Tag: proximité

  • Le gendarme du nucléaire livre un bilan globalement satisfaisant

    Le gendarme du nucléaire livre un bilan globalement satisfaisant

    L’antenne marseillaise de l’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR) dressait mardi le bilan 2025 de ses contrôles en région PACA, Occitanie et Corse. Elle couvre 22 installations nucléaires de base dont 20 à Cadarache, mais aussi de nombreux sites d’activités nucléaires dans le champ médical avec notamment 13 services de radiothérapie externe, 16 services de médecine nucléaire, de radiothérapie, 96 scanners, 8 200 appareils de radiologie médicale et dentaire. Elle surveille 400 établissements industriels et de recherche et 600 cliniques vétérinaires.

    En 2025, l’ASNR a procédé à 216 inspections dont 106 en sûreté nucléaire et 95 relevant du nucléaire de proximité. 6 incidents significatifs de niveau 1 (mineur) sur l’échelle INES ont été relevés notamment des vols d’appareils de mesure embarquant une source radioactive. On notera pour l’aspect insolite, la découverte fortuite en octobre dernier de 163 sources radioactives scellées dans un local d’entreposage de déchets contaminés du service de médecine nucléaire de l’hôpital de la Timone. Dans ce fatras radioactif qui n’était pas référencé, on retient pour les plus redoutables 6 sources d’américium 241, 3 sources de césium 137 et 1 source de plutonium 239 !

    Cadarache et ses sites et sols pollués

    Le bilan est globalement « satisfaisant ». Pour ne prendre que le centre CEA de Cadarache, l’ASNR considère que « le niveau de sûreté nucléaire se maintient à un niveau satisfaisant dans l’ensemble ». « La stratégie de gestion des démantèlements et des déchets reste un sujet majeur de vigilance ». La découverte de défauts de génie civil sur l’INB 37-A a également mis en évidence « la fragilité de la filière de traitement des déchets de moyenne activité à vie longue du CEA ».

    En matière de protection de l’environnement, « le niveau de maîtrise reste satisfaisant mais des améliorations sont attendues, notamment pour la gestion des eaux pluviales et des sols historiquement marqués ». Le suivi des nappes phréatiques, la réhabilitation des ouvrages et la prévention des pollutions connaissent des progrès. Le gendarme du nucléaire dit « attendre encore des améliorations sur la politique de gestion des sites et sols pollués » sur Cadarache. « La conformité des 400 piézomètres de surveillance des nappes répartie sur le site est un sujet à Cadarache », développe Pierre Juan. « L’exploitant nous doit des dossiers de dépollution dans sa gestion des sites et sols pollués historiques. On a aussi un sujet de gestion des réseaux des eaux pluviales et des eaux industrielles. L’exploitant a régulièrement des écarts avec des fuites dans les réseaux d’eaux industrielles. Il y a des kilomètres de tuyaux sur le site. L’enjeu, c’est de surveiller leur bonne étanchéité. »

    L’impact des épisodes caniculaires ?

    Interrogé sur l’impact des canicules répétées sur les installations, Pierre Juan, le chef d’antenne de l’ASNR, rassure : « Les installations les plus sensibles sont les réacteurs d’EDF. On n’en a pas dans la région. Un épisode caniculaire n’a pas de conséquences sur les installations nucléaires de la région. Il n’y a pas de sujet d’évacuation de puissance. On a la capacité d’arrêter nos installations qui sont conçues pour tenir sur des plages de températures extrêmes “grand chaud-grand froid”. » Pierre Bois, directeur général adjoint de l’ASNR, confirme : « ce n’est pas un enjeu de sûreté mais un enjeu de modulation de production de l’électricité. L’enjeu pour EDF est de moduler la production thermique pour limiter des rejets d’eau de refroidissement dans les rivières les plus exposées. »

