Tag: PCF

  • Le PCF lance son prochain congrès

    Le PCF lance son prochain congrès

    Programme chargé pour le conseil national du PCF ce samedi. En plus des préparatifs du 40e congrès : vote d’une résolution sur la situation au Venezuela, discussion sur les enjeux des municipales, débat sur le projet communiste et le concept de socialisme ou encore adoption d’un cahier thématique sur l’économie sociale et solidaire…

    Durant une matinée d’échanges, ouverte par le rapport du secrétaire national, Fabien Roussel, il a été question de l’organisation du prochain congrès du PCF. Temps fort démocratique de l’organisation, il aura lieu sur les terres du secrétaire national, du 4 au 6 juillet, à Lille, ville qui, cent ans plus tôt avait déjà accueilli un congrès du Parti communiste.

    « Rendre lisible

    notre ambition »

    Objectif : « Rendre lisible par le peuple tout entier, notre ambition pour la France, la République, pour le monde du travail et pour la paix », indique Fabien Roussel pour qui, il y a urgence à « s’engager vers une société démocratique mettant l’être humain et la planète au cœur de ses priorités ». Il souhaite que le PCF incarne « une double alternative : à l’extrême droite et au capitalisme ». « Nous ne sommes ni un super-syndicat, ni les porteurs d’eau d’autres forces politiques », affirme-t-il, appelant à construire dans les 15 à 20 ans à venir, une « union du peuple de France pour former une majorité transformatrice ».

    Dans la discussion, Denis Durand estime que si, dans la dernière période, le PCF a « gagné la bataille contre son effacement, il faut maintenant gagner celle contre l’effacement des idées communistes ». Au nom de la fédération de l’Yonne, Marie-France Ghersi a exprimé « des doutes » sur le calendrier serré du congrès, juste après les municipales. Igor Zamichiei a constaté que « l’effort politique à produire pour ouvrir un espace de transformation sociale est un problème commun à toutes les forces dans le monde qui s’opposent au capitalisme néoféodal, impérialiste ». Quant à Assan Lakehoul, il considère que « les communistes doivent pouvoir s’adresser aux Français, à chaque fois qu’ils en ont l’occasion, dans les luttes et dans les urnes », alors que la question de l’élection présidentielle sera posée.

    Pour préparer le projet de base commune de discussion, une commission de vingt membres, présidée par Léon Deffontaines a été élue par 76 voix pour, 1 voix contre et 12 abstentions. Le texte qu’elle produira sera soumis au vote du conseil national puis des adhérents aux côtés d’éventuels textes alternatifs.

    Pour s’assurer du bon déroulement du processus de congrès, une commission chargée de la transparence des débats, composée de six membres et présidée par Marie-Jeanne Gobert a également été élue par 79 voix pour et 3 abstentions. Un site permettant de contribuer sera mis à disposition dès ce lundi.

    Dans l’après-midi, une nouvelle salve de chefs de file pour les municipales a été désignée par 81 pour, 1 contre et 8 abstentions. L’occasion d’un échange sur les accords à géométrie variables passés en Seine-Saint-Denis mais aussi d’évoquer des difficultés dans quelques villes, Pierre Lacaze, responsable aux élections, soulignant « une dynamique de rassemblement de la gauche » hors LFI, assez générale dans le pays.

    Dans notre région, la situation très mouvante à Avignon, a poussé le conseil national à reporter sa décision.

  • L’optimisme réaliste des communistes gardois

    L’optimisme réaliste des communistes gardois

    « Le bonheur reste une idée neuve ». Cette phrase, prononcée par le citoyen Saint Just devant la Convention en 1794, demeure plus que jamais d’actualité. Elle constitue encore aujourd’hui le projet politique des communistes du Gard, a insisté Murielle Blachère, responsable fédérale du parti, lors de la présentation de ses vœux samedi à Alès, au Prolé. Un objectif pleinement partagé par Romain La Sala, représentant le mouvement des jeunes communistes du département. Un but à atteindre au terme d’un chemin semé d’embûches, entravé par un système capitaliste fondamentalement inégalitaire. Une réalité décrite tour à tour par Giovanni Di Francesco d’Alès et par Jean Michel Suau, membre de la direction fédérale du parti. «Austérité, précarité et crainte du lendemain rythment trop souvent la vie d’une majorité de citoyens, tandis qu’une ultra-minorité s’enrichit à leurs dépens», ont-ils dénoncé. Une situation lourde de conséquences, qui nourrit le repli sur soi. «Rompre les isolements, redonner l’espoir en l’avenir et apporter des réponses concrètes aux problèmes des Gardois : telle est la tâche des communistes du département», a développé Michel Suau. Il a souligné que les élections municipales constituaient «une occasion majeure de porter ces ambitions et, au passage, de contrarier les projