Tag: prévention

  • La Villa M veut remettre les Marseillais en mouvement

    La Villa M veut remettre les Marseillais en mouvement

    Faire du sport pour être en meilleure santé. La formule n’est, certes, pas révolutionnaire, mais davantage devraient la prendre au pied de la lettre. Selon une étude de l’Anses en 2022, 95% des adultes sont exposés à un risque pour la santé du fait d’un manque d’activité physique ou d’un temps trop long passé assis.

    Ainsi, la Villa M, en étroite collaboration avec la SCO Sainte-Marguerite, veut combattre ce fléau en sensibilisant les Marseillais à ces pathologies chroniques. « Le mouvement, c’est la santé », lance Pascal Chamassian, porte-parole de la Villa M et célèbre organisateur de la course pour la mémoire, en citant le slogan de la première édition de la Villa M Run Santé Marseille. Cet événement se tiendra le samedi 23 mai au parc Borély, au travers de trois courses : une populaire de 5 km, qui pourrait dès l’année prochaine être labellisée par la Fédération française d’athlétisme et qualificative pour les championnats de France, une accessible de 2,5 km adressée aux marcheurs ou aux patients qui souhaitent courir aux côtés de leurs soignants, puis une petite d’un kilomètre à destination des enfants.

    Prémices d’une maison sport-santé ?

    « Le sport santé, ça n’a rien à voir avec la performance. C’est surtout pouvoir faire du sport, se faire plaisir, chacun son rythme, et puis aussi trouver du lien social à travers tout ça. Et je pense que c’est important, surtout malheureusement quand on arrive à nos âges certains », souligne Claude Ravel, président de la SCO Sainte-Marguerite, sous le regard d’André Giraud, ancien président de la Fédération française d’athlétisme et créateur du très prisé semi-marathon Marseille-Cassis.

    Cinq euros par inscription seront reversés au Fonds de dotation de Villa M, qui accompagne et promeut « des actions de sport-santé auprès de soignants en difficulté », comme l’a expliqué le Dr Bertrand Mas-Fraissinet, président du Groupe Pasteur Mutualité. Ce dernier verrait d’un bon œil la création d’une maison sport-santé au sein de la Villa M dans un avenir proche. « Je vais essayer de porter ce projet », promet Jean-Michel Leclercq, délégué régional de la Drajes de la région Sud-Paca, conscient qu’il pourra mettre en avant ce lieu « hybride », avec la présence d’un partenaire privé, pour lequel la mission d’intérêt général est « évidente ».

    Tarifs : 1 km enfants : gratuit – 2,5 km : 12 euros / 10 euros pour les inscriptions en groupe – 5 km : 19 euros / 17 euros pour les groupes

  • Contrôles routiers renforcés à la veille du week-end prolongé

    Contrôles routiers renforcés à la veille du week-end prolongé

    Au péage Prado-Carénage, les policiers du Groupe de lutte contre la délinquance routière (GLDR), effectuent leurs contrôles routiers habituels. Ils arrêtent une voiture « en fonction des signes visibles de manque d’entretien », souligne l’un d’entre eux, avant de sortir un test de dépistage de stupéfiants. 50 à 60 conducteurs sous stupéfiants sont arrêtés chaque mois, « une augmentation considérable », affirment-ils. Ces équipes sont rejointes dès aujourd’hui par des centaines de policiers, de gendarmes et de CRS, mobilisés jusqu’à dimanche autour de Marseille dans le cadre du renforcement des contrôles routiers sur tous les axes principaux et secondaires du département.

    Corinne Simon, la préfète déléguée des Bouches-du-Rhône, présente au péage Prado-Carénage mardi, explique que « l’objectif est de rappeler les règles principales pour les personnes qui entrent et sortent du département, à savoir le port de la ceinture, le contrôle de la pression des pneus et l’importance de s’arrêter toutes les deux heures ».

    Le protoxyde d’azote,

    un « véritable fléau »

    Depuis le 1er janvier, 30 personnes ont perdu la vie à cause d’accidents de la route à Marseille. Ce travail de prévention et de répression vise à « responsabiliser les automobilistes », dans un contexte de hausse des délits, selon la préfecture de police. Hervé, officier de police judiciaire présent au contrôle du péage ce mardi, explique que 80% des contrôles effectués sur les motos sont liés à des défauts de permis voire à l’absence de permis.

    Jusqu’à dimanche, l’accent sera mis sur les contrôles intensifs liés à la consommation d’alcool, de stupéfiants et notamment de protoxyde d’azote, « un véritable fléau » responsable de plus en plus d’accidents de la route, a souligné la préfète. « Depuis le 1er janvier, 25 automobilistes ont été arrêtés avec des bouteilles de protoxyde d’azote, un gaz qui vous fait complètement perdre vos moyens », a-t-elle déploré. La semaine dernière, un automobiliste sous protoxyde d’azote a provoqué un accident, son pronostic vital est toujours engagé. Le gouvernement entend d’ailleurs sévir sur le sujet, la loi Ripost, présentée par le ministre de l’Intérieur Laurent Nunez, entend punir de 9 000 euros d’amende et de trois ans d’emprisonnement la conduite après avoir consommé du protoxyde d’azote. Pour l’instant, les forces de l’ordre n’ont reçu aucune formation pour reconnaître et prévenir les risques liés à ce gaz, dont la consommation est en hausse.