  • Tranquillité publique : régler les problèmes ensemble au commissariat

    Tranquillité publique : régler les problèmes ensemble au commissariat

    Dans la petite salle du commissariat du 12e arrondissement, c’est un peu l’effervescence ce mercredi matin. C’est là que tous les 15 jours se tient le « GPO » pour Groupe de Partenariat Opérationnel. Représentants des CIQ, des collectivités, de l’Éducation nationale, de la RTM et bien sûr police nationale et municipale se retrouvent pour évoquer les problèmes du quotidien rue par rue. Depuis la mise en place en 2018 de ces structures dans les Bouches-du-Rhône, pas moins de 7 600 réunions de ce type se sont tenues. « C’est un des départements qui fonctionnent le mieux », se félicite la préfète de police déléguée, Corinne Simon. Après une visite de terrain à la Viste (15e), elle est venue prendre la température dans les quartiers Est de la ville. Là encore, l’objectif reste le même : aller chercher l’information à la source, détecter les « signaux faibles » précise la préfète pour agir en conséquence sur la tranquillité et la sécurité publique.

    Cambriolages en baisse de 31%, nuisances sonores, stationnement plus qu’approximatif, jets de cailloux sur une école, dépôts de poubelles, barbecues nocturnes… On ne peut pas dire que le secteur soit franchement impacté par la délinquance reconnaît le responsable du commissariat qui mène les débats de main de maître. Mais cette approche microscopique trouve justement tout son intérêt dans la capacité à faire en sorte que tout le monde vive ensemble.

    « S’ils le pouvaient les gens iraient avec leur voiture dans la salle de sport ou sur le terrain de boules mais c’est vrai qu’en même temps se garer dans cette ville est devenu insoluble », commente un président de CIQ. Plus de ronde de la police municipale, PV dressés avec « discernement » sont autant de solutions évoquées.

    Éteindre le feu qui couve aussi. Quand un autre représentant des habitants signale l’installation d’un nouveau point de deal, le patron du commissariat prend de minutieuses notes. « Poursuivez ce travail de fourmi », incite la préfète, soulignant les bienfaits de toutes ces « interactions. »

  • La Poste rassure sur l’avenir de la plateforme de tri de Vitrolles

    La Poste rassure sur l’avenir de la plateforme de tri de Vitrolles

    Un projet conduit « de manière responsable, progressive et concertée, en veillant à concilier accompagnement des équipes, performance industrielle et développement des activités ». Voilà comment La Poste décrit l’évolution à venir de la plateforme industrielle de courrier Marseille-Provence située à Vitrolles. Après des alertes répétées de la CGT sur sa transformation en platefor me multiflux (lire notre article du 24/06), dénonçant une disparation en tant que telle de la PIC, La Poste veut éteindre toute incertitude, dans un communiqué de presse diffusé ce mercredi. « L’objectif est d’adapter l’outil industriel aux évolutions du marché, tout en renforçant la capacité du site à se positionner sur les activités en croissance, notamment le colis, dans une logique de plateforme multiflux (courrier, colis et presse) », explique l’entreprise en charge du service public postal.

    La concertation

    va se poursuivre

    Elle confirme que les résultats d’études techniques « ont été présentés aux représentants du personnel lors du comité social et économique du mois de juin ». Mais précise : « À ce stade, aucune décision définitive n’est arrêtée. Une phase de concertation va se poursuivre. »

    Quant aux questionnements de la CGT sur l’impact social du projet, là encore La Poste joue le pompier : « Le respect du modèle social, l’association des équipes aux modalités de mise en œuvre ainsi que la concertation avec les partenaires sociaux sont placés au cœur de la démarche. » Et de promettre : « Chaque personne concernée par les évolutions disposera d’une solution adaptée, sur le site de Vitrolles, au sein du bassin d’emploi ou d’une plateforme de proximité avec un accompagnement individuel. »

