Tag: Projet

  • À Tarascon, une Alliance pour la relance de Fibre Excellence

    À Tarascon, une Alliance pour la relance de Fibre Excellence

    Un projet de relance, de diversification et de développement à long terme de l’activité papetière a d’ores et déjà été construit », indiquent les syndicats CGT Filpac et Fibre Excellence. Aux acteurs économiques de manifester leur intérêt.

    Alors que l’État a annoncé reprendre la main sur l’usine de pâte à papier, les syndicats entendent mettre à profit « ce temps relatif » pour « explorer ce que cet outil industriel pourrait devenir demain ». Car le temps presse avant que l’usine ne soit démantelée. Après le départ des anciens salariés du site, le vendredi 25 septembre, les liquidateurs étaient encore à l’œuvre sur le site. Dans un communiqué la LFI a alerté : « le site classé Seveso n’est plus actuellement en sécurité ». Les députés des Bouches-du-Rhône ont interpellé la préfecture pour « agir sans délai », afin de « permettre la reprise d’une activité essentielle à notre souveraineté ».

    Diversifier l’outil

    Convaincus qu’un avenir est possible, et au-delà du maintien de l’activité industrielle existante, les syndicats souhaitent faire « émerger les activités susceptibles de faire évoluer l’outil ». À savoir : « nouvelles productions papetières, valorisation de matières recyclées et de coproduits, production d’énergie, photovoltaïque, méthanisation, pyrogazéification, valorisation du CO2 biogénique… ». Autant de pistes qui demandent à être sérieusement étudiées. Des milliers d’emplois sont en jeu dans tout l’aval de la filière bois et forêts.

    À ce stade, « aucune prise d’engagement n’est demandée. L’objectif est d’identifier les intérêts existants et de faire émerger les possibilités économiques qui pourraient contribuer à l’évolution du site », précise le communiqué. Les entreprises et acteurs économiques concernés sont invités à se manifester « dans les meilleurs délais » à l’adresse : alliance.industries@mailo.com

  • Logement social : Toulon en passe de sortir de la carence

    Logement social : Toulon en passe de sortir de la carence

    « Chaque logement social que nous produisons, que nous finançons, nous éloigne de la carence et nous rapproche de l’objectif fixé par le contrat de mixité sociale », explique Serge Lhotellier 21e adjoint au maire, en présentant un projet de participation financière de la ville à la Société foncière d’Habitat et Humanisme pour une opération rue Picot.

    « Il nous arrive de nous abstenir sur la construction de logements sociaux dans des zones que nous estimons beaucoup trop denses », s’est cru obligé d’expliquer le conseiller d’opposition (RN) Amaury Navarranne, histoire de ne pas se montrer sous son plus mauvais jour, sabre au clair en hussard de son parti antisocial. Contrairement à sa collègue Laure Lavalette qui aura beaucoup moins de pudeur un peu plus tard.

    « Ce n’est pas notre politique du logement, puisque nous privilégions plutôt la réhabilitation ou la rénovation », lui répond la maire de Toulon Josée Massi (SE). La charge viendra un peu plus tard, menée comme annoncée par la députée d’extrême droite au moment du débat sur la modification du Plan local d’urbanisme (PLU). Avec en guise d’intro, pour « expliquer » son retard, une attaque du monde syndical et du droit de manifester, la caravane FO ayant fait escale devant l’hôtel de ville.

    L’ignominie du RN

    Cette modification du PLU vise entre autres à accompagner le projet de reconstruction de la résidence sociale Adoma installée à La Loubière, afin de garantir aux résidents des conditions de vie dignes et confortables explique Geneviève Lévy, l’adjointe à l’urbanisme.

