Tag: Projet

  • [Fibre Excellence] Carole Delga : « Nous avons eu raison de nous battre »

    [Fibre Excellence] Carole Delga : « Nous avons eu raison de nous battre »

    « Une étape majeure vient d’être franchie. Avec les industriels engagés dans le projet, nous nous battons pour obtenir ces trois mois supplémentaires indispensables à la finalisation de la reprise. Aujourd’hui [lire mardi], devant le Tribunal de commerce, cette demande collective a reçu le soutien de l’ensemble des parties. Le sérieux et l’engagement des investisseurs ont été reconnus » a réagi mardi la présidente de la Région Occitanie, Carole Delga (PS), à l’issue de l’audience du tribunal de commerce de Toulouse. « Nous avons eu raison de nous battre et de ne jamais renoncer ! Depuis des mois, nous travaillons et prenons nos responsabilités pour donner un avenir au dernier producteur français de pâte à papier. Nous avons construit un projet industriel solide, pérenne et rentable » insiste l’élue. « Je pense aujourd’hui d’abord aux salariés et à leurs familles, qui vivent depuis des mois dans l’incertitude et se battent eux aussi pour leur usine. Ces trois mois vont désormais nous permettre de travailler sereinement avec les industriels pour finaliser et consolider le projet de reprise. », appuie Carole Delga.

    13 millions votés par les élus

    Pour assurer la continuité de l’activité de l’usine Fibre Excellence de Saint-Gaudens, La Région mobilisera 3,5 millions (sur une enveloppe globale de 13 millions d’euros), d’octobre jusqu’à début de décembre. Le financement régional sera versé mensuellement, en fonction de l’avancement du projet de reprise. L’État aura assuré la continuité en engageant 2 millions jusqu’au 30 septembre. Ces financements permettront d’assurer les charges courantes, de préserver l’outil industriel et de maintenir les emplois, tout en laissant aux industriels le temps nécessaire pour finaliser leur projet de reprise.

    Lundi, Les élus régionaux ont voté une enveloppe de 13 millions d’euros en faveur de la relance de Fibre Excellence. Sur cette enveloppe, 3,5 millions seront donc mobilisés pour financer la poursuite de l’activité pendant les trois prochains mois. « Le reste de l’engagement régional accompagnera le projet industriel de 90 millions construit ces derniers mois avec l’ARIS [Agence régionale des investissements stratégiques] et les partenaires industriels, destiné à relancer la production de pâte à papier et à développer de nouvelles activités sur le site ». En parallèle, « les échanges se poursuivent avec les deux investisseurs solides et sérieux, dont Soprema, qui travaillent activement à la finalisation du projet, de son business plan et de ses activités », précise la Région. Ils avaient eux-mêmes exprimé le besoin de disposer d’environ trois mois supplémentaires.

  • Une initiation au longe-côte pour des personnes en situation de handicap

    Une initiation au longe-côte pour des personnes en situation de handicap

    Les corps tartinés de crème solaire, les baskets aux pieds, la casquette vissée sur la tête, et tout le monde est fin prêt. Mardi matin, sous un soleil un peu trop vigoureux pour une fin d’été, 20 personnes en situation de handicap, pensionnaires des structures adaptées du département, ont découvert la randonnée longe-côte, un type de marche qui se réalise en mer, sous les conseils de Daniel Borgeot, président des Randonneurs Hyérois, qui dirige l’activité avec les éducatrices spécialisées.

    Des activités toute l’année

    Après un réveil musculaire sur le sable, l’échauffement se poursuit dans l’eau, avant le début de la randonnée. « Il faut être au bon niveau d’immersion, l’eau entre le nombril et les aisselles, le corps incliné. On pousse avec la jambe arrière, on garde les épaules droites, le bras tourne en demi-cercle pour pénétrer l’eau, un peu comme le crawl », détaille-t-il minutieusement.

    Un peu hésitants au début, les randonneurs en herbe se sentent vite comme des poissons dans l’eau. « Ils ont besoin d’activités sportives, ça régule les troubles du comportement, ça les apaise, c’est un besoin. Il n’y a pas de gagnant, on les félicite, ça génère sentiment de fierté », affirme Sandra Scaletta, éducatrice spécialisée au Foyer d’accueil médicalisé Maurice-Dujardin à Bandol. Une action portée par le Département du Var, en partenariat avec le Comité départemental de randonnée pédestre : « Ça fait suite au mois des possibles, en mars, organisé pour ce type de public. Ça a été un succès, donc le département a prolongé cela sur toute l’année. Il y a eu de la plongée, de l’escalade, il y aura de la course d’orientation, du tir à l’arc, et d’autres activités qui font qu’on n’est pas tributaire des saisons », appuie Claude Olivier, responsable randonnée au service sports de nature du Département.

  • Gaby Charroux : « On a besoin de regarder un autre chemin pour la Métropole »

    Gaby Charroux : « On a besoin de regarder un autre chemin pour la Métropole »

    Chaque week-end dans La Marseillaise, chaque samedi à 12h10 sur Maritima radio, ceux qui font l’actualité sont interrogés sur leurs choix, leurs décisions, leurs stratégies.