  • La fin du courrier se profile à la plateforme de La Poste

    La fin du courrier se profile à la plateforme de La Poste

    « Aucun engagement, à ce stade, ne peut être pris quant au maintien sur site de l’ensemble du personnel affecté à la Plateforme Industrielle Courrier de Vitrolles ». Le message du directeur de la PIC de Vitrolles, cœur battant du traitement des courriers dans les Bouches-du-Rhône, à l’adresse des salariés de La Poste est sans détour. En date de ce 22 juin et sous la forme d’une « newsletter », la direction du site aborde le « projet de transformation » ainsi que « l’évolution de ses activités ». Une bonne nouvelle ? Pas vraiment aux yeux de la CGT, qui alertait dès l’année dernière sur une potentielle disparition de la PIC en tant que telle (lire notre article du 20/08/2025). « Tout ce qu’on pressentait, c’est confirmé ! », s’alarme Sabrina Manca, élue CGT de La Poste et salariée du site. Et pour cause : quand la direction évoque une « nouvelle orientation industrielle », la CGT y voit une « fermeture ». « Ça serait une transformation si on gardait tous les agents, mais là on diminue le courrier et les effectifs… On ne va plus être une PIC, le statut va changer. Faire du multiflux, c’est un métier différent que de faire du courrier ! », explique Sabrina Manca. Il faut dire qu’elle en sait quelque chose : « J’ai déjà fait trois fermetures de PIC ailleurs en France, il ne reste que la moitié des effectifs ». Avant de développer : « Les casiers pour trier le courrier vont disparaître, ou être fortement réduits. Avec l’installation d’une machine qui s’occupera des colis, les effectifs vont être réduits, forcément ».

    Ce qui est certain, c’est que la direction, dans sa newsletter, confirme bien une « transformation vers une plateforme industrielle multiflux » avec notamment « l’implantation d’une machine colis ». Et surtout des études « logistiques et organisationnelles » pour préciser le « périmètre des futures activités colis et le périmètre des activités complémentaires (courrier, Log’issimo…) ». En clair, le maintien d’un flux courrier est bien stipulé, mais relégué au second plan face aux colis. D’où l’inquiétude syndicale : « Ils ne garderont que quelques machines pour trier les tournées des facteurs… Une partie du courrier va partir sur la PIC de Montpellier. Sur 244 salariés, on ne sera plus que 150 à 180 salariés à la fin » dénonce Sabrina Manca. Même principe pour le courrier alpin, traité sur la PIC de Vitrolles à l’heure actuelle : « Le courrier du Hautes-Alpes et Alpes-de-Haute-Provence ira à Toulon ! ».

    Toujours dans la newsletter, le directeur du site assure que « chaque personne concernée par les évolutions des activités disposera d’une solution adaptée avec la garantie d’une réorientation professionnelle et d’un accompagnement individuel et personnalisé au sein du bassin d’emplois ou sur une PIC de proximité ». Pas de quoi rassurer la CGT : « Qui va aller à Montpellier quand on a ses enfants scolarisés à Marseille ou son mari qui travaille dans le département ? Le plus grand nombre de postes ouverts pour les reclassements des agents, c’est facteur. Mais justement, la plupart des personnes qui travaillent en PIC en viennent… ». L’organisation syndicale évoque même un « plan social déguisé » tant elle prévoit de la casse dans les effectifs. « Il y aura des abandons de postes, des licenciements pour inaptitude, des reclassements pour ceux qui peuvent et veulent… », se désole Sabrina Manca.

    Contactée pour avoir plus d’éléments, La Poste doit revenir vers nous prochainement. Mais l’entreprise table sur un début des travaux prévisionnel pour février ou mars 2027, et une mise en service à la fin de cette même année.

  • [Rue de la République] Pierre-Marie Ganozzi : « À Marseille, nous voulons qu’il y ait le plus de bleu possible dans la rue »

    [Rue de la République] Pierre-Marie Ganozzi : « À Marseille, nous voulons qu’il y ait le plus de bleu possible dans la rue »

    Du plan écoles à la sécurité

    Didier Gesualdi : Vous êtes le nouvel adjoint du Printemps marseillais à la sécurité, vous succédez à Yannick Ohanessian après vous être occupé du plan écoles. Vous pouvez tout faire ? Vous êtes bon partout ?

    J’espère devenir bon partout en tout cas. M. le maire m’a confié cette délicate tâche de la sécurité. C’est un vrai beau défi. Il y a eu le plan écoles, maintenant la sécurité, c’est une vraie marque de confiance. Je mets tout en œuvre avec son aide et avec les fonctionnaires de police pour améliorer la sécurité globale à Marseille et pour lutter contre le sentiment d’insécurité qui est également très fort dans notre ville.

    Léo Purguette : Quel bilan tirez-vous du plan écoles ?

