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  • [Justice] Six mois ferme pour le pédophile à la poupée

    [Justice] Six mois ferme pour le pédophile à la poupée

    Il chuchote au micro, droit, figé dans le déni le plus parfait. « Je n’avais aucune intention sexuelle. Je suis non violent, en particulier envers les enfants. Je cherchais juste un mannequin pour l’articuler de manière à l’asseoir sur une table, car j’avais dans l’idée de simuler des cours scolaires pour faire une autoévaluation de ma manière d’être et de m’exprimer, car ça fait longtemps que je rêve d’enseigner. C’était une démarche à but thérapeutique car j’ai totalement perdu confiance en moi », brode David, 56 ans, électromécanicien qui vit à Bouc-Bel-Air, condamné en 2005 pour l’agression sexuelle de sa fille de 4 ans.

    « Vous avez commandé une poupée enfantine avec un vagin destiné à être pénétré », lui rappelle la présidente Charlotte Joubert, qui décrit l’objet de 20 kg pour 1,32 m aux traits enfantins. Un modèle baptisé « Teen Sex Doll » vendu 539 dollars sur une plateforme chinoise. « Ça a sauté aux yeux du livreur d’UPS qui a donné l’alerte en voyant, au travers du colis endommagé, une poupée d’apparence de 6 ans ! », lance Me Joanny Moulin, avocat de l’association Parole d’enfant, partie civile qui lui fait confirmer que devant les gendarmes, il a reconnu s’être masturbé avec cette poupée.

    Quand la présidente rappelle au prévenu la découverte un an avant les faits, sur son ordinateur, de « sept images de gosses qui font des fellations », il nie encore. « Avez-vous un double maléfique qui télécharge malgré vous ? » – « J’ai jamais voulu les télécharger, ce sont des fichiers corrompus, indésirables. » Devant les gendarmes, il a bien admis regarder des « vidéos sur l’inceste ». à la barre, ce père aux cheveux blancs justifie : « J’ai été agressé sexuellement dans ma famille quand j’étais enfant et adolescent. C’est quelque chose dont je n’arrive pas à me débarrasser. Mon père ne s’est jamais aperçu de rien, mais je suis persuadé que ma mère le savait. »

    Une expertise psychiatrique antérieure aux faits décrit « une personnalité de type pervers dans le déni absolu ». « Non, je ne suis pas pervers », réfute encore le prévenu. Même déni sur la plainte récente d’une autre de ses filles, qui s’est souvenue qu’il l’avait fait venir deux fois dans son lit alors qu’il était tout nu.

    « Nous voulons que par votre décision, vous protégiez les enfants de l’extrême dangerosité que représente l’achat de ce type d’objet et que vous donniez un signal ferme à l’ensemble des pédocriminels », demande Me Moulin, partie civile qui obtiendra l’euro symbolique demandé. « à l’heure de l’invasion chinoise de notre économie, ces poupées pédocriminelles font le buzz. Elles ne sont pas un substitut pour ne pas passer à l’acte, sinon l’état en vendrait ! Tout au contraire, une personne sur deux qui ont procédé à cet achat passe à l’acte. »

    « Le danger est là et prévisible de passer à l’acte », confirme le procureur adjoint, Olivier Poulet, devant ce prévenu « dans le déni absolu de sa déviance avec des histoires à dormir debout ». « Ce n’est rien d’autre qu’une poupée sexuée destinée à un pervers sexuel déjà condamné en 2005 pour agression sexuelle par ascendant ». Il requiert 12 mois avec sursis probatoire pendant 2 ans avec obligation de soins psychiatriques et une interdiction d’exercer toute activité en lien avec l’enfance.

    « C’est un procès honteux, la relaxe s’impose ! » tonne Me Nicolas Perrin, pour qui « on a voulu faire du médiatique, on a pris le premier malheureux venu avec la polémique Shein. On met des bûches dans le feu pour alimenter l’étiquette de pédophile qu’on veut lui coller. Rien ne relève d’un caractère pénal. Il a acheté légalement et pas sur le darknet une poupée qui n’a rien d’enfantine ». Son client écope de 18 mois de prison, dont 6 ferme sous bracelet avec 2 ans de soins psychiatriques, et 5 ans d’interdiction d’activité en lien avec les mineurs.

