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  • Fabien Roussel : « Nous ne voulons plus de leurs trafics »

    Fabien Roussel : « Nous ne voulons plus de leurs trafics »

    La Marseillaise : Vous arrivez ce week-end à Marseille dans un contexte particulier, une semaine après l’assassinat de Mehdi Kessaci. Quelle a été votre première réaction lorsque vous l’avez appris ?

    Fabien Roussel : À chaque fois que j’entends un drame lié aux narcotrafiquants qui provoque une mort ou un blessé grave, je suis profondément choqué que ces narcotrafiquants viennent pourrir nos vies. Mais quand j’ai appris que cette fois-ci il s’agissait d’un jeune homme tué parce qu’il est le frère d’un autre jeune homme qui se bat contre les narcotrafics, j’ai été sidéré de voir jusqu’où ces truands, ces bandits, étaient capables d’aller pour faire leur commerce de la mort. Ce crime odieux doit être pris à ce niveau. On a en face de nous des truands, des criminels totalement décomplexés, qui sont prêts à tout. En face, nous ne devons pas leur céder un pouce de terrain. Je trouve extrêmement courageux de la part d’Amine de rester digne, droit et déterminé à mener ce combat-là.

    Beaucoup de responsables parlent d’un nouveau cap franchi, avec un assassinat d’intimidation, qui vise un militant politique. Vous partagez ce constat ?

    F. R. : C’est difficile de le caractériser. Mais c’est un assassinat horrible, pour empêcher Amine de mener son combat contre les narcotrafiquants. J’ai du mal à mettre un qualificatif derrière. Un assassinat est un assassinat. Mais ce qu’ils ont fait en tuant Mehdi, c’est de franchir un pas plus grave. Cela montre que ces criminels sont extrêmement dangereux. Tout autant que le sont des terroristes qui tuent des civils innocents.

    Vous allez participer ce samedi à la marche blanche organisée à Marseille à l’appel de la famille, pourquoi avez-vous souhaité y aller ?

    F. R. : Parce qu’Amine entend continuer ce combat, et que ce combat est juste, nous devons tous être avec lui. Pas derrière, mais avec lui, pour faire front, pour garder la tête haute et pour dire que nous ne leur céderons pas un pouce de terrain. Nous ne les voulons plus dans nos quartiers, dans nos halls d’entrée, nous ne voulons plus de leurs menaces, de leurs balles perdues, de leurs trafics de drogue. Nous n’en voulons plus ! C’est important d’être à côté d’Amine mais aussi à côté de toutes ces associations, de tous ces élus, de toutes ces forces de police, de tous ces magistrats qui se battent contre les narcotrafiquants. Nous devons être unis. La population, le peuple doit faire bloc et envoyer un message extrêmement fort pour leur dire : vous ne nous faites pas peur, nous ne céderons pas.

    Sur la question du narcotrafic, on a l’impression que la droite, que l’extrême droite surtout qui veut imposer un état d’urgence à Marseille, sont plus audibles que les forces de gauche. Comment l’expliquez-vous ?

    F. R. : La droite comme l’extrême droite, depuis des années, ont des mots durs pour parler de sécurité. Mais de l’autre côté, ils déshabillent complètement l’État, les différents ministères concernés, les communes, les différentes associations, de tous moyens d’action. Ceux qui appellent tous les jours à réduire la dépense publique sont coupables de désarmer les services de l’État, la justice, la police, les services publics qui sont tous les jours en première ligne dans ces quartiers. Dimanche j’entends dénoncer cette hypocrisie de la part de ceux qui viennent verser des larmes de crocodile quand il y a ces drames, mais derrière quand il s’agit de voter des crédits pour embaucher des policiers, des douaniers, des magistrats, donner des moyens aux communes, aux associations, sont absents ou appellent à faire des économies. Quand il s’agit de lutter contre les trafiquants, il ne peut pas y avoir de double langage. Il faut être capable de hausser le ton mais aussi de donner des moyens à la République, à l’État, d’être forts, extrêmement forts pour résister à ces bandes qui elles ont des moyens illimités.

    Quelles propositions justement peut porter la gauche ?

    F. R. : Je dirai deux mots : des services publics. Et derrière les services publics, c’est la force de l’État. Derrière les services publics, je mets autant les services publics de l’ordre, telle que la police, mais aussi celui du contrôle de nos frontières, les douaniers. Nous avons perdu 15 000 douaniers dans nos ports, nos aéroports, à nos frontières ! Ce sont des services publics qui devraient avoir tous les moyens pour garantir la protection de notre jeunesse et des habitants. Les services publics, c’est ceux de la justice, et derrière la justice je pense à la PJJ, à la protection de la jeunesse, aux moyens de pouvoir juger rapidement, sévèrement et justement ceux qui sont pris. Enfin, les services publics, c’est tout ce qui agit en matière de prévention. Cela va des moyens que l’on donne aux communes à la vie dans nos quartiers, aux logements, au sport, à la culture. C’est essentiel pour vivre ensemble. Et cela contribue à faire reculer aussi l’individualisme, le chacun pour soi, le système D, et donc les trafics. C’est donc une politique d’ensemble qu’il faut avoir, et tenir les deux bouts : la répression, la protection, mais aussi la prévention.

    Vous aviez décidé avant cette actualité dramatique de venir à Marseille, tenir ce meeting national, loin de toute échéance nationale. Pourquoi ?