    Le plan écoles continue d’avancer. Nassera Benmarnia est très bien entrée dans ses nouvelles fonctions. On est aujourd’hui sur la vague 4 qui est en train d’être lancée en projet. Il y a des dizaines d’écoles dans lesquelles les travaux ont déjà commencé. Certaines vont être livrées d’ici une petite année environ. Le plan écoles avec la société publique des écoles ou, en direct avec la Ville de Marseille, continue d’avancer à un bon rythme. On peut être fier de cette réussite qui est collective, qui provient de la volonté du maire Benoît Payan avec l’aide de l’État et du président Emmanuel Macron. Quand l’État et une collectivité veulent travailler main dans la main, les services publics, la fonction publique, deviennent de véritables donneurs d’ordre et font avancer les choses.

    Didier Gesualdi : Il y a eu des batailles de chiffonniers sur les chiffres pendant la campagne électorale. Quoi qu’il arrive ça ne va jamais assez vite ?

    Évidemment, j’aimerais pouvoir tout reconstruire le plus rapidement possible. Mais nous respectons toutes les règles d’urbanisme, de conformité, les normes liées au réchauffement climatique, ça prend du temps, de l’argent mais on en est fiers parce que ceux qui en profitent ce sont nos petites Marseillaises et nos petits Marseillais.

    Léo Purguette : Vous dites respecter toutes les règles, l’ancien préfet de région a quand même signalé le contraire. Où en êtes-vous ?

    Il a signalé le contraire… oui, c’est quand même un peu confus ce qu’il s’est produit. Les services de la préfecture ont mené une enquête récemment et le nouveau préfet lui-même, M. Witkowski, a dit qu’il n’y avait aucune anomalie. Nous, on le savait. On avait travaillé avec nos avocats qui nous avaient dit qu’il y avait beaucoup de bruit pour rien. La campagne électorale a probablement servi de caisse de résonance.

    SA FEUILLE DE ROUTE

    Didier Gesualdi : Yannick Ohanessian nous disait que votre majorité avait fait plus en six ans que les autres en quarante ans. Il reste encore beaucoup à faire non ? Beaucoup de Marseillais ont le sentiment que ça ne va pas mieux.

    Je me mets dans les pas de mon prédécesseur et je m’inscris surtout dans les directives données par le maire, Benoît Payan. Nous avons déjà recruté 400 policiers durant le mandat précédent. On va doubler ce chiffre en passant à 800 recrutements sur le nouveau mandat. C’est le premier axe. C’est un vrai défi parce qu’aujourd’hui, tous les métiers de la sécurité sont en tension. À nous de faire en sorte que l’on vienne taper à notre porte. Le deuxième axe, c’est la proximité avec la volonté de créer des commissariats de police municipale dans tous les arrondissements de Marseille. Il y avait le plan écoles, il y aura très bientôt le plan commissariats avec l’objectif d’être au plus près des habitants pour pouvoir les rassurer, les renseigner, les protéger, faire du flagrant délit en cas de problème. Nous voulons assurer la sécurité de tout le monde, dans tous les quartiers.

    Léo Purguette : Ces ambitions sont très hautes alors que l’argent manque dans les collectivités. N’avez-vous pas l’impression d’en dépenser beaucoup pour compenser les manques de l’État ?

    Ce qui est sûr, c’est que nous ne ferons pas d’économies sur la sécurité. Nous allons investir dans des nouveaux commissariats, recruter des policiers mais aussi les équiper. En revanche, il est hors de question que la police municipale vienne remplacer la police nationale qui est sous l’autorité du préfet. Nous voulons qu’il y ait plus d’uniformes dans les rues, davantage de policiers municipaux et davantage de policiers nationaux. L’État s’est désengagé des services publics, d’abord la justice ensuite la santé, puis l’éducation… Il serait inadmissible qu’il se désengage de la sécurité.

    LA POLICE NATIONALE

    Didier Gesualdi : On a assisté à des échanges aigres-doux entre Benoît Payan et le préfet sur les effectifs de police nationale la nuit, faites-vous encore appel à l’État ?

    Bien sûr. C’est un domaine régalien de l’État. Ce que je veux c’est qu’il y ait le plus de bleu possible dans la rue que ce soit dans la journée ou la nuit parce que nos concitoyens ont besoin de les voir, d’être rassurés et en cas de flagrant délit, qu’il y ait une intervention. Avoir du bleu dans les rues, c’est nécessaire la nuit aussi. Je n’entre pas dans une bataille de chiffres mais les demandes répétées du maire de Marseille, je les ai moi-même relayées auprès de la préfète de police et du directeur de la police nationale que j’ai rencontré il y a quelque temps. Main dans la main on doit pouvoir arriver à trouver des solutions pour améliorer la sécurité à Marseille.

