Tag: Politique

  • Le label controversé adressé à la bénédiction des calissons inquiète

    Le label controversé adressé à la bénédiction des calissons inquiète

    Ce premier dimanche de septembre, la cérémonie de bénédiction des calissons célébrera sa douceur à base d’amande, à l’occasion d’une grande fête. Organisée par l’association Excalisson, la journée de bénédiction des calissons promet un programme chargé. Mais en coulisses, un tabou pèse. Récemment, la fête provençale, a été labellisée Plus belle fête de France. L’association éponyme, créée en 2024, se « fait un porte-parole du patrimoine culturel immatériel ». Et fait couler de l’encre. L’association est en partie financée par le milliardaire d’extrême droite Pierre-Édouard Stérin (voir notre édition du 16 août), d’après les révélations de L’Humanité, en juillet dernier. Dans un communiqué de presse paru le 7 août, l’association explique être « victime d’articles de presse calomnieux et imprécis remettant en cause son caractère apolitique » et nous affirmait que « Monsieur Stérin n’est pas membre de l’association, et l’association ne lui rend aucun compte ». Inquiet, le Collectif anti-extrême droite aixois organisera une opération de tractage et de sensibilisation ce dimanche, en parallèle des festivités. Composé de plusieurs partis de gauche et syndicats et associations humanitaires, le Collectif précise ne pas souhaiter « attaquer » la fête, ni l’association organisatrice, mais alerter sur le « projet idéologique et politique » de Pierre-Édouard Stérin. « On n’en fera pas plus. On est obligés de relier ça à bien d’autres choses, au fait qu’il s’infiltre de partout de façon plus ou moins insidieuse », précise Philippe Sénégas, coprésident de la Ligue des Droits de l’Homme, prenant pour exemple plusieurs fêtes locales. « La bénédiction des calissons est organisée par une association indépendante, explique de son côté la municipalité. La Ville n’est donc pas à l’origine et n’a aucun lien avec la démarche d’obtention du label “Les Plus Belles Fêtes de France”. » Sollicitée, l’organisation Excalisson n’a pas pu nous répondre.

  • « La scène est une tribune super puissante »

    « La scène est une tribune super puissante »

    La Marseillaise : Vous avez démarré l’aventure Terrenoire en 2017. Depuis, un EP, deux albums et une Victoire de la Musique de la révélation masculine de l’année en 2022. Comment expliquez-vous ce succès ?

    Terrenoire : Le fait qu’on travaille entre frères, permet d’avancer avec plus de sérénité. Le déplacement de Saint-Étienne vers Paris nous a aussi permis de nous professionnaliser, de nouer des accroches avec l’industrie musicale. Et puis on voulait que ça marche, vivre de notre métier. On a gravi les échelons petit à petit, pris du plaisir à travers ce travail, en se disant que la musique est un métier d’artisanat, et qu’il fallait travailler le geste, la structuration, l’entourage, tout ce qu’il y a autour, au même titre que la musique elle-même.

    Votre musique, à la croisée des chemins entre la pop, l’électro, la variété et la musique urbaine, est assez inclassable. Comment la définiriez-vous ?

    Terrenoire : En 7 ans c’est une question à laquelle on n’a pas encore répondu ! Ce qui est sûr, c’est qu’on fait des chansons, puisqu’on a du texte et de la mélodie. Il y a plein de références aux musiques de film, instrumentales, des musiques très impressionnistes que Théo [qui s’occupe de la production, Raphaël du chant, Ndlr] va apporter avec sa sensibilité. On a des influences variées, parmi lesquelles Frank Ocean, Blood Orange… On a des textes un peu bizarres mais on aime que ce soit assez percutant, concret, que ça s’adresse directement à l’oreille. Il y a un lien entre cet aspect très concret, immédiat, et à la fois une sophistication artistique qui fait qu’on passe beaucoup de temps en studio. On essaye d’être accessible en gardant du mystère.