  • Les professionnels épinglés par la Sécu

    Les professionnels épinglés par la Sécu

    En proportion, ils sont certes moins nombreux à frauder la Sécurité sociale, mais les sommes escroquées sont bien plus importantes du côté des professionnels de santé que des assurés, notent les différentes caisses primaires d’assurance maladie (CPAM) de la région, dans leur bilan 2025. À commencer par celle des Bouches-du-Rhône, qui l’a rendu public ce lundi 4 mai.

    S’inscrivant dans le sillage des résultats nationaux – 723 millions d’euros de fraudes détectés, soit une hausse de 15% par rapport à 2024 – la CPAM 13 estime avoir recensé et stoppé 50,2 millions d’euros. Un résultat qui a « triplé en quatre ans », dépassant largement « l’objectif initial fixé à 40 millions », se félicite la direction de la CPAM 13. Et d’en attribuer le mérite au « travail collectif » de « 70 agents spécialisés et formés : investigateurs, enquêteurs agréés et assermentés, rédacteurs juridiques, assistants statistiques, praticiens-conseils et enquêteurs judiciaires commissionnés ». Grâce à eux, « un préjudice de 17 millions a pu être évité, montant inclus dans le total des 50,2 millions », précise-t-elle.

    Sur la répartition des responsabilités, 58% des dossiers, faute ou abus, sont le fait des assurés (plus de 2 millions dans le département), liés aux arrêts de travail et aux droits à l’Assurance maladie. Parmi les 280 dossiers d’arrêts maladie litigieux, « les deux principales pratiques identifiées sont l’utilisation de faux arrêts et l’exercice d’une activité non autorisée durant la période prescrite », détaille la CPAM 13, évaluant leur montant à 2,6 millions. Concernant les fraudes aux droits, elles « résultent principalement du non-respect des conditions de ressources et de résidence », s’élevant à 4,4 millions d’euros de préjudice. Au total, les assurés sont responsables de 8 millions d’euros de fraudes, soit à peine 16% du montant financier total, bien qu’ils représentent plus de la moitié des dossiers repérés.

    Car ce qui coûte le plus cher, ce sont les détournements opérés par les professionnels de santé (21 000 dans le département). Bien que moins fréquents avec 24% des cas, ces derniers sont à l’origine de plus de « 72% des montants détectés et stoppés », avec des sommes moyennes par dossier souvent plus élevées. Soit, en 2025, près de 36 millions d’euros, quelque 3 millions de plus qu’en 2024.

    Les centres de santé,

    une priorité

    En cause « des acteurs qui ne sont pas issus de la santé et qui exploitent le système de santé à des fins financières, en mettant en œuvre des stratégies de fraude délibérées, structurées et parfois déployées à grande échelle », analyse la CPAM, avec dans la ligne de mire les audioprothésistes, les fournisseurs de dispositifs médicaux, les pharmaciens ou certains centres de santé. Ces derniers sont d’ailleurs devenus une « priorité forte pour l’Assurance maladie », dans « la continuité de la stratégie engagée depuis 2021 ». En 2025, les montants détectés et stoppés dans ce secteur dépassent 2,5 millions d’euros. Une « nette progression » avec des chiffres multipliés par six par rapport à 2024, année au cours de laquelle le montant détecté et stoppé s’élevait à plus de 400 000 euros. Plus de 2 millions sont « liés à des actes ou prestations fictifs facturés, mais non réalisés » et 390 000 euros sont attribués « au non-respect des conditions de prise en charge ou des règles de facturation ».

    Autre priorité des agents de la CPAM, les établissements de santé et médico-sociaux, responsables de 18% des cas, « compte tenu des montants en jeu » : 11% du total des fraudes. Les contrôles ont notamment porté sur les dotations versées aux Ehpad, aux services d’hospitalisation à domicile, d’autonomie à domicile, « dans la continuité des années précédentes ». Ils « visent notamment à vérifier l’absence de remboursements indus sur l’enveloppe de soins de ville pour des dépenses déjà couvertes par ces dotations ». La CPAM 13 a remarqué une « amélioration de la qualité de facturation, avec un montant de 5,5 millions de préjudice, contre 7 millions en 2024 ».

    Pour endiguer le phénomène de manière générale, elle mise sur « l’action contentieuse » : pas moins de 1 175 procédures ont été engagées entre sanctions pénales, financières et administratives. Ces dernières ayant rapporté 4,8 millions d’euros. Côté pénal, 446 procédures ont été lancées, dont 313 signalements au procureur et 133 plaintes.

    À Marseille, un pôle d’expertise interrégional, agissant sur toute la région, a aussi été constitué avec onze agents, « dotés de certains pouvoirs d’officiers de police judiciaire, agissant sous l’autorité du parquet ». De quoi démanteler de véritables réseaux d’escroquerie. En témoignent des affaires sous le feu des projecteurs ces derniers mois (lire par ailleurs)…

    CHIFFRES

    1,5

    million d’euros de fraudes. C’est le montant évalué, entre préjudice subi et évité, par la CPAM des Alpes-de-Haute-Provence, pour 2025. Elle compte 139 750 assurés et 1 384 professionnels de santé.

    13,8

    millions d’euros de fraudes. Un « bilan record » pour la CPAM du Var, en « hausse de 15% » par rapport à 2024, face « à des réseaux de plus en plus organisés ». Elle mise sur la prévention pour « sécuriser le système et à éviter le versement de sommes indues ».

    43

    dossiers de fraude repérés par la CPAM 13 sont partis au parquet, 25 ont été pris en charge par le pôle d’expertise en co-saisine avec la gendarmerie, la police nationale ou l’Office nationale anti-fraude, 11 gardes à vue réalisées et 4,6 millions d’avoirs criminels saisis.

