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  • Au cœur de la Pride, entre fête et revendications

    Au cœur de la Pride, entre fête et revendications

    Drapeaux LGBT, pancartes, paillettes… Des milliers de personnes se retrouvent sur la place Castellane, dans le 6e arrondissement, samedi après-midi, pour la Pride marseillaise. Organisée par un comité de pilotage inter-associatif réunissant une quarantaine de structures, elle a rassemblé plus de 40 000 personnes, selon les organisateurs.

    Sur la place, Mila, 17 ans, attend une amie, pancarte à la main. C’est la première fois qu’elle participe à une Marche des Fiertés. « Je suis lesbienne, c’est important pour moi de montrer qui je suis et de défendre mes droits », exprime la lycéenne. Un peu plus loin, Tatiana, une Finlandaise de 26 ans, est attentive au départ du cortège. « La Pride compte beaucoup pour moi, j’ai été victime de transphobie et d’homophobie. C’est ma famille. Tout le monde peut te rejeter, ta famille peut te rejeter, mais dans la communauté LGBTQIA+, personne va te rejeter. On s’aime », témoigne l’esthéticienne.

    « Un courant réactionnaire revient »

    Derrière Tatiana, Nicolas et Daniel, tous deux quinquagénaires, observent la foule. « C’est un moment important, surtout en ce moment. Un courant réactionnaire revient, c’est important de s’affirmer et de défendre nos droits », soutient Nicolas, informaticien.

    Quelques minutes plus tard, un fumigène éclate et des cris de joie retentissent. C’est le grand départ. Sur son long char, le collectif Cagole Nomade enchaîne les performances de drag-queens devant une foule enthousiaste. Entourée de ballons blancs et roses, une DJ donne le rythme.

    De son côté, l’association marseillaise de soul brésilienne, Bloco Da Lili, fait danser les participants. Entre les tambours et les musiciens, le célèbre danseur et chorégraphe brésilien Gustavo Siqueira se déhanche dans la rue de Rome, sous des yeux ébahis et un soleil brûlant.

  • Le regard de Paul McCartney sur l’ascension des Beatles

    Le regard de Paul McCartney sur l’ascension des Beatles

    Les caisses de photographies redécouvertes par Paul McCartney constituent une véritable capsule temporelle. Des milliers d’archives capturées par le chanteur des Beatles à un moment charnière de l’histoire du groupe britannique. Sur les murs du musée Granet, une infime partie de ces photographies est désormais suspendue aux cimaises, dans des cadres minutieusement choisis, à l’occasion l’exposition intitulée « Paul McCartney photographe, 1963-1964 – Eyes of the Storm », conçue par Paul McCartney lui-même, sa société de production MPL Communications et la commissaire Rosie Broadley, de la National Portrait Gallery de Londres.

    L’exposition est née presque par hasard. En 2021, alors que l’icône travaille sur une exposition consacrée aux photographies de son ex-épouse, Linda McCartney, photographe américaine, il se souvient avoir lui aussi passé du temps derrière l’objectif dans les années 1960, lorsque les Beatles commençaient tout juste à accéder à la notoriété.

    « Son archiviste lui a rappelé qu’il possédait une boîte contenant ces photographies, retrace Rosie Broadley. Ils les ont sorties. Il y avait une vingtaine de planches-contacts et des rouleaux de pellicule, qui ont ensuite été scannés et numérisés. »

    MPL Communications s’est alors rapprochée de la National Portrait Gallery. « Il y avait des milliers de photos qui racontaient quelque chose d’impressionnant en train de se produire, pour les Beatles, mais aussi pour la culture populaire britannique », retrace Rosie Broadley.

    Ainsi est née une exposition de 250 clichés capturés avec le Pentax 35 mm de Paul McCartney, présentés pour la toute première fois en France. « On a dû choisir les tailles des tirages, tout imaginer. C’est une exposition qui ne part de rien, qui sort d’une boîte », contextualise la commissaire.

