Tag: Printemps Marseillais

  • Les jeunes communistes marseillais à bloc contre le RN

    Les jeunes communistes marseillais à bloc contre le RN

    « La jeunesse communiste est prête à organiser la riposte contre la droite et le fascisme représenté par Franck Alisio et sa liste du RN », affirme Romane Massip lors des vœux des jeunesses communistes (JC), samedi soir, à Marseille.

    Devant les jeunes militants réunis dans le local du PCF du 3e arrondissement, la secrétaire départementale du Mouvement des jeunes communistes de France (MJCF 13), candidate du Printemps marseillais aux élections municipales dans les 1er et 7e arrondissements, inscrit l’organisation dans « le soutien à la liste d’union des forces de gauche qu’est le Printemps marseillais, aux côtés du Parti communiste ». Une liste conduite par le maire sortant Benoît Payan (DVG).

    Romane Massip cite, parmi les actions de la majorité sortante en faveur de la jeunesse, le « soutien aux associations de solidarité, des repas offerts au Crous, l’accès aux soins ainsi que l’accès gratuit à la culture et au sport ». Elle considère que c’est « dans cette alliance que se tiennent les espoirs des jeunesses », aux côtés des jeunes socialistes, écologistes, de Place Publique et de Génération.s.

    « Une vision de classe »

    La jeune dirigeante n’est pas la seule candidate issue du mouvement de jeunesse. Chloé Aurin, doctorante marseillaise en astronomie, est également candidate dans le 11e pour la même liste. « C’est un acte militant, mais je ne serai probablement pas élue, confie-t-elle. Les élections font partie du travail politique, mais le militantisme n’existe pas uniquement pendant les élections ». La militante précise toutefois : « Je me bats pour une politique de gauche, les questions de jeunesse sont à traiter, mais non prioritaires sur l’ensemble de la population. »

    Les sujets sont nombreux. Pour Arthur Patou, militant JC et PCF à Aix, « il y a besoin de logements adaptés pour les jeunes, étudiants, diplômés comme travailleurs ». Il cite en exemple « la préemption des logements du centre-ville à Jouques, , destinée à les rénover et à les proposer à loyer modéré aux jeunes », dans un contexte de « turnover majeur prétexte à la mauvaise qualité » du secteur. Comme sa camarade doctorante, Arthur Pacou « porte une vision de classe pour la jeunesse » qu’il estime exclusive à son mouvement.

    Comme mesure phare, Romane Massip défend aussi « une mutuelle municipale orientée vers la jeunesse et les étudiants, l’offre privée étant inaccessible, car trop chère ». Elle conclut : « Le Printemps marseillais est une solution d’avenir. »

  • Noailles veut que le logement reste au cœur des municipales

    Noailles veut que le logement reste au cœur des municipales

    À Marseille, le sujet n’est pas nouveau. Alors, à l’approche des municipales (15 et 22 mars), eux entendent bien rappeler qu’il reste une urgence quotidienne et souhaitent donner la parole habitantes et habitants de Noailles pour le dire. Ce dimanche, à la Halle Delacroix, l’Assemblée des délogés et le Collectif du 5 novembre organisent un temps public pour faire entendre les voix mal-logement. L’objectif : dresser un bilan des politiques menées depuis sept ans et le drame de la rue d’Aubagne, et formuler des revendications claires à destination des candidats. Dans ce quartier marqué par les effondrements et hanté par les évacuations, la rencontre veut redonner aux citoyens un rôle central dans le débat.

    « Le but principal est de donner la parole aux habitants et d’attirer l’attention des candidats à la mairie. On ne voit pas grand-chose sortir sur le logement et encore moins sur le relogement », regrette Anissa, membre de l’Assemblée des délogés. Elle annonce une ambiance vivante : « Il y aura des crieurs de rue et peut-être une batucada », confie-t-elle, pour favoriser la participation et recueillir un maximum de retours sur les situations de mal-logement.

    De l’application de la charte

    Trois animateurs seront chargés de noter les propositions, afin de bâtir un socle commun de revendications : droit au retour des personnes délogées, encadrement des loyers, respect des engagements municipaux, avenir du lieu ressource de la rue d’Aubagne qui prend forme sur la « dent creuse »… L’enjeu est autant social que politique : réinscrire la crise du logement au centre des priorités, au-delà des seuls discours sur la sécurité.

    Pour nourrir les discussions, plusieurs acteurs associatifs du quartier seront présents : Kevin Vacher, Laura Spica, Dominique Carpentier ou encore Assia Zouane, des Minots de Noailles. Tous souhaitent revenir sur ce qui a été entrepris et laissé de côté, depuis 2020. Anissa rappelle que le Printemps marseillais avait fait du logement un pilier de sa campagne, avec des engagements forts sur le relogement et la charte du relogement qui devait l’encadrer. « Aujourd’hui, elle n’est pas appliquée. On aimerait la voir réapparaître dans les futurs programmes », souffle la militante.

