Tag: Procès

  • Condamnés pour guets-apens homophobes

    Condamnés pour guets-apens homophobes

    Triste télescopage d’actualité à caractère homophobe ce jeudi après-midi au tribunal judiciaire d’Avignon. « C’est effarant », glisse-t-on, perplexe, au parquet à la vue de ces affaires. En comparution immédiate, trois personnes étaient prévenues pour avoir, le 30 mars dernier à Bédarrides, volé le véhicule de la victime dans le cadre d’un rendez-vous fixé sur une application de rencontres pour homosexuels. Si l’affaire a été renvoyée, les faits sont qualifiés de vol avec violences, commis en raison de l’orientation sexuelle ou de l’identité de genre de la victime.

    Une caractéristique que l’on retrouve dans une autre affaire, qui a occupé les débats pendant 3h30. D’abord présentés en comparution immédiate le 23 février dernier, trois prévenus étaient jugés ce jeudi, dont deux, les frères Ayoub et Kaysse A., avaient depuis été placés en détention provisoire. Un aspect qui a permis à l’audience de se tenir, malgré la nouvelle demande de renvoi par les avocats en grève. « Le délai d’expiration de la détention est proche », justifie la présidente Céline Simitian. Les deux frères étaient poursuivis pour « violences aggravées suivies d’incapacité n’excédant pas 8 jours » et « extorsion commise en raison de l’orientation sexuelle ou de l’identité de genre de la victime ». À leur côté, Mohamed K., connu au collège, comparaissait sous contrôle judiciaire avec des faits finalement requalifiée en complicité, uniquement sur l’une des trois agressions pour lesquelles l’affaire est jugée.

    Le 8 janvier à Vedène puis, deux fois, le 31 janvier à Avignon, Ayoub (20 ans) et Kaysse A. (19 ans) sont suspectés d’avoir organisé des guets-apens contre des personnes homosexuelles rencontrées sur l’application Romeo. Mohamed K. (20 ans) est uniquement présenté comme étant l’auteur d’une vidéo du 31 janvier. Seulement deux des trois victimes se sont constituées parties civiles et une seule était représentée à l’audience par son avocate, Me Christelle Elineau-Yannakis. « Mon client a honte et il est terrorisé à l’idée des représailles », fait-elle valoir.

    Après avoir délibéré pendant près d’une heure, le tribunal a reconnu coupable Ayoub et Kaysse A. les condamnant à la même peine de 4 ans de prison, 2 ferme et 2 de sursis probatoire avec notamment obligation de soins et de travail [leurs parents ont présenté des promesses d’embauche]. Mohamed K, échappe, lui, au mandat de dépôt malgré une peine de 6 mois ferme, aménageable sous bracelet électronique. Il est condamné à 18 mois de prison dont 12 de sursis probatoire. Le fait qu’il soit scolarisé et « n’ait été qu’un intermittent du spectacle qui a reconnu sa présence », selon son avocat Jalil-Henri Amar, a joué en sa faveur. La procureure, Cécile Charrière, avait requis une peine commune aux deux frères de 5 ans de prison dont 1 an de sursis probatoire et de 3 ans dont 1 an de sursis probatoire pour Mohamed K. « Comparer l’homosexualité à la pédophilie, c’est insoutenable, je ne pensais pas que c’était encore possible en 2026 », pointe la procureure.

    « Sale pédé », des vidéos accablantes diffusées

    Car c’est là le cœur de l’affaire, utiliser un faux profil sur un site de rencontres et tendre un piège ensuite à la victime qui est molestée par plusieurs personnes cagoulées. « Sale pédé », entend-on dans plusieurs vidéos diffusées à l’audience. En garde à vue, Ayoub A a déclaré que « tous les pédés sont des pédophiles » et qu’ils « devraient être en prison comme dans d’autres pays ». Ce jeudi devant le tribunal, le mutisme règne. Considérés comme pénalement responsables de leurs actes par une expertise psy, Ayoub est bien en peine d’expliquer ces gestes. Tantôt dans le déni, les dénégations de propos en garde à vue, ou préférant « garder le silence », il est souvent à peine audible et multiplie les « je sais pas », aux questions de la présidente. Son frère est un peu plus loquace mais tout aussi confus sur les circonstances qui les ont poussées « à s’ériger en justiciers envers des gens qui n’ont rien fait d’autre que d’être différent de vous », selon l’expression de la présidente.

    À tour de rôle, la fratrie explique s’être nourrie des réseaux sociaux et de vidéos où des policiers américains piègent des pédophiles. « Ils font partie de la meute mais ne sont pas les chefs de bande », plaide en défense Isabelle Cuilleret, rejetant sur les réseaux sociaux le mauvais rôle. Très loin du cas vauclusien où aucune preuve de pédophilie n’existe sur les victimes et « surtout vous n’êtes pas policiers, formés et autorisés à agir », appuie Céline Simitian. Du bout des lèvres, les accusés tentent une tardive prise de conscience. « Je n’ai rien contre les homos, ce n’est pas bien ce qu’on a fait », confesse Ayoub. Tous ont dix jours pour faire appel.