    La Métropole

    Didier Gesualdi : La Métropole rediscute de son budget ce jeudi. En aura-t-elle un avant la fin de l’année ?

    Je serai évidemment là le 10 septembre pour ces votes, quels qu’ils soient. On va voir, ça peut encore évoluer, mais l’ordre du jour est fixé. On a eu une évolution : « la Métropole des maires » je ne sais pas très bien ce que ça veut dire. Pour le moment, un peu comme l’avait proposé Éric Woerth dans son rapport, ça s’est matérialisé par la désignation d’un représentant du maire de Marseille à la première vice-présidence, que la maire d’Aix soit deuxième vice-présidente et que le maire de Martigues soit le troisième. C’est une façon de montrer que les maires sont impliqués. Maintenant se pose la question du budget. La compensation de la taxe professionnelle est versée à la Métropole qui nous la reverse. Si on venait à y toucher, que ce soit une volonté de la Métropole, une injonction de la préfecture, ce serait catastrophique pour la ville de Martigues et toutes celles qui ont accueilli les industries dans le passé. Accueillir l’industrie, cela voulait dire accueillir les travailleurs en créant des écoles, des logements, des gymnases, des équipements culturels, sociaux et sportifs. Il faut les faire fonctionner.

    Didier Gesualdi : Vous allez vous laisser faire ?

    Non, pas plus que depuis le premier jour, chacun connaît ma position concernant la Métropole. Mais j’ai fait des propositions. Il est de notoriété publique que je ne trouvais pas très responsable de ne pas présenter de budget, mais une majorité s’est dessinée pour aller dans ce sens. Moi, j’ai proposé de toucher à la fiscalité. Il ne doit pas y avoir de dogme en la matière. J’ai proposé de maintenir tout ce qui concernait les associations qui font vivre le lien social.

    Léo Purguette : « La Marseillaise » a révélé que la Métropole s’apprêtait à réévaluer des taxes prélevées sur les entreprises. C’est une bonne nouvelle ?

    Oui, bien sûr que oui. Cela peut faire évoluer un peu ce dogmatisme. Mais, à vrai dire, ce sont des exonérations qu’on va annuler. Ça fait 26 millions d’euros de recettes fiscales en plus. En réalité, on ne parlait pas vraiment de ça. On parlait du versement mobilité des entreprises et de la taxe foncière. Le versement mobilité dépend directement de la loi, donc on ne l’aura pas avant la présidentielle, ni les législatives. La taxe foncière dépend de la Métropole, on n’a pas choisi ce chemin-là, je le regrette. On pouvait le faire modérément et on réglait les problèmes.

    L’avenir de l’institution

    Léo Purguette : La Métropole peut-elle fonctionner dans ces conditions ?

    Il faut donner une chance à cette Métropole. J’entends dire « il faut faire péter, il y en a marre ». J’étais de ceux-là, mais depuis, la loi a été votée. Elle existe. Il manquait 75 millions d’euros pour le budget 2026. On est à trois mois de la fin de l’année. Le lendemain matin du 10 septembre, il faudra commencer à travailler le budget 2027 qui ne va pas être facile non plus. Au-delà de cette année, j’ai des propositions qui, je l’espère, seront entendues. Je pense qu’il faut regarder le périmètre géographique, le périmètre des compétences aussi. Les grandes compétences stratégiques peuvent être à la Métropole, ok. Aménagement du territoire, développement économique, industrie… D’accord pour tout ça. Les compétences opérationnelles en revanche, franchement quand ça tournait bien, il faut les rendre à la proximité.

    Léo Purguette : Avez-vous senti un changement de fonctionnement au quotidien de l’institution depuis que son président l’a décrétée « Métropole des maires » ?

    J’ai une expérience qui date de quelques jours. Il y a l’éternel problème de la collecte des ordures ménagères. J’ai rencontré le vice-président Perottino et le directeur. Ils ont marqué la volonté d’apporter des solutions adaptées ici ou là, en fonction des possibilités. Ça m’intéresse cette façon de faire. Le sujet du traitement des déchets demeure. L’État n’est plus favorable à ce qu’on appelait des « décharges ». Ça veut dire qu’il ne restera que l’incinération et qu’il faudra développer ça.

    Nicolas Isnard et Benoît Payan

    Didier Gesualdi : Qu’auriez-vous à dire au président de la Métropole et au maire de Marseille ?

    Je les ai souvent au téléphone… Je crois qu’on a besoin de regarder un autre chemin pour la Métropole. J’avais proposé, en son temps, dans un ouvrage, d’emprunter d’autres voies. Il faut se mettre ensemble pour voir ce qui peut aller et ce qui franchement ne va pas. La question des ressources, en particulier, celles qui viennent de l’État à travers la fiscalité, doit être débloquée. Je ne suis pas très optimiste. J’ai entendu M. le Premier ministre sur le budget 2027. Il ne va pas durer longtemps dans ses fonctions, son budget non plus. Mais en disant « on ne touche pas à la fiscalité », je crois qu’on fait fausse-route.

