Tag: Préfecture

  • Les pompiers du 13 déjà parés, le Département insiste sur la prévention

    Les pompiers du 13 déjà parés, le Département insiste sur la prévention

    « Bienvenue dans l’un des 60 centres de secours du département ! » À la caserne de Mimet en pleins travaux d’extension et de rénovation, Richard Maillé (DVD), conseiller départemental délégué à la protection des massifs forestiers, a d’abord tenu à rappeler à quel point le Département investit dans la lutte contre les incendies. Pas moins de deux millions, dont 50% de subventions de la collectivité, pour ce seul site où travaillent 45 hommes et femmes pour assurer les gardes, dont trois professionnels, les autres étant volontaires. « Nous avons aussi construit à Gardanne, Istres, Port-de-Bouc, Aix, Allauch, Plan-de-Cuques, pour un coût entre 5 et 10 millions à chaque fois », ajoute l’élu.

    Alors qu’une première vague de canicule a frappé dès le mois de mai, les 7 500 sapeurs des Bouches-du-Rhône se préparent à affronter une nouvelle saison de lutte contre les feux, « comme tous les ans », commente Richard Maillé, même s’il convient que le terme de saison a perdu de son sens. « On peut se poser la question, on a déjà eu un feu en février, il y a 3 ans à Auriol », se souvient-il.

    Débroussailler,

    une obligation

    En attendant une réunion de tous les services en préfecture pour faire un point, la stratégie des pompiers 13 est déjà rodée. « On agit avec une évaluation massif par massif, pour affiner », explique l’élu. Côté dispositif, sont déployés des agents dans les vigies à l’affût de la moindre fumerolle, des patrouilles du Sdis (Service d’incendie et de secours) avec des véhicules légers, des membres de l’association départementale des comités communaux feux de forêt, des agents de l’ONF (Office national des forêts), tous « prêts à bondir », détaille l’élu, complétés par des groupements d’interventions répartis dans 80 sites. En cas de journée à risque, 700 pompiers 13 de plus que les 500 intervenants au quotidien dans le département, peuvent être mobilisés. « C’est selon la règle des 30 », illustre le conseiller départemental, un cocktail explosif composé de température à « 30 degrés, de vent à 30 km/h, d’un taux d’hygrométrie de 30% ou moins ».

    Mais le message, c’est également de rappeler à quel point la prévention peut peser dans la balance quand le feu, d’origine humaine dans 80% des cas, se déclenche. Montrant de la main la colline parsemée de maisons noyées dans les arbres, Richard Maillé martèle la nécessité de respecter les obligations légales de débroussaillement (OLD). « Seulement 20% [d’entre elles] sont respectées », déplore-t-il, encore marqué par le feu des Pennes-Mirabeau qui avait détruit en juillet 2025 plus de 750 hectares, atteignant allègrement l’Estaque après avoir été poussé par le vent. « Je me souviens de cette maison qui brûlait encore le lendemain, à cause d’un cyprès trop près de la cuisine… Il y a encore des gens n’ont pas compris que c’était pour leur bien », s’agace Richard Maillé, précisant qu’un nouvel arrêté a été pris par le préfet.

    Il y a aussi « les mégots jetés depuis la fenêtre de la voiture ». Le long des routes départementales, « en 2026 nous avons doublé la mise pour les OLD avec 1,5 million d’euros et on aide aussi les communes », se félicite l’élu.

  • Logement social : le préfet du Var pourrait prendre la main

    Logement social : le préfet du Var pourrait prendre la main

    Le préfet du Var a présenté mercredi matin, devant la presse, les enjeux de la production de logements sociaux dans le département pour répondre aux besoins des ménages varois mais aussi comme vecteur important de développement et d’attractivité économique du territoire.

    « Nous allons commencer nos entretiens à partir de la semaine prochaine avec les maires des communes soumises à la loi SRU et qui n’atteignent pas leurs objectifs », explique le préfet du Var Simon Babre. Le début d’un processus qui, à l’aide d’un bilan statistique et des éléments d’appréciation qualitatifs sur les efforts fournis pour se rapprocher des objectifs de loi SRU va conduire à prononcer, ou non, le constat de carence et les pénalités associées.