    Le contenu détaillé de l’exposition reste sous embargo jusqu’à son ouverture au public, ce samedi 4 juillet. Elle sera visible jusqu’au 3 janvier 2027. Mais, déjà, elle promet un parcours au cœur de l’intimité des « quatre garçons dans le vent » aux prémices de leur succès, une plongée dans les mois qui précèdent l’explosion de la Beatlemania.

    Cinq salles retracent quatre mois décisifs, d’octobre 1963 et ses premières performances sur de modestes scènes britanniques à la tournée menée, un mois plus tard, aux côtés des Vernons Girls. Puis viennent les premières représentations parisiennes, auxquelles une salle entière est consacrée. Parmi les clichés en noir et blanc au grain caractéristique apparaissent les visages de Sylvie Vartan mais aussi de Johnny Hallyday, stars françaises croisées sur le chemin des Beatles et témoins d’une notoriété désormais naissante. Les photographies conduisent ensuite le visiteur dans les coulisses des premières apparitions télévisées du groupe, notamment lors du célèbre « The Ed Sullivan Show », évoquées dans les salles « New York ».

    Au-delà des clichés de grattes ciels entourés de cadres gris pour renforcer l’aspect « citadin et brut », figurent également des foules de fans et de photographes massées dans les rues ou sur le tarmac de l’aéroport JFK, en février 1964. C’est là que les quatre Britanniques tiennent une conférence de presse, eux dont les « cheveux faisaient tant parler les Américains », s’amuse Rosie Broadley.

    L’exposition présente aussi des images plus inattendues, à l’image de la Maison Blanche photographiée depuis la vitre d’un taxi peu après l’assassinat de John F. Kennedy. Autant de fragments d’histoire qui se dévoilent au fil du parcours. Les dernières pièces s’attardent sur le passage du groupe à Miami. On y découvre aussi bien des moments de détente au bord d’une piscine que des clichés plus spontanés, pris sur le vif durant cette tournée sous le soleil de Floride.

    Pour la première fois, les visages d’accompagnants, proches et membres du personnel entourant les futures icônes de la musique lors de leur tournée américaine sont eux aussi mis en lumière. Des instants capturés avec innocence qui racontent autant l’ascension des Beatles que le quotidien des années 1960, moins de vingt ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale.

  • Une exposition monographique d’Adrien Fregosi au Miam

    Une exposition monographique d’Adrien Fregosi au Miam

    Les projets monographiques ne sont pas courants au Musée international des arts modestes (Miam) de Sète. Pourtant, peu après la mort de l’artiste Adrien Fregosi en 2024, sa directrice Françoise Adamsbaum et son fondateur Hervé Di Rosa ont décidé d’inviter l’ancienne compagne de l’artiste, Marine Lang, à créer une exposition consacrée à sa vie et à son œuvre. Elle s’intitule « Les Moyens du bord » et est visible jusqu’au 7 mars prochain.

    Une exposition vivante et généreuse

    « L’idée de l’exposition est de révéler les conditions matérielles et biographiques avec lesquelles il a développé son œuvre très prolifique », explique Margaux Bonopera, co-commissaire de l’exposition aux côtés de Marine Lang. « Adrien a été diagnostiqué d’un cancer en 2013 et jusqu’à sa disparition, il n’a jamais cessé de travailler. » Né à Grenoble en 1980, Adrien Fregosi est entré dans la pratique artistique par le dessin, la culture punk, le graffiti et le fanzinat, avant de s’engager dans une pratique plus picturale à son arrivée à Sète, où il a passé les dix dernières années de sa vie.