    Didier Gesualdi : Est-ce que c’est bloquant pour l’avenir de Martigues ?

    Quand on parle de l’avenir de Martigues, on parle de celui de ses habitants et des perspectives que l’on peut avoir en matière d’épanouissement individuel d’une part et de propositions collectives dans tous les domaines. Je pense à l’accès à la formation, à l’éducation, à la culture, au sport, au logement… Oui Martigues a de l’avenir, nous le préparons notamment au prix d’efforts colossaux pour s’adapter au changement climatique dans nos écoles par exemple.

    La rentrée

    Léo Purguette : Avez-vous tenu compte des fortes chaleurs constatées cette année pour aménager les écoles ?

    Mai, juin et septembre sont désormais des mois de fortes chaleurs. Il y a la nécessité d’adapter chaque classe de nos écoles à ces conditions. On a fait un travail remarquable, en sept semaines, qui avait été préparé avant bien évidement, dans les classes, sur les sols dans les cours de récréation, pour l’ombre. On a formidablement travaillé. Merci aux services publics municipaux. On a mis dans chacune des 205 classes de Martigues deux brasseurs d’air, des brise-lumières. Dans les écoles maternelles, une clim’ pour les dortoirs. Des cours replantées d’arbres…Nous travaillons aussi beaucoup sur un axe tout aussi urgent et volontariste, c’est l’accessibilité des établissements, que ce soit pour les enfants ou les adultes. On a désormais deux écoles avec un ascenseur dans chacune d’elle.

    L’hôpital

    Léo Purguette : Que peut le maire de Martigues vis-à-vis de l’hôpital où les agents se sont mobilisés récemment ?

    Nous avons déjà fait beaucoup. Avec d’autres, nous avons fait des efforts considérables pour que dans le cadre de la nouvelle industrialisation et de la décarbonation, nous soyons retenus sur deux points : la rénovation de l’hôpital et le contournement de Martigues-Port-de-Bouc. Le plan de rénovation de l’hôpital est insuffisant à 65 millions d’euros, mais c’est bien, on va faire. C’est déjà un grand pas.S’agissant de l’hôpital, qu’est-ce que je peux faire ? La position de maire-président du conseil de surveillance est utile car c’est un endroit où on peut parler avec l’ARS, la direction de l’hôpital etc. Clairement cet hôpital manque de moyens financiers, immobiliers, technologiques et en personnel. Sur l’immobilier on s’est mobilisé pour obtenir la rénovation, sur la technologie on s’est doté d’un robot utile pour soigner en urologie, gynécologie et dans d’autres domaines. Le personnel est en grande souffrance. On ne peut pas tripatouiller pour leur piquer 20 minutes de pause repas quand ils ont travaillé six heures. On a besoin d’entendre les personnels. Il paraît que c’est une priorité nationale !

    L’actualité politique

    Didier Gesualdi : Vous avez pris position pour la liste d’union conduite par votre camarade Jérémy Bacchi aux sénatoriales. Quel est l’enjeu de ce scrutin ? C’est l’occasion de faire entendre la voix des territoires ?

    Le Sénat, c’est l’assemblée qui représente le mieux les maires. On a besoin d’y envoyer une force. Si on peut y envoyer trois ou quatre sénateurs dans cette assemblée qui a aujourd’hui une majorité un peu différente de celle que j’espère, on y prendra notre part. Je crois qu’on peut réussir, sur les huit sénateurs que comptent les Bouches-du-Rhône, à avoir ces trois ou quatre élus. J’y crois. Je compte sur mes collègues maires qui peuvent faire confiance à ces sénateurs sortants de gauche qui ont bien travaillé, mais aussi à des gens qui parlent comme moi pour qu’on aille soutenir le 27 septembre cette liste.

    Didier Gesualdi : Il y a un risque à l’élection présidentielle et probablement aux élections législatives qui suivront, de voir le RN s’imposer en France. Vous avez dû batailler contre le RN pour être réélu maire. Quel est le message que vous avez envie de faire passer ?

    Je ne peux pas me satisfaire d’entendre ce discours matraqué en boucle sur les chaînes de télévision. Les futurs candidats d’extrême droite reconstruisent l’histoire pour la rendre conforme à leur vision de haine, d’exclusion, repliée sur elle-même. L’autre jour, une des leurs racontait que l’on ne devait pas notre système de retraites par répartition au Conseil national de la Résistance mais à Vichy, sans que personne ne bronche sur le plateau ! Je ne peux pas l’accepter. On a besoin d’autre chose dans ce pays. On est dans une phase où il y a de nombreux candidats. Ça va se décanter.

    La présidentielle

    Léo Purguette : Les communistes sont consultés jusqu’à ce dimanche sur la candidature de Fabien Roussel à l’élection présidentielle. Quel sera votre vote ?