    L’objectif étant d’augmenter la production de logements sociaux et tenter de réduire le nombre de demandes insatisfaites qui s’établit aujourd’hui à 36 826. Des ménages qui ne peuvent ni accéder à la propriété ni répondre en termes de revenus aux exigences du secteur privé, souvent bloqués dans des logements inadaptés et parfois indignes.

    Mais le représentant de l’État préfère voir le verre à moitié plein et mettre en avant un record, de 2 173 logements agréés en 2025. Le meilleur chiffre depuis 2018.

    Une progression qui s’explique, argumente-t-il, par le très grand nombre de Contrats de mixité sociale , 26 exactement, signés dans le département. Le classant en première position en France.

    Pour mémoire, ils permettent grâce à un dialogue avec les élus de définir des objectifs intermédiaires consensuels et réalistes, qui vont permettre d’apprécier le volontarisme des communes. Avec de très bons résultats enregistrés par endroits, comme à Toulon. La ville préfecture pourrait cette année sortir de la carence.

    Reste les communes réticentes, qui comme La Crau (qui n’atteint pas les 8%) et Carqueiranne n’ont pas signé de contrat de mixité sociale et s’obstinent à refuser d’appliquer la loi.

    Toulon pourrait sortir

    de la carence

    Là, le préfet prévient qu’il existe pour les contraindre à l’action des outils d’urbanisme opérationnels qui seront si besoin utilisés. « Ils vont être au cœur de la stratégie de l’État pour les prochains mois », annonce-t-il.

    Le premier consiste à récupérer le droit de préemption urbain. Ce qui veut dire que toute transaction immobilière doit être portée à la connaissance de la Direction département des territoires et de la mer (DDTM) qui regarde de quels fonciers et de quels bâtiments il s’agit et vérifie si on pourrait y faire des logements sociaux. Dans les communes où la production qui est restée atone, un examen systématique de toutes les déclarations d’intention sera effectué.

    Le préfet peut également reprendre la compétence de délivrance des permis de construire, considérant que s’il ne prend pas la main, rien ne se fera.

    Cette possibilité a déjà théoriquement été utilisée pour Carqueiranne. Mais « il pourrait y avoir d’autres communes concernées en fonction de la teneur des discussions que nous aurons avec les maires dans les semaines à venir », prévient-il.

    Et de se faire plus précis : « On peut focaliser notre attention et notre action sur les communes où rien ne se passe, où on a trop de demandes de logements sociaux insatisfaites, des problèmes de dignité de certains de nos concitoyens et qu’il est absolument nécessaire d’accroître le parc social. »

    À bon entendeur !

    Pour en revenir aux élus de bonne volonté, le représentant de l’État veut mettre en avant ce qu’il appelle « une révolution de financement », avec la décision du préfet de région en 2025 de réorienter une partie des aides à la pierre vers le logement social diffus et les réhabilitations de bâtiments pour en faire des logements sociaux.

    Celles-ci pouvant atteindre 35 000 euros par logement social dès lors qu’on démontre qu’on est dans une opération d’acquisition-réhabilitation. Ce qui va permettre de réorienter les choix des bailleurs sociaux qui, jusqu’à présent se focalisaient sur des programmes neufs et les grands ensembles, plus rentables économiquement, et pour ça, avaient besoin d’identifier du foncier vierge. Ce qui était contradictoire avec les objectifs de l’État de sobriété foncière, notamment le zéro artificialisation nette. « Cela permet de crédibiliser le modèle économique pour des petits programmes de logements sociaux ou des opérations réhabilitation », souligne Simon Babre.

    Pour en revenir au bilan de cette période triennale qui s’achève, il montre qu’il y a des communes qui acceptent de jouer le jeu, et les aménagements leur permettant de combler en partie leur déficit pour lesquelles l’accompagnement bienveillant de l’État va continuer. Et puis il y a des cas où les choses n’avancent pas, et où il y a besoin de débloquer les situations par la contrainte faute de volonté politique.

    Plus diplomate, Simon Babre préfère présenter ces interventions à venir comme « des outils d’aide apportée aux équipes municipales qui ont des difficultés à envisager certains scénarios ». Pourquoi pas. Le tout c’est de ne plus hésiter à « aider » les contrevenants qui se vantent de ne pas respecter la loi par pure idéologie et contre l’intérêt général.

