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  • Un plan dans l’Hérault pour lutter contre les violences faites aux femmes

    Un plan dans l’Hérault pour lutter contre les violences faites aux femmes

    C’est un fléau qui ne semble pas reculer. Malgré une sensibilisation et une médiatisation plus importantes, les violences faites aux femmes persistent dans notre société. Année après année, les chiffres continuent d’augmenter. L’année 2024 ne déroge pas à la règle : les violences sexuelles enregistrées en France ont progressé de 7%, les viols et tentatives de viol, de 9%. « Dans l’Hérault, nous nous inscrivons dans la tendance nationale d’une stabilisation des plaintes pour violences conjugales et d’une augmentation des violences sexuelles », soupire Chantal Mauchet, préfète héraultaise.

    Pour pallier la situation, la préfecture, le Conseil départemental et les procureurs de Montpellier et de Béziers ont signé, le 6 mars, le premier plan départemental de lutte contre les violences faites aux femmes pour la période 2026-2029. « Ce plan fixe un cap et formalise un partenariat riche. Nous avons pour responsabilité de mieux diagnostiquer et objectiver les violences faites aux femmes afin que nos politiques publiques soient pleinement adaptées aux besoins », poursuit Chantal Mauchet. Concrètement, ce plan prévoit une meilleure coopération entre les partenaires institutionnels en s’articulant autour de six axes : l’hébergement d’urgence, la formation et la prévention, le suivi des enfants victimes de violences, la lutte contre l’exploitation sexuelle, une meilleure communication et enfin l’objectivation des violences grâce à l’Observatoire des violences faites aux femmes de l’Hérault. En somme, pas de nouveau dispositif mais une amplification de l’existant grâce à une meilleure synergie.

    Judiciarisation des faits

    Notamment sur l’hébergement d’urgence. « Le nombre de places a plus que doublé depuis 2019, il y en a 137, voire 170 avec les places dans les hôtels. Nous voulons aller plus loin en intégrant les dimensions d’insertion professionnelle car les enjeux d’autonomie financière et de reprise de confiance en soi demeurent centraux », souligne la préfète. À cela s’ajoutent les deux Maisons des femmes -à Montpellier et Béziers- et un troisième établissement de ce type serait à l’étude en milieu rural, probablement dans les Hauts cantons héraultais.

    Surtout, les signataires insistent sur la judiciarisation des faits. « Cela constitue une étape essentielle sur le chemin de la reconnaissance et de la réparation pour les victimes », fait valoir Chantal Mauchet. En 2024, dans l’Hérault, 1 533 personnes ont été condamnées dans ce cadre.

    « Le traitement des violences conjugales est une priorité de notre politique pénale. En 2025, sur les 800 affaires poursuivables, il y a eu 300 poursuites et 220 déferrements. Les autres procédures ont fait l’objet de mesures alternatives. C’est une justice du quotidien qui est appliquée pour traiter au mieux ces faits d’une grande gravité », soutient Thierry Lescouarc’h, procureur de la République du tribunal judiciaire de Montpellier. Et de lister deux priorités : le renforcement de la protection des victimes, passant par des délais d’audience resserrés ainsi que l’utilisation d’outils comme les téléphones grave danger et les bracelets anti-rapprochement. « Notre seconde priorité concerne les enfants. Ce ne sont pas seulement des témoins mais des victimes à part entière. Cela implique de systématiser la prise en charge de l’intérêt de l’enfant, notamment concernant l’exercice de l’autorité parentale », indique Thierry Lescouarc’h.

    Un premier plan triennal qui en amènera d’autres. Mais tous le reconnaissaient, le chemin à parcourir est encore long. « La lutte contre les violences faites aux femmes est l’affaire de tous. »

  • [ Elections Municipales ] Les 15 bonnes raisons de voter ce dimanche 15 mars

    [ Elections Municipales ] Les 15 bonnes raisons de voter ce dimanche 15 mars

    15 bonnes raisons d’aller voter ce 15 mars pour le premier tour des élections municipales. De la défense des services publics à la gestion du bâti scolaire en passant par une politique de soutien aux structures associatives et sportives… Les maires ont un impact direct sur le quotidien des administrés avec bien des leviers à leur disposition. Tour d’horizon des enjeux pour ce scrutin qui concerne le premier échelon de la démocratie.

    1.

    Au cœur de la campagne des municipales à Marseille il y a six ans après les effondrements de la rue d’Aubagne, le logement se trouve au croisement de l’action municipale et métropolitaine. De la planification des constructions à la lutte contre le mal logement grâce aux permis de louer instruits par la Métropole ou les arrêtés de mise en sécurité et travaux d’office conduits par les communes, en passant par la signature des permis de construire, la régulation des locations saisonnières ou la conduite de la rénovation urbaine, l’action publique prend de nouvelles formes. Après la mise en place de véritables services municipaux dédiés, la tâche reste immense face à la crise du secteur pour assurer le droit au logement, et à vivre dans un logement digne grâce à la mise en place d’un gendarme municipal du logement proposée à gauche. Y compris pour le parc public, où la différence de traitement entre le bailleur municipal Marseille Habitat et métropolitain Provence Métropole Logement démontre l’importance du choix dans les urnes.

    2.

