« Adhérez, souscrivez, nous avons besoin de vous ! », scande Léo Purguette, président et directeur éditorial du journal, en remerciant André Castelli. L’ex-conseiller municipal et départemental PCF est en effet le coordinateur du comité. « On lance l’opération aujourd’hui en recueillant des contacts pour ensuite réunir rapidement des premières personnes afin d’élaborer un plan de travail pour faire connaître et soutenir le journal », fait valoir André Castelli, qui réfléchit à une première initiative lors du Festival d’Avignon. Après le retour de notre titre en Vaucluse il y a bientôt quatre ans, en septembre 2022, « beaucoup de choses nous poussent à soutenir encore plus le journal », estime l’ancien élu. « On est entré dans une phase terrible avec l’extrême droite et le fascisme qui veulent s’emparer de tous les réseaux de communication, La Marseillaise sera un outil de rempart face à cette volonté du capital et pour appréhender la riposte », développe André Castelli.
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Le numérique, un impact tout sauf neutre pour le débat démocratique
Impossible d’y échapper. Que ce soit les réseaux sociaux, la vidéosurveillance ou encore l’accès dématérialisé aux services publics, le numérique a bouleversé notre quotidien. « Un adulte passe en moyenne 32 heures par semaine devant un écran », campe Alexandre Basquin, sénateur PCF du Nord et participant au débat, aux côtés de Pierre-Yves Cadalen (député LFI du Finistère), Thomas Dossus (sénateur écologiste du Rhône) et Patrick Blanès (secrétaire fédéral du PS de Vaucluse). « Les plateformes numériques créent des contenus clivants et émotionnels, le débat est polarisé et une partie de l’espace démocratique est aujourd’hui structurée par des entreprises privées », rappelle, en introduction, Sabrina Royer, animatrice du débat.
Pendant 1h30, les propos ont fait le procès du numérique, du moins l’usage généralisé qui en est fait sans réel garde-fou. « Sans les réseaux sociaux, on n’aurait pas battu Aulas à Lyon », souligne quand même Thomas Dossus quand Patrick Blanès relève leur « utilité pour structurer certains mouvements ». « Oui, mais par exemple, Facebook a banni toute référence à la Palestine », nuance Alexandre Basquin, rétif aux réseaux sociaux. « Je dois être l’un des seuls parlementaires à ne pas y être car on cherche plus à convaincre à l’extérieur que la personne face à soi, c’est mortifère car il faut être excessif pour être viral », déplore le sénateur nordiste.
Manière d’aborder les logiques d’algorithmes qui confortent chacun dans ses biais tout en clivant encore plus les contenus. « On zappe d’une info à l’autre, c’est l’économie de l’attention », resitue Patrick Blanès, alarmé aussi par l’irruption de l’intelligence artificielle, « qui pourrait bientôt rendre des décisions de justice ». « Mais ce capitalisme de l’attention doit avoir ses limites et être régulé au niveau européen », plaide Thomas Dossus, pour qui « les grandes plateformes doivent être tenues pour responsables ». Si le sujet n’a pas été abordé, on a vu des récents déferlements de haine et de racisme en ligne sur des pages Facebook de nos confrères. Le tout avec un sentiment d’impunité. Au début du mois, 16 familles ont aussi porté plainte contre TikTok pour abus de faiblesse, accusant le réseau social de pousser des jeunes au suicide.
Instaurer une vraie régulation publiqueÀ l’instar des « règles déontologiques pour la presse créées au XIXe siècle », le sénateur écologiste souhaite « un modèle de contrôle public » vis-à-vis des plateformes numériques et « le risque de bulle de désinformation ». Pierre-Yves Cadalen milite, lui, pour la mise en place d’un « pôle public du numérique » pour sortir les médias des « concentrations capitalistiques ». Car derrière les Gafam (acronyme des géants du numérique), « il y a un projet politique de technofascisme, des nouveaux réactionnaires qui veulent abolir la démocratie et supprimer les libertés individuelles », estime le député insoumis. Une idée de pôle public qui ne séduit pas Thomas Dossus, « pas fan car si la gauche peut en faire un outil d’émancipation, je crains que ce ne soit pas le cas si la droite est au pouvoir ».