    Leurs jérémiades ont assez duré.

    CHIFFRES

    38 826

    ménages ont fait une demande d’accès à un logement social dans le Var, pour seulement 3 730 attributions en 2025.

    Et sur les 11 982 demandes de changement, 781 ont été acceptées.

    22 millions

    d’euros ont été engagés par la Direction départementale des Territoires et de la Mer du Var (DDTM) pour le financement de nouveaux logements locatifs sociaux (LLS) en projet par des bailleurs sociaux et 4,5 millions d’euros de subventions leur ont

    été versés pour des projets en cours de réalisation.

    26

    communes varoises, sur les 44 soumises à la loi Solidarité renouvellement urbain (SRU) ont signé des contrats de mixité sociale (CMS) pour la période 2023-2025.

    Et concernant les copropriétés dégradées ?

    Interrogé sur le cas des copropriétés dégradées comme Pontcarral – là où la jeune mère de famille s’est donné la mort avec ses enfants – et la Grande Plaine, à Toulon, deux ensembles où la misère et le mal logement prospèrent, le préfet du Var Simon Babre, a répondu que « la politique qui consiste à traiter le sujet des copropriétés dégradées en faisant rentrer des bailleurs sociaux dans la propriété de ces ensembles est une politique gagnant-gagnant ».

    Puisque cela va permettre d’améliorer le sort des populations concernées, éviter les drames humains, et remettre aussi de l’objectivité dans la façon de comptabiliser l’habitat social, explique-t-il. Et de poursuivre : « Ce sont des logements pour populations modestes avec parfois des abus de la part des propriétaires privés. Et donc agir sur ces copropriétés, c’est une de nos politiques claires, et on le fait main dans la main avec certaines municipalités. »

  • Un élu RN jugé pour son inscription frauduleuse sur la liste électorale

    Un élu RN jugé pour son inscription frauduleuse sur la liste électorale

    Comparution pathétique de Stéphane Simond, 55 ans, attaché parlementaire et suppléant du député des Bouches-du-Rhône José Gonzalez (RN). Dénoncé par un colistier de la liste Reconquête!, Stéphane Simond est accusé d’avoir conduit la liste RN aux municipales à Plan-de-Cuques (23,5% au premier tour) et d’avoir été réélu conseiller municipal en s’inscrivant frauduleusement, en novembre 2025, sur les listes électorales, alors qu’il demeurait à Allauch.

    Bien qu’ayant avoué aux enquêteurs « avoir fait un faux pour me présenter sur Plan-de-Cuques », l’élu RN a subitement rétropédalé, ce mardi. « J’ai dit aux enquêteurs ce qu’ils voulaient entendre. Ils m’ont mis la pression. Je disais “oui oui”. » Avant de narrer une fable : « C’est juste une boîte aux lettres pour recevoir ma nouvelle carte d’électeur que j’avais perdue le temps de trouver un appartement. J’étais par monts et par vaux. Je dormais un peu chez ma copine à Allauch, chez mes parents et à Paris », bredouille Stéphane Simond, décomposé à la barre. « Pourquoi n’avoir tout simplement pas demandé à vos parents, à Allauch, pour recevoir le courrier ? », tente la présidente. Prévenu d’avoir signé une fausse attestation d’hébergement, son ami Jean-Marc rame lui aussi : « J’ai pas l’habitude avec les policiers. J’ai bafouillé on va dire. Les élections, j’y comprends rien. J’ai pas pensé que c’était un faux juste pour une liste électorale. »

    « Il ment mal et éhontément. Toutes ses manœuvres lui ont permis de se faire réélire conseiller municipal ! Il a fait tourner en bourrique les agents de la commune et de la préfecture », proteste l’avocate de la commune de Plan-de-Cuques, qui l’a radié, depuis, des listes. « Ce type de comportement pollue la vie publique », dénonce Julien Pinelli, conseil de Jean-Pierre Courtaro, à l’origine du signalement et qui est un colistier du candidat Reconquête!, Jean Toselo.