    Si les organisateurs entendent peser sur l’agenda politique, c’est qu’au-delà du bilan se profilent, dans les années à venir, les vastes chantiers de rénovation urbaine portés par l’Anru. Près de 2 700 logements sociaux sont en cours de démolition, plus de 6 000 logements sont en réhabilitation et 1 000 logements du parc privé font l’objet d’interventions lourdes, selon les derniers chiffres de la Ville. De nouvelles vagues de délogements s’annoncent avec cette même crainte que, sans cadre clair, sans garanties sur le droit au retour et sans stratégie de relogement transparente, les mêmes erreurs se répètent.

  • Amine Kessaci est candidat aux côtés de Benoît Payan

    Amine Kessaci est candidat aux côtés de Benoît Payan

    Un soir tout particulier… Tout sourire devant la foule qui a envahi l’Après M à Sainte-Marthe (14e), Amine Kessaci (EELV) est venu, ce lundi 26 janvier, se porter candidat aux municipales aux côtés du maire DVG sortant de Marseille, Benoît Payan. « Oui à une vie meilleure, c’est ce que l’équipe du Printemps marseillais a porté. Il y a une volonté de dire que notre ville est généreuse et unie. Il était évident pour moi de dire que Marseille doit être vitrine de la lutte contre le narcotrafic. On portera cet accompagnement des familles de victimes. Je dis : Debout ! Et on y arrivera », lance le jeune homme.

    Après avoir perdu son petit frère, Mehdi, assassiné par un commando le 13 novembre dernier, alors que son aîné avait été retrouvé en 2020 carbonisé dans le coffre d’une voiture, le fondateur de l’association Conscience avait promis de ne pas lâcher son combat contre le narcotrafic. À la suite de son soutien au maire écologiste de Lyon, Grégory Doucet, puis à Magali Brunel (PS), candidate de la gauche et des écologistes à Toulon, il s’engage encore plus franchement pour et dans sa ville.

    « Pour Amine, ce n’est pas rien. C’est avec beaucoup de respect que nous avons décidé d’engager ce chemin ensemble », a déclaré, ému, Benoît Payan. Et de revenir sur les engagements du Printemps « dans la conviction que nous devrions protéger les Marseillaises et les Marseillais, mais aussi les rassembler, quelle que soit leur couleur de peau, quel que soit leur quartier. »

    « Je suis ici pour dire

    qu’on ne se résignera pas »

    Sous les bravos, en présence de sa mère, de ses sœurs et de la plupart des adjoints au maire, celui qui donne un coup d’accélérateur à une campagne atone, avec son combat à la résonance internationale, a martelé sa volonté de rester « debout » comme il l’avait fait lors de la marche blanche en hommage à son frère Mehdi.

    « Je suis ici pour dire qu’on ne se résignera pas. Nous avons su nous lever par milliers pour dire non, mais surtout pour dire oui à la paix, oui à la justice, oui à une vie meilleure. C’est ce que l’équipe municipale du Printemps marseillais a porté, tout au long de ses six années », enchaîne Amine Kessaci. Une majorité qui a agi selon lui « pour l’égalité, pour l’équité des territoires, pour les transports, pour l’école. Et comme le disait Nelson Mandela, l’éducation est l’arme la plus puissante pour changer le monde ».

    Son ennemi premier : l’extrême droite, contre laquelle il avait déjà bataillé aux législatives de 2024 sous la bannière du Front populaire, dans la 3e circonscription des Bouches-du-Rhône. Il avait alors perdu de 835 voix son duel, au second tour, contre Gisèle Lelouis (RN). « Un engagement naturel » insiste-t-il, tant il était évident pour lui « de dire que jamais Marseille ne tombera aux mains des extrémistes. Jamais Marseille ne sera dirigé par le Rassemblement national. Ce n’est pas possible ».

    Le désormais candidat n’a pas manqué non plus de remettre sur l’ouvrage la charte du relogement des familles de victimes du narcotrafic avec les bailleurs sociaux. Il en est persuadé, « Benoît Payan sera le premier maire à la signer ».

    La force d’un destin.

