Tag: Politique

  • Narcotrafic : Erilia veut expulser « pour l’exemple » à Marseille

    Narcotrafic : Erilia veut expulser « pour l’exemple » à Marseille

    Sur injonction du préfet, le bailleur social Erilia a plaidé, vendredi, devant le tribunal de proximité de Marseille, pour la résiliation du bail de deux familles de la cité de la Castellane (16e) en invoquant la condamnation d’un des enfants pour trafic de stupéfiants. Erilia est le premier bailleur social, à Marseille, à activer ce nouveau modèle d’expulsion, instauré par la loi contre le narcotrafic du 13 juin 2025 et laissé à la discrétion des préfets.

    Plusieurs conditions doivent être réunies : des « agissements » en lien avec le trafic de stupéfiants qui troublent l’ordre public de « manière grave ou répétée » et perturbent la jouissance paisible « aux abords du logement ou dans le même ensemble immobilier », ou des « comportements » qui portent « atteinte aux équipements collectifs utilisés par les résidents, à la sécurité des personnes ou à leur liberté d’aller et venir ».

    Partenaires d’expulsions en « circuit court »

    En dialogue avec la préfète de police déléguée, le tribunal judiciaire de Marseille a instauré un « circuit court » pour prioriser et accélérer ces expulsions déjà dérogatoires au droit commun. Erilia demande ainsi l’expulsion d’une mère et de ses enfants de 17 ans, 23 ans et 25 ans pour les agissements de Chamsedine, 21 ans. Le bailleur invoque une décision qu’il ne produit pas, selon laquelle il a été condamné, il y a six mois, à 18 mois de prison dont 9 avec sursis pour trafic de stupéfiants.

    Présent à l’audience, le bailleur social est au garde-à-vous. « Erilia a répondu positivement au préfet car elle est soucieuse de participer activement à la politique publique de la lutte contre les trafics. Cette loi a un côté moralisateur, c’est vrai, mais le législateur l’a voulu ainsi », plaide son avocat, Me Janis Leclanche. Elle rappelle « la violence extrême du narcotrafic avec 85 morts en 2023 dont 49 à Marseille », « le climat insoutenable qu’il fait peser sur les habitants ». Erilia affirme sur la foi d’un compte rendu d’enquête que le jeune a été arrêté avec deux individus déjà condamnés dans un véhicule quittant la cité avec 1,2 kg de résine de cannabis et 630 gr de cocaïne à bord. Que Chamsedine s’était proposé d’aller « travailler en bas » comme « ravitailleur » du réseau pour « rembourser une dette ». Pour Erilia, « le titulaire du bail est responsable des troubles des occupants habituels de son logement ». « Peut-être est-ce sévère, mais il faut des exemples. Peut-être s’agit-il d’une petite main, mais s’il n’y avait pas de petites mains, il n’y aurait plus de trafic. »

    « Vous, magistrats, gardez votre pouvoir d’appréciation ! » insiste Me Marilou Poisot pour la famille menacée qui n’a tiré aucun profit du trafic. Leur logement n’est pas en cause. Ce n’est pas un appartement nourrice. Le fils majeur vit désormais chez un oncle. Il serait disproportionné d’expulser une mère et ses trois enfants scolarisés, dont une mineure, et qui a toujours payé ses loyers. « Cette loi a un caractère moralisateur qui revient à dire qu’elle a mal éduqué son enfant. Cela heurte les principes du droit au logement, du droit au respect de la vie privée, de l’intérêt supérieur des enfants. C’est la porte ouverte à l’expulsion de familles entières. » Assise dans la salle, la maman pleure. Sa santé s’est dégradée. Toute la famille vit dans le stress de se retrouver sans toit.

    Le second dossier, toujours de la cité de la Castellane, vise un couple avec quatre enfants, dont deux mineurs. Erilia invoque, sans en rapporter la preuve, l’existence de trois
    condamnations en 2025 pour trafic de stupéfiants de Mouhamadi, le fils de 22 ans, à une peine de travail d’intérêt général, et pour sa dernière en septembre à deux ans de prison, dont un avec sursis et à l’interdiction de paraître à la Castellane. « Il y a de grandes chances qu’il récidive s’il reste chez ses parents et il semble bien être un acteur à part entière de ce trafic », suppute le bailleur.

    « Erilia est sous la coupe d’un préfet sous pression, dénonce Me Sofien Dridi. Leur fils ne vit plus chez eux depuis octobre 2024 et on vous demande avec une célérité exceptionnelle l’expulsion de gens qui n’ont rien commis, aucun trouble de voisinage, qui ont toujours payé leur loyer. C’est mettre à la rue une famille qui ne vit qu’avec les 1 600 euros du travail du père. » Dénonçant une procédure abusive, il réclame d’Erilia 1 000 euros pour chacun des membres de la famille et autant en préjudice moral.