    Six ans après la pandémie de Covid, la santé occupe une place de plus en plus importante au cœur des politiques municipales. Conséquence, aussi, des reculs de la Sécurité sociale et de la désertification médicale. Ainsi le maire (PCF) de Martigues Gaby Charroux s’est battu pendant des années pour redonner des moyens au centre hospitalier qu’il préside. De nombreuses mairies doivent se battre pour attirer les médecins. La liste de gauche Demain Sisteron propose d’avoir des médecins salariés sans dépassements d’honoraires par exemple. Et de nombreux programmes défendent l’installation de centres de santé. Et s’ajoutent encore les nécessaires politiques de prévention.

    3.

    Pour renforcer le pouvoir d’achat de leurs administrés, les communes disposent de plusieurs leviers directs. Elles peuvent agir sur les tarifs du quotidien en gelant ou en modulant les prix des cantines, des crèches, des activités périscolaires ou des équipements sportifs et culturels. À Avignon, la remunicipalisation de la restauration scolaire orchestrée par la maire sortante (PS), Cécile Helle, a permis une baisse des tarifs : plus de 50% des élèves paient moins d’un euro. Les villes peuvent aussi distribuer des aides en nature, comme des kits de rentrée scolaire lancés en 2023 à Marseille par le Printemps marseillais. La maîtrise du foncier ou la production de logements sociaux permet également de limiter la hausse des loyers. La gestion en régie de services comme l’eau ou l’énergie peut garantir des tarifs stables et protéger les ménages des hausses. Enfin, les mutuelles municipales, proposant des tarifs plus attractifs, sont une autre manière de redonner du pouvoir d’achat.

    4.

    Loin de la dépolitisation affichée dans ce scrutin de proximité, les municipales permettent d’exprimer des visions différentes du service public. Au moment où ferment centres des impôts, bureaux de poste, caisses d’assurance-maladie, des collectivités se sont engagées pour défendre leur maintien comme à Martigues, ou pour assurer l’accès aux droits comme à Marseille avec la mise en place d’un territoire zéro non-recours aux droits. Le service public se décline dans les structures sportives et culturelles, les écoles, les crèches, la sécurité, mais aussi à travers l’accès à l’administration municipale, que ce soit par la dématérialisation des démarches ou surtout l’ouverture de bureaux de proximité. Se pose, enfin, la question d’agents en nombre suffisants et suffisamment formés et rémunérés, sans contrat précaire, pour assurer ce service public.

    5.

    La gestion du bâti des écoles publiques primaires et maternelles relève directement des mairies puisque propriétaires des bâtiments. Elles ont en charge les travaux, la restauration scolaire et sont organisatrices des activités périscolaires… D’où l’importance de la présence de mesures pour la rénovation dans les programmes. Le plan « Marseille en grand » et son pan de rénovation des écoles conduit par le Printemps Marseillais symbolisent la volonté d’action sur le sujet. Même principe pour l’adaptation des bâtiments au changement climatique avec des propositions comme la végétalisation des espaces que l’on retrouve dans le programme de Magali Brunel pour la liste d’union de la gauche à Toulon. Cette dernière propose aussi une « carte scolaire inter-quartiers ». Bien loin de l’uniforme obligatoire proposé par la liste de l’extrême droite à Marseille. Même principe pour la restauration scolaire où certaines listes rivalisent d’idées pour améliorer la qualité des repas des minots : municipalisation du service pour les insoumis marseillais, « cap sur le 100 % bio et local » pour Marc Pena à Aix…

    6.

    Avec près de 900 000 visiteurs dans les musées marseillais en 2025, un record, le pari de l’adjoint à la culture Jean-Marc Coppola (PCF) avec la gratuité des musées est réussi. Preuve que l’action municipale a une incidence directe sur l’offre culturelle locale, outre le soutien via des subventions et autres accompagnements aux acteurs du milieu. Quand le cinéma de Sisteron ferme, la liste d’union de la gauche propose qu’il passe « sous gestion d’intérêt public ». À Avignon, le candidat PS, David Fournier propose justement de « soutenir la culture d’excellence accessible à tous avec la gratuité des musées, le théâtre hors les murs ». La liste insoumise à Marseille vise la création d’une « Maison municipale de la création »… De quoi favoriser, ou pas, l’accès à la culture.

    7.

    Premier échelon de la démocratie locale, les mairies sont, en théorie, les lieux où les citoyens sont les plus proches des décisions. Encore faut-il qu’elles proposent des dispositifs pour qu’ils se fassent entendre tout au long du mandat. De Magali Brunel à Toulon en passant par Marc Pena à Aix, la gauche table sur le duo « plus de concertation et d’association des citoyens aux décisions ». Le Printemps Marseillais peut se targuer de la mise en place des budgets participatifs mais aussi de « l’Assemblée Citoyenne du Futur » durant ce mandat. Quand l’insoumis Sébastien Delogu veut placer le curseur encore plus haut avec une mise en place de « comités populaires » dans moult strates de la politique municipale : comité populaire pour le budget, pour la commande publique…

    8.