    L’exposition réunit 130 de ses créations, dont des peintures, des dessins, des photos ou encore des collages sculpturaux. Celles-ci sont accompagnées d’une vingtaine d’œuvres d’autres artistes, dont certaines ont été réalisées spécialement pour l’occasion. « Adrien pensait les choses de manière très collective, poursuit Margaux Bonopera. Nous exposons donc aux côtés de ses œuvres des artistes qui étaient un peu des modèles pour lui, comme Robert Crumb, Derek Jarman ou Miriam Cahn. D’autres sont des amis avec qui il co-créait parfois, tels que Paul Loubet, Safia Bahmed-Schwartz ou Julie Béna, entre autres. »

    La volonté des deux commissaires avec cette exposition est avant tout de « révéler toute la vitalité de l’œuvre d’Adrien en termes de palette, de personnages, de gestualité et de force ». Margaux Bonopera l’affirme : « Il y a une alliance entre le souhait d’adresser les questions de la vie de l’artiste, dont celle de la maladie bien sûr, et de proposer une exposition généreuse et joyeuse, dans laquelle on retrouve, à travers le travail d’Adrien, beaucoup d’humour, de malice et parfois même de cynisme. » Selon elle, l’exposition révèle aussi de nombreuses problématiques liées à l’aspect validiste du monde de l’art. C’est dans cette logique que l’équipe a demandé à la Ville d’installer, dans les murs du musée, des bancs urbains sur lesquels les visiteurs peuvent venir s’asseoir, se reposer et accepter l’idée que nous ne sommes pas tous égaux face à la santé, aux douleurs et à la fatigue : « J’ai eu la chance de travailler avec lui de son vivant, confie Margaux Bonopera. Il a toujours eu cette volonté de créer une œuvre lisible, appréciable et qui puisse être réceptionnée par un maximum de personnes. »

    En parallèle de celle du Miam, une autre exposition consacrée à l’œuvre d’Adrien Fregosi s’ouvre au Centre national d’art contemporain – Le Magasin, à Grenoble. Le projet est également accompagné d’un ouvrage monographique et collectif édité par le Miam et FP&CF éditions, dont le graphisme a été confié à Jad Hussein. « Il s’agit d’un objet magnifique, se réjouit Margaux Bonopera. C’est important, quand on sait à quel point le format éditorial lui tenait à cœur. »

    * 23 quai Maréchal de Lattre de Tassigny à Sète. Tous les jours sauf le lundi, de 9h30 à 12h et de 14h à 18h. Entrée : 5,60 €

  • Cinq expositions dédiées aux arts visuels à Marseille

    Cinq expositions dédiées aux arts visuels à Marseille

    Le tiers-lieu de la Friche la Belle de Mai accueille cinq expositions qui font partie intégrante de la Saison Méditerranée. Les installations mêlent de multiples médiums des arts visuels, de la peinture à la photographie en passant par la sculpture. Le public découvre une multitude d’artistes, dont les œuvres d’art dialoguent entre elles. Ensemble, elles forment un panorama de visuels, à l’image de ces territoires et de ceux qui les habitent, leurs cultures et leurs récits, ainsi que les non-dits.

    Parmi les propositions, la Friche accueille l’exposition collective « Autoroute Tanger-Marseille », projet de recherche-création porté par Think Tanger. « Sur la frontière du temps, une relève méditerranéenne » réunit seize jeunes artistes du bassin méditerranéen à travers une pluralité de disciplines. Autre jeune artiste, Mona Benyamin présente sa première exposition personnelle, « Jouer la montre ». Le dispositif Fraeme présente l’exposition monographique « Sur les ruines, les pierres fleurissent », de Abdessamad El Montassir, lauréat de la résidence Méditerranée à la Friche il y a dix ans.

    Une œuvre époustouflante

    Directeur de la Friche, Alban Corbier-Labasse a ajouté : « Le clou du spectacle, c’est une proposition qui émane d’un souhait de la commissaire générale de la Saison Méditerranée, Julie Kretzschmar. Elle avait à cœur de présenter pour la première fois en France l’exposition de l’artiste franco-algérienne Zineb Sedira. » Dans le film Les rêves n’ont pas de titre, d’une vingtaine de minutes, l’artiste relie les moments clés de sa vie à des événements géopolitiques plus larges.