    Délibéré le 19 mai.

  • L’équipe de « Reillanne en commun » échange avec les habitants

    L’équipe de « Reillanne en commun » échange avec les habitants

    L’occasion pour la candidate Simone Chagniard-Marand (DVG) de présenter ses colistiers et de revenir sur les grandes lignes du programme portées lors de cette campagne municipale. « Notre projet vise à faire de Reillanne un espace de rencontres, de solidarité et de transmission, en nous appuyant sur la diversité de ses habitantes et habitants et sur le lien intergénérationnel. Nous souhaitons une commune qui protège ses ressources, soutient ses acteurs locaux et prépare l’avenir en conjuguant écologie et qualité de vie », détaille la liste sur son site internet.

  • Dans les Hautes-Alpes, Jean-Marie Bernard soutient ses troupes

    Dans les Hautes-Alpes, Jean-Marie Bernard soutient ses troupes

    « Je tiens à apporter tout mon soutien aux membres de mon équipe départementale candidats aux élections municipales », pouvait-on lire sur le communiqué de la présidence des Hautes-Alpes, paru ce vendredi 6 mars. Parmi les vingt conseillers Les Républicains qui siègent au sein de la majorité au conseil départemental, aux côtés de Jean-Marie Bernard, vingt se lancent dans la bataille des municipales. Parmi eux, six sont têtes de liste : Arnaud Murgia à Briançon, Valérie Garcin Eyméoud à Molines-en-Queyras, Marcel Cannat à Réotier, Christian Hubaud à Pelleautier, Françoise Pinet à Aspres-sur-Buëch et enfin Gérard Tenoux à Valdoule.

    Six têtes de liste

    Le président du Département n’a pas manqué de leur adresser ses encouragements, ni de rappeler « l’échéance particulièrement importante » de ces élections en raison de la préparation des Jeux olympiques d’hiver dans 4 ans : « Un projet ambitieux de territoire, qui trouvera son apogée en 2030 et dont la portée ira bien au-delà. » Reste à savoir si ce soutien pèsera dans la balance pour les protégés de Jean-Marie Bernard ? Réponse dans les urnes les 15 et 22 mars.

  • Aloïs Eymard, figure montante de la gauche à Embrun

    Aloïs Eymard, figure montante de la gauche à Embrun

    Agé de 32 ans, Aloïs Eymard est secrétaire de la section embrunaise du Parti communiste français et travailleur saisonnier « dans la restauration principalement ». Ce trentenaire occupe la deuxième place sur la Liste d’union de la gauche « Uni.e.s pour demain », menée par Martina Sandri à Embrun.

    Une position qui reflète autant son engagement politique que la confiance que lui accordent les composantes de cette liste rassemblant communistes, écologistes, socialistes et un collectif citoyen. « On a décidé, par un vote démocratique, que Martine porterait notre rassemblement. Ensuite, les places dans la liste se sont faites naturellement, au vu de l’implication de chacun. Je suis très honoré d’être deuxième. »

    Même s’il n’a pas encore occupé de mandat, Aloïs Eymard se dit conscient de l’importance de ce scrutin : « En 2020, il n’y avait pas de liste unie à gauche. Ces derniers mois, de nombreux habitants nous interpellaient pour demander une liste de gauche. Les politiques nationales restent hors du débat local. Nous proposons une alternative à la majorité de droite en place depuis 25 ans. »

    Né à Embrun, Aloïs Eymard est revenu s’installer dans cette commune d’environ 6 500 habitants. Son parcours a forgé son engagement : « Les conditions de travail, en tant que saisonnier, sont difficiles. Se loger est une horreur en station. Le droit des travailleurs n’est pas bien respecté. Je me suis intéressé à la politique lors de mes études à Aix, pour un Diplôme d’accès aux études universitaires, où j’ai rencontré les JC [Jeunes communistes]. »

    Pour cette campagne municipale à Embrun, Aloïs Eymard, met en avant « la démocratie participative, l’accès au logement, notamment social, et la mobilité ».

  • À Morières, la liste d’union de la gauche épingle le bilan du maire RN

    À Morières, la liste d’union de la gauche épingle le bilan du maire RN

    L’équipe progressiste, qui a mené campagne en fin de semaine dernière pour échanger avec les habitants à la résidence Paul-Aymard, évoque « un écart important entre les promesses de 2020 et la réalité » et l’absence de dispositifs de participation citoyenne. Elle critique aussi une sécurité « sans résultats annoncés » et des engagements environnementaux « non tenus ». La liste de gauche accuse enfin le maire de mener « une campagne de diversion », en déplaçant le débat sur des sujets nationaux.