    Pour améliorer la sécurité de leurs administrés, les communes disposent de leviers concrets, même si la police nationale reste compétente sur le judiciaire. La police municipale est revendiquée par la quasi-totalité des candidats dans des rôles et proportions différents. Sa présence, à pied, à vélo, à cheval, en voiture ou en bateau, comme c’est désormais le cas à Marseille, permet de prévenir les incivilités, d’apaiser l’espace public et de renforcer le sentiment de tranquillité. Les communes ont aussi la capacité de déployer des dispositifs de vidéoprotection, moins consensuels sur l’échiquier politique, certains à l’extrême droite y voyant faussement la solution miracle quand d’autres à l’inverse la rejettent totalement. À cela s’ajoutent les actions de prévention via les médiateurs de rue, les éducateurs, ou les conseils locaux de sécurité, au contact des habitants. Enfin, avec son pouvoir de police, le maire peut prendre des arrêtés encadrant l’alcoolisation sur la voie publique, les rodéos urbains ou les nuisances nocturnes.

    9.

    Les communes disposent de plusieurs leviers pour soutenir la vie associative, pilier de la cohésion locale malmenée par l’austérité budgétaire imposée par l’État. Le premier est financier : les municipalités attribuent des subventions de fonctionnement ou de projet, permettant aux structures culturelles, sportives ou sociales de déployer leurs activités. Derrière ce levier, le premier enjeu est leur indépendance. Les villes peuvent également mettre à leur disposition salles, gymnases, stades ou bureaux. Les communes apportent aussi une aide logistique dans l’organisation d’événements sur l’espace public. Certaines créent une Maison des associations pour accompagner les bénévoles, proposent des formations et centralisent les démarches. Le soutien se traduit enfin à travers des forums, des appels à projets ou des conventions d’objectifs.

    10.

    Les communes jouent un rôle central dans la politique sportive locale, avec des prérogatives qui en font les premiers acteurs du sport de proximité. Elles ont d’abord la responsabilité de construire, gérer et entretenir la majorité des équipements sportifs du quotidien : gymnases, stades, piscines, city-stades… À Marseille, l’état des piscines abandonné depuis des décennies constitue un frein à l’apprentissage de la natation. Les communes fixent aussi les conditions d’accès, les horaires et les tarifs, pouvant décider de la gratuité ou de tarifications sociales pour favoriser l’accès au sport. Elles soutiennent directement les clubs amateurs associatifs à travers leurs subventions, la mise à disposition de locaux et de matériel. Elles pilotent des activités périscolaires et l’accueil des scolaires dans leurs équipements municipaux.

    11.

    Compétence métropolitaine, les transports en commun du quotidien occupent une place nécessaire dans les programmes. D’autant plus dans les métropoles de la région qui ont un train de retard dans le développement des modes lourds, que ce soit à Toulon ou Marseille, tandis que les retards et la saturation des bus font partie du quotidien dans les quartiers populaires. Ainsi à Toulon la candidate de la gauche Magali Brunel (PS) met sur la table le retour du tramway dans le Port du Levant, d’Ollioules à La Garde. À Marseille, chaque liste y va aussi de ses propositions de tracé au nord, à l’est comme au sud, tant sont nombreux les quartiers qui restent enclavés. Les propositions pour étendre la gratuité d’usage des transports en commun montent également, à Toulon comme à Marseille où droite comme gauche proposent de l’étendre aux moins de 26 ans. Enfin, la question de la voirie reste présente dans le débat public, pour proposer plus de pistes cyclables ou encore trancher sur l’avenir du Boulevard urbain sud à Marseille.

    12.

    Sujet particulièrement sensible à Marseille, la gestion de la propreté, et donc des services de collecte des déchets, est au cœur des débats. Compétence également métropolitaine puisque gérée par la Métropole Aix-Marseille-Provence dans les Bouches-du-Rhône, plusieurs listes dans différentes communes réclament de « récupérer la compétence du ramassage des ordures et des encombrants » comme la maire sortante et candidate à sa succession sur Aix, Sophie Joissains (UDI). Même principe à Martigues où Gaby Charroux a plusieurs fois critiqué la collecte métropolitaine. À Marseille, Benoît Payan table sur un retour en force des cantonniers, tout en laissant la compétence à la Métropole mais en récupérant sa gouvernance… De quoi poser en grand la question de l’enjeu métropolitain liée à ces élections municipales.

    13.

    Les municipalités disposent de leviers décisifs pour agir sur l’environnement : elles maîtrisent l’urbanisme via le PLU, choisissent où l’on construit, combien d’espaces verts sont protégés et comment la ville s’adapte au climat. Elles gèrent la végétalisation, les parcs, les arbres urbains, la lutte contre les îlots de chaleur ou la perméabilisation des sols. Elles agissent aussi sur la mobilité – stationnement, cheminements piétons, réseaux cyclables – et sur la performance énergétique de leurs bâtiments publics. À Marseille, la bataille que se livrent la municipalité de Marseille et la Métropole autour de la poursuite du boulevard urbain sud, est une illustration des clivages droite – gauche. À Avignon, la Ville a déployé un Plan Climat local, une « Charte de l’Arbre » et des opérations de végétalisation participative pour renforcer la biodiversité et impliquer les habitants. Partout, les mairies sont ainsi en première ligne pour adapter les territoires au changement climatique, protéger les ressources et améliorer durablement la qualité de vie.

    14.

    Si l’emploi n’est pas une compétence directe d’une commune, elle dispose de leviers pour agir. D’une part, les maires peuvent soutenir directement, ou pas, les installations d’entreprises sur son territoire ou l’arrivée d’infrastructures nécessaires pour leur développement. C’est tout le débat qui se joue sur la réindustrialisation de l’Étang de Berre dans les Bouches-du-Rhône. D’autre part, les communes peuvent très concrètement jouer sur l’écosystème économique avec des aides aux commerces de proximité, dialogue ou partenariat avec les chambres consulaires ou encore les investissements…

    15.