    À la Friche, jusqu’au 21 mai. Tarifs : de 0 à 8 euros.

  • À Montpellier, des Boutographies qui mêlent société et légèreté

    À Montpellier, des Boutographies qui mêlent société et légèreté

    Un air de retrouvailles pour cette 26e édition des Boutographies. Du 9 au 31 mai, la manifestation culturelle montpelliéraine retrouve le Pavillon populaire, rénové et paré à accueillir pléthore de photographes. Car, encore une fois, du monde s’est bousculé au portillon. « Nous avons reçu 500 dossiers pour la présélection, ce qui est stable par rapport aux autres années. Nous en avons retenu 80 à présenter au jury. Il y aura 7 photographes en accrochage et onze en projection, avec comme nouveauté, la scène de projection héritée de l’exposition Depardon, dans des conditions idéales pour les visionner », explique Peter Vass, président fondateur des Boutographies.

    France, Belgique, Brésil, Venezuela, une diversité de pays est représentée, tout comme les sujets. « Il y a à la fois des sujets graves, lourds et pour contrebalancer cet aspect, des choses décalées, humoristiques », souligne Christian Maccotta, directeur artistique des Boutographies.

    Des séries sociétales

    Des « sujets lourds », que l’on retrouve par exemple chez Hannes Jung, photographe installé à Berlin, venu présenter « Men don’t cry  ». « Il est parti en Bosnie et travaille sur des gens qui ont été internés et ont subi des violences sexuelles lors de la guerre de Bosnie. Ces hommes vont parler de ça, c’est important, il y a un besoin de reconnaissance, de justice », détaille Christian Maccotta. La série photo sera accompagnée de témoignages. « C’est une tendance de cette édition : une forte présence de l’écrit, comme si les photographes avaient besoin de légitimer leurs travaux dans cette période trouble », poursuit Christian Maccotta.

    L’Italien Alessandro Silverj travaille, lui, sur le rapport entre chasse aux sorcières et violences faites aux femmes. Tandis qu’Alexandre Bagdassarian présentera « Seize et demi », où le photographe a suivi le quotidien des jeunes mineurs incarcérés à Lyon. « Les images montrent ces jeunes de 15 ans pleins d’espoir. Il y a une diversité de parcours, montrant que les délinquants ne peuvent pas être tous mis dans le même sac  », soutient Christian Maccotta. Autant de thématiques sociétales déclinées par les artistes. « Il y a des signes de convergence entre le champ des sciences sociales et la photographie. De plus en plus de sociologues et d’historiens travaillent avec des photographes, pas seulement pour illustrer leurs travaux mais pour en faire un outil de compréhension sociétale », fait valoir Christian Maccotta.

    La manifestation veut également offrir aux spectateurs des bouffées d’air. En ce sens, la série de Marie Lukasiewicz explore le business des coraux, utilisés notamment par l’industrie pharmaceutique. De même, Pascal Sgro et son projet « Cherry Airlines », réalisé avec l’IA. « Il s’intéresse aux formes de pubs des années cinquante. Il pousse les limites de la communication en inventant une marque de compagnie aérienne, Cherry Airlines ». Une manière de mettre en lumière le paradoxe entre le luxe et le dérèglement climatique.

    Une programmation ambitieuse, complétée par des rencontres avec des artistes, des ateliers de lecture et d’écriture, qui rythmeront le temps du festival. Sans oublier les accrochages « hors les murs » dans les établissements partenaires de la manifestation.

    * Programme complet à retrouver sur : boutographies.com.