    Ceci va être prétexte pour l’élue frontiste pour tirer à boulets rouges sur les contraintes d’urbanisme qui selon elle, « empêche de construire et loger les Français ». La solution pour le parti à la flamme dont elle a été la porte-parole : « Nous aimerions mettre fin, abroger cette loi SRU qui nous paraît tout à fait Jacobin ». C’est-à-dire supprimer l’obligation de faire du logement social pour avoir soi-disant plus de logements sociaux à la fin, juste en faisant confiance à la bonne volonté des maires. Un raisonnement fallacieux pour éviter de dire tout le mal que pense le RN du logement social et de ses habitants.

    Elle pointe également le montant « hallucinant » de ce qu’elle appelle abusivement des pénalités. Et finit sa tirade en osant parler de justice sociale, en éructant que « la solidarité nationale devrait être réservée aux nationaux ».

    Préférant répondre par du concret plutôt qu’à ses fadaises, la maire de Toulon met en avant les 965 logements sociaux produits sur les trois ans, et la diminution de plus de moitié de la « pénalité ». Et de conclure : « Nous donnons la possibilité en effet aux Toulonnais d’être logés. Et nous avons bon espoir cette année de sortir de la carence ». De bons résultats salués par le préfet, dans ce secteur aussi, qui démontrent que non seulement Toulon a une capitaine mais qu’en plus elle sait plutôt bien barrer. N’en déplaise à son prédécesseur, Hubert Falco, qui s’est cru autorisé à faire référence au naufrage du Titanic, alors que le seul homme définitivement à la mer, c’est bien lui.

  • Mieux accompagner les personnes handicapées à Embrun

    Mieux accompagner les personnes handicapées à Embrun

    Devenir écrivain, monter une association, faire des études ou simplement trouver du sens à son quotidien… Les projets visés par les personnes accompagnées par le dispositif d’assistance au projet de vie (DAPV) sont variés. Ce service a été mis en place par la Région Paca il y a dix ans, et permet de mettre en relation des personnes qui se considèrent comme souffrantes d’un handicap avec des « faciliteurs de choix de vie ». Ces derniers, formés, ont pour but de les accompagner dans leurs besoins et envies.

    « Moi, j’ai deux projets : acheter un logement et faire un long voyage au Chili », explique Anna Collado, rencontrée à Embrun lors du salon fêtant l’anniversaire du dispositif. À 56 ans, l’ancienne professeure d’espagnol souffre d’épisodes de dépression. Au point où lors de sa dernière rechute, elle s’est retrouvée seule, sans travail et sans domicile.

    Construire son projet

    Depuis l’année dernière, elle est accompagnée par Claire Rabilloud, sa facilitatrice. Sa mission est d’aider Anna à verbaliser des désirs, hiérarchiser ses démarches et la rediriger vers la bonne personne ou structure si besoin. « Ce qui est très rassurant, explique Anna, c’est que tout est adapté à mes besoins : les lieux où l’on se rencontre, la manière de communiquer, la fréquence de rendez-vous… » Son projet se construit petit à petit : pour elle, qui rencontre des difficultés à sortir, visiter des appartements constitue déjà une première victoire. « Dès que je bute sur quelque chose, j’appelle Claire ! », dit-elle. Elle en est certaine : seule, elle ne serait pas parvenue à faire les démarches pour acheter un appartement, et son rêve de visiter le Chili lui aurait paru irréalisable.

    Agathe Di Lenardo

  • [Entretien] Raphaël Arnault : « Le bon sens, pour Galzi, ce n’est que vers la droite »

    [Entretien] Raphaël Arnault : « Le bon sens, pour Galzi, ce n’est que vers la droite »

    La Marseillaise : Comment se passe votre rentrée politique ?