    Dès le début de sa campagne, le Printemps marseillais avait alerté sur la menace. Le sud-est de la France est en effet en première ligne face aux ambitions de l’extrême droite. À Toulon, malgré la gestion calamiteuse du FN au pouvoir après 1995, la députée Laure Lavelette menace très sérieusement une droite divisée et affaiblie après la peine d’inéligibilité de l’ex-maire Hubert Falco.

    À Marseille, Franck Allisio est donné au coude-à-coude dans les sondages avec le maire (DVG) sortant Benoît Payan, avec un RN qui risque d’être nourri par les reports de voix d’une droite qui dégringole à chaque enquête d’opinion entre affaires et sortie de route fâcheuse.

    Dans les villes moyennes, l’extrême droite nourrit des ambitions autour de l’étang de Berre, pour conserver ses municipalités à Rognac ou Marignane voire s’imposer à Martigues, dans le nord ouest des Bouches-du-Rhône, de Tarascon à Sénas, ainsi que sur le littoral varois où Cogolin et Fréjus sont déjà dans ses mains. Restent aussi les petites communes de Vaucluse, dont cinq sont déjà à l’extrême droite, sans compter Orange et l’inénarrable dynastie des Bompard. Derrière ces conquêtes, des modes de gestion souvent autoritaires qui nourrissent les affaires judiciaires, et des choix qui poussent à diviser la population. Le président du RN Jordan Bardella n’a pas donné d’objectif chiffré de conquêtes, mais il a déjà annoncé qu’elles serviraient de marchepied pour la présidentielle de 2027. Alors derrière ce vote des municipales, c’est un choix de civilisation pour le pays entier qui se dessine.

    Garantir le droit au logement
    Défendre une santé de proximité
    Agir sur le pouvoir d’achat
    Se battre pour les services publics
    Bien gérer les écoles publiques
    Garantir l’accès à la culture
    Favoriser la démocratie locale
    Tranquilliser l’espace public
    Soutenir le monde associatif
    Avoir du sport pour tous
    Développer les transports
    Vivre dans une ville propre
    Protéger l’environnement
    Défendre l’emploi
    Repousser la vague brune
  • Hiver pluvieux : faut-il craindre une invasion de moustiques ?

    Hiver pluvieux : faut-il craindre une invasion de moustiques ?

    C’est une question qu’on ne peut s’empêcher de se poser : les pluies abondantes survenues depuis décembre pourraient-elles favoriser la prolifération des moustiques sur nos littoraux héraultais et gardois cet été ?

    Une chose est sûre, l’Aedes detritus, espèce de moustique hivernale caractéristique des zones humides du littoral, est déjà bien présent dans le Gard et l’Hérault. « Les prospections réalisées par les agents ont mis en évidence la présence de larves sur près de 6 000 hectares entre janvier et février 2026, contre 2 900 hectares sur la même période de la saison 2025 », illustre l’EID dans un communiqué. Un phénomène favorisé par la pluie tombée en abondance depuis le mois de décembre. « Ces précipitations ont entraîné plusieurs épisodes de submersion, installant durablement des niveaux d’eau élevés sur les zones humides littorales. (…) L’ampleur et la persistance de ces submersions ont favorisé des éclosions généralisées d’Aedes detritus », confirme l’EID.

    1 300 hectares traités dans l’Hérault, 900 dans le Gard

    « Nous avons donc d’ores et déjà commencé les traitements par voie aérienne ou par moyens terrestres, quand les conditions le permettent », explique Jean-Claude Mouret, responsable du pôle coordination
    opérationnelle de l’EID Méditerranée. « On cible les larves avec un bio insecticide que l’on épand sur les zones où l’on a trouvé les larves. Nous sommes intervenus sur le littoral gardois, dans des communes comme le Grau-du-Roi ou Aigues-Mortes, ainsi que sur le littoral héraultais, depuis Vendres jusqu’à La Grande-Motte. » Fin février, près de 1300 ha de zones humides avaient ainsi déjà été traités depuis le début de l’année dans l’Hérault et près de 900 ha dans le Gard, sur un total d’un plus de 2 700 ha sur l’ensemble de la zone d’intervention de l’EID Méditerranée. Pour autant, « sur les gîtes non traités (densités plus faibles) et dans une moindre mesure sur les gîtes traités, des émergences de moustiques adultes se produisent actuellement au gré des températures douces ».

    Reste que « cette situation exceptionnelle ne préfigure en rien le risque de nuisance pour le printemps et l’été. Les moustiques ont une durée de vie de trois semaines-un mois, pas plus », rassure Jean-Claude Mouret. « Nous allons poursuivre nos interventions.Tous les moyens de traitement sont engagés (avion, hélicoptère, drones, engins amphibie…) pour atténuer au maximum les nuisances résiduelles liées aux moustiques issus des zones humides.»

    Quant au fameux moustique tigre, qui évolue, lui, dans les zones urbaines à proximité des habitations, « les premières larves commencent à apparaître au mois d’avril », indique le représentant de l’EID. Donc pas d’éclosion à redouter pour le moment. Il faut profiter de la fin de l’hiver pour éliminer toutes les eaux stagnantes autour des habitations : vider les récipients, les brosser, les couvrir… La prévention restant la clé pour protéger les apéros des soirs d’été !

