Tag: proximité

  • Camions bennes et peintres à l’assaut des points de deal

    Camions bennes et peintres à l’assaut des points de deal

    « Voilà un exemple concret de ce qui pourrit la vie des habitants. » Céline Lefléfian, directrice de la police municipale, pointe du doigt les meubles, portes et autres morceaux de tôles qui obligent les voitures à faire du gymkhana pour entrer ou sortir de la cité de la Bricarde (15e). Avec une vingtaine d’agents pour encadrer des peintres, des camions de chantier et la fourrière, elle a organisé une nouvelle opération « grappin ».

    L’idée : améliorer le cadre de vie, apaiser l’espace public là où les réseaux ont installé leurs points de deal tout en jouant un rôle de police de proximité, en complément du volet judiciaire assuré par la police nationale. Un travail de fond entamé en octobre dernier qui s’est accéléré depuis fin 2025, avec des interventions devenues hebdomadaires.

    Un peu plus tôt, à la brigade Nord de la police municipale, instructions ont été données de se positionner sur les trois points de deal recensés. Tandis que les agents à moto tournent pour assurer la sécurisation des lieux, les checks points artisanaux sont démantelés à la main ou avec le fameux « grappin ». Armés de leurs rouleaux, les agents de la Ville et les prestataires fournis par le bailleur, Erilia, enlèvent et repeignent à toute vitesse les tarifs et autres flèches qui emmènent les clients jusqu’à leurs doses. Côté choufs, on ne cache pas son agacement, refusant de répondre à nos questions. Empêchés de poursuivre leur business, les ados, bravaches mais à bonne distance, dégainent les portables et filment.

    Près de 10 tonnes d’encombrants ramassés

    Parpaings, chariots de supermarché, barils, barrières, canapés ou encore frigos : près de 10 tonnes d’encombrants ont été retirées depuis le début de ces opérations et près d’un kilo de produits stupéfiants retrouvés, précise Céline Lefléfian. Et si la fourrière se charge des « véhicules ventouses », c’est aussi parce qu’ils peuvent constituer des caches. « Certains, volés, ont aussi servi à des braquages, mais surtout, ils gênent les gens qui rentrent chez eux », ajoute-t-elle.

    Comme cette habitante, qui vit là depuis 25 ans et a vu la situation se dégrader. « Avant ici, il y avait un champ de lavande, des arbres, des oiseaux, des aires de jeux pour les enfants », se souvient-elle. Et puis il y a eu « plusieurs agressions », et si la police « est souvent là, il faut le reconnaître, ce ne sera jamais assez », estime-t-elle. « On paie notre loyer, mais pour rentrer chez soi, il faut faire des zigzags » et « le soir ici, c’est barbecue, tout brûle », décrit-elle. Désabusée, elle prévient : « Dès que la police sera partie, ils vont revenir. » Un peu plus loin, tout en réparant leur voiture, deux mécanos amateurs commentent l’action de la municipale. « C’est bien, mais ici depuis le biberon, ils crient araaaaah, et après à 14 ans, ils quittent l’école, que voulez-vous, quand vous n’avez connu que ça… », déplore l’un d’entre eux, à la retraite, qui a habité à la Bricarde durant 45 ans.

    Ce jour-là, 350 m2 de tags ont été effacés, 3,5 tonnes d’encombrants retirées, trois voitures mises en fourrière, dont une épave brûlée. Des quantités qui s’amenuisent d’intervention en intervention, assure Céline Lefléfian, signe pour elle que le travail porte ses fruits. « On reviendra autant de fois qu’il le faudra. C’est une guerre psychologique », promet-elle, nullement découragée.

  • Narcotrafic : Erilia veut expulser « pour l’exemple » à Marseille

    Narcotrafic : Erilia veut expulser « pour l’exemple » à Marseille

    Sur injonction du préfet, le bailleur social Erilia a plaidé, vendredi, devant le tribunal de proximité de Marseille, pour la résiliation du bail de deux familles de la cité de la Castellane (16e) en invoquant la condamnation d’un des enfants pour trafic de stupéfiants. Erilia est le premier bailleur social, à Marseille, à activer ce nouveau modèle d’expulsion, instauré par la loi contre le narcotrafic du 13 juin 2025 et laissé à la discrétion des préfets.