    F. R. : Dans la période tendue dans laquelle se trouve la France, avec un gouvernement qui entend continuer à mettre en place des politiques d’austérité, dures économiquement, avec un budget qui ne permet pas à la France de répondre à ses besoins dans tous les domaines – l’emploi, les services publics, la sécurité – je tenais à ce que le Parti communiste français ait une parole forte pour dire que les solutions existent. C’est possible ! C’est possible de répondre aux attentes des salariés, de la jeunesse, des familles, des quartiers, des retraités. Nous produisons des richesses, qui sont injustement réparties. Et nous pourrions produire plus de richesses pour répondre aux immenses besoins de ce pays. Je souhaite montrer dimanche que la question de la réindustrialisation, de développer les services publics, c’est la perspective de créer des centaines de milliers d’emplois qui demain permettront de créer des richesses, de payer des cotisations, de financer notre modèle social. C’est par la production de richesses, par la réindustrialisation de la France, par des services publics forts que nous sortirons par le haut. Ce n’est pas par des politiques d’économies, d’austérité. Toutes ces économies demandées conduisent à rabougrir la France, c’est la petite France que nous proposent la droite et ce gouvernement ! Nous, nous avons une grande ambition pour la France. Et c’est cette grande ambition que je souhaite porter dimanche lors de ce meeting.

    Vous avez évoqué les débats budgétaires, avec un texte qui pour la première fois fait l’unanimité contre lui… Quel regard vous portez sur ces débats, dans une Assemblée éclatée ?

    F. R. : Le fait qu’il n’y ait pas de 49-3 et que les différents groupes sont appelés à construire un budget permet de révéler ce qu’un groupe porte et défend. Pour nous, les parlementaires communistes, nous sommes clairs sur ce que nous ne voulons pas. Tout ce qui conduit à taxer davantage le pouvoir d’achat des Français, nous n’en voulons pas. Mais ça permet aussi de dire tout ce que nous voulons pour la France, pour les travailleurs. En matière de justice sociale : hausse des salaires, baisse de la CSG sur les salaires, baisse de la TVA sur l’énergie, des moyens plus importants pour nos communes, pour nos services publics. Tout cela nous le défendons. Et nous disons aussi que nous sommes prêts à faire des concessions, à construire, parce que nous avons bien conscience qu’il faut chacun faire un pas l’un envers l’autre. Malheureusement, en face de nous, la droite et l’extrême droite sont extrêmement fermées à toute contribution supplémentaire que les plus riches, les plus fortunés pourraient faire pour financer les besoins de notre pays.

    Nous avons vu aussi la gauche divisée à l’Assemblée…

    F. R. : Je ne suis pas là pour parler des divergences à gauche, ce n’est pas mon sujet. Je ne suis pas là pour commenter les mots des uns contre les autres, mais pour dire ce que le Parti communiste français porte comme ambition pour le pays. Après, chacun prend ses responsabilités au moment du vote. Et les Français jugeront. Je sais ce que nous, nous défendons, ce que nous voulons pour le monde du travail, pour nos services publics, pour notre industrie, pour la paix. Je parlerai beaucoup de cette question-là dimanche, parce que tout est fait en ce moment pour préparer la France à la guerre. Nous sommes clairs sur ce sujet : ce n’est pas une question de déni, c’est une question d’objectif, d’ambition pour la France. Nous voulons la paix ! Et la paix, ça se négocie, ça se travaille.

    Quelles propositions mettez-vous sur la table pour le budget ?

    F. R. : Les propositions que nous portons, justement, c’est un changement radical dans la conduite économique de notre pays ! Nous voulons créer des emplois pour répondre aux besoins de notre pays en matière de sécurité, mais aussi pour le climat, la petite enfance, les personnes âgées, pour l’enseignement, pour la santé… Il y a des gisements d’emplois considérables, embauchons dans les services publics, dans les collectivités pour répondre à ces immenses besoins ! Il y a besoin de réindustrialiser la France. Nous proposons un choc fiscal permettant d’investir des dizaines de milliards d’euros tous les ans, comme le font les Allemands d’ailleurs, pour inciter les entreprises à relocaliser en France, à créer des emplois en France, à payer des salaires en France plutôt qu’à l’étranger. Et produire en France plutôt qu’à l’étranger. Les 211 milliards d’euros d’aides publiques doivent être utilisés à cela, et exclusivement à cela : relocaliser l’industrie française en France. Nous redresserons l’économie de notre pays par la production de richesses, une richesse permettant aux salariés de vivre dignement, avec un bon salaire, de payer des impôts et de consommer des produits réalisés en France. Cette question de la production est centrale, c’est le message que je souhaite faire passer dimanche, avec des propositions concrètes… que je vous livrerai dimanche !

    Vous parliez des enjeux de la paix, vous avez vivement réagi sur les propos du chef d’état-major des armées qui parler d’« accepter de perdre des enfants »… Comment met-on un terme à ces discours guerriers ?

    F. R. : Cela fait plusieurs semaines que je tire la sonnette d’alarme pour alerter sur le fait que le président de la République, dans ses déplacements, multiplie des déclarations va-t-en guerre, guerrière. Malheureusement, ce n’est pas ça qui domine dans l’actualité. La déclaration du chef d’état-major des armées permet au moins de sortir de cette ambiguïté. Il a dit tout haut ce que le président de la République dit dans ses réunions à l’extérieur, à l’international. Nous ne voulons pas que la France rentre en guerre, contrairement à ce que le président de la République souhaite. Plusieurs chefs d’État en Europe aujourd’hui sont en train de préparer les esprits à un conflit avec la Russie. Nous devons tout faire pour empêcher la généralisation du conflit. La guerre en Ukraine a fait près d’un million de victimes, morts et blessés, il est temps aujourd’hui de tout faire pour négocier. Il y a deux ans, j’avais présenté des propositions qui pouvaient être discutées. Toutes ces propositions avaient été balayées en disant que ce ne sera jamais d’actualité. Or aujourd’hui, elles sont au cœur des négociations. Nous appelons à ce que des négociations pour une paix juste et durable puissent s’accélérer et que tout soit mis en œuvre pour éviter la guerre. Et nous préférons que la France prenne la tête d’un combat pour la sécurité collective des peuples européens de l’Atlantique à l’Oural plutôt que la tête d’une armée européenne contre Moscou.