    « C’est inquiétant d’être élu en se présentant sur un mensonge », résume la procureure Isabelle Candau, qui requiert 8 000 euros d’amende et 2 ans d’inéligibilité. Sa défense proteste : « D’une mouche on veut faire un éléphant. Il s’est trompé de procédure de changement d‘adresse en cliquant sur le mauvais onglet. On l’accuse même d’emploi parlementaire fictif ! Tout cela est de la fiction. » Délibéré le 8 juin.

  • L’état de la ressource en eau rassurant à l’approche de l’été

    L’état de la ressource en eau rassurant à l’approche de l’été

    À l’instar de ce qui est fait à travers le projet Var Bleu, le département du Var est mobilisé contre les risques de stress hydrique. C’est à ce titre que le Comité ressources en eau se réunit à intervalles réguliers, sous la direction du préfet du Var Simon Babre, pour réaliser un état des lieux. Un exercice important à l’approche de la saison estivale, qui s’est tenu jeudi 28 mai en compagnie des acteurs de la gestion de l’eau et de la sécheresse dans le département (services de l’État et établissements publics, élus, collectivités, usagers et associations).

    Le premier constat se veut rassurant : après une saison de recharge de l’hiver 2025-2026 excédentaire (+24% de précipitations, soit 775 mm pour 626 attendus), les nappes souterraines sont à un niveau satisfaisant. « Fin 2025, les nappes, notamment celles du centre Var, étaient déjà rechargées, et le niveau des nappes côtières était stable, un peu en dessous de la moyenne », explique Marc Moulin, hydrologue au Bureau de Recherches Géologiques et Minières (BRGM). « Il y a eu un tournant en décembre avec les crues spectaculaires du Gapeau, de la Giscle et de l’Argens, ce qui a conduit les nappes alluviales, situées sous les fleuves côtiers, à des niveaux plutôt hauts. »

    Pas de prévisions saisonnières fiables

    Comme en 2025, les trois premiers mois de l’année ont conforté cette tendance, notamment grâce aux nouvelles crues de février ayant placé les nappes « en position hautes à très hautes. On a désormais commencé la phase de tarissement », poursuit le scientifique, qui annonce « un étiage relativement modéré cette année. Comme on part de haut, on ne va pas arriver très bas, même si le tarissement est un peu précoce par rapport à d’habitude. » Et ce, malgré l’absence de pluie et des températures assez élevées depuis le début du mois d’avril.

    Mais avec des cours d’eau en baisse, il conviendra cependant de faire preuve de sobriété, annonce la préfecture, afin de restreindre tant que possible les mesures de restriction. D’autant plus que pour ce faire, on ne pourra pas vraiment compter sur les prévisions en termes de précipitations, celles-ci n’offrant pas « de tendances marquées à trois mois en Europe de l’ouest. Il y a trop d’incertitudes car nous sommes sur une zone de latitude moyenne », annonce Hélène Correa, responsable du service Prévision et Climatologie de Météo France sur la région sud-est.

    Ce Comité ressources en eau a aussi permis d’aborder la question de l’amélioration de la connaissance des prélèvements (près de 210 millions de m³ par an dans le Var) : 62% destinés à l’eau potable, 32% pour les usages agricoles et 6% pour d’autres usages économiques (golfs, ports, industries…). La Chambre de commerce et d’industrie a également présenté le programme ReS’Eau, qui accompagne les entreprises du tourisme vers la sobriété hydrique, du diagnostic des usages jusqu’à la mise en place d’actions concrètes.

  • [Entretien] Sophie Trochet : « Une attaque des libertés syndicales et d’expression » dans l’Aude

    [Entretien] Sophie Trochet : « Une attaque des libertés syndicales et d’expression » dans l’Aude

    La Marseillaise : Vous avez été reçue le 22 mai en préfecture. Quelle était votre requête ?

    Sophie Trochet : Faire remonter au préfet de l’Aude qu’on a besoin de faire légiférer de façon urgente sur le sujet des Bourses du travail. Cela peut se faire par décret ou ordonnances progressistes, comme pour la Sécurité sociale, pour sacraliser les Bourses du travail et Maisons des syndicats. Ce sont des locaux interprofessionnels qui ne sont pas prévus par le Code du travail. À minuit moins une avant la possible arrivée du RN au pouvoir, c’est une question de liberté d’expression et de liberté syndicale.

    Pourquoi le maire RN veut-il expulser l’UL et l’UD CGT ?