    La sécurité, mantra de Martine Vassal

    La candidate de la droite et du centre à la Ville de Marseille a clairement fait de la sécurité un de ses thèmes favoris, bien avant la campagne, quitte à empiéter sur les plates-bandes du RN. Martine Vassal propose de créer une Brigade anticriminalité (BAC) municipale et de faire du centre-ville un lieu d’expérimentation de l’intelligence artificielle, avec « des drones et la police présente ». Le recours à la vidéosurveillance serait également renforcé. Celle qui est déjà présidente de la Métropole a, par ailleurs, déjà armé les 99 agents du Groupement d’assistance et de protection de la RTM de matraques et de bombes lacrymogènes. « La sécurité est la première de nos libertés », a-t-elle martelé.

  • Amine Kessaci candidat aux côtés de Benoît Payan pour les municipales à Marseille

    Amine Kessaci candidat aux côtés de Benoît Payan pour les municipales à Marseille

    Après avoir perdu son petit frère Mehdi, assassiné par un commando le 13 novembre dernier, alors que son aîné avait été retrouvé en 2020 carbonisé dans le coffre d’une voiture, Amine Kessaci, fondateur de l’association Conscience à Marseille, ne lâche pas son combat contre le narcotrafic.

    « Oui à une vie meilleure, c’est ce que l’équipe du Printemps marseillais a porté. Il y a une volonté de dire que notre ville est généreuse et unie. Il était évident pour moi de dire que Marseille doit être vitrine de la lutte contre le narcotrafic. On portera cet accompagnement des familles de victimes. Je dis : Debout ! Et on y arrivera », a déclaré Amine Kessaci devant les nombreuses caméras venues à l’Après M, dans les quartiers nord de la ville.

    Après avoir apporté son soutien au maire écologiste de Lyon, Grégory Doucet, puis à Magali Brunel (PS), candidate de la gauche et des écologistes à Toulon, il s’engage encore plus fermement ce lundi 26 janvier dans sa propre ville, en se portant candidat aux côtés du maire DVG sortant, Benoît Payan. Ce dernier, par ces mots, confirme : « C’est avec beaucoup de respect que nous avons décidé d’engager ce chemin ensemble.»

    Pour mémoire, Amine Kessaci s’est présenté pour la première fois à l’âge de 20 ans comme candidat EELV à l’occasion des élections européennes de 2024, puis aux législatives sous la bannière du Front populaire, dans la 3e circonscription des Bouches-du-Rhône, couvrant actuellement le 13e arrondissement, dont il est originaire, une partie du 12e et du 14e. Il avait alors perdu de 835 voix son duel au second tour contre Gisèle Lelouis, la candidate d’extrême droite.

  • Le Printemps marseillais réuni pour « une ville rassemblée »

    Le Printemps marseillais réuni pour « une ville rassemblée »

    Ils étaient tous là, réunis autour de Benoît Payan. Les communistes du sénateur Jérémy Bacchi et leur chef de file Anthony Goncalvez, les écologistes de Michèle Rubirola, les socialistes du député Laurent Lhardit, de la sénatrice Marie-Arlette Carlotti et du secrétaire fédéral Yannick Ohanessian, ou encore Eric Méry, le président de Mad Mars, collectif citoyen à l’initiative du Printemps marseillais en 2019.

    Au service des Marseillais

    Avec eux Samia Ghali, la maire-adjointe (DVG), Pierre Huguet, le président (G.s) du groupe au conseil municipal, les maires de secteur Didier Jau (EELV), Olivia Fortin (Mad Mars), Anthony Krehmeier (PS) et Sophie Camard (GRS) ; des adjoints aussi, Pierre Marie Ganozzi (PM), Christine Juste et Hervé Menchon (EELV), Ahmed Heddadi (GRS) ou Hedi Ramdane (RDG) ; et de nouvelles têtes enfin, comme Pascaline Lecorché (PP) ou Cécile Vignes (GE).

    Après, une annonce de candidature très « personnelle », c’est cette fois la force collective « d’une équipe qui pendant six ans a choisi de servir les Marseillais plutôt que de se servir », qui est mis en avant. La remontée de la Canebière, en rangs serrés, bras dessus-dessous, rappelle le 4 juillet 2020. C’est ainsi que le Printemps marseillais avait débarqué à Bargemon, sous les vivats de la foule et un soleil d’été, pour prendre les clés de la mairie. Samedi, le temps était pluvieux « mais après la pluie vient toujours le beau temps et après l’hiver vient toujours le printemps », rappelle Benoît Payan.

    Face à eux, des centaines de militants et citoyens engagés sont réunies pour cette inauguration du QG de la gauche écologistes et citoyenne pour les municipales. Des écharpes et des parapluies aux couleurs du Printemps, ont été distribués. Le rendez-vous sonne le coup d’envoi de leur campagne. Un moment « historique », martèle le maire alors que l’extrême droite est donnée haute dans les derniers sondages.