    « Une poupée sexuée destinée à un pervers sexuel déjà condamné »

  • Les courageux baigneurs dans les eaux glacées de l’an nouveau

    Les courageux baigneurs dans les eaux glacées de l’an nouveau

    Il fallait de l’audace, mais plus encore un goût inné de la fête et une joie de vivre démonstrative pour affronter ce jeudi à midi sur la plage du Prado Nord, non seulement un vent glacé sous un ciel couvert, mais une eau à 13,4 degrés exactement, un léger poil plus froid que l’an dernier.

    À l’initiative des Nageurs du Prado et des Libres-Nageurs, plus de 400 personnes se sont rassemblées sur la plage et près de la moitié se sont élancées pour un plouf magistral et joyeux en ce premier jour de l’année. « C’est fabuleux ! On a doublé les effectifs directs. Je dirais 150 nageurs dans l’eau et 300 restées sur la plage, mais qui se réservent pour l’année prochaine ! », se réjouit Benjamin Clasen de l’association des Libres-Nageurs pour cette seconde édition qui a pour esprit de « chérir notre grande bleue, protéger notre littoral, sanctuariser les plages publiques, célébrer notre lien aux éléments terre, eau et air, réveiller nos sens et notre santé, se serrer les coudes pour l’an qui vient ».

    « On veut créer

    une tradition ici »

    « C’était gé-nial ! Première fois de ma vie, je le referai. Je suis restée un moment je me suis régalée ! » confie Laurence, la cinquantaine, qui court vite se sécher. Un premier constat s’impose : les femmes sont nettement plus participatives que les messieurs. « Une fois qu’on y est, ça va, mais faut se motiver car là c’est 14 degrés qui nous attend. C’est une température correcte », explique Olivier, qui nage en combinaison l’hiver. « On veut créer une tradition ici », ajoute Cathia, son amie, plus entraînée. « Je peux rester jusqu’à 20 minutes dans l’eau sans combinaison ». Sur le bord de la plage, une mamie tente de dissuader tout ce beau monde : « N’y allez pas, elle est glacée et en plus il y a des méduses ! » lance drôlement la septuagénaire que nul n’écoute.

    « C’était trop bien. Je suis congelé ! » ressort Bas, un Belge d’Anvers venu spécialement à Marseille pour ce bain. À côté, un duo s’est déshabillé et comme pour un saut en parachute, repousse le moment de s’élancer. « On se prépare psychologiquement. Je ne veux surtout pas savoir la température ! », confie Emma. « C’est la première fois pour moi ici un 1er janvier. Mais je me baigne souvent mi-janvier dans les calanques quand il fait beau », confie Jérémie, son copain, qui rejoint un groupe pour se jeter à l’eau sous la surveillance au loin d’un navire de la police qui encadre et sécurise ce bain festif.

    Comme chaque année, les Fronts runners Marseille (FRM) association sportive LGBT+ se sont aussi réunis à la plage des Catalans pour le premier bain de l’année.

    Toulon réunit 933 baigneurs

    Le traditionnel bain du jour de l’an a rassemblé plus de 900 courageux, jeudi matin, sur les plages du Mourillon, à Toulon. Le rendez-vous s’est tenu dans une ambiance festive. Les baigneurs se sont vus remettre un diplôme attestant de leur participation, avant de partager un chocolat chaud ou un café pour se réchauffer.

  • Entre deux réveillons, le marché entretient la magie

    Entre deux réveillons, le marché entretient la magie

    Ambiance de lendemain de réveillon au marché de Noël de Marseille, ce jeudi. Le 25 décembre était férié mais pas pour tout le monde. Si quelques chalets ne sont pas ouverts, une très grande majorité se dévoile aux passants. En famille, en couple, entre amis, tous déambulent par grappe avec gourmandise et curiosité. Certains prennent des photos, se filment ou font la queue pour se ravitailler avec un bretzel ou une tartiflette.