    Raphaël Arnault : C’était très centré sur la circonscription parce que l’Assemblée nationale reprend plus tard, cette année, à cause de dissensions au sein du bloc macroniste, qui est en train de se désintégrer, se désagréger, plus la campagne présidentielle arrive. Ce qui n’est pas plus mal, parce que souvent, on est assez frustré de ne pas avoir assez de temps pour ça. On a eu plusieurs angles de bataille. Comme les barbecues populaires. C’est l’occasion d’aller directement à la rencontre des citoyens qui nous disent que sans ce genre de moments, ils ne seraient pas allés à la rencontre de parlementaires. Ce n’est pas avec trois merguez qu’on efface ce qu’il s’y passe, mais on veut montrer le lien que l’on y trouve. On est allés aussi en dehors de la circonscription, comme à Carpentras, pour faire état de ce qu’il se passe dans une mairie RN et montrer qu’il y a une capacité de résistance. Sans oublier la sortie de mon livre, la semaine prochaine, qui raconte 10 ans de militantisme qui débouchent à la députation. Avec ce que c’est, aussi, d’être dans ces institutions, avec tous les bouleversements qu’il y a pu avoir. En deux ans de mandat, j’ai l’impression d’en avoir avalé quinze !

    Comment vous projetez-vous sur les neuf prochains mois ? Serez-vous candidat à votre succession ?

    R.A. : Là, il y a la bataille du budget à l’Assemblée nationale. Ça va pouvoir permettre de faire des parallèles avec ce qui se passe aussi ici, en circonscription. Ces neuf prochains mois, il ne faut pas se mentir, on va être beaucoup tournés vers la présidentielle. Le fait est que toute la vie politique, y compris à l’Assemblée nationale, va être aspirée. Forcément, ça vient perturber un peu un mandat. En tant que député, par exemple, j’étais mobilisé sur la question de la crèche à l’hôpital d’Avignon, sur la fermeture des bureaux de poste, de la question des services publics de façon générale. Ces luttes sont liées. Pour la suite, je répète souvent que c’est un choix collectif, au niveau local et national. Tout sera à rediscuter selon les enjeux politiques et le bilan qu’on porte. Mais ce serait une immense chance de pouvoir mener ce combat-là.

    Vous êtes régulièrement attaqué, notamment par le maire d’Avignon, Olivier Galzi (DVD). Comment réagissez-vous à ces attaques ?

    R.A. : Je serais inquiet si un personnage comme Olivier Galzi jugeait ma députation convenable, alors même que je défends une réelle alternative aux politiques menées depuis des années. De fait, il s’est lié d’amitié très forte avec le Rassemblement national, d’une part pour prendre le Grand Avignon, mais aussi politiquement, on voit qu’il y a des choses qui vont dans ce sens. Il y a une droite macroniste radicalisée et une extrême droite qui insensiblement s’affichent, et il se situe un peu entre les deux. Il vagabonde. Le bon sens, pour lui, c’est que vers la droite. Toute l’extrême droite me tape dessus depuis maintenant le début du mandat. Là, encore une fois, on a un nouvel acteur qui a décidé d’appuyer sur le même créneau, littéralement. Je ressens de l’inquiétude chez les habitants. Le peu de projets un peu positifs qui étaient en cours sont relégués à, soi-disant, plus tard.

    On a l’impression pour beaucoup que Jean-Luc Mélenchon est un repoussoir, parfois plus que Marine Le Pen. Comment l’analysez-vous ?

    R.A. : Jean-Luc Mélenchon fait peur à des gens qui ont de grands intérêts économiques liés à l’exploitation. Mais encore une fois, c’est plutôt positif. Ce qu’on observe sur le terrain, ce n’est pas ça. Dans les milieux populaires, non, Mélenchon n’est pas du tout considéré comme un repoussoir, bien au contraire. Maintenant, il est certain que pour gagner le pays, il va falloir s’adresser à des gens qui pensent qu’ils n’ont pas intérêt à se lier à un projet de rupture. Je pense à ceux qu’on appelle la classe moyenne, je n’aime pas trop ce terme, parce que ça ne veut un peu plus rien dire. Lorsqu’on dit que l’on va un peu redistribuer de la richesse en taxant comme il se devrait les quelques milliardaires qu’il y a dans ce pays, il y a des gens qui gagnent 4 000 euros et qui pensent qu’ils seraient liés à ça. Non, ils ne sont pas liés à la condition des milliardaires, loin de là.

