Tag: Projet

  • Châteauvallon va tourner une page pour sa saison 2026-2027

    Châteauvallon va tourner une page pour sa saison 2026-2027

    Un parfum inhabituel flottait sur Châteauvallon lundi soir, lors de l’annonce du programme de la saison culturelle 2026-2027. Celui de la fin d’un règne qui lui a permis d’obtenir le titre de scène nationale en 2015 et de devenir la deuxième plus importante du pays. Cela, quatre ans après la création du théâtre Liberté, dans le centre de Toulon, un pourvoyeur de culture dont la 12e ville de France avait cruellement besoin.

    Dans le décor gréco-gallo-romain de l’emblématique amphithéâtre extérieur, Charles Berling, directeur de la scène nationale Châteauvallon-Liberté, a ainsi procédé à sa dernière ouverture de saison culturelle, devant une foule digne de ses plus belles soirées, venue saluer celui qui rendra les clés de ce haut lieu de la culture française en août, après 16 années de bons et loyaux services.

    « C’est une décision mûrement réfléchie, difficile, mais profondément sereine », assure le principal intéressé, dont on ne connaît pas encore le successeur, mais qui reviendra sur ses terres le 7 octobre, pour jouer et mettre en scène Lost and Found, une pièce du dramaturge suédois Lars Norén. « Difficile car ces 16 années ont constitué une des aventures les plus passionnantes de ma vie. Sereine car l’institution doit se renouveler et se transmettre aux générations qui viennent. » Cet infatigable perfectionniste s’en va avec le sentiment du devoir accompli : « En fondant le Liberté en 2010, avec mon frère Philippe, nous avions une ambition simple : faire une maison en centre-ville, populaire, artistiquement exigeante, mais ouverte à tous. Aujourd’hui, en regardant derrière, je vois des milliers de spectateurs, des centaines d’artistes. Je vois des salles pleines de vie, des moments de partage. Je vois surtout une aventure collective. Rien n’aurait été possible sans les équipes qui m’ont accompagné. »

    « La culture est une nécessité démocratique »

    Mais plus que les concrétisations matérielles, Charles Berling retiendra l’engagement, dans la droite lignée de l’esprit historique des lieux : « Ce dont je suis le plus fier, c’est ce que nous avons défendu. Dans une époque souvent traversée par les peurs, les replis, nous avons essayé de faire vivre ici les valeurs qui font notre République. Nous avons défendu la diversité des points de vue, nous avons défendu et voulu le dialogue, la création, l’idée que la culture n’est pas un luxe, mais une nécessité démocratique. Je crois profondément que cette mission demeure plus essentielle que jamais. »

    Un postulat que Châteauvallon-Liberté continuera d’affirmer cette saison. Tout d’abord grâce à la reconduction du programme « Quartiers en Liberté », lancé il y a trois ans en partenariat avec la Ville de Toulon pour « apporter la culture dans la métropole et montrer que ce n’est pas un truc élitiste et barbant », appuie Charles Berling. Après Sainte-Musse et le Pont du Las, c’est la Beaucaire qui bénéficiera d’un projet participatif porté par la compagnie Gratte Ciel, intitulé « Tawa en Liberté ». Deux ateliers auront lieu les 29 septembre et 2 octobre, pour une restitution le 4.

    Ensuite, par la poursuite de son soutien à l’Opéra de Toulon, en travaux jusqu’à fin 2027. Une manière, par la même occasion, de décloisonner cet art, avec l’accueil de plusieurs représentations, dont Madame Butterfly de Puccini, les 26, 28 et 30 juin, en inauguration du Festival d’Été, et Don Giovanni de Mozart en juin 2027.

    Enfin, à travers ses « thémas » et festivals comme toujours éclectiques, mais surtout engagées et pédagogiques. La théma « Le Pouvoir ? », d’octobre à décembre, interrogera sur cette notion et son exercice. Avec au programme, entre autres, la saga Huit Rois, de Léo Cohen Paperman, qui met en scène avec humour et différentes formes théâtrales les présidents de la Ve République. La pièce Magistral.e.s d’Alexandra Cismondi offrira quant à elle une grande fresque judiciaire participative invitant à imaginer la dialectique homme-femme de demain, à travers un procès fictif dont les spectateurs seront les jurés. Citons également le festival In&Out, du 24 novembre au 4 décembre, qui incarnera, comme chaque année, un espace de réflexion des luttes féministes, antiracistes et LGBTQIA+.

