Tag: Printemps Marseillais

  • Marine Tondelier à Marseille pour une nouvelle victoire

    Marine Tondelier à Marseille pour une nouvelle victoire

    C’est la première visite d’envergure depuis l’entrée en campagne de Benoît Payan. Marine Tondelier, secrétaire nationale des Écologistes, était mercredi à Marseille pour soutenir le maire (DVG) sortant et le Printemps marseillais. Arrivée en fin d’après-midi en gare Saint‑Charles, la patronne des Verts a déambulé en centre‑ville avant de rejoindre le QG de campagne sur la Canebière.

    « Les électeurs ne leur pardonneront pas »

    À ses côtés, l’état‑major écologiste local et des figures de la majorité. Au premier rang, Michèle Rubirola qui a conduit la gauche à la victoire en 2020, le sénateur Guy Benarroche, le maire des 4-5, Didier Jau, les adjoints Christine Juste et Hervé Menchon, la maire (Mad Mars) des 6-8, Olivia Fortin, ou l’adjointe (PCF) aux solidarités, Audrey Garino. « Nous sommes là pour la victoire de l’OM et celle du Printemps marseillais les 15 et 22 mars », s’amuse la patronne des Écologistes. Mais avant de filer au Vél’, Marine Tondelier est vite redevenue sérieuse.

    Insistant sur « l’accord historique » noué autour de Benoît Payan et accusant Martine Vassal, la présidente (DVD) de la Métropole de « régler ses comptes sur le dos des Marseillais », Marine Tondelier souligne la nécessité d’un second mandat « pour concrétiser ». « On a commencé à rendre cette ville vivable, cette transformation écologique et sociale doit continuer », abonde Michèle Rubirola quand le maire défend l’union construite depuis 2020. « On devait se rassembler, c’était notre responsabilité après avoir travaillé six ans ensemble. On nous a dit qu’on ne tiendrait pas six mois… nous voilà, rassemblés pour six ans encore, avec la conscience profonde que l’union des écologistes, des progressistes, des humanistes, est une nécessité absolue ».

    « Les Écologistes ont l’antifascisme au cœur et nous ne tremblons pas sur ce sujet », poursuit sa secrétaire nationale, en écho aux sondages dessinant une poussée de l’extrême droite sur la ville. Une pique surtout adressée à la France insoumise et à son candidat, Sébastien Delogu : « Quand on voit un RN aussi haut, on ne peut pas entendre un candidat de gauche dire : Mon but, c’est que M. Payan ne soit plus maire. Là, on a un problème… Je pense que les électeurs ne leur pardonneront pas ».

    Benoît Payan, lui, prend de la hauteur : « Pour la première fois le destin de cette ville, la plus vieille de France peut basculer vers un parti dont le fonds de commerce est la division, la haine des autres, le repli sur soi, la communautarisation des gens, l’exclusion de celles et ceux qui ne seraient pas dans un standard. Ce serait un déni de son histoire. »

    Sans céder aux promesses irréalistes, il revendique un cap : « Protéger les Marseillaises et les Marseillais, changer le destin de cette ville sur un chemin exigeant mais sain ». Et de conclure : « Le seul risque ici, c’est le RN. Nous ne le permettrons pas. »

  • La solidarité comme fil rouge du Printemps marseillais

    La solidarité comme fil rouge du Printemps marseillais

    La solidarité n’est pas une compétence obligatoire pour une municipalité mais elle traduit « le premier engagement du Printemps marseillais pour une ville plus juste » et constitue un « fil rouge » qui irriguera l’ensemble du programme. Lundi, Audrey Garino, adjointe (PCF) au maire de Marseille en charge des affaires sociales, inaugurait la séquence programmatique de la campagne de la majorité sortante, en présentant son premier volet consacré à la lutte contre l’exclusion et la pauvreté.

    Un domaine dans lequel la municipalité s’est montrée en première ligne ces six années écoulées avec les signatures avec l’État du premier Plan pauvreté municipal et du contrat territorial d’accueil de France, la création de 525 places d’hébergement d’urgence, la hausse de 50% du budget dédié à la solidarité, la création de douches municipales, ou la mise sur orbite d’un Ehpad municipal.

    Plus étoffé qu’en 2020, l’axe solidarité du nouveau programme s’articule autour de vingt mesures ciblées pour lutter contre toutes les formes de précarité. « Avec une méthode, la concertation ; un outil, le service public ; et une constante, l’accès aux droits et aux besoins fondamentaux », explique Audrey Garino, accompagnée de Cécile Suffren, directrice générale d’Habitat alternatif social.

    Régie publique de l’eau

    En la matière, le printemps marseillais ambitionne d’étendre le dispositif Territoire zéro non-recours, déjà expérimenté, à l’ensemble de la ville, et de créer un baromètre local du non-recours aux droits, ainsi qu’un « Pass solidarité » pour ramasser l’offre municipale et faciliter l’accès aux équipements et services publics.

    Pour accompagner les seniors, la municipalité de gauche propose la création d’un service public local d’aide au maintien à domicile et une 5e résidence autonomie sur le site de l’Entraide au Roy d’Espagne. Face au sans-abrisme, elle entend créer 1 000 nouvelles places d’hébergement d’urgence, doubler les fontaines d’eau et toilettes publiques, et pousser la mise en place d’un plan national de résorption des squats et bidonvilles.

    Parmi les grands chantiers figure le retour en régie publique de la gestion de l’eau, dont la délégation de service public confiée à la Société des Eaux de Marseille arrive à échéance en 2029. Objectif ? Garantir la gratuité des premiers mètres cubes. Autre gros dossier, la création d’une Mutuelle municipale visant à lever les freins dans l’accès aux soins. Dans le viseur, les étudiants, retraités, chômeurs, travailleurs indépendants et précaires.