    On est à un peu plus de six mois après l’affaire Quentin Deranque. Qu’en retenez-vous ?

    R.A. : Il y a eu une déferlante médiatique et des attaques politiques très fortes. Forcément, ça vient perturber une histoire militante, la question de l’antifascisme, la question aussi de la peur de l’extrême droite à ce moment-là, qui aurait pu prendre un dérapage très, très dur. Cela a aussi permis de se remettre en question sur tout un tas d’aspects. Quel antifascisme on veut, quelle limite on lui donne ou encore reconnaître qu’il a pu y avoir de grosses erreurs. Mais par contre de ne pas céder face à des gens qui voulaient réhabiliter des néo-nazis, qui voulaient réhabiliter la violence de l’extrême droite comme si ce n’était rien. Et de ce point de vue là, je pense que le pays a tenu bon.

  • Un plan pour relancer Fibre Excellence

    Un plan pour relancer Fibre Excellence

    « Il y a un projet viable avec un investissement à hauteur de 30 millions d’euros pour le redémarrage car aujourd’hui l’outil est fonctionnel », défend François Batista, secrétaire général de l’UD CGT 13, sur le parking devant l’usine où une vingtaine de salariés et leurs syndicats CGT et FO étaient réunis en assemblée générale. « Mais il y a urgence à agir », insistent les salariés de plus en plus inquiets de voir chaque jour les employés de la société Realtec vider leur usine de toute sorte de matériels et convaincus que les liquidateurs « veulent rendre le site inutilisable ».

    Dans un 8e arrêté depuis début septembre, pris le 22 septembre, le préfet des Bouches-du-Rhône, Jacques Witkowski précisait bien que les mandataires devaient avoir quitté le terrain pour laisser l’Ademe prendre le relais sur la mise en sécurité du site au 1er octobre. En attendant, ces derniers accélèrent la cadence. Ce mercredi 23 septembre, c’est le piquet de grève des salariés qui a été dégagé, les réfrigérateurs jetés dans l’herbe à l’entrée du site, alors que des ex-salariés de Fibre Excellence continuent gracieusement à veiller au bon fonctionnement de l’outil industriel pour éviter tout accident. « Les câblages en cuivre, l’outillage, on assiste chaque jour à un nouveau pillage, alors que leur mission c’était d’enlever les produits dangereux et les 18 000 tonnes de bois », dénonce le secrétaire général de l’UD CGT 13, qui ne se privera pas de déposer une plainte pour le vol du matériel du CSE, a priori sans danger ni pour l’environnement, ni pour la population.

    Déterminés à défendre leur projet pour la viabilité du site et de toute la filière bois et papeterie, les deux syndicats CGT et FO faisaient le point avec une poignée d’ouvriers. « Là où les autres projets ont pataugé, c’est qu’ils étaient suspendus au prix du kwh, alors qu’on n’en a pas besoin », plaide le syndicaliste. « Le nouveau projet s’appuie sur la réduction des coûts des matières premières et la qualité de la pâte, détaille Jean-Michel Bulinge, délégué syndical CGT Fibre Excellence, moins de matière première et plus de tonnage car on travaille sur la valorisation des déchets. » Adrian Arcangeli, délégué syndical FO Fibre Excellence, précise : « Nous nous nous intégrons dans la filière du recyclage et comme la loi impose aux marchands de barquettes de changer de produits, nous proposons du made in France. »

    Un silence institutionnel

    Les salariés sont abasourdis par le « silence institutionnel » autour de l’avenir de Fibre Excellence à Tarascon. A contrario de la présidente socialiste de la Région Occitanie, Carole Delga, qui s’est engagée financièrement et dans la recherche de repreneurs pour le site de Saint-Gaudens, le président (Ren.) Renaud Muselier de la région Sud montre peu d’empressement à se porter au secours de l’usine de Tarascon, certes située aux confins de Paca. Interpellé par les salariés sur son niveau d’engagement, « il ne nous a pas encore fixé de rendez-vous, mais la Région aurait un projet sur le site, qui ne serait pas de la production de pâte à papier. Et on sait que la position stratégique de l’usine intéresse les groupes logistiques », craint Jean-Michel Bulinge.

