Tag: Place Publique

  • Les gauches reçues par un Premier ministre « très flou »

    Les gauches reçues par un Premier ministre « très flou »

    « Ma grand-mère disait : quand c’est flou, c’est qu’il y a un loup… » Lancé en 2011 par la socialiste Martine Aubry en pleine bataille des primaires du PS, et passée à la postérité (aujourd’hui on parlerait de « punchline »), l’expression résume parfaitement le halo de fumée entretenu par le nouveau Premier ministre Sébastien Lecornu. En premier lieu, cet exercice de souffleur pour poêle s’adresse aux formations politiques qu’il a reçues mercredi, du matin au soir et singulièrement aux gauches qui ont fait le déplacement, LFI ayant décliné l’invitation.

    Premiers à ouvrir le bal, les socialistes : le premier secrétaire du parti Olivier Faure et les deux présidents de groupe au Parlement, Boris Vallaud (Assemblée) et Patrick Kanner (Sénat), sont ressortis après deux heures d’entretien pour le moins frustrés. « Pour l’instant, nous sommes restés sur notre faim et nous verrons bien ce qu’il a à nous dire dans les prochains jours » a déclaré Olivier Faure. Si Sébastien Lecornu est « là pour refaire François Bayrou, (…) nous censurerions dès la [déclaration] de politique générale » a prévenu le socialiste. Ce discours de politique générale pourrait être prononcé « début octobre » devant les députés, selon Marine Tondelier. Mais le Premier ministre engagera-t-il la responsabilité de son gouvernement, pour l’heure introuvable ? Rien n’est moins sûr. « On n’a pas eu de réponses très claires », a déclaré la secrétaire nationale des Écologistes, Marine Tondelier, estimant que le Premier ministre « n’arrive pas à boucler son équation ». Donc « soit Sébastien Lecornu renverse la table, soit il sera renversé », a complété la cheffe de file des députés verts Cyrielle Chatelain.

    Le nouveau Premier ministre a ensuite reçu le Parti communiste, son secrétaire national Fabien Roussel et les présidents des groupes de l’Assemblée et du Sénat, Stéphane Peu et Cécile Cukierman qui ont mis sur la table la « taxation des plus riches » et « l’abrogation de la réforme des retraites ». Fabien Roussel sera l’invité de RTL ce jeudi matin à 7h40 pour détailler cette entrevue et réaffirmer que s’il le faut « nous appuierons sur le bouton de la censure ». Le porte-parole du PCF, Ian Brossat, a de son côté déclaré sur le plateau de BFMTV qu’il fallait « arrêter de faire semblant. la seule chose qui peut faire bouger le rapport de force, c’est la mobilisation sociale. du monde en grève, du monde dans les rues, il n’y a que ça qui fera craquer Macron et Lecornu ».

    Le locataire de Matignon a terminé la journée par Place publique de Raphaël Glucksmann. Ces entretiens se sont déroulés sous la pression du mouvement social à la veille de la journée de grèves et de manifestations.

    Le RN en embuscade

    Les premiers petits gestes de Sébastien Lecornu ont été jugés très insuffisants par les syndicats et les formations de gauche : retrait de la proposition de supprimer deux jours fériés, premier déplacement consacré à l’accès aux soins, et suppression, très symbolique, des derniers avantages « à vie » octroyés aux ex-Premiers ministres.

    Les socialistes comme les Écologistes ont aussi cité un sondage Ifop commandé par le PS montrant que les Français, quelles que soient leurs sensibilités, plébiscitent les mesures poussées par le PS. Parmi elles, la création d’une taxe de 2% sur les patrimoines supérieurs à 100 millions d’euros, la fameuse taxe Zucman. Sébastien Lecornu s’est dit prêt à travailler sur la « justice fiscale », mais il veut faire « attention au patrimoine professionnel » visé par cette taxe. À ce titre, il est raccord avec le RN qui rejette lui aussi la taxe Zucman. Fidèle à son fonds de commerce, Marine Le Pen a dit en revanche se « réjouir » de tous ceux qui demandent un référendum sur l’immigration, comme le patron de la droite Bruno Retailleau, et « espérer » que Lecornu en parle. « On ne sort de l’ambiguïté qu’à son détriment » écrivait le cardinal de Retz dans ses Mémoires. Une sentence que pourrait méditer le Premier ministre.

  • Place publique affiche sa force et espère des alliances

    Place publique affiche sa force et espère des alliances

    Le théâtre du Rouge Gorge portait bien son nom, ce vendredi, pour accueillir la présentation de la méthode et lignes directrices du projet de Place publique pour les municipales des 15 et 22 mars. Car la tête de liste Benoît Belvalette a la voix qui a bien chauffé, exposant longuement comment le parti de Raphaël Glucksmann entend « faire de la politique autrement ».