    Plusieurs conditions doivent être réunies : des « agissements » en lien avec le trafic de stupéfiants qui troublent l’ordre public de « manière grave ou répétée » et perturbent la jouissance paisible « aux abords du logement ou dans le même ensemble immobilier », ou des « comportements » qui portent « atteinte aux équipements collectifs utilisés par les résidents, à la sécurité des personnes ou à leur liberté d’aller et venir ».

    Partenaires d’expulsions en « circuit court »

    En dialogue avec la préfète de police déléguée, le tribunal judiciaire de Marseille a instauré un « circuit court » pour prioriser et accélérer ces expulsions déjà dérogatoires au droit commun. Erilia demande ainsi l’expulsion d’une mère et de ses enfants de 17 ans, 23 ans et 25 ans pour les agissements de Chamsedine, 21 ans. Le bailleur invoque une décision qu’il ne produit pas, selon laquelle il a été condamné, il y a six mois, à 18 mois de prison dont 9 avec sursis pour trafic de stupéfiants.

    Présent à l’audience, le bailleur social est au garde-à-vous. « Erilia a répondu positivement au préfet car elle est soucieuse de participer activement à la politique publique de la lutte contre les trafics. Cette loi a un côté moralisateur, c’est vrai, mais le législateur l’a voulu ainsi », plaide son avocat, Me Janis Leclanche. Elle rappelle « la violence extrême du narcotrafic avec 85 morts en 2023 dont 49 à Marseille », « le climat insoutenable qu’il fait peser sur les habitants ». Erilia affirme sur la foi d’un compte rendu d’enquête que le jeune a été arrêté avec deux individus déjà condamnés dans un véhicule quittant la cité avec 1,2 kg de résine de cannabis et 630 gr de cocaïne à bord. Que Chamsedine s’était proposé d’aller « travailler en bas » comme « ravitailleur » du réseau pour « rembourser une dette ». Pour Erilia, « le titulaire du bail est responsable des troubles des occupants habituels de son logement ». « Peut-être est-ce sévère, mais il faut des exemples. Peut-être s’agit-il d’une petite main, mais s’il n’y avait pas de petites mains, il n’y aurait plus de trafic. »

    « Vous, magistrats, gardez votre pouvoir d’appréciation ! » insiste Me Marilou Poisot pour la famille menacée qui n’a tiré aucun profit du trafic. Leur logement n’est pas en cause. Ce n’est pas un appartement nourrice. Le fils majeur vit désormais chez un oncle. Il serait disproportionné d’expulser une mère et ses trois enfants scolarisés, dont une mineure, et qui a toujours payé ses loyers. « Cette loi a un caractère moralisateur qui revient à dire qu’elle a mal éduqué son enfant. Cela heurte les principes du droit au logement, du droit au respect de la vie privée, de l’intérêt supérieur des enfants. C’est la porte ouverte à l’expulsion de familles entières. » Assise dans la salle, la maman pleure. Sa santé s’est dégradée. Toute la famille vit dans le stress de se retrouver sans toit.

    Le second dossier, toujours de la cité de la Castellane, vise un couple avec quatre enfants, dont deux mineurs. Erilia invoque, sans en rapporter la preuve, l’existence de trois
    condamnations en 2025 pour trafic de stupéfiants de Mouhamadi, le fils de 22 ans, à une peine de travail d’intérêt général, et pour sa dernière en septembre à deux ans de prison, dont un avec sursis et à l’interdiction de paraître à la Castellane. « Il y a de grandes chances qu’il récidive s’il reste chez ses parents et il semble bien être un acteur à part entière de ce trafic », suppute le bailleur.

    « Erilia est sous la coupe d’un préfet sous pression, dénonce Me Sofien Dridi. Leur fils ne vit plus chez eux depuis octobre 2024 et on vous demande avec une célérité exceptionnelle l’expulsion de gens qui n’ont rien commis, aucun trouble de voisinage, qui ont toujours payé leur loyer. C’est mettre à la rue une famille qui ne vit qu’avec les 1 600 euros du travail du père. » Dénonçant une procédure abusive, il réclame d’Erilia 1 000 euros pour chacun des membres de la famille et autant en préjudice moral.

    Délibéré le 19 mai.

  • À Saint-Zacharie, Claude Passerel mise sur la proximité

    À Saint-Zacharie, Claude Passerel mise sur la proximité

    Ancien adjoint aux finances du maire actuel Jean-Jacques Coulomb (DVG), ayant démissionné en 2023 en raison de désaccords avec ce dernier, Claude Passrel (SE) tente aujourd’hui de reprendre la mairie à celui dont il fut le colistier.