    Leur tendre l’oreille serait pourtant intéressant. Alors que le nombre d’usines de production de papier en Europe est passé de 296 unités de production en 1991 à 129 aujourd’hui, un seuil critique est atteint. De quoi aggraver la dépendance aux importations. Un abandon du site de Tarascon menacerait une capacité stratégique dans la filière bois-papeterie, soit la mise en danger de près de 5 000 salariés induits. La filière du recyclage bois représente également un gisement de valorisation des déchets qui alimente 71% de l’industrie papetière. Et à Tarascon, les 180 millions d’euros d’investissements auraient juste été un coup d’épée dans l’eau ?

  • La justice propose à RTE une médiation pour la ligne THT

    La justice propose à RTE une médiation pour la ligne THT

    Le juge des référés n’a pas voulu trancher. Saisi par une requête de RTE pour enjoindre sous astreinte, sept propriétaires exploitants agricoles à laisser ses « agents et tous salariés des entreprises mandatées (…) pénétrer sur leurs parcelles afin de réaliser des études préalables autorisées » dans le cadre du projet de ligne très haute tension (THT) entre Jonquières-Saint-Vincent et Fos, Jean-Marie Argoud a imposé une médiation. Une décision rare pour cette juridiction dont l’objet semble surtout de dénouer les tensions sur l’accès aux parcelles.

    Le président du tribunal a vite rappelé que seules les questions de l’urgence, des mesures utiles et des contestations seraient examinées. La première lui a suffi. Pour rappel, des arrêtés préfectoraux signés fin 2023 autorisaient ces accès pour la réalisation d’un inventaire écologique nécessaire à la demande de déclaration d’utilité publique de la ligne THT. Démarré en 2024 sur une étude élargie, celui-ci n’a depuis pas pu être affiné au tracé.

    Yannick Bocquenet explique à la barre que cette étape lancée en mai 2026 doit se faire sur quatre saisons consécutives. Or depuis, les écologues se disent empêchés. Le chef de projet RTE évoque des menaces et des dégradations de véhicules ayant abouti à des droits de retrait.

    Pas d’urgence

    Les agriculteurs démentent, plaident leur bonne foi, assurent n’être opposés qu’au projet de ligne aérienne. Mais ce sujet caractérisant l’urgence aux yeux de RTE n’est pas poussé. La défense plaide le non-recours autorisé à la force publique pour accompagner les écologues afin de faire rejeter l’urgence. Et en bout de course le président du tribunal menace.

    « À ce stade il n’apparaît pas que le juge des référés retient l’urgence », prévient-il, après qu’une première proposition de médiation ait été repoussée par l’avocat de RTE. « On n’est pas ici pour faire la volonté du gouvernement », reprend le juge : « demander une phase de trois mois reconductible pour un projet d’intérêt stratégique à l’horizon 2030 n’est pas une urgence ». Nouvelle suspension d’audience. De retour, le conseil de RTE plaide alors que la médiation serait acceptée si les écologues pouvaient démarrer leurs travaux. Le juge revient à la charge arguant qu’une réunion de médiation sous dix jours permettrait de gagner du temps et s’engage à proposer un médiateur de qualité en la personne d’un ancien président du tribunal administratif, dans l’attente de son éventuelle tenue, sa décision est mise en délibéré.

  • Le chantier patrimonial du collège Defferre s’achève

    Le chantier patrimonial du collège Defferre s’achève

    La perspective des Journées du patrimoine a été l’occasion pour le conseil départemental de présenter « un magnifique chantier », pour reprendre les mots de sa présidente (DVD). Celui du « seul collège en France installé dans une ancienne caserne militaire, un monument historique revalorisé à destination des enfants », appuie Martine Vassal, satisfaite de présenter « le plus ambitieux » projet de son plan Charlemagne.