  • Une exposition pour ne pas oublier l’horreur des camps

    Une exposition pour ne pas oublier l’horreur des camps

    L’espace des Rotatives de La Marseillaise a accueilli le vernissage de cette exposition portée par l’Amicale de Mauthausen, association qui œuvre à la mémoire de ce terrible patrimoine historique. Cette exposition, qui rappelle les horreurs du camp de Mauthausen, est à découvrir jusqu’au 8 mai. Les photos présentées témoignent des atrocités de Mauthausen, camp de concentration situé en Autriche qui aura vu passer plus de 198 000 détenus de vingt nationalités différentes, entre 1938 et 1945. L’exposition investit l’espace des Rotatives à l’initiative d’Antoine de Gennaro, membre de l’Amicale et du Collectif Saint-Jean 24 janvier 1943.

    Transmettre

    étaient également présents lors de ce vernissage Léo Purguette, président de La Marseillaise, Lisette Narducci, conseillère municipale déléguée à la mémoire et aux anciens combattants à la Ville de Marseille, Antoine Mignemi, rescapé de la rafle de Marseille en 1943 et Anne-Marie Thomazeau, fille de Marcel Thomazeau, dirigeant historiuqe de La Marseillaise qui a survécu au camp de Mauthausen. L’avocat Pascal Luongo, qui a déposé une plainte en 2019 visant à inscrire la rafle du Vieux-Port comme « crimes contre l’humanité », s’est aussi déplacé.

    Parmi les prises de parole, Léo Purguette a indiqué soutenir la démarche pour inscrire le camp des Milles, à Aix, au patrimoine mondial de l’Unesco. « Il est déterminant de faire comprendre aux jeunes générations que les engranges qui mènent au pire sont les toujours les mêmes », a-t-il souligné. Antoine Mignemi a aussi pris la parole : « Ce témoignage est pour moi un devoir de transmettre la mémoire et, en même temps, prononcer un message de paix et d’espoir, en particulier pour toutes les jeunes générations. Je déclare que le racisme et l’antisémitisme sont des délits majeurs. Soyons vigilants, aujourd’hui et pour l’avenir. » Une conférence-débat avec le collectif Saint-Jean a conclu le soirée.

    17, cours d’Estienne-d’Orves, entrée libre de lundi à vendredi, entre 10h et 18h. Jusqu’au 8 mai.

  • Une station routière romaine avec thermes mise au jour à Gémenos

    Une station routière romaine avec thermes mise au jour à Gémenos

    Une équipe de l’Inrap a mis au jour ces dernières semaines sur le site « Coupier Près » à l’entrée de Gémenos, les vestiges d’une station routière antique occupée entre le Ier et le IIIe siècle de notre ère. Son complexe thermal en bon état de conservation est une réelle surprise.

    En accord avec le Service régional de l’archéologie et le Groupe Perottino qui porte le projet de lotissement de 12 maisons individuelles, chemin de la République sur une parcelle de 4 000 m² où la fouille préventive est menée depuis le 19 janvier, l’Inrap ouvrira le site au grand public toute la journée de samedi 28 mars pour présenter ces premières découvertes *.

    De précédentes fouilles aux alentours avaient déjà permis de cerner les limites d’une petite bourgade occupée à cette période par des populations locales romanisées. Une équipe de 10 archéologues investiguent le site jusqu’au 25 mai. Outre quelques petites pièces de monnaie massaliote en cuivre, des bris d’objets sont remontés, ceux d’un verre à boire, d’une assiette et de bols à sauce ou à condiments. Il faudra deux années ensuite à l’équipe scientifique pour approfondir les recherches et produire un rapport.