    DES AFFAIRES QUI SE MULTIPLIENT

    Un dentiste marseillais jugé fin mai pour des actes fictifs

    Du 27 au 29 mai se tiendra, à Marseille, le procès d’un chirurgien-dentiste marseillais, soupçonné d’actes fictifs sur un panel d’une centaine de patients pour un préjudice de 1,6 million d’euros, au détriment notamment de la CPAM 13.

    Un détournement à 58 millions d’euros

    Une affaire hors-norme de fraude a été rendue publique, le 26 mars, par la procureure de Paris, Laure Beccuau, impliquant sur toute la France plusieurs « structures et particulièrement des centres de soins dentaires », avec des actes fictifs facturés. Parmi eux, un centre marseillais, avec des notes établies au nom d’un dentiste décédé en 2021.

    Un chirurgien aubagnais qui surfacture

    Des centaines d’actes fictifs ou surfacturés en série ont été reprochées, le 22 octobre 2025, à l’ex-chef du service de chirurgie orthopédique du centre hospitalier d’Aubagne. Bilan : plus de 400 000 euros au préjudice de la CPAM 13.

    Un ambulancier marseillais multirécidiviste

    L’affaire est passée en justice en janvier 2025. Déjà condamné deux fois, le patron d’une société d’ambulance marseillaise a persisté à multi-facturer des prestations fictives massives à des organismes sociaux, jusqu’à 80 fois le même trajet. Préjudice : 1 647 000 euros. Il a écopé de 5 ans d’emprisonnement, dont 18 mois de sursis probatoire.

    De fausses ordonnances pour 3,2 millions d’euros

    La dirigeante de quatre sociétés de distribution d’articles médicaux et orthopédiques, basée à La Destrousse, a siphonné 3,2 millions d’euros en cinq ans à la CPAM. Elle a été jugée pour escroquerie et blanchiment en bande organisée, en juin 2025.

    Escroquerie au transport sanitaire dans le Vaucluse

    De fausses courses facturées et des salariés qui conduisent des ambulances sans diplôme… Six personnes ont été impliquées dans une vaste escroquerie aux ambulances, dans le Vaucluse, en juillet 2025. Montant de l’affaire : un million d’euros.

    M.R.

  • Des drones pour contrôler la végétation

    Des drones pour contrôler la végétation

    Des drones pour contrôler la végétation à proximité des lignes électriques est une pratique qui se démocratise. « Ces appareils sont aujourd’hui utilisés pour la moitié des contrôles, le reste étant réalisé par hélicoptère », explique l’entreprise Enedis.

    Moins coûteux, plus respectueux des écosystèmes, mais plus longs, les survols organisés à La Ciotat se déroulent sur près de trois semaines. Ces contrôles sont généralement effectués au printemps, pour définir les zones à élaguer. Sur son site internet, la municipalité invite les habitants à ne pas se positionner sous les appareils. Elle précise que les pilotes des drones sont identifiables et disposés à « répondre à d’éventuelles questions » sur cette opération. Enedis assure ne pas disposer de droits de diffusion sur les images, notamment d’éventuels passants.

    Mona Lobert

  • [Rue de la République] Samia Ghali : « Je suis pour que le versement mobilité des entreprises soit revu à la hausse »

    [Rue de la République] Samia Ghali : « Je suis pour que le versement mobilité des entreprises soit revu à la hausse »

    Ce week-end, Samia Ghali (DVG), adjointe au maire de Marseille et présidente de la RTM.

    SOn élection à la présidence de la RTM

    Didier Gesualdi : Quelle est votre feuille
    de route après votre élection
    à la présidence de la RTM
     ?

    Les transports sont l’affaire de tous. Chaque Marseillais, chaque habitant de la Métropole est confronté à cette question à un moment ou un autre, pour soi-même, ses enfants, ses parents… Les transports font partie intégrante de la vie des habitants à Marseille intra-muros ou dans les autres communes de la Métropole. Ils représentent une bouffée d’oxygène au sens propre comme figuré du terme, ils permettent de mieux respirer, d’avoir moins de véhicules… Ils sont aussi un poumon du développement économique et un levier de résolution de la crise du logement. Vous ne pouvez pas construire si vous n’avez pas les infrastructures, notamment de transport, pour desservir les habitations.

    Didier Gesualdi : On a un retard à combler sur ce territoire. Comment comptez-vous y arriver ?

    Il y a le tramway vers le nord, vers la Bricarde qui va démarrer. Il y a tous les transports du quotidien aussi, avec les derniers kilomètres ou centaines de mètres qui manquent pour tel ou tel territoire qui se trouve coupé du reste du monde. Il y a aussi un gros chantier, qui m’a été signalé par les chauffeurs de bus avec qui j’ai pu parler. Ils me disent que les bus qui tombent en panne sont un problème, que leur maintenance est un vrai sacerdoce. Cela doit devenir une question centrale pour permettre au service public de fonctionner.

    Léo Purguette : Présider la RTM, c’est
    une tâche épineuse. On pourrait presque penser que c’est un cadeau empoisonné. Pourquoi l’avez-vous accepté
     ?