    Donald Trump tente aujourd’hui d’imposer sa paix en Ukraine. Est-ce qu’elle serait viable ?

    F. R. : Ne laissons pas les États-Unis imposer les conditions de la paix en Europe. C’est à nous Européens de construire les chemins d’une paix juste et durable parce que ce sont nous qui vivons ici. Pas les Américains ! Ce sont les Américains qui ont tout fait pour attiser les tensions avec la Russie sous les précédents mandats. Ce sont les Américains qui ont multiplié les bases de l’Otan à la frontière russe. Ce sont les Américains qui ont incité l’Ukraine à adhérer à l’Union européenne et à l’Otan. Il est temps maintenant que les Américains arrêtent de jeter de l’huile sur le feu dans notre continent. Qu’ils s’occupent de leurs affaires et qu’ils laissent les Européens travailler à la paix.

    À Gaza aussi Donald Trump a imposé son plan de paix, qui n’empêche pas que les bombardements se poursuivent encore ces derniers jours… Comment obtenir une paix définitive ?

    F. R. : En prenant nous-même notre bâton de pèlerin pour la paix, et en arrêtant d’être suivistes des États-Unis. À chaque fois que la France attend que Donald Trump donne le la, nous sommes soumis à ses décisions. Ne laissons pas Donald Trump dicter ses conditions. Il faut que la France, qui est un grand pays, puisse avec d’autres pays être en capacité de négocier et d’imposer des conditions de paix plutôt que de laisser Trump le faire. Concernant la Palestine, la France et d’autres pays de l’Union européenne ont un poids suffisamment important pour imposer à Israël des sanctions fortes pour permettre aux Palestiniens de vivre en paix dans leur propre État. Malheureusement, ce n’est pas le choix qu’ont fait les nations européennes. Et pourtant nous en avons les moyens économiques. Nous avons su prendre des sanctions fortes contre la Russie, il n’y en a eu aucune prise contre Israël. Zéro sanction ! C’est un deux poids, deux mesures inacceptable.

  • La barre de la Lèque et des immeubles bientôt démolis à Port-de-Bouc

    La barre de la Lèque et des immeubles bientôt démolis à Port-de-Bouc

    Arrivée il y a peu à la tête de 13 Habitat, la nouvelle direction du plus important bailleur social des Bouches-du-Rhône arpente le terrain. Ce jeudi 20 novembre, c’est à Port-de-Bouc que le président Jean-Marc Perrin et Damien Vanoverschelde, à la tête de son équipe technique, se sont arrêtés. « On essaie d’aller vers nos plus gros patrimoines comme à Miramas, à Port-Saint-Louis-du-Rhône ou ici, où on gère 1 400 logements », explique le successeur de Nora Preziosi qui rappelle : « 13 Habitat, ce sont 526 résidences réparties sur 73 communes et 34 000 logements. »

    Dans la commune de 16 000 habitants, qui compte 42% de logements sociaux, le bailleur gère quatre quartiers et y mène des projets structurants financés par l’Agence nationale de pour la rénovation urbaine (Anru), suite à la signature de la convention en avril 2023.

    À la Lèque, la grande barre de 71 appartements doit être détruite par grignotage dans les mois qui viennent. « On s’organise pour que ce soit fait au cours du premier semestre 2026, détaille Damien Vanoverschelde, directeur général de 13 Habitat. Il reste une famille qui y vit, pour laquelle on est en train de finaliser le relogement. »

    Du logement étudiant

    La tour à proximité sera quant à elle réhabilitée. « Une fois la barre tombée, on construira trois petits immeubles d’Action Logement pour le 1% patronal [à destination des salariés du privé, Ndlr], de nouvelles rues perpendiculaires vont traverser le quartier, ce sera plus sympa, plus aéré », se projette le maire Laurent Belsola (PCF).

    Toujours sur la presqu’île, aux Aigues-Douces, deux bâtiments seront démolis à la fin de l’année 2026. Un troisième sera à moitié détruit et fera l’objet d’une restructuration pour que les appartements soient plus adaptés aux besoins actuels. « On va vers du concret, se réjouit l’édile. Après l’école Victor-Hugo, complètement rénovée énergétiquement, et le nouveau city-stade inauguré en avril 2024, la population va voir des immeubles tomber, des aménagements extérieurs, des réhabilitations… »

    À Bellevue, une barre et une quarantaine de villas sociales doivent être rasées. La Ville et 13 Habitat réfléchissent à un projet de logements étudiants dans ce quartier où sont implantés le lycée professionnel Charles-Mongrand et le CFA Henri-Rol-Tanguy. « Nous avons des établissements et des industries qui font de la formation, comme l’institut de soudure ou l’atelier d’usinage John-Cockerill, donc on va s’orienter vers un habitat accessible aux jeunes car il y a un réel besoin », révèle Laurent Belsola.