  • Mars Bleu : Nîmes mobilisée contre le cancer colorectal

    Mars Bleu : Nîmes mobilisée contre le cancer colorectal

    Chaque année en France, plus de 43 000 personnes sont touchées par un cancer colorectal, responsable de plus de 17 000 décès. Pourtant, détecté suffisamment tôt, il peut être guéri dans neuf cas sur dix. C’est tout l’enjeu de Mars Bleu, mois national consacré à la prévention et au dépistage, auquel Nîmes participe activement avec de nombreuses actions destinées au grand public.

    Au CHU de Nîmes, cette mobilisation prend une dimension particulière. L’établissement met en avant dix années d’engagement dans la prise en charge des cancers et rappelle l’importance d’un dépistage précoce. « Il faut lever le tabou sur ce test, moins désagréable qu’une chimio ! », insiste le docteur Caillo, gastro-entérologue.

    Un dépistage encore

    trop faible dans le Gard

    Le dépistage organisé concerne les femmes et les hommes âgés de 50 à 74 ans, sans symptôme particulier. Il repose sur un test immunologique simple et gratuit, réalisable à domicile tous les deux ans. En cas de résultat positif, une coloscopie permet d’identifier l’origine du saignement et, dans de nombreux cas, de retirer les polypes avant qu’ils ne deviennent cancéreux.

    Dans le département, la participation reste inférieure aux moyennes nationale et régionale. En 2025, le taux de dépistage atteignait 24,8% à Nîmes, alors que plus de 259 000 habitants du Gard sont concernés par ce test. « Malheureusement, le dépistage stagne. Il est largement inférieur à ce qu’il faudrait », regrette le docteur André Mathieu, de la Ligue contre le cancer.

    Pour tenter d’inverser la tendance, les acteurs locaux se mobilisent tout au long du mois. Les « Mardis Bleus » proposent des stands d’information au CHU Carémeau pour répondre aux questions du public et expliquer le test. Des réunions sont aussi organisées avec les professionnels de santé, tandis que des actions de sensibilisation se déploient dans les entreprises et les pharmacies.

    La mobilisation passe également par des initiatives symboliques et populaires : la Maison Carrée illuminée en bleu du 10 au 17 mars, ou encore une randonnée à vélo entre les CHU de Nîmes et Montpellier jusqu’à Sommières, destinée à promouvoir la prévention. Au-delà de l’information, l’objectif est clair : encourager chacun à franchir le pas. Car face à ce cancer fréquent mais largement évitable, le dépistage reste l’arme la plus efficace.

    Ligne dédiée dépistage cancer colorectal : 04.66.68.51.51. ou depistage.ccr@chu-nimes.fr

  • Son cancer du sein reconnu comme lié au travail de nuit

    Son cancer du sein reconnu comme lié au travail de nuit

    C’est une grande victoire », jubile Sylvie Pioli, après avoir bataillé pour faire reconnaître que son cancer du sein, détecté en 2014, avait été causé par son travail de nuit en tant qu’infirmière. Après vingt-cinq ans passés à l’hôpital de Martigues, l’institution avait refusé d’admettre le lien entre sa maladie et ses conditions de travail. Depuis mardi, le tribunal administratif de Marseille considère au contraire que ce lien est avéré.

    Une décision de justice qui fera date, selon l’ancienne infirmière. « Je suis la première à être allée au tribunal et à gagner. Mais ce n’est pas pour moi que je l’ai fait. C’est pour toutes les autres femmes, qu’elles ne subissent pas ce que j’ai vécu. C’était horrible : les experts, ces hommes qui ne vous croient pas, qui disent qu’on raconte n’importe quoi… On aurait dit qu’ils pensaient que j’étais folle il y a dix ans », se remémore Sylvie Pioli.

    L’autre obstacle majeur a été l’absence du cancer du sein dans le tableau des maladies professionnelles reconnues par l’Institut national de recherche et de sécurité (INRS). « Il n’y a pas beaucoup de maladies de femmes dans le tableau », remarque-t-elle, s’agissant du premier cancer chez la femme avec 12 000 morts par an. L’INRS indiquait pourtant, en 2018, que travailler plus de deux nuits par semaine pendant plus de dix ans multipliait le risque par trois. Comme souvent, les souffrances des femmes demeurent invisibilisées ou minimisées, à l’instar de l’endométriose.

    « On nous a jamais parlé des risques »

    Le tribunal administratif a mis en évidence le lien entre le cancer du sein et le travail de nuit. « Alors que la plupart des causes à l’origine de la maladie restent ignorées, les études scientifiques dès 2007 révèlent les effets du travail de nuit sur les fonctions hormonales de la femme, entraînant une majoration du risque de cancer. » Le tribunal insiste également sur « les autres facteurs de risques connus tels que génétiques, hormonaux, environnementaux et hygiénodiététiques faibles, voire absents », chez Sylvie Pioli. « J’ai toujours essayé d’avoir une bonne hygiène de vie, d’être sportive. Mon seul problème est que je n’arrivais pas à dormir », fait-elle remarquer.

    L’absence de prévention est pointée par l’ancienne infirmière. « Je ne savais pas qu’il fallait avoir une hygiène de vie stricte, jamais on nous a parlé des risques », qu’ils soient psychosociaux ou pathologiques, hormis « une formation sur le mal de dos », indique Sylvie Pioli.