  • Thierry Gontier veut préserver l’identité de Mazaugues

    Thierry Gontier veut préserver l’identité de Mazaugues

    Militant associatif, figure de proue du Collectif anti-carrière de Mazaugues (CACM), Thierry Gontier se lance dans la course à la mairie. Et ses engagements n’y sont pas étrangers : « On est une liste composée de citoyens engagés contre la carrière. Il est temps de faire différemment afin de prendre, avec les Mazauguais, des décisions qui impactent notre quotidien et celui de nos enfants. »

    Celui qui n’avait encore jamais fait de politique entend « préserver la qualité de vie » : « Il y a beaucoup à faire : réfléchir à un développement cohérent, ne pas priver les générations futures de nos ressources et qualité de vie, en portant une vision à long terme, pas que sur six ans. » Thierry Gontier ne souhaite pas se précipiter et prévoit un audit « pour voir où en sont les dossiers », notamment sur le « réseau d’eau, obsolète » : « On ne pourra pas prendre des décisions directement. Ce qu’on veut faire n’a pas été fait avant, c’est-à-dire travailler en transparence, tenir les Mazaugauias informés des décisions, voire les prendre avec eux. »

    « Changer de cap »

    À ses côtés, ses colistiers de « Mazaugues Ensemble » (SE) revendiquent « des âges (18-70 ans), parcours et sensibilités différents. Même si certains ont leurs idées, le but est de travailler pour Mazaugues, sans couleur politique ». « La commune va perdre son identité. Il faut changer de cap, ne pas l’empêcher de se développer, mais réfléchir aux conséquences en tenant compte de ses moyens, en accueillant des projets agricoles, touristiques, plutôt qu’industriels ou urbanistiques », propose-t-il.

  • Naziha Boulassel, la voix des quartiers populaires à Toulon

    Naziha Boulassel, la voix des quartiers populaires à Toulon

    C’est au départ comme cofondatrice du collectif Beaucaire, du nom de ce quartier populaire de l’ouest de Toulon, que nous l’avions rencontrée. La profondeur et la structuration de son discours de classe laissaient déjà entrevoir un engagement plus affirmé.

    La jeune femme, mère de trois enfants, vit depuis quinze ans dans ces tours HLM où les assignations à résidence rendent difficile l’accès à l’ascenseur social, de toute façon bien souvent en panne par ici.

    Naziha Boulassel est très vite convaincue de la nécessité de faire valoir ses droits et ceux de toutes les personnes partageant son quotidien. Elle s’oriente donc vers des études de juriste et, après avoir obtenu un master 1 en droit privé, s’engage dans le monde associatif. Puis, face à la difficulté de trouver un emploi pérenne, elle passe un CAP Petite Enfance. « C’est un corps de métier passionnant, puisqu’on participe à l’évolution des enfants, ce qui n’est quand même pas rien », confie-t-elle.

    Ce qui ne l’empêche pas d’exercer sa « vocation première » au sein du collectif pour faire prévaloir les droits des locataires et se battre, avec eux, pour une vie digne. « C’est ce qui m’anime réellement », insiste Naziha Boulassel. Une prise de conscience qui va lui faire franchir le pas pour prendre part à cette campagne des municipales. Elle précise : « Plus jeune, j’avais l’impression que tout ça me dépassait un peu, mais à travers le collectif, j’ai pris conscience qu’on était tous politisés d’une certaine façon, sans le savoir. De manière active, puisqu’on avait décidé de mener des actions et d’arrêter de laisser les autres parler et décider à notre place. »

    C’est pourquoi elle s’efforce aujourd’hui de faire comprendre aux habitants qu’ils sont mieux placés que quiconque pour porter leurs propres combats. Elle détaille : « Parce que même avec la meilleure des volontés, lorsqu’elle existe, les politiques ne peuvent pas comprendre notre quotidien. Ils ne savent pas ce que nous subissons. »

    Elle rappelle les multiples impacts du mal-logement, aussi bien sur la scolarité que sur la santé ou l’accès à l’emploi. Naziha Boulassel explique subir elle-même une triple discrimination : comme femme, comme personne d’origine maghrébine et comme habitante d’un quartier populaire. Des freins qui, selon elle, contribuent à ce que « les habitants des quartiers populaires perdent totalement confiance en la politique ». Et de poursuivre : « On espère que cela va changer et c’est ce dont nous sommes porteurss, avec Toulon en commun, mais c’est un travail qui va devoir être mené sur le très long terme. »