    « Ce n’est pas la foule des grands jours mais il y a du travail », glisse un agent de la sécurité posté à l’entrée, juste après l’immense sapin trônant en bas de la Canebière. À l’autre bout de l’allée marchande, à hauteur du Monoprix où une artiste de rue dont Marseille a le secret, ambiance le secteur avec une chanson de Mariah Carey, Julie tient le chalet Lueur florale.

    De très loin comme

    du bout de la rue

    « C’est assez calme aujourd’hui mais le marché se passe bien, il y a du monde, une bonne ambiance, je sens que les gens sont plus dans l’ambiance de Noël que l’an passé », apprécie la créatrice marseillaise. Pour la deuxième année, elle vend ses bougies végétales fleuries qu’elle conçoit avec des fleurs séchées dans de petits pots en béton, qu’elle même fabrique.

    Un peu plus bas, un couple est penché sur des foulards en cachemire de la créatrice Une indienne en Provence. En face, des poupées russes attirent les regards et arrêtent les badauds. Juste à côté, Amandine vend des chocolats en trompe-l’œil. Ils sont « réalisés à partir d’une fève de cacao à 65%, moulés et poudrés pour un maximum de réalisme ». D’ici la fin du marché programmée le 4 janvier, ses coffrets « passion ou métiers » sont vendus « deux pour le prix d’un », glisse la vendeuse.

    Bernard, habitant de Montolivet (12e) y reconnaît un cadeau acheté par sa femme pour un ami, quelques jours plus tôt. « C’est très original », note le fringant septuagénaire qui en vieillissant se plaît à redécouvrir le goût des traditions : « Cette année j’ai acheté mes premiers santons sur le marché du Vieux-Port. Je trouve ces endroits très fédérateurs, l’ambiance est légère et ce centre-ville sans voiture est très apaisant, on ne sent pas de tensions. »

    Un peu plus loin, le chalet L’arbre à papa propose les créations végétales d’une artiste des Pennes-Mirabeau. Sophie est préposée à sa tenue en ce 25 décembre. C’est sa première à Marseille. Si elle aurait apprécié comme d’autres que le marché ait la forme d’une placette plutôt que d’une simple allée passante, elle apprécié son côté melting-pot. « Le marché de Marseille est très diversifié, on parle toutes les langues de l’italien au japonais, il y a beaucoup de touristes, c’est très sympa, on prend le temps d’échanger avec tout le monde », note-t-elle.

    « I’m just looking », lance justement une touriste avec ce qui ressemble à un accent Russe, sur le stand d’en face. C’est celui de Jean-François. Lui habite à Châteauneuf-les-Martigues où il fabrique des « bijoux en acier inoxydable au goût du jour », avec le signe Jul, Notre-Dame de la Garde, la ville de Marseille… Il participe au marché de Noël de Marseille depuis quatre ans. Si lui a moins bien vendu cette année, il apprécie aussi l’ambiance avec ces clients venues des quatre coins du monde.

    « Il y a à la fois des gens qui viennent de très loin et des gens du bout de la rue, c’est ce qui est vraiment intéressant », reprend Elsa, calée derrière le comptoir du stand 22. L’association Ravages, installée à l’année entre la Plaine et le cours Ju’, s’est pour la première fois délocalisée sur le marché de la Canebière. Trois artistes, photographe, illustrateur et créateur y vendent leur production.

    « Beaucoup de monde est passé, c’est très enrichissant, on a pu discuter de notre travail axé sur les questions environnementales, de fabrication locale, à la main, en matière recyclé », apprécie la jeune photographe. « Ça nous permet de nous ouvrir, c’était notre but en venant ici et le résultat est plutôt chouette. »

  • Yann Bompard, assistant fictif d’une députée sous emprise

    Yann Bompard, assistant fictif d’une députée sous emprise

    Au premier jour du procès à Marseille de Yann Bompard, 39 ans, le maire Ligue du Sud d’Orange, accusé d’avoir perçu 42 000 euros nets pour 15 mois d’emploi présumé fictif d’assistant parlementaire, l’audience a plongé dans le vif avec la diffusion de l’écoute où la députée de la 4e circonscription du Vaucluse, Marie-France Lorho, apprenant le 5 septembre 2023 que la PJ perquisitionne sa permanence, demande à un assistant de mentir aux enquêteurs sur la réalité des 208 heures forfaitaires par an effectués par Yann Bompard pourtant élu maire d’Orange en novembre 2021, conseiller départemental et président de la communauté d’agglomérations. Un grand moment d’audience.