    Programmation complète sur chateauvallon-liberté.fr

  • [Entretien] « L’avancée du nouvel hôpital d’Aubagne dépend du préfet »

    [Entretien] « L’avancée du nouvel hôpital d’Aubagne dépend du préfet »

    La Marseillaise : Vous attendiez-vous à cette nomination en tant que délégué spécial ?

    Mohammed Salem : Oui, complètement. Je discute avec le maire actuel depuis deux ans et nous avons de bonnes relations, malgré le fait que je me sois présenté aux élections municipales [d’Aubgane, Ndlr.]. On est en phase sur ce projet qui est plus que nécessaire pour Aubagne et pour le territoire dans sa globalité. Je discute avec tous les maires du territoire, au-delà des étiquettes partisanes. Aujourd’hui, c’est une nécessité d’avoir un hôpital qui répond aux normes modernes et qui s’inscrit dans l’évolution de la médecine publique.

    Concrètement, quel est votre rôle ?

    M.S. : Ce projet a 7 ans et nous n’avons toujours pas réussi à en sortir quelque chose de complet et cohérent. Il s’agit d’un dossier avec beaucoup de protagonistes : l’ARS [Agence régionale de santé, Ndlr.] Paca, l’État, l’hôpital qui porte le projet, mais aussi la Ville d’Aubagne, la Métropole, pour l’aménagement et la mobilité, puis la Région et le Département. Tout cela nécessite beaucoup de travail de coordination. Aujourd’hui, une version du projet, retravaillée par les équipes de l’hôpital après avoir été retoquée par l’ARS, a été approuvée par le cabinet du Premier ministre, même si plusieurs recommandations ont été faites.

    Quelle est la prochaine étape ?

    M.S. : La question du foncier pose aujourd’hui quelques problèmes. Le terrain où est envisagée la construction, celui des Gargues, n’appartient pas à Aubagne, mais à des propriétaires privés. Nous avons donc fait une demande de DUP [Déclaration d’utilité publique, procédure administrative permettant de réaliser une opération d’aménagement sur des terrains privés en les expropriant, précisément pour cause d’utilité publique, Ndlr.]. Elle a été validée par le commissaire-enquêteur et attend aujourd’hui la signature du préfet. Une fois cette signature obtenue, tout le reste devrait découler. C’est une priorité. Même si, bien sûr, nous comptons aussi sur le bon sens des propriétaires et ne souhaitons pas forcément passer par une procédure d’expropriation.

    Ensuite, un comité de pilotage avec toutes les parties prenantes est prévu le 26 juin. C’est l’occasion de commencer à piloter ce projet qui nécessite vraiment d’être centralisé. Je pense qu’il faut vraiment que nous parlions d’une seule voix avec toutes les communes concernées [le conseil municipal d’Aubagne a appelé, vendredi 5 juin, à la création d’un « front commun territorial » avec les 19 communes directement touchées par l’arrivée du nouvel hôpital, Ndlr.].

    Un plan d’efficience, impliquant une potentielle réduction de la masse salariale de l’hôpital pour réduire son déficit, a été évoqué par l’ARS. Quelle est votre position ?

    M.S. : Moi, j’ai l’intention de mener ce projet sans toucher, bien sûr, à la masse salariale de l’hôpital. Le service pédiatrie d’Aubagne est le seul à l’est de Marseille jusqu’à Toulon. Il est très reconnu au niveau de la région. Nous avons également un service d’urgences ultra-performant. L’été, on donne souvent un coup de main à l’hôpital d’Aix-en-Provence ou de La Ciotat. Il y a le déficit, d’accord, mais il y a aussi tout cela à mettre sur la balance. Si on s’engage à faire un projet de nouvel hôpital avec moins de personnel, ce n’est même pas la peine.