    La priorité, insiste-t-elle, « c’est de tout faire pour que les jeunes comprennent qu’ils sont des citoyens à part entière, qu’ils sont l’avenir du pays, et pas seulement des “jeunes des quartiers”. Pour cela, on doit commencer par leur donner la parole ». Elle insiste : « Il faut leur faire comprendre qu’ils ont la possibilité de pouvoir aspirer à autre chose que seulement le trafic, le rap ou le foot. »

    Naziha Boulassel évoque aussi le scepticisme de ses enfants face à son engagement militant. Il l’interroge : « Maman, tu t’intéresses à la politique, mais est-ce que ça va vraiment servir à quelque chose ? » Patiemment, elle essaie donc de leur inculquer que c’est effectivement en se levant de plus en plus nombreux qu’on peut faire advenir le changement. Pas question, en tout cas, pour elle, d’accepter son sort sans se battre.

    Optimiste, Naziha est convaincue que la prise de conscience est à portée de main. Et de conclure : « Je suis consciente que ce changement ne se fera pas d’un claquement de doigts, mais par petits pas. Et si tout le monde s’y met, on peut au final faire de grandes choses avec de petits pas. »

  • Kurdes et communistes marseillais appellent à l’unité

    Kurdes et communistes marseillais appellent à l’unité

    Le Centre démocratique kurde de Marseille (CDKM) a accueilli, samedi, une rencontre publique réunissant des représentants des démocrates kurdes et de la section PCF du 3e arrondissement.

    Un rendez-vous essentiel à quelques jours du 1er tour des municipales pour Salih Azad, porte-parole du Centre démocratique de la communauté kurde : « Il ne s’agit pas d’un scrutin comme les autres car il existe un réel risque RN. C’est le moment de dire “non, pas de pouvoir RN dans ma ville !” ». Il ajoute : « Cette réunion a aussi permis d’évoquer la situation internationale, l’assassinat du droit international en ce moment par les États-Unis et Israël. Cela a commencé par le kidnapping du président vénézuélien et se poursuit en Iran. Le régime des mollahs est sanguinaire, certes, mais la défense des libertés ne doit jamais se faire au détriment des civils. »

    Anthony Gonçalves, chef de file des communistes, en 13e position sur la liste du Printemps marseillais, confie : « Pour nous, communistes, co-organiser cette rencontre est essentiel. Ces élections municipales se déroulent dans un contexte international particulier : la guerre fait rage, le droit international devient fantôme et les impérialismes font rage. Gaza vit sous les bombes, la Cisjordanie subit un colonialisme quotidien et le peuple kurde est encore agressé par le régime syrien radicalisé. Cette situation tendue est le reflet d’une internationale réactionnaire qui trouve aussi une expression ici, à Marseille, avec la progression du RN. »

    Laure Rovera, conseillère d’arrondissements dans les 2-3 et de nouveau candidate, témoigne : « Pendant les six années de la mandature, la représentante du RN n’est venue assister à aucun conseil municipal d’arrondissements. Elle n’a donc pas représenté les électeurs qui avaient pourtant voté pour elle ! »

    Pour contrer l’extrême droite, l’engagement s’impose. « Nous sommes Kurdes, mais aussi Marseillais. Ce qu’il se passe ici nous concerne. » C’est dans ce cadre que plusieurs membres de la communauté kurde sont candidats, sous la bannière du Printemps marseillais : Yahya Güngörmez (67e position), Cigdem Kara (12-13), Berfin Firtina et Amet Yilmaz (13-14).

  • Les petites mains de la démocratie

    Les petites mains de la démocratie

    À chaque élection, l’attention se porte sur les candidats, les programmes, les enjeux politiques. Mais rarement sur celles et ceux sans qui aucun scrutin ne pourrait matériellement se tenir.

    Derrière chaque enveloppe reçue, chaque profession de foi lue, chaque procuration validée, se cache une chaîne humaine essentielle et méconnue.

    Au parc Chanot, ce sont des centaines de volontaires et de fonctionnaires qui, des heures durant, trient, assemblent et glissent des milliers de documents dans des enveloppes. Une chorégraphie millimétrée, mais qui n’a rien d’automatique. Elle repose sur des femmes et des hommes mobilisés, organisés, concentrés, pour garantir à chaque électeur la même information, dans les mêmes délais. Une partie de cette mise sous pli est souvent externalisée auprès de prestataires privés, ce qui montre que l’ampleur de la tâche dépasse les seules capacités publiques.