    CHIFFRES

    186

    C’est le nombre d’agressions physiques LGBTIphobes en France, rapporté à l’association SOS Homophobie, dans son rapport pour l’année 2025. 67% des victimes sont des hommes, suivi de 15% pour les femmes puis 8% pour les femmes trans.

    66%

    C’est le pourcentage d’agressions qui relèvent des « coups et blessures ». Pour les autres types, d’agressions, c’est 16% de « crachats et jets d’objets», 8% d’agressions sexuelles ou encore 4% de viol ou tentative de viol.

    6/10

    SOS Homophobie note que 6 fois sur 10, l’agresseur est un homme ou un groupe d’hommes. D’où l’analyse de l’association : « Agresser les personnes LGBTI semble être l’apanage des hommes ».

  • Pour que la peur change de camp

    Pour que la peur change de camp

    Difficile à le croire mais la haine homophobe dans notre région continue de s’abattre sur des femmes et des hommes qui n’ont rien demandé d’autre que de vivre leur vie comme elles et ils l’entendent.

    Le procès des guets-apens d’Avignon et de Vedène en est la triste illustration. Trois jeunes, manifestement bas du front, peut-être pas très au clair avec leur propre sexualité pour polariser autant de violence sur les gays, imprégnés des préjugés les plus rétrogrades, ont ainsi tendu des pièges à des homosexuels pour les passer à tabac.

    Les voilà condamnés par la justice. C’est un signal envoyé à toute la société mais aussi un encouragement aux victimes à porter plainte.

    Chasse aux homosexuels

    Trop longtemps, celles et ceux qui ont été pris pour cible par la haine des personnes LGBT+ sont restés silencieux. Par peur du scandale, du regard des autres, de l’accueil de la police ou même de représailles de la part des auteurs de violences.

    La situation évolue et c’est tant mieux. Il est temps, comme pour les violences racistes, antisémites, sexistes et sexuelles, que la peur change de camp.

    C’est une avancée fondamentale dans un monde encore largement dominé par les législations rétrogrades, les intégrismes religieux et les archaïsmes patriarcaux.

    Un monde où la chasse aux homosexuels est récemment entrée dans la loi au Sénégal.

    Une barbarie contemporaine qui ne mérite aucun relativisme, aucun silence gêné, aucun regard fuyant.

    Les LGBT+ sénégalais, elles et eux, méritent en revanche notre solidarité pleine et entière.

  • Les avocats se dressent contre la loi Darmanin

    Les avocats se dressent contre la loi Darmanin

    Dans les palais de justice d’Occitanie, le silence n’est pas celui des audiences ordinaires. Il a le goût d’une colère froide. Depuis le 1er avril à Nîmes, et depuis ce jeudi 9 avril à Montpellier, les avocats pénalistes entrent en grève contre le projet de loi « Sure » porté par le garde des Sceaux Gérald Darmanin, qui entend créer une procédure de « jugement des crimes reconnus » – un plaider-coupable étendu à certains crimes.

    Au barreau de Nîmes, le mouvement a été voté en assemblée générale le 30 mars : plus aucun avocat commis d’office ne se dit prêt à intervenir jusqu’à nouvel ordre sur des pans entiers de l’activité pénale (comparutions immédiates, juge des enfants), avec un levier central : l’arrêt des désignations par le bâtonnier, notamment pour les procédures de comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC). « Le plaider-coupable ne garantit pas suffisamment les droits de la défense », alerte Me Romain Léonard, vice-bâtonnier. Et de pointer un consentement « sous contrainte », lorsque la promesse d’une peine plafonnée se combine à la détention provisoire et à la menace d’un procès plus lourd.

    L’audience, la bataille

    du « temps long »

    À Montpellier, le conseil de l’Ordre a voté à l’unanimité une grève en matière pénale du 9 au 14 avril (hors contentieux de la liberté), avec demandes de renvoi et une « journée justice morte » annoncée lundi 13 avril, jour où le texte doit arriver en séance au Sénat. Pour Me Iris Christol, bâtonnière de Montpellier, la réforme revient à « condamner sans juger » : un procureur propose une peine sur dossier, sans procès, et la victime perdrait l’espace de parole qui fait aussi la fonction démocratique et réparatrice de l’audience. « L’audience, c’est du temps long », résume-t-elle, à l’opposé d’une justice qu’elle juge « mécanique ».

    Les barreaux dénoncent aussi le délai imposé aux parties civiles : dix jours pour accepter ou refuser la procédure. Trop court, disent-ils, pour mesurer ce que l’on abandonne en renonçant au procès public, à l’oralité, aux témoins, aux experts, au contradictoire. À Nîmes, Me Séverine Moulis met en garde contre une justice rendue « en catimini » et refuse que l’avocat serve « d’alibi à une sanction » négociée.