    Aujourd’hui, Sylvie Pioli est « en rémission et non guérie ». Reconnaissante envers la CFDT et Pierre Dharréville, qui avait obtenu « une audience à Bruxelles » en 2017 pour exposer son cas, l’ancienne infirmière compte bien continuer à arpenter les routes de France et d’Europe, à vélo, pour sensibiliser la population et les pouvoirs publics à l’augmentation du risque de cancer du sein chez les travailleuses de nuit.

  • [Entretien] Philippe Pujol : « Le narcotrafic est le symptôme d’un problème de société »

    [Entretien] Philippe Pujol : « Le narcotrafic est le symptôme d’un problème de société »

    La Marseillaise : Quel regard portez-vous sur la situation nîmoise ?

    Philippe Pujol : Je ne suis pas un spécialiste de Nîmes, mais on observe ici ce qui s’est passé à Marseille il y a quinze ans. Le narcotrafic n’est jamais un phénomène isolé : c’est le symptôme d’un problème de société. On vit dans des sociétés de performance qui poussent vers la cocaïne et, en parallèle, dans des sociétés du mal-être qui favorisent la consommation de cannabis. Ensuite, quand les institutions n’arrivent pas à réduire les inégalités sociales, économiques ou culturelles, les trafiquants exploitent ces failles. Quand un trafic apparaît quelque part, c’est le signe qu’il y a eu pendant des décennies une faiblesse des politiques publiques.

    La guerre entre réseaux a marqué l’actualité nîmoise…

    P.P. : Le conflit a opposé des réseaux locaux, qui ont ponctuellement sollicité un appui logistique à Marseille. Mais à Nîmes, les trafics restent essentiellement gérés par des acteurs locaux. Les réseaux naissent localement : ce sont souvent des enfants du quartier qui se retrouvent là parce que les conditions sociales et politiques l’ont permis. On parle souvent d’abandon des quartiers, mais je dirais qu’il y a aussi une exploitation politique de la misère. Quand les quartiers populaires votent peu, ils sont délaissés, voire utilisés par des systèmes clientélistes. C’est un terreau pour la délinquance.

    Qui sont réellement les acteurs du trafic de drogue ?

    P.P. : Les gens imaginent des armées de trafiquants qui gagnent énormément d’argent. En réalité, les vrais chefs sont très peu nombreux. À Marseille, j’en compte environ 150. À Nîmes, il y en a peut-être une dizaine. Les autres sont des jeunes exploités : guetteurs, revendeurs, petits bras du réseau. On leur fait croire qu’ils vont gagner de l’argent, mais ils finissent souvent endettés, en prison ou blessés. Le trafic fonctionne comme un système d’exploitation. Les plus puissants sont peu visibles, tandis que ceux qu’on voit dans la rue sont les plus vulnérables.

    Comment lutter efficacement contre ces phénomènes ?

    P.P. : La répression seule ne peut suffire. Bien sûr, il faut une police judiciaire forte pour viser les têtes de réseau, et ça relève de l’État. Au niveau municipal, la priorité est la tranquillité et la prévention. Recréer du lien entre la police et les habitants, repérer très tôt les situations de vulnérabilité et agir socialement. Aujourd’hui, on attend que les problèmes arrivent pour les dénoncer politiquement ou médiatiquement. Il faudrait au contraire intervenir très tôt, parfois dès l’enfance, pour éviter que certains jeunes basculent.

    Que pensez-vous des propositions portées par Nîmes en commun ?

    P.P. : Ce que j’ai entendu va plutôt dans le sens d’une police de proximité et d’un travail de terrain, donc oui. Une police municipale doit d’abord être une police de tranquillité publique : gérer les conflits de voisinage, recueillir de l’information. La lutte contre le narcotrafic relève de la police nationale et de la justice. Si on donne trop de pouvoir sécuritaire aux polices municipales, on prend aussi un risque politique, parce qu’elles dépendent directement des maires. Mais une police de proximité formée, qui circule dans les quartiers et dialogue avec les habitants, est utile.

    Quelles priorités pour Nîmes ?

    P.P. : La santé mentale, puis la réduction des inégalités. Cela passe par l’équité : donner davantage à ceux qui ont le moins de chances. Il faut identifier les jeunes vulnérables et agir très tôt. Le maire a des leviers importants, notamment à travers les politiques sociales, le soutien aux associations et l’urbanisme. Les choix en matière de logement ou de permis de construire influencent directement la mixité sociale et la formation de ghettos. Si on veut une ville plus sûre, il faut d’abord une ville plus juste.