  • Malgré le report de son appel, le collectif Stop LGV ne lâche rien

    Malgré le report de son appel, le collectif Stop LGV ne lâche rien

    Après le rejet de son recours contre le projet de nouvelle ligne à grande vitesse entre Marseille et Nice, le Collectif Stop LGV Sud Sainte-Baume avait décidé de faire appel. Et il devra attendre, puisque l’audience, qui devait se tenir le 23 juin, a été reportée par la Cour administrative d’appel de Marseille.

    Les LGV, projets contestés

    Partie remise pour le collectif, créé en 2012, dont le combat, engagé depuis 14 ans, se mène sur la longueur. Et qui, en dépit des avancées du projet, continue d’invoquer le bon sens et la responsabilité. « Malgré la situation financière catastrophique de la France, les besoins croissants de financement du parc nucléaire pour la décarbonation, et les dépenses engagées pour le renforcement des moyens militaires eu égard aux tensions guerrières aux portes de l’Europe et au Moyen-Orient, l’État ne remet toujours pas en cause les projets pharaoniques de lignes nouvelles TGV », se désole Didier Cade, président de Stop LGV Sud Sainte-Baume.

    Car la ligne nouvelle Provence-Alpes-Côte-d’Azur (LNPCA, de son nom officiel) n’est pas la seule à défrayer la chronique. Citons l’historique Lyon-Turin, qui suscite de vives oppositions depuis des décennies, ou plus récemment le projet Toulouse-Bordeaux-Paris, contre laquelle 85 maires du sud-ouest ont signé une tribune commune, après que le Premier ministre Sébastien Lecornu a jugé ce projet « irréversible » début mai.

    En ce qui concerne la LNPCA, « un recours contre la déclaration d’utilité publique a été déposé » rappelle Didier Cade. Celui-ci dénonce les positions du président de la Région Sud PACA Renaud Muselier, alors que des solutions moins onéreuses existent : « Il ne fait rien pour décarboner la ligne Marseille Briançon et pour désenclaver la Provence verte vers Marseille, Aix, Toulon et Nice, tout en refusant la réouverture de la ligne Carnoules-Gardanne pour un coût minime par rapport à la ligne nouvelle. »

  • Après une saison décevante, le RC Toulon veut apprendre de ses erreurs

    Après une saison décevante, le RC Toulon veut apprendre de ses erreurs

    L’anecdotique défaite (38-21) sur le terrain de Castres, samedi, a sonné le glas d’un exercice 2025/2026 délicat pour le RC Toulon. « Je n’aurais qu’une envie, c’est que la saison redémarre dès maintenant pour changer les choses », confie Pierre Mignoni. Mais le manager devra malheureusement rester sur ce qu’il définit comme « une saison clairement pas aboutie ». Avec 12 victoires, un match nul et 13 défaites, pour une 9e place finale, on est effectivement loin des ambitions affichées de top 4, voire mieux. « C’est un échec que j’assume complètement. Mais, si tu regardes la saison dernière, il n’y a qu’une équipe du top 6 qui se qualifie à nouveau. Ça montre la difficulté de notre championnat », souligne l’entraîneur varois.

    Pour expliquer cette déconvenue, ce dernier invoque « le sort. Sans chercher d’excuse, on n’a pas été épargnés, avec des joueurs importants blessés de longue durée ». Le staff médical n’est pas mis en cause, malgré les changements qui vont y être opérés pour la reprise, « liés à des choix de vie ». Les choses avaient pourtant plutôt bien démarré « On a eu un début de saison correct, voire plus à domicile, on a très bien démarré à l’extérieur à Montpellier, retrace l’homme fort du RCT. Puis on a manqué de beaucoup de consistance dans certains secteurs. La saison d’avant, on prenait un point par-ci par-là, quatre parfois. Là, on en a énormément perdu, ce qui fait qu’il en manque beaucoup. »

    Notamment avec un début d’année 2026 compliqué : « On a eu 19 blessés à partir de janvier. J’ai dû utiliser les mêmes joueurs. De suite après, on a été vraiment dans le dur. On a perdu des matches à domicile comme celui de Clermont qui nous éclate. » Ce qui lui fait dire qu’« il faudra mieux gérer la période du Tournoi, l’an prochain, en espérant moins de blessés. Ça a été des semaines très difficiles. »