    Le pouvoir d’achat fait aussi l’objet de mesures fortes avec des tarifs sociaux renforcés et une cantine gratuite étendue à 15 000 enfants, la hausse du kit de rentrée scolaire à 150 euros et le doublement du nombre de repas gratuits pour les étudiants. Le programme prévoit aussi des actions spécifiques pour les jeunes mineurs non-accompagnés en recours, ainsi « qu’une solidarité inconditionnelle » envers les migrants et « un soutien renforcé à SOS Méditerranée » conclut, offensive, Audrey Garino.

  • Municipales : Génération écologie veut la décarbonation de Marseille

    Municipales : Génération écologie veut la décarbonation de Marseille

    Signataire du pacte de rassemblement des forces de gauche dans les Bouches-du-Rhône, Génération écologie (GE) a livré ses contributions au programme du Printemps marseillais, en s’appuyant sur l’action engagée depuis 2020 par la majorité municipale de gauche. Autour de Cécile Vignes, cheffe de file du parti à Marseille, co-référente départementale et élue des 11e et 12e arrondissements -récemment ralliée au Printemps marseillais-, des responsables et élus : France Gamerre, vice-présidente d’honneur de GE, Michel Villeneuve, chercheur CNRS émérite, Eliott Perinchio, adjoint à Olivia Fortin, la maire des 6-8, Nicole Landou, membre du bureau exécutif départemental, et Rosette Denia‑Salone, élue des 6-8.

    « Les bases sont solides et ce qui a été impulsé doit grandir », souligne Cécile Vignes, consciente des attentes encore fortes de la population. « Le temps politique est court, il a fallu prioriser : les écoles, la sécurité et l’engagement d’une ville plus verte avec la préservation des terres agricoles, les parcs rénovés… »

    Génération écologie revendique une écologie « populaire et joyeuse » qui concerne les citoyens, loin d’un discours anxiogène. Objectif prioritaire : préparer « Marseille à 50 degrés », en articulant écologie et justice sociale autour de quatre axes : habiter mieux, construire mieux, consommer mieux et travailler mieux.

    « Ville régénératrice »

    Sur la base des labels européens « 100 Villes neutres en carbone d’ici 2030 » et « Ville climatiquement neutre et intelligente » obtenu sur le dernier mandat, le parti défend l’idée d’une « ville régénérative », capable de devenir une capitale de la décarbonation et de la « perma-industrie ». « Marseille entraîne tout le territoire : elle peut être un trou noir ou une étoile », avertit Cécile Vignes, appelant à une vision métropolitaine fondée sur la coopération. La rénovation des bâtiments dégradés figure au cœur des propositions, via « l’auto-réhabilitation accompagnée » associant habitants, associations et entreprises locales. Sur le volet économique, GE plaide pour une redynamisation des friches, un soutien aux filières biosourcées et à l’économie circulaire, ainsi que pour des projets innovants de consommation responsable, inspirés d’expériences concrètes. « Il n’y a pas d’écologie sans une économie solide », rappelle France Gamerre, convaincue que l’espoir, l’emploi et la qualité de vie sont indissociables d’une réponse aux défis climatiques, sociaux et sécuritaires.

  • Marine Le Pen et Franck Allisio en confiance au parc Chanot

    Marine Le Pen et Franck Allisio en confiance au parc Chanot

    Les CRS postés dans la station de métro rond-point du Prado donnent le ton. Devant la monumentale grille en fer forgé du Parc Chanot, près de 500 manifestants antiracistes sont rassemblés derrière une banderole : « Éteignons la flamme RN ». La foule entonne un « siamois tutti antifascisti ». Face à eux, un cordon de CRS barre l’entrée.

    Les sympathisants d’extrême droite venus assister, ce vendredi, aux vœux de Franck Allisio, candidat du RN à la mairie de Marseille, se faufilent, accompagnés de huées lorsqu’ils franchissent la porte. « C’est pas au parc Chanot… Le Pen et Allisio c’est en prison », lancent les manifestants avant de craquer des fumigènes. Il est 18h40 lorsque les CRS se mettent en position.

    Plus loin, à l’intérieur, dans la file qui se dirige tranquillement vers l’auditorium, l’ambiance est détendue. « T’as vu Delogu ? » glisse un homme à son voisin avant de sourire. L’allusion n’a rien à voir avec l’indiscret du Canard enchaîné (lire ci-dessous). Le député insoumis de Marseille est dans le comité d’accueil devant les grilles. La mobilisation s’achèvera sans incidents graves.

    à l’intérieur, l’auditorium est plein, le balcon a été ouvert. Bien plus qu’en mars 2020, lorsque celle qui était encore présidente du RN était venue dans une campagne municipale sous Covid soutenir Stéphane Ravier, alors candidat de l’extrême droite à la mairie. Six ans plus tard, à l’image du petit film d’introduction, le ton est plus policé.

    « Le mistral va souffler »

    Avec son timbre nasillard, « Francky » reste à sa place habituelle, derrière Marine Le Pen qui a déplacé la foule. Le député de Marignane invite les Marseillais à un « rendez-vous avec l’histoire », rappelle les succès électoraux de son parti et cite Pagnol.

    Mais il fait surtout penser à M. Brun lorsqu’il vante son identité marseillaise et se dépeint en « petit-fils de maçon piémontais » et de « policier rapatrié d’Afrique du Nord », avant de fustiger, Benoît Payan qui « voulait faire de Marseille le 1er port d’accueil des migrants ». La foule hue. Ne manquant pas de s’adresser au monde économique, lui va « tourner la page du socialo macronisme », « rompre avec le déclin » et propose « un projet tourné vers les Marseillais plus que SOS Méditerranée ». « Priorité absolue », il remettra « Marseille en ordre ». « Le mistral va souffler jusqu’à la victoire à Paris », conclut-il avant de devenir inaudible.

