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  • Tarascon : les liquidateurs de Fibre Excellence contestent la réquisition devant le tribunal

    Tarascon : les liquidateurs de Fibre Excellence contestent la réquisition devant le tribunal

    Un arrêté préfectoral avait déjà été pris jeudi dernier pour la mise en sécurité de l’usine à papier liquidée où subsistent des tonnes de produits dangereux et polluants, mais il n’a pas été respecté. En tout ce ne sont pas moins de quatre arrêtés et deux ordres de réquisition pour sécuriser le site qui sont restés sans effet. A la barbe du préfet, les liquidateurs refusent de redémarrer l’outil de production et, alors qu’une pollution est déjà en cours, ils contestent la réquisition. Ce jeudi à 15h aura lieu l’audience devant le tribunal administratif de Marseille.

    Une situation qui alertait également Jérémy Bacchi, sénateur (PCF) des Bouches-du-Rhône, représenté sur place par une assistante parlementaire. « Le maintien à l’arrêt du site fait peser un risque sanitaire et environnemental considérable. Les conséquences d’un tel incident seraient désastreuses pour l’ensemble de l’économie locale en aval, notamment la riziculture camarguaise et les bassins ostréicoles », rappelle-t-il.

  • Fibre Excellence : les salariés appellent à sécuriser le site de Tarascon

    Fibre Excellence : les salariés appellent à sécuriser le site de Tarascon

    « S’il pleut ce soir, on se retrouve avec tous ces produits nocifs dans le Rhône », lance Jean-Michel Bulinge, secrétaire CGT Fibre Excellence Tarascon devant l’usine à l’arrêt suite à la liquidation judiciaire prononcée en juillet dernier. Il appelle le mandataire de mettre en route la station d’épuration avant que la pluie, qui est bien tombée ce mardi 8 septembre en soirée, ne fasse couler les produits accumulés dans les égouts directement dans le Rhône. Malgré les alertes, rien n’a été fait. Des dizaines de milliers de litres de produits polluants se sont potentiellement déversés dans le Rhône dans la nuit.

    La préfecture de Région est également intervenue aux
    alentours de 17h. Contactée par La Marseillaise, elle confirme qu’un arrêté de réquisition a été signé et notifié dans la journée, mais, qu’il « ne fait que demander l’application de l’arrêté du 03.09.2026 ». Qui n’aura donc pas été appliqué en ce mardi 8 septembre.

    La décision prise ce jeudi 3 septembre par le préfet de région, Jacques Witkowski, exigeait le redémarrage de la pomperie au Rhône et de la station d’épuration. Ce, après les premières alertes des salariés concernant des incidents. Ce que confirmait le préfet dans son arrêté, considérant après inspection que « cette situation constitue un manquement aux obligations réglementaires ». Et affirmait que la pomperie et la station d’épuration ne pouvaient être arrêtées « que sur demande justifiée et motivée et après accord explicite de l’inspection des installations classées ».

    Mais celle-ci ne fonctionnait toujours pas en début de matinée ce mardi. « Dans les égouts, on retrouve toutes les liqueurs noires qui ont été déversées ces derniers jours ainsi que d’autres produits », assure la CGT. Qui ajoute également que les badges d’accès au site des responsables syndicaux ont été bloqués par le mandataire. Autour de ces derniers, quelques dizaines d’ex-salariés attendaient de pouvoir intervenir sur place. Une situation qui alertait également Jérémy Bacchi, sénateur (PCF) des Bouches-du-Rhône, représenté sur place par une assistante parlementaire. « Le maintien à l’arrêt du site fait peser un risque sanitaire et environnemental considérable. Les conséquences d’un tel incident seraient désastreuses pour l’ensemble de l’économie locale en aval, notamment la riziculture camarguaise et les bassins ostréicoles », rappelle-t-il.

    Baguette magique

    Avec la présence d’élus locaux, l’occasion de remettre également une couche sur la possibilité de continuer l’activité. « On a un projet pour repartir avec de faibles moyens », assure François Batista, secrétaire de l’UD CGT 13. Avec l’idée de travailler sur la revalorisation de déchets et éventuellement de fabriquer de la pâte à papier à partir de cartons recyclés. Mais subsiste un problème. « Dans une liquidation normale, il faudrait un mois pour que les produits soient retirés, mais ils ont décidé de procéder autrement. S’ils arrêtent l’usine comme ça, il sera impossible de la redémarrer. C’est le seul acteur qui est contre l’ensemble des autres et cherche par tous les moyens à ce que l’usine ne puisse plus redémarrer », peste-t-il. Et demande l’aide de la Région, qui était représentée par le conseiller régional et élu municipal arlésien Cyril Juglaret. « On se rencontre régulièrement. On n’attend pas que l’État fasse une table ronde car ils ne le font pas. Mais on n’a pas non plus de baguette magique », pose-t-il. « En attendant, on tombe dans la précarité et personne ne fait rien », peste Martine, ex-salariée qui assure ne pas avoir reçu les papiers nécessaires pour s’inscrire à France Travail.