    Un staff remodelé, les jeunes au cœur du projet

    Elles l’ont aussi été sur le plan personnel, avec ce burn-out déclaré après le revers contre l’ASM Clermont : « J’ai beaucoup appris. Ça a été une accumulation de plusieurs années où je n’ai pas bien fait les choses. Ce n’était pas confortable pour les joueurs, mais ça leur a permis de se resserrer. Ensuite, on a fait un beau parcours européen, ça nous a redonné du carburant. »

    Une nouvelle énergie qui a mené le RCT jusqu’en demi-finale de Champions Cup, l’une des rares satisfactions de la saison : « Ça faisait une dizaine d’années qu’on n’était pas arrivés là. On était là, dans le dernier carré des meilleures équipes d’Europe, en sortant d’une poule très difficile, puis en battant les Stormers et Glasgow. »

    S’il regrette la non-qualification pour la saison prochaine, Pierre Mignoni voit en la Challenge cup « une compétition qui demande moins d’énergie et permet plus de rotation, une gestion différente ». Dans cette optique, même s’il aurait préféré un meilleur équilibre avec « des leaders trop peu souvent alignés ensemble », mais qui ont « pris la mesure des choses », la progression des jeunes joueurs, qui « ont beaucoup joué, tenu la baraque dans des moments difficiles et pris beaucoup d’expérience », est une autre satisfaction. Pour poursuivre dans cette direction, le club a constitué des groupes de performance, à savoir « une cellule des joueurs rouges, composée d’éléments très proches de l’équipe pro, et une cellule rouge minot, pour des plus jeunes également très suivis ». Avec la promesse « de revenir avec des jeunes qui ont la dalle. Ils ont un état d’esprit incroyable », salue le directeur du rugby du RCT.

    Un poste qu’il continuera d’occuper dans un staff remodelé, marqué par l’arrivée déjà annoncée de Franck Azéma, de retour dans un rôle d’entraîneur principal en charge des trois-quarts, et celle d’Alex Codling, en provenance du Munster, dans le rôle d’entraîneur des avants. Côté joueurs, Huw Jones, Rabah Slimani, Apete Narogo, Gaël Fickou, Judicaël Cancoriet, les frères Luka et Tana Keletaona, et Junior Kpoku, transféré définitivement, seront les nouveaux visages d’un groupe qui reprendra le chemin du RCT Campus le 16 juillet, avant la grande reprise du top 14, le 5 septembre.

  • À Marseille, les artistes invitent les élèves de maternelle à créer des œuvres

    À Marseille, les artistes invitent les élèves de maternelle à créer des œuvres

    Noelia, 4 ans, explique fièrement à ses camarades son œuvre : « On a mis de la peinture et on a fait » « Des impressions ! », sourit Manon Bellester, son enseignante. Présentée à PAC-le lieu, dans le Panier ce jeudi, cette exposition portée par la Ville de Marseille rassemble le travail des enfants qui ont exploré plusieurs univers artistiques : « Ils ont appris des techniques différentes, comme la sérigraphie. Je les ai vus se mettre dans une posture d’artiste », explique l’enseignante. L’artiste Fumika Sato a mené l’atelier Métamorphose, consacré à la création de livres avec de l’encre : « L’objectif était de raconter l’histoire du papier. Je voulais aussi faire découvrir qu’une chose peut se métamorphoser en plusieurs choses », raconte l’artiste. « Ils ne se sont pas seulement approprié des techniques, ils se sont eux-mêmes transformés », ajoute Manon Bellester. Arfata, maman de Nadjidine, rejoint cette idée : « Il me parlait beaucoup de ce qu’il avait fait à l’école », sourit-elle. De l’autre côté de la salle, une longue fresque est suspendue au plafond : « On a mis de la peinture sur les pieds et on a marché ! », retrace Zaina, en moyenne section. « L’objectif était d’expérimenter toutes les étapes de la création, de l’observation à la fabrication », précise Javiera Tejerina Risso, une autre artiste à avoir participé à ce projet.