    Didier Gesualdi : Comment pouvez-vous contribuer à la lutte contre le narcotrafic ?

    C’est un drame pour les familles et les quartiers qui en sont victimes. C’est une compétence police nationale. Il y a des enquêteurs, des brigades spécialisées, ne nous prenons pas pour ce que nous ne sommes pas. En revanche, nous pouvons apporter une aide sur les caméras de vidéosurveillance, sur les opérations « grappin » en venant enlever les voitures qui ralentissent les services de police, les chariots ou autres… C’est aussi rétablir un cadre de vie agréable pour les personnes qui y vivent.

    LA PROXIMITÉ

    Léo Purguette : Un commissariat par arrondissement, c’est à quelle échéance ?

    On se donne le mandat pour y parvenir. À l’instant T, nous avons déjà des pistes dans plusieurs arrondissements.

    Léo Purguette : Avez-vous déjà une idée du prochain qui ouvrira ?

    Les deux pistes les plus avancées sont dans le 15e et dans le 11e. Nous avons déjà celui de Canebière qui fonctionne bien, celui de Loubon, dans le 3e, qui va fonctionner encore mieux dans la prochaine période. Trouver une implantation pour un commissariat n’est pas si facile que ça parce qu’il y a un critère intangible qui est le parking pour accueillir les véhicules de police.

    Léo Purguette : Quel lien police-population ? Ces rapports sont parfois tendus voire violents.

    Nous faisons de la prévention. Une de mes premières sortie d’adjoint était à la Savine pour faire découvrir tous les métiers à uniforme aux jeunes. Il y a des enjeux de recrutement.

    LA GAUCHE ET LA SÉCURITÉ

    Léo Purguette : « Plus de bleu dans la rue », c’est un discours que l’on n’entend pas toujours à gauche. La gauche est parfois critiquée pour un supposé angélisme en matière de sécurité. Quelle est votre doctrine ?

    L’angélisme, ce n’est pas la doctrine du Printemps marseillais. Ce que nous voulons c’est que toutes les Marseillaises et Marseillais se sentent en sécurité, où qu’ils se trouvent dans la ville. On vit dans un territoire magnifique avec la plus belle rade du monde, des sites absolument remarquables, il n’est pas acceptable que des personnes puissent être agressées, se sentent en difficultés selon les endroits, que certaines femmes se fassent harceler. C’est inacceptable que l’on soit de gauche ou de droite. Peut-être qu’il y a quelques décennies, la gauche pouvait être angélique. Ce n’est pas le cas aujourd’hui. Au Printemps marseillais nous avons à cœur que l’on se sente bien en sécurité partout à Marseille. Nous ne voulons pas que des quartiers populaires soient abandonnés comme cela a été le cas pendant des années avec des problèmes de trafics, des services de propreté ou de bus qui ne venaient plus. Nous, nous remettons du service public dans les quartiers populaires.

    Léo Purguette : C’est votre manière de tenter de faire refluer l’extrême droite ?

    Ce que nous voulons, c’est faire vivre le vivre-ensemble. Tout le monde en parle mais comment fait-on ? On met du service public. C’est le service public qui doit permettre aux gens d’être reliés et de vouloir vivre ensemble. Ce n’est pas une évidence de vivre ensemble. Si vous avez une école délabrée, si vous appelez le 17 et qu’il ne se passe rien, si vous vous faites agresser dans la rue, si des gens vous empêchent de rentrer chez vous, vous vous sentez comme un citoyen de seconde zone. Nous à Marseille, on ne veut que des citoyens de première zone. Notre belle ville est peuplée par 900 000 Marseillaises et Marseillais qui sont fiers de l’être et ils ont raison. Nous, ce que nous voulons, c’est que notre police permette la concorde.

    Didier Gesualdi : Le moratoire sur les caméras de vidéosurveillance colle à la peau du Printemps marseillais. C’est totalement révolu ?