    La Chancellerie, elle, défend une réforme concertée, soutenue par une majorité de magistrats, conforme à l’État de droit, et présentée comme un outil supplémentaire, non obligatoire, soumis à l’accord du prévenu, de la victime et du parquet, avec avocat obligatoire à chaque étape. Reste que, pour une partie des professionnels, cette troisième voie installerait une justice à deux vitesses, au détriment du contradictoire et de la publicité des débats, tandis que magistrats et organisations d’avocats appellent aussi à des actions le 13 avril.

  • Le procès contre « La Marseillaise » renvoyé à 2027

    Le procès contre « La Marseillaise » renvoyé à 2027

    Rendez-vous dans un an… La présidente du tribunal correctionnel de Marseille a donc choisi de fixer la date du procès au fond au 6 avril 2027. En pleine campagne présidentielle, alors que l’extrême droite est annoncée aux portes du pouvoir, le rendez-vous aura forcément un goût particulier. D’ici là, quatre audiences intermédiaires sont programmées en juin, septembre, novembre et février.

    À l’origine de ce marathon judiciaire, le député d’extrême droite du Gard, Alexandre Allegret-Pilot, présent mardi à la barre du tribunal sans son avocat, accuse La Marseillaise de diffamation. L’objet de son action ? Deux articles. Un premier portant sur des tweets si outranciers que son compte avait été désactivé par la plateforme X qui n’est pourtant pas la plus prompte à modérer les publications injurieuses. Le second relatait la validation par ce député, lorsqu’il était haut fonctionnaire à Bercy, d’une aide publique à une entreprise privée pas encore créée… Une affaire révélée par Le Monde que notre journaliste Tristan Arnaud n’avait fait que rapporter et pour laquelle le quotidien national n’est par ailleurs pas inquiété.

    Procédures bâillon

    Un deux poids, deux mesures qui interpelle les nombreux soutiens rassemblés mardi devant le tribunal pour suivre l’audience. Comme il y a six mois, lorsque Tristan Arnaud et Léo Purguette, président de La Marseillaise, ont été entendus par la juge suite au dépôt de plainte de l’élu d’extrême droite, ils étaient des dizaines sur les marches du palais de justice pour affirmer leur attachement au journal et à la liberté de la presse, pilier de notre démocratie et de l’état de droit. Des mots dans toutes les bouches.

    Les Amis de La Marseillaise, et leur président Serge Baroni étaient en première ligne dans ce combat. « Une évidence », glisse ce dernier plus déterminé que jamais en rappelant « toutes les péripéties depuis la reprise du journal à la barre du tribunal de commerce ». À ses côtés des représentants du monde associatif et militants progressistes.

    Parmi eux, Annick Karsenty, la présidente de l’association féministe Femmes Solidaires 13, Bernard Eynaud, président de la Ligue des droits de l’homme 13, Horiya Mekrelouf, la présidente du Mrap 13, Cathy Aubron, la présidente du Mouvement de la Paix, Patrice Kantarjian, le secrétaire régional de la CGT, un représentant du MNLE, ou des jeunes communistes du MJCF 13. « Je suis venu soutenir ce journal qui nous accompagne et qui plus est face à un député du Front national. RN, FN, pour moi ce sont toujours les mêmes… Ils portent plainte pour diffamation mais il faut qu’ils se regardent dans la glace et se mouchent leur nez », persifle François le Verne, secrétaire de l’USR CGT Vitrolles.

    « La Marseillaise et CPMM ont une histoire intimement liée par rapport à notre mission qui est de distribuer la presse pour la rendre accessible partout et pour tous. Le journal a toujours soutenu notre coopérative dans ses combats de la liquidation de Presstalis à la création de la CPMM, et encore aujourd’hui dans l’évolution de nos activités », apprécie Jonathan di Ruocco, adjoint de direction de la Coopérative de presse et de messagerie méditerranéenne.

    « Nous avons naturellement appelé à la mobilisation, poursuit Dylan Zeitoun, du PCF 13. On ne peut pas cautionner les procédures bâillon qui musellent la presse a fortiori quand elle porte les luttes sociales. C’est une méthode traditionnelle de l’extrême droite qui s’en prend aux médias progressistes », note le représentant du PCF 13, faisant le lien avec le poids croissant du journal dans le Gard.