    S.T. : Tout est parti en avril d’une manifestation de jeunes contre l’extrême droite pour laquelle la CGT, FSU, Solidaires et la CFDT ont affiché leur solidarité. Le maire Christophe Barthès a annoncé couper nos subventions et nous expulser des locaux. Le 5 mai, on reçoit un premier courrier pour justifier de notre titre d’occupation sous peine de procédure d’expulsion à compter du 13 mai. Il se trouve qu’il y a eu un quiproquo. En 2023, au moment de signer une nouvelle convention avec l’ancienne municipalité, on leur avait signalé des travaux à réaliser, du coup ils ne nous l’ont pas envoyée et on ne l’a pas signée. Ceci dit, on a des archives de 1938 qui indiquent qu’on est là depuis 89 ans !

    Une Bourse du travail sans syndicat, quel intérêt ?

    S.T. : Le but d’une Bourse du travail est d’y loger les syndicats, d’avoir un échange de coordination, de faire de la formation syndicale, économique et sociale (obligatoire pour les élus CSE) et d’accueillir les salariés sans représentation syndicale (entreprises de moins de 11 salariés). Or, les très petites entreprises (TPE) forment la majorité du tissu économique de l’Aude. On a aussi les inspections du travail qui nous envoient régulièrement des salariés pour les aider à monter leurs dossiers aux prud’hommes surchargés. On héberge aussi plusieurs boîtes aux lettres d’associations et les précieuses archives de l’Institut de l’Histoire sociale de la CGT.

    Pourquoi la CGT est-elle la seule ciblée ?

    S.T. : La LDH l’a été aussi. C’est une bataille idéologique. La mairie RN se cache derrière une soi-disant absence de titre. En fait, la CGT dérange car elle affirme ses valeurs de solidarité envers tous les salariés en disant que le RN c’est l’inverse : le repli sur soi, la haine de l’autre, la division des travailleurs et c’est pro-patronat. On invite les citoyens à être curieux. Le RN a voté contre l’augmentation du Smic, des pensions, contre l’indexation des salaires sur les prix. Contre toutes les mesures qui pouvaient donner du souffle aux salariés et retraités. Sans parler que ce parti, fondé par des anciens de l’OAS, est issu du fascisme. Le RN fait même du révisionnisme. Le 1er-Mai, il fête Jeanne d’Arc plutôt que les luttes des travailleurs. S’ils peuvent virer la CGT, ils continueront. On ne lâchera rien.

    Quelle est la date butoir ?

    S.T. : Un courrier nous a signifié notre sortie au 1er juin. On a une intersyndicale solide*. On a fait un courrier commun aux ministres du Travail et de l’Intérieur qui demande à ce que l’État prenne le dossier à bras-le-corps contre cette attaque des libertés syndicales et d’expression.

    * Un rassemblement intersyndical s’est tenu devant la mairie jeudi 28 mai.

  • L’État et la Ville opposés à la fermeture de la poste de Pissevin à Nîmes

    L’État et la Ville opposés à la fermeture de la poste de Pissevin à Nîmes

    L’annonce a surpris tout le monde. Par un simple appel au directeur de cabinet de Vincent Bouget, la direction de la Poste a fait savoir qu’elle allait fermer le bureau de poste dans le quartier Pissevin. « La santé et la sécurité de ses collaborateurs et de ses clients sont une priorité pour la Poste, ce qui l’a amenée à fermer le bureau de Nîmes Debussy situé place Claude-Debussy depuis le jeudi 21 mai », précise le groupe dans un communiqué.

    Si l’insécurité à Pissevin n’est pas nouvelle, le quartier est pourtant plutôt calme ces derniers mois. Les agents de la Poste s’offusquent surtout des conditions de travail et notamment de l’insalubrité des locaux. « Les habitants du quartier sont invités à se rendre au bureau de poste de Nîmes-Cadereau, situé 6 rue de Verdun, où ils pourront retrouver leurs courriers et colis en instance, effectuer leurs opérations postales et bancaires habituelles, ainsi qu’envoyer leurs colis et lettres recommandées », ajoute le groupe.