    Marine Le Pen lui succède pour dénoncer « six années de gauchisme à Marseille » et lui apporter « son soutien et sa confiance ». L’escapade à Marseille lui « offre l’occasion de quitter quelques heures la vie parisienne et de ressentir toute la ferveur et l’enthousiasme des Marseillais ». En plein procès en appel des assistants parlementaires, pour lequel elle a été condamnée à 4 ans de prison et à 5 ans d’inéligibilité en première instance, la légèreté n’étonne pas. Elle, réclame de nouvelles élections, raille « Calimero Lecornu » et appelle au « sursaut national » en 2027…

  • Les communistes engagés dans le rassemblement à Marseille

    Les communistes engagés dans le rassemblement à Marseille

    « Dans ce combat, les communistes doivent être en première ligne. » L’opération de tractage a été décidée voilà quelques jours dans toutes les sections communistes marseillaises. Pour Anthony Gonçalves, chef de file PCF aux municipales, le sondage La Marseillaise /Experts et territoires/Ipsos-BVA, publié dans nos colonnes ce 13 janvier, qui met à égalité au premier tour le maire sortant, Benoît Payan (DVG), et le candidat du RN avec 30% d’intentions de vote, a renforcé la nécessité de s’engager dans la bataille. À l’aune de l’histoire des communistes dans la ville, « acteurs majeurs de la Libération, les armes à la main », il s’agit pour lui d’un « coup de tonnerre » : « On est saisi par l’effroi que cette dynamique RN fait peser sur la ville. »

    Faire s’exprimer les quartiers populaires

    Saluant l’entrée en campagne de Benoît Payan, il ajoute que cette opération va permettre de « rappeler que le rassemblement à gauche, des citoyens, des écologistes, du monde du travail autour de [cette] liste doit se faire maintenant, de la façon la plus large possible et dès le premier tour ». Un rassemblement où le PCF a son rôle à jouer.

    « On doit être à l’avant-garde du dialogue avec les quartiers populaires, celles et ceux qui ne veulent pas revenir à cette ville de classes construite pendant 25 ans de gestion de droite », assène Anthony Gonçalves. Pour convaincre là où, souvent, on ne va plus aux urnes, les communistes comptent sur leurs propositions qui ont « infusé » le programme, mais aussi sur leur bilan au sein du Printemps marseillais : « Je pense au combat pour l’accès aux soins, le logement, l’égalité homme-femme. Il y a aussi ce qui a été fait par nos adjoints, Audrey Garino dans le domaine de la solidarité, Jean-Marc Coppola à la culture. »

    Et d’insister aussi sur le développement du port, inquiet de ce que « certains veulent en faire, y compris d’où on ne l’attendrait pas »… En clair, des insoumis. « Nous sommes partisans de lier de façon indissoluble développement économique et exigences écologiques. Ce n’est pas en les opposant qu’on va avancer », estime-t-il.

  • Municipales dans les Bouches-du-Rhône : la gauche rassemblée hors LFI dans 60 communes

    Municipales dans les Bouches-du-Rhône : la gauche rassemblée hors LFI dans 60 communes

    Une première depuis des décennies. Les partis traditionnels de gauche ont scellé, en fin d’année dernière, un accord départemental pour les municipales 2026. PS, PCF, EELV, Génération écologie, Gauche républicaine et sociale, Debout ! et Mouvement des progressistes se sont unis dans plus de soixante communes des Bouches-du-Rhône. « Un accord historique par son ampleur », saluait le sénateur communiste Jérémy Bacchi, tandis que Yannick Ohanessian, premier fédéral du PS, rappelait qu’en 2020, « la gauche était absente des trois quarts des communes ».

    L’objectif est double. Peser face à la poussée de l’extrême droite, d’abord. Même si la comparaison avec des scrutins nationaux mérite nuance, aux législatives de 2024, la coalition RN et alliés a frôlé les 41%. Un mois plus tôt, aux européennes, la liste Bardella avait recueilli près de 37% des suffrages. Se donner les moyens de reconquérir des bastions perdus, ensuite. Depuis 2020, la gauche municipale est à la tête d’une vingtaine de communes seulement, sur les 119 que compte le département. Cet accord vise à en gagner plus d’une soixantaine. Un cap qui pourrait permettre aux progressistes du territoire de prendre les rênes du conseil métropolitain.

    Vitrolles et Marignane font exception

    La France insoumise, elle, est restée en marge, refusant l’union départementale pour privilégier des alliances locales à géométrie variable. Un pari risqué qui pourrait peser lourd dans la bataille de Marseille, où le Printemps marseillais de Benoît Payan (DVG) devra défendre son bilan de mandat face à une extrême droite qui toque avec insistance à la porte de l’Hôtel de ville et une droite en perte de vitesse. Mais pas que.

    Sept des dix plus grosses communes des Bouches-du-Rhône sont confrontées à ce départ en ordre dispersé. On pense à Martigues, où Gaby Charroux, le maire (PCF) sortant, repart en campagne, comme à Aix, Arles, Salon, Aubagne et La Ciotat, toutes dirigées par la droite, mais où une gauche unie pourrait nourrir des ambitions de reconquête. à Istres, le doute plane encore autour d’une liste citoyenne. Vitrolles et Marignane, tombées dans les mains de l’extrême droite (FN, ex-RN) dans les années 90, semblent épargnées. à Rognac, seule commune du territoire dirigée à ce jour par le RN, une liste citoyenne est annoncée à gauche.