    Dix ans de gestation, trente mois de travaux

    Initié en 2017, doté d’un budget de 40 millions d’euros (26 millions de travaux) dont 2,5 millions de Fonds européens, ce collège va être livré après trente mois de chantier. Construite en 1862 au pied du fort Saint-Nicolas, la caserne d’Aurelle de Paladine, tourne une page de son histoire. Début 2027, les élèves du vieux collège Gaston-Defferre vont y prendre leurs quartiers.

    Le nouvel établissement (18 à 24 classes sur trois étages) pourra accueillir 720 élèves sur plus de 12 000 m2, pour moitié sur l’ancienne caserne, entièrement optimisés pour les scolaires. Il sera équipé d’un gymnase, d’une salle polyvalente, d’un jardin pédagogique, d’une cantine de 600 places, d’un plateau sportif et de logements de fonction.

    Les travaux ont mobilisé une cinquantaine d’entreprises locales et jusqu’à 100 personnes sur un chantier qui a participé à faire « développer un savoir-faire de menuiserie et de taille de pierre devenu assez rare », notent les services du Département. Même le chantier d’insertion du Fort Saint-Nicolas a été mis à contribution sur le portail d’entrée.

    Sous les futurs collégiens se trouve l’ancien centre de transmission de la caserne, formé d’un impressionnant labyrinthe de couloirs. Les travaux ont d’ailleurs livré quelques surprises. Si le diagnostic archéologique de l’Inrap n’a mis au jour que « quelques assiettes », des galeries et des écuries ont été découvertes, nécessitant la création d’un dossier Drac.

    « Dans le bâtiment, on a retrouvé d’énormes citernes servant de réserve d’eau », note Alkis Voskarides, directeur de l’architecture et de la construction au Département. « On a fait réaliser des sondages parce que tout n’était pas représenté, mais ils étaient passés à côté », détaille, Romain Bajolle, un des architectes du projet confié aux agences Leteissier Corriol (mandataire) et Bajolle & Gianni (associé). « On les a trouvés en forant pour un ascenseur. Si on l’avait su au premier jour, on aurait essayé de les valoriser. On a donc juste aménagé un accès. »

    Car si la caserne n’est pas classée aux monuments historiques, sa situation, au pied du Fort d’Entrecasteaux et à deux pas de l’abbaye de Saint-Victor, a nécessité le respect des règles entourant un site « remarquable ». Les échanges avec les bâtiments de France ont été continus. 385 maquettes ont ainsi été réalisées, surtout sur les éléments de façade, dont les cheminées restituées dans leur état d’origine pour devenir conduits d’aération, où ces épontilles replacées sur la toiture. La cour centrale où un immense préfabriqué a été retiré, conservera la vocation de place d’armes de l’établissement militaire. Elle sera entourée de seize arbres.

    Autre enjeu, la préservation des perspectives visuelles sur le Fort. Le gymnase posé en fond de cours a été enterré quatre mètres sous le sol pour préserver la vue depuis l’entrée principale, et un toit végétalisé se fondant avec les roches du Fort a été imaginé. Sa construction de type « ouvrage d’art en poutre postcontrainte », une structure de génie civil utilisée pour les viaducs, lui confère une hauteur de sept mètres ayant même permis d’installer un mur d’escalade.

  • Aix-en-Provence : la première pierre du pôle d’Aillane posée

    Aix-en-Provence : la première pierre du pôle d’Aillane posée

    Installé à l’entrée
    du pôle d’activité d’Aix (PAAP), proche du quartier de la Pioline, de l’aérodrome d’Aix-Les Milles et du quartier de La Duranne, le « projet bénéficie également de la proximité de plusieurs opérations structurantes du territoire, dont Tech Valley, future Cité de la Défense et du Spatial », indique CS Invest, qui porte le projet. Le lot n°1 du chantier prévoit 20 000 m² de surface de plancher, et 6 bâtiments. La première phase du programme accueillera notamment une concession Ferrari sur 5 000 m².