    Si cette mesure a été présentée comme transitoire, certains s’inquiètent qu’elle vise plutôt à contourner le droit de veto du maire qui peut s’opposer aux fermetures de bureaux de poste. « En tant que maire, je ne peux pas accepter qu’une telle décision puisse être prise de manière unilatérale, sans avoir mis tout en œuvre pour trouver des solutions. Cet après-midi [le 21 mai, Ndlr], à l’initiative du préfet, une réunion a rassemblé tous les acteurs concernés. J’ai proposé de trouver une solution qui empêcherait la fermeture du bureau de poste de la place Debussy. Cette volonté, partagée par l’État, a conduit à l’organisation d’un nouveau rendez-vous mardi (26 mai) afin de trouver une issue favorable. Nous ne pouvons pas opposer les conditions de travail des salariés à l’accès au service public, pour toutes et tous, partout », réagit le maire Vincent Bouget.

    Un quartier abandonné

    Cette décision est particulièrement brutale pour un quartier qui assiste à la désertification de ses services publics. Ces derniers mois, Pissevin a en effet vu le départ de la médiathèque Marc-Bernard (même si une annexe a été ouverte en novembre dernier) et la création d’un commissariat dont les horaires ne permettent pas une présence renforcée dans un territoire qui en a pourtant cruellement besoin. La présence de médecins dans le quartier est également un problème récurrent. Face à cette situation, la préfecture du Gard s’est aussi rapidement positionnée contre la fermeture du bureau de poste. « Un bureau de poste qui disparaît dans un quartier qui a vu les fermetures successives de différents services publics constitue un coup supplémentaire pour ses habitants, pour les habitants de notre ville », confirme Vincent Bouget.

    Mardi 26 mai, c’est le centre social des Mille couleurs qui a appelé à un rassemblement devant le bureau de poste. Une cinquantaine de personnes ont répondu à l’appel, dont Vincent Bouget, venu rassurer la population quant à sa volonté de tout mettre en œuvre pour le sauver. « La mairie, l’État et toutes les structures sont contre la fermeture », confirme Frédéric Deschamps, cosecrétaire du PCF gardois. « Le redéploiement proposé par la Poste sur Valdegour et Cadereau ne résout pas le problème des 12 000 habitants de Pissevin. »

    « La réponse aux légitimes aspirations des personnels à de bonnes conditions de travail ne peut être la fermeture pure et simple. Il faut, au contraire, assurer et développer la présence de tous les services publics », a réagi de son côté la section communiste nîmoise. Si la réunion organisée mardi soir n’a pas encore permis de trouver une solution, le bureau de Vincent Bouget confirme que les discussions se poursuivent avec la direction de la Poste.

  • La fin de Carbon n’est pas celle du contournement

    La fin de Carbon n’est pas celle du contournement

    L’annonce de l’abandon du projet de giga-usine de panneaux solaire de Carbon, la semaine dernière, a immédiatement suscité l’inquiétude quant à la pérennité des aménagements annexes. En particulier le contournement autoroutier de Port-de-Bouc attendu depuis cinquante ans par les populations environnantes et défendu depuis par les élus locaux.

    Sollicitée après l’annonce de Carbon, la Préfecture de Région lève le doute en affirmant, mardi, que « l’abandon du projet Carbon ne remet pas en question les projets d’aménagement et d’équipements de la zone », tel que le contournement, jugés « indispensables à l’accueil de nouvelles industries comme à la transformation et au développement de celles existantes » par l’État.

    600 millions d’euros publics « sanctuarisés »

    Le contournement fait partie du projet partenarial d’aménagement délibéré en décembre 2025, associant la Région, le Département, la Métropole et le Grand port maritime de Marseille (GPMM). « Transports routiers et ferroviaires, desserte électrique renforcée : ces chantiers essentiels y demeurent pleinement inscrits », d’après les services de l’État en région. Au total, « ce projet sanctuarise plus de 600 millions d’euros de crédits publics pour les 5 prochaines années » à horizon 2030.

    Cet engagement n’est nullement entravé, insiste la Préfecture. « Malgré l’abandon de Carbon, la zone de Fos-étang de Berre demeure un site d’excellence nationale et européenne pour la décarbonation et le déploiement d’industries vertes » selon l’État, prenant en exemple les investissements de Marcegaglia à Fos pour 450 millions d’euros, ou d’Hynaero à Istres avec un milliard d’euros.