    « C’est la merde. On a une enquête pour prise illégale d’intérêts », s’affole la députée. « Et bien voilà… Je suis censé dire quoi ? » dit, pas surpris, Jean-Baptiste Rolland, un de ses quatre collaborateurs parlementaires. « Qu’il faisait des discours, qu’il travaillait sinon on va être dans la merde », lance Marie-France Lorho à qui Jacques Bompard, ex-maire d’Orange condamné et inéligible, a cédé son siège en 2017. « C’est quand même chaud de me demander de mentir », maugrée le collab. « Moi aussi je vais mentir », l’amadoue la députée. « Vous couvrir, c’est une chose mais me demander de mentir c’est une autre. Y a rien, aucune trace d’un travail de sa part. Faire une fausse déclaration là-dessus, heu… », freine l’assistant.

    « Un ignoble petit merdeux d’une famille de tarés »

    Rolland la met en garde : « Quand bien même je mentirais, il n’y a aucune trace matérielle pour corroborer nos dires. Pas une photo en 5 ans où il nous accompagne sur un événement. Il n’y a rien, rien, rien. Pour le journal, il a appelé La Poste c’est tout. Il était là les huit premiers mois mais ça s’est arrêté là. Je m’étonne que ça ne nous soit pas tombé dessus plus tôt. »

    D’autres écoutes frappent encore quand ce même collaborateur narre à un proche son audition par les enquêteurs : « Ils ont compris que c’est un ignoble petit merdeux d’une famille de tarés. (…) C’est un branleur, c’est fictif, fictif, il fait comme Pénélope [Fillon]. » Des élus peuvent témoigner pour Yann, « ils sont choisis génétiquement pour leur soumission ». De sa patronne il dit qu’« elle est con comme c’est pas permis. Elle a une culture nulle. C’est juste une bourge qui a l’entregent des bourgeois, sinon c’est une cruche absolue ». Léopoldine, autre collaboratrice sur écoute, plombe la députée : « Je l’avais mise en garde une trentaine de fois. Elle s’est autopersuadée qu’il travaillait. »

    À la barre, la députée réélue en 2022, qui s’est affranchie de l’emprise des Bompard en passant au Rassemblement national, nie tout détournement, réfute même la subornation de témoin. « J’étais perdue ce jour-là. Jamais, j’aurais menti. Le travail de Yann était là », chouine Mme Lorho qui dit sa crainte du clan Bompard qui l’insulte, lui fait des bras d’honneur sur les marchés. « Je m’en veux de ne pas avoir été plus rigoureuse sur le temps partiel. Mais je peux vous assurer que Yann Bompard a rédigé des discours, fait des courriers aux administrés. Je ne les ai pas gardés car je jetais tout. »

    « Elle travaillait de son côté et moi du mien. On avait peu d’échanges », se défend Yann Bompard qui risque l’inéligibilité. « Je n’ai jamais eu la sensation de voler de l’argent à qui que ce soit. Oui la double rémunération pour le travail de maire et celui de collaborateur parlementaire était complètement justifiée. » Pour lui, toutes ses missions se confondent. « Comme maire, je promeus l’action de la députée les jours de marché. L’attaché parlementaire, c’est comme un couteau suisse. Le maire n’agit que très peu finalement, l’administration sert à ça. » Les juges apprécieront. Les électeurs aussi de ce Dallas provençal.

    Réquisitoire aujourd’hui.