    Sans réel ancrage territorial, LFI se tient pour l’heure en retrait sur les plus petites communes comme Septèmes-les-Vallons, Port-de-Bouc, Le Rove, où les maires communistes sortant André Molino, Laurent Belsola et Paul Sabatino, qui a pris la succession de Gerges Rosso, brigueront un nouveau mandat. à Allauch, LFI vient même en soutien de la liste « citoyenne écologiste, sociale et solidaire » menée par Frédéric Dutoit. à Fos, Rémi Esnault, désigné pour succéder à René Raimondi (PS), trouve face à lui une candidature dissidente socialiste. à Port-Saint‑Louis, une liste de gauche autour d’Aurélie Grache est pour l’heure déclarée.

  • [Grand entretien] Benoît Payan : « La bataille de Marseille pour 2026 sera contre le RN »

    [Grand entretien] Benoît Payan : « La bataille de Marseille pour 2026 sera contre le RN »

    La Marseillaise : Quelle est votre réaction à notre sondage qui vous place à égalité avec le RN au niveau des intentions de vote ?

    Benoît Payan : Quand il y a quelques mois, vous me posiez la question du RN, je vous disais que je le sentais très haut. Le sondage que vous avez publié acte un socle très haut du RN, ce qui fait que l’on va être dans le plus grand combat de l’histoire municipale. La bataille de Marseille pour 2026 va être une bataille contre le RN. Le rassemblement de toute la gauche, des écologistes, des humanistes, des citoyens d’un côté et le RN de l’autre. On est en train de vivre une période anxiogène, où les conflits, les guerres, où l’illibéralisme est en train de dominer dans de trop nombreux pays. Dans une ville comme Marseille, qui par essence, n’est pas une ville comme les autres mais une cité-État qui s’est stratifiée année après année par l’apport de gens venus d’ailleurs et qui ont systématiquement vécu le racisme, la xénophobie, l’antisémitisme, certains veulent encore et toujours trouver des boucs émissaires. On est dans une situation tellement inédite que Marseille doit montrer une forme de résistance à l’inclinaison que le pays est en train de prendre. Nous le Printemps marseillais, on a fait un travail considérable, on nous prédisait l’explosion en 6 mois et nous disposons aujourd’hui d’un socle avant d’entrer en campagne.

    Quels sont vos premiers retours des déploiements militants qui ont eu lieu à l’occasion de votre déclaration de candidature ?

    B.P. : Je vois beaucoup d’enthousiasme dans les rues, chez les gens et chez les militants. Il y a des gens qui viennent de beaucoup de partis, qui ont voté pour pleins de candidats différents dans d’autres élections, des gens qui n’ont jamais été encartés et des gens qui viennent spontanément pousser la porte du local pour demander comment aider : collage, réunion d’appartement, idée sur le programme… C’est quelque chose que l’on avait pas connu en 2020. Il a de l’espoir et de l’enthousiasme qui accompagne se lancement de candidature. L’exercice du pouvoir m’a appris l’humilité mais je sais que c’est un moment crucial parce qu’il dit quelque chose de nous. On est sortants, on a un bilan qui parle pour nous. Je suis fier que 10 000 petits Marseillais mangent gratuitement à la cantine, c’est parfois le seul repas chaud de la journée. Nous ferons passer ce chiffre à 15 000. Le kit de rentrée scolaire va passer à 150 euros. Je suis fier de dire qu’il y aura un commissariat de police municipale dans chaque arrondissement. Notre police municipale ressemble à la ville, elle est de proximité, regardez ce qui se passe à Noailles : elle a créé un contact humain, elle rassure, elle accompagne les gens aide les personnes âgées… On va la doubler. Nous avons fait du CCAS un lieu où on ne fait pas que des lotos. C’est bien mais aujourd’hui on porte pour plusieurs centaines de personnes âgées un repas chaud chaque jour. Là aussi on va faire plus. Dans cette campagne, on va développer une vision du quotidien et poser la question : comment sera Marseille dans 50 ans. Un maire a deux responsabilité : s’occuper de ses concitoyens au jour le jour et dire où il veut emmener la ville.

    Le deuxième volet de notre enquête d’opinion vous place en tête dans la réponse à la question « qui ferait un bon maire ? », Martine Vassal est deuxième et Franck Allisio, loin derrière.

    Comment analysez-vous ces chiffres ?

    B.P. : Un sondage reste un sondage même si je préfère être qu’en quatrième ou troisième. Je l’analyse avec beaucoup d’humilité comme un travail qu’on a fait correctement avec sérieux et enthousiasme au services des Marseillais. On a permis à des gens de vivre mieux de retrouver de la dignité même si je n’ai pas les pouvoirs que l’État peut avoir. Dans une ville aussi difficile que Marseille, avoir plus d’appréciations positives que négatives avant même qu’on entre en campagne, c’est encourageant. D’autant que nous avons été la cible de tirs croisés, et de nombreux mensonges. Je crains une campagne de caniveau. Je ne m’y abaisserai pas. Les Marseillais sont intelligents, quand on leur dit que les écoles, les policiers, les politiques sociales n’existent pas, ils restent insensibles à ce genre de mensonges.

    Ces chiffres mettent-ils un terme, pour vous, au procès en illégitimité dont vous êtes l’objet ?

    B.P. : Ça fait huit sondages que je suis devant eux. Pour quelqu’un d’illégitime ils devraient s’inquiéter pour leur propre légitimité. J’ajoute qu’en 2020, à la différence de M. Allisio ou de Mme Vassal, moi j’ai gagné les élections.

    Alors que 30% des personnes interrogées ont l’intention de voter Franck Allisio, il est 18 points plus bas que vous quand il s’agit de dire « qui ferait un bon maire ». Diriez-vous que c’est un vote dicté par des considérations nationales qui se porte sur lui ?

    B.P. : On est tôt dans la campagne et en effet les gens répondent aussi en fonction de l’actualité nationale. Plus on va approcher du scrutin, plus les gens répondront à la question « qui voulez-vous voir comme maire et comme équipe municipale ». Il y a aussi le fait que le candidat a décidé de quitter Marseille pour aller se faire élire ailleurs. Cela ne résume pas Franck Allisio mais cela dit des choses de lui.