    Je suis d’accord pour que notre candidat Fabien Roussel soit présent jusqu’au bout. On a besoin de faire entendre ces voix, de dire quelles sont les valeurs que nous portons. C’est-à-dire tout ce dont on vient de parler. Moi, je défends l’hôpital, les services publics, l’éducation. Rendez-vous compte de l’état de l’éducation ? Nous n’en avons pas assez parlé. Les enseignants souffrent notamment de rémunérations qui sont franchement indignes.

    La question des lecteurs

    Chaque semaine posez vos questions à nos invités sur lamarseillaise.fr l’une d’entre elles sera tirée au sort comme celle de
    Asmae :

    Bonjour M. le Maire. J’ai vu que vous avez fait la rentrée à Notre-Dame des Marins. Est-ce que c’est pour un vous un symbole ?

    Oui, c’est un symbole. C’est un quartier en politique de la ville qui souffre de la non-réhabilitation depuis des dizaines d’années des logements de 13 Habitat. Il y a eu un petit sursaut lorsque Madame la ministre Méadel est venue visiter à l’été 2025. À chaque cage d’escalier, elle s’étranglait devant l’état des lieux. Elle est revenue, constatant que les améliorations étaient très insuffisantes, elle avait supprimé des moyens financiers à 13 Habitat. Rien n’a changé pour autant. Quant à 13 Habitat, on a une succession de présidents. Maintenant, c’est Martial Alvarez, le maire de Port-Saint-Louis-du-Rhône. On va parler avec lui. Il y a longtemps que l’investissement pour construire Notre-Dame des Marins a été amorti. Un projet de réhabilitation de plusieurs dizaines de millions d’euros existe, mais 13 Habitat n’a pas bouclé le financement et prévoit donc des augmentations de loyers de 8% à partir de 2032, après la fin des travaux. Ça ne peut pas le faire ça ! Pas du tout ! Je ne suis pas d’accord pour entendre ce genre de choses. Les habitants payent leur loyer, ils font beaucoup d’efforts pour cela. C’est bénéfice net pour le bailleur. Ce n’est pas acceptable. J’ai fait des propositions pour aérer le quartier en relogeant tout le monde, bien sûr, car les bâtiments avaient été construits les uns sur les autres. Si j’ai fait la rentrée scolaire là-bas, c’est parce que l’école comme le centre social sont au cœur du quartier. Nous, à Martigues, on est aux côtés des habitants, les services publics n’abandonnent pas ce quartier d’habitat social.

  • [Entretien] François Batista, CGT : « Il y a toujours un espoir pour trouver un repreneur »

    [Entretien] François Batista, CGT : « Il y a toujours un espoir pour trouver un repreneur »

    La Marseillaise : Quelle analyse faites-vous de la situation de l’usine de Fibre Excellence Tarascon ?

    François Batista : Il faut, avant tout, avoir en tête que Fibre Excellence est un dossier qui a un impact départemental. Sa situation a une multitude d’effets sur plusieurs écosystèmes, avec des intérêts multiples pour plusieurs acteurs, comme le port de Marseille-Fos ou encore les centaines de forestiers qui fournissent l’usine en bois. Problème : nous avons eu une rencontre avec la Région, il y a deux semaines, non pas pour sauver l’outil industriel ou les emplois, mais trouver une porte de sortie pour le site… La Région Sud est la collectivité qui s’est le moins investie et qui a mis le moins de liquidités lorsqu’il y avait des projets de reprise pour éviter la liquidation du site. Elle est clairement moins impliquée que la Région Occitanie, qui a mis sur la table 13 millions d’euros, contre 2 millions et des brouettes pour la Région Sud. D’un autre côté, la CGT de Fibre Excellence a des propositions et des projets pour sauver le site et trouver un repreneur. L’usine a des avantages, elle produit de la pâte à papier dite « kraft », qui a une grosse demande notamment pour le carton et ses variantes. Il y a donc des possibilités réelles de débouchés et donc une reprise de l’activité. Les salariés ont un projet qui table sur un équilibre financier dans les 2-3 ans à venir, avec l’investissement nécessaire. En clair, même si le site est liquidé judiciairement, il y a toujours un espoir de trouver un repreneur et de sauver les emplois. Mais il y a urgence.

    Vous évoquez une urgence, pourquoi ?

    F.B : Le mandataire-liquidateur, qui a pris la main sur le site suite à la liquidation judiciaire, a la responsabilité de s’assurer de la sécurité du site, des personnes et de l’environnement. Le problème, c’est qu’il veut mettre en place des procédures d’arrêt du site qui rendraient très difficile tout redémarrage du site, notamment car une partie des installations s’abîmeraient. Il y a une vraie problématique de sécurité sur un site classé Seveso, avec des produits chimiques qui ne sont pas anodins et donc un risque industriel. L’enjeu est de respecter les normes environnementales pour maintenir l’outil industriel, le plus longtemps possible, en état de service. On estime à plusieurs mois le temps de vider et évacuer l’ensemble des produits du site. Il y a donc le temps de trouver un repreneur, si l’arrêt est fait en bonne et due forme. Garantir la sécurité du site, c’est procéder à un arrêt qui empêche tout impact environnemental et protège les installations. Ce mardi, il y a plusieurs incidents sur des vidanges. Il y a d’ailleurs eu plusieurs arrêtés préfectoraux pris pour encadrer l’action du liquidateur. C’est la preuve que le risque industriel qu’on évoque est réel.