    Après l’EP « Terrenoire » en 2018, l’album « Les Forces contraires » en 2020, vous avez sorti votre troisième album, « Protégé.e », en 2025. Qu’avez-vous voulu évoquer avec cet album ?

    Terrenoire : C’est un album qui se veut préoccupé par l’état du monde. C’est un peu un sismographe : prendre le pouls de l’époque, sentir ce qui était là quand on l’a écrit, ce qui allait advenir politiquement, sociétalement et intimement. De nouvelles choses changent l’état du monde tous les trois mois. L’idée était d’avoir un album qui ait des sortes d’antennes pour sentir cela. Le titre évoque l’idée de protéger, que la musique protège. Et à la fois, sentir qu’il y a un autre type de protection, comme si les nations se refermaient sur elles-mêmes. Il y a un jeu d’ambivalence dans ce titre. On a essayé d’y mettre plein de choses différentes : de la joie, de la légèreté, du souci… C’est à travers cette tension qu’on fabrique nos chansons.

    Il y a des morceaux à la tonalité politique assumée, tels que « Le fou dans la voiture », qui parle des dérives droitières du président Macron. Vous avez aussi entonné des chants antifascistes lors de plusieurs concerts. Cet engagement a-t-il toujours fait partie de votre œuvre ?

    Terrenoire : Les chants, ce sont les gens qui les font naturellement. C’est la magie des réseaux sociaux, sur lesquels ils ont vu que ces chants avaient été entonnés lors d’un de nos concerts à Paris. Ils deviennent des moyens de se donner de la force, de rester concernés par ces choses qui nous inquiètent. Sur notre premier EP, il y avait un titre qui s’appelait Allons là-bas, qui traitait d’une sorte d’impuissance masculine, et qui se dirigeait vers Bachar Al-Assad. C’était plus à distance par rapport au Fou dans la voiture. On a pris ce tournant par rapport au sentiment d’urgence. L’accélération des idées xénophobes s’observe à travers le monde. On revient à des temps qu’on pensait derrière nous. Dire clairement les choses, c’est une manière de se relier aux gens, de leur dire qu’ils ne sont pas seuls à penser ça. Qu’on ne va pas avoir peur. La scène a ce pouvoir-là, c’est une tribune super puissante. Ça nous permet de sortir de cette neutralité dans laquelle on met les artistes, qu’on trouve très étrange, et de se rapprocher d’autres artistes, car on a besoin de ces réseaux de solidarité.

    Pour la tournée de ce dernier album, vous réalisez des médiations culturelles avec les populations locales. En quoi cela consiste ?

    Terrenoire : L’idée était de casser le sens de la tournée qui s’est industrialisée et fait partie d’un business. On le fait car c’était difficile de se connecter au public, de profiter de la richesse immense que peut être le voyage. Cette idée de médiation culturelle vient d’ici : rencontrer les gens, mettre en valeur la singularité d’un territoire. On le fait à travers des exercices d’écriture, de la chorale… On arrive en début de semaine, on travaille avec les écoles, les centres sociaux, les seniors, pour créer des choses ensemble. Et le jour du concert, on fait une restitution sur scène avec les participants. On ne pourra pas reproduire l’expérience à Marseille cette année, mais c’est ici, au festival « Avec le Temps », que l’artiste Fred Nevché nous y a initiés l’année dernière. On avait monté un spectacle avec des enfants d’une école primaire du quartier de la Busserine.

    Justement, que représente pour vous cette ville de Marseille ?

    Terrenoire : C’est assez similaire à Saint-Étienne. Le foot y est la religion. Ce sont des villes populaires avec beaucoup d’immigration, un sens commun de l’hospitalité. On y a passé beaucoup de temps, on la connaît bien, on y a beaucoup d’amis et on s’y sent bien. C’est une ville singulière, véritable, ce n’est pas Paris ! Ça fait du bien d’y aller, ça va être un super concert.