    Benoît Payan, lui, veut « lever un espoir », « barrer la route aux fascistes » et « empêcher ceux qui ont abîmé cette ville pendant 25 ans de revenir au pouvoir ». Après six ans de mandats, l’insouciance et l’espoir ont laissé place à une forme de conviction. La formule, elle, reste la même. Dans le local ouvert au public, des habitants et des enfants écrivent sur une fresque militante, une expo présente la grande enquête menée à l’automne… Entre deux selfies, le maire – candidat souffle : « ça fait du bien de voir toutes ces personnes réunies avec nous pour porter l’espoir d’une ville rassemblée ».

  • Yannick Ohanessian : « Nous porterons le nombre de policiers municipaux à 1 600 à Marseille »

    Yannick Ohanessian : « Nous porterons le nombre de policiers municipaux à 1 600 à Marseille »

    Chaque week-end dans La Marseillaise, chaque dimanche à 12h30 sur Maritima radio, ceux qui font l’actualité sont interrogés sur leurs choix, leurs décisions, leurs stratégies.

    La sécurité

    Didier Gesualdi : Vous êtes adjoint au maire de Marseille en charge de la sécurité, c’est un thème qui revient beaucoup dans la campagne, qu’en dit le Printemps marseillais ?

    D’abord, nous avons démarré depuis plusieurs mois, ce que nous avons appelé une enquête auprès des Marseillaises et des Marseillais pour leur demander leur avis sur la ville aujourd’hui, sur leurs priorités pour les sept prochaines années. La sécurité, la propreté reviennent beaucoup.

    Didier Gesualdi : Pour vous, ce n’est pas un thème subi ?

    Vous imaginez bien que non ! On est la majorité qui a doublé les effectifs de la police municipale. Je rappelle qu’elle a été créée en 1974. Entre 1974 et 2020, les effectifs ont atteint 397 policiers municipaux. Désormais, nous en avons plus de 800. En un peu plus de 5 ans, nous avons créé plus d’effectifs de policiers municipaux que depuis les 46 dernières années.

    Léo Purguette : Et pourtant vos adversaires de droite et d’extrême droite vous font un procès en naïveté sur la question de la sécurité.

    Évidemment, dès lors qu’ils sont confrontés à leurs propres turpitudes, sur un thème de prédilection pour la droite et l’extrême droite, ils en sont à répandre des fake news, à raconter de grossières bêtises. La vérité, elle est vérifiable : nous avons doublé les effectifs de la police municipale, nous avons augmenté le nombre de caméras de vidéoprotection dans la ville. Loin des petites phrases sur les réseaux sociaux, nous sommes dans l’action au service des Marseillaises et des Marseillais.

    Didier Gesualdi : On a vu des images où le maire de Marseille dit à un journaliste qu’il n’y a pas de Kalachnikov dans les rues. C’était une erreur ?

    Il y a un Marseille bashing, il faut venir voir cette ville, sa richesse culturelle, son attractivité économique. Toutes les Unes de toutes les presses locale, nationale ou internationale disent à quel point Marseille est en train de changer vers du mieux. Tout n’est pas réglé bien évidemment, on a mis énormément de moyens, on va poursuivre.

    Le narcotrafic

    Léo Purguette : Le narcotrafic pèse énormément ici, ailleurs aussi, mais ce n’est pas une question qui relève directement de la municipalité. Est-ce audible pour des citoyens exaspérés et inquiets ?

    Le maire de Marseille l’a toujours dit et il a mille fois raison : c’est une compétence première de l’État. Et pour autant, le maire a mis tous les moyens qu’il pouvait à travers sa police municipale et du développement du réseau de vidéoprotection. La lutte contre le narcotrafic ce n’est pas simplement des mots, des opérations « place nette » ou « XXL ». C’est bien, ça compte, ça aide les fonctionnaires de police nationale que je veux saluer ici. Mais lutter contre le narcotrafic ce doit être s’attaquer à la racine du mal, couper la tête de la pieuvre, pas simplement ses tentacules. Ça veut dire mettre des moyens sur une vraie coopération internationale, pour renforcer la police nationale. Redonner du souffle, du corps, de l’énergie, aux magistrats. Créer des postes de magistrats spécialisés. Il faut lutter contre le narcotrafic de la même manière qu’on lutterait contre le terrorisme.

    Didier Gesualdi : Les chiffres de policier nationaux la nuit ont fait l’objet d’une polémique entre le maire et le préfet……

    Honnêtement, peu importe la bataille des chiffres. Le maire a raison : on ne peut pas se retrouver dans la deuxième ville du pays qui compte désormais 900 000 habitants, avec une poignée de fonctionnaires de police nationale mobilisée la nuit. Ce n’est pas entendable ni acceptable. C’est un service public nécessaire du 1er au 16e arrondissement. Il faut travailler sur l’appel 17 et police secours, remettre de l’îlotage. Nous le faisons du côté de la police municipale.