Brièvement abordée aussi, l’impact sur la jeunesse, fortement « informée » par les réseaux sociaux, et l’omniprésence dans le cercle scolaire. « Il faut dénumériser nos écoles », conclut Thomas Dossus.
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À Toulon, le plaisir d’être ensemble avec « La Marseillaise »
Il est 9h30, au Terminus du Mourillon. Sur le parking, les militants sont à pied d’œuvre depuis tôt ce matin et fignolent les derniers arrangements sur les stands pour être prêts à recevoir le public. La très attendue Fête de La Marseillaise va bientôt s’ouvrir au public.
Dans l’allée, Pierre Barbagelata des Amis de La Marseillaise s’active dans ce qui commence à ressembler à une ruche de bénévoles.
Amaryllis (PCF) confie que « malgré le stress des inévitables petits soucis de dernière minute, c’est excitant parce qu’on sait que ça va être une belle journée, les camarades se sont beaucoup investis pour ça ». Et de poursuivre : « Ça fait plaisir de se retrouver ensemble. » Un sentiment partagé, on va s’en rendre compte tout au long de la journée, par l’ensemble des participants, malgré la cagne déjà assommante.
« Avoir une presse d’opinion c’est essentiel, c’est vital pour faire passer des idées qui malheureusement dans l’ensemble quasiment des médias, qui est de plus entre les mains de l’extrême droite ou de ses amis, ne passent pas », ajoute-t-elle.
L’heure est à présent à l’inauguration. L’occasion pour le président de La Marseillaise, Léo Purguette, de dire à quel point il était reconnaissant et « heureux de partager ce moment avec les Amis de La Marseillaise et les militants communistes qui ont été les chevilles ouvrières de l’organisation de cette Fête ».
Et de rappeler aussi « que La Marseillaise reste d’une extrême fragilité et que son existence et son développement sont un combat permanent ».
« Je veux vous dire mon plaisir d’être ici, au bord de l’eau, dans ce territoire où n’a pas déferlé la vague brune annoncée et je pense que La Marseillaise y a joué un rôle décisif. Je m’en félicite donc. Vive La Marseillaise et vive la résistance ! »
Le secrétaire de la fédération du PCF, Pierre Daspre, s’est félicité que la maire de Toulon Josée Massi ait accordé de nouveau le droit de tenir la Fête sur la plage du Mourillon, en rappelant que la gauche n’est pas pour rien dans sa réélection en faisant barrage à l’extrême droite avec « un esprit de responsabilité ».
Sur le stand d’Amnesty international, Dominique précise : « La Fête de La Marseillaise c’est un moment important où chacun avec ses différences défend les droits humains qui sont malmenés à l’international comme en France, notamment ceux des personnes qui sont le moins favorisées, je pense par exemple aux migrants, je pense aux personnes qui sont en grande précarité. »
Et de conclure : « Avec La Marseillaise nous nous rencontrons sur beaucoup d’idées, on partage des valeurs et on se retrouve beaucoup dans ce qui y est écrit à longueur d’articles. »
Sur scène, le groupe engagé Chichi et Banane entame à présent son récital poétique et satyrique.
« C’est un journal qui permet de faire connaître nos luttes et nos revendications à une large population », affirme plus loin Zoé Desmoulins (SUD).
À ses côtés, le secrétaire général de la FSU, Alain Tournay, ajoute : « On est content aussi de participer à la Fête de ce journal qui a été créé pendant la Résistance, ce journal qui relaie toutes les luttes sociales. »
« Soyons des utopistes »De l’autre côté, le conseiller municipal d’opposition de La Seyne, Cédric Turco (PCF), a rappelé « l’importance d’être là en tant qu’élu sur le stand des services publics ». « Parce qu’on est persuadé qu’il faut réduire les inégalités en France et dans le monde et pour ça on a besoin d’un service public de qualité partout et pour tous », explique-t-il.
Il est 16h, place maintenant au débat portant sur la paix avec Vincent Boulet (PCF) dirigeant du Parti de la gauche européenne et Richard Roméo-Giberti, secrétaire général de l’Union départementale CGT.
« Le syndicalisme s’honore quand il sert à remplir l’objectif qui est le nôtre, c’est-à-dire transformer la société. Et c’est bien la première condition pour transformer le monde », a expliqué le patron de la CGT varoise. Et de poursuivre : « Soyons des utopistes. Il me semble que tous les combats que nous avons gagnés, d’abord ont été portés par des minorités utopistes et donc continuons à parler de paix et des conditions de la paix, c’est-à-dire de maîtriser nos outils de défense au service des populations. »
Bref, encore une belle journée de Fête et de lutte joyeuse, en attendant de se revoir bientôt sur le pavé.