    À 66 ans, celui qui a été responsable des finances de la commune et acteur associatif local s’est entouré d’une équipe intergénérationnelle, de 21 à 76 ans, composée de femmes et d’hommes issus de tous horizons : anciens élus, chefs d’entreprise, professionnels de santé, enseignants, agents publics, éducateurs sportifs, bénévoles et présidents d’associations, étudiants ou jeunes actifs.

    « Une nouvelle page »

    Une liste qu’il décrit « d’une diversité rarement observée dans la vie politique locale, engagée et tournée vers l’avenir, déjà investie dans la vie du village et porteuse d’une dynamique nouvelle. Cette pluralité traduit la volonté d’incarner une alternance collective et crédible, fondée sur les compétences et l’engagement citoyen ».

    Par ailleurs, « Saint-Zach’ pour vous et avec vous » compte de nombreux jeunes parents, dont plusieurs ont été délégués de parents d’élèves dans les écoles du village. Une composition qui, selon Claude Passerel, incarne « une attention particulière portée à la jeunesse, à l’éducation et à la qualité de vie des familles. » Il conclut : « Sans renier le passé, nous faisons le choix d’ouvrir une nouvelle page pour Saint-Zacharie. Cette équipe rassemble des habitants qui partagent une même envie : servir le village avec sérieux, transparence et esprit collectif. »

  • Les Angles : quatre listes pour une commune convoitée

    Les Angles : quatre listes pour une commune convoitée

    À l’approche des élections municipales des 15 et 22 mars, la campagne s’intensifie aux Angles. Commune prisée du Gard rhodanien, forte de près de 9 000 habitants, la ville cristallise des enjeux majeurs : pression foncière, vieillissement de la population, cohésion sociale, transition écologique et qualité de la démocratie locale. Quatre listes sont désormais sur la ligne de départ, avec des visions contrastées.

    Le maire sortant, Paul Mély (Divers droite), conduit la liste « Avec vous pour Les Angles ». Lors de plusieurs réunions publiques, il a défendu le bilan de son mandat, citant la création d’une cuisine centrale, d’un nouveau poste de police municipale, la végétalisation des cours d’écoles, la rénovation énergétique du foyer-restaurant ou encore l’aménagement du parc de la Croix Cacho-Pesou. Le candidat revendique une gestion de proximité et une action pragmatique. « Il fait bon vivre aux Angles », affirme-t-il, soulignant « la qualité des infrastructures et la richesse du tissu associatif ». Pour l’avenir, il met en avant la révision du PLU, le renforcement de la sécurité et le développement des mobilités douces, tout en assurant vouloir « protéger le territoire, mais sans devenir un village de Gaulois ».

    Le match des priorités

    Face à lui, Anaïs Rambaud, tête de liste « Les Angles autrement », porte une alternative progressiste. Sa candidature s’inscrit dans une volonté de renouveau démocratique et social, fondée sur la cohésion et la participation citoyenne. « Notre plus grande force réside dans la cohésion sociale », soutient-elle, appelant à « retisser les liens » et à renforcer l’entraide. Urbanisme maîtrisé, protection de l’environnement, volet culturel (patrimoine valorisé, bibliothèque « tiers-lieu », animations de quartier), solidarité intergénérationnelle, soutien aux familles, aux seniors et aux personnes isolées structurent son projet. « Je souhaite un renouveau pour Les Angles », insiste la candidate, qui veut faire primer « l’intérêt général » à travers transparence, dialogue et respect des habitants.

    Deux autres listes complètent le paysage. Aurélie Renou, adjointe sortante, mène « Angles un nouvel élan », une équipe largement renouvelée, se revendiquant sans étiquette et misant sur la concertation et la bienveillance. De son côté, Bruno Sujevic, élu depuis 2008, conduit « Angles l’Avenir Ensemble », une liste également sans étiquette, composée de profils expérimentés pour peser dans le débat local.

  • « Aimer Barjols » organise une rencontre sur l’artisanat et l’économie locale

    « Aimer Barjols » organise une rencontre sur l’artisanat et l’économie locale

    À moins de deux semaines des élections municipales, l’association « Aimer Barjols, village d’avenir » et son candidat (SE) aux élections municipales, François Volpi, accompagné de son équipe, organise une rencontre publique dédiée aux questions de l’artisanat et de l’économie locale, ce jeudi, 19h, à l’Hôtel du Pont d’Or, à Barjols.