    Quelle stratégie pour contrer la poussée du RN ?

    B.P. : D’abord, j’ai été et je serai le maire de toutes les Marseillaises et de tous les Marseillais. Je me mets à la place de quelqu’un qui regarde toute la journée des chaînes d’information en continu, qui prend peur, qui cherche un bouc émissaire, qui tombe dans la facilité du « le Rassemblement national, on n’a jamais essayé ». C’est vrai qu’on a jamais essayé de se jeter dans le feu mais je suis persuadé que si on le fait, on brûle. Je ne dirais jamais que les électeurs du RN sont des pestiférés. Il est bien de rappeler l’histoire, de se souvenir de qui a fondé ce parti, de son ADN. C’est l’anti-France de la Résistance. Je suis triste quand je vois que certains, se réclamant du gaullisme courent derrière ceux qui étaient de l’autre côté. Moi je crois qu’il faut parler à ces électeurs, les rassurer, on peut vivre bien dans cette ville qui nous appartient à tous, où nous avons chacun notre place. Si je suis né à Marseille, c’est le fruit de l’immigration parce que j’ai des arrière-grands parents qui ont fuit la misère, d’autres le fascisme, d’autres la guerre. Marseille a été pour nous tous un sanctuaire. J’ai envie de leur dire « n’ayez pas peur, bien sûr que tout ne va pas bien mais regardez votre ville comme elle s’est redressée, comme elle fait envie dans toute la France ». Bien sûr, jouer sur les peurs est facile or moi, j’ai envie de parler à l’intelligence des Marseillais.

    Peut-on répondre au problème du narcotrafic comme maire ?

    B.P. : Si demain un attentat se produisait à Marseille, j’ai des adversaires politiques qui me l’imputeraient. J’espère du plus profond de mon âme que ça n’arrivera jamais mais des villes ont connu ces tragédies. Je pense à Paris et à Nice, c’était une maire de gauche et un maire de droite. Leurs opposants ont eu la décence de ne pas confondre ce qui relève de l’État et de la municipalité. Néanmoins face au narcotrafic, il y a des réponses multiples à apporter. Nous avons un des meilleur procureur en France, une police judiciaire qui fait un travail exceptionnel, mais il faut plus de moyens. Il ne faut pas seulement couper les tentacules de la pieuvre mais sa tête. Aujourd’hui, les chefs ne sont plus à Marseille mais dans des pays où il n’y a pas d’extradition, ils continuent à commanditer des assassinats. D’autres l’on fait depuis les prisons françaises. Certain expliquent que c’est de la faute du maire de Marseille si une prison dans le Cher, le Loiret ou le Nord a laissé passer ses appels. Si mes adversaire en sont là, je préfère les laisser où ils sont. Ensuite, il y a eu une longue période qui a probablement commencé avant Jean-Claude Gaudin et qui s’est accéléré avec son équipe qui est encore là pour réclamer le pouvoir, durant laquelle on a fracturé la ville. Pas de transports, des écoles dans un état chaotique, pas d’accompagnement social… On connaît le résultat. Il faut marcher sur nos deux jambes. Il faut des services publics et du lien. Regardons le nombre d’associations abandonnées par le Département, la Métropole ou la Région. Pour faire quoi ? Un huitième rond-point dans un ville de 10 000 habitants ? L’humain il est où dans tout ça ? Quand j’ai vu les milliers d’enfants qu’on a envoyé en colo, ça m’a donné le sourire, ça doit être ça faire de la politique.

    Vous avez dit que votre objectif était « d’emporter la Métropole ». Êtes-vous candidats à sa présidence ?

    B.P. : Non, il ne faut pas être boulimique de pouvoir. Il faut beaucoup d’humilité. Quand on est maire de Marseille, il faut se consacrer à sa ville. Il y aurait là une forme d’absurdité et de trahison des Marseillais. Non, je ne peux pas m’occuper de Puyloubier, de Gemenos, de Saint-Mitre-les-Remparts, d’Aix-en-Provence. Ça n’est physiquement et intellectuellement ni possible ni souhaitable. Mais je ferais des propositions relevant des compétences métropolitaines. Par exemple, sur la propreté, je présenterai 10 points pour que les choses changent en un an. Pourquoi ? Parce que personne ne gagnera plus la Métropole sans Marseille. Celle ou celui qui sera à la présidence ne le sera que parce qu’on se sera entendu ensemble. La Métropole doit redevenir ce qu’elle n’aura jamais dû cessé d’être, c’est-à-dire une boîte à outils de services publics. Elle a été accaparée par un camp et par un clan qui avaient perdu les élections et pour déployer un programme que les Marseillais avaient désavoué.

    Cette présidence sera-t-elle issue de Marseille dans votre esprit ?

    B.P. : Il faudra regarder, personne ne peut prédire les résultats dans 92 communes. Mécaniquement, avec la réforme PLM, plus personne ne fera sans Marseille. Il n’y aura pas de président qui voudra faire un tramway sur la corniche ou pour aller au Frioul ou je ne sais quelle absurdité ressemblant plus à un poisson d’avril qu’à un travail sérieux.

    Allez-vous renouveler votre équipe ?

    B.P. : Oui, il y aura un vrai renouvellement. Il y a des gens qui veulent s’arrêter, d’autres veulent continuer, ils ont bien travaillé. Quand je regarde les collectivités autour de moi, elles sont dans le rouge. Nous avons redressé les comptes. Fitch ou Standard & Poor’s qui ne sont pas des succursales du Parti communiste français ont amélioré nos notes. Ça me permet d’emprunter moins cher, c’est plus d’argent pour le service public.