  • À Marseille, l’enjeu d’une offre de soins accessible à tous et partout

    À Marseille, l’enjeu d’une offre de soins accessible à tous et partout

    « La santé, même si ce n’est pas une compétence proprement municipale, c’est une priorité de la population. » Michèle Rubirola (EELV), première adjointe au maire de Marseille et déléguée à la santé publique, résume la problématique de la prise en compte des questions sanitaires dans la campagne pour les élections municipales. « L’accès aux soins est géré par l’État, on ne peut pas créer des hôpitaux, des lits… Mais les collectivités municipales peuvent agir sur les déterminants de santé, tout ce qui arrive avant le soin. Là, ça relève de nos compétences, outre le fait de pouvoir favoriser l’accès aux soins », explique-t-elle. D’où la doctrine appliquée lors de son mandat : « Faire de l’aller-vers. » Entendez par-là qu’elle essaie d’agir « en amont des soins ». « Ça commence par quelle alimentation on donne aux petits Marseillais, comment on travaille sur la qualité de l’air à l’intérieur des établissements gérés par la mairie », expose l’ancienne maire. Avec des exemples concrets : « Éviter les perturbateurs endocriniens dans les matières utilisées ou diminuer la présence des voitures
     et donc des émissions – aux abords des écoles avec le dispositif des rues des enfants. »

    Faire de l’aller-vers, c’est aussi « faciliter l’accès aux soins ». Et pour le coup, Michèle Rubirola tente d’allier une approche globale et un travail de proximité. Pour le global, cela passe par un « travail en bonne intelligence » avec l’AP-HM (Assistance publique – Hôpitaux de Marseille), dont elle est présidente du conseil de surveillance. Mais aussi par la création du « premier conseil communal de santé en France ». Une mesure plus que symbolique : « C’est la première instance paramunicipale avec un axe de démocratie sanitaire. C’est un accompagnement permanent de la Ville dans la mise en place de politiques publiques de santé, avec des citoyens, des chercheurs, des professionnels de santé, des associatifs… », développe-t-elle.

    Pour la proximité, elle se targue d’avoir lancé les « Villages Santé », au nombre de 7 éditions. Une initiative, là encore commune avec les institutions en charge de la santé sur le territoire (Agence régionale de santé, CPAM, etc.), et surtout à destination « des publics éloignés des services de santé ». « Souvent, le problème est l’accès à un médecin. Là, on favorise la rencontre puisqu’on amène des professionnels de santé, du service public ou libéraux sur place », explique Michèle Rubirola, prenant pour exemple la tenue de cette initiative à l’Après-M, dans le quartier de Sainte-Marthe.

    Aide au maillage territorial

    Et avec des résultats concrets : « Le centre international de vaccination de Marseille a offert, à toutes les personnes présentes, un bilan complet de l’état vaccinal et une vaccination sur place. » Autres exemples de son envie « d’amener de la prévention » avec les villages santé : « On proposait aussi des dépistages de diabète, des cancers colorectaux, de l’hypertension, de l’aide au sevrage tabagique. » L’adjointe insiste : « On ne fait pas juste du dépistage pour du dépistage, il y avait des professionnels de santé disponibles pour assurer le suivi des personnes. » De quoi faire le lien avec la problématique du maillage territorial de l’offre de soins et la désertification sanitaire de certains quartiers. Là encore, la mairie ne peut pas faire seule mais affiche quelques victoires. « On aide à l’installation d’équipes pluriprofessionnelles de médecins comme à la Bastide Massenet [14e arrondissement, Ndlr], dans un quartier où il n’y en avait pas », conclut Michèle Rubirola.

  • À Marseille, le livre blanc des CIQ aux candidats

    À Marseille, le livre blanc des CIQ aux candidats

    Un rôle « politique, au sens premier du terme » qu’ils comptent bien jouer lors des municipales. La fédération des comités d’intérêt de quartiers (CIQ) a remis aux candidats son livre blanc. Organisé en neuf items, il reprend les propositions de ces 168 associations, à Marseille, qui s’estiment plus que jamais représentatives des habitants.

    « Nous sommes une force de par notre maillage qui n’existe nulle part ailleurs », estime Philippe Yzombard, président de la fédération. Contrairement aux idées reçues, les CIQ sont loin d’être un « truc de vieux », assure-t-on à la fédération avec des néo-Marseillais qui s’investissent, même si face « à l’individualisme croissant, on souffre d’un manque de mobilisation », comme le monde associatif en général, constate Philippe Yzombard.

    Au premier rang des inquiétudes et des demandes d’action, on retrouve la « tranquillité publique. » « Des choses ont été faites, mais le travail reste immense » estime-t-il, pointant notamment les problèmes de prostitution et de drogue dans l’hyper-centre, qui irriguent les autres quartiers. Le livre blanc propose d’intensifier la politique de prévention et le soutien sanitaire et social aux toxicomanes, il revient aussi sur l’implantation d’une halte soins addictions (HSA), qu’il « faut probablement face au problème, mais dans la concertation », analyse Philippe Yzombard.

    Deuxième priorité : les déplacements. Vélos, piétons, voitures, transports en commun… Il faut « arrêter d’opposer les gens », considère Philippe Yzombard et « partager l’espace public », ajoute Geneviève Canicave, secrétaire générale de la fédération.

    Pas de parti pris

    Et celle-ci de s’indigner de l’arrêt de la desserte des bus à 21h. Propreté, commerces, urbanisme, équipement, environnement et patrimoine sont des thématiques également abordées. « On n’attend pas de retour ou de signature, ajoute Philippe Yzombard. On leur offre cette réflexion, à eux de voir comment ils répondent, nous ne sommes d’aucun parti pris ». Reste que certains ont décidé de franchir la ligne rouge. Comme Frédéric Pinatel, ex-président du CIQ de Château-Gombert, qui a rejoint le Printemps marseillais sur la liste du 7e secteur, Claude Goulon ex-présidente de celui du Cabot (9e), candidate sur la liste de l’extrême droite, ou Christine La Rocca, présidente de celui de Bonneveine (8e) qui se présente sur la liste de Martine Vassal (DVD). « Cela se comprend, cela s’entend, mais ils démissionnent ou se mettent en retrait quand ils font acte de candidature », commente Philippe Yzombard. « Et nous avons demandé aux candidats de ne pas mentionner, sur les professions de foi, qu’ils ont été présidents de CIQ, nous sommes apolitiques », ajoute Geneviève Canicave.