    Cette soirée d’échanges se tiendra en présence de Valérie Marrone, administratrice à la Chambre de métiers et de l’artisanat du Var et présidente de l’association Fiers d’être Artisan – Var, coorganisatrice de l’événement. L’artisanat constitue un pilier de la vitalité économique, sociale et identitaire de Barjols.

    Créer du dialogue social

    Cette rencontre vise à créer du dialogue entre artisans, acteurs économiques, habitants et porteurs de projets, autour des réalités du terrain et des perspectives de développement du village. Elle permettra ainsi d’aborder les thématiques liées au soutien à l’artisanat et aux commerces de proximité, à la revitalisation du centre-bourg, à l’attractivité touristique et résidentielle, ainsi qu’à l’emploi local et au développement durable du territoire.

    Les échanges s’inscriront dans une réflexion sur la dynamique de revitalisation portée par la Chambre de métiers et de l’artisanat du Var, le programme « Petite Ville de Demain » et les orientations proposées par « Aimer Barjols, village d’avenir » en matière de développement économique local.

  • À Marseille, Biaggi repart à l’assaut du bastion de gauche

    À Marseille, Biaggi repart à l’assaut du bastion de gauche

    Le combat s’annonce comme toujours difficile pour la droite dans le bastion historique de la gauche guériniste, terre d’élection du maire de Marseille, Benoît Payan (DVG) en 2020, et où Manuel Bompard (LFI) s’est imposé deux fois dès le 1er tour des législatives. Cette année, huit listes y sont en lice.

    Solange Biaggi y a pourtant été élue maire en 2014. Un succès qu’elle avait partagé avec Lisette Narducci (DVG). Une « alliance compliquée », se rappelle la pharmacienne dont le cuir lissé par les batailles électorales révèle toute la décontraction à l’approche du scrutin. « J’espère qu’on verra mon bulletin », sourit-elle en évoquant un tirage de liste peu avantageux qui l’a placée en 8e position. Née en 1954 à Marseille, Biaggi entre en politique en 2001, « avec la parité » et poussée par Jean-Claude Gaudin et Renaud Muselier venus chercher quelques voix corses en même temps qu’une grande famille (Biaggi – Altieri) du monde économique local.

    Adjointe au commerce, conseillère départementale et métropolitaine en charge de l’attractivité, elle siège depuis 2020 dans l’opposition municipale et préside le bailleur social Provence Métropole Logement.

    « Même dans l’opposition, j’ai continué à travailler dans la proximité », dit-elle, se revendiquant de la transformation de la Joliette et de la rénovation de la rue de la République. « On a beaucoup fait mais il reste encore énormément à faire sur le 3e, où il y a le plus de précarité et d’insalubrité. »

    « Ce secteur c’est mon ADN »

    La candidate affirme surtout son attachement aux 2-3 qu’elle veut « tirer vers le haut et qui sont l’avenir de Marseille ». Elle évoque Euroméditerranée où elle siège, le Port, la CMA CGM, le centre d’affaires, et rappelle ses racines, sa mère « née rue de la République » et sa famille qui « était dans les bateaux » : « Ce secteur, c’est mon ADN. »

    Pour le mandat à venir, elle parle logements et emploi, cite le parc Bougainville, la future gare St-Charles qui « reliera la Belle de Mai et St-Mauront au centre-ville ». Sur le tram de la Belle de Mai, elle réfute toute opacité mais reconnaît « des blocages » qui ont fait perdre « quatre ans ». Dans une campagne marquée par la course de la droite derrière l’extrême droite, elle s’assume « d’une droite sociale », « pragmatique » et éloignée de « la politique politicienne ». Elle cite son colistier « écologiste », Christophe Madrolle, et les 25 autres membres de sa liste, novices et issus de tous les quartiers. Une manière de préparer la suite ? « Il faut du renouveau mais je porte la continuité de ce qu’on a commencé, je ne veux pas que tout s’arrête. »

  • Réservistes, des policiers à part entière

    Réservistes, des policiers à part entière

    Livreur, policier municipal ou policier administratif, ils ont choisi de donner de leur temps pour renforcer les effectifs de policiers notamment sur la voie publique mais pas que… Mise en place en 2003 au départ pour les policiers nationaux à la retraite, la réserve s’est ouverte aux civils 8 ans plus tard puis aux anciens adjoints de sécurité en 2016. « Une force supplétive » qui devrait passer de 2 500 sur la zone sud aujourd’hui à 8 000 en 2030 précisait dans nos colonnes Cédric Esson, directeur interdépartemental de la police nationale 13 en décembre dernier.