    Novice en politique – il a pris sa première carte à Place publique il y a un an – cet inspecteur général de justice de 56 ans a surtout été pendant plusieurs années à Avignon directeur territorial de la protection judiciaire de la jeunesse (PJJ) . « Cette thématique sera prioritaire avec le plus gros budget », annonce déjà Benoît Belvalette, qui tiendra une première réunion sur ce sujet le 25 septembre. Le candidat a vanté son expérience professionnelle (notamment son rôle dans la création du restaurant d’insertion Graines de piment ou l’école numérique des apprentissages) comme un atout pour mettre en place des projets transversaux. « Je fais une force de ne pas avoir d’expérience politique, je serai plus légitime car je ne me sens pas prisonnier de ce qui a été fait », soutient-il.

    Pointant « trois cailloux » que sont la sécurité, la propreté ou la circulation, Benoît Belvalette entend « régénérer » la classe politique. « Je n’attaquerai jamais un parti ou la majorité sortante mais il faut un changement sur la forme et sur le fond », clame-t-il. Il dénonce en creux le fonctionnement actuel trop cloisonné de Cécile Helle : « On est plus fort ensemble, le maire ne peut décider seul dans son bureau avec son directeur de cabinet. » À ses côtés figurent pourtant Claude Nahoum et Catherine Gay, actuels premier adjoint et adjointe à la sécurité de Cécile Helle qui, sans adhérer à Place publique, soutiennent la démarche (notre édition du 28/08).

    Si dans son propos, Benoît Belvalette se voit déjà aux responsabilités, il tend la main et « rêve d’une alliance du bloc de gauche excepté la France insoumise ». Des échanges « permanents » ont lieu ainsi avec les candidats déclarés issus de la majorité, Joël Peyre et Paul-Roger Gontard en tête, mais aussi David Fournier, dont il attend « une clarification » face à LFI. Quant à s’ouvrir vers le bloc de centre droit, comme le prône Paul-Roger Gontard, « on verra au second tour », conclut le chef de file de Place publique.

  • Jean-Pierre Squillari a dévoilé sa vision pour la ville

    Jean-Pierre Squillari a dévoilé sa vision pour la ville

    Au quartier La Tourtelle, le Parc des Trois Diamants n’a pas été choisi par hasard pour l’apéro de rentrée de Jean-Pierre Squillari.

    Alors que le maire (LR) Gérard Gazay « veut céder dans des conditions très spéciales (…)» ce lieu, « pour une fois de plus supprimer un espace de respiration et faire couler le béton » ; « ici même, nous affirmons une autre vision pour notre ville », a amorcé la tête de liste d’Aubagne en commun. Dans le public, pas mal de visages des collectifs de l’Aubagne béton tour, qui, depuis janvier 2024, dénoncent chaque mois les programmes immobiliers qui selon eux défigurent la ville au profit de gens aisés.

    Peu après, et pour la première fois depuis qu’Aubagne en commun est né, il y a six mois, Jean-Pierre Squillari, qui a depuis sillonné les quartiers de la ville à la rencontre de ses habitants ; a lancé : « Réparer, respirer, protéger : voilà le fil rouge de notre programme municipal. Une ville qui s’adapte enfin au changement climatique, qui protège ses habitants des risques climatiques qui nous menacent, une ville dotée d’une véritable police municipale de proximité, une ville où il fait bon vivre grâce à des services publics efficaces, et où chacun, quelle que soit son origine, ou son quartier, peut accéder aux services publics, au sport, à la culture et aux loisirs. » Il a dévoilé quelques mesures phares qui seront, jusqu’en novembre, mises en débat avec la population : par exemple, la création « d’un grand parc urbain au Bras d’Or, reliant le parc de la Botte, avec une piscine de plein air rénovée. Un vrai poumon vert, un lieu de loisirs et de fraîcheur pour toute la ville ». Mais aussi « une halle de vie et de marchés de producteurs, pour redonner vie à notre centre-ville et servir de locomotive au commerce local ». Sans oublier « des écoles publiques où il fait bon apprendre ».