  • Gaby Charroux : « On a besoin de regarder un autre chemin pour la Métropole »

    Gaby Charroux : « On a besoin de regarder un autre chemin pour la Métropole »

    Chaque week-end dans La Marseillaise, chaque samedi à 12h10 sur Maritima radio, ceux qui font l’actualité sont interrogés sur leurs choix, leurs décisions, leurs stratégies.

    La Métropole

    Didier Gesualdi : La Métropole rediscute de son budget ce jeudi. En aura-t-elle un avant la fin de l’année ?

    Je serai évidemment là le 10 septembre pour ces votes, quels qu’ils soient. On va voir, ça peut encore évoluer, mais l’ordre du jour est fixé. On a eu une évolution : « la Métropole des maires » je ne sais pas très bien ce que ça veut dire. Pour le moment, un peu comme l’avait proposé Éric Woerth dans son rapport, ça s’est matérialisé par la désignation d’un représentant du maire de Marseille à la première vice-présidence, que la maire d’Aix soit deuxième vice-présidente et que le maire de Martigues soit le troisième. C’est une façon de montrer que les maires sont impliqués. Maintenant se pose la question du budget. La compensation de la taxe professionnelle est versée à la Métropole qui nous la reverse. Si on venait à y toucher, que ce soit une volonté de la Métropole, une injonction de la préfecture, ce serait catastrophique pour la ville de Martigues et toutes celles qui ont accueilli les industries dans le passé. Accueillir l’industrie, cela voulait dire accueillir les travailleurs en créant des écoles, des logements, des gymnases, des équipements culturels, sociaux et sportifs. Il faut les faire fonctionner.

    Didier Gesualdi : Vous allez vous laisser faire ?

    Non, pas plus que depuis le premier jour, chacun connaît ma position concernant la Métropole. Mais j’ai fait des propositions. Il est de notoriété publique que je ne trouvais pas très responsable de ne pas présenter de budget, mais une majorité s’est dessinée pour aller dans ce sens. Moi, j’ai proposé de toucher à la fiscalité. Il ne doit pas y avoir de dogme en la matière. J’ai proposé de maintenir tout ce qui concernait les associations qui font vivre le lien social.

    Léo Purguette : « La Marseillaise » a révélé que la Métropole s’apprêtait à réévaluer des taxes prélevées sur les entreprises. C’est une bonne nouvelle ?

    Oui, bien sûr que oui. Cela peut faire évoluer un peu ce dogmatisme. Mais, à vrai dire, ce sont des exonérations qu’on va annuler. Ça fait 26 millions d’euros de recettes fiscales en plus. En réalité, on ne parlait pas vraiment de ça. On parlait du versement mobilité des entreprises et de la taxe foncière. Le versement mobilité dépend directement de la loi, donc on ne l’aura pas avant la présidentielle, ni les législatives. La taxe foncière dépend de la Métropole, on n’a pas choisi ce chemin-là, je le regrette. On pouvait le faire modérément et on réglait les problèmes.

    L’avenir de l’institution

    Léo Purguette : La Métropole peut-elle fonctionner dans ces conditions ?

    Il faut donner une chance à cette Métropole. J’entends dire « il faut faire péter, il y en a marre ». J’étais de ceux-là, mais depuis, la loi a été votée. Elle existe. Il manquait 75 millions d’euros pour le budget 2026. On est à trois mois de la fin de l’année. Le lendemain matin du 10 septembre, il faudra commencer à travailler le budget 2027 qui ne va pas être facile non plus. Au-delà de cette année, j’ai des propositions qui, je l’espère, seront entendues. Je pense qu’il faut regarder le périmètre géographique, le périmètre des compétences aussi. Les grandes compétences stratégiques peuvent être à la Métropole, ok. Aménagement du territoire, développement économique, industrie… D’accord pour tout ça. Les compétences opérationnelles en revanche, franchement quand ça tournait bien, il faut les rendre à la proximité.

    Léo Purguette : Avez-vous senti un changement de fonctionnement au quotidien de l’institution depuis que son président l’a décrétée « Métropole des maires » ?

    J’ai une expérience qui date de quelques jours. Il y a l’éternel problème de la collecte des ordures ménagères. J’ai rencontré le vice-président Perottino et le directeur. Ils ont marqué la volonté d’apporter des solutions adaptées ici ou là, en fonction des possibilités. Ça m’intéresse cette façon de faire. Le sujet du traitement des déchets demeure. L’État n’est plus favorable à ce qu’on appelait des « décharges ». Ça veut dire qu’il ne restera que l’incinération et qu’il faudra développer ça.

    Nicolas Isnard et Benoît Payan

    Didier Gesualdi : Qu’auriez-vous à dire au président de la Métropole et au maire de Marseille ?