    « Le site a révélé les restes d’un bassin enduit de marbre, des murs, des fonds de canalisations et des fosses datées de l’époque antique et médiévale du XIIe siècle », montre Elsa Sagetat, responsable scientifique de la fouille et spécialiste de l’Antiquité. « On sait qu’on est à proximité de champs, de plantations de vignes et de vergers et de trois ou quatre voies antiques. Ce site est probablement à la limite sud de l’agglomération antique avec une petite ruelle et un ensemble de constructions qui pourrait être interprété comme une petite station routière à l’entrée de l’agglomération. On a trouvé des petits fours et des éléments métalliques, des clous de sandales qui laissent penser qu’il y a eu à une activité métallurgique sur la voie et de la cavalerie. »

    La station n’est pas notée dans les grands itinéraires impériaux connus dans l’Antiquité et relevés dans la table de Peutinger qui est une copie du XIIe siècle sous forme de parchemins d’une carte routière romaine couvrant tout l’Empire romain et les conquêtes d’Alexandre le Grand jusqu’en Inde. Cette petite station de Gémenos devait partir vers le rivage marseillais en étant reliée à la voie Aurelia qui passe beaucoup plus au nord et qui reliait l’Espagne et l’Italie, estime l’archéologue.

    La salle de chauffe

    Les fondations des thermes du site impressionnent par leur état de conservation. « Ces deux pièces aménagées sur des hypocaustes (pilettes) avec du béton hydraulique étaient chauffées par le sol par une salle de chauffe avec une pièce pour l’arrivée des combustibles. C’est un petit parcours thermal dans une station routière pour voyageurs comme on en a sur les bords d’autoroute. On verra dans nos recherches s’il y avait des baignoires. L’arrivée d’eau n’a pas encore été trouvée », explique Eva Sagetat pour qui « ces thermes sont trop petits pour être publics et trop grands pour être privés ».

    Les nombreux foyers observés sur plusieurs points associés à des fragments de fer, de bronze et de plombs orientent les archéologues vers l’hypothèse de restes d’un atelier de métallurgie. « Nous allons récupérer tous les micro-restes pour comprendre à quoi servaient les pièces. Était-ce pour l’enclume, le coulage, la mise en fusion du métal ? Qu’y fabriquait-on ? Un tel atelier à l’entrée de l’agglomération, n’était pas négligeable pour refaire les hipposandales des chevaux qui tirent les charrettes. Le fer à cheval n’existait pas, c’était une sandale en fer. »

    Plus à l’ouest de la parcelle de 4 000 m² deux grands espaces rudimentaires avec des traces de chape de charbon ont été dégagées dédiés à des activités artisanales. Une pièce de petite dimension aménagée d’un béton de tuileau supporte un four construit avec des fragments de dolium, ces grandes amphores et des briques de terre cuite, laissant penser à l’espace d’une cuisine.

    Toutes ces découvertes passionnantes sont donc à découvrir samedi avec leurs inventeurs à l’occasion d’une journée dédiée au grand public.

  • « Les Montpelliérains » : une déclaration d’amour en images

    « Les Montpelliérains » : une déclaration d’amour en images

    C’est un pan d’histoire contenu dans un regard. 330 images, 330 tirages pour un hommage. Celui d’un photoreporter qui a puisé, dans 34 ans d’archives, des pépites sensibles brossant, couleurs et noir et blanc, le portrait multiple d’une ville adoptée et aimée : Montpellier.

    « C’est un hommage aux gens qui sont venus en visite, qu’ils soient célèbres ou non, artistes, politiques, sportifs ou rien, comme dirait d’aucun », livre Jean-Michel Mart. C’est aussi « une lettre d’amour, si si, à cette ville devenue grande qu’est Montpellier, ses rues et leur lumière et surtout à ses habitants toujours plus nombreux et toujours plus divers, si divers qu’on ne se sent jamais rejeté par eux ». Au détour d’une image, certains se reconnaîtront peut-être, « jeunes, vieux, riches, pauvres, sur deux ou quatre pattes, solitaires ou en foule mais fiers d’être de cette ville faite de toutes les autres, qui les vaut toutes et dans laquelle j’ai été tout simplement heureux. »

    Après une expérience à L’Indépendant, à Perpignan, Jean-Michel Mart débute en 1991 une longue carrière de photographe de presse au sein du quotidien régional Midi Libre, où il exerce toujours. Plus de trois décennies à pratiquer ce métier de localier, son art de la proximité. Des gens. Un art qu’affectionne ce taiseux, et dont ses photos sont pleines. En équilibre entre l’intime et la pudeur, Jean-Michel Mart porte sur ce qui l’entoure un regard tendre et affûté, où affleure souvent l’humour. Il saisit un geste, une situation, une émotion, un hasard.