  • La Ciotat nous rassemble fait sa rentrée politique

    La Ciotat nous rassemble fait sa rentrée politique

    Samedi 6 septembre à 18h30 au cercle de La Renaissance, au 1er étage du café de la Renaissance, avenue Gallieni (près de la Poste), La Ciotat nous rassemble, collectif issu d’une liste de rassemblement de la gauche, écologiste et citoyenne, fait sa rentrée politique. Au programme, «les sujets locaux dans le contexte national et international».

    L’occasion de se retrouver, échanger et débattre dans la convivialité autour des grands défis de notre Ville. Aux cotés de nos élus municipaux Karim Ghendouf, Mariann Chrétien et de toute notre équipe de femmes et d’hommes engagé-e-s pour La Ciotat.

    Concert de Lebast, jeune rappeur ciotaden de 22 ans.

    Rendez-vous ouvert à tous.

  • « Aucun casting macroniste ne pourra enrayer cette crise de régime »

    « Aucun casting macroniste ne pourra enrayer cette crise de régime »

    La Marseillaise : Quel regard portez-vous sur cette plongée dans l’inconnu orchestrée par la décision du Premier ministre ?

    Jérémy Bacchi : On a une rentrée qui s’annonce dense du point de vue institutionnel dans notre pays. Le Premier ministre a fait le choix de s’exposer à un vote de confiance qui peut conduire à son départ le jour même. Il essaie de soigner sa sortie en partant par la grande porte plutôt que par la fenêtre. Or c’est un changement d’orientation politique qui doit s’opérer, pas de casting. Si le budget reste le même, la réponse politique sera la même. Ce qui arrive à François Bayrou est ce qui est arrivé à Michel Barnier. En réalité, on est en train de passer d’une crise politique à une crise de régime qu’aucun nouveau casting macroniste ne pourra enrayer.

    Quelle issue peut-on envisager face à cette crise profonde ?

    J.B. : Les institutions vieillissantes de la Ve République ne sont plus en capacité de gérer la situation. Il s’agit donc de penser à une VIe République avec un renouvellement des institutions. Les communistes sont prêts à faire des propositions. Mais pour obtenir un progrès social, il faut qu’il soit porté par une mobilisation populaire de grande ampleur. C’est pour ça que je salue le haut niveau de responsabilité des organisations qui appellent à la mobilisation ainsi que la large majorité des citoyens de ce pays qui exprime un soutien à ce mouvement porteur de changement.

    On l’a vu durant les derniers mouvements, la frontière entre politique et social est pourtant difficile à franchir. Comment s’y prendre ?

    J.B. : Le ras-le-bol est suffisamment important aujourd’hui pour que tout ce qui cloisonnait encore hier, pour que ces clivages savamment entretenus, puissent voler en éclats afin de laisser place à une véritable convergence. L’urgence sociale a fait évoluer les mentalités des uns et des autres vers un besoin d’unité plus grand. C’est ce à quoi les communistes entendent travailler dans les prochaines semaines.

    Qu’est-ce qui formera l’ordre du jour de la rentrée des communistes ?

    J.B. : En ce qui concerne la rentrée parlementaire, et qui a été avancée au 8, si Bayrou tombe, les travaux seront avortés. Il nous faudra un nouvel agenda pour faire le point sur l’après Bayrou… Quant à celle des communistes du département, c’est un temps fort où il s’agit de tracer une feuille de route avec l’urgence sociale, ce calendrier des manifestations où nous avons toute notre place. Il y a également tous les enjeux municipaux qui seront présentés car nous sommes à huit mois des élections. Nous devons travailler à créer des majorités de gauche. Nous aborderons également tous les sujets liés à l’économie locale, l’énergie, l’industrie, le port…

    Assemblée de rentrée du PCF 13, jeudi 4 septembre à 18h30 à la Maison des communistes, 280, rue de Lyon dans
    le 15
    e arrondissement de Marseille.