    D’abord, ce serait insultant pour le personnel de la RTM et les usagers de considérer que c’est un cadeau empoisonné. Après, oui, c’est un sujet éminemment complexe et difficile. Au vu de la situation financière de la Métropole, je ne vais pas vous dire que ça va aller comme sur des roulettes. Je considère que c’est un défi, j’ai pour habitude d’en relever. Le président de la Métropole et le maire de Marseille m’ont désignée pour être candidate à cette présidence, je le prends comme un compliment. Ils connaissent mon caractère, ma pugnacité. Je ne lâche rien, je vais au bout des choses. Je le prends comme une marque de reconnaissance de ma capacité à porter des sujets difficiles.

    La fracture nord-sud

    Léo Purguette : Faut-il voir un symbole dans le fait que vous êtes une élue des 15-16, un secteur qui souffre d’une desserte en transports en commun très insuffisante ?

    D’abord les 15-16, chers à mon cœur vous le savez, Jean-Marc Coppola en est le maire. C’est comme ça qu’on a souhaité travailler lui et moi, en complémentarité. C’est un territoire qui a effectivement beaucoup souffert d’un manque de transports pendant des décennies. On va essayer de rattraper tout cela. C’est important de le faire de manière collégiale et dans l’intérêt de tous les habitants. Les délégations que j’ai à la Ville de Marseille et la présidence de la RTM aideront.

    Didier Gesualdi : C’est l’acte II du Printemps marseillais. Pourquoi on devrait y croire et qu’est-ce qui va changer dans le quotidien des Marseillais ?

    Heureusement qu’on a le Printemps marseillais à la mairie et pas le Printemps de l’ombre du Rassemblement national. Excusez-moi d’être très heureuse que ce soit nous et pas le RN, quand on voit comment ses élus se sont comportés au conseil municipal de mercredi… Même sur des délibérations qui ne portent pas à débat. Ils disent être pour la sécurité et quand on finance une association comme l’Addap 13 pour faire de la prévention, ils ont voté contre, ont eu des propos diffamatoires… Je suis déjà bien contente que Marseille ne soit pas la risée et la honte de la France. Ici on résiste plus qu’ailleurs. Je ne sais pas ce qu’il se passera en 2027 mais Marseille doit être une terre de Résistance. Pour le reste, on va continuer ce qu’on a déjà entamé dans l’acte I sur les écoles, la rénovation urbaine, les équipements publics, les espaces verts… On n’a pas tout bien fait, tout fini, beaucoup reste à faire. Les Marseillais nous ont placés largement en tête, au-delà de nos espérances, pour nous y atteler.

    Marseille et la RTM

    Didier Gesualdi : La majorité marseillaise s’est longtemps plaint de ne pas avoir la main sur la RTM qui appartenait à Catherine Pila, cheffe de l’opposition. C’est un signe pour les Marseillais que vous preniez cette présidence ?

    La RTM n’appartenait pas à Mme Pila. Pas plus qu’elle ne m’appartient aujourd’hui. La RTM appartient aux habitants de la Métropole, nous sommes là pour la faire vivre et se développer. Le fait que ce soit moi qui porte cette question, personne ne peut douter de mon engagement pour les quartiers populaires de cette ville, oui c’est un signe. Par exemple, quand on dit qu’il faut renforcer les bus vers les plages, certes il faut le faire sur le Prado mais aussi à l’Estaque, à Corbières. Je considère qu’un Marseillais qui prend les transports en commun dans le Sud, dans le centre, dans l’Est ou dans le Nord de la ville doit être traité de la même manière. Je suis pour l’équité dans les transports à Marseille. On a la chance, à la RTM, d’avoir plus de 5 000 agents. Je pense qu’ils aiment vraiment leur boulot, leur boîte, c’est une chance qui n’est pas donnée à tout le monde. Ils sont dévoués à la cause des transports en commun, il faut leur donner cette fierté. J’ai eu des messages de tous les syndicats de la RTM et je les en remercie. Quand on devient présidente, c’est important d’être saluée par les syndicats qui sont conscients de la tâche qui nous attend. Ils mettent beaucoup d’espoir dans mon arrivée. C’est d’abord à eux que je veux m’adresser, au personnel et aussi aux femmes qui travaillent à la RTM. Elles ont fait le choix d’être dans des métiers exigeants, plutôt masculins, mais elles le portent tellement bien, de manière tellement élégante. Je veux leur dire qu’elles ont toute mon admiration et j’aimerais qu’il y en ait encore plus.

    Le métro fermé le soir

    Léo Purguette : Êtes-vous en capacité de nous dire aujourd’hui quand le métro va pouvoir reprendre en soirée avec des rames modernisées ?

    Je ne vais pas vous le dire aujourd’hui. On va d’abord commencer par une visite nocturne avec la presse pour que tout le monde comprenne de quoi on parle. On va regarder tout ce qu’il sera possible de faire. On m’explique qu’il y a des questions techniques liées aux travaux qui nécessitent d’interrompre le trafic mais il faut voir concrètement ce qu’il est possible de faire. Vous serez invités, vous les journalistes avec, je l’espère, le président de la Métropole et le maire de Marseille. On verra si on peut gratter une demi-heure, une heure, une heure et demie. Par ailleurs je fais faire un audit flash sur les finances mais aussi sur la partie recettes. La RTM n’est jamais allée chercher de l’argent. Il faudra sans doute qu’on aille chercher de l’argent là où il se trouve, on n’est pas plus idiots que les autres.

    Les finances de la Métropole

    Didier Gesualdi : Nicolas Isnard, le président de la Métropole, a annoncé des assises du financement des transports métropolitains en septembre. Vous avez déjà la pression ?

    Je n’ai pas de pression ! Vous savez, quand vous défendez une cause et que vous en êtes convaincu, vous n’avez pas de pression. J’ai entendu l’UPE 13 dire qu’elle était contre l’augmentation du versement mobilité… Les postures, ce n’est pas trop ma façon de fonctionner. Personne n’est propriétaire de rien, on est face à une situation qui nous dépasse tous. On peut mettre les clefs sous la porte, on dit « c’est fini il n’y a plus de transports à Marseille », et la première victime serait le monde économique. Je ne crois pas qu’il souhaite ça.

    Didier Gesualdi : L’augmentation du versement mobilité comme à Paris est une piste ?

    Entre 2% ici et 3,17% à Paris, il y a un peu de marge. Ça peut résoudre une grande partie des problèmes. Par contre, je comprends que l’UPE 13 dise « on veut des garanties sur les bus qui arrivent à l’heure, sur le développement des transports ». Mais vous savez, le projet tramway qui passe au niveau de la zone franche sur le littoral, c’était demandé par les entreprises. On va leur dire quoi ? « On ne fait pas le tramway parce que l’UPE 13 est contre le versement mobilité ?! » Je le dis : je suis pour que le versement mobilité soit revu à la hausse, il est nécessaire. Sans cela, nous ne pourrons pas continuer à assurer le minimum vital des transports pour les habitants.

    Léo Purguette : Le patronat défend ce qu’il croit être ses intérêts, mais ce n’est pas lui qui va décider. Avez-vous eu des contacts avec les représentants de l’État ? Est-il capable de prendre cette décision ?

    Je vais rencontrer le ministre des Transports ou son cabinet le plus rapidement possible. Je sais que le président de la Métropole, Nicolas Isnard, avec qui j’en ai parlé, a eu un échange très direct avec le Premier ministre notamment sur le versement mobilité. Je crois qu’aujourd’hui, il n’y a pas de porte fermée.

    Didier Gesualdi : Il a entendu sans s’engager…

    Vous savez, en politique, quand il n’y a pas de porte fermée, c’est déjà bon signe.

    Le tram des catalans

    Léo Purguette : Dans les prochains jours, des choix budgétaires devront être opérés. Le maire de Marseille a redit son opposition au tramway des Catalans. Est-ce que c’est un projet définitivement enterré ?

    Je ne fais pas de langue de bois mais je ne veux pas raconter de bêtises. Nous n’avons pas voté le budget de la Métropole, pas plus tard que mardi. Tous les projets vont être regardés et priorisés. Est-ce que le tram des Catalans est aujourd’hui une priorité ou non ? J’en discuterai avec le maire de Marseille. C’est quand même dans sa commune que ça se passe. Aujourd’hui la plupart des habitants ne veulent pas de ce tram. Moi je veux bien qu’on fasse du transport mais commençons par ceux qui le souhaitent plutôt que par ceux qui ne le veulent pas. Mais je laisserai le président de la Métropole et le maire de Marseille, en fonction du budget, dire ce qu’ils souhaitent. La RTM s’exécutera dans un sens comme dans l’autre.

    La gratuité

    Didier Gesualdi : Martine Vassal avait instauré la gratuité pour les enfants et les seniors. Il a aussi la gratuité totale du côté de l’ex-Pays d’Aubagne. Est-ce que c’est en danger dans la RTM que vous présidez ?

    Je disais que le monde économique demande des garanties, certains disent « on veut bien verser mais ce n’est pas pour que les élus en fassent de la gratuité au tout-venant ». Ça vous paraîtra bizarre, mais je peux l’entendre. Moi je suis plutôt pour une tarification sociale ce qui peut être la gratuité dans certains cas. J’entends certains seniors me dire, je gagne bien ma vie, « je peux me payer ma carte de bus, c’est indolore ». Il y a des familles de cadres, qui peuvent prendre en charge le transport de leur enfant. Après il y a eu des choix qui ont été faits dans certaines communes. Les gens qui habitent à Aix, Aubagne, La Ciotat, Martigues… viennent pour certains travailler à Marseille. Le but c’est que demain ils ne viennent plus en voiture. Toutes ces questions, il faut y réfléchir.

    La question des lecteurs

    Chaque semaine posez vos questions à nos invités sur lamarseillaise.fr l’une d’entre elles sera tirée au sort comme celle de Christophe :

    Bonjour. Qu’en est-il du projet d’Arena sur le secteur Gèze que vous aviez annoncé précédemment ?

    Bonjour, je veux vous dire que le projet d’Arena, on est en train d’y travailler. Ça fait partie des grands projets structurants que je suis pour le maire de Marseille. Nous avons déjà ciblé un terrain qui se trouve à Capitaine Gèze. C’est un lieu stratégique au pied du tramway et du métro Capitaine Gèze. Les services sont en train d’y travailler parce que la question pour nous est de savoir si cette Arena doit être complètement publique ou alors semi-privée et semi-publique parce qu’il faut aussi le financer. Nous allons étudier toutes les pistes. Le travail commence sur ce projet d’Arena.

  • La CGT porte plainte contre ArcelorMittal pour délit d’entrave

    La CGT porte plainte contre ArcelorMittal pour délit d’entrave

    « Arcelor va s’expliquer devant les juges pour ses mensonges et ses entraves au CSE et à la CSSCT », lance Zidane Mérabet, récemment élu délégué syndical central CGT à l’assemblée générale du syndicat CGT de l’aciérie de Fos-sur-Mer, qui s’est tenue mercredi à la Maison de la mer et du sport. Le syndicat CGT a annoncé à cette occasion lancer une procédure judiciaire pénale en citation directe au tribunal correctionnel à l’encontre de l’entreprise et de quatre dirigeants du site.