    Démocratisation de l’art

    L’intention de l’exposition est de rendre l’art accessible : « Il n’y a pas de moyens mobiles depuis les quartiers Nord. Ils n’avaient jamais vu le Panier ou d’expositions », souligne Émilie Feys, responsable des actions culturelles à Fraeme. Une belle manière d’initier ces élèves au monde artistique.

  • Fabrice Amadeo a amarré son laboratoire au Vieux-Port

    Fabrice Amadeo a amarré son laboratoire au Vieux-Port

    Le navigateur revient cette semaine de Lorient et a amarré depuis vendredi et jusqu’à lundi, son monocoque sur le quai d’honneur, à Marseille. Son dernier périple dépasse le simple exploit sportif. Près des côtes espagnoles et en Méditerranée, Fabrice Amadeo a testé un « capteur d’ADN environnemental », pour cartographier l’ensemble des espèces présentes, des virus aux baleines.

    En 2019, celui-ci a fondé, avec l’entreprise marseillaise Onet, son projet Ocean Calling, pour transformer son voilier en un laboratoire flottant. Température, salinité, taux de CO2, microplastiques, biodiversité marine : toutes ces données sont captées puis transmises à des instituts de recherche partenaires pour mieux comprendre l’état des écosystèmes marins. Le tout à bord d’un bateau fonctionnant uniquement à l’énergie renouvelable, sans une goutte de carburant fossile. Le skipper prévoit de déployer à plus grande échelle lors du Vendée Globe 2028. En attendant, il prépare la Route du Rhum, dont le départ est prévu en novembre prochain depuis Saint-Malo. Ancien journaliste et ancien rédacteur en chef adjoint et cofondateur du Figaro Nautisme, Fabrice Amadeo a depuis enchaîné les courses comme le Vendée Globe, en 2017 et en 2025.

  • À Frontignan, quel avenir pour l’ex-site industriel ?

    À Frontignan, quel avenir pour l’ex-site industriel ?

    Un immense terre-plein central et un bâtiment administratif. À Frontignan, voilà ce qu’il reste de l’ancien site de 11 hectares de la raffinerie Exxon Mobil, dont l’opération de dépollution vient de s’achever.

    Après 4 ans de travaux complexes mais réalisés « sans aucun incident majeur », précise Pierre Grangette de North Atlantic Group Énergies – à l’exception de la découverte sur le chantier d’une bombe datant de la Seconde guerre mondiale (!) -, cette friche industrielle a pu être remise, le 27 mai, à la Ville de Frontignan, propriétaire du terrain.

    Obtenue en justice il y a 20 ans, par l’ancienne majorité municipale de Pierre Bouldoire (PS) sur la base du pollueur- payeur à l’entière charge (60 millions d’euros) de l’entreprise Esso SAF, l’opération de dépollution du site fut titanesque. Entre août 2022 et mars 2026, quelque 175 000 m3 de terre ont été excavés jusqu’à 4 mètres de profondeur, dont la moitié pour traitement en biocentre et réemploi. Afin de limiter les nuisances (émanations d’hydrocarbures, poussières), une tente gonflable géante (120 mètres de long sur 50 de large et 16 de haut) avait été installée sur place. Un dôme géant de 60 tonnes déplacé 18 fois pour quadriller la zone au fur et à mesure de l’avancée d’un des plus grands chantiers de ce type en Europe qui aura mobilisé sur place entre 40 et 70 ouvriers. Un « vrai défi » relevé en faisant en sorte que « les riverains soient le moins possible impactés par le bruit et les nuisances olfactives », se félicite Olivier Laurent, adjoint au maire.

    Un pôle d’échanges autour de la future gare SNCF

    Et maintenant ? Quel avenir pour cette friche industrielle à Frontignan la Peyrade ? S’il est donc réhabilité, le site ne pourra pas forcément accueillir n’importe quel projet. Une étude va être menée avec les services de l’État pour voir ce qu’il est possible de faire. Quoi qu’il en soit, le président de Sète Agglopôle voit le signe du « lancement d’une nouvelle ère pour le bassin de Thau ». « Les friches industrielles constituent un enjeu fondamental. Un espace de cette qualité-là, à proximité de la plage et du centre-ville, est unique et précieux », insiste Loïc Linarès (PS) précisant que sa collectivité facilitera le cas échéant les demandes « d’implantation d’entreprises locales » ou « d’installation de grands groupes ».