  • La vie sauvage de la Poudrerie en vidéo

    La vie sauvage de la Poudrerie en vidéo

    Avec ses 17 espaces naturels répartis sur 1 305 hectares, il est « presque une erreur écologique », admet Jérémy Lainé, technicien du Syndicat intercommunal de l’ancienne Poudrerie. À cheval sur les communes de Saint-Chamas et de Miramas, le parc est un joyau naturel. « On a des canaux, des lagunes, l’étang de Berre, des marécages, des marais, de la forêt méditerranéenne, de la forêt humide, des falaises, des grottes creusées pour protéger les travailleurs en cas d’explosion… cite-t-il. Ces milieux se succèdent très rapidement. Normalement, dans la nature il y a un gradient progressif, ici les cassures sont très abruptes. On peut vite se perdre car le paysage change d’un coup, si on ne fait pas attention c’est assez surprenant. »

    Cette richesse, le parc la doit à son ancienne activité de Poudrerie royale, démarrée en 1690. « Ils ont remblayé 55 hectares sur l’étang de Berre. Pour stabiliser les remblais, des arbres ont été plantés. Ils servaient aussi à sécuriser certains bâtiments sensibles par rapport à des risques d’espionnage, puisque c’était quand même un site militaire. Ils permettaient également de garder des températures correctes et régulières pour la période de séchage de la poudre et de freiner le souffle des explosions en cas d’accident. » Au milieu du XIXe siècle, en plein essor des échanges maritimes, le directeur du site importe des essences exotiques qui finissent de parachever la diversité floristique du parc. Séquoias et cyprès chauves font partie des « curiosités » du lieu.

    Des espèces protégées

    Définitivement abandonnée en 1974 et inoccupée durant une vingtaine d’années, la Poudrerie royale a été recolonisée par la faune et la flore, ce qui « donne une richesse vraiment impressionnante en termes de biodiversité », affirme le technicien. Une réserve, sanctuarisée le long du littoral avec l’étang de Berre, est interdite au public et permet de réaliser des suivis scientifiques et des opérations de comptage. Les horaires restreints du parc accordent une certaine quiétude aux espèces présentes, comme la cigogne, qui est l’animal « phare » du lieu.

    « Elles se sont installées au début des années 2000 » et sont visibles sur la toute nouvelle chaîne Youtube du Parc de la Poudrerie : une caméra a été placée devant l’un de leur nid et a permis de suivre les premiers mois de la vie de deux cigogneaux grâce à la participation du Gipreb (le syndicat en charge de l’étang de Berre).

    Jérémy Lainé et son équipe veulent mener un véritable travail de documentation et de sensibilisation envers le grand public. « À mon arrivée, il y a un an et demi, j’ai observé que la population venait beaucoup pour faire des promenades et profiter du cadre mais se rendait pas tellement compte du patrimoine faunistique », explique-t-il. Alors, le passionné de naturalisme a placé des pièges photos dans le parc et réalise des vidéos qu’il poste désormais sur le réseau social « avec une idée sous-jacente : on ne protège bien que ce qu’on ne connaît bien ».

    Car la Poudrerie abrite des espèces menacées à l’échelle nationale, à l’instar la tortue cistude et le triton palmé.

  • 13 Habitat de marbre même devant un arrêté d’insalubrité

    13 Habitat de marbre même devant un arrêté d’insalubrité

    Assiata avait enfin obtenu en octobre 2022 un logement social pour découvrir qu’il est rongé par l’humidité et les moisissures. 13 Habitat, dont la gouvernance a vacillé cette année, est visé par 4 arrêtés préfectoraux d’insalubrité depuis le début de l’année : deux à Marseille dans la cité Louis-Loucheur de 1932 où vit cette mère, un à Rognac et un à Salon-de-Provence, ce qui renseigne sur la dégradation du patrimoine du premier bailleur social des Bouches-du-Rhône.

    Le maire de Marseille, Benoît Payan, s’en est ouvert par courrier au président du conseil d’administration de l’office public en relayant les alertes d’habitants des résidences des Aygalades, Val Plan, la Marie et la Verdière. Jean-Marc Perrin lui a répondu que c’était une « polémique stérile » tout en appelant à « coopérer ». Six mois après l’arrêté préfectoral d’insalubrité du 5 juin 2025, le bailleur public n’a toujours pas traité le logement ni même reloger Assiata Abdou et son fils. L’arrêté soulignait déjà « l’absence de réponse » de 13 Habitat à son courrier lançant la procédure contradictoire, ce qui en dit long sur l’inertie de l’office public qui engage désormais sa responsabilité pénale pour sa carence persistante.