    Je les ai souvent au téléphone… Je crois qu’on a besoin de regarder un autre chemin pour la Métropole. J’avais proposé, en son temps, dans un ouvrage, d’emprunter d’autres voies. Il faut se mettre ensemble pour voir ce qui peut aller et ce qui franchement ne va pas. La question des ressources, en particulier, celles qui viennent de l’État à travers la fiscalité, doit être débloquée. Je ne suis pas très optimiste. J’ai entendu M. le Premier ministre sur le budget 2027. Il ne va pas durer longtemps dans ses fonctions, son budget non plus. Mais en disant « on ne touche pas à la fiscalité », je crois qu’on fait fausse-route.

    Didier Gesualdi : Est-ce que c’est bloquant pour l’avenir de Martigues ?

    Quand on parle de l’avenir de Martigues, on parle de celui de ses habitants et des perspectives que l’on peut avoir en matière d’épanouissement individuel d’une part et de propositions collectives dans tous les domaines. Je pense à l’accès à la formation, à l’éducation, à la culture, au sport, au logement… Oui Martigues a de l’avenir, nous le préparons notamment au prix d’efforts colossaux pour s’adapter au changement climatique dans nos écoles par exemple.

    La rentrée

    Léo Purguette : Avez-vous tenu compte des fortes chaleurs constatées cette année pour aménager les écoles ?

    Mai, juin et septembre sont désormais des mois de fortes chaleurs. Il y a la nécessité d’adapter chaque classe de nos écoles à ces conditions. On a fait un travail remarquable, en sept semaines, qui avait été préparé avant bien évidement, dans les classes, sur les sols dans les cours de récréation, pour l’ombre. On a formidablement travaillé. Merci aux services publics municipaux. On a mis dans chacune des 205 classes de Martigues deux brasseurs d’air, des brise-lumières. Dans les écoles maternelles, une clim’ pour les dortoirs. Des cours replantées d’arbres…Nous travaillons aussi beaucoup sur un axe tout aussi urgent et volontariste, c’est l’accessibilité des établissements, que ce soit pour les enfants ou les adultes. On a désormais deux écoles avec un ascenseur dans chacune d’elle.

    L’hôpital

    Léo Purguette : Que peut le maire de Martigues vis-à-vis de l’hôpital où les agents se sont mobilisés récemment ?

    Nous avons déjà fait beaucoup. Avec d’autres, nous avons fait des efforts considérables pour que dans le cadre de la nouvelle industrialisation et de la décarbonation, nous soyons retenus sur deux points : la rénovation de l’hôpital et le contournement de Martigues-Port-de-Bouc. Le plan de rénovation de l’hôpital est insuffisant à 65 millions d’euros, mais c’est bien, on va faire. C’est déjà un grand pas.S’agissant de l’hôpital, qu’est-ce que je peux faire ? La position de maire-président du conseil de surveillance est utile car c’est un endroit où on peut parler avec l’ARS, la direction de l’hôpital etc. Clairement cet hôpital manque de moyens financiers, immobiliers, technologiques et en personnel. Sur l’immobilier on s’est mobilisé pour obtenir la rénovation, sur la technologie on s’est doté d’un robot utile pour soigner en urologie, gynécologie et dans d’autres domaines. Le personnel est en grande souffrance. On ne peut pas tripatouiller pour leur piquer 20 minutes de pause repas quand ils ont travaillé six heures. On a besoin d’entendre les personnels. Il paraît que c’est une priorité nationale !

    L’actualité politique

    Didier Gesualdi : Vous avez pris position pour la liste d’union conduite par votre camarade Jérémy Bacchi aux sénatoriales. Quel est l’enjeu de ce scrutin ? C’est l’occasion de faire entendre la voix des territoires ?

    Le Sénat, c’est l’assemblée qui représente le mieux les maires. On a besoin d’y envoyer une force. Si on peut y envoyer trois ou quatre sénateurs dans cette assemblée qui a aujourd’hui une majorité un peu différente de celle que j’espère, on y prendra notre part. Je crois qu’on peut réussir, sur les huit sénateurs que comptent les Bouches-du-Rhône, à avoir ces trois ou quatre élus. J’y crois. Je compte sur mes collègues maires qui peuvent faire confiance à ces sénateurs sortants de gauche qui ont bien travaillé, mais aussi à des gens qui parlent comme moi pour qu’on aille soutenir le 27 septembre cette liste.

    Didier Gesualdi : Il y a un risque à l’élection présidentielle et probablement aux élections législatives qui suivront, de voir le RN s’imposer en France. Vous avez dû batailler contre le RN pour être réélu maire. Quel est le message que vous avez envie de faire passer ?

    Je ne peux pas me satisfaire d’entendre ce discours matraqué en boucle sur les chaînes de télévision. Les futurs candidats d’extrême droite reconstruisent l’histoire pour la rendre conforme à leur vision de haine, d’exclusion, repliée sur elle-même. L’autre jour, une des leurs racontait que l’on ne devait pas notre système de retraites par répartition au Conseil national de la Résistance mais à Vichy, sans que personne ne bronche sur le plateau ! Je ne peux pas l’accepter. On a besoin d’autre chose dans ce pays. On est dans une phase où il y a de nombreux candidats. Ça va se décanter.