    « Ce député ne respecte en rien les usages de notre République », abonde de son côté Sylvain André, maire PCF de Cendras, commune de la 5e circonscription du Gard où est élu Alexandre Allegret-Pilot. Il est venu « soutenir la liberté de la presse et la démocratie ». Il rappelle cet épisode où le conseil municipal de sa commune a décidé d’afficher le drapeau palestinien, le jour de la reconnaissance de l’État de Palestine par la France à l’ONU. « Il devait être retiré le lendemain, le préfet était au courant mais ce député s’est filmé dans la nuit en train de le retirer. On est dans le trumpisme, il ne vit que par le buzz et la petite vidéo », conclut Sylvain André. Hier encore, alors que Léo Purguette remerciait les présents et achevait son discours par un « Vive La Marseillaise et vive la résistance », l’élu d’extrême droite, lui, se mettait en scène en vidéo…

    Attachés aux valeurs de La Marseillaise

    Bernard Eynaud LDH 13

    « On doit résister ensemble mais on est inquiet car on voit aussi à droite, cette tendance qui fait bon ménage avec l’économie de marché capitaliste. Dès qu’ils peuvent supprimer des libertés fondamentales, ils s’y emploient. L’extrême droite, elle, c’est son boulot, elle est en embuscade, ce rapport de force a toujours existé, et on gagnera si on est capable d’avancer collectivement sur la justice sociale, d’égalité des droits. »

    Serge Baroni Amis de La Marseillaise

    « Ces attaques en justice ont pour but de mettre le journal en difficulté financière mais on peut compter sur tous les soutiens que l’on a. On sera plus fort qu’eux. Les Amis de La Marseillaise se développent dans le Gard et partout, on a des adhérents a qui le pluralisme tient à cœur en Belgique, dans les Ardennes, le sud-ouest, bien au-delà de la zone de diffusion. »

    Thierry Camusso Filpac CGT La Provence

    « Je suis là pour soutenir un journal qui nous soutient dans toutes les luttes et est toujours là pour nous. On ne comprend pas pourquoi ils sont encore attaqués par le Rassemblement national… c’est un journal libre qui s’exprime pour la pluralité de la presse. L’extrême droite gagne du terrain et ces gens veulent nous museler. On ne laissera pas faire. »

    Horiya Mekrelouf Mrap 13

    « C’est la place du Mrap et des antiracistes que d’être aux côtés de La Marseillaise pour contrer les attaques de l’extrême droite. Quand on l’attaque, on attaque la liberté d’expression mais aussi les fondements même de ce que représente ce journal né dans la résistance, qui s’est battu contre le fascisme, l’extrême droite et le racisme du gouvernement de Vichy, et continue ce combat. »

    Agnès Daures Élue d’opposition à Aix

    « On sait que le RN est l’ennemi mortel des travailleurs, il défend le grand capital, vote toutes les lois antisociales. Si il arrive aux affaires en 2027, il commencera par museler la presse, on en a l’exemple aujourd’hui. En plus d’être raciste, sexiste, l’extrême droite est hautement liberticide et c’est tout ce qu’on combat. »

    Pierre Rochard FSU 13

    « C’est important de soutenir La Marseillaise face à cette extrême droite qui essaie de la museler ou de s’approprier les médias. La FSU a toujours lutté contre l’extrême droite et continuera. Ce député s’exprime beaucoup sur X qui n’est pas un réseau impartial mais il s’est fait sucrer sa publication… il y a un problème. Il y a deux poids deux mesures. »

    Annick Karsenty Femmes solidaires 13

    « On est très liées à ce journal avec qui on mène un combat commun. Il y a la liberté de la presse, la possibilité de s’exprimer librement et il faut la conserver. Femmes Solidaires se bat là-dessus aussi. Ces attaques de l’extrême droite me font penser à 1938 quand on brûlait les livres, les journaux, qu’on interdisait la presse… il y a des relents nauséabonds qui arrivent dans ce pays, où qu’on soit. »

    Sylvain André Maire PCF de Cendras

    « Au-delà des idées de l’extrême droite, se replier sur soi et pointer des boucs émissaires, ce député est très virulent et ne respecte en rien les usages de notre République et de la démocratie. Il ne vit que par le buzz, la vidéo, le coup de com’, l’invective avec, je dirais même, avec un brin de méchanceté gratuite sur des élus de gauche. Il ne faut pas lui laisser un mètre. »

    Jonathan di Ruocco CPMM

    « Alors qu’on croule sous les informations mensongères et les polémiques, avoir un journal de presse quotidienne régionale qui fait un travail sérieux et porte une ligne éditoriale imprégnée par l’éthique journalistique au service des combats progressistes qu’elle met en avant, est important, comme montrer notre solidarité face aux attaques mensongères et politiques de ce député FN. »

    Cathy Aubron Mouvement de la paix

    « En tant que pacifistes, nous défendons la liberté de la presse qui est un des huit points de la culture de la paix dont nous faisons la promotion car pour nous, il n’y a pas de paix sans liberté de la presse. La Marseillaise est attaquée injustement quand on voit que Le Monde n’a pas été attaqué pour les mêmes informations. Pourquoi ? L’atmosphère est très particulière avec une banalisation de la haine. »