    Après la publication de notre sondage, Sébastien Delogu a appelé à faire front commun au second tour face à l’extrême droite. C’est trop tard ?

    B.P. : Dans la situation que nous vivons, son aventure personnelle, solitaire, pour ramener je ne sais quelle place au conseil municipal pour faire plaisir à Jean-Luc Mélenchon, n’a aucun sens. S’en prendre toute la journée à moi, me comparer à la droite, avoir dit que j’étais corrompu – même si dans sa bouche ces mots ne m’inquiètent pas – pour dire ensuite « je veux venir avec vous au second tour », il y a quelque chose qui ne colle pas dans cette affaire-là. Il a vite oublié qu’il avait été élu grâce au Nouveau front populaire. Je l’ai déjà dit, c’est au premier tour que tout ce joue. Quand on est candidat à devenir le maire de Marseille, on prend ses responsabilités. Il les a prises au premier tour, il devra les prendre au deuxième.

    Marine Le Pen est à Marseille vendredi pour soutenir son candidat, seulement trois jours après l’ouverture de son procès en appel. Ça vous étonne que les affaires n’aient plus d’incidence sur les intentions de vote ?

    B.P. : On vit dans un pays où l’état de droit est remis en cause par ceux qui sont censés le défendre. Quand un ministre de l’Intérieur dit qu’on peut remettre en cause l’état de droit. Ils n’est pas étonnant que les gens se disent qu’on peut ne pas tenir compte de la Justice. Quand des élus sont capables, toute honte bue, de frapper, d’insulter, de voler, que leurs actes, leur vocabulaire n’est pas en adéquation avec leurs fonctions qui exige de l’honneur, de la dignité et de l’humilité, quel exemple est envoyé ? Ça ne m’empêchera pas de faire signer à mes candidats une charte de probité.

    Vous dites ne pas croire à une dissolution, pourquoi ?

    B.P. : Non, les motions de censure RN ou LFI contre le Mercosur, contre un gouvernement qui a voté contre le Mercosur, relève de la schizophrénie donc elles ne seront pas votées. C’est une farce. Il n’y aura pas dissolution.

    Même sans budget ?

    B.P. : C’est une autre question. Même s’il y a eu des avancées, le budget présenté ne me convient pas. La justice sociale passe par la justice fiscale. Quand quelqu’un gagne plusieurs millions d’euros par an, comment s’offusquer de le mettre à contribution.

    Quand on est maire c’est difficile de bâtir un budget sans connaître les moyens alloués par l’État, quand on est candidat est-ce possible de bâtir un programme ?

    B.P. : Je trouve particulièrement injuste de faire des économies sur le dos des collectivités parce que c’est nous qui investissons et créons de l’emploi. Les logiques d’austérité doivent être remises en cause. Un étudiant en première année d’économie pourrait le constater.

    Le monde est secoué par les conflits. Depuis l’agression du Venezuela décidée par Donald Trump, y a-t-il encore un droit international ?

    B.P. : D’abord, je suis fondamentalement attaché au droit international, à ce qui a constitué, après la Seconde Guerre Mondiale, un socle qui nous a amené à une paix durable entre des puissances qui n’avaient rien à voir. Même au moment de la guerre froide, les institutions internationales permettaient une forme de régulation où l’intelligence, l’à-propos, le respect de la vie humaine prévalait. Depuis la guerre en Ukraine et le 7 octobre, nous vivons une accélération de l’histoire comme notre génération n’en a jamais connu. Nous avons des démocraties qui fonctionnaient qui deviennent illibérales, où des présidents, notamment le président américain, ne respectent plus rien sinon la force. Donald Trump s’est permis des interventions en dehors de tout cadre légal, il s’érige en président par intérim du Venezuela, il menace un pays de l’Otan, dans un silence que je trouve particulièrement assourdissant. Nous la France, qui avons un siège permanent au conseil de sécurité de l’ONU, nous devrions jouer notre rôle. Nous ne sommes pas un grand pays en matière de démographie mais un grand pays sur le plan de diplomatie, des idées et de la morale. Nous sommes le pays des Lumières, des Droits, de la Révolution sociale et de la diplomatie et nous voilà aphones. Souvenons-nous de Jacques Chirac à Jérusalem, de François Mitterrand à Sarajevo, de Dominique de Villepin à l’ONU, du général de Gaulle… La voix de la France comptait. Les peuples aspirent à la liberté, regardons ce qu’il se passe en République islamique d’Iran. Depuis 1979, les Mollah pillent le peuple, asservissent les femmes. Ils sont en train de tuer des jeunes par centaines, peut-être par milliers. Que dit-on ? Rien. On fait des mauvais communiqués. Le président américain dit qu’il veut prendre le Groenland par la force ou par l’argent. Que dit-on ? Rien. Vladimir Poutine qui est nostalgique de l’empire tsariste veut négocier des morceaux de l’Ukraine, ce sera quoi après ? La Pologne ? Qu’est-ce qu’on dira ?

    Qu’attendez-vous d’Emmanuel Macron qui vient présenter ses vœux aux armées à Istres ce jeudi ?

    B.P. : Je suis pro-européen. Je trouve que l’Europe est en train de se déconstruire. Et j’ai toujours été, c’est ma spécificité, défavorable à notre appartenance à l’Otan. La France, c’est la France. Elle a un siège permanent au conseil de sécurité de l’ONU. Elle a la dissuasion nucléaire, elle est pacifiste. En se mettant sous parapluie américain, nous nous sommes liés à un régime qui aujourd’hui nous met dans une position de ne pas pouvoir imposer la paix. Quand on est pacifiste et européen, on n’a rien à faire dans l’Otan. Je pense que Nicolas Sarkozy et tous les présidents derrière lui ont commis une faute majeure en nous faisant entrer dans le commandement intégré de l’Otan.