    Pour Jean-Marc Perrin, « il faudrait qu’il y ait un Anru 3 pour qu’on puisse continuer le travail ». Mais le président du bailleur social reconnaît que ce n’est pas une mince affaire, dans la mesure où « l’État manque d’argent public ».

  • Une soirée dédiée à la lutte des femmes iraniennes à Martigues

    Une soirée dédiée à la lutte des femmes iraniennes à Martigues

    « Tout ce qui arrive aux femmes est de leur faute. » Sara, installée en France depuis 2018, fait partie de ces Iraniennes à avoir refusé de se soumettre aux hommes et au régime des Mollah. Ce vendredi soir, elle vient partager son expérience de la lutte des femmes iraniennes à l’invitation du collectif féministe du PCF de Martigues.

    « Au départ, je pensais que c’était moi qui étais bizarre. On me disait que j’étais rebelle, car je ne voulais pas être leur poupée », raconte la trentenaire. « Car on ne peut rien dire contre les hommes. Sinon on se fait insulter avec des mots très durs. Cette sensation de ne rien pouvoir dire est étouffante », poursuit-elle. « Tout ce qui arrive aux femmes est de leur faute », affirme Sara, prenant comme exemple « si l’homme trompe sa femme, c’est de sa faute car c’est son rôle de satisfaire son homme ».

    Sororité contre patriarcat

    Dans la lutte des femmes iraniennes, Sara pense qu’« il faut d’abord se rendre compte que c’est le gouvernement qui permet tous ces problèmes que connaissent les femmes, en imposant la religion et l’éducation qui les contrôlent et les fait taire ». Elle est solidaire de « ces filles qui ne portent plus le hijab même si elles se font frapper par la police des mœurs ».

    Aujourd’hui, Sara a « espoir contre ce gouvernement qui vit ses dernières minutes », et trouve « rassurant que des hommes soient avec nous au lieu de se protéger entre eux ».

    Le témoignage de Sara est à retrouver au complet ce vendredi soir au 1 bd Gérard-Philipe à Martigues, à partir de 18h. Une initiative du collectif féministe du PCF dont fait partie Marianne Bocca, qui l’inscrit « dans le cadre de la journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes du 25 novembre » et pour « dénoncer le patriarcat » dans tous les pays.

    Entrée libre, repas à prix libre.

  • Pour le meeting de Fabien Roussel, la parole au monde du travail

    Pour le meeting de Fabien Roussel, la parole au monde du travail

    Un rendez-vous au milieu des tempêtes de l’actualité. Ce dimanche à partir de 13h30, le secrétaire national du PCF, Fabien Roussel, tient un meeting au parc Chanot. L’occasion, entre les débats budgétaires, les élans guerriers internationaux et la campagne des municipales, de porter les propositions du PCF à travers un Pacte pour l’avenir de la France, avec la création d’un fonds d’avances pour l’industrie et les services publics. Mais cette rencontre sera aussi l’occasion de redonner largement la parole au monde du travail et à ses représentants. « Nous répondons toujours positivement aux invitations des partis politiques progressistes pour porter nos revendications pour qu’ils puissent les relayer à l’Assemblée, qu’ils entendent les revendications du salariat », explique Virginie Akliouat, co-secrétaire départementale de la FSU, qui prendra la parole ce dimanche. Une intervention d’autant plus importante alors que se poursuivent les débats sur les lois de finances au Parlement. « Nous sommes en première ligne dans la période budgétaire actuelle, assène-t-elle. Il faut que l’opinion publique ait conscience des menaces qui pèsent sur l’ensemble des services publics : l’hôpital et l’école sont dans des états lamentables… » Et de rappeler : « Les services publics sont la pierre angulaire de la société française. »

    C’est d’autant plus vrai après l’assassinat de Mehdi Kessaci. « C’est dramatique ce qui se passe à Marseille », partage la co-secrétaire de la FSU, alors que l’organisation syndicale a appelé, à l’échelon départemental comme national, à se joindre à la marche blanche organisée samedi. « Le service public de proximité est le dernier rempart pour les publics les plus défavorisés, ce sont les plus concernés par les politiques mises en place par Emmanuel Macron », insiste-t-elle.

    Préparer le 2 décembre

    Cette menace du narcotrafic, les portuaires et dockers la connaissent bien eux aussi. « Nous sommes confrontés à des questions de menaces pour certains d’entre nous, la question de la protection des travailleurs devient importante, encore plus avec ce qu’il s’est passé pour la famille Kessaci », s’alarme le secrétaire général de la CGT du Grand Port maritime de Marseille, Pascal Galéoté, un des premiers signataires de l’Appel de Marseille. Il n’oublie pas qu’au Havre, un docker CGT a déjà été assassiné par les réseaux de narcotrafiquants. « Il y a eu une loi narcotrafic votée, mais sans moyens supplémentaires, sans vraie démarche dans les quartiers autour du port, autour des bassins Est », déplore-t-il.