    La police municipale

    Léo Purguette : Vos adversaires de droite vous reprochent de ne pas jouer votre rôle en sanctionnant ceux qui déposent des encombrants ou stationnent mal. Que leur répondez-vous et comment faire mieux ?

    En arrivant, on a créé en 2021 la brigade de l’environnement et de la lutte contre les dépôts sauvages. Elle n’existait pas dans notre ville. Elle compte aujourd’hui plus de 600 affaires à son actif. Des affaires transmises au parquet avec lequel nous avons créé une relation privilégiée pour sévir sur celles et ceux qui s’adonnent à ce type de comportements. On a multiplié le nombre de caméras nomades qui sont plus faciles à installer pour lutter spécifiquement contre cette délinquance. Il fallait qu’on trouve des moyens nouveaux. Est-ce qu’il y a encore à faire ? Bien sûr, on va continuer, c’est pour ça qu’on a annoncé qu’il y aurait à nouveau le doublement de la police municipale. On va passer de 800 à 1 600.

    Didier Gesualdi : Martine Vassal parle de 200 sanctions par an, ça paraît ridicule.

    Je vais rester poli. Heureusement que le ridicule ne tue pas. Dans quelle ville vivent-ils ? La police municipale aujourd’hui c’est un peu plus de 200 000 verbalisations, très majoritairement sur les stationnements abusifs et dangereux et les dépôts.

    La non-censure

    Léo Purguette : Vous êtes socialiste, croyez-vous possible de construire un projet municipal ambitieux avec le budget national qui est passé ?

    Ce qui est certain, c’est que nous avons un gouvernement qui n’est pas de gauche…

    Léo Purguette : ni de gauche ni de gauche…

    C’est un gouvernement de droite. Personne n’a la majorité dans l’hémicycle parlementaire. Il y avait deux options. S’opposer à tout et subir le budget initial, extrêmement douloureux pour les Français et ultralibéral, ou – et je suis fier de le dire – aller vers une négociation pour obtenir des compromis. On a obtenu des avancées sociales, ce n’est pas la panacée mais le repas à un euro pour les étudiants, ne pas avoir les franchises médicales qui augmentent, 400 millions d’investissements sur les bailleurs sociaux…

    Léo Purguette : Cela rend-il possible votre projet municipal ?

    Ça participe à l’idée d’améliorer le pouvoir d’achat. C’est notre objectif ici à Marseille aussi.

    Les quartiers populaires

    Didier Gesualdi : Ceux qui souffrent le plus de l’insécurité sont dans les quartiers populaires où il manque aussi des services publics, des centres sociaux, et là, la Ville a des leviers.

    Oui et on les a très largement activés. Quand on va chercher avec le plan Marseille en grand, des moyens colossaux pour la politique de la ville, pour la rénovation et la reconstruction d’un certain nombre de logements, pour rouvrir des centres sociaux qui sont des lieux de rencontre et de partage de toute une jeunesse marseillaise. Elle n’est pas condamnée, assignée aux pieds d’immeuble. On lui donne d’autres perspectives. Les centres sociaux c’est la découverte de la vie, de la ville, des musées, de la plage, du parc national des calanques. C’est de cette manière que la Ville travaille à remettre du lien social. La question de la sécurité on la traite, mais ce n’est pas que ça Marseille. Il faut participer, travailler, regarder la ville telle qu’elle est en essayant de construire autre chose. Autre chose c’est quoi ? La culture, le sport, le logement, les transports, la propreté et le vivre-ensemble.

    Léo Purguette : Le candidat d’extrême droite propose de ne pas avoir d’adjoint à la sécurité pour s’en occuper lui-même. Ça ne sert à rien un adjoint à la sécurité ?

    Ne pas compter dans son équipe un adjoint qui s’occupe H24 de ces problématiques-là, c’est dire à quel point il ne s’y intéresse guère en réalité. Il y a les discours, les grandes phrases, les déclarations intempestives mais il y a la réalité du terrain. Ça me donne l’occasion de lui dire « bon courage » si vous souhaitez demain trier les gens qui pourraient venir ou pas sur les plages. On est dans le ridicule absolu.

    Didier Gesualdi : Benoît Payan est sur toutes les affiches, il y a un culte de la personnalité ?