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![[Entretien] Bastien Bonnargent : « Il y a un sentiment de déclassement chez les jeunes »](https://euapp01.newsmemory.com/lamarseillaise/news/wp-content/uploads/sites/2/2026/05/881ac143ab2bcb6bb1d206ce73a3a737.jpg)
[Entretien] Bastien Bonnargent : « Il y a un sentiment de déclassement chez les jeunes »
La Marseillaise : Vous avez été élu ce dimanche à la tête du MJCF. Quel est votre parcours ?
Bastien Bonnargent : J’ai adhéré à la JC en 2016, dans le département dans lequel j’ai grandi, les Hautes-Pyrénées. Mais comme beaucoup de jeunes des Hautes-Pyrénées, j’ai déménagé très vite pour faire des études d’histoire dans la métropole toulousaine, où j’ai pris mes premières responsabilités jusqu’à devenir secrétaire fédéral. En 2024, je suis ensuite rentré à la coordination nationale de la JC. Et désormais, c’est un nouveau mandat qui s’ouvre.
Quelles sont les priorités
de ce mandat ?B.Bo. : C’est toute une équipe de direction nationale qui est renouvelée. Nos priorités, pour les mois et années à venir, c’est de continuer le travail de renforcement engagé pour construire une organisation qui s’adresse à toute la jeunesse, dans sa diversité. Nous nous fixons comme objectif de nous implanter au maximum dans les lieux de formation professionnelle, dans les lieux d’emploi, pour toucher un public moins politisé que dans les lycées généraux ou les grands pôles universitaires, et qui pourtant constituent les futures forces vives du pays. Nous avons engagé depuis l’année dernière une campagne pour la création d’emplois pour nous adresser à eux sur les conditions de stage, d’apprentissage, leur orientation. Nous voulons les impliquer au maximum pour faire émerger des responsables qui viennent de ces milieux.
C’est presque à rebours des autres organisations de jeunesse qui ciblent plus les universités
et les quartiers populaires ?B.Bo. : Nous voulons développer une conscience de classe, nous adresser à tout le monde. Nous militons bien sûr dans les facs, les résidences étudiantes, mais nous voulons éviter de nous adresser à un petit cercle déjà convaincu. Les jeunes dans les milieux professionnels sont pour beaucoup confrontés aux effets les plus immédiats du capitalisme, ils subissent la casse de la formation, la baisse du salaire des apprentis, les conditions de stage de plus en plus difficiles. On le voit avec le nombre de jeunes morts au travail qui augmente de manière fulgurante. Et ces lieux de formation ou d’emploi sont le plus souvent dans les quartiers populaires.
La présidentielle est un moment de politisation pour une jeunesse qui a surtout connu Emmanuel Macron au pouvoir. Vous l’abordez comment ?
B.Bo. : Nous n’avons pas encore de position arrêtée, mais il ne faut pas avoir peur de ce que nous sommes, des communistes, et de revendiquer ce que nous portons au quotidien sur la création d’emplois, contre l’impérialisme. Nous devons être les plus offensifs possible. Nous sommes dans un moment où il y a énormément de résignation, il y a un sentiment de déclassement très fort chez les jeunes. C’est dans les endroits où nous militons, les CFA, les lycées professionnels, que le Rassemblement national s’implante alors nous devons pousser pour créer de la conscience de classe et transformer la colère sociale des jeunes en levier de transformation sociale.
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![[Entretien] Vincent Boulet (PCF) : « Redonner à la France une voix indépendante pour la paix et le droit international »](https://euapp01.newsmemory.com/lamarseillaise/news/wp-content/uploads/sites/2/2026/05/30c12c3da55c2e7d32fb36109e995c0e.jpg)
[Entretien] Vincent Boulet (PCF) : « Redonner à la France une voix indépendante pour la paix et le droit international »
La Marseillaise : Quel message avez-vous envie de porter aujourd’hui ?