    En cause selon Me Julie Andreu du cabinet TTLA, avocate de la CGT, « un délit d’entrave de la commission santé, sécurité et conditions de travail (CSSCT) ». Plus précisément, la direction est accusée d’avoir « caché un prélèvement positif et délibérément menti en réunion » à ce propos. « Les agissements de la direction sont révélateurs de cette infraction, d’où la citation directe devant le tribunal correctionnel car nous estimons avoir tous les éléments pour se dispenser d’une enquête préliminaire », affirme l’avocate.

    « Des documents modifiés »

    Le secrétaire général du syndicat CGT de l’usine Stéphane Martins de Araujo, resitue le contexte de cette démarche. « Nous avons lancé une procédure de danger grave et imminent [DGI, Ndlr.] sur un calorifuge situé au finissage », une procédure liée à la présence d’amiante pour demander une action et permettre d’exercer un droit de retrait. « Nous avons forcé la direction à faire un prélèvement de contrôle et à accompagner le préleveur. Les deux chefs présents étaient très confiants pour nous dire que ce serait forcément négatif. Le lendemain, en même temps qu’on avait réunion, nos camarades nous ont avertis qu’ils avaient vu le préleveur revenir », raconte le responsable. Les syndicalistes ont alors contacté le préleveur pour connaître la raison de son retour, qui doit normalement faire l’objet d’une information auprès des dépositaires de la procédure DGI, en l’occurrence la CGT. « Sa réponse a été “on m’a demandé de revenir car les prélèvements étaient amiantés” », affirme Stéphane Martins de Araujo.

    « Le jour d’après la direction nous a présenté le rapport : aucun prélèvement n’était amianté. Ils nous ont demandé de lever le DGI, nous leur avons dit que c’était inacceptable et qu’ils avaient modifié des documents agréés Cofrac », tonne le syndicaliste, visiblement en colère. « Ils ont mis la pression aux autres syndicats pour faire lever le DGI. Quand on vous dit qu’ils nous envoient à la mort c’est réel ! » conclut le responsable. Zidane Mérabet abonde en ce sens. « Ce combat dépasse la boîte, quand on voit les déchets amiantés transportés par camions parfois non bâchés et traités comme des déchets industriels banals, cela met en danger tout le monde. » La première audience de citation directe est programmée au 7 juillet.

    Préjudice d’anxiété

    Outre cette procédure, le syndicat est en campagne sur le préjudice d’anxiété lié à l’amiante et aux produits cancérigènes ouverte à tous les salariés et sous-traitants. « Les expositions diffuses et étalées dans le temps n’ont jamais été limitées à une seule substance. L’amiante reste présent partout malgré son interdiction en 1997 », détaille Zidane Mérabet, faisant état de « 600 salariés en suivi médical renforcé amiante dans l’entreprise », et 200 de plus l’ayant quitté. Rendez-vous le 28 mai au conseil de prud’hommes de Martigues.

    De son côté, ArcelorMittal « n’entend pas commenter une procédure en cours ». Plus largement, elle rappelle ses engagements : « La santé et la sécurité au travail sont une priorité absolue pour ArcelorMittal. Sur le site de Fos-sur-Mer, les évolutions en matière de santé et de sécurité reposent sur des investissements permettant d’améliorer la protection collective, mais aussi sur un dispositif de prévention complet, associant formation, amélioration continue des pratiques et suivi médical de tous les salariés », assure-t-elle. « Ces sujets de santé et de sécurité sont au cœur des échanges réguliers avec les instances représentatives du personnel », affirme l’entreprise.

  • Vaccination : une campagne de sensibilisation menée à Marseille

    Vaccination : une campagne de sensibilisation menée à Marseille

    « Aller vers » les habitants pour permettre aux Marseillais « en rupture avec les soins » de mieux connaître « l’offre de santé ». Telle est la volonté affichée par le Centre de vaccinations internationales de Marseille, géré par la Ville et installé au 2, rue Fontaine-d’Arménie (1er). Les équipes du centre vaccinal sont présentes chaque dernier mardi du mois dans le Centre Bourse (1er).

    Mais en cette semaine européenne de la vaccination, d’autres rendez-vous sont aussi proposés : ce mercredi au Centre d’accueil senior 83 (10e) entre 9h et 12h30 et jeudi à l’entrée de l’IHU Méditerranée (5e) entre 9h et 14h puis sur la place Victor-Hugo (3e) de 11h à 15h. Sur place : médecins, infirmiers et médiateurs santé renseignent librement tous ceux qui le souhaitent sur leur statut vaccinal. Un échange pouvant aller, pour les volontaires, jusqu’à une vaccination.

    « Après l’accès à l’eau propre, les vaccins sont l’intervention de santé publique la plus efficace pour éviter les infections, les hospitalisations et les décès », rappelle Élisabeth Créance, responsable du Centre de vaccinations internationales de Marseille, reprenant les propos tenus par Meru Sheel, épidémiologiste et experte en maladie infectieuse citée dans Science et Avenir. « ça permet de se protéger contre des maladies comme la coqueluche, les oreillons, la rougeole, les méningites, qui peuvent avoir de très graves conséquences, insiste-t-elle. Il ne faut pas attendre d’être malade pour rentrer dans le système de santé. »

    Manon Chalindar, médiatrice du dispositif Corhesan, imaginé par l’Hôpital Européen pour aller à la rencontre des habitants des quartiers prioritaires, présente sur place ce mardi, ajoute : « Le vaccin est un acte individuel, bien sûr, mais aussi collectif, car il permet de protéger ses concitoyens. » Le centre de vaccinations propose un accueil inconditionnel et est en mesure d’accompagner les personnes sans couverture santé.