    Dans ce contexte quel rôle peut jouer Marseille à l’international ?

    B.P. : Que font les villes à leur niveau ? Elle continuent à discuter entre elle. Je continue à parler avec San Diego, notre ville jumelle, parce que beaucoup d’américains sont comme nous, inquiets de la dérive illibérale de leur président mais je ne veux pas les abandonner. Les israéliens, à Haïfa, sont pour beaucoup inquiets de la dérive de Netanyahu, mais je ne veux pas les abandonner non plus. C’est la même chose, partout. Je suis fier du jumelage avec Odessa, nous avons ce que nous avons pu, les Ukrainiens avaient besoin d’ambulances, de médicaments… Pareil pour les petits de Gaza.

  • [Sondage La Marseillaise] Samia Ghali : « Je serai la représentante de l’union de la gauche dans les 15-16 »

    [Sondage La Marseillaise] Samia Ghali : « Je serai la représentante de l’union de la gauche dans les 15-16 »

    La Marseillaise : En 2020, vous étiez partie seule aux municipales. Cette fois, vous vous rangez derrière Benoît Payan. Qu’est-ce qui vous a décidé dans ce choix ?

    Samia Ghali : En 2020, nous avons fait le choix de rejoindre le Printemps marseillais pour qu’il puisse gérer la ville de Marseille. Je suis en gestion avec la majorité municipale depuis, il était tout à fait normal d’être encore dans cette majorité pour poursuivre ce que nous avons fait depuis six ans.

    Avant que vous ne rejoigniez la majorité, il y a eu une campagne, avec des mots durs vis-à-vis du Printemps marseillais. Cette page est tournée ?

    S. G. : Elle est tournée d’un côté et de l’autre. Je ne regrette absolument rien de ce qui s’est passé en 2020, j’ai mené une campagne parce que j’ai considéré que les quartiers populaires n’étaient pas représentés. Les électeurs m’ont choisie, j’ai permis à la majorité municipale de gérer la ville. D’autres étaient avec le Printemps marseillais au second tour, ils ne le sont plus.

    Le changement de mode de scrutin a pesé dans votre choix ?

    S. G. : Pas du tout. Si j’avais envie d’aller dans une élection, si je ne retrouvais pas mes convictions au sein de la majorité municipale, rien ne m’aurait retenu. Mais on ne peut pas être dans une majorité pendant six ans et en sortir trois mois avant la campagne pour faire autre chose. Je ne vais pas faire semblant d’être dans un camp pendant six ans et ensuite dire que j’ai changé, je vais ailleurs. Ce n’est pas ma façon de faire de la politique.

    Vous confirmez que vous serez bien tête de liste dans les 15-16 ?

    S. G. : Je n’ai jamais lâché les 15e et 16e arrondissements. J’y ai commencé ma vie politique et je la finirai là. Oui, je serai représentante dans les 15e et 16e arrondissements pour l’union de la gauche, pour qu’ils soient plus forts avec le Printemps marseillais.

    Vous parliez de la place des quartiers populaires, des associations pointent leur manque de représentation…

    S. G. : Dans le cadre de la rénovation urbaine, j’ai fait beaucoup de réunions publiques où j’ai rencontré beaucoup de Marseillais que ce soit à Air Bel, à Corot, Frais Vallon, la Busserine, la Savine, la Bricarde, la Castellane… Il n’y a pas un quartier où je n’ai pas été présente. Défendre les quartiers populaires, cela ne se décrète pas deux mois avant l’élection, cela se fait dans l’action, au quotidien. Quand on fait la HCup, les réunions publiques de la rénovation urbaine, l’Eté marseillais, la flamme olympique… Ce n’est pas pour les quartiers populaires ?

    Certains élus qui étaient autour de vous ont dû arrêter. Quelles forces apportez-vous au Printemps marseillais ?

    S. G. : Ce sont des élus pour lesquels j’ai beaucoup d’affection et d’amitié. Je suis quelqu’un de fidèle. La force que j’apporte maintenant, c’est celle que j’ai apporté depuis six ans.

    En face de vous, Sébastien Delogu avait obtenu 60% des voix dès le premier tour aux législatives…

    S. G. : Il n’est pas face à moi. A l’heure où on se parle, je ne sais pas où il sera, il est candidat à la ville de Marseille, on verra. Chacun fera ce qu’il a à faire dans cette campagne.

    Une extrême droite créditée de 30% d’intentions de vote au premier tour, cela vous alerte ?

    S. G. : Il faut que chacun réfléchisse bien, notamment les électeurs de gauche dont ce n’est pas la culture de permettre au Rassemblement national de gagner. La candidature de la France insoumise est le marche pied du Rassemblement national. Si demain si le Rassemblement national gagnait Marseille, ce serait une catastrophe pour la France. Ceux qui pensent qu’il amènerait l’ordre à Marseille se trompent, ce serait le chaos et le désordre.

    Vous vous présentez sous une étiquette particulière ?

    S. G. Ca reste Marseille avant tout. Mais encore une fois, nous sommes dans le Printemps marseillais. Personne ne m’empêchera de dire ce que je pense, encore moins aujourd’hui que hier. En tant que maire adjointe de la deuxième ville de France, j’ai pu mener toutes les actions que j’ai voulu mener à bien, avec les moyens que le maire m’a laissé avoir. Si quelque chose ne m’allait pas, je serais partie, je n’étais pas en concubinage ! Ce qui m’a animé, c’est qu’on réussisse ensemble, sinon cela aurait été un échec collectif. En six ans, ce n’est pas notre groupe qui a posé des problèmes au Printemps marseillais, moi je n’ai pas trahi.

    Vous comptez rester maire adjointe ?

    S. G. : C’est le maire de Marseille qui décidera de la place qu’il accordera aux uns et aux autres, il faut lui laisser ce soin.