Vincent Boulet : Je veux parler de paix. Parce qu’elle est, aujourd’hui, comme le disait Jean Jaurès, « la mère de toutes les batailles ». Elle permet de lutter contre la domination impérialiste et les concurrences capitalistes qui provoquent les guerres, de poser la question de l’émancipation démocratique et sociale, car il n’y a pas de paix sans progrès social ni de progrès social sans paix. Et puis, ça permet d’aborder le positionnement de la France dans les crises internationales. En perdant les outils de sa politique d’indépendance, la France est devenue inaudible et vassale de l’Otan et des États-Unis. Donc la question, c’est comment redonner à la France une voix indépendante pour la paix et le droit international.
Comment fait-on pour peser
sur cette question avec une gauche affaiblie, en France et en Europe ?V.B. : Au PCF, nous pensons que la question est de savoir sur quelle base on reconstruit une gauche à l’offensive sur les questions sociales et sur celle de la république que nous voulons. Est-ce qu’on veut un État désindustrialisé, sans vision ni poids sur les questions internationales, ou en position de peser ? Ça fait longtemps que les communistes disent que l’Otan n’est pas un outil pour la sécurité mais un outil de guerre et d’ingérence et on le voit aujourd’hui avec les injonctions à porter les dépenses militaires à 5% du PIB ou les menaces de Trump contre ses membres. Donc nous militons pour la sortie de l’Otan, ce qu’avait fait le général de Gaulle en sortant du commandement intégré en 1966 et nous posons aussi l’exigence d’un autre ordre de sécurité collective en Europe sur la base de l’esprit de la conférence d’Helsinki de 1975. Ce sont des sujets que nous portons, notamment via des événements comme la Fête de La Marseillaise.
Sous-entendez-vous la création d’une Europe de la défense ?
V.B. : Non, car elle serait soumise à l’Otan. L’UE a renforcé sa vassalisation envers l’Otan et les États-Unis, et après plus de quatre ans de guerre en Ukraine et plus d’un million de morts à nos frontières, elle a été incapable de prendre la moindre initiative diplomatique et pire, provoque des tensions. Donc une Europe de la défense ne peut pas exister et encore moins une armée européenne. Ce que nous voulons, c’est une Europe de la sécurité collective, impliquant que la sécurité d’un peuple ne peut pas être assurée contre celle du peuple d’à côté. C’est le principe de l’indivisibilité de la sécurité. Et les peuples européens de l’Atlantique à l’Oural ont des intérêts communs à la paix et à la sécurité.
En termes de souveraineté, la hausse de 36 milliards d’euros de la loi de programmation militaire
ne va-t-elle pas dans ce sens ?V.B. : Non, elle ne répond pas à ces enjeux-là car elle reste, là aussi, dans une logique de soumission à l’Otan et de renforcement de la militarisation. La défense nationale doit retrouver son indépendance en sortant de l’Otan, en rebâtissant un pôle public industriel de défense, et au service d’objectifs politiques de paix. Mais on n’oppose pas les choix souverains des peuples à la nécessité des coopérations. Au contraire, l’un ne va pas sans l’autre. C’est justement en reconquérant des outils de souveraineté que la France pourra rebâtir des politiques de coopération selon ses intérêts, mais aussi les intérêts communs à l’ensemble des peuples.
Un débat sur la paix au programme de l’après-midi
Quelle défense nationale ? Pour ou contre le nouveau porte-avions ? Quel rôlede la France dans le concert des nations ? Quel chemin pour atteindre la paix ?Vincent Boulet (PCF) a croisé son point de vue avec celui de Richard Roméo-Giberti (UD CGT 83). Un débat de haute tenue salué par l’assistance. Photos M.E.H.
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Bastien Bonnargent élu secrétaire général des Jeunes communistes
Âgé de 26 ans et préparant le concours pour devenir enseignant en lycée professionnel après des études d’histoire, le Toulousain Bastien Bonnargent a été élu ce dimanche secrétaire général du Mouvement des jeunes communistes de France, à l’occasion de son assemblée nationale des animateurs. Il succède à Assan Lakehoul, resté pendant trois ans à la tête de l’organisation, à l’occasion d’un renouvellement plus large au sein de la direction nationale.