    « Il faut avoir le courage

    de dénoncer »

    « L’arrêté n’a rien changé. Je n’ai eu aucune proposition de relogement. L’été, l’odeur insupportable réveille la nuit et l’hiver avec l’air qui passe par les fenêtres j’ai peur pour ma santé. Je fais de l’asthme, j’ai fait une rechute en juillet d’inflammation pulmonaire » raconte Assiata, 58 ans, accompagnante d‘élève en situation de handicap. « Depuis 3 ans qu’on vit ça, ils promettent des travaux mais sont champions pour envoyer un plombier ou le gardien reprendre des photos. Ils savent aussi déstabiliser les locataires en affirmant qu’on n’a pas répondu aux appels téléphoniques des entreprises. » Son fils de 21 ans est inquiet de voir la santé de sa mère se détériorer. « On est obligés de stocker nos vêtements dans des caisses hermétiques pour ne pas qu’ils pourrissent », dit-il.

    « Avant, moi aussi comme mon fils, j’avais honte d’habiter là où on vit, mais il faut avoir le courage de le dénoncer. Cela aidera les autres mamans seules à témoigner. » Comble de cet enfer, les désordres d’évacuation du logement impactent sa voisine du dessous. Assiata se retrouve assignée avec 13 Habitat devant le pôle judiciaire.

    En avril dernier, 13 Habitat a reconnu avoir « pu constater différents désordres et désagréments que vous subissez et qui impactent votre cadre de vie » et a promis des travaux. L’office concluait : « Soyez assurée que [13 Habitat] veillera tout particulièrement au suivi des travaux demandés afin que vous puissiez retrouver le cadre de vie que vous êtes en droit d’attendre. »

    « La situation de Mme A. vivant dans un logement déclaré insalubre à Louis-Loucheur, doit être améliorée de toute urgence. 13 Habitat assume sa part de responsabilité dans le retard pris, et présente ses excuses à la locataire », écrit le bailleur social dans le communiqué qu’il nous adressé ce jeudi 27 novembre et qui reconnaît qu’à ce jour, « seule la pose de réglettes d’aération sur menuiseries a été effectuée par l’entreprise prestataire. Les autres interventions n’ont pas pu être réalisées, en l’absence de rendez-vous fixés entre les prestataires et la locataire ».

    Le logement, occupé par Assiata et son fils, est couvert de moisissures. Il est frappé d’un arrêté préfectoral d’insalubrité depuis le 5 juin 2025, qui oblige désormais le bailleur à des travaux et à un relogement dans les trois mois. 13 Habitat indique avoir « décidé » d’interventions à faire. « 13 Habitat vient de demander à nouveau, à ses prestataires, d’intervenir dans les plus brefs délais, et sera particulièrement attentif à la qualité des travaux réalisés. »

    L’office demande à sa locataire de se rendre disponible afin de faciliter la bonne réalisation de ces interventions. Pour rappel, cette mère isolée qui travaille a déjà dû prendre des congés pour se rendre disponible et jusqu’alors pour rien, se mettant en difficultés financièrement. 13 Habitat dit « étudier la possibilité d’un relogement temporaire ou pérenne. L’objectif est bien de mettre un terme au plus vite à cet état d’insalubrité ». À suivre donc.

    Interrogé, 13 Habitat
    nous indique préparer
    un communiqué jeudi.

  • Le vivant, réponse aux enjeux futurs

    Le vivant, réponse aux enjeux futurs

    « Les solutions sont indiquées par la nature, elle est notre porte de sortie. » Devant l’amphithéâtre presque plein du Pharo, Patricia Ricard, présidente de l’institut d’océanographie Paul Ricard, insiste sur la source d’inspiration que représente la biodiversité. La 9e édition de Biomim’expo en est bien la preuve. Ce mardi, ingénieurs, entreprises, inventeurs et badauds se sont retrouvés dans l’enceinte historique du Pharo, à Marseille, pour échanger sur les réponses que la nature peut apporter aux problématiques futures.

    Organisé depuis 2018 à Paris, c’est la première fois que l’évènement pose ses valises dans la cité phocéenne. Avec 160 exposants et environ 1 200 visiteurs, cette réunion de professionnels et de curieux permet de mettre à l’honneur le biomimétisme. « Cela veut dire que l’on s’inspire de structures ou de conceptions qui existent dans la nature pour nos innovations », explique Aurore Torrigiani, exposante. Et les applications sont multiples pour lutter contre le réchauffement climatique, réduire les besoins énergétiques ou limiter les déchets.