    Présentées en tandem dans des juxtapositions qui prêtent à sourire ou à réfléchir, ses photos offrent une autre lecture de l’ordinaire. Un pas de côté nécessaire. Poétique. Parfois mélancolique. Ou subversif. Son regard révèle les angles morts du quotidien. « Picasso disait : je ne peins pas ce que je vois, je peins ce que je pense. Je fais pareil avec la photo. Pour moi, il y a une écriture photographique », exprime-t-il.

    Une ville arpentée durant 34 ans

    C’est son ami et ancien confrère Michel Marguier qui parle le mieux de cet « élégant sentimental et talentueux », « aussi discret que possible, mais tellement présent » dans un texte en exergue de l’exposition. Ensemble – « lui au Nikon, moi au calepin » – ils ont connu les grandes heures de ce métier de localier. 30 ans de terrain, 30 ans tous terrains à arpenter la ville, ses quartiers, ses rues, ses commerces, ses manifestations, ses lieux culturels, ses institutions… À sonder la vie des gens, « chez eux, mais sans salir leur intimité. Ou dans la rue agitée, voire furieuse, mais sans se laisser marcher sur les pieds. Au troquet du coin, à n’importe quelle heure, pour écouter et voir, sentir et laisser s’épancher. Dans le salon du consul de Grande-Bretagne, à parler whisky et entente cordiale sous le portrait de la reine. De nuit, à regarder dormir les TGV de l’hôtel terminus et y besogner, pour peu de sous, le personnel de nettoyage. Sous l’œil du Maréchal, dans le bureau tout en ordre moral d’un pathétique ancien pétainiste. Devant la tente igloo d’un SDF que le bruit de la rocade toute proche et indifférente n’empêche même plus de dormir… »

    Ce sont tous ces visages de Montpellier que racontent ces rencontres, ces événements, ces émotions, ces détails capturés dans un cadre professionnel ou non. Une exposition qui rend toute sa noblesse à la photographie de presse, « boulot qui, j’en ai peur, est en train de disparaître », souffle Jean-Michel Mart. Cette moisson d’une vie, longtemps mûrie, est aussi un hommage, en creux, « à tous ces gens avec lesquels j’ai travaillé, photographes et rédacteurs. C’est une époque où on vivait les uns sur les autres. On faisait les trois huit… Huit heures à bosser, huit heures à boire, huit heures à dormir ! J’ai connu la fin de ce genre de journalisme. »

    À vous, maintenant, de visiter ce regard, goûter ces instants. Et faire vivre « Les Montpelliérains ».

    * 1, place Paul-Bec. Entrée libre.

  • Le Grand Prix de Marseille ouvre la saison en roue libre

    Le Grand Prix de Marseille ouvre la saison en roue libre

    Quand tous les ingrédients sont réunis, et que la mécanique bat son plein, la recette ne peut qu’être un succès. Au départ de Château-Gombert, la 48e édition du Grand prix cycliste de Marseille – La Marseillaise a été au rendez-vous sur tous les points.