    La présidentielle

    Léo Purguette : Les communistes sont consultés jusqu’à ce dimanche sur la candidature de Fabien Roussel à l’élection présidentielle. Quel sera votre vote ?

    Je suis d’accord pour que notre candidat Fabien Roussel soit présent jusqu’au bout. On a besoin de faire entendre ces voix, de dire quelles sont les valeurs que nous portons. C’est-à-dire tout ce dont on vient de parler. Moi, je défends l’hôpital, les services publics, l’éducation. Rendez-vous compte de l’état de l’éducation ? Nous n’en avons pas assez parlé. Les enseignants souffrent notamment de rémunérations qui sont franchement indignes.

    La question des lecteurs

    Chaque semaine posez vos questions à nos invités sur lamarseillaise.fr l’une d’entre elles sera tirée au sort comme celle de
    Asmae :

    Bonjour M. le Maire. J’ai vu que vous avez fait la rentrée à Notre-Dame des Marins. Est-ce que c’est pour un vous un symbole ?

    Oui, c’est un symbole. C’est un quartier en politique de la ville qui souffre de la non-réhabilitation depuis des dizaines d’années des logements de 13 Habitat. Il y a eu un petit sursaut lorsque Madame la ministre Méadel est venue visiter à l’été 2025. À chaque cage d’escalier, elle s’étranglait devant l’état des lieux. Elle est revenue, constatant que les améliorations étaient très insuffisantes, elle avait supprimé des moyens financiers à 13 Habitat. Rien n’a changé pour autant. Quant à 13 Habitat, on a une succession de présidents. Maintenant, c’est Martial Alvarez, le maire de Port-Saint-Louis-du-Rhône. On va parler avec lui. Il y a longtemps que l’investissement pour construire Notre-Dame des Marins a été amorti. Un projet de réhabilitation de plusieurs dizaines de millions d’euros existe, mais 13 Habitat n’a pas bouclé le financement et prévoit donc des augmentations de loyers de 8% à partir de 2032, après la fin des travaux. Ça ne peut pas le faire ça ! Pas du tout ! Je ne suis pas d’accord pour entendre ce genre de choses. Les habitants payent leur loyer, ils font beaucoup d’efforts pour cela. C’est bénéfice net pour le bailleur. Ce n’est pas acceptable. J’ai fait des propositions pour aérer le quartier en relogeant tout le monde, bien sûr, car les bâtiments avaient été construits les uns sur les autres. Si j’ai fait la rentrée scolaire là-bas, c’est parce que l’école comme le centre social sont au cœur du quartier. Nous, à Martigues, on est aux côtés des habitants, les services publics n’abandonnent pas ce quartier d’habitat social.

  • Quatre siècles de la Royale dans l’histoire de Toulon

    Quatre siècles de la Royale dans l’histoire de Toulon

    Le plus grand port militaire d’Europe s’apprête à souffler les 400 bougies de la Marine. Depuis la décision du cardinal Richelieu de doter la France d’une véritable puissance navale jusqu’à la construction programmée du nouveau porte-avions nucléaire de nouvelle génération Le France libre, son histoire étant indissociable de celle de Toulon.

    Quatre siècles plus tard, la Marine nationale est toujours là. Elle a changé de navires, de technologies, de missions mais continuer d’influer sur le devenir de la ville et sa prospérité. La base navale du Port du Levant restant le premier employeur du département avec plus de 20 000 personnels civils et militaires, ce qui représente un habitant sur cinq de l’agglomération toulonnaise.

    L’arsenal de Toulon marque également l’histoire sociale de la ville avec de grandes luttes menées par les ouvriers de la sorbe pour la conquête de leurs droits et contre les guerres coloniales. Notre titre a d’ailleurs longtemps été interdit de franchir la porte de cette enceinte protégée, les syndicalistes le glissant en cachette sous leur veste pour faire prospérer les idées d’émancipation.

    Les rues mêmes de la ville conservent l’empreinte des soirées endiablées des marins en goguette le temps d’une escale très alcoolisée. Du petit Chicago, comme il était appelé, avec ses néons criards et ses entraîneuses auprès de qui beaucoup venaient chercher de la compagnie et lever le coude. Et même s’il ne reste plus grand-chose de ces bars de nuit malfamés depuis la rénovation du centre-ville, un hôtel a conservé le nom de la cité américaine et la mémoire s’est perpétuée au travers des anecdotes des anciens. Tout comme le dicton populaire qui prétendait que toucher le pompon des appelés portait bonheur aux filles les plus téméraires.

    Une mémoire vive

    Tout cela est bien derrière nous. Depuis le ministère de la Défense a hélas fait place à celui des Armées et les missions des personnels ont changé, plus centrées sur la construction d’armements que sur l’entretien de la flotte.