  • [Mort au travail] La Mède : à Total, la lutte contre l’amiante et le benzène

    [Mort au travail] La Mède : à Total, la lutte contre l’amiante et le benzène

    « Vous êtes exposés à du benzène rien qu’en étant venu à ce rassemblement », lance Fabien Cros, secrétaire du syndicat CGT de la plateforme Total de La Mède, devant ses auditeurs massés devant l’entrée de l’ancienne raffinerie mardi matin. Le rassemblement organisé par l’union locale CGT, le syndicat de la plateforme et la branche régionale de la fédération des industries chimiques CGT (Fnic) vise à partager les différentes luttes pour la sécurité et la santé au travail en cette journée internationale dédiée. Les syndicats de Kem One Saint-Auban (04), d’Arkema Marseille et de Sanofi Sisteron (04), entre autres, ont répondu présent.

    C’est la présence du benzène, un composé réputé cancérigène, mutagène et reprotoxique (CMR) lié à la production du site qui a conduit le syndicat à attaquer son employeur par deux moyens : au pénal pour mise en danger de la vie d’autrui, et aux Prud’hommes pour le préjudice d’anxiété lié à l’exposition des travailleurs de la plateforme. « La limite à laquelle les travailleurs pouvaient être exposés en 2000 à mon début de carrière était de 1 ppm », resitue Fabien Cros. « Aujourd’hui on est à 0,2 ppm grâce à la pression mise par nos syndicats et nos avocats. Pourtant le benzène n’a pas d’effet de seuil, en respirer une ou 100 fois ne fait pas de différence », dans les risques d’après le syndicaliste. « Cela démontre que ce seuil est politique et non médical (…) Nous voulons que le benzène soit reconnu au même titre que l’amiante », insiste-t-il.

    Son camarade Ludovic Veyret, délégué CGT Sanofi Sisteron, illustre le problème : « On met des casquettes des chaussures de sécurité, mais on nous laisse respirer des trucs et se démerder pour laver nos vêtements. »

    L’avocate du cabinet TTLA Julie Andreu suit ces sujets. « Les expositions perdurent et la prévention n’est pas là : pas de repérage avant travaux ni diagnostics » pour l’amiante. Les procédures judiciaires visent « une juste réparation et reconnaissance des conditions de travail » selon l’avocate. « Les pathologies se déclarant 20 à 40 ans après exposition, l’employeur ne sera peut-être plus là ou pourra dire que c’est faute d’hygiène de vie », relate-t-elle, « c’est pour ça qu’il faut agir avant d’être malade pour prouver qu’il y a eu exposition si demain vous l’êtes ».

    C’est le combat mené avec la CGT dans les industries de la région.

  • [Mort au travail] À Avignon, le drame de Bagnols en exemple

    [Mort au travail] À Avignon, le drame de Bagnols en exemple

    Le décès de Calvin, jeune de 15 ans, le vendredi 17 avril dernier à Bagnols-sur-Cèze après avoir été percuté par un engin de chantier lors d’un stage, était dans toutes les têtes ce mardi 28 avril lors de la mobilisation pour la journée mondiale pour la sécurité et la santé au travail à Avignon.

    Une cinquantaine de personnes se sont ainsi rassemblées à l’appel de la CGT sur le parvis de la gare centre. « Juste à côté de chez nous, c’est un gamin de 15 ans qui a perdu la vie. Nos vies valent plus que leurs profits. Notre santé ne se négocie pas », lance lors d’une prise de parole Jérémy Caillé, délégué CGT à Eurenco et membre du bureau de l’Union départementale. « Il y a un problème d’encadrement dans de nombreux cas. Il y a des responsables sécurité, mais ils ne sont plus sur le terrain et pensent que les plans de prévention sont systématiquement appliqués à la lettre, ce qui n’est pas le cas. Et on se retrouve parfois avec des minots de 14 ou 15 ans qui se promènent en usine sans savoir quoi faire et surtout sans surveillance », abonde Rémy, syndiqué CGT et employé à la carrière de Mazan par le groupe Siniat.

    Plus globalement, les manifestants observent et font part de procédés douteux chez certains de leurs employeurs, souvent de grands groupes. « Dans l’industrie, il y a beaucoup de tâches accidentogènes ou qui provoquent des troubles musculo-squelettiques. Au lieu de s’améliorer et de régler le tir, beaucoup de patrons sous-traitent, avec des normes qui sont moins respectées pour aller plus vite. Et on perd la visibilité sur d’éventuels cas d’accidents après », pointe à nouveau Rémy.

    Risques psychosociaux

    Dans son discours, Jérémy Caillé a également voulu « briser un autre silence », à savoir celui des risques psychosociaux. « Un fléau qui tue et mutile chaque jour davantage. Ils explosent dans les entrepôts logistiques chronométrés, dans les open spaces en restructuration permanente ou dans les services publics exsangues », expose-t-il, avant d’énumérer les différentes demandes du syndicat au niveau national. Comme par exemple le rétablissement des commissions santé, sécurité et conditions de travail (CHSCT) et des instances de proximité avec des prérogatives nouvelles, le doublement des effectifs de l’inspection du travail et des services de prévention, ou encore une politique pénale sévère contre les employeurs responsables d’accidents graves.