    Romane Massip MJCF 13

    « On est là pour soutenir La Marseillaise poursuivie en justice pour avoir simplement bien fait son travail. On sait que les élus d’extrême droite vont être à l’offensive que ce soit contre nos médias qui se positionnent à gauche ou contre les élus de gauche qui vont venir porter des politiques sociales. On ne laissera pas faire. »

    Patrice Kantarjian Comité régional CGT

    « C’est symptomatique de la période. On sait que les paroles de progrès qui n’entrent pas dans l’idéologie dominante seront contestées voire réprimées. C’est ce qui a été révélé par la presse progressiste justement avec le plan Sterin. On est peut-être dans ça et c’est bien que La Marseillaise incarne cet esprit de résistance qui donne voix aux travailleurs. »

  • Le bourreau de Laëtitia jugé pour viols et torture en mai à Digne-les-Bains

    Le bourreau de Laëtitia jugé pour viols et torture en mai à Digne-les-Bains

    C’est une affaire sordide, que les médias comparent à celle de Mazan, qui sera jugée par la cour d’assises des Alpes-de-Haute-Provence du 18 au 22 mai 2026. Il est reproché à Guillaume B., responsable d’agence bancaire à Manosque, d’avoir violé, torturé et livré à des dizaines d’inconnus sa compagne Laëtitia pendant des années à Manosque, La Seyne-sur-Mer et Grasse. Il est également poursuivi pour détention d’armes sans autorisation. La mère de famille de 42 ans avait décrit le calvaire qu’elle a vécu à France Info : « C’étaient des coups de poing, des entailles dans le dos au cutter ou avec un couteau. Il me frappait aussi avec une planche à découper. J’étais souvent à sang. Il me brûlait aussi avec sa cigarette. »

    En plus de la violence physique, Laëtitia décrivait une emprise psychologique à nos confrères.

    Violence et emprise

    « Il me menaçait de me faire perdre la garde de mes enfants, d’envoyer à mes parents des images intimes et dégradantes de moi. Il décidait de mon heure de lever, de mon heure de coucher. Il décidait de mes vêtements, de ma coiffure, de mon maquillage. Il choisissait les appels et les mails auxquels je pouvais répondre. C’est lui qui décidait si je pouvais aller ou non chercher mes enfants à l’école. Même pour acheter une baguette de pain ou aller aux toilettes, je devais demander son autorisation. » Laëtitia dit aujourd’hui être « incontinente » et « handicapée » à cause des sévices subis. C’est une de ses amies qui avait alerté les forces de l’ordre en 2022. Guillaume B. avait alors été placé en garde à vue, puis en détention provisoire après l’ouverture d’une enquête.

  • Banderole raciste : 3 mois avec sursis pour les cinq identitaires

    Banderole raciste : 3 mois avec sursis pour les cinq identitaires

    La cour d’appel a confirmé le jugement du tribunal correctionnel de Marseille et condamné pour provocation publique à la haine, à la violence et à la discrimination contre les personnes d’origine africaine cinq militants d’extrême droite du groupuscule « Défends Marseille », affilié au sénateur Stéphane Ravier. La cour confirme la peine de première instance pour 4 membres du groupe à 3 mois sursis et allège celle de Aurélien Macé, leur meneur, de 6 à 3 mois avec sursis.

    Le 24 juin 2023, en plein concert de soutien à SOS Méditerranée – l’ONG qui depuis 2016 a secouru 42 700 migrants – ce quintuple haineux juché sur le toit d’un immeuble de la Tourette dont ils avaient forcé la porte, avait déroulé une immense banderole où l’on pouvait lire « Qu’ils retournent en Afrique, #defendsMarseille » et scandé des textes haineux.

    « Loin de défendre Marseille, ce mouvement salit l’image de notre ville avec sa banderole », réagit Me Alain Lhote pour la Maison des Potes.

    « Les juges n’ont pas été dupes de leur argumentation affirmant qu’ils étaient animés de convictions «”charitables” voire “chrétiennes” pour l’un d’entre eux », déclare Me Serge Tavitian pour la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme (Licra), qui avait rappelé au procès que « le texte scandé lors du déploiement de la banderole et diffusé sur les réseaux sociaux, appelant à se révolter contre le virus, l’hémorragie, que représenterait l’immigration, reprenait le vocabulaire employé jadis contre les Juifs ou les Arméniens rescapés du génocide. »

  • Au procès des bébés congelés, la cause des décès fait débat entre experts

    Au procès des bébés congelés, la cause des décès fait débat entre experts

    Les deux nourrissons retrouvés en 2022 dans le congélateur d’Aurélie S. sont-ils décédés accidentellement ? Là est tout l’enjeu des auditions de ce vendredi 20 mars, deuxième jour du procès devant la cour d’assises d’Avignon.

    Car l’accusée assure que l’un d’eux, pour lequel elle a fait un déni de grossesse, était mort-né et que l’autre est décédé suite à une chute dans les escaliers.