  • Le 10 septembre, premier acte pour dire « non au budget »

    Le 10 septembre, premier acte pour dire « non au budget »

    « C’est toujours les mêmes qui crachent au bassinet », épingle Maurice Marsiglia. Retraité, syndiqué à la CGT, il compte parmi ceux qui ont décidé d’emboîter le pas à l’appel du 10 septembre sur les réseaux sociaux, sous le mot d’ordre « Bloquons tout ». « Le mouvement est très informel. On ne sait pas trop d’où c’est parti. Mais il me semble important d’envoyer un message pour dire qu’on n’est pas d’accord avec les orientations politiques du gouvernement », poursuit-il.

    « Ne pas laisser passer le train »

    Alors que le Premier ministre François Bayrou veut mettre la France au régime sec et économiser 44 milliards d’euros sur le budget 2026, le cégétiste relève : « La quasi-totalité des mesures pèsent sur les gens qui n’ont déjà pas les moyens de vivre correctement… Par exemple les chômeurs, qui vont encore voir leur assurance chômage se dégrader. François Bayrou annonce qu’il va geler les pensions de retraite. S’en prendre aux services publics, alors que ce sont les gens les moins aisés qui en ont besoin… »

    Pour Clémentine Fardoux, insoumise suspendue de son parti pour avoir rallié le mouvement Aubagne en commun pour les municipales, qui relaie et participe elle aussi à la préparation du 10 septembre, « le gouvernement met en avant les fraudes sociales, or si le budget est déséquilibré, c’est parce que des milliards d’euros sont donnés aux grandes entreprises sans contrepartie. Il faudrait qu’il y ait une justice fiscale. Le mécontentement est grand dans la société et la population, le 10 septembre, veut dire ça suffit ! » Sur le 10 septembre, la conseillère municipale d’opposition (RGE) explique : « Les gens de sensibilité de gauche n’ont pas envie de laisser passer le train. Bien sûr, on sera attentif à ce que ce mouvement ne soit pas réactionnaire, comme a pu l’être parfois celui des Gilets jaunes. » Elle embraye : « Je rêve d’un 10 septembre où il y ait un rassemblement sur chaque place de village. » Mais le 10 a sa place auprès du 18 septembre, date décidée par l’intersyndicale pour grève et manifs, exposent Maurice Marsiglia et Clémentine Fardoux. « C’est le foisonnement des initiatives, citoyennes, syndicales, politiques qui peuvent faire entendre nos revendications », lance Clémentine Fardoux. Quant à l’interview donnée par le Premier ministre Bayrou dimanche, Maurice Marsiglia réagit : « Il est toujours dans sa position de faire peur aux gens. Il a ouvert très peu de portes pour la négociation. Sauf sur les jours fériés. Pour moi, c’est un hochet. C’est la seule proposition sur laquelle il pourrait bouger… »

  • L’élu d’opposition LR Robin Prétot entre en campagne

    L’élu d’opposition LR Robin Prétot entre en campagne

    C’est au Pub de l’Europe, à deux pas de l’ancien hôtel de ville d’Istres, que Robin Prétot a souhaité rencontrer la presse pour officialiser sa candidature lors des prochaines élections municipales des 15 et 22 mars 2026. Un lieu « symbolique » pour le conseiller municipal d’opposition (LR) : « C’est un peu à l’image du message de notre campagne qui est “Istres de toute son âme”. Je considère que c’est tout le symbole de notre engagement et de tous nos maux. On est une ville qui tourne un peu le dos à son histoire, à son patrimoine, à son identité provençale. Aujourd’hui on en est à une municipalité qui pour un euro symbolique va vendre un mastodonte administratif. »

    À 35 ans, le militaire de formation veut incarner le « renouveau » de la classe politique face à François Bernardini (PS), conseiller municipal depuis 1977 passé maire en 2001, et redonner « ce sentiment d’appartenance » et cette « fierté d’être istréen » aux habitants. Sans annoncer son programme, qu’il dévoilera le 20 septembre lors de son meeting de lancement de campagne, le candidat identifie quatre priorités stratégiques : l’attractivité et le dynamisme du centre-ville, le ralentissement de l’urbanisation, la santé et la tranquillité publique.