    Son homologue socialiste de la mairie de Frontignan a déjà des idées derrière la tête. L’ancien bâtiment administratif de la Mobil est voué à accueillir les voyageurs de la gare, avec espace de restauration et parc à vélos à proximité. L’idée de Michel Arrouy est d’implanter un pôle d’échange multimodal. La gare SNCF déplacée en serait le cœur (début des travaux espéré en 2028 ou 2029) avec un parking pour « fluidifier la circulation à l’entrée de la ville » ainsi qu’un passage souterrain et un cheminement piéton vers le centre-ville. Mais seulement si la concertation avec les habitants s’avère concluante. « Nous voulons créer un quartier qui vive toute la journée, tourné vers la jeunesse, et ainsi, permettre à tous nos concitoyens de s’approprier cet espace public comme un vrai lieu de vie, à la fois source d’activités économiques, de qualité de vie au cœur de la ville », confie Michel Arrouy. Si l’État donne son feu vert, il n’est pas exclu que le futur quartier accueille aussi des logements…

    « Créer un quartier qui vive toute
    la journée, tourné vers la jeunesse (…) »

  • Un tournoi de rugby au Stade Mayol pour les enfants des quartiers populaires

    Un tournoi de rugby au Stade Mayol pour les enfants des quartiers populaires

    Fouler la pelouse du mythique stade Mayol, y inscrire des essais comme les légendes qui ont fait l’histoire du RC Toulon : c’est le rêve qu’ont réalisé 60 enfants, âgés de 9 à 12 ans et issus de cinq associations des quartiers populaires du département, mercredi après-midi. Une opportunité offerte par la 9e édition du programme « RCT au cœur des quartiers », dont l’objectif est de faire découvrir le ballon ovale à des jeunes éloignés de la pratique.

    Après cinq étapes qui se sont déroulées tout au long de l’année, à La Seyne, au Campus RCT ou encore à Fréjus, ce sixième rassemblement, réalisé sous la forme d’un tournoi, marquait le point d’orgue du projet. « Le but de cette journée est de mettre en pratique ce qu’ils ont appris, avec le prestige de jouer à Mayol, de visiter les vestiaires », explique Melvin Vial, responsable RSE au RC Toulon. Mais l’essentiel dépasse l’apprentissage du rugby : « Il est important que ces enfants puissent s’approprier le RCT, casser l’impression que certains pourraient avoir que ce n’est pas leur club. Ce sont de petits toulonnais, de petits varois. Le fait de leur ouvrir le stade permet aussi de créer un lien émotionnel. »

    Une volonté d’étendre

    le programme

    Ce sont les joueurs du RCT en personne qui encadraient l’événement. « Ils apprennent et progressent sur de petites choses, observe Noham Moreau, joueur de l’équipe espoirs. Ils apprennent les valeurs du rugby, le respect, bien communiquer. Ça reste des enfants, donc ils continuent à jouer. Il faut aussi qu’on entre dans leur environnement, c’est donnant donnant. »

    Les premiers concernés ont apprécié l’expérience : « Le rugby, c’est le bébé des Toulonnais. Les enfants sont très contents car c’est le RCT, et ça a son importance », se réjouit Besma Djeribi, directrice adjointe du centre de loisir « Des enfants, un quartier, la vie », à Toulon. « Ils ont aussi découvert le campus, c’est magique pour eux car ce sont des lieux qu’ils n’ont pas l’occasion de visiter. » Et « ça laisse quelques traces », certains de ses petits protégés ayant décidé de se tourner vers le rugby l’an prochain. Pour encourager d’autres à le faire, Melvin Vial aimerait encore étendre le dispositif et, pourquoi pas, créer « un programme d’égalité des chances » qui pourrait prendre en charge la première année de licence des enfants intéressés.