    Les travaux du contournement doivent débuter en 2027.

  • À Aubagne, une foule se dresse pour la gratuité des transports

    À Aubagne, une foule se dresse pour la gratuité des transports

    « Liberté, égalité, gratuité ». C’est le slogan qui sera retenu par l’assemblée générale d’habitants et d’élus du Pays d’Aubagne, réunis en masse mercredi dans la salle du Bras d’Or à Aubagne pour défendre un droit vieux de 17 ans. La gratuité des transports pour tous, en place depuis 2009 dans les 12 communes du Pays d’Aubagne et de l’Étoile*, pourrait en effet voir sa pérennité menacée par les finances serrées de la Métropole Aix-Marseille, en déficit de 123 millions d’euros. Un retour en arrière inenvisageable pour l’Association se déplacer en liberté (Asdel) qui appelait donc mercredi habitants et maires du secteur à se rassembler pour rappeler les effets positifs d’une mesure envisagée comme une « grande avancée sociale » par de nombreux élus locaux. « On ne parle pas d’une utopie mais bien d’un acquis social qui passera bientôt l’âge adulte, s’est ému Jean-Pierre Squillari, maire (DVG) d’Aubagne. La solidarité n’est pas une option, mais bien un devoir. Monsieur le préfet, vous ne toucherez pas à la gratuité [le maire s’adresse au préfet car la Métropole, refusant de voter un budget, est passée sous tutelle de la préfecture des Bouches-du-Rhône, Ndlr]. » Après un rapide rappel sur les modes de financements actuels de la gratuité en Pays aubagnais – permis grâce au versement mobilité, (notre édition du 26/05) –, de nombreux participants, citoyens comme élus, ont pu exprimer leur attachement à un service qu’ils considèrent comme répondant à un impératif de solidarité, de protection de l’environnement et de santé publique.

    Trois actions identifiées

    Surmotivés à conserver cet acquis, qui sonne plus qu’actuel au regard des conditions climatiques et de l’état du pouvoir d’achat français, les membres de l’assemblée ont identifié trois actions à venir. Parmi elles : une mobilisation le samedi 13 juin, au Pôle d’échanges d’Aubagne. L’Asdel est entre-temps chargée de rédiger une pétition qu’elle fera ensuite circuler dans toutes les communes concernées. Les mairies sont également invitées à manifester leur soutien à l’aide d’affichages prônant le message : « Liberté, égalité, gratuité ».

    * Aubagne, Auriol, Belcodène, Cadolive, Cuges-les-Pins, La Bouilladisse, La Destrousse, La Penne-sur-Huveaune, Peypin, Roquevaire, Saint-Savournin et Saint-Zacharie.

  • À Bel Ombre, tous les partenaires seront associés à la sauvegarde

    À Bel Ombre, tous les partenaires seront associés à la sauvegarde

    La défaillance du syndic de cette copropriété du 11e arrondissement et les lourdes dettes accumulées ont conduit à une dégradation du bâti et de graves dysfonctionnements qui ont conduit la justice à la placer sous administration provisoire, confiée à AJAssociés en 2023. Le 3 avril dernier, un plan de sauvegarde a été décidé par la préfecture en coordination avec les collectivités pour permettre d’engager des travaux d’urgence, notamment la remise en fonctionnement des huit ascenseurs qui desservent 16 étages.

    Plusieurs centaines de milliers d’euros ont été mobilisés par l’État, à travers en particulier des subventions de l’Agence nationale de l’habitat (Anah) mais la situation financière non redressée plombait l’avancée des travaux. L’État a donc engagé en mars une nouvelle étape avec la décision prise en avril d’élaboration d’un plan de sauvegarde. À cet effet, un opérateur, dont la désignation organisée par la Métropole est prévue à l’automne, sera chargé d’assurer un accompagnement portant à la fois sur les aspects financiers et le suivi des travaux.