    Cette date anniversaire mérite donc qu’on se tourne vers l’épopée de cette institution dans la ville préfecture. Une omniprésence vécue par moments comme un peu étouffante, notamment par rapport aux accès à la mer qu’elle interdit sur une longue bande littorale. Même si une partie aujourd’hui a été restituée aux Toulonnais, de la Tour Royale à la Mitre. Une fête donc qu’on ne peut ignorer ne serait-ce que pour occuper le terrain et ne pas laisser le récit accaparé par la communication de la Royale et la militarisation des esprits.

    Ouvert à tous, cet événement a vocation de mettre en lumière la Marine pour en faire découvrir les missions et les équipages, tout en rassemblant le public dans une ambiance conviviale, explique-t-on. Ce samedi après-midi sur la place de la Liberté, les visiteurs pourront pour cela participer à des ateliers pédagogiques, rencontrer les marins et découvrir des expositions de maquettes.

    Et après la cérémonie militaire à 18h, la musique sera également au rendez-vous, avec à un concert de jazz, avant qu’un DJ prenne le relais de 20h à 22h.

    « Ces célébrations rappellent une réalité essentielle : si la Marine agit chaque jour sur toutes les mers et tous les océans du globe, son efficacité et sa capacité d’action reposent sur l’engagement et le soutien de l’ensemble de la Nation », en profite pour glisser le ministère.

    L’occasion de rappeler aussi, avec la CGT, qui dressera le 18 septembre sur la place d’Armes son Village de la paix, que pendant que des militaires défilent dans les classes et que des forums sont organisés pour vanter les métiers de la défense aux lycéens, les budgets de l’école fondent. « La jeunesse mérite une école qui apprend à penser, pas à obéir », réaffirme la CGT.

  • La préfecture des Hautes-Alpes lève les restrictions d’irrigation

    La préfecture des Hautes-Alpes lève les restrictions d’irrigation

    Les restrictions d’irrigation qui touchaient les Hautes-Alpes depuis plus d’un mois ont été levées suite à la publication d’un arrêté préfectoral, mercredi. Les bassins-versants du Drac-Gapençais hors Avance et du Buëch, depuis plus d’un mois en niveau d’alerte, ont été placés en vigilance. Aucune restriction obligatoire ne s’applique. Les bassins-versants de la Souloise-Séveraisse, de la Haute-Romanche, de la Méouge et de l’Avance sont maintenus en situation de vigilance.

    « Les débits […] sont dans l’ensemble remontés », justifie l’arrêté, précisant que « plusieurs épisodes pluvio-orageux ont eu lieu au cours de la deuxième quinzaine du mois d’août sur le département, engendrant un cumul des précipitations dans les normales, voire excédentaire ». Il note également « la baisse significative des besoins pour l’agriculture dont la campagne d’irrigation touche à sa fin ».

    Une décision attendue

    C’est une « victoire syndicale », a réagi la Confédération paysanne des Hautes-Alpes. Très critique envers la gestion de la sécheresse par la préfecture, le syndicat agricole avait boycotté la réunion du comité sécheresse, mercredi matin. Elle demandait depuis plus de dix jours la levée des restrictions « suite aux pluies abondantes et généralisées depuis la mi-août », et considère par ailleurs les seuils de l’arrêté-cadre sécheresse « totalement infondés et malhonnêtes » et « faits pour impacter durement les irrigants, sans aucune efficacité sur la préservation du milieu naturel ». Le syndicat s’appuie sur les données de Météo France pour affirmer que « l’année climatique n’est pas spécialement sèche dans les Hautes-Alpes ».

    Agathe Di Lenardo

  • La RN202 fermée pendant deux mois, les commerces inquiets

    La RN202 fermée pendant deux mois, les commerces inquiets

    En visite sur le chantier en cours d’installation mercredi, la préfète Isabelle Tomatis a écouté les inquiétudes des maires des communes affectées et expliqué l’importance des travaux de sécurisation de la route nationale, qui sera fermée pendant deux mois et demi, entre Saint-Julien-du-Verdon et Vergons.

    « L’impact économique sur les commerces est catastrophique », regrette le maire de Vergons, Martial Joubert. Dans son village, le restaurant, dépendant du passage sur la route, a dû fermer pour deux mois et demi et mettre huit personnes au chômage technique. « En protestation, les habitants voulaient arrêter le Tour de France Femmes, qui passait par ici, avec des banderoles. Il a fallu faire de la diplomatie », se rappelle l’édile. « Cela nous impacte aussi, il y a déjà eu un début de saison difficile et cela vient s’ajouter », abonde le maire de Saint-Julien-du-Verdon, Thierry Collomp.

    La préfecture le martèle avoir fait de son mieux pour faire des concessions et satisfaire les besoins des entreprises locales, tout en garantissant la sécurité des usagers de la route.

    Une pause méridienne

    Elle a notamment mis en place une pause méridienne, qui permet aux deux entreprises locales de BTP et de biscottes de se faire livrer, d’expédier et de transporter du matériel. De 12h à 14h, ainsi qu’avant 8h30, après 17h et le week-end, les véhicules peuvent circuler. « Des efforts ont été faits à l’issue de la concertation », insiste la préfète.