    D’abord, il était dans notre programme de 2020. On a donc fait ce pour quoi on avait été élu : pendant deux ans, on a fait un moratoire qui a permis d’analyser l’ensemble des caméras. On s’est rendu compte que certaines, soit ne fonctionnaient pas, soit ne servaient à rien, soit étaient dans des endroits un peu étranges pour surveiller des personnalités X, Y ou Z, ce qui n’est évidemment pas l’objectif principal. Nous avons mis les choses à plat, avec l’État, dans le cadre du plan Marseille en grand, à des endroits utiles : écoles, collèges, lycées mais aussi dans les lieux stratégiques pour lutter contre les trafics ou garantir la sécurité routière.

    L’INSÉCURITÉ

    Didier Gesualdi : Quand, à la Valentine, aux Accates, on voit des votes à 60% pour le RN lors des législatives, est-ce que c’est l’insécurité qui explique ces résultats ?

    Vous savez, quelqu’un qui est cambriolé, c’est un gros problème. Il faut d’ailleurs faire reculer cette insécurité concrète. Il faut aussi lutter contre le sentiment d’insécurité. Quand, dans la campagne, Mme Vassal disait qu’elle ne voulait pas venir au Vieux-Port à 18h de peur de se faire agresser. Excusez-moi, je suis régulièrement sur le Vieux-Port, à 18h, 20h ou 23h, il ne m’est absolument jamais rien arrivé. Il y a ce sentiment que Marseille serait une ville de non-droit, que ce serait Chicago dans les années 1930. C’est invraisemblable. Il y a une vraie insécurité qui existe, sur laquelle nous devons lutter au quotidien avec la police au plus proche des habitants. Et puis il y a ce sentiment d’insécurité qui est très fort. Le faire reculer passe par une présence policière accrue qui doit faire reculer ce sentiment-là. On vient très bien au Vieux-Port sans aucun problème.

    LA RÉPUBLIQUE, C’EST QUOI ?

    Pierre-Marie Ganozzi : « La République c’est une utopie, c’est l’idée formidable selon laquelle nous pouvons vivre ensemble, nous devons vivre ensemble. Rien n’est facile mais nous y travaillons, avec le maire Benoît Payan et tous les élus de la majorité municipale pour que notre République, j’ai presque envie de dire la «République marseillaise» se vive au quotidien. »

    LA QUESTION DES LECTEURS

    Chaque semaine posez vos questions à nos invités sur lamarseillaise.fr l’une d’entre elles sera tirée au sort comme celle de Colette Drogoz :

    Je possède un garage donnant sur la rue, je ne peux ni entrer ni sortir car des voisins se garent devant en toute impunité. Pourquoi personne ne m’aide ? Cela dure depuis 10 ans !!!!

    Bonjour Colette. Ce que je peux vous dire, c’est que normalement il faut faire le 17 dans ce cas-là. Si ça ne fonctionne pas, il faut faire allô mairie qui peut être en direct avec la fourrière. Je vais voir ce qu’il se passe concrètement pour vous car il y a eu un temps d’adaptation mais la fourrière fonctionne désormais. En 2025, on en était à 11 000 mises en fourrière. Le début de l’année 2026, on est dans des ratios encore supérieurs et nous allons recevoir de nouveaux équipements pour encore augmenter notre capacité d’intervention.

    En outre, nous sommes à la recherche d’un deuxième site pour faire une deuxième fourrière dans les quartiers sud. Je vous donne un petit scoop : ça avance bien. J’espère que d’ici la fin de l’année 2026 on aura à la fois un deuxième site de fourrière dans le sud et de nouveaux équipements. Les deux réunis permettront à la fourrière d’être encore plus performante et donc pour Colette et pour les autres de multiplier les interventions. J’ai donné des consignes très claires en ce sens : on verbalise et on met en fourrière car l’insécurité routière à Marseille, ça suffit.

  • À Toulon, l’avenue de la République fait de la place au vélo

    À Toulon, l’avenue de la République fait de la place au vélo

    La maire de Toulon Josée Massi l’annonçait en exclusivité dans nos colonnes le 29 mai : la très réclamée piste cyclable sur l’avenue de la République va bel et bien être aménagée d’ici cet été. Une expérimentation en situation réelle qui répond ainsi à une très ancienne demande des associations et collectifs militant pour la création d’un réseau connecté permettant la pratique sécurisée du vélo et son essor comme mode de déplacement à part entière dans le Port du Levant.