«Nos priorités dans les mois et années à venir, c’est de continuer le travail de renforcement engagé et de réussir à nous implanter au maximum dans les lieux de formation professionnelle, d’emploi, pour toucher un public moins politisé», explique celui qui avait adhéré en 2016 dans son département natal des Hautes-Pyrénées, s’inscrivant dans la continuité de son prédécesseur. A l’occasion de son dernier congrès il y a un an, le mouvement a ainsi lancé une campagne sur la question de la création d’emplois.
Faire face au RN«Il y a un fortement de déclassement très fort chez les jeunes, nous constatons au quotidien que c’est dans les endroits dans lesquels nous militons que le Rassemblement national trouve son terreau, dans les lieux où les jeunes sont les plus précaires», alerte Bastien Bonnargent, pointant la multiplication des accidents du travail chez les jeunes, notamment sur leurs lieux de stage.
Et si le MJCF, fort de 15 000 contacts dans plus de 70 départements, n’a pas encore arrêté sa stratégie pour la présidentielle à venir, «nous avons pour ambition d’être le plus offensif possible dans la période», insiste le fan du Toulouse Football club. «Il faut pousser partout pour créer de la conscience de classe et transformer la colère des jeunes en levier de transformation sociale», défend-il.
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![[Mémoire ouvrière] Lucien Molino. Les origines de la grève de 1947](https://euapp01.newsmemory.com/lamarseillaise/news/wp-content/uploads/sites/2/2026/05/3a170815940eea9b951214f2dee7a6c7.jpg)
[Mémoire ouvrière] Lucien Molino. Les origines de la grève de 1947
Le lendemain, un communiqué du bureau confédéral protesta contre les hausses abusives dont le gouvernement portait l’entière responsabilité. La confédération demandait la révision totale des arrêtés illégaux, l’application des accords CGT-patronat. Cette affirmation s’accompagnait de dures dénonciations du gouvernement et du Parti socialiste.
La polémique entre le PC et la CGT, d’une part, et le Parti socialiste de l’autre s’amplifiait. Le vote des socialistes au conseil municipal, les problèmes internationaux : autant de points qui nous divisaient de plus en plus.
Le 6 novembre dans Le Provençal, Francis Leenhardt appela à la libération du syndicalisme. Il dénonçait les slogans qui engageaient « le mouvement syndical dans une croisade hystérique contre les alliés américains ». Le lendemain, dans Rouge Midi, je répliquai durement en traitant Leenhardt de valet de Truman : « C’est vous et vos complices du gouvernement qui êtes responsables de la situation dans laquelle se trouve le pays, vous essayez de porter des coups contre la CGT, ce n’est pas possible, de nombreux travailleurs socialistes participent à nos combats. » En même temps, à Paris, les travailleurs réclamaient des augmentations de salaires. La police les matraqua causant de nombreux blessés.
Un cheminot communiste succomba à ses blessures. Rouge Midi du 8 novembre 1947 accusa à la Une : « Ramadier-Depreux assassins ! ». Les grèves devenaient de plus en plus nombreuses. À Paris, la grève des services publics fit tache d’huile. Dans tout le pays, se multipliaient les dénonciations de la politique du gouvernement, les revendications salariales, la lutte pour la défense de la République et contre le fascisme qui relevait la tête. Il y eut au départ l’augmentation du tarif des tramways. Mais nous avons très rapidement élargi un mouvement où s’exprimaient tout le mécontentement et les rancunes accumulés depuis trois ans dans le cœur et dans l’esprit de tous les travailleurs français. Nous avions lié la question de l’augmentation des tramways aux revendications du comité confédéral national et à l’indemnité prévisionnelle d’attente de 20%.
C’est la municipalité RPF qui avait décidé, le 4 novembre, une hausse de 42% sur les tramways et autobus, en application du décret du ministre socialiste Jules Moch, ministre des travaux publics et qui, tout au long de sa carrière, a montré sa haine de la classe ouvrière.
À Marseille, les travailleurs le traitaient de « Jules Moch, la matraque ». Le 6 novembre, l’Union départementale protesta contre cette augmentation, conséquence de l’arrivée à la mairie des RPF de Vernejoul, Carlini et Multedo, de la magouille municipale de Defferre, du soutien du préfet Moyon, de la décision de Jules Moch, affublé d’un conseiller municipal MRP, Chazeaux.