    Pour Jean-Claude, 55 ans, livreur de colis à Marseille, c’était comme une évidence. Passé à côté du métier de ses rêves après avoir échoué au concours de la police municipale, il a vu là l’opportunité de se réaliser. « Mon ami d’enfance fait partie de la BAC de Vitrolles, il m’a dit que je pouvais rentrer dans la police en étant réserviste. Je me croyais trop vieux, j’ai toujours voulu faire ce métier », nous raconte-t-il. Sportif, il passe haut la main les tests d’aptitude, se familiarise avec le port de l’arme après une formation d’un mois en tout à Fos-sur-Mer et à Marseille. « L’arme, c’est le plus important, je n’en avais jamais touché et en plus je suis gaucher ! » rigole-t-il ajoutant que les patrouilles se font toujours encadrer par des titulaires.

    Quelques notions de Code pénal plus tard, le voilà sur la voie publique. Palais de justice, matches de foot… Il se « régale », s’applique à « rester calme », à surtout ne « pas se prendre pour un autre parce qu’on a un uniforme ». Pas un « cow-boy » mais plutôt un bon samaritain qui ne fait pas ça non plus pour l’argent quand la vacation est à 74 euros net. « J’ai toujours aidé tout le monde. C’est le contact avec la population qui m’intéresse c’est pour ça que je suis livreur aussi », témoigne-t-il.

    Même son de cloche chez Amandine* 34 ans, réserviste depuis 2 ans. Policière depuis 12 ans dans un service administratif à Marseille, celui « qui sanctionne les fautes des policiers », elle a besoin elle aussi de rencontrer du public mais y voit aussi une occasion de découvrir « l’envers du décor ».

    Des missions très variées

    « J’ai un peu tout fait : police secours, BST (Brigade spécialisée de terrain), GSP (groupes de sécurité de proximité), SIC avec les appels 17, du tribunal judiciaire… Je préfère le côté terrain, ce que je n’ai pas tous les jours », explique-t-elle. Pour élever son enfant, elle a fait le choix d’horaires de bureau mais passer de l’autre côté l’a déjà effleurée : « Ça reste dans un coin de ma tête. J’y pense parfois, est-ce que je ne plaquerai pas tout ? »

    Karim, 37 ans, policier municipal responsable d’un service de nuit, nous explique avoir lui trouvé son équilibre avec la réserve. Avec un père dans la BAC centre de Marseille, « policier chez nous c’est de père en fils », nous confie-t-il fièrement. « Le terrain c’est mon truc, j’ai trouvé là un métier complémentaire », précise-t-il, « c’est varié, on peut verbaliser pour un feu rouge puis partir sur un cambriolage, une tentative d’homicide ».

    Au sein de police secours la nuit à La Ciotat, il est aussi souvent mobilisé au tribunal. Au fil des audiences, « je vois comment ça marche après pour les gens qu’on interpelle, et je me suis rendu compte du travail méticuleux des enquêteurs dont les délinquants n’ont sûrement pas conscience ». Il s’est formé aussi à l’identité judiciaire. Dédié à la prise d’empreinte, d’ADN, de traces, « le service est ouvert à la réserve » s’enthousiasme-t-il, et il attend de voir pour celui des « transports en commun ». Il participe aussi à des missions à Dunkerque où il acquiert de « nouvelles façons de travailler ». Passionné, il ne compte pas lâcher de si tôt la réserve. « Mon père est à la retraite, il en fait partie. Comme pour lui, ce métier c’est ma vie. »

    *Le prénom a été changé

    « Quand je suis avec la police,
    je me régale »

  • À Fréjus, Christine Romano en fer de lance d’une gauche unie

    À Fréjus, Christine Romano en fer de lance d’une gauche unie

    « Un meeting extraordinaire. » Pour Christine Romano (PCF), tête de liste de Fréjus Riposte qui a réussi à rassembler à gauche en réunissant communistes, insoumis, écologistes, socialistes et membre de l’Après, la réunion de ce vendredi, dans la salle Sextant, aura été un moment qui compte. D’abord parce qu’elle a rassemblé 150 personnes, mais aussi de par la présence de soutiens comme Guillaume Roubaud-Quashie, historien et porte-parole du PCF, ou Manon Aubry, eurodéputée LFI. « Nous avons aussi beaucoup de colistiers issus de la société civile, syndicaliste ou association, qui ont pu prendre la parole », précise l’ancienne retraitée de la Poste en retrait de la présidence de l’UL-CGT Saint-Raphaël-Fréjus.