    Une avancée que son prédécesseur Hubert Falco (DVD) avait toujours refusée ou renvoyée aux calendes grecques. Avec au final en 2023 une simple bande matérialisée sur le sol dans un seul sens.

    Son adjoint au transport d’alors, Yannick Chenevard, consentait en 2003, après le « Clou rouillé » qui venait d’être décerné à la ville, qu’il manquait effectivement un tronçon permettant de traverser Toulon par l’avenue de la République. Mais il ne pourra être réalisé que lorsque le deuxième tube de la traversée souterraine serait ouvert, justifiait-il.

    À Toulon, on dépasse les autos ?

    « Aujourd’hui avec 45 000 voitures qui passent sur l’avenue de la République, et il faut avoir un peu de bon sens pour comprendre qu’il serait extrêmement difficile d’installer une piste cyclable », poursuivait-il.

    Ce que l’équipe manquait donc, pour reprendre son phrasé, ce n’était pas de bon sens mais de volonté politique. Et surtout le respect de la parole donnée puisque le deuxième tunnel a ouvert en 2014 et que pour autant rien ne s’est passé.

    Ce qui n’est pas le cas aujourd’hui avec l’aménagement cyclable mis en œuvre.

    « On va voir ce que ça donne par rapport aux flux de voitures qu’amènent les embarquements de ferries. Mon objectif, c’est de faire des pistes cyclables continues, un réseau », explique Josée Massi. Et non plus de jolis tronçons non raccordés qui jettent brusquement le cycliste dans la circulation automobile.

    L’antenne de proximité de la métropole Toulon Provence Méditerranée va réaliser les travaux du 17 juin au vendredi 31 juillet, sauf intempéries.

    Alors même si ce dispositif est instauré à titre expérimental, les choses avancent dans le bon sens pour les cyclistes urbains. Le monde associatif ne cessant de saluer la qualité d’écoute de la municipalité sur ce sujet.

    La politique du tout automobile est en tout cas de toute évidence bien terminée. Sacrifier une voie de circulation au bénéfice des vélos est un signe fort.

  • Des parlementaires au chevet des cœurs de ville

    Des parlementaires au chevet des cœurs de ville

    Sur la rue de la République, célèbre pour ses façades haussmanniennes, les devantures flambant neuves côtoient les rideaux tirés et les locaux vides. Sur cette artère importante du 1er arrondissement de Marseille, le problème de la vacance commerciale est particulièrement prégnant. C’est la raison pour laquelle le député (PS) des Bouches-du-Rhône, Laurent Lhardit, a décidé d’y faire une audition décentralisée dans le cadre d’un rapport parlementaire sur l’avenir des commerces de proximité.

    « Sur la rue de la République, on a un taux de vacance de 25 % d’après nos estimations », affirme Corneille Fondjo, dirigeant de quatre agences immobilières dans le centre de Marseille et membre de l’association des commerçants de la rue de la République. Un taux largement au-dessus du niveau national, qui est de 14 % et de Marseille qui est de 20 %. Accompagné de son co rapporteur, le député (LR) de Haute-Loire, Jean-Pierre Vigier, Laurent Lhardit a échangé avec les commerçants aux sujets de leurs problématiques.

    5 000 euros par mois

    Si certains évoquent la crise économique, la concurrence d’internet ou des locaux parfois vétustes, tous sont unanimes : leur principal souci est les loyers trop élevés. Mehdi Bouzghaia a ouvert son salon Le barbier de Marseille en 2019 sur la rue. « Notre activité fonctionne bien, mais on a envie de partir tellement on paye cher », se désole le gérant. Même son de cloche dans la boutique Cloclo et Chacha, qui vend jouets et objets de puériculture. Gaelle Genaud a ouvert sa boutique il y a un an et paye 5 000 euros par mois pour 130 m2 : « Au début, j’avais la trésorerie, mais j’ai eu un dégât des eaux et ça a tout foutu en l’air. J’ai des dettes envers l’ancien bailleur maintenant, et je ne sais pas comme on va s’arranger avec le nouveau ». Tout comme Medhi Bouzghaia, elle fait partie des boutiques dont le bailleur a changé (cf encadré).