  • Un livre blanc pour un projet citoyen des transports publics métropolitains

    Un livre blanc pour un projet citoyen des transports publics métropolitains

    Partir de l’Estaque pour aller se balader à la Pointe Rouge en tram ? Un RER direct reliant Aix-en-Provence et Toulon en passant par le nord de Marseille ? Heddy Aouad, un Marseillais de 37 ans travaillant dans les relations publiques a lancé un projet qui vise à révolutionner le réseau des transports actuel mis en place par la métropole. Marseille Mobilité 2040 représente un livre blanc de 113 pages, accessible en ligne, qui explore en long et en large une vision futuriste et, selon son créateur « réaliste », de ce à quoi pourrait ressembler le paysage urbain autour et au cœur de la cité phocéenne.

    « Le but c’est de lancer une réflexion collective et de mettre les élus face à leurs responsabilités pour qu’ils comprennent que Marseille n’est pas condamnée », explique l’auteur de ce livre blanc. « On ne peut pas laisser la 2e ville de France gérée par des gens incompétents qui font n’importe quoi de l’argent public. »

    Une vision qui a pour but de restructurer les transports métropolitains tout en dénonçant un certain laxisme. Et de promouvoir un fort développement du réseau du métro et du tramway. Avec, par exemple, le prolongement de la ligne M1 en passant par La Valentine, Les Olives et La Croix-Rouge. Concernant la M2, elle serait également prolongée jusqu’à Saint-Antoine. Pour les tramways, le plan vise l’extension des lignes T1 et T3. De plus 3 lignes seraient ajoutées dont la « T6 », reliant la gare de l’Estaque à la Pointe Rouge. Pour le réseau ferroviaire, trois lignes de RER feraient leur apparition. Elles ne nécessiteraient aucune construction d’infrastructure. Une fiction qui pourrait peut-être donner des idées à la métropole.

  • À Gap, les habitants invités à s’exprimer sur la rocade

    À Gap, les habitants invités à s’exprimer sur la rocade

    Pensé dès les années 1970 pour désengorger le centre-ville, le projet d’aménagement de la rocade de Gap avance. L’enquête publique sur la section Sud de la rocade a débuté le 7 septembre et s’étend jusqu’au 9 octobre. Elle a pour but d’informer le public sur le projet, mais aussi d’assurer sa participation en lui permettant de donner son avis.

    Avec un coût total estimé à 28,3 millions d’euros, il est prévu pour la section Sud un aménagement de 2,4 km entre le carrefour du Sénateur et la route de Marseille (RN85). Une piste cyclable longera tout le long de cette rocade. Un pont sera aussi construit au-dessus de la voie de chemin de fer, ainsi qu’une passerelle piétons-cycles.

    « Ne pas perdre

    une minute de plus »

    « En dépit des difficultés techniques qui affectent la section centrale de la rocade, portée par l’état, la suite du projet, dont la Ville de Gap a obtenu la maîtrise d’ouvrage unique, avance », a indiqué la Ville de Gap dans un communiqué, en début de semaine.

    « L’objectif est de ne pas perdre une minute de plus dans ce dossier », explique le maire de Gap, Roger Didier. Il rappelle que parallèlement à cette enquête publique, les services techniques travaillent sur la section Nord. « Notre volonté est de lancer la concertation publique d’ici la fin de l’année ou au tout début de l’année prochaine. La priorité reste de mettre en service la section Nord le plus rapidement possible après l’ouverture de la section centrale, que l’état annonce pour la fin de l’année prochaine. » À la suite d’un glissement de terrain en septembre 2025, les travaux de la partie centrale ont été interrompus. Ils ont repris depuis le 20 juillet 2026.

    Le dossier d’enquête publique est consultable à la mairie ou sur le site de la préfecture. Le public peut porter ses observations en mairie ou via pref-rocadesudgap@hautes-alpes.gouv.fr

    Agathe Di Lenardo