    La préfecture tente également de mettre en place un remboursement pour les restaurateurs et commerces affectés.

    Si les maires des communes alentour ont essuyé des critiques sur le montant des travaux, 8 millions au total, et 1,5 million pour cette année, la préfète le martèle : « La sécurité n’a pas de prix » et les travaux de sécurisation sont « indispensables ». En visitant le chantier, en cours d’installation mercredi, elle le constate elle-même en levant la tête vers la roche : « Cela peut nous tomber dessus à tout moment, on comprend immédiatement le danger. »

    La préfecture et la Direction interdépartementale des routes Méditerranée (Dirmed) espèrent que les travaux, qui avancent petit à petit chaque année, avec des contraintes de temps importantes, s’achèvent d’ici 2028. Il est impossible d’intervenir sur la route pendant la période touristique, en hiver ou au printemps, pour respecter la biodiversité.

    Un drone passe toutes les semaines pour surveiller l’évolution et vérifier si les écrans, positionnés pour récupérer les chutes de pierres, sont endommagés. Les écrans pare-pierres installés à cet endroit sont « les plus importants de toute la France », selon la Dirmed.

  • Le RN les jette en pâture, la LDH et la Libre pensée répliquent

    Le RN les jette en pâture, la LDH et la Libre pensée répliquent

    La polémique n’en finit plus. Lors du 15 août, jour férié consacré à l’Assomption, les maires RN d’Orange et Bédarrides se sont livrés à des messages trop prosélytes aux yeux de la Ligue des droits de l’homme et de la Libre pensée (notre édition du 27 août). Les deux associations ont alors saisi le préfet, intimant au respect de la loi de 1905 sur la laïcité. Préfecture qui, contactée, « ne souhaite pas s’exprimer sur le sujet ». Un sujet dans lequel l’extrême droite s’est engouffrée où, plutôt que de s’interroger sur le respect de loi, a préféré jeter en pâture les associations avec un tombereau « de réactions outrancières dans des termes parfois inacceptables », déplore la LDH.

    Ainsi, pêle-mêle, les associations seraient « de gauche et christianophobes » pour Guillaume Taddio, maire de Bédarrides, son confrère RN de Monteux, Patrice de Camaret, intime carrément la Libre pensée à « retournez chez vous et fuyez notre Provence », revendiquant de « chanter les Noël du Père Saboly, le “minuit chrétien“ ». Pour le RN vauclusien, « la Libre pensée est un groupuscule d’extrême gauche, compagnon de route de la France insoumise ».

    L’histoire œcuménique

    de la Provence

    Dans deux étoffés communiqués distincts, la LDH et la Libre pensée se livrent à une mise au point. « La LDH n’est ni antireligieuse, ni “christianophobe“, répond-elle. Un maire peut adresser des vœux aux communautés religieuses, à condition de respecter la neutralité entre les cultes et de leur accorder une égale considération. Ce qui pose question, c’est de faire d’un héritage religieux particulier le marqueur de l’identité d’une commune. » Et de faire remarquer à l’édile de Monteux que l’histoire de la Provence « ne se résume pas à la tradition chrétienne ». C’est « aussi celle des communautés juives du Comtat Venaissin, de l’histoire protestante dans plusieurs territoires provençaux et des liens anciens avec le monde musulman, dès le Moyen Âge », expose la LDH en concluant que « la Provence appartient à tous : son histoire est plurielle, ses traditions sont diverses et nul ne peut en revendiquer l’exclusivité ».

    Tonalité plus vive à la Libre pensée, dénonçant des « propos pitoyables » du RN qui avait tancé son « indignation à géométrie variable » car l’association n’avait rien dit quand la Ville de Cavaillon avait prêté un terrain à une association musulmane. « Loi et jurisprudence sur la mise à disposition de salles et terrains municipaux aux associations religieuses ou autres, aux partis et syndicats », répond la Libre pensée qui, comme la LDH, met en avant l’histoire œcuménique du pays et s’alarme d’une « inquiétante prétention à juger qui fait partie de l’histoire de France, à ne voir l’histoire qu’aux prismes étroits de ses convictions religieuses et politiques ».

  • Laïcité : face à l’extrême droite, l’État semble avoir capitulé

    Laïcité : face à l’extrême droite, l’État semble avoir capitulé

    Qu’il semble loin le temps où l’État endossait son rôle de défenseur de la laïcité. Avec les arrivées au pouvoir de Robert Ménard à Béziers et de Julien Sanchez à Beaucaire en 2014, la loi de 1905 qui consacre la séparation des Églises et de l’État a vite été piétinée par l’extrême droite. Laquelle se sert de la religion catholique comme un outil idéologique d’exclusion et de repli identitaire.

    Les premières années, même si elles avaient parfois besoin d’être alertées par les associations, les préfectures du Gard et de l’Hérault contre-attaquaient face à l’installation en mairie de crèches de la nativité. Avec succès d’ailleurs, le prosélytisme des maires d’extrême droite ayant été sanctionné à maintes reprises. Et puis, plus rien ou presque.