à suivre la semaine prochaine…
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![[Rue de la République] Anthony Gonçalves : « La mutuelle communale est une de nos toutes premières priorités »](https://euapp01.newsmemory.com/lamarseillaise/news/wp-content/uploads/sites/2/2026/05/c73c79c19a973a0952b922c4ff033f2b.jpg)
[Rue de la République] Anthony Gonçalves : « La mutuelle communale est une de nos toutes premières priorités »
La responsabilité de la santéDidier Gesualdi : M. le professeur de médecine, j’imagine que vous vous sentez parfaitement à votre place en tant qu’adjoint à la Santé ?
C’est un peu plus simple pour moi parce que j’ai un petit passé dans le domaine, mais je considère que la Santé, ce n’est pas la propriété des médecins et même qu’elle doit échapper au contrôle des professionnels pour devenir un sujet de la société tout entière. C’est une question générale, transversale, qui concerne les professionnels de santé, les malades, les aidants, les usagers… Évidemment, je suis à l’aise dans cette mission-là.
Didier Gesualdi : On va rappeler que vous avez une spécialité en cancérologie de haut niveau. Ne soyez pas modeste.
Je suis oncologue médical. Je travaille sur de nouveaux médicaments, de nouvelles stratégies pour traiter les maladies graves, mais je sais aussi combien la médecine de proximité, celle qui permet la prévention, l’éducation, le dépistage, est fondamentale car, vous savez, il y a quelque chose de mieux que de traiter un cancer, c’est de ne pas en avoir un en ayant mis en œuvre les moyens de prévention appropriés.
Léo Purguette : Vous dites que la santé n’est pas la propriété des médecins, mais il y en a une, Michèle Rubirola, qui a fait part de ses états d’âme sur les réseaux sociaux car elle tenait à cette délégation. Vous en avez parlé ensemble ?
Oui, on en a parlé ensemble. Je trouve que c’est une réaction humaine. Michèle Rubirola est un acteur majeur de la campagne précédente et de celle-ci. Elle a joué un rôle majeur dans le bilan qui est extrêmement positif de la mandature précédente. Qu’elle ait un peu de vague à l’âme au moment de partager cette mission, qu’elle ne va pas complètement abandonner puisqu’elle va continuer à jouer un rôle important, je le comprends. Vous savez, je ne m’estime pas propriétaire d’une quelconque délégation, je suis là pour servir, je sais que c’est aussi sa vision. On travaillera ensemble. Comment se priver du talent, de l’investissement, du relationnel qu’elle a construit depuis tant d’années au service des Marseillaises et des Marseillais ? Il n’y aura aucun problème entre elle et moi.
La feuille de routeDidier Gesualdi : Comment allez-vous réduire la fracture sanitaire qui existe à Marseille ? Quelle est votre feuille de route ?
La question de la Santé a été un axe important du programme et c’est, par ailleurs, un des points sur lequel les communistes ont avancé des propositions au moment de la production collective de ce programme. C’est pour nous une thématique importante. Ce n’est sans doute pas seulement parce que je suis médecin qu’on me confie cette responsabilité. Vous avez raison, il y a de profondes inégalités d’accès aux soins. Des inégalités sociales, territoriales… C’est un enjeu très fort de les faire reculer dans cette ville comme nous souhaitons un jour pouvoir les faire reculer à l’échelle du pays. Il me paraît important de rappeler que la municipalité n’a pas tous les pouvoirs en matière de Santé. Ce n’est pas une compétence obligatoire, mais le résultat d’une politique volontariste. Il faut reconnaître que, jusqu’à la précédente mandature, on n’avait pas fait beaucoup dans l’histoire récente à Marseille en dehors de quelques éléments forts : le centre de vaccination international et une politique de prévention du VIH impulsée par Jean-François Mattei. Depuis l’arrivée du Printemps marseillais, énormément de choses se sont faites : accès aux soins, sport et santé, vaccination, l’approche globale « une santé », « one health » comme disent les Anglo-Saxons… Cette feuille de route sur laquelle vous m’interrogez, on est en train de la construire. J’ai reçu cette délégation il y a quatre semaines, on est dans une phase d’échanges, on rencontre les principaux acteurs du domaine.
Les centres de santéDidier Gesualdi : Quels choix caractérisent une politique de santé de gauche ?
