. Vous avez fait confiance à cet homme pour faire un enfant avec lui, pourquoi s’en méfier maintenant ? Madame, il va falloir vous entendre avec monsieur pour l’éducation de votre enfant. » Finalement, le jugement a estimé qu’il n’y avait pas de risque avéré et pas de raison d’empêcher le père de voir sa fille. « La police m’a aidée. La justice, non. »

    Manque de formation des professionnels

    Un manque de formation des officiers de police judiciaire (OPJ) et des magistrats que dénoncent plusieurs participants. Un déficit qui se retrouve à tous les niveaux, et que pointent aussi ceux qui travaillent au quotidien auprès des victimes. Mohamed Amine Ali, étudiant en formation d’éducateur spécialisé, témoigne : « Je suis amené à accompagner des jeunes qui ont certaines problématiques, dont la majorité ont subi des violences sexuelles ou de l’inceste. Mais du fait du tabou qui entoure le sujet, le problème n’est pas traité, car les professionnels ne sont pas formés. On parle souvent de libérer la parole des victimes, mais selon moi ce n’est pas là que se situe le problème. La parole est dite. C’est à nous, en tant que professionnels, d’être en capacité de l’entendre et de l’écouter. On a une grosse marge de progrès. » Une des nombreuses raisons pour lesquelles ces personnes étaient réunies ce lundi soir, et le seront les lundis suivants. Ce soir-là à Montpellier, on ne répondait pas à un drame par des cris. On répondait par des noms et des faits.

    En ce sens, une plateforme a été créée le 12 juin. « Classes-sans-suite.com » permet à toute personne de témoigner d’une plainte qui n’a pas été prise en compte ou déposée. En 81 heures : 80 500 connexions et 1 957 témoignages…