  • Dans le Var, le projet Geopark avance avec l’inauguration de la salle scientifique de la Maison de la Nature du Plan

    Dans le Var, le projet Geopark avance avec l’inauguration de la salle scientifique de la Maison de la Nature du Plan

    Porté par les Départements du Var et des Alpes-Maritimes, le projet de création du géoparc du Socle de la Provence et d’obtention du label mondial « Géopark Unesco », à cheval sur les massifs des Maures, de l’Estérel et du Tanneron, continue de se construire, à quelques mois du dépôt de candidature, prévu pour début 2027. « Zone géographique unifiée où des sites et des paysages d’importance géologique internationale sont gérés selon un concept holistique de protection, d’éducation et de développement durable », selon la définition donnée par l’institution, il s’étend sur 1 600 m², entre le Var et les Alpes-Maritimes, du Cap Sicié jusqu’au plateau de Vallauris, constituant la « Provence Varisque ».

    Ce vendredi a été inaugurée la salle scientifique de la Maison départementale de la nature du Plan, à La Garde, ainsi que son exposition permanente. Un lieu qui n’a pas été choisi au hasard, puisqu’il fait partie intégrante du projet de géoparc, dont il sera l’un des points d’entrée. Il constituera ainsi l’un des 18 sites informatifs, en complément des 63 géosites qui composeront le géoparc. L’exposition a pour but de présenter ses aspects géologiques à travers plusieurs outils : vidéoprojection, panneaux explicatifs, modélisations, cartes, microscopes…

    Un lieu essentiel pour obtenir le label « Géoparck », comme l’explique Jean-Marc Lardeaux, docteur en géologie, l’un des porteurs du projet : « L’Unesco veut que la valeur scientifique du territoire soit de niveau international, mais aussi que les habitants s’approprient cette connaissance et comprennent comment la ressource géologique a permis le développement des sociétés. » Dans cette optique, « la vulgarisation est capitale. Il ne faut pas se perdre dans des vocabulaires trop précis, tout en restant rigoureux. » Car, finalement, « le projet du géoparc doit incarner la simplicité, la mise à disposition, mais aussi la rigueur scientifique. »

  • Un atelier artistique pour les patients de l’Établissement de Psychiatrie du Var

    Un atelier artistique pour les patients de l’Établissement de Psychiatrie du Var

    Depuis lundi, dans les jardins de l’Établissement de psychiatrie du Var, on peint, danse, crée, dans le cadre d’un atelier artistique proposé par Châteauvallon et la compagnie Artmacadam. Intitulé « Invente ton Nid », ce projet porté par l’Agence régionale de santé (ARS) et la Direction régionale des affaires culturelles (DRAC) invite des patients en psychiatrie, âgés pour la plupart de plus de 65 ans, à « concevoir leur nid, où ils peuvent rêver et s’envoler, ce qui a du sens en ces lieux », décrit Hélène Charles, coordinatrice artistique d’Artmacadam.

    Une restitution vendredi

    Les prémices de ces ateliers remontent à février : « On est venu dans leur lieu de vie pour les introduire au sujet. On a récolté beaucoup d’informations, on les a fait parler, danser… Il était important de les libérer », évoque Hélène Charles. Depuis lundi, les participants travaillent autour de réalisations évoquant le nid. « Ça peut être des nids de mots, de mouvement… On a utilisé trois médiums : la musique, la danse, les arts plastiques. En imaginant la sécurité, l’amour d’un nid à travers le mouvement du corps, en donnant des musiques, des sons qui les apaisent… C’est un projet polymorphe », décrit l’artiste.

    Pour Michelle, l’une des patientes, c’est une renaissance : « Quand je suis rentrée à l’hôpital, j’ai cru que ma vie était finie. Je me suis réveillée il y a une semaine. J’ai vécu cela tellement fort. Avec les personnes du groupe, on ne se parlait pas. Maintenant, on fait connaissance, c’est une merveille. » « On leur apporte du rêve, un rôle et ça leur donne confiance », s’émeut Hélène Charles.

    Une restitution ouverte au public, réalisée par les membres d’Artmacadam, aura lieu vendredi à 15h dans les jardins du centre hospitalier de Pierrefeu. « Ce sera une rencontre, pas un spectacle. Ça permet d’ouvrir le monde psychiatrique par le biais de l’art et de faire tomber les préjugés. Les patients nous ont fait plein de cadeaux, on va essayer de les restituer au mieux », appuie la coordinatrice artistique.