Un choix de gauche, c’est par exemple de répondre aux déserts médicaux par une politique qui va favoriser les structures d’exercice collectif de la médecine. Je pense aux centres de santé, qui ont reçu le soutien affirmé de la majorité durant la précédente mandature. La bastide Massenet dans le 14e par exemple, cette structure est lancée, on doit en terminer l’accouchement, on est en train de rénover la bastide, c’est un très fort investissement de la Ville. C’est un des exemples que l’on imagine comme solution aux déserts médicaux : une médecine de proximité, sociale, avec des médecins salariés qui – évidemment – ne pratiquent pas de dépassements d’honoraires. Il y a le tiers payant, un accès à la prévention, à la médiation en santé, avec tout ce qui peut aller chercher les publics les plus éloignés de l’accès aux soins, les personnes les plus vulnérables, les plus fragiles.
Léo Purguette : C’est duplicable dans tous les déserts médicaux urbains que sont devenus les quartiers populaires ?
Il faut absolument le faire. Installer des centres de santé, des structures collective avec des modèles variables. Il y a le modèle où l’AP-HM déploie une équipe au contact de la population et la Ville peut aider sur le foncier ou un certain nombre d’équipements. C’est en train de se réaliser rue de Rome, nous allons le faire accoucher aussi rue de Lyon. Il peut y avoir d’autres modèles, impliquant d’autres acteurs avec la même mission.
Les addictionsLéo Purguette : On constate une hausse de la toxicomanie et donc la nécessité d’une réponse publique. Passe-t-elle par une halte soins addictions ? Elle n’a pas été possible pendant le premier mandat. Quelle est votre position ?
Il y a une vraie question liée à une augmentation des consommations de plus en plus inquiétante. Ce que nous disent toutes les associations, c’est que ces consommations s’étendent et prennent un caractère particulièrement inquiétant. On voit arriver le crack. On est face à une problématique de santé publique qui doit être traitée comme telle, sans passer par des totems sémantiques comme « salle de shoot » ou je ne sais trop quoi. Nous avons besoin d’une stratégie de réduction des risques, une approche globale, coordonnée avec tous les acteurs : AP-HM, État, ARS, associations, Métropole… La peur qui est en train de monter chez les Marseillais, c’est qu’on ne fasse rien et qu’on voit se multiplier des scènes de consommation hallucinante à côté de leur lieu de vie avec des personnes en détresse. Nous sommes prêts à trouver des solutions dépassionnées.
La mutuelle municipaleLéo Purguette : À quelle échéance la proposition d’une mutuelle municipale, qui a été portée dans la campagne, va-t-elle être réalisée ?
On va aller vite. C’est une des priorités du début de mandat. Vous savez, moi, je suis communiste et pour nous, le modèle, c’est la Sécurité sociale à 100%. La nécessité de mutuelles prend sa source dans l’observation de la réalité : le 100% Sécu n’existe pas.
Léo Purguette : Ce sont d’ailleurs des Résistants communistes qui ont fondé des mutuelles dans ce département.
On a une grande histoire dans le mouvement mutualiste, nous avons été des acteurs décisifs dans les Bouches-du-Rhône. On veut poursuivre dans cette direction. La mutuelle communale, c’est un moyen pour les personnes qui ne rentrent pas dans la couverture solidaire santé, d’être protégées. Les Marseillaises et Marseillais pourraient bénéficier de tarifs avantageux grâce à la capacité de négociation de la Ville, avec un panier de soins qui pourrait être élargi à la question de la prévention, de la santé mentale… Quelque chose de très innovant.
Le système de santéDidier Gesualdi : L’hôpital public est en souffrance, les personnels ont-ils raison de dénoncer un manque de moyens après la crise Covid ?
Bien sûr. Il y a une crise l’hôpital. Avec nos moyens, à la Ville de Marseille, nous ferons tout pour défendre l’hôpital public. C’est un élément important de l’investissement de la Ville : la rénovation des hôpitaux de Marseille. Il faut défendre les soignants. Je rencontrais, il y a peu de temps, les acteurs des hôpitaux publics psychiatriques qui sont dans une très grande détresse et qui font tenir sur leurs épaules une situation extrêmement compliquée avec des difficultés de rétention des personnels, de formation des psychiatres…
Didier Gesualdi : Pour autant, on ne peut pas dire que le sujet soit au centre du débat public…
On ne peut que le regretter. Évidemment, quand on voit ce qui se passe au niveau national, les annonces de mesures toujours plus austéritaires, les contraintes budgétaires déferler sur les services publics et en particulier celui de la Santé, on ne peut être qu’inquiet. Je pense qu’en effet, ce n’est pas une compétence régalienne de la Ville et donc que beaucoup se jouera dans le changement d’orientation nationale que nous souhaitons pour l’année prochaine.