  • Le CHU de Montpellier va implanter une antenne à la Mosson

    Le CHU de Montpellier va implanter une antenne à la Mosson

    « Si je suis réélu, ce projet fera l’objet de l’une de nos premières délibérations », promet Michaël Delafosse. Ce dernier a inscrit dans son programme de campagne l’implantation, en lieu et place de l’ancienne tour d’Assas, récemment détruite, d’une annexe du CHU de Montpellier. Un symbole fort dans un quartier populaire, La Mosson, en pleine mutation.

    « L’accès à la santé est un enjeu majeur », insiste le maire de Montpellier, notamment pour « une population dont on sait qu’elle est plus vulnérable », mais aussi dans une perspective plus globale de rééquilibrage de l’offre de soins à l’ouest de Montpellier, « pour Juvignac, pour Saint-Georges. Demain, avec le contournement ouest et le Lien, cette partie de la ville va être très accessible », poursuit-il.

    Initialement, c’est la clinique Clémentville qui était pressentie pour être transférée sur ce vaste terrain appartenant à la Ville. « Mais ils nous ont fait faux bond », résume Michaël Delafosse, qui a alors sollicité le CHU de Montpellier. Lequel a tout de suite adhéré à ce projet d’une antenne délocalisée à La Mosson. « C’est mettre du service public au cœur d’une entreprise de rénovation urbaine, comme on va continuer à le faire avec la piscine Neptune ou la rénovation du stade », insiste l’édile.

    « Co-construire avec les habitants »

    Du côté du CHU, on planche donc désormais sur le détail du projet. « On a là un territoire montpelliérain en pleine reconfiguration. Ça nous a semblé être un endroit opportun pour faire du aller-vers sur des thématiques et un projet médical qu’on est en train de construire avec les professionnels du CHU, mais qu’on souhaite également co-construire avec les habitants, pour coller au mieux à leurs besoins », explique Anne Ferrer, directrice du CHU de Montpellier. « On sait par exemple que des demandes ont été formalisées en termes de prévention des consommations addictives ou d’aide au sevrage, en matière de santé mentale aussi. On va donc solliciter des représentants d’associations ou des habitants qui ont envie de s’exprimer sur leur quartier », poursuit-elle.

    « L’idée est de proposer une offre de soins in situ et ce faisant, de pouvoir réinsérer dans un process de soins certains profils de patients. Je suis une militante de la santé publique, je trouve que c’est un bien précieux qu’il faut défendre et savoir adapter aux publics qui peuvent en être soit éloignés, soit écartés. Comme pour la Maison des femmes, je pense qu’on va répondre à un vrai besoin », considère Anne Ferrer.

    S’il faudra un certain temps, encore, pour que ce projet d’hôpital hors les murs soit entièrement ficelé, on en connaît déjà les bases. « On sera sur un plateau technique imagerie – biologie, on va faire des consultations, de l’hôpital de jour et de la prévention. L’idée serait de pouvoir offrir un accès à toutes les disciplines du CHU sur des plages où on prendrait rendez-vous, avec également des créneaux de soins non programmés pour ceux qui en auront besoin », livre la directrice.

  • À Marignane, la gauche détaille son programme santé

    À Marignane, la gauche détaille son programme santé

    « Prévenir, c’est déjà soigner », affirme Gaëtan Maziani. Ce jeudi soir, la liste d’union de la gauche, emmenée par Ariane Lombardi (PCF), a présenté plusieurs propositions sur les thèmes de la santé et de l’environnement pour mieux vivre à Marignane.

    L’équipe souhaite mettre en place une Maison de santé communale. « Le lien entre le médical et le social n’est pas assez fait dans les communes », commence le colistier, ancien infirmier. Bien que la santé relève d’une compétence d’État, pour Gaëtan Maziani, le rôle de la commune est de développer la prévention, de « garantir l’égal accès aux soins » et de coordonner les acteurs. Pour la liste, cette Maison de santé communale devra être un lieu d’orientation, où « l’on repère les fragilités avant qu’elles deviennent une urgence », où « les professionnels travaillent avec les associations et les habitants », où on étudie les « déterminants de santé ». Elle y envisage d’y organiser des ateliers et des accompagnements spécifiques pour les personnes isolées, à l’instar des seniors ou des aidants.

    L’équipe d’Ariane Lombardi souhaite aussi mettre en place une mutuelle municipale « juste, solidaire et avec un haut niveau de protection » pour lutter contre le renoncement aux soins.

    Pour Gispy Voisin, le bien-être passe aussi par la santé environnementale. Le groupe prévoit de planter 3 000 arbres sur le mandat, en cas d’élection. « Un arbre de 30 ans produit une fraîcheur équivalente à une clim individuelle », affirme la colistière, qui veut développer les mobilités douces pour lutter contre la pollution atmosphérique, largement imputable au trafic routier. « Il nous faut un parcours de pistes cyclables continu et sécurisé », assène Ariane Lombardi.