    Une liste qui « ressemble aux Istréens »

    Parmi la liste qu’il mènera, ses deux collègues du groupe municipal « Istres audacieuse », Jocelyn Planelles et Michèle Leban. « Je ne veux surtout pas rentrer dans une logique de collections d’étiquettes politiques ou de club d’opposants », affirme Robin Prétot, tout en assurant néanmoins ne pas compter travailler avec le Rassemblement national.

    « François Bernardini n’est, aux dernières nouvelles, plus candidat, poursuit-il. C’est en tout cas l’engagement qu’il avait pris en 2020. Donc ma question c’est comment on construit la ville après. Il faut la construire avec de nouvelles personnes et qu’on crée donc une liste qui ressemble aux Istréens, avec toutes les générations, tous les métiers, tous les quartiers représentés. »

  • Le couple Macron-Merz parle d’une seule et même voix

    Le couple Macron-Merz parle d’une seule et même voix

    Dans un contexte international très tendu et avec un des deux gouvernements en sursis, le couple franco-allemand a tenu à montrer vendredi, au terme d’un Conseil des ministres commun qui s’est déroulé dans le salon de la résidence du préfet maritime, une image d’unité. Seul l’avenir nous dira, assez vite d’ailleurs, si elle n’était que de façade ou si la machine vient réellement de redémarrer.

    Pour booster cette image, la volonté exprimée a été celle de bâtir de concert une vingtaine de projets phares. Une stratégie présentée comme profitable, bien sûr, aux deux économies. Et cela autant au niveau de l’industrie, de la recherche que de la défense.

    En matière d’énergie, par exemple, il a été en mis en avant « une avancée majeure ». Avec pour ambition de « diminuer les coûts, garantir la sécurité d’approvisionnement et atteindre nos objectifs climatiques ».

    La paix à l’agenda

    Emmanuel Macron a également mis en avant, au cours de cette conférence de presse, les efforts pour « parvenir à une paix juste et durable » en Ukraine, au cœur de l’agenda commun.

    « Je le dis avec autant de force et de solidarité après ces derniers jours, où les attaques ont repris avec force et où, à nouveau, des civils ukrainiens ont été touchées », a-t-il insisté, pointant l’écart qu’il existe entre les positions prises, avec les autres dirigeants dans les sommets internationaux, par le Président Poutine et la réalité sur le terrain. Et de poursuivre, au cas où les engagements du président russe ne seraient pas tenus : « Nous continuerons d’exercer des pressions pour que des sanctions supplémentaires soient prises par nous-mêmes ainsi que par les États-Unis d’Amérique. »

    Concernant la situation au Proche-Orient, le chef de l’État a condamné « le désastre humain dans la bande de Gaza » qualifié d’« intolérable ». « L’état de famine qui a été déclaré par les Nations unies est très clairement le résultat du blocage de l’aide humanitaire », a-t-il souligné, en appelant en urgence à l’arrêt des combats et à l’ouverture des accès humanitaires et de l’aide aux populations civiles. Mais, aussi, à construire « un chemin de paix, un chemin politique de discussion avec toutes les parties ». Une solution politique, insiste-t-il, « pour une paix durable pour les Israéliens comme pour les Palestiniens ». Bien sûr dans le cadre d’une solution à deux états.

    Parmi les solutions à court terme, il a salué « la décision très courageuse du chancelier de cesser toute exportation d’armements susceptibles d’être utilisées à Gaza ».

    Au sujet des solutions « pour augmenter la compétitivité de l’Europe », ambition partagée par Emmanuel Macron et Friedrich Merz, les recettes apportées, sans surprise, reposent une nouvelle fois sur une baisse des charges pour les entreprises, ainsi que sur une « synchronisation de l’agenda économique et social », une notion encore floue dans ses applications concrètes.