    Ont notamment été entendus dans la matinée des médecins qui ont réalisés les expertises médicales. Dans les deux cas, des tests dits de flottaison réalisés sur les poumons des enfants prouvent qu’ils ont respiré après la naissance et que les petites filles étaient donc « viables ».

    Pour le décès du premier-né, surnommé Ange ou X2, les avis des experts médicaux divergent. Celui-ci aurait vécu plusieurs jours. Le Dr Ben Slima estime que les blessures constatées sont imputables à des traumatismes liés à la naissance « sans assistance médicale ». Le Dr Ali Meddeb, lui, estime que la chute décrite par l’accusée ne correspond pas aux blessures. Tandis que le Dr Garnier, qui a réalisé des analyses supplémentaires, estime que les lésions sont dues à des traumatismes ultérieurs à la naissance, possiblement imputables à une chute. L’hypothèse d’une « fausse route » alimentaire est aussi évoquée, du lait maternel ayant été retrouvé dans la trachée, ce qui pourrait être lié à un traumatisme crânien. Mais chacun explique qu’un cerveau de nourrisson est particulièrement fragile et que les années de congélation, puis la décongélation de 48 heures, compliquent les analyses. Des avis divergents pointés par l’avocate de la défense, Charlotte Bres.

    Pour la deuxième, surnommée Allya ou X1, dont le cordon ombilical était encore attaché ainsi que le placenta, cette dernière serait décédée quelques heures après sa naissance et aurait également pu vivre « avec une assistance médicale adéquate », confirment les experts. Un décès qui serait dû « à un accouchement difficile », assure la défense. Si des traces de THC (le principe actif du cannabis) ont été retrouvées chez les deux bébés, dues à une consommation pendant la grossesse, l’analyse toxicologique précise que ce n’est pas compatible avec un décès dû à une intoxication.

    Les autres filles d’Aurélie S. entendus dans l’après-midi, n’ont rien vu venir pour le deuxième enfant. Quant au premier, la mère leur a assuré qu’il avait adopté par « un couple belge ».

  • Quand des officiers de tir simulaient l’apocalypse

    Quand des officiers de tir simulaient l’apocalypse

    À cinq cent mètres du bistrot du village, se trouvait l’accès à l’ancien poste de conduite de tir n°1 des missiles stratégiques de la force de frappe, là où entre 1971 et 1996 se sont succédés 182 officiers, des binômes aguerris, cloîtrés H24 dans une capsule blindée enfoncée à 1,7 km du sas d’entrée et à 500 mètres sous la montagne. Recevant l’ordre présidentiel irrévocable, ils devaient activer le tir simultané des 18 missiles de plus d’un mégatonne enterrés dans des silos sur le plateau d’Albion. Le poste de tir de Rustrel avait son jumeau à 30 km à Reilhannette (Drome) où deux autres officiers contrôlaient 9 autres missiles. Ce PC n°2 a lui été intégralement démantelé.

    En 1963, le conseil de défense décide d’investir le plateau d’Albion, plus sûr géologiquement que le plateau de Valensole. La cité Saint-Michel de 874 logements à Apt pour accueillir les militaires et leur famille. On aménage des routes adaptées aux convois de missiles. En 1968, plus de 1 000 ouvriers s’activent pour extraire 74 000m3 de roches et couler 40 000m3 de béton armé. La forteresse inexpugnable comprend sa propre centrale électrique, ses circuits d’aération, des galeries à angle droit pour casser le souffle d’une bombe ennemie, des puits de gaz brûlés, des tunnels et des puits d’évacuation de 1,6km, des trappes piégées et la fameuse capsule. On construit la base aérienne de Saint-Christol où 2 000 personnes vont, les installations de transmissions du Mont Ventoux, de la montagne de Lure et du Luberon. Le 1er Groupement de missiles stratégiques s’installe. Mais c’est à la gendarmerie qu’est confié le boîtier de contrôle gouvernemental des ogives, la surveillance des sites, l’escorte des convois et des équipages d’officiers de tir.

    « Pendant cinq ans, j’ai eu la responsabilité du tir de 9 missiles », nous avait confié en 2006 Jean-Louis Cahu, qui a été un très jeune officier de tir de 1979 à 1984. À 22 ans, il avait sous sa responsabilité des vecteurs de 96 fois la puissance de la bombe A qui a rasé Hiroshima le 6 août 1945 tuant instantanément 70 000 personnes. Sa désertion le 11 novembre 1984 a été un coup de tonnerre. À 26 ans, au terme d’une prise de conscience personnelle, il médiatisait son refus de tourner la clé.