    Dans l’Hérault, pas un préfet n’a jugé utile d’engager de recours contre la crèche illégale de Robert Ménard depuis le 8 décembre 2017. Même tendance dans le Gard quand bien même 2022 a fait figure d’exception sous la pression associative. Voilà bientôt une décennie que si la Ligue des droits de l’Homme (LDH) ou la Libre Pensée n’agissaient pas régulièrement contre cette violation manifeste d’un principe essentiel de la République française, personne ne trouverait à y redire.

    La préfète dans son droit

    Ce mutisme devenu la norme représente, face à la transgression de la loi de 1905, une forme de renonciation de la part de l’État. On peut même aller plus loin. Et voir dans la présence régulière des préfets à la messe d’ouverture de la Feria de Béziers (en rien une « tradition » puisqu’elle a été inventée par Robert Ménard en 2014 avec la procession de la Vierge), un signe d’approbation.

    Au cours de l’édition 2026 de la Feria, le discours trumpiste de Robert Ménard en a scandalisé plus d’un. Mais il n’a suscité aucune réaction de la préfète de l’Hérault, Chantal Mauchet, alors même que l’image des femmes et des valeurs républicaines telles que la fraternité ont été malmenées par l’édile d’extrême droite.

    Rappelant que « la République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte » (article 2 de la loi de 1905 sur la laïcité), la Libre Pensée a écrit à la préfète pour lui demander deux précisions. Premièrement : le financement municipal du char de la Vierge, emblème religieux par excellence, ne constitue-t-il pas une violation manifeste de la loi ? Deuxièmement : la présence à une cérémonie religieuse d’élus municipaux ceints de leurs écharpes tricolores ainsi que de Chantal Mauchet elle-même en sa qualité de préfète, n’est-elle pas une autre entorse au principe de laïcité ?

    À la première question, la préfecture de l’Hérault donne sa lecture de la jurisprudence. À savoir que « la seule représentation d’un symbole appartenant à une tradition religieuse ne permet pas, à elle seule, de qualifier la dépense de subvention cultuelle. Une telle appréciation suppose d’examiner la destination de l’œuvre ou de l’équipement, son contexte d’utilisation, sa fonction au sein de la manifestation, ainsi que ses éventuelles dimensions artistique, culturelle, patrimoniale ou festive. » Ce à quoi la Libre Pensée s’étonne. « Il nous semble difficilement contestable qu’une représentation de la Vierge Marie dans le cadre d’une procession un 15 août intitulée “défilé de la Vierge” puisse avoir le moindre caractère culturel indépendant du culte de la Sainte Vierge. »

    Sur le fait que les élus sont soumis à « une forme de réserve lorsqu’ils représentent la collectivité publique » (article L. 1111-13 du Code général des collectivités territoriales, CGCT) ou que l’usage de l’écharpe tricolore se limite aux « cérémonies publiques », (…) « fonctions d’officier d’état civil et d’officier de police judiciaire » (article D. 2122-4 du CGCT), Chantal Mauchet précise. « La présence d’un maire à une cérémonie religieuse ne saurait être regardée comme constituant une méconnaissance du principe de laïcité. Dans le contexte d’une fête locale, cette présence peut relever des fonctions de représentation de l’élu et de sa participation à la vie institutionnelle, culturelle et traditionnelle de la commune. »

    Même raisonnement pour les préfets. « Il convient de distinguer la présence institutionnelle à une cérémonie cultuelle de l’accomplissement personnel d’actes relevant du culte : la présence d’un représentant de l’État à une messe ne permet pas de caractériser une méconnaissance du principe de neutralité ». Interrogée par La Marseillaise, la préfecture ajoute que le préfet « n’a pas une interdiction absolue de participer à des offices religieux dans le cadre de l’exercice de ses fonctions, dès lors qu’il s’abstient d’y participer activement ».

    La Libre Pensée, elle, déplore « l’absence de mesure qui encadre strictement la participation des préfets » aux cérémonies religieuses. Quoi qu’il en soit, les préfets sont désormais plus enclins à assister à la messe d’une fête populaire qu’à attaquer une crèche religieuse en mairie reconnue maintes fois illégale.

  • Les dossiers de rentrée sur le bureau du préfet des Bouches-du-Rhône

    Les dossiers de rentrée sur le bureau du préfet des Bouches-du-Rhône

    Une saison des incendies pour le moment maîtrisée

    La saison n’est pas terminée, le front des incendies est resté stable dans le département, note Jacques Witkowski avec 512 feux recensés depuis le 1er juin, soit 67 de plus qu’en 2025, une augmentation de 15%. S’il y a eu « beaucoup de départs de feux », ils ont été « éteints très vite », mis à part celui de Rognac et de Lançon-de-Provence. Outre la prévention, la préfecture mise aussi sur le répressif avec le respect des obligations légales de débroussaillement. Des communes ont été mises en
    demeure, un camping à Beaurecueil fermé le temps d’agir. Les gendarmes missionnés dans les massifs ont interpellé 350 personnes pour comportements dangereux. Le représentant de l’État se prépare désormais aux épisodes cévenols qu’il appréhende.