    Lui aussi reste mobilisé face aux débats budgétaires. « C’est important de prendre la parole dans ce meeting dans cette période de plus en plus compliquée pour le monde du travail, la discussion sur le budget aura des conséquences économiques sur l’activité portuaire, sur la question sociale, sur la nécessité d’avoir un État qui assume ses responsabilités et peut mener ses investissements », détaille-t-il, rappelant les revendications sur la Sécurité sociale, sur les retraites. « De l’argent il y a en a, on produit des richesses, mais on fait des économies sur le dos du peuple », dénonce Pascal Galéoté. Et d’insister, d’autant plus face à la menace de l’extrême droite : « Aujourd’hui, il faut qu’il y ait un sursaut, ce meeting doit préparer le mouvement du 2 décembre. »

  • Les communistes veulent toujours sauver l’usine de la verrerie à Vergèze

    Les communistes veulent toujours sauver l’usine de la verrerie à Vergèze

    Si l’activité et le four sont arrêtés depuis la fin octobre sur le site de la verrerie à Vergèze, laissant 164 salariés sur le carreau, la fermeture de l’usine est officiellement prévue pour le début 2026. Mais d’ici là, un repreneur peut toujours se manifester. C’est pourquoi les communistes gardois pensent pouvoir trouver une issue favorable pour ce site emblématique du département. Mardi 18 novembre, ils ont d’ailleurs rencontré le préfet du Gard pendant 1h30 pour demander à l’État de s’investir davantage dans ce dossier.

    « Le préfet est à l’écoute », confirme l’élu départemental Christian Bastid (PCF). « Nous avons voulu rappeler que pour nous, la bataille n’est pas finie. Certes Owens-Illinois (O-I) s’en va alors qu’ils ont touché de l’argent public au passage. Mais nous pensons que le groupe Nestlé peut s’engager à la fois à reprendre les salariés et la verrerie. Ils ont les moyens de reconstruire un four. Pour eux, le problème n’est pas financier au vu des profits qu’ils font. »

    En effet, en février dernier, Nestlé annonçait de nouveaux résultats record et un bénéfice net de 10,9 milliards de francs suisses (soit 11,4 milliards d’euros). « Nous avons aussi beaucoup insisté sur le fait que Nestlé touchait des aides publiques, même si on ne parvient pas à connaître la somme exacte », poursuit le communiste.

    Le préfet impuissant

    Tous les acteurs de la verrerie ayant rencontré Jérôme Bonet reconnaissent son implication dans le dossier. « Il nous a confirmé qu’il avait bien rappelé à O-I que c’était à eux de mettre aux normes le site et de le dépolluer. Il a également réaffirmé qu’il était attentif sur l’emploi », confirme C. Bastid.

    Mais concernant la reprise par Nestlé ou une nationalisation temporaire du site, le préfet a confirmé qu’il ne pouvait rien. « On lui a demandé d’interpeller le ministre de l’Industrie sur cette question mais il a refusé car il ne croit pas que ça puisse avoir un impact », ajoute Christian Bastid qui a également abordé l’avenir de la source Perrier : « Le préfet est très inquiet sur la suite. Aujourd’hui, Perrier ne prolonge plus ses CDD, il y avait 1 000 salariés et ils sont maintenant autour de 850. »

  • L’ouverture d’Alès-Bessèges retardée

    L’ouverture d’Alès-Bessèges retardée

    Retardée mais pas abandonnée. La ligne Alès-Bessèges, rouvrira bien en 2030, assure Jean-Luc Gibelin, le vice-président (PCF) régional en charge des transports qui table même sur le lancement de la ligne pour 2028 entre Alès et Saint-Ambroix.

    Décidée en 2016, cette réouverture a pris du retard à cause d’une législation de plus en plus contraignante. Les élus doivent en effet présenter des études sur l’impact environnemental mais aussi des démarches de « qualification du caractère d’impérieuse nécessité du service public » et des études socio-économiques. « Pour un chantier qui va durer 12 à 18 mois, il aura fallu 8 à 10 ans de procédure. C’est une période beaucoup trop longue », reconnaît Jean-Luc Gibelin, jugeant cette situation « inacceptable pour les habitants mais aussi pour les élus ». « Nous sommes très loin de la simplification promise par Emmanuel Macron. Nous avions déjà rencontré ces problèmes lors de la réouverture de la ligne droite du Rhône mais ça ne fait qu’empirer », poursuit l’élu communiste.

    Jusqu’ici, le projet devait en effet voir le jour en 2028 (après déjà un premier report), mais il a de nouveau été décalé à 2030 à cause notamment de l’étude du dossier d’autorisations environnementales de plus de 2 000 pages déposé en juillet dernier. « Nous pensons qu’il sera étudié à partir du début de l’année prochaine, donc six mois seront passés parce que nous avons reçu un premier courrier de non complétude de notre document alors que nous l’avions réalisé en partenariat avec les services de la préfecture, car le sous-préfet et le préfet sont très aidants dans ce dossier », ajoute l’élu de Salindres.

    Biodiversité

    Cette réouverture, qui s’appuie sur le même tracé qu’avant 2012, nécessite des travaux sur les voies mais aussi sur les gares. Aujourd’hui, les principaux problèmes concernent le nord de la ligne, entre Saint-Ambroix et Bessèges, où des zones humides abritant de la biodiversité se sont créées autour des caniveaux désaffectés depuis l’arrêt du trafic. La Région doit donc désormais démontrer qu’elle protège cette biodiversité, alors qu’en relançant la ligne, les caniveaux vont à nouveau fonctionner, asséchant de fait ces zones humides. La présence de chauves-souris dans les tunnels sans circulation pendant vingt ans pose également problème.

    « Nous travaillons avec les services de la préfecture pour trouver des solutions. On nous demande de trouver des lieux de compensation notamment pour les chauves-souris alors que rien ne démontre qu’elles n’étaient pas déjà dans les tunnels quand les trains passaient. Beaucoup de conducteurs de train confirment qu’ils voient des chauves-souris dans les tunnels de la ligne des Cévennes par exemple », précise le vice-président de la Région Occitanie.