    Des simulations d’incidents nucléaires

    Son quotidien était de surveiller les missiles dans les silos, de faire des exercices de mise sous tension. « J’avais la commande de tous les outils d’action mécanique sur les missiles. Chaque action, quelle que soit la commande qui visait à interagir avec le missile, ne se faisait jamais à la légère car nous agissions sur des “engins vivants”. Nous simulions des incidents nucléaires en vitesse accélérée pour voir en situation de stress maximal jusqu’où l’officier pouvait aller. » Des simulations qui n’étaient pas un jeu mettaient les nerfs de ces officiers à rude épreuve, précisément pour les filtrer. « Certains ont craqué à quelques secondes du tir. Dans les périodes de tensions internationales, on a eu des moments chauds à l’intérieur de la capsule. On ne pouvait pas vivre de situations plus stressantes qu’à ce poste. Je suis la démonstration que lorsqu’on ne croit plus à la dissuasion nucléaire, on ne peut plus tenir ce poste », avait-il confié à La Marseillaise. À ses procès il avait revendiqué un droit à l’objection permanente.

    L’ordre présidentiel devait leur parvenir par des canaux de transmissions durcis et redondants. « Ce n’est pas pour rien qu’on nous appelait les “hommes du Président”. Ma seule autorité, c’était le Président, le Premier ministre et le ministre de la Défense. Il n’y avait pas plus secret que ce poste de tir », disait l’ancien officier toujours astreint au silence.

    En février 1996, Jacques Chirac a signé la fin d’Albion. La dernière ogive a quitté le plateau le 26 février 1998. La science est descendue aux abris et des silos ont été recyclés en déchetterie, en plateforme d’observation astronomique. On peut même boire des canons au Bistrot de Lagarde sur un ancien silo. Sur le plateau, la Légion étrangère protège désormais les « grandes oreilles » d’une station d‘écoute de la DGSE car la « grande muette » est tout sauf sourde.

    Lire : [Immersion] Le « LSBB », un labo enfoui à l’écoute du silence

    « On ne pouvait pas vivre de situations plus stressantes »

  • Le milliardaire Mohed Altrad veut jouer son match retour à Montpellier

    Le milliardaire Mohed Altrad veut jouer son match retour à Montpellier

    Novice en politique en 2020, le milliardaire Mohed Altrad a échoué à devenir maire de Montpellier. Troisième avec 13,31% au premier tour (6 899 voix) et à la même place au second tour avec seulement 18,12% (9 226 voix), il a fini d’être plombé par son alliance opportuniste incomprise avec Alenka Doulain (proche des Insoumis) et l’humoriste Rémi Gaillard.

    Pas de quoi refroidir l’homme d’affaires qui jure avoir appris de ses « erreurs ». « Trébucher, tomber, me relever, c’est toute ma vie », a-t-il confié à ses 500 soutiens venus l’écouter au Dièze Warehouse. Parmi eux figuraient le sénateur Jean-Pierre Grand (parti Horizons d’Édouard Philippe), l’ex-secrétaire d’État macroniste Patricia Mirallès, le maire de Saint-Georges d’Orques Jean-François Audrin (Horizons). Des anciens compagnons de l’ancien maire Philippe Saurel également à l’instar de Stéphanie Jannin ou Annie Yague. Mais aussi le professeur Charles Sultan, fâché avec Michaël Delafosse. Sans oublier le fidèle Salim Jawari élu d’opposition. Actuel président de la commission des finances, celui-ci fustige « l’endettement multiplié par 5 de la Ville de Montpellier » et « l’écologie dogmatique financée par vos impôts » avec des plantations à « 435 000 euros l’arbre place de la Comédie ».

    Ultra-protégé avant sa montée sur scène, Mohed Altrad n’a lui aussi pas tardé à dégainer. « Montpellier est dirigée comme une section du PS. Je suis venu pour démanteler ce système et rendre Montpellier à ses habitants », prévient le patron du club de rugby (MHR) en conflit avec la municipalité au sujet du stade et de son projet de « village rugby ». Il projette de revoir les attributions de subventions aux associations pour « mettre fin au clientélisme ».

    Cantines gratuites

    et couvre-feu dès 22h

    Pour convaincre les curieux, il a d’abord recyclé sa parabole de « l’enfant du désert » parti de rien pour devenir richissime. Plutôt qu’un « politicien de plus » dont Montpellier dit-il n’a pas besoin, il se présente comme un « bâtisseur ». Fort de son succès dans les affaires, il promet – sans dire comment – de créer 30 000 emplois et de faire de Montpellier une « ville zéro chômeur », ce qui n’existe nulle part ailleurs.

    Au risque que cela déplaise à la frange droitière de son électorat, il souhaite doubler le nombre d’habitats sociaux et favoriser l’accession à la propriété après 15 ans. « Le logement social ne doit pas être une prison. » Pour transformer « l’une des villes de sa taille parmi les plus pauvres de France », Mohed Altrad entend « passer de la politique des discours à la politique des actes ».