    Le Printemps marseillais a-t-il disparu ?Je ne crois pas. On est sur un mouvement historique qui s’est même beaucoup élargi par rapport à 2020. Des nouvelles formations politiques et citoyennes nous ont rejoints. Et puis, on a aujourd’hui un maire de Marseille qui a eu le courage de mener toutes ces actions depuis 5 ans et qui se présente au suffrage des Marseillais. Il est tout à fait normal que la campagne soit menée avec Benoît Payan comme leader de ce mouvement. Derrière, c’est l’ensemble des formations politiques qui sont engagées dans le Printemps marseillais. D’ailleurs toutes les propositions mises sur la table sont le fruit d’un travail avec les formations politiques. Nous avons des réunions régulières au QG de campagne, tout le monde y a sa place.Léo Purguette : Serez-vous tête de liste dans un secteur ?Vous le saurez bien assez tôt. Je suis élu dans les quartiers Est de la ville, j’y suis né, j’y ai grandi, j’y ai un attachement particulier. C’est là que j’ai fait mes premières armes en politique. Ce sont des discussions en cours. Vous aurez bientôt les visages des têtes de liste qui partiront au combat sur les huit secteurs de la ville.

    Didier Gesualdi : Le RN est-il votre principal adversaire ?

    Il n’y a qu’à voir les sondages, vous les lisez aussi attentivement que moi…

    Didier Gesualdi : Celui de La Marseillaise plutôt que celui du JDD.

    Vous avez raison ! Mais sondage après sondage l’adversaire de Benoît Payan ça sera le RN. J’appelle à Marseille et dans le département à se mobiliser dès le premier tour pour les candidats humanistes.

    Léo Purguette : Y a-t-il encore des possibilités de rapprochement au second tour avec les insoumis ?

    J’ai lu avec beaucoup d’attention les déclarations de Sébastien Delogu. Quand on est capable de déclarer d’un autre candidat de gauche à la tête de la deuxième ville du pays, qu’on ne souhaite pas le voir gagner, ça en dit long sur l’état d’esprit de LFI. Si ce n’est pas Benoît Payan qui doit gagner, c’est qui ? Le RN ? Ça pour moi, c’est plus qu’une faute politique, c’est une ligne rouge franchie.

    Les Bouches-du-Rhône

    Léo Purguette : Assez parlé de Marseille, vous êtes aussi premier secrétaire de la fédération socialiste des Bouches-du-Rhône. Un accord d’union de la gauche a été signé dans une soixantaine de communes. Quelles perspectives de conquêtes à gauche ?

    En 2020, nous n’avions pu réaliser l’union quand dans quelques communes, aujourd’hui 60, ce n’est pas rien c’est globalement l’ensemble des communes de 20 000 habitants. Cette union, la plus large possible, elle est le fruit de plus d’un an de travail avec le PCF, les Écologistes et d’autres formations politiques. Il y a un enjeu pour la gauche sur Gardanne, Aubagne, Arles, Aix-en-Provence également. Et puis on est aussi en soutien dans des communes de citoyennes et citoyens non encartés.

    La question des lecteurs
  • Le Printemps marseillais inaugure son QG de campagne

    Le Printemps marseillais inaugure son QG de campagne

    À sept semaines du 1er tour des élections municipales (15 et 22 mars), le Printemps marseillais inaugure son QG de campagne. Installé à l’angle du cours Belsunce et de la Canebière (1er). Le lieu fourmille déjà depuis quelques semaines. Les 800m2 de cette ancienne banque installée au cœur de Marseille ont été apprivoisés au fil des semaines. Vendredi, la façade jusqu’ici parée d’un soleil, symbole du Printemps marseillais, noir sur fond blanc, s’est colorée. Du fuchsia, du rouge, du vert, du bleu et quatre chiffres énormes, 2026, blancs et bleus, planté au milieu de la rade de Marseille, laissant figurer en fond la Bonne Mère. Côté Belsunce, le nom de tous les quartiers de Marseille.

    Plusieurs rendez-vous y ont été organisés. Benoît Payan, le maire (DVG) sortant y a officiellement annoncé sa candidature le 10 janvier. Audrey Garino, son adjointe (PCF) en charge des solidarités y a dévoilé les vingt premières mesures programmatiques du Printemps marseillais pour la future mandature, la semaine passée. Mercredi, c’est Marine Tondelier, la secrétaire nationale des Écologistes qui est venue apporter son soutien, le tout premier venu d’une personnalité politique nationale.

    L’inauguration va battre le rappel des troupes et donner le véritable coup d’envoi de la campagne du Printemps marseillais version 2026 même si les militants sont engagés sur le terrain depuis plusieurs semaines déjà. Porte-à-porte, affichage, tractage de rue se multiplient. Plusieurs centaines d’entre eux sont attendues ce samedi, au côté des représentants de toutes les forces politiques et citoyennes engagées derrière Benoît Payan.