    En quoi la fermeture définitive du site serait un non-sens industriel ?

    F.B : C’est très simple : redémarrer l’outil serait de l’ordre de quelques millions d’euros. Pour le démanteler, le dépolluer, on est sur plusieurs dizaines, voire des centaines de millions d’euros. Au-delà de ça, c’est une question de souveraineté industrielle, de garder une expertise et un savoir-faire.

  • [Occitanie] Carole Delga veut une nationalisation temporaire pour Saint-Gaudens

    [Occitanie] Carole Delga veut une nationalisation temporaire pour Saint-Gaudens

    La présidente de la Région Occitanie, Carole Delga (PS), ne lâche pas le morceau pour sauver l’usine sœur de Fibre Excellence Tarascon, située à Saint-Gaudens, en Haute-Garonne. Lors d’une conférence de presse, ce mercredi, l’élue a notamment appelé l’État à procéder à une « nationalisation temporaire » pour l’aider dans sa quête d’un repreneur pour le site occitan. Le tout, alors que le tribunal de commerce de Toulouse doit se prononcer, le 8 septembre prochain, sur son avenir.

    Concrètement, Carole Delga réclame « une prise de participation de l’État pour laisser le temps à un partenariat industriel de se former ». Avant de développer : « Je demande une participation de l’État à hauteur de 15 millions d’euros en capital et en trésorerie, sachant que la Région Occitanie a prévu 13 millions d’euros ». Si elle explique que l’Aris (Agence régionale des investissements stratégiques), a déposé une offre de reprise de 90 millions d’euros, il faut encore la consolider avec l’apport d’un « investisseur étranger » qui reste à trouver.

    Avec la nationalisation temporaire, Carole Delga espère donc gagner du temps. Concernant le site de Tarascon, elle ne baisse pas les bras non plus : « Nous avons demandé à ce qu’il n’y ait pas de démantèlement de l’outil industriel de Tarascon pour qu’il puisse y avoir de nouveau un projet ».

  • Fos-sur-Mer retrouve le deuxième échelon national

    Fos-sur-Mer retrouve le deuxième échelon national

    Hyères-Toulon et Antibes ne sont plus les seuls représentants de la région Paca en élite 2 (anciennement Pro B). Fos-sur-Mer, qui a longtemps évolué à ce niveau, a officiellement retrouvé la deuxième division hexagonale lundi, après que le bureau directeur de la Ligue Nationale a accepté à l’unanimité la décision de la Fédération de repêcher le club provençal, à la suite de l’exclusion de l’AS Monaco du monde professionnel. « C’est une bonne nouvelle, ça accélère notre projet de retrouver le plus haut niveau, mais beaucoup de travail nous attend pour ne pas faire l’ascenseur », prévient Rémi Giuitta, président des BYers. Le refus de Challans de se maintenir administrativement a joué en leur faveur.

    Un effectif à compléter

    Il compte « présenter une équipe compétitive » afin de « performer durablement » dans un championnat qu’il connaît parfaitement. « C’est un challenge d’intégrer une division aussi tardivement. On doit d’abord améliorer notre budget et accompagner Abgué [Barakaou, l’entraîneur] afin de renforcer et bonifier l’équipe. »

    Le président Giuitta avait volontairement mis en stand-by les dernières recrues envisagées, au cas où ce scénario se produirait. « Je savais depuis le mois de juin que cette montée pouvait survenir. Les joueurs recrutés l’ont été pour aider l’équipe quoi qu’il arrive. »

    Avec cette accession en élite 2, Fos Provence Basket peut désormais accueillir deux joueurs étrangers supplémentaires. Un avantage « toujours bénéfique » et « parfois moins coûteux » pour attirer des tops joueurs.

    Les BYers ont jusqu’au 25 septembre, date de la reprise du championnat avec la réception de Hyères-Toulon, pour dénicher leurs deux pépites.

  • À Saint-Menet, les minots des Mecs font le cirque

    À Saint-Menet, les minots des Mecs font le cirque

    « Je suis l’étoile de la Reynarde ! » s’écrie Kylian en s’élançant sur le trapèze, bras écartés et tête en bas. Un des cinq ateliers déployés par la Fondation culture et diversité, le Centre international des arts en mouvement (Ciam) et l’Association médicosociale de Provence (AMSP) dans le parc du château de la Mecs à Saint Menet, dans le 11e arrondissement.