    Les sujets évoqués auront été nombreux avec une priorité : libérer une ville aux mains du maire d’extrême droite, David Rachline, depuis 12 ans, et candidat à sa réélection pour un 3e mandat. « Il n’est pas officiellement investi par le RN, mais le parti est derrière », assure la candidate, qui dénonce un bilan catastrophique entre urbanisation à outrance et creusement de la dette qui dépasse les 150 millions d’euros. Une gestion municipale dénoncée dans leur rapport par les magistrats de la Chambre régionale des comptes, en mars dernier.

    Si le programme de Fréjus Riposte est en cours de finalisation, il s’agit déjà de « rétablir une démocratie participative », martèle la candidate, en remettant notamment les comités de quartier en place, où les habitants éliront eux-mêmes leurs représentants.

    Favoriser l’accès au logement

    Finie aussi la bétonisation à tout crin. L’hôtel de luxe sur Fréjus plage « disparaît », « nous sommes aussi favorables à un pôle universitaire sur la base nature, centrée sur les métiers de la mer et la restauration » des milieux, détaille Christine Romano. Terminé la fusion de quatre écoles en un seul et même lieu, dans le secteur de Caïs Nord, soit pas moins de 1 000 élèves, concentrés à côté de l’autoroute. « Un projet énorme qui n’a pas de sens », commente-t-elle.

    Sur cette commune de près de 60 000 habitants, deuxième bassin d’emplois du département du Var avec deux grandes ZAC, la tête de liste entend également améliorer l’accès au logement. « Nous ne sommes pas en pénurie, de 8 à 9% de logements sont vacants, beaucoup sont consacrés aux locations de vacances ou Airbnb », assure Christine Romano, qui mise notamment sur la taxation des résidences secondaires pour « créer les conditions au vrai locatif ». Sans oublier la mise en place de 3 000 logements sociaux « quand la municipalité préfère actuellement payer une amende de 882 000 euros plutôt que de respecter la loi SRU qui fixe à 25% le ratio de logements sociaux », dénonce-t-elle.

    Sur la santé, les colistiers souhaitent l’implantation d’un centre avec des salariés. La gestion de l’eau se ferait en régie et sur les transports, « nous avons plein d’idées », indique Christine Romano, entre pistes cyclables, gratuité et réorganisation de dessertes pas toujours adaptées quand il faut attendre le bus une heure. Une compétence de la communauté d’agglomération, sur laquelle « nous comptons peser si nous remportons la ville ». Enfin, sur la sécurité, sujet qui préoccupe les citoyens, c’est sur la police nationale qu’elle veut s’appuyer, « des gardiens de la paix » qui agissent aussi sur la proximité et la prévention « que nous comptons demander à l’État ».

  • Un label pour concrétiser le travail de proximité d’une Maison de Santé

    Un label pour concrétiser le travail de proximité d’une Maison de Santé

    La graine du projet avait été plantée en 2008, avant de germer. En 2026, la Maison de Santé pluriprofessionnelle, installée au nord d’Aix-en-Provence, dans le quartier de Beisson, est désormais labellisée France Santé. Un cachet déposé si l’établissement répond aux critères : « D’accès à des soins pluridisciplinaires (…) un accès en secteur (…) un accueil sept jours sur sept a minima, et la possibilité de travailler avec les SAS centre 15. Cela veut dire répondre à la possibilité d’une consultation de médecine générale en moins de 48h », résume Yan Bubien, directeur général de l’Agence régionale de santé Paca. Alors, si cette matinée de labellisation a d’abord été institutionnelle, en présence d’Isabelle Epaillard, préfète à l’Égalité des Chances, de Sophie Joissains, maire (UDI) sortante, de Mathieu Gatineau, sous-préfet d’Aix, le moment a été choisi, par le docteur Maurice Ngambé, cofondateur de cette MPS, de rappeler les priorités de l’établissement : « Concrètement chaque jour, nous travaillons pour l’accès aux soins, accompagner des patients atteints de maladie chronique, lutter contre les inégalités sociales et territoriales de santé et prendre en charge les patients les plus vulnérables. »