    Accompagner les consommateurs de crack

    Face à l’augmentation de la consommation de crack dans le centre-ville qu’il juge « préoccupante », le préfet a mis en place des actions. D’abord répressives pour éviter « les enkystements » mais il mise aussi sur la prise en charge médicale des consommateurs. « Co-porté » avec la Ville, un site d’accueil de 17 places a ouvert mi-août, un autre de 10 places va suivre. Soit 500 000 euros investis par l’État pour leur fonctionnement. Un coordinateur médical a été mis en place. Le développement des centres d’accueil et d’accompagnement à la réduction des risques pour usagers de drogues, deux seulement à Marseille, est souhaité, et à long terme, l’installation d’une halte soins addictions plus que soutenue. Reste à trouver le site…

    Métropole : la balle renvoyée aux politiques

    Prévu le 10 septembre, le vote de la décision modificative du budget métropolitain marque une nouvelle étape. Pour le préfet, « budgétairement, l’affaire est réglée ». Et de réaffirmer le strict rôle de conseil et de contrôle de la légalité de l’État. « Je souhaite que la Métropole sorte de cette ornière », assure-t-il. La mission Bussereau-Debat devant permettre d’entamer des « discussions politiques » sur ses compétences ou limites géographiques.

    Vigilance sur Fibre excellence

    Alors qu’à Tarascon les salariés de l’usine de pâte à papier restent mobilisés après la fermeture du site ce vendredi 28 août (lire aussi page 5), le préfet indique avoir saisi le liquidateur pour s’assurer de sa mise en sécurité. Et si les lieux doivent être dépollués, ils le seront par le repreneur, ou, à défaut, par le propriétaire actuel, assure-t-il. Mais pas question pour autant de laisser la CGT le bloquer, s’il le faut, « on interviendra par contrainte », promet-il.

    Des économies sur l’hébergement d’urgence

    Une « dépense de 117 millions d’euros dans le département », permet de financer 6 000 places dans deux types d’hébergement d’urgence, l’un dans le diffus, l’autre provisoire à l’hôtel rappelle le préfet. Sur ce dernier, 1 562 places, « on a décidé de reprendre en main budgétairement les choses », indique-t-il, avec un nouveau contrat au 1er octobre avec des hôteliers. Et la réalisation d’un « état zéro », le préfet dénonçant « des situations irrégulières », avec « des gens à l’hôtel depuis 6 ans » Et de marteler : « Je suis comptable des deniers publics, je ne peux pas engager ce que le Parlement n’a pas voté. » Or au 1er janvier, le dépassement « était de 8 millions, là encore à 3 millions », déplore-t-il.

    Parallèlement en 2025, 1 400 logements ont été récupérés auprès des bailleurs, 991 cette année. « Presque 2 500 places, un effort notable », estime-t-il.

  • La liquidation du Grand prix du Castellet traîne encore

    La liquidation du Grand prix du Castellet traîne encore

    Plus de deux ans après la dissolution, par un arrêté préfectoral du 1er mars 2024, du groupement d’intérêt public (GIP) du Castellet, sa liquidation n’est toujours pas achevée. Ce mercredi, le GIP a donc de nouveau lancé un marché public pour trouver un liquidateur judiciaire, après déjà deux renouvellements successifs. Si l’essentiel des actifs a été cédé, « une dette fournisseurs très importante subsiste, dont le règlement est conditionné au versement d’avances par les collectivités membres des fonds nécessaires », alerte le cahier des charges.

    Malgré un accord partiel, « des différends existent au sein des membres du groupement qui n’ont pas permis à ce jour une extinction de la dette totale », alors même que le taux des intérêts moratoires « obère la dette de façon très significative chaque mois, rendant urgente une fin de liquidation ». Des nombreux contentieux sont ainsi en cours, dont certains « engagés par des membres du Groupement eux-mêmes » – le Département du Var et la Métropole de Toulon -, et s’y ajoute un contrôle de TVA également en cours. Le 23 juin dernier, la chambre régionale des comptes avait épinglé sa gestion, avec 103 millions d’euros de dépenses publiques pour organiser quatre épreuves de Formule 1 « sans que les retombées économiques soient avérées ».

    « Pouvoirs

    les plus étendus »

    Au 30 juin 2025, la dette de ce grand prix impulsé en 2017 par l’ex-président du conseil régional Christian Estrosi (Hor.) s’élevait à 35,7 millions d’euros que doivent notamment éponger la Chambre de commerce et d’industrie du Var et les collectivités locales, mais aussi les Métropoles de Nice et Aix-Marseille, le Département des Bouches-du-Rhône, la CCI régionale. « Le liquidateur sera investi des pouvoirs les plus étendus », indique le cahier des charges, avec une mission d’une durée prévue de neuf mois renouvelable deux mois.