    Était également présent le Collectif Amiante Pays des Sorgues. Ceux-ci regrettent la mise en place d’un timbre à 50 euros pour saisir la justice. « On refuse que la justice devienne un service payant, c’est une régression sociale », clame Guy de Zordi, nouveau président de la structure.

  • [Entretien] Cécile Clamme : « Il faudrait doubler le nombre d’inspecteurs »

    [Entretien] Cécile Clamme : « Il faudrait doubler le nombre d’inspecteurs »

    La Marseillaise : Que représente cette journée mondiale pour les agents de l’inspection du travail ?

    Cécile Clamme : Pour nous, cette journée mondiale est une grosse date. Il faut mettre en avant le fléau social que sont les accidents du travail et les maladies professionnelles. On oublie souvent ce deuxième point alors qu’elles provoquent de gros dégâts : le sujet emblématique est celui de l’amiante, qui est au cœur des préoccupations de l’inspection du travail depuis des années. Pour nous, dédier une journée dans l’année à ces questions, mettre l’accent sur ces questions, c’est majeur. Cela permet de s’interroger collectivement : Pourquoi on est encore là en 2026 ? Pourquoi la France a des chiffres aussi inquiétants ? À l’inspection du travail, on est justement pas trop mal placés pour avoir des indications et des réponses. On est directement concerné. Pour nous, il y a deux éléments de réponse : le manque de moyens, les sanctions en cas de manquements qui ne sont pas assez importantes.

    Quelle est l’ampleur du manque de moyens à l’inspection du travail ? Quel lien avec le nombre d’accidents et de morts au travail en France ?

    C.C. : Une des dimensions majeures de notre travail est d’enquêter lorsque l’accident du travail survient, mais c’est aussi de contrôler, en amont, pour que l’accident de travail ne survienne pas. Or, dans l’état actuel de nos effectifs, nous ne pouvons pas toujours assurer cet aspect de prévention. Quand on est pris par l’actualité, par les dossiers qui s’accumulent, on ne peut pas faire d’actions de prévention. Avec des effectifs en berne comme ils le sont actuellement, on a moins le temps pour faire ce travail-là. Sur les 15 dernières années, on estime à entre 20% et 25% de baisse du nombre d’agents. On a une énorme baisse des effectifs pour les agents d’assistance, ceux qui font le travail administratif. Pareil pour les agents en charge des renseignements, qui sont pourtant les premiers interlocuteurs des salariés en difficulté. À l’heure actuelle, notre direction considère qu’une charge de travail « normale » pour un agent de contrôle, c’est 1 pour 10 000 salariés. Mais, sur le papier, on est moins de 2 000 alors qu’il y a entre 21 et 22 millions de salariés : on est environ 1 800 avec 10% de postes vacants. Il y a peu, on était 1 600. Entre-temps, il y a eu trois ans où les recrutements étaient plus importants, avec des grosses campagnes de communication. Mais malheureusement, tout a été stoppé l’année dernière. On aura donc la dernière grosse promotion pour cet été 2026.

    Quelle estimation des besoins ?

    C.C. : Il aurait fallu continuer encore 3 ans de plus pour atteindre les 2 000… Pour toute la France, il y a eu 45 inspecteurs du travail recrutés l’année dernière, cette année ce seront 60 recrutements. Alors qu’il y a 200 postes vacants et, qu’au bas mot, 100 collègues partent pour différentes raisons chaque année. Très rapidement, on va encore être dépassée par les départs en retraite et les promotions. Quoi qu’il arrive, il y a un problème. D’autant qu’on ne s’occupe pas uniquement des travailleurs salariés. Par exemple, la direction a engagé, il y a 6 mois, une action sur les faux travailleurs indépendants. Cela se fait en plus du travail sur les salariés, puisque par définition ils ne sont pas comptés dans les 21-22 millions de salariés. On est aussi compétent pour la santé et sécurité de la fonction publique hospitalière. Si, sur un secteur, il y a un gros CHU, cela va alourdir la charge de travail sans que ça ne soit compté officiellement… À la CGT TEFP, on revendique 1 agent pour 5 000. Ça n’aurait rien de délirant si l’on compare à d’autres missions de service public. Surtout quand on voit les statistiques de la France en matière d’accidents du travail : 2 morts par jour. Il faudrait donc plus que doubler les effectifs, 3 000 inspecteurs de plus.

    Comment expliquez-vous ces statistiques ?

    C.C. : Notre mot d’ordre est simple : des moyens pour la prévention, des sanctions pour les patrons. Quand il y a un manquement, les sanctions ne sont pas assez dissuasives ! Quand un employeur est condamné, on est en général sur des peines qui sont de l’ordre de l’amende. Lesquelles sont d’un montant qui sera ridicule pour un grand groupe mais important pour une petite entreprise. Par exemple : pour une condamnation faisant suite à un accident mortel, il y a souvent une condamnation, de la personne morale donc pas du dirigeant directement, a une amende, parfois partiellement assorti du sursis… C’est aberrant. Et c’est sans compter toutes les fois où les procédures n’aboutissent pas : classées sans suite pour telle ou telle raison, quand l’entreprise a un avocat meilleur que celui de la victime… La CGT a fait des estimations sur certains départements sur plusieurs années : en moyenne, moins de 20% des procédures vont au bout, y compris pour des accidents graves ou mortels.