    « C’est un projet artistique et sportif qui s’étend sur deux ans, avec une succession d’ateliers de médiation culturelle, de stages de cirque, pour tous les enfants qui y participent, de 5 à 18 ans », explique Valentine Bellone, responsable pédagogique du Ciam, « on va même les emmener au spectacle pour les festivals Jours et Nuits de cirques et Nuits du Magic… ». La Fondation culture et diversité, qui œuvre depuis vingt ans en faveur de l’égalité des chances par l’accès aux arts et à la culture, lançait ces 27 et 28 août dans les Bouches-du-Rhône son programme Arts, cultures et publics en Mecs. « On avait connaissance de cette expérience menée dans le Nord, on s’est dit qu’on allait la reproduire ici, en plus grand », s’enthousiasme Valentine Bellone au milieu des dizaines d’enfants qui se familiarisent au jonglage, à la voltige ou à l’équilibrisme encadré par les animateurs circassiens et éducateurs sociaux.

    « J’ai pris la confiance »

    Sur le câble de fer tendu à trente centimètres du sol, Liam, 9 ans, « bientôt en CM2 », tente d’avancer sans perdre l’équilibre. « J’ai pas peur de glisser et de tomber, ça m’arrive tout le temps », lâche-t-il, fier du mètre parcouru. « Les arts du cirque sont un vecteur extraordinaire pour le développement, atteste Valentine, pour la motricité, la gestion des émotions, l’esprit de coopération, le respect des règles ». Ou la prise de risque maîtrisée. Comme pour Samra, 13 ans, perchée sur le grand trapèze à quelque mètre du sol, en fait l’expérience. Rapidement à l’aise, elle s’élève dans l’air et exécute une figure élégante. « Je fais de la danse », avoue-t-elle. Elle appréhendait cependant cette première expérience de voltige « à cause de la hauteur ». L’adolescente en ressort grisée par la sensation de liberté : « après, j’ai pris la confiance et quand on se lâche, avec l’élan c’est trop bien ».

    Plus loin, Louis, intervenant du Ciam, donne des conseils pour manier le diabolo à Younès, 17 ans, qui préfère rester au sol : « je n’aime pas trop la hauteur ». Evan quant à lui, n’en revient pas de son exploit : « j’ai marché sur le fil ! Pourtant j’ai peur quand c’est dangereux, mais ils m’ont motivé ». Dans un groupe de petits, il faudra à Louis plutôt remettre en face de la réalité les prétentions de deux minots qui pensent savoir « déjà jongler avec trois balles », au regard de la maîtrise qu’ils ont d’une seule. La concentration sera de mise. Découverte, sensibilisation, exaltation, mais aussi un temps calme avec l’atelier du musée numérique créé par La Villette installé dans une des salles du château. Des tables d’écolier, une projection sur écran et des tablettes devant eux, les enfants sont invités à entrer dans l’univers des collections des musées nationaux en « likant » des images.

    Mickael Roman, directeur des deux mecs de l’Amsp fait le tour des ateliers un sourire aux lèvres. Il ne cache pas son bonheur d’assister à ces parenthèses magiques dans les parcours marqués par les ruptures et fragilités multiples des petits et des ados qu’il accueille sur les sites de Saint-Menet et de l’Arbois : « Sans l’aide de la Fondation, on n’a pas les moyens de financer ce type de projets, pourtant essentiel ». Qui pourrait même créer des vocations.

  • Marseille Provence Athlétisme, le petit nouveau

    Marseille Provence Athlétisme, le petit nouveau

    Vous connaissez sans doute la Sco Sainte-Marguerite, l’ASPTT ou même l’Olympique de Marseille, mais un petit nouveau vient d’apparaître dans le paysage de l’athlétisme marseillais. Marseille Provence Athlétisme vit actuellement ses premières semaines. Une naissance notamment orchestrée par Chloé Maurin, présidente et ancienne spécialiste de saut en longueur (record à 6m33), et Kentin Malcuit, trésorier et adepte du demi-fond.

    Les deux amis racontent la genèse de ce projet. « Il y a beaucoup de clubs d’athlétisme à Marseille, mais aucun qui correspondait à notre vision. C’est-à-dire un accompagnement des athlètes et également essayer d’ouvrir le plus possible le monde de l’athlé aux personnes qui n’ont pas la possibilité de s’entraîner et de découvrir notre sport. Par exemple, s’implanter dans les quartiers nord », explique Chloé Maurin.

    Se solidifier et grandir

    Pour grandir, la quête des licenciés est lancée pour le MPA. Pour cela, « une grosse pub sur les réseaux sociaux » a été faite et les réponses sont positives. Le staff se construit, avec trois dirigeants et des coaches pour chaque grande discipline (sprint, demi-fond, lancer, saut, trail). À propos des entraînements, l’envie est de « pouvoir mailler le territoire marseillais », raconte les deux dirigeants. Se focaliser sur les stades Delort et Luminy, mais aussi à Roger-Couderc (15e).