    Revitaliser les ports

    Pour remettre de la biodiversité dans les ports, rien de mieux que de s’en inspirer. C’est en tout cas la certitude d’Aurore Torrigiani et Olivier Meynard qui ont fondé, à Marseille, Sea Blocks. En s’inspirant de la forme naturelle des récifs, les deux marseillais ont imaginés des blocks de bétons, renforcés par de la fibre de moule et des coquilles saint-jacques pour installer des récifs artificiels dans les ports et y faire revenir faune et flore.

    « On a voulu se servir de la force de la nature, explique la co-fondatrice. Ces blocs, fabriqués lors d’ateliers RSE d’entreprises qui financent donc leur fabrication, devront être mis au sein de ports pour les revitaliser. On ne peut pas se passer ces ports, donc on veut les rendre de nouveau vivant. » Les deux co-fondateurs espèrent installer leurs premiers blocs début 2026 à l’Estaque.

    Des textiles innovants

    La nature offre aussi des réponses aux nouveaux défis que connaît la mode, qui tente d’être plus éco responsable, en utilisant de nouvelles fibres ou de nouvelles structures. C’est ce qu’a voulu montrer Audrey Prat, présidente de Biom’inspi, dans un défilé de mode bio inspirée, présentée ce mardi lors de l’exposition. « Que la nature soit notre directrice artistique », s’enthousiasme-t-elle.

    Les spectateurs ont pu découvrir des vêtements réalisés avec des fils de papiers, des fibres d’algues ou un textile inspiré de la structure des poils de fourmis argentées du désert qui lui permet de résister aux grosses chaleurs. De nouveaux matériaux encore au stade de prototype. Ce défilé « permet de montrer que l’on peut dresser de nouvelles routes », félicite Alain Renaudin, fondateur de la Biomim’expo.

    Mieux naviguer

    grâce à l’os de seiche

    Les solutions que la nature offre peuvent également s’appliquer dans des domaines plus insoupçonnés, à l’image du sport nautique. Pour le Marseillais Marc Amerigo, co-fondateur de Zephir project, la nature peut offrir des moyens pour conjuguer décarbonation du matériel et performance. L’ambition est de rendre le monde de la voile le plus efficace possible, « en termes de décarbonation du matériel, mais aussi de vitesse », explique le co-fondateur.

    Pour cela, la nature semble regorger de solutions. « L’os de seiche, par exemple, a une architecture particulière qui permet une bonne flottaison. On va donc intégrer certains calculs de sa structure pour nos planches. Et puis on utilise aussi les innovations qui sont présentées ici. C’est pour cela que ces rencontres sont importantes », développe Marc Amerigo.

    Et les applications sont encore infinies. « Car la planète, c’est 3,5 milliards d’années de développement, donc on a de quoi s’inspirer », sourit Thibaut Fournel, exposant.

  • Un documentaire dédié à Julia Pirotte

    Un documentaire dédié à Julia Pirotte

    C’est l’histoire d’une femme, juive polonaise, communiste, Résistante. Julia Pirotte qui, pour notre journal, a saisi sur la pellicule photographique, les premiers instants de l’insurrection pour la Libération de Marseille, a désormais un documentaire qui lui est consacré. Intitulé « La Marseille Résistante sous l’objectif de Julia Pirotte », le documentaire est signé par Julie Delettre.

    Un hommage largement mérité pour cette pionnière du photo-journalisme qui a risqué sa vie en accompagnant les combattants de la Résistance, l’appareil photo au poing.

    C’est à elle que l’on doit les clichés emblématiques de la Libération de Marseille mais aussi les photos du maquis de Venelles, bien connues de nos lecteurs.

    « Enthousiasmer le monde »

    Dans le film documentaire, en accès libre sur arte.tv, l’historienne Caroline François, Soria Makti la directrice du Préau des Accoules, ou encore Léo Purguette, président et directeur éditorial de La Marseillaise, témoignent pour replacer son parcours exceptionnel dans les événements de l’époque.