    Procès en appel en 2026

    Jonglant avec les paradoxes, il critique le coût de la gratuité des transports – « Un jour quelqu’un devra payer la note » – mais n’y touchera pas puisqu’elle est appréciée. Il fustige la « Ville qui vit à crédit » mais promet « des cantines scolaires gratuites pour tous les enfants sans conditions ». Le tout sans hausse d’impôts. Acrobatique.

    Comme inspiré par Robert Ménard (extrême droite) à Béziers, Mohed Altrad prévoit « pour protéger » un couvre-feu dès 22h pour les mineurs de moins de 16 ans. « Traîner dans les rues à 12-14 ans, ce n’est pas la liberté, c’est l’abandon. » Il veut aussi créer une brigade municipale de propreté et un plan « anti-bouchons ». S’il est élu maire, celui qui n’a jamais mis un pied au conseil municipal avant de démissionner en 2024, jure d’abandonner le projet de chaudière CSR (Combustible solide de récupération) pour brûler les déchets. « Je ne veux pas de scandale sanitaire. Montpellier ne sera pas un énième cobaye. La santé des Montpelliérains ne se négocie pas. »

    À bientôt 78 ans, l’entrepreneur qui vise aussi la présidence de la Métropole de Montpellier, conclut son entrée en campagne sur une note populiste. « Je ne prendrai pas un centime. Mes indemnités seront reversées aux associations. » Quand on pèse plusieurs milliards d’euros, c’est plus simple. En revanche pas un mot sur sa condamnation en première instance pour « corruption active, trafic d’influence et abus de biens sociaux » dans l’affaire qui le lie à la Fédération française de rugby. En septembre 2026, les compteurs seront remis à zéro lors du procès en appel. Fin 2022, Mohed Altrad avait écopé de 18 mois de prison avec sursis et deux ans d’inéligibilité.

  • Jour J pour l’avenir politique du maire d’Orange Yann Bompard

    Jour J pour l’avenir politique du maire d’Orange Yann Bompard

    C’est un délibéré d’une extrême importance que doit rendre, ce lundi matin, le tribunal correctionnel de Marseille. À moins de deux mois du premier tour des municipales (15-22 mars), la décision est en passe de bouleverser le paysage politique à Orange, ville détenue par l’extrême droite et la famille Bompard depuis 1995. Le fils, Yann, maire depuis 2021 du fait de la condamnation de son père devenu inéligible, risque le même sort que son paternel.

    À la mi-décembre, à l’issue de son procès où il est poursuivi pour emploi fictif et détournement de fonds publics lorsqu’il était assistant parlementaire de la députée RN Marie-France Lorho, la procureure a requis 5 ans d’inéligibilité avec exécution provisoire. Autrement dit avec application immédiate de la peine. Le maire (Ligue du sud) risque aussi deux ans de prison avec sursis, 15 000 euros d’amende et la confiscation de 8 000 euros sur son compte joint. Aux yeux de nombreux observateurs, il semble illusoire que Yann Bompard échappe à l’inéligibilité. Si celle-ci venait à être confirmée, cela marquerait un tournant dans l’histoire politique d’Orange.

    Évidemment, si proche des élections, les Orangeois ne devraient pas être convoqués aux urnes pour une élection anticipée et le conseil municipal devrait élire un maire ultra transitoire. Bien malin qui pourrait prédire la relève alors que Jacques Bompard n’a pas achevé son inéligibilité. Dans la majorité, « les rats quittent le navire », n’a pas manqué de railler Yann Bompard lors du dernier conseil municipal. Plusieurs élus, comme son 1er adjoint, ont tôt fait de rejoindre les rangs du RN qui, pour les municipales, a investi Jean-Dominique Artaud, issu aussi des rangs Bompard puis mis au ban.

    La députée RN dans l’incapacité de concourir ?

    Outre Yann Bompard, une autre figure de l’extrême droite orangeoise pourrait aussi être inéligible : Marie-France Lorho, députée RN et discrète conseillère municipale. Jugée en même temps que son ex-collaborateur parlementaire a priori fantoche, Marie-France Lorho risque, pour sa part, 18 mois de prison avec sursis, 10 000 euros d’amende, et cinq ans d’inéligibilité avec exécution provisoire. En cas d’appel, elle pourrait néanmoins finir son mandat de députée sans toutefois pouvoir être candidate aux municipales ou à d’autres futurs scrutins.

    Le procès, notamment en dévoilant des écoutes téléphoniques, avait démontré la vacuité du travail de Yann Bompard auprès de la députée. Lors de ses réquisitions, la procureure avait pointé « le déni » des accusés sur les faits reprochés et que ne pas les condamner serait « leur laisser une seconde chance d’abuser de leur mandat ». La décision de ce lundi matin devrait donc mettre un coup d’accélérateur à la campagne à Orange, où un collectif citoyen Tous orangeois, et sa tête de liste Antoine Boudet, entendent remettre « de la sérénité » dans le débat public.