    « La force du collectif »

    L’ex-chef du centre de secours d’Aubagne, lui-même enfant d’Aubagne, a exprimé pourquoi selon lui, « nous avons la responsabilité de transformer l’espoir », né avec Aubagne en commun, « en victoire ». « Nous avons besoin de ce rassemblement pour mettre fin à la longue période de déclin sous Gazay, et pour empêcher le poison de l’extrême droite de s’installer dans notre ville. Car eux ne feraient qu’attiser les divisions, opposer les Aubagnais entre eux, quartier contre quartier. Nous voulons tout l’inverse : une ville qui rassemble, qui protège, qui accompagne », a-t-il revendiqué. Il a également salué les partis politiques qui ont rallié Aubagne en commun : le PS, le PCF, Place Publique, Génération. s, les Écologistes. « Je n’ai jamais adhéré à un parti politique », a reconnu Jean-Pierre Squillari. « Mais je sais, pour le vivre depuis trois ans, la force de l’action collective citoyenne. Je sais qu’à Aubagne, les mobilisations citoyennes ont déjà fait reculer le maire sur ses projets les plus nuisibles. Et je sais que ce rassemblement inédit peut changer l’histoire de notre ville », a-t-il appuyé, avant d’être généreusement applaudi.

  • Municipales à Aubagne : Jean-Pierre Squillari veut rassembler la gauche contre le bétonnage de la ville

    Municipales à Aubagne : Jean-Pierre Squillari veut rassembler la gauche contre le bétonnage de la ville

    La Marseillaise : Vous organisez, ce 27 août, un apéro de rentrée. Ce rendez-vous marque-t-il une accélération dans votre campagne pour les municipales ?

    Jean-Pierre Squillari : Cet apéro convivial, à partir de 17h au Parc des Trois Diamants à La Tourtelle, où chacun amène ce qu’il veut, va marquer la reprise de ce que nous avons entrepris depuis mes vœux. Bien entendu, je vais dire deux mots, peut-être trois en préambule, pour remobiliser les gens après les deux mois de congé, bien que, pendant ces vacances, je n’ai pas été inactif. L’autre réunion importante aura lieu à l’occasion de l’assemblée plénière d’Aubagne en commun, le 9 septembre à 18h au Cercle de l’Harmonie, cours Beaumond. Il est sûr qu’il y aura une accélération, étant donné que nous sommes à huit mois de l’échéance électorale.

    Pouvez-vous rappeler quelles forces politiques ont rejoint Aubagne en commun ?

    J-P S : En dehors de l’équipe citoyenne qui compose 50% de la liste globale, nous avons les écologistes depuis le début, Place publique avec Christophe Albertini, le PCF depuis juillet, le PS, puisqu’Arthur Salone, délégué départemental, nous rejoint dans le projet.

    LFI, par contre, a fait savoir qu’elle n’en serait pas. Un commentaire ?

    J-P S : Chacun est libre de faire ce qu’il veut. Mais il y a des Insoumis à Aubagne en commun. Ils ont été mis de côté de leur parti pour cela.

    Depuis mars, vous sillonnez les quartiers. Où êtes-vous allé ?

    J-P S : J’ai sillonné la campagne aubagnaise et le centre-ville d’Aubagne. Je suis allé dans toutes les écoles élémentaires des quartiers et j’ai rencontré les parents.

    Quelles sont les principales préoccupations des habitants d’Aubagne concernant leur vie quotidienne ?

    J-P S : Dans toutes les écoles, les mamans ou les papas se plaignent de ne pas pouvoir amener leur enfant dans des parcs ou dans des jardins, qui diminuent comme peau de chagrin. Ils sont obligés d’aller à Gémenos, à Carnoux, à La Ciotat ou à Marseille. Le square Henri-Barbusse, par exemple, n’existe plus. On construit des bâtiments à la place… Aux Défensions, il y avait un square, maintenant le tram y passe… Ensuite, les gens se plaignent de la culture, qui est abandonnée. Les festivals ont disparu. Alors, c’est vrai que ces deux derniers mois d’été, juste avant les élections, la municipalité a fait des manifestations tous les vendredis soir. Mais, pendant des années, il y en a eu très peu. Les gens se plaignent aussi beaucoup de la désertification du centre-ville, de la fermeturedes commerces. De la spéculation foncière, du béton. Ils voient leur ville se bétoniser, vendue au privé par le maire (LR) Gérard Gazay, comme le stade Mouren pour faire des stades de padel et des petits bassins de nage. Moi, je dis : on vend les bijoux de famille !

    Vous parle-t-on des problèmes de logement ?

    J-P S : Oui. Parce que les opérations de bétonnage, c’est surtout pour des personnes aisées. Et puis on se rend compte que deux logements sur trois sont achetés ou loués par des non-Aubagnais. J’ai rencontré pas mal de gens qui me disent : « On n’a pas les moyens de se loger ». C’est un problème qu’on doit prendre à bras-le-corps. On s’y attelle.

    Quel a été le déclic pour vous investir dans cette campagne ?

    J-P S : L’amour de ma ville. Avant de construire, il va falloir réparer. Ce qui me meurtrit le plus, c’est que je m’aperçois qu’Aubagne devient une ville-dortoir. On est le 17e arrondissement de Marseille pratiquement, et ça fait mal.