    « Le but est de montrer toute l’ampleur de ce rassemblement », glisse l’entourage du maire ou l’appui sur l’enthousiasme qui anime les troupes. L’ambiance soutenue par les derniers sondages et les retours des Marseillais est bonne. Comprenez ici, joyeuse.

  • Marine Tondelier à Marseille pour une nouvelle victoire

    Marine Tondelier à Marseille pour une nouvelle victoire

    C’est la première visite d’envergure depuis l’entrée en campagne de Benoît Payan. Marine Tondelier, secrétaire nationale des Écologistes, était mercredi à Marseille pour soutenir le maire (DVG) sortant et le Printemps marseillais. Arrivée en fin d’après-midi en gare Saint‑Charles, la patronne des Verts a déambulé en centre‑ville avant de rejoindre le QG de campagne sur la Canebière.

    « Les électeurs ne leur pardonneront pas »

    À ses côtés, l’état‑major écologiste local et des figures de la majorité. Au premier rang, Michèle Rubirola qui a conduit la gauche à la victoire en 2020, le sénateur Guy Benarroche, le maire des 4-5, Didier Jau, les adjoints Christine Juste et Hervé Menchon, la maire (Mad Mars) des 6-8, Olivia Fortin, ou l’adjointe (PCF) aux solidarités, Audrey Garino. « Nous sommes là pour la victoire de l’OM et celle du Printemps marseillais les 15 et 22 mars », s’amuse la patronne des Écologistes. Mais avant de filer au Vél’, Marine Tondelier est vite redevenue sérieuse.

    Insistant sur « l’accord historique » noué autour de Benoît Payan et accusant Martine Vassal, la présidente (DVD) de la Métropole de « régler ses comptes sur le dos des Marseillais », Marine Tondelier souligne la nécessité d’un second mandat « pour concrétiser ». « On a commencé à rendre cette ville vivable, cette transformation écologique et sociale doit continuer », abonde Michèle Rubirola quand le maire défend l’union construite depuis 2020. « On devait se rassembler, c’était notre responsabilité après avoir travaillé six ans ensemble. On nous a dit qu’on ne tiendrait pas six mois… nous voilà, rassemblés pour six ans encore, avec la conscience profonde que l’union des écologistes, des progressistes, des humanistes, est une nécessité absolue ».

    « Les Écologistes ont l’antifascisme au cœur et nous ne tremblons pas sur ce sujet », poursuit sa secrétaire nationale, en écho aux sondages dessinant une poussée de l’extrême droite sur la ville. Une pique surtout adressée à la France insoumise et à son candidat, Sébastien Delogu : « Quand on voit un RN aussi haut, on ne peut pas entendre un candidat de gauche dire : Mon but, c’est que M. Payan ne soit plus maire. Là, on a un problème… Je pense que les électeurs ne leur pardonneront pas ».

    Benoît Payan, lui, prend de la hauteur : « Pour la première fois le destin de cette ville, la plus vieille de France peut basculer vers un parti dont le fonds de commerce est la division, la haine des autres, le repli sur soi, la communautarisation des gens, l’exclusion de celles et ceux qui ne seraient pas dans un standard. Ce serait un déni de son histoire. »

    Sans céder aux promesses irréalistes, il revendique un cap : « Protéger les Marseillaises et les Marseillais, changer le destin de cette ville sur un chemin exigeant mais sain ». Et de conclure : « Le seul risque ici, c’est le RN. Nous ne le permettrons pas. »

  • La solidarité comme fil rouge du Printemps marseillais

    La solidarité comme fil rouge du Printemps marseillais

    La solidarité n’est pas une compétence obligatoire pour une municipalité mais elle traduit « le premier engagement du Printemps marseillais pour une ville plus juste » et constitue un « fil rouge » qui irriguera l’ensemble du programme. Lundi, Audrey Garino, adjointe (PCF) au maire de Marseille en charge des affaires sociales, inaugurait la séquence programmatique de la campagne de la majorité sortante, en présentant son premier volet consacré à la lutte contre l’exclusion et la pauvreté.

    Un domaine dans lequel la municipalité s’est montrée en première ligne ces six années écoulées avec les signatures avec l’État du premier Plan pauvreté municipal et du contrat territorial d’accueil de France, la création de 525 places d’hébergement d’urgence, la hausse de 50% du budget dédié à la solidarité, la création de douches municipales, ou la mise sur orbite d’un Ehpad municipal.