    Notamment sportif avec un scénario plaisant et passionnant. « C’était une belle édition tout simplement parce qu’il y a eu de la course », souligne Lilian Calmejane, ancien coureur professionnel et consultant pour Novo19, le diffuseur du Grand prix. « Si on n’a pas suivi la course de l’intérieur ou qu’on n’a pas suivi à la télé, on se dit au final sprint massif, il ne s’est rien passé. Mais ce n’a pas du tout été le cas. Les coureurs nous ont proposé d’énormes mouvements de course depuis l’Espigoulier jusqu’à l’arrivée. Ça a été indécis avec le dernier gros repris à quasiment 500 mètres. Il y a eu du spectacle », poursuit l’Occitan, qui connaît sur le bout des doigts le tracé marseillais pour avoir terminé par deux fois à la troisième place de cette course d’ouverture de la saison cycliste européenne.

    La revanche du « Coq »

    « C’était un sprint massif, mais un sprint massif bien maîtrisé. Bryan Coquard a pris entre guillemets sa revanche, parce que c’est une course qui lui échappait alors qu’il a toujours pris en début de saison », note-t-il, conscient que « le Coq » était passé proche d’un premier sacre en 2021, année où Aurélien Paret-Peintre avait fait la différence dans un sprint final à trois.

    Mais la victoire du Nazairien n’est en rien une surprise. Surtout comparé à la présence de coureurs inattendus dans le top 10, à l’image de Nicolo Buratti (MBH Bank CSB Telecom Fort) et Xabier Berasategi (Euskaltel-Euskadi) qui terminent respectivement quatrième et cinquième au classement général. « Mais ils sortent d’où ? », s’interroge Lilian Calmejane à l’arrivée, persuadé que d’autres surprises surgiront à l’Étoile de Bessèges à partir de mercredi.

  • Genesis, portraits de paysages préservés

    Genesis, portraits de paysages préservés

    Ce projet photographique de longue haleine, débuté en 2004, s’est achevé en 2012 avec plus de 30 expéditions dans des zones éloignées et souvent même inaccessibles. Genesis, constitue la troisième grande exploration de Sebastião Salgado sur les enjeux mondiaux. Après ses célèbres séries Workers et Migrations, qui s’attardaient sur les conséquences humaines des bouleversements économiques et sociaux, il s’est cette fois tourné vers la nature elle-même, offrant un poème visuel en hommage à la majesté et à la fragilité de la planète, ainsi qu’à sa genèse.

    Une nature brut
    qu’il faut préserver

    « C’est une quête des origines, à la rencontre de territoires épargnés par le monde moderne : paysages majestueux, peuples ancestraux et faune sauvage composent une mosaïque d’une nature demeurée intacte », écrit Lélia Wanick Salgado, commissaire de l’exposition.

    « Cette exposition nous présente des paysages, des animaux et des peuples qui ont échappé au monde contemporain. Elle met à l’honneur ces régions vastes et lointaines où, intacte et silencieuse, la nature règne encore dans toute sa majesté. » Des photos envoûtantes en noir et blanc qui vous transporteront des régions polaires aux déserts arides en passant par les forêts tropicales ou encore les montagnes glacées, pour dévoiler une beauté brut. Avec Genesys, l’artiste, à travers son objectif, rend un hommage à une nature souveraine tout en lançant un appel à la préserver. Au-delà des paysages, dont la plupart ont des climats qui ne permettent pas la plupart des formes de vie, d’autres clichés vous invitent à aller à la rencontre d’animaux ou de peuples qui ne pourraient survivre sans cet isolement.

    Un ensemble photographique majestueux qui a été couronné par de nombreuses expositions dans le monde et que vous pouvez découvrir en famille gratuitement au sein de la Vila Tamaris.

    Sans oublier une compilation dans un bouquin de 520 pages publié aux éditions Taschen. Les photographies y sont réparties en cinq chapitres en fonction des zones géographiques : confins du Sud, Sanctuaires, Afrique, Terres du Nord et Amazonie puis Pantanal.

    Vous pouvez donc vous émerveiller et voyager à travers ces clichés uniques tous les jours, du mercredi au dimanche, de 13h30 à 18h.

    Exposition gratuite et ouverte
    à tous jusqu’au 11
     janvier 2026.