    Propos recueillis par Yves Souben

  • [Sondage La Marseillaise] Le Printemps marseillais s’érige en rempart face à l’extrême droite

    [Sondage La Marseillaise] Le Printemps marseillais s’érige en rempart face à l’extrême droite

    Dès son lancement de campagne ce samedi matin, Benoît Payan avait désigné l’extrême droite comme son principal adversaire. Le sondage La Marseillaise – Experts et territoire – Ipsos-BVA, dévoilé dans nos colonnes ce lundi, qui place le maire sortant (DVG) au coude à coude avec le candidat du RN avec 30% d’intentions de vote au premier tour, ne peut que conforter son discours.

    « C’est la première fois en France qu’une ville comme Marseille peut demain être dirigée par l’extrême droite », alerte ainsi l’adjoint (PCF) aux solidarités, Audrey Garino, à l’occasion d’une conférence de presse organisée dans le local de campagne du Printemps marseillais. « Martine Vassal décroche, Sébastien Delogu qui patine, complète le président (G.s) du groupe au conseil municipal, Pierre Huguet. Nous pouvons le regretter, mais le match qui se joue, c’est nous contre l’extrême droite. »

    Face à ce risque, le message de la liste d’union de la gauche est clair. « Nous appelons les électeurs de gauche et toutes celles et ceux qui refusent que cette ville tombe dans les mains de l’extrême droite à se rassembler dès le premier tour », lance Pierre Huguet. « Au-delà du vote utile que nous appelons de tous nos vœux dès le premier tour, c’est un vote d’honneur pour notre ville », insiste après lui Hanifa Taguelmint, figure des luttes antiracistes à Marseille.

    « Un vote d’honneur »

    « Nous avons travaillé pendant six ans à recoudre cette ville, à redonner de la dignité à ses habitants. Ce n’est pas pour aujourd’hui accepter de voir ce travail balayé au profit d’une candidature qui viendrait, demain, la fracturer et s’en prendre aux plus vulnérables », appuie Audrey Garino. Rappelant que le RN s’est opposé dans l’hémicycle municipal au plan pauvreté, à des logements sociaux, à l’implantation de services publics. « Pour que le RN soit battu, il doit arriver très loin derrière nous au premier tour », argumente l’adjointe.

    Le visuel publié par le directeur de campagne de Franck Allisio ce dimanche, imaginant des adjoints « à la préférence algérienne » ou « des relations avec les islamistes », rappelle ce qu’est le discours du RN. « Ce n’est pas sans rappeler les tracts de l’extrême droite des années 30, c’est extrêmement grave », s’alarme Pierre Huguet. « Ce parti n’a pas changé, son ADN est toujours le même », abonde Hanifa Taguelmint. Et d’interpeller les Insoumis, qu’elle a quittés fin novembre : « On ne joue pas les sénatoriales ou la présidentielle, on joue l’avenir d’une ville. »

    Audrey Garino déplore les prises de position de Martine Vassal : « À se droitiser, elle perd les électeurs du centre et de l’extrême droite, qui préféreront toujours l’original à la copie. ». Et de souhaiter « qu’ils ne restent pas demain le marche-pied de l’extrême droite ».

    « Chaque voix compte »

    « Rien n’est joué et chaque voix compte », a réagi le sénateur (PCF) Jérémy Bacchi, face au sondage. Soulignant que « plus la participation est forte dans les quartiers populaires, dans le monde du travail et parmi l’électorat de gauche, plus le RN recule ». « En construisant le bonheur commun, le progrès social, l’écologie populaire et l’égalité, nous ferons reculer les forces obscures », appuie le chef de file PCF aux municipales Anthony Gonçalves.

  • [Sondage La Marseillaise] Face à la menace du RN, le Printemps marseillais appelle au vote utile

    [Sondage La Marseillaise] Face à la menace du RN, le Printemps marseillais appelle au vote utile

    Après la publication ce lundi d’un sondage Ipsos – La Marseillaise donnant pour la première fois le candidat de l’extrême droite à 30% pour le premier tour des municipales à Marseille, à égalité avec le maire (DVG) sortant Benoît Payan, le Printemps marseillais a organisé dans son local de campagne une conférence de presse pour alerter sur la menace. « L’heure est grave, c’est la première fois en France qu’une ville comme Marseille peut demain être dirigée par l’extrême droite », pose ainsi d’emblée l’adjointe (PCF) aux solidarités, Audrey Garino. Et d’avertir, rappelant que le RN s’est opposé en conseil municipal au plan pauvreté de la Ville, à la construction de logements sociaux comme à l’implantation de services publics : « Ce serait un cataclysme terrible. »

    « Se rassembler dès le premier tour »

    «Le match sera joué entre le RN et nous, appuie le président (G.s) du groupe Printemps marseillais, Pierre Huguet. La bataille de Marseille sera décisive, nous sommes déterminés à la gagner.» Il voit dans le score du maire sortant, sondé avant sa déclaration de candidature, «un bon socle». «C’est le résultat du travail accompli depuis six ans avec le retour du service public dans tous les quartiers de la ville», défend-il. Et d’insister : «Nous appelons les électeurs de gauche à se rassembler dès le premier tour.»

    «Au-delà du vote utile que nous appelons dès le premier tour, ce doit être un vote d’honneur», insiste Hanifa Taguelmint, militante historique des luttes antiracistes à Marseille qui a quitté la France insoumise pour rallier le Printemps marseillais fin novembre. «Le RN n’a pas changé, son ADN est toujours le même», insiste-t-elle. Et de pointer la responsabilité de la droite, prenant pour exemple l’implantation de deux maisons du Bel âge dans le 8e arrondissement tandis qu’il n’y en a aucune dans les quartiers Nord. «Toutes ces politiques font qu’elle a été siphonnée par le RN», déplore la militante.