    Plus étoffé qu’en 2020, l’axe solidarité du nouveau programme s’articule autour de vingt mesures ciblées pour lutter contre toutes les formes de précarité. « Avec une méthode, la concertation ; un outil, le service public ; et une constante, l’accès aux droits et aux besoins fondamentaux », explique Audrey Garino, accompagnée de Cécile Suffren, directrice générale d’Habitat alternatif social.

    Régie publique de l’eau

    En la matière, le printemps marseillais ambitionne d’étendre le dispositif Territoire zéro non-recours, déjà expérimenté, à l’ensemble de la ville, et de créer un baromètre local du non-recours aux droits, ainsi qu’un « Pass solidarité » pour ramasser l’offre municipale et faciliter l’accès aux équipements et services publics.

    Pour accompagner les seniors, la municipalité de gauche propose la création d’un service public local d’aide au maintien à domicile et une 5e résidence autonomie sur le site de l’Entraide au Roy d’Espagne. Face au sans-abrisme, elle entend créer 1 000 nouvelles places d’hébergement d’urgence, doubler les fontaines d’eau et toilettes publiques, et pousser la mise en place d’un plan national de résorption des squats et bidonvilles.

    Parmi les grands chantiers figure le retour en régie publique de la gestion de l’eau, dont la délégation de service public confiée à la Société des Eaux de Marseille arrive à échéance en 2029. Objectif ? Garantir la gratuité des premiers mètres cubes. Autre gros dossier, la création d’une Mutuelle municipale visant à lever les freins dans l’accès aux soins. Dans le viseur, les étudiants, retraités, chômeurs, travailleurs indépendants et précaires.

    Le pouvoir d’achat fait aussi l’objet de mesures fortes avec des tarifs sociaux renforcés et une cantine gratuite étendue à 15 000 enfants, la hausse du kit de rentrée scolaire à 150 euros et le doublement du nombre de repas gratuits pour les étudiants. Le programme prévoit aussi des actions spécifiques pour les jeunes mineurs non-accompagnés en recours, ainsi « qu’une solidarité inconditionnelle » envers les migrants et « un soutien renforcé à SOS Méditerranée » conclut, offensive, Audrey Garino.

  • Municipales : Génération écologie veut la décarbonation de Marseille

    Municipales : Génération écologie veut la décarbonation de Marseille

    Signataire du pacte de rassemblement des forces de gauche dans les Bouches-du-Rhône, Génération écologie (GE) a livré ses contributions au programme du Printemps marseillais, en s’appuyant sur l’action engagée depuis 2020 par la majorité municipale de gauche. Autour de Cécile Vignes, cheffe de file du parti à Marseille, co-référente départementale et élue des 11e et 12e arrondissements -récemment ralliée au Printemps marseillais-, des responsables et élus : France Gamerre, vice-présidente d’honneur de GE, Michel Villeneuve, chercheur CNRS émérite, Eliott Perinchio, adjoint à Olivia Fortin, la maire des 6-8, Nicole Landou, membre du bureau exécutif départemental, et Rosette Denia‑Salone, élue des 6-8.

    « Les bases sont solides et ce qui a été impulsé doit grandir », souligne Cécile Vignes, consciente des attentes encore fortes de la population. « Le temps politique est court, il a fallu prioriser : les écoles, la sécurité et l’engagement d’une ville plus verte avec la préservation des terres agricoles, les parcs rénovés… »

    Génération écologie revendique une écologie « populaire et joyeuse » qui concerne les citoyens, loin d’un discours anxiogène. Objectif prioritaire : préparer « Marseille à 50 degrés », en articulant écologie et justice sociale autour de quatre axes : habiter mieux, construire mieux, consommer mieux et travailler mieux.

    « Ville régénératrice »

    Sur la base des labels européens « 100 Villes neutres en carbone d’ici 2030 » et « Ville climatiquement neutre et intelligente » obtenu sur le dernier mandat, le parti défend l’idée d’une « ville régénérative », capable de devenir une capitale de la décarbonation et de la « perma-industrie ». « Marseille entraîne tout le territoire : elle peut être un trou noir ou une étoile », avertit Cécile Vignes, appelant à une vision métropolitaine fondée sur la coopération. La rénovation des bâtiments dégradés figure au cœur des propositions, via « l’auto-réhabilitation accompagnée » associant habitants, associations et entreprises locales. Sur le volet économique, GE plaide pour une redynamisation des friches, un soutien aux filières biosourcées et à l’économie circulaire, ainsi que pour des projets innovants de consommation responsable, inspirés d’expériences concrètes. « Il n’y a pas d’écologie sans une économie solide », rappelle France Gamerre, convaincue que l’espoir, l’emploi et la qualité de vie sont indissociables d’une réponse aux défis climatiques, sociaux et sécuritaires.