    Pas de démission

    Interrogé sur la barre franchie des 3 millions de chômeurs en Allemagne, le chancelier a brandi le sempiternel remède libéral : « Il faut réformer le marché du travail ». Sur ce point aussi, les deux dirigeants parlent d’une même voix, au risque d’inquiéter les syndicats et les salariés des deux côtés du Rhin.

    Titillé sur la crise politique que traverse notre pays et sur la chute annoncée du gouvernement, le Président français a affirmé que, quoi qu’il advienne, il ne démissionnerait pas. Un mandat qu’il entend « exercer jusqu’à son terme ».

  • Jean-Pierre Squillari a dévoilé sa vision pour la ville

    Jean-Pierre Squillari a dévoilé sa vision pour la ville

    Au quartier La Tourtelle, le Parc des Trois Diamants n’a pas été choisi par hasard pour l’apéro de rentrée de Jean-Pierre Squillari.

    Alors que le maire (LR) Gérard Gazay « veut céder dans des conditions très spéciales (…)» ce lieu, « pour une fois de plus supprimer un espace de respiration et faire couler le béton » ; « ici même, nous affirmons une autre vision pour notre ville », a amorcé la tête de liste d’Aubagne en commun. Dans le public, pas mal de visages des collectifs de l’Aubagne béton tour, qui, depuis janvier 2024, dénoncent chaque mois les programmes immobiliers qui selon eux défigurent la ville au profit de gens aisés.

    Peu après, et pour la première fois depuis qu’Aubagne en commun est né, il y a six mois, Jean-Pierre Squillari, qui a depuis sillonné les quartiers de la ville à la rencontre de ses habitants ; a lancé : « Réparer, respirer, protéger : voilà le fil rouge de notre programme municipal. Une ville qui s’adapte enfin au changement climatique, qui protège ses habitants des risques climatiques qui nous menacent, une ville dotée d’une véritable police municipale de proximité, une ville où il fait bon vivre grâce à des services publics efficaces, et où chacun, quelle que soit son origine, ou son quartier, peut accéder aux services publics, au sport, à la culture et aux loisirs. » Il a dévoilé quelques mesures phares qui seront, jusqu’en novembre, mises en débat avec la population : par exemple, la création « d’un grand parc urbain au Bras d’Or, reliant le parc de la Botte, avec une piscine de plein air rénovée. Un vrai poumon vert, un lieu de loisirs et de fraîcheur pour toute la ville ». Mais aussi « une halle de vie et de marchés de producteurs, pour redonner vie à notre centre-ville et servir de locomotive au commerce local ». Sans oublier « des écoles publiques où il fait bon apprendre ».

    « La force du collectif »

    L’ex-chef du centre de secours d’Aubagne, lui-même enfant d’Aubagne, a exprimé pourquoi selon lui, « nous avons la responsabilité de transformer l’espoir », né avec Aubagne en commun, « en victoire ». « Nous avons besoin de ce rassemblement pour mettre fin à la longue période de déclin sous Gazay, et pour empêcher le poison de l’extrême droite de s’installer dans notre ville. Car eux ne feraient qu’attiser les divisions, opposer les Aubagnais entre eux, quartier contre quartier. Nous voulons tout l’inverse : une ville qui rassemble, qui protège, qui accompagne », a-t-il revendiqué. Il a également salué les partis politiques qui ont rallié Aubagne en commun : le PS, le PCF, Place Publique, Génération. s, les Écologistes. « Je n’ai jamais adhéré à un parti politique », a reconnu Jean-Pierre Squillari. « Mais je sais, pour le vivre depuis trois ans, la force de l’action collective citoyenne. Je sais qu’à Aubagne, les mobilisations citoyennes ont déjà fait reculer le maire sur ses projets les plus nuisibles. Et je sais que ce rassemblement inédit peut changer l’histoire de notre ville », a-t-il appuyé, avant d’être généreusement applaudi.