    Pour cette première saison, l’idée est de s’appuyer sur « une base de licenciés corrects, qu’on arrive à fidéliser », mais aussi de monter des projets, comme une course. Ce jeune club souhaite mettre « les athlètes au centre des décisions et créer des pôles », pour que personne ne s’accapare les décisions. Le MPA affiche une identité locale forte, jusque sur le logo, moderne, désigné par l’un de leurs athlètes.

  • [Entretien] « La culture à Toulon on va la faire tous ensemble »

    [Entretien] « La culture à Toulon on va la faire tous ensemble »

    Dans sa mission d’amener la culture au plus près des habitants dans tous les quartiers de la ville, l’élue Stéphanie Slimani, dramaturge, metteuse en scène, marionnettiste, auteure et professeure de théâtre, peut s’appuyer sur son expérience et son goût pour la solidarité et le partage.

    La Marseillaise : Quelle est l’ambition de la municipalité à travers ce projet ?

    Stéphanie Slimani : La revitalisation des quartiers, par la culture notamment, et le soutien aux artistes du territoire. Ce projet-là va permettre quasiment de lier ces deux ambitions.

    L’idée c’est de faire venir des artistes dans les quartiers et de faire de la culture pas seulement pour les habitants, mais surtout avec eux. De leur permettre de redécouvrir parfois des histoires de gens qui vivent là et dont ils ne connaissaient pas le parcours de vie, l’architecture de leur quartier, de revisiter des espaces, la mémoire des lieux… Tout cela en faisant participer aussi le milieu associatif, les écoles, les médiathèques et les commerçants, afin que tout le monde se sente concerné. C’est une manière de faire de la culture avec les gens qu’on souhaite développer à travers ma délégation qui est nouvelle.

    L’objectif est de renforcer
    la cohésion sociale
     ?

    St.S. : Évidemment, de toute façon la culture fait société. C’est donc pour faire société, pour se rencontrer, pour partager. Certains n’aiment pas dire socioculturel, mais pour moi ces deux termes sont intriqués : la culture c’est social ! Donc bien sûr que l’ambition c’est de créer du lien, du plaisir et de la joie dans le quartier. De faire que les habitants soient fiers aussi de raconter ce qui s’y fait. De pouvoir dire : « Moi, j’ai fait du théâtre, j’ai pu participer à un spectacle de danse, on a fait de la peinture… » Ça permet aussi de faire changer le regard extérieur porté sur le quartier, en mettant juste en valeur ce qui existe déjà. Parce que je le répète, dans les quartiers il y a déjà de la culture, il y a déjà des gens formidables. Mais on peut aussi s’y sentir parfois délaissé, c’est légitime.

    C’est une manière aussi
    de rétablir un peu d’égalité des chances dans
    les quartiers populaires…

    St.S. : Absolument, tous ces mots ont énormément de sens pour moi. Parce que malgré tous les efforts développés pour rendre la culture accessible à tous, il reste encore une barrière qui fait que selon d’où on vient on s’interdit d’y aller, on se dit que ce n’est pas pour soi, qu’on ne va pas comprendre, que peut-être même c’est un peu trop bizarre parfois. C’est pour ça qu’il faut absolument créer des passerelles plutôt que des forteresses. Moi j’aime le mot populaire, je trouve ça noble, la culture populaire, le théâtre populaire, le spectacle populaire. Ça veut dire que cela nous concerne tous, que personne doit s’en sentir exclu. Je défends et revendique donc de faire une culture populaire. Ce n’est pas quelque chose de moins bien, ou de plus facile, simplement je crée des liens pour que chacun se rende compte qu’elle lui appartient aussi.

    J’ai beaucoup travaillé dans les quartiers et en milieu rural sur des projets participatifs, donc je sais que c’est vertueux, je sais que ça fonctionne. Mais il faut avoir en même temps beaucoup d’humilité, et ne pas partir avec l’idée qu’on va tout révolutionner, qu’on va tout changer, et ce n’est pas le but. Il faut venir rencontrer tranquillement ses habitants, les écouter, et puis après commencer à développer des projets participatifs avec eux. Il faut aller doucement. C’est pour ça que le projet du Pont du Las, s’étale sur deux années, qui se renouvelleront après. Il faut du temps.

    Quelle va être la chronologie ?

    St.S. : On lance un appel à projets au mois d’octobre ouvert à tous les artistes professionnels, et le jury se décidera au début d’année 2027. L’ouverture, elle, est prévue au printemps. Le collectif d’artistes viendra s’installer dans un local, avec un budget et un cahier des charges très précis de projets participatifs, d’ateliers et pratiques artistiques gratuits.

    Et avant cela, en fin d’année 2026, on va mettre en place cinq projets, avec notamment de la danse au Pont du Las, où une chorégraphe va travailler dans l’espace public avec une association de femmes, et à Pontcarral, c’est autour de la récolte de la mémoire et du son qu’une compagnie de théâtre va mettre la population à contribution.