    Le 19 mai, face à l’inquiétude des copropriétaires et locataires de la résidence qui ne voient pas d’amélioration dans leur quotidien, une réunion initiée par Isabelle Epaillard, préfète déléguée à l’égalité des chances, faisait un nouveau point d’étape sur l’avancement du dossier. L’Anah a accordé en octobre 2025, comme l’État s’y était engagé, rappelle la préfecture, « une subvention à hauteur de 50% du montant du devis de l’ascensoriste AMS proposé par les copropriétaires, soit plus de 700 000 euros ». L’administrateur a reçu l’agrément ainsi que l’avance de 70%, soit plus de 500 000 euros en janvier dernier. AJAssociés a lancé les appels de fonds auprès de l’ensemble des copropriétaires, « 3 580 euros en moyenne par copropriétaire, au lieu de 7 000 précédemment » précise l’administrateur. Cependant, AJA « n’est pas en mesure de signer les devis faute de fonds suffisants, seuls 19 copropriétaires sur 247 ont versé leur quote-part à date, soit 70 000 euros », indique la préfecture.

    Des procédures longues

    Auxiliaire de justice, le cabinet AJA est le seul en capacité de représenter juridiquement la copropriété, de rendre compte de sa gestion et d’engager des décisions opérationnelles. Parmi les copropriétaires, 64% sont bailleurs contre 36% occupants. « Mais nous sommes aujourd’hui tous coincés, or nous refusons de laisser sombrer Bel Ombre, de laisser les marchands de sommeil et le deal s’emparer de nos immeubles, comme c’est le cas dans d’autres copropriétés dégradées », plaide Yoann Titous, porte-parole de 130 signataires d’une pétition pour exiger des réponses d’urgence et être associés au comité de suivi du plan de sauvegarde.

    « Ces copropriétés présentent des dysfonctionnements depuis des décennies. Cela témoigne d’une fragilisation sociale sur un temps long de certains copropriétaires qui n’ont pas eu les moyens d’assumer leurs responsabilités d’entretien de leur bien, souligne la préfecture, ces renoncements aboutissent à un mur des investissements pour remettre aux normes les équipements qui se conjugue à un mur des impayés des charges ».

    Pour désenrayer la spirale, « nous voulons la transparence sur les devis car il y a un écart énorme entre celui présenté par AJA et ceux des copropriétaires et c’est en raison de ce désaccord que les fonds n’ont pas été réunis », objecte Radhouane Ouachani, membre de LFI, en soutien à l’association Préservons Bel Ombre qui réunit 148 propriétaires et locataires, sur 233 appartements. La transparence sera faite, s’est engagée Isabelle Epaillard.

  • À Eurenco Sorgues, les gendarmes évacuent les grévistes

    À Eurenco Sorgues, les gendarmes évacuent les grévistes

    En conflit social (avec FO) depuis plus de quatre mois avec la direction d’Eurenco pour, entre autres, des augmentations salariales, une dizaine de militants du syndicat, qui manifestaient contre le licenciement d’un salarié syndiqué, ont été évacués de l’entrée du site ce mercredi 20 mai par des gendarmes vers 17h après avoir été contactés par la direction de l’entreprise, pour laisser entrer des camions devant les livrer. La section vauclusienne du syndicat et sa secrétaire générale, Laurence de Villèle, dénoncent dans un communiqué ce jeudi 21 mai « une répression syndicale inacceptable ainsi qu’une atteinte au droit de grève ».

    Alors que la préfecture de Vaucluse assure que des camions, en attente depuis 7h du matin, « transportaient des matières dangereuses qui devaient impérativement entrer sur le site », la CGT condamne cette décision « instrumentalisée par la direction d’Eurenco, décomplexée face à des travailleuses et travailleurs qui luttent pour des augmentations de salaires et contre la criminalisation de l’action syndicale ».

    Une lettre ouverte au préfet a également été adressée ce 21 mai. Tout en dénonçant des décisions de l’entreprise, comme les sanctions de salariés, comme constituant « une mesure de discrimination et de répression syndicale », elle regrette le manque d’échanges avec la préfecture. « Nous constatons avec colère qu’alors que le patronat semble bénéficier d’une écoute attentive des services de l’État, l’Union départementale CGT de Vaucluse n’a, pour sa part, jamais été reçue par vos services malgré de multiples demandes de rendez-vous restées sans réponse », pointe le syndicat dans sa lettre ouverte. Et estime que le rôle de l’État « ne peut être de soutenir implicitement des pratiques antisyndicales ni de participer à la répression d’un mouvement social légitime ».