    Pour respecter le nouveau calendrier, la Région a encore de nombreuses étapes à franchir avec le lancement de la phase d’avant-projet, la sélection des entreprises mandatées pour les travaux et le lancement de l’enquête publique pour supprimer cinq passages à niveau. Une procédure « qui ne va pas être simple », prévient déjà Jean-Luc Gibelin.

  • Marcher pour défendre les associations féministes

    Marcher pour défendre les associations féministes

    « On sait que si l’on continue à baisser les moyens des associations et des services publics, le nombre de féminicides va remonter. » Sur l’esplanade Gisèle-Halimi, un lieu qui n’a pas été choisi par hasard, Alexandra Brochus du Collectif 13 droits des femmes, martèle la nécessité des associations dans la lutte des violences faites aux femmes. À l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination des violences à l’encontre des femmes, organisations féministes, syndicats et partis politiques appellent à manifester ce samedi, à 14h en bas des escaliers Saint-Charles.

    Un rendez-vous immanquable pour les collectifs féministes. « Dans ce contexte de politiques budgétaires austéritaires, on se doit d’être au rendez-vous », insiste Alexandra Brochus. Le nouveau projet de loi de finances de 2026 prévoit, en effet, une coupe d’un milliard d’euros dans les subventions aux associations. Un non-sens pour les militantes, pour qui ces structures sont souvent un refuge pour les femmes victimes de violence. « Elles sont indispensables, parce qu’elles comblent les carences de l’État », affirme Isabelle Marilier, membre de Genre et altermondialisme.

    Associations fermées, femmes en danger

    Des coupes budgétaires qui mettent en danger de nombreuses structures d’accompagnement des victimes, comme les Plannings familiaux ou les Centres d’information sur les droits des femmes et des familles (CIDFF) qui connaissent régulièrement des difficultés. Le CIDFF d’Arles avait par exemple été menacé de fermer l’été dernier à cause du manque de moyens. Des structures qui permettent pourtant aux femmes victimes de violences d’avoir un accompagnement juridique, social et psychologique. Les militantes réclament également plus de moyens alloués à la « prévention, la justice et les services publics », précise Alexandra Brochus. Notamment 3 milliards d’euros pour la mise en œuvre de l’éducation à la vie affective relationnelle et à la sexualité, qui donne les clés aux filles et aux garçons pour repérer et éviter les comportements dangereux. Une marche « pour toutes les femmes, de tous les pays et toutes les religions et contre toutes les formes de violences », lance-t-elle.

    Des violences dont le narcotrafic est parfois l’auteur. « C’est pourquoi quand on a appris la date de la marche pour Mehdi Kessaci, nous avons tout de suite pris contact avec les organisateurs pour que nos deux marches se rejoignent », indique Pascaline Lécorché, représentante de Place publique à Marseille. Le jeune homme, frère du militant écologiste Amine Kessaci engagé dans la lutte contre le narcotrafic, a été tué jeudi dernier dans ce qui s’apparente à un meurtre d’intimidation d’après les dernières avancées de l’enquête (lire pages 2 et 3). « Les mères dans ces quartiers sont souvent les premières actrices locales mais aussi des victimes de cette violence », se désole Alexandra Brochus.

    Les rendez-vous

    Aubagne

    Samedi 22, à 10h30 sur le cours Beaumont.

    Draguignan

    Samedi 22, 11h, place Cassin.

    Salon-de-Provence

    Samedi 22, 17h, à la mairie.

    Avignon

    Samedi 22, 15h, à la gare.

    Marseille

    Samedi 22, 14h, gare Saint-Charles et mardi 25, 18h30, place de la Joliette.

    Toulon

    Mardi 25, 18h, palais de Justice.

    Arles

    Samedi 29, 16h, place de la République.

  • Face au narcotrafic, Amine Kessaci appelle à la révolte collective

    Face au narcotrafic, Amine Kessaci appelle à la révolte collective

    « Je vous attends nombreux. Levons-nous ensemble. Courage. On ne peut pas tuer tout un peuple. » On aurait pu croire Amine Kessaci définitivement anéanti par l’assassinat de Mehdi son frère, un très probable « crime d’avertissement » selon le ministère de l’Intérieur, alors que le militant écologiste, très engagé dans la lutte contre le narcotrafic et sous protection policière, avait reçu des menaces. Mais c’était mal le connaître.

    Dans un message sur les réseaux sociaux ce mercredi 19 novembre, il appelle au rassemblement ce samedi à 15h pour une grande marche blanche au départ du lieu du crime. Plus tôt dans la matinée, il a signé dans le journal Le Monde une tribune aux mots dont on devine qu’ils ont été soigneusement pesés. Un uppercut à destination de ceux qui ont tué son frère, de l’État dont il dénonce les carences, insistant sur « les failles de la République, les territoires abandonnés et les populations oblitérées ».

    Un texte qui dénote un courage admirable face à l’horreur, a réagi Annick Karsenty, présidente de Femmes solidaires Marseille, parmi les premières signataires de l’Appel de Marseille. Lancé en janvier 2024 à l’initiative du PCF 13 il entendait enrayer la spirale de violences du narcotrafic et a été depuis soutenu par des milliers de citoyens, élus, acteurs de la culture, du sport, du secteur associatif et syndical… Dont Amine Kessaci. Une démarche qui dans ce contexte, prend un sens tout particulier.

    « La terreur n’aura pas de prise, il faut qu’il y ait du monde à cette marche blanche », estime la militante associative. Même s’il faudra mener « une lutte de longue haleine », pour « rétablir les services publics dans les quartiers, les écoles » et « faire en sorte que les quartiers ne soient plus dans l’abandon », estime-t-elle.