    Démocratie

    Puis vient l’autre versant, tout aussi indispensable : celui des postiers. Ce sont eux qui assurent, quartier après quartier, village après village, la distribution de ces plis électoraux, souvent en quelques jours seulement, parfois en doublant le volume habituel, et trop souvent sans reconnaissance. Leur surcharge de travail, dans les Bouches-du-Rhône comme ailleurs, est bien réelle. Leur colère, relayée par la CGT des postiers, soulève quelque chose d’essentiel : la démocratie ne tient pas uniquement dans les débats et les bulletins de vote, mais dans ceux qui permettent qu’ils parviennent jusqu’à nous. Dans une époque où le service public est ciblé, le rappel est essentiel.

  • Travaux, frais d’élus et aides aux internes en débat au Département

    Travaux, frais d’élus et aides aux internes en débat au Département

    La présidente du département Eliane Barreille a ouvert l’assemblée départementale en saluant les médailles gagnées au Salon de l’agriculture et le classement du département comme troisième préféré des Français, avant d’évoquer « le chantier du siècle », les travaux du Pas de la Rochaille, qui devraient coûter plus de 60 millions d’euros, contre les 30 millions initialement prévus. Cette route près de Barcelonnette « est fréquentée par de nombreux camions italiens », a expliqué Eliane Barreille, avançant comprendre que le projet soit difficile à accepter pour les habitants de l’Ubaye puisqu’il y aura « des coupures de circulation pendant cinq ans ».

    La présidente du département a ensuite fait voter le renouvellement d’une augmentation des frais de déplacement des élus, proposant notamment un remboursement des repas à hauteur de 30 euros au lieu de 20, ce à quoi la conseillère départementale d’opposition de gauche Geneviève Primiterra s’est opposée. « Il est légal, mais pas moral que des élus profitent de ces remboursements », a défendu l’élue. Eliane Barreille a dénoncé un « dérapage complet », niant le terme de « profiter ». Les conseillers départementaux ont voté pour le renouvellement de l’augmentation, avec un vote contre et une abstention.

    Nouvelles aides pour les internes

    Les élus ont également voté pour une nouvelle aide financière aux internes en médecine générale venant exercer dans le département. « Le nombre d’internes a doublé sur le département » depuis le renforcement de ces subventions en 2022, a salué la présidente du département. Ils sont actuellement au nombre de 46, dont 27 dans les hôpitaux, a-t-elle précisé. Le département espère qu’ils s’installent durablement dans les Alpes-de-Haute-Provence à la fin de leur internat. Cinq étudiants en médecine ont sollicité cette aide pour ce semestre.

    Les élus ont aussi voté un appel à projet de 10 000 euros ouvert aux 14 collèges « pour soutenir des initiatives en lien avec l’alimentation saine et durable et sensibiliser au gaspillage », ainsi que pour « promouvoir des produits bio et locaux ». L’élue d’opposition Genevière Primiterra a regretté une enveloppe trop faible. « Vous ne mettez pas les moyens », a-t-elle affirmé.

    Eliane Barreille a tenu à organiser une conférence de presse en soutien au maire sortant de Manosque, candidat à sa réélection et conseiller départemental Camille Galtier, à la fin de l’assemblée départementale, en présence des élus des cantons de Manosque. « Certains propos méritent des éclaircissements », a avancé la présidente du département, insistant sur les projets de contournement routier proposés par les différents candidats aux élections municipales. « Certaines propositions » pour désenclaver et désengorger Manosque « utilisent des terres agricoles en zone agricole protégée (ZAP) », a-t-elle déploré. « Il est impératif de ne pas pénaliser les agriculteurs », « Je m’y opposerai de toutes mes forces », a martelé la présidente.

    Elle a défendu le projet de contournement du maire sortant de Manosque, « non consommateur d’espaces agricoles » et qui pourra être soutenu par le département. Camille Galtier, candidat à sa réélection, a défendu « la plus grande zone agricole protégée de la région » et « l’une des trois plus grandes de France ». « On est heureux d’avoir du dynamisme et des bouchons, ça veut dire qu’on est attractifs », a-t-il soutenu, décrivant Manosque comme « la locomotive du département ». Il a dénoncé une potentielle « catastrophe écologique et environnementale » dans les projets de ses adversaires « parachutés à un mois de l’élection », faisant référence au candidat RN-UDR déclaré le dernier jour de dépôt des candidatures. « Depuis la fin du cumul des mandats de député et d’élu local, des gens de Paris se présentent en local alors qu’ils sont déconnectés », a-t-il affirmé.