    Dans un enregistrement sonore, avant son décès en 2000, la photographe avait resitué son engagement à La Marseillaise : « J’ai décidé que mes photos devaient se trouver dans La Marseillaise qui a tant réveillé d’enthousiasme, je voulais aussi enthousiasmer le monde ! »

    « La Marseille Résistante sous l’objectif de Julia Pirotte »
    est disponible gratuitement sur arte.tv

  • Déambulation photographique à Béziers

    Déambulation photographique à Béziers

    « Il y a bien sûr une ambition artistique, mais également une ambition de convivialité et d’animation de la ville », explique Thomas Langlois, président de l’association Hors cadre, par ailleurs patron des Ostals, l’un des nombreux lieux participants.

    La première édition, en 2024, a rassemblé 25 photographes dans
    17 lieux de Béziers et attiré près de 10 000 visiteurs. Pour cette deuxième édition, « la manifestation s’étoffe et se structure », souligne Thomas Langlois. Outre une déambulation dans 18 lieux très différents (les Ostals, la Colonie espagnole, l’Hôtel de la prison, le Cirdoc, la Gorge fraîche, l’IUT de Béziers, la médiathèque Malraux…) à la découverte des univers photographiques qu’ils auront choisis d’exposer, une nouvelle proposition artistique baptisée Focus sera présentée au 26 Riquet, sur les allées du même nom (du jeudi au samedi, 15h-19h.) Le travail de 3 photographes professionnels, sélectionnés parmi une vingtaine de candidatures par un jury indépendant (constitué des directeurs de l’association Visa pour l’image à Perpignan, du Musée régional d’art contemporain (Mrac) situé à Sérignan
    et de la déléguée générale de Mécènes du sud, une association privée de collectionneurs), y sera exposé. Les lauréates sont trois femmes : Elsa Beaumont (Gard), Caroline Peyronel (Lot) et Sonia Reveyaz (Hérault).

    À découvrir également cette année, les images de 20 photographes amateurs sélectionnés parmi une cinquantaine, qui investiront le Korrigan (9, rue Paul-Riquet, du jeudi au dimanche à partir de 15h). Les visiteurs pourront voter pour leur artiste préféré(e) (remise des prix les 24 et 30 octobre) !

    A.G.

    horscadrebeziers.fr

  • Des sculptures et des photos pour expliquer la maladie

    Des sculptures et des photos pour expliquer la maladie

    En ce mois d’octobre, dédié à la lutte contre le cancer, le Centre Ressource d’Aix-en-Provence coordonne près de 80 actions en lien avec Octobre Rose. Parmi elles, l’exposition « Next ! ». Jusqu’à la fin du mois, des bustes en plâtre à l’effigie de femmes sculptés par l’artiste Matthieu Faury sont installés pour le grand public et les bénéficiaires des locaux du centre, aux Milles.

    Les quelque 500 bénéficiaires des lieux, comme le public extérieur, sont invités à profiter de l’installation temporaire. C’est l’entreprise vauclusienne CBA Informatique Libérale qui a proposé l’initiative dans un premier lieu. Les œuvres ont été réalisées en coopération avec huit femmes volontaires suivies par l’Institut du Cancer Avignon Provence Sainte-Catherine, où les œuvres sont habituellement exposées.

    Elles sont, par le passé, mises en avant à Paris et Biarritz. Par cette initiative, ce sont des parcours personnels de combat contre la maladie « par le biais d’un prisme humain », précise Stéphane Salord, président du Centre Ressource aixois, qui veut être mis en lumière. « La proposition était singulière et pour la première fois, l’exposition sortait des murs d’Avignon, rapporte Stéphane Salord. Au Centre, nous cherchons à travailler sur la valorisation de la personne, la stimulation psychologique, et à faire attention que les personnes suivies conservent une estime de soi-même. Le traitement contre le cancer peut être très brutal. C’est justement tout un travail de reconstruction qui est mis en avant. L’exposition s’inscrivait dans cette démarche-là. »

    Pour le président du Centre Ressource, « Next ! » s’imbrique parfaitement dans le panel d’activités « d’art-thérapie » proposées par les équipes de cet établissement d’accompagnement.