Léo Purguette : On pourrait croire que la Santé est un sujet consensuel or, vous avez récemment attaqué les députés RN sur un vote à l’Assemblée nationale. Que s’est-il passé ?
Ce n’est pas la première fois que le RN fait croire qu’il défend les intérêts des plus défavorisés et qu’il vote l’inverse à l’Assemblée. Il y avait une proposition de loi terriblement consensuelle : un député, socialiste je crois, a proposé qu’on prenne 0,1% du chiffre d’affaires de l’industrie pharmaceutique pour aller aider les petites boîtes émergentes qui développent des projets de recherche et des molécules innovantes en matière d’oncologie pédiatrique. Les logiques commerciales de développement des médicaments défavorisent les traitements des cancers qui touchent les enfants parce que le marché est petit. On a eu la « surprise » de voir que ceux qui ont voté contre, c’étaient les députés RN, considérant sans doute qu’on taxait trop cette pauvre industrie pharmaceutique. Une preuve supplémentaire de l’hypocrisie de ce parti.
Léo Purguette : Des chiffres inquiétants sur la santé mentale des jeunes sont régulièrement publiés. Comment prenez-vous en compte le problème ?
Nous avons des projets en cours de repérage précoces des signes de souffrance psychologique des jeunes qui, en effet, depuis le covid, ont été perturbés dans leur développement. Il y a besoin de former les personnels à la détection précoce pour orienter rapidement vers les approches permettant de les aider.
La vaccinationDidier Gesualdi : Marseille et les Bouches-du-Rhône ont un taux de vaccination assez bas. Comment inverser la tendance ?
En effet, on est un peu en retard. Il y a des raisons, il y a des freins. Quand on regarde les facteurs qui déterminent les inégalités vaccinales, on se rend compte qu’on se vaccine d’autant plus qu’on évolue dans un milieu socio-économique favorable. Pour moi, la vaccination, c’est une question de classe. Vous savez, ceux qu’on appelle les « antivax » complotistes, c’est très marginal. J’estime que l’essentiel tient à une difficulté de discussion. La vaccination passe beaucoup mieux quand on a une discussion rationnelle, avec une prise en compte des inquiétudes dans un cabinet médical. Mais, c’est vrai qu’il y a une ambiance défavorable. On a aux États-Unis un ministre anti-science et antivax. On a des adversaires importants à combattre si on veut faire avancer la prévention vaccinale.
La question des lecteursBonjour, est-ce qu’il existe un vaccin contrel’hantavirus ?
Non, il n’y a pas de vaccin, pas de traitement pour l’hantavirus comme pour la plupart des maladies virales. Ce n’est pas une maladie émergente que l’on ne connaît pas. C’est une souche de virus qui est déjà connue, qui a déjà donné des petits foyers épidémiques en Argentine. Elle a eu la particularité d’atterrir sur un bateau de croisière. Cela a évidemment provoqué une inquiétude sur un risque de dissémination internationale. À l’heure où nous nous parlons, les choses ont l’air d’avoir été prises en charge de manière correcte et le foyer semble circonscrit. Mais cela pose des questions : sommes-nous prêts à encaisser d’autres épisodes épidémiques, voire des pandémies ? Est-ce que notre hôpital est guéri par rapport à ce qu’il était avant le Covid ? Est-ce que notre capacité à mailler la population, à aller vers les populations éloignées des soins, a augmenté ? J’ai tendance à dire que non. On a des questions importantes qui se posent à nous en France. Et, sur le plan international, est-ce que le vent réactionnaire, anti-science, qui souffle sur les États-Unis d’Amérique n’est pas une menace extrêmement importante pour le développement de nouveaux vaccins, de nouveaux traitements ? Ils se sont retirés de l’Organisation mondiale de la Santé avec tous les problèmes que cela pose en matière de coopération. Quand un foyer épidémique surgit, il n’y a pas de frontières pour l’arrêter. Il faut que les médecins coopèrent. Avec Trump ça sera difficile.