  • Municipales à Aubagne : Jean-Pierre Squillari veut rassembler la gauche contre le bétonnage de la ville

    Municipales à Aubagne : Jean-Pierre Squillari veut rassembler la gauche contre le bétonnage de la ville

    La Marseillaise : Vous organisez, ce 27 août, un apéro de rentrée. Ce rendez-vous marque-t-il une accélération dans votre campagne pour les municipales ?

    Jean-Pierre Squillari : Cet apéro convivial, à partir de 17h au Parc des Trois Diamants à La Tourtelle, où chacun amène ce qu’il veut, va marquer la reprise de ce que nous avons entrepris depuis mes vœux. Bien entendu, je vais dire deux mots, peut-être trois en préambule, pour remobiliser les gens après les deux mois de congé, bien que, pendant ces vacances, je n’ai pas été inactif. L’autre réunion importante aura lieu à l’occasion de l’assemblée plénière d’Aubagne en commun, le 9 septembre à 18h au Cercle de l’Harmonie, cours Beaumond. Il est sûr qu’il y aura une accélération, étant donné que nous sommes à huit mois de l’échéance électorale.

    Pouvez-vous rappeler quelles forces politiques ont rejoint Aubagne en commun ?

    J-P S : En dehors de l’équipe citoyenne qui compose 50% de la liste globale, nous avons les écologistes depuis le début, Place publique avec Christophe Albertini, le PCF depuis juillet, le PS, puisqu’Arthur Salone, délégué départemental, nous rejoint dans le projet.

    LFI, par contre, a fait savoir qu’elle n’en serait pas. Un commentaire ?

    J-P S : Chacun est libre de faire ce qu’il veut. Mais il y a des Insoumis à Aubagne en commun. Ils ont été mis de côté de leur parti pour cela.

    Depuis mars, vous sillonnez les quartiers. Où êtes-vous allé ?

    J-P S : J’ai sillonné la campagne aubagnaise et le centre-ville d’Aubagne. Je suis allé dans toutes les écoles élémentaires des quartiers et j’ai rencontré les parents.

    Quelles sont les principales préoccupations des habitants d’Aubagne concernant leur vie quotidienne ?

    J-P S : Dans toutes les écoles, les mamans ou les papas se plaignent de ne pas pouvoir amener leur enfant dans des parcs ou dans des jardins, qui diminuent comme peau de chagrin. Ils sont obligés d’aller à Gémenos, à Carnoux, à La Ciotat ou à Marseille. Le square Henri-Barbusse, par exemple, n’existe plus. On construit des bâtiments à la place… Aux Défensions, il y avait un square, maintenant le tram y passe… Ensuite, les gens se plaignent de la culture, qui est abandonnée. Les festivals ont disparu. Alors, c’est vrai que ces deux derniers mois d’été, juste avant les élections, la municipalité a fait des manifestations tous les vendredis soir. Mais, pendant des années, il y en a eu très peu. Les gens se plaignent aussi beaucoup de la désertification du centre-ville, de la fermeturedes commerces. De la spéculation foncière, du béton. Ils voient leur ville se bétoniser, vendue au privé par le maire (LR) Gérard Gazay, comme le stade Mouren pour faire des stades de padel et des petits bassins de nage. Moi, je dis : on vend les bijoux de famille !

    Vous parle-t-on des problèmes de logement ?

    J-P S : Oui. Parce que les opérations de bétonnage, c’est surtout pour des personnes aisées. Et puis on se rend compte que deux logements sur trois sont achetés ou loués par des non-Aubagnais. J’ai rencontré pas mal de gens qui me disent : « On n’a pas les moyens de se loger ». C’est un problème qu’on doit prendre à bras-le-corps. On s’y attelle.

    Quel a été le déclic pour vous investir dans cette campagne ?

    J-P S : L’amour de ma ville. Avant de construire, il va falloir réparer. Ce qui me meurtrit le plus, c’est que je m’aperçois qu’Aubagne devient une ville-dortoir. On est le 17e arrondissement de Marseille pratiquement, et ça fait mal.