    Déplorant une « situation effroyable », Pascal Galéoté, secrétaire général de la CGT du Port, également parmi les premiers signataires, considère que « l’Appel de Marseille a été quelque part précurseur pour essayer d’interpeller tout le monde, et malgré les engagements, les actes concrets ne sont toujours pas au rendez-vous ». Et ce ne sont pas les « quelques coups d’éclat du gouvernement » qui vont remplacer un nécessaire « travail de fond » pour « qu’on reprenne possession de nos quartiers et qu’on arrive à éradiquer ces trafics », s’indigne le responsable syndical. Et d’insister : « Ce problème concerne tous les Marseillaises et les Marseillais et au-delà, on n’a pas d’autre choix que de s’en emparer. On sera là samedi. »

    Un minimum aussi pour Vincent Moutardier, chirurgien dans les quartiers Nord, aussi engagé dès le début dans l’Appel.

    « Un sursaut populaire »

    « Il n’y a plus de limites, c’est très impressionnant », nous confie-t-il entre deux opérations au bloc, toujours bouleversé. « On ne peut pas rester silencieux, c’est un problème de société majeur dont j’avais moins conscience il y a un an », reconnaît-il, faisant part de ses doutes. « Que faire à mon niveau ? La marche blanche évidemment mais la prise de conscience n’est pas encore là », analyse le chirurgien pour qui un « sursaut populaire » s’impose néanmoins.

    Pour crier sa colère et son espoir, Joël Dutto, secrétaire de la section PCF Marseille 15e et aussi partie prenante de l’Appel, avait pris la plume deux jours après l’assassinat. Une manière « d’inciter les gens à parler », explique-t-il, se souvenant des réticences des habitants à signer le texte de leur nom. « Beaucoup l’ont fait, ce n’était pas facile, on était là avec nos stylos à deux pas du réseau, à la Solidarité », raconte le militant communiste pour qui l’État n’agira que « si ça monte d’en bas ». Et si Mehdi est mort, analyse-t-il, c’est aussi que les trafiquants « ont peur pour leur empire ». Il appelle à dépasser le choc. « La République ne peut pas perdre face au narcotrafic, c’est ce que dit Amine », insiste Joël Dutto.

    Samedi, « il faut que toute la ville soit présente », exhorte Anthony Gonçalvez, oncologue à l’Institut Paoli Calmettes mais aussi chef de file des communistes de Marseille pour les municipales, « ce que l’on disait lors de l’Appel résonne d’une plus grande acuité encore ». Il en rappelle les termes et les propositions : s’attaquer au trafic de manière immédiate en venant en aide aux familles de victimes, « avec des moyens radicaux et des renforts de police, de douanes », mener un travail de long terme pour démanteler les réseaux, s’attaquer au blanchiment, apporter une réponse « sociale et de justice » à des quartiers délaissés. Il faut aussi « que ces questions de narcotrafic soient identifiées par le mouvement social et populaire comme une priorité », estime-t-il, quand « souvent à gauche on les a laissés aux fascistes, aux populistes alors que c’est une des manifestations de l’affrontement de classes, ces violences ne sont jamais que les conditions d’un capitalisme primitif ».

    Samedi 22 novembre, à 15h, rond-point Claudie-Darcy

    ET AUSSI

    Minute de silence

    Au Sénat le président Larcher (LR) a demandé un « moment de recueillement » en hommage à Mehdi Kessaci.

    Tondelier et Faure

    Les leaders du PS, Olivier Faure, et des Verts, Marine Tondelier, ont annoncé leur participation à la marche blanche de samedi.

    Stand-by

    Martine Vassal, la présidente (DVD) de la Métropole et du Département, a indiqué qu’elle serait présente samedi lors du rassemblement. Ses équipes ont annoncé mettre la campagne pour les municipales en stand-by jusqu’à la fin de la semaine.

    Plateforme

    La droite marseillaise a lancé une plateforme (Marseille-republicaine.fr) anonymisée où tous les Marseillais qui luttent « contre le crime, ce cycle de violence et de mort » peuvent exprimer leur soutien.

  • À Lodève, le PCF se pose en médiateur d’une union délicate à gauche

    À Lodève, le PCF se pose en médiateur d’une union délicate à gauche

    Faire asseoir à la même table Fadelha Benammar-Koly (PS) et Sébastien Rome (LFI) dans les prochaines semaines. À quatre mois des municipales (15-22 mars 2026), tel est l’objectif de la section communiste de Lodève. « Le PCF se pose en médiateur, on travaille à ce que chacun prenne ses responsabilités », explique Florian Vire.

    Inquiet de voir que deux listes de gauche sont sur le point de se monter, le secrétaire de section prend l’initiative d’une première rencontre entre l’actuelle adjointe de la maire sortante Gaëlle Levêque (qui ne se représente pas) et l’ancien député Insoumis à la tête du collectif « Réflexions lodévoises ». « Les gens veulent une gauche unie, on l’a vu aux législatives avec le NFP. » Pas question d’une « soupe aux logos » mais d’un rassemblement à gauche coconstruit avec les citoyens.

    Suite au décès de l’ex-maire Marie-Christine Bousquet (PS) fin 2017, Gaëlle Levêque ne l’avait emporté en 2020 que de 8 voix face à la droite de Claude Laateb. Lequel pourrait cette fois être soutenu par le RN. Face au risque de bascule, Sébastien Rome tend lui aussi la main et propose un « processus de discussions » avec la relève de la majorité municipale qu’il a quittée il y a 5 ans. « Je tends la main au binôme (Fadelha Benammar-Koly/Nathalie Rocoplan). Je sais qu’il est possible de travailler avec elles. Il y a plein de formules possibles pour que chacun trouve son compte », assure l’Insoumis qui fait valoir sa notoriété et son expérience d’ancien député.