    Pour cause, la Maison est installée au cœur d’un « quartier, ou les besoins en santé sont importants, parfois complexes, et ou l’accès aux soins est un véritable parcours, poursuit Maurice Ngambé. En tant que médecin, cette reconnaissance a un sens particulier : elle confirme que le choix du travail en équipe était le bon. » Sur place, dans cet espace médical de 240 mètres carrés, ce sont en effet cinq médecins permanents qui se relaient, dont un remplaçant régulier, intégrés à un maillage de partenaires allant de l’Hôpital, de la Croix-Rouge, en passant par le Relais des Possibles. Il ne manquerait plus qu’une médiatrice en santé et une assistante médicale, selon le Docteur Maurice Ngambé. Difficile aussi, de chiffrer le flux quotidien de patients, car « tous les jours ne se ressemblent pas », estime ce dernier, qui évalue « à la louche, que 70% des patients » viennent d’un pourtour proche. « Le fait de cette proximité sur le territoire est une réelle plus value pour le bien-être [des habitants], estime Rachid Sabbouri, directeur du Centre Social la Rose des Vents. De notre côté on oriente. Les habitants du territoire se sentent pris en charge de manière convenable, avec une réponse adaptée à leur difficulté. On ressent le bénéfice. » À ce jour, l’ARS avec les Préfectures et l’Assurance maladie, labellise 96 Maisons France santé en Paca.

  • Vigouroux veut poursuivre la mutation de Miramas

    Vigouroux veut poursuivre la mutation de Miramas

    Un tantinet malade mais remonté comme jamais, le maire sortant de Miramas (DVG) a présenté son programme et sa liste ce jeudi 19 février devant une salle Tristani remplie. « Ce projet, c’est le vôtre, il est issu d’un travail collectif mené depuis des mois avec les questionnaires, les rencontres de terrain, les réunions thématiques et les porte-à-porte », affirme Frédéric Vigouroux, élu depuis 2008.

    Les dix pages de propositions qui seront distribuées dans les prochains jours dans les boîtes aux lettres de 26 000 habitants s’inscrivent dans la continuité de la transformation de la commune pour qu’elle « continue de protéger » tout en « s’adaptant et en innovant ». Alors que la gare SNCF est en travaux et que la passerelle est en passe d’être installée, l’éco-quartier Oasis sera réalisé, offrant 350 logements avec de « l’accession sociale ». La cité cheminote sera également réhabilitée. « ICF Habitat a accepté le projet », assure le candidat, qui compte, si prochain mandat il y a, penser l’aménagement de Miramas en co-construction avec les administrés, que ce soit pour le boulevard Aristide Briand ou pour le Plan local d’urbanisme intercommunal.

    La santé comme priorité

    À proximité de la gare, le candidat souhaite requalifier la place Jourdan et y installer notamment une halle des marchés couverts. « L’appel à manifestation d’intérêt a été lancé par établissement public foncier », annonce-t-il. L’objectif : « Penser aux agriculteurs et producteurs locaux mais aussi aux habitants. Ce lieu aura une capacité d’attractivité important pour le centre-ville. Nous voulons aussi faire en sorte que le soir il puisse y avoir des activités, qu’on puisse y faire la fête. » Une mesure qui ne manquera pas de parler aux jeunes, tout comme le projet de multiplexe avec cinéma, e-sport et padel.

    La santé est aussi l’une des priorités de la liste de Frédéric Vigouroux, qui entend appuyer l’arrivée d’un centre d’imagerie médicale alors que le centre mutualiste, anciennement occupé par Oxance, sera bientôt rénové pour accueillir des médecins et notamment des dentistes. « Ça ouvrira en avril, annonce l’édile sortant. Nous avons aussi dialogué avec l’hôpital de salon pour mettre en place des consultations de spécialistes en gynécologie, en obstétrique, en chirurgie et en orthopédie à Miramas. »

    Avec ce projet et sa nouvelle équipe, rajeunie et renouvelée pour un tiers, Frédéric Vigouroux ne cache pas son ambition : « Être élu dès le premier tour, pour pouvoir se mettre au travail dès le 16 mars. »