    Des problématiques de loyers trop élevés qui viennent de l’achat de plus en plus fréquent de locaux par des holdings foncières, dont la rue de la République en a été le triste exemple. « Ces foncières n’achètent que pour spéculer, donc ils font monter les loyers. Et lorsque les locataires ne payent pas ça ne les dérange pas, puisqu’ils défiscalent », se désole le député des Bouches-du-Rhône. Le plafonnement des loyers serait l’une des recommandations des parlementaires pour protéger les commerces de proximité.

    Diversité commerciale

    Une manière de permettre à plus de commerçants de s’installer et ainsi recréer une synergie entre les boutiques. « Les commerces attirent les commerces. Rue de la République, comme il y a beaucoup de locaux vides [notamment à cause des prix] on ne flâne pas dans cette rue donc c’est plus compliqué », explique la gérante de la boutique de puériculture. Pour Jean-Pierre Vigier, la diversité des commerces est également essentielle afin de revitaliser efficacement le centre-ville. L’importance de l’implantation de services publics tout comme une plus grande équité fiscale contre les plateformes de commerce en ligne seront également des pistes de réflexion. Le rapport devrait être présenté devant la commission des affaires économiques en juillet pour tenter de faire rebattre le cœur des villes.

    Un nouveau propriétaire de rue de la République

    Fin du mois d’avril dernier, l’entreprise lyonnaise Régie du commerce, a racheté 129 boutiques de la Rue de la République à l’entreprise Commerces de la République. Le nouveau bailleur est notamment spécialisé dans le rachat de centres commerciaux avec un fort taux de vacance qu’il redynamise en baissant les loyers. Rebecca Bernadi, adjointe (PM) au maire de Marseille en charge du commerce affirme que « son discours est plutôt rassurant ». Les commerçants touchés par le changement de bailleur espèrent trouver un propriétaire plus à l’écoute de leurs problématiques et qui réduira leur loyer afin de redynamiser cette emblématique rue.

  • Erilia et le préfet ratent leurs expulsions « pour l’exemple »

    Erilia et le préfet ratent leurs expulsions « pour l’exemple »

    Les juges ont débouté le bailleur social qui voulait « faire un exemple » (notre édition du 9 mars 2026) en expulsant deux familles de la cité La Castellane (15e) sur le fondement de la loi Narcotrafic de juin 2025. Entendant les arguments de Me Marilou Poisot et Me Sofien Dridi, le tribunal a estimé que la condamnation pour trafic de stupéfiants de ces deux enfants majeurs, qui par ailleurs n’habitent plus la cité, ne suffisait pas car la « proximité suffisante » des faits troublant la jouissance d’autrui avec le logement n’étant pas démontré par Erilia. Les juges se sont appuyés sur une réserve d’interprétation du Conseil constitutionnel.

    Un fils majeur avait été condamné comme « ravitailleur » d’un réseau. Il avait été interpellé quittant la cité en voiture avec un sac contenant 1,2 kg de résine et 632 gr de coke. « Pour autant, dit le jugement, la commission de ces infractions ne saurait à elle seule, suffire à établir la réalité des manquements graves à l’obligation contractuelle du locataire d’user paisiblement du bien donné à bail. » Le bailleur doit établir que les faits ont été commis dans le même ensemble immobilier à une proximité suffisante du logement dont il est demandé l’expulsion de la famille.

    S’agissant de l’autre famille, si l’enfant majeur a été condamné à trois reprises pour trafic de stupéfiants : la première se rapporte à des faits commis cité Consolat à 3 km de là. Pour la seconde, le majeur se trouvait place des Bartavelles à 400m de logement sans que soit précisé où était le point de deal. S’agissant de la 3e condamnation pour des faits de trafic dans La Castellane, Erilia n’apporte pas davantage de précision sur la distance entre le lieu de commission des faits et le logement de la famille.

  • [Rue de la République] Posez vos questions à notre invité Arnaud Drouot

    [Rue de la République] Posez vos questions à notre invité Arnaud Drouot

    Budget métropolitain, nouveau mandat, marins-pompiers, actualité marseillaise, proximité…

    À vous la parole ⬇️