    Des actions qui donnent
    de l’espoir, en tout cas…

    St.S. : Toulon est une ville qui a souffert à travers plusieurs époques, qui a su s’épanouir. Où il y a une forme de résilience. Les gens savent vivre ensemble. On a beau essayer de nous désunir, de nous diviser, ça ne marche pas. Et les Toulonnais l’ont montré aussi au mois de mars. Le centre-ville a été réhabilité, c’est magnifique. On a envie d’y aller. Et quand on reçoit des gens, on a envie de le leur faire visiter. Eh bien, on va faire la même chose dans les quartiers.

    On a entendu les habitants des quartiers, on sait qu’il y a du travail, on va le faire. Et la culture à Toulon on va la faire tous ensemble.

  • [Entretien] Gilles Béna, directeur de recherche à l’IRD : « Il n’y a aucune réflexion et ça se fait au pas de charge »

    [Entretien] Gilles Béna, directeur de recherche à l’IRD : « Il n’y a aucune réflexion et ça se fait au pas de charge »

    La Marseillaise : Vous travaillez sur quoi actuellement ?

    Gilles Béna : Mon unité travaille sur la santé des plantes et notamment sur la lutte contre les pathogènes qui attaquent le riz, en Colombie, en Afrique ou en Asie du Sud-Est. Je travaille avec le Cambodge où nous avons monté en co-construction, un laboratoire mixte international. Notre problématique, c’est la culture du riz et la question de l’agroécologie : comment diminuer les traitements aux pesticides, aux insecticides par des approches alternatives.

    Concrètement ce travail au Cambodge se traduit comment ?

    G.B. : Fin août, je pars pour trois ans en affectation à Phnom Penh pour développer des programmes avec les chercheurs et enseignants-chercheurs locaux. Avoir une question de recherche et la développer avec nos partenaires du Sud sur des problématiques de leur pays, c’est le cœur de métier de l’IRD. Ces outils de projection, ces expatriations, ces missions longue durée font son originalité et permettent aussi d’encadrer et former des étudiants.

    Quel est l’intérêt d’être sur place ?

    G.B. : La continuité. Il y a cette image de « chercheurs hélicoptères », notamment pour les chercheurs américains qui restent quinze jours, prennent les données qui les intéressent et repartent. Ils vont associer les chercheurs du sud dans leurs publications mais en termes de formation, il n’y a rien. Nos projets sont plus ambitieux.

    On parle de la soft diplomatie de l’IRD. ça participe de cela ?

    G.B. : Complètement. On a des exemples de gens que l’IRD a accompagnés dans leur parcours scientifique de formation et sont rentrés dans des ministères de la recherche ou de l’enseignement supérieur des pays du sud. On voit qu’un lien intime et personnel, s’est créé avec l’IRD et la France. Tous les pays riches font de l’aide au développement mais souvent, ce n’est que du financement. L’IRD et la France ont une relation beaucoup plus proche via ces relations personnelles qui se nouent.

    Ce projet de fusion de l’IRD avec le CNRS, remet en cause votre mission ?

    G.B. : J’ai une lettre d’affectation au 1er septembre. L’interrogation, c’est si au 1er janvier, l’IRD a été dispersé au sein du CNRS : est-ce que le CNRS, qui est dans une vraie difficulté financière, va continuer à financer ces projections ? Si ce n’est pas le cas, des dizaines d’années de partenariats vont s’écrouler du jour au lendemain. Ce n’est pas la même ampleur mais on voit ce qui s’est passé avec les États-Unis de Trump qui ont, du jour au lendemain, arrêté leurs soutiens financiers. Ça a été catastrophique.

    Vous avez en tête d’autres cas de travaux de recherche ?

    G.B. : L’IRD a des partenariats dans à peu près tous les domaines de recherche, de la maladie du sommeil, la trypanosomiase africaine qui est en phase d’éradication en République de Gambie et est un exemple de réussite, à la gestion des stocks de poissons au Chili autour de la problématique de El Nino, dont le suivi a permis de donner des préconisations sur leur gestion. On peut décliner à la pelle les exemples de travaux issus de collaborations à long terme qui aboutissent à des choses vraiment concrètes.

    Et pour le quotidien des Français ?

    G.B. : J’ai vu mardi qu’un premier cas de virus West Nile dans les Pyrénées-Orientales a été observé. Ce virus de la vallée du Nil en Égypte est transmis par des moustiques. On voit bien qu’avec le réchauffement climatique, ces maladies qui sont travaillées par des unités de recherche de l’IRD depuis des années dans des pays du Sud, arrivent chez nous… C’est ce qui est un peu troublant dans cette volonté de faire disparaître l’IRD sur une base dogmatique, arguant que l’état doit être efficace, qu’il y a deux opérateurs, CNRS et IRD, et qu’il n’en faudrait plus qu’un. Mais il n’y a aucune réflexion et ça se fait au pas de charge. Officiellement, on n’est pas censé savoir que cette fusion arrive mais on l’annonce officieusement pour le 1er janvier. Tous les services administratifs disent « c’est impossible », sauf à aller au chaos.