    Côté programme, l’instituteur soutenu par Génération.S, Nouvelle Donne et les Écologistes, propose de créer un réseau de chaleur à base de géothermie, une sécurité sociale alimentaire ou encore d’assouplir le régime indemnitaire IFSE des agents municipaux. Il promet un budget participatif et des référendums d’initiative citoyenne. « Il y a un manque total de proximité entre la mairie et les habitants », critique Sébastien Rome.

    LFI en épouvantail ?

    Des reproches qui passent mal du côté de Fadelha Benammar-Koly. « Sébastien Rome a eu des critiques acerbes contre Gaëlle Levêque, il est allé un peu loin. Et puis parler d’union en mettant sa tête sur les affiches, c’est étonnant… », déplore la conseillère régionale, protégée de Carole Delga (PS). L’actuelle adjointe pressentie pour être tête de liste veut d’abord travailler le programme. Avec les citoyens, elle veut « lutter contre le mal logement », « fluidifier la traversée de la ville » ou encore « embellir l’espace public ». « Tout n’a pas été parfait sur ce mandat, il y a des choses que j’aurais pu faire différemment », concède F.Benammar-Koly, évoquant une forme de « rupture » à avoir.

    Reste à savoir si LFI sera compatible ou fera figure d’épouvantail. « Il n’y a aucune consigne de Carole Delga, le sujet n’est pas là ». Prête à « discuter » mais pas pour « l’union à tout prix ». Avec S. Rome, F. Benammar-Koly craint les « chamailleries » voire « un blocage comme à l’Assemblée ».

  • La famille et les amis de Mehdi Kessaci toujours sous le choc

    La famille et les amis de Mehdi Kessaci toujours sous le choc

    Douleur et sidération devant le petit cimetière de Saint-Henri (16e) où Mehdi, 20 ans, a été inhumé ce mardi 18 novembre. Le jeune frère d’Amine Kessaci, militant écologiste, 22 ans, très engagé dans la lutte contre le narcotrafic après avoir perdu en 2020 son aîné, Brahim, retrouvé calciné dans une voiture, a été assassiné froidement par un commando à moto jeudi à quelques pas du Dôme (4e), alors qu’il attendait sa mère, au volant de la voiture familiale.

    La piste d’un crime « d’avertissement » restant pour le moment privilégié indiquait lundi le procureur de Marseille, Nicolas Bessone. Une hypothèse devenue affirmation ce mardi, dans la bouche de Laurent Nuñez, ministre de l’Intérieur. Un cran supplémentaire dans la violence et l’horreur qui a touché en plein cœur Amine, sa famille mais aussi ses amis, les associatifs, les militants politiques ou les élus mobilisés à ses côtés depuis des années. La peine est immense, la peur palpable. Où désormais, le simple retard d’un enfant après l’école donne des sueurs froides.

    En hommage, le petit parking où a eu lieu le drame a été couvert d’un tapis de fleurs dans la journée. Plus tard dans la soirée, ils sont nombreux à être venus partager un moment de recueillement le temps d’un repas, dans les locaux de l’association Conscience, dans le quartier de Château-Gombert (13e). Elle a été fondée par Amine Kessaci justement pour sensibiliser aux ravages du narcotrafic. Dans la rue comme dans la cour intérieure, le dispositif policier, avec six fourgons et des agents en nombre, est impressionnant. Lorsqu’un convoi de trois voitures déboule vers 19h15, ils font corps pour le laisser entrer. À bord, Amine Kessaci désormais protégé par les hommes du Raid, lourdement armés. Évidemment dévasté, il sortira du véhicule sous les applaudissements.

    Une marche blanche samedi

    « Amine, je l’ai connu il avait 17 ans, lors de la campagne où je me suis engagée aux côtés du Printemps marseillais, il combattait le narcotrafic, lui aux côtés des victimes par balles, des jeunes qui croyaient pouvoir s’en sortir en acceptant l’argent facile, moi en aidant les usagers de drogue, aussi des victimes » nous confie, émue, Michèle Rubirola (EELV), première adjointe au maire de Marseille. Pour elle, avec le meurtre de Mehdi, un « cap a été franchi, la société est en danger » et la seule politique sécuritaire ne saurait suffire. « Il faut aussi des politiques sociaux et de reconstruction de la ville » estime l’élue avec à ses côtés Didier Jau maire écologiste des 4e et 5e arrondissements, Marie Toussaint, députée européenne EELV ou encore Olivia Fortin (Mad mars) maire des 6-8.

    Marion Honde-Amiar, responsable du collectif quartiers populaires du PCF 13 et militante des 13-14, Audrey Cermolacce, membre du conseil national du PCF et élue de Septèmes-les-Vallons, et Marie-José Cermolacce, conseillère municipale déléguée aux nouveaux arrivants et conseillère d’arrondissements déléguée au port et à la sécurité, sont là aussi. Cette dernière oscille entre tristesse et colère. « C’est chaque mois un point de bascule, combien de morts encore va-t-il falloir pour que l’État se mobilise ? » s’indigne l’élue qui n’a cessé de tirer la sonnette d’alarme au fil des narchomicides, entre lettre au préfet et travail avec ses homologues d’autres villes. Comme beaucoup ce soir-là, elle compte bien qu’enfin les citoyens se fassent entendre, lors de la marche blanche organisée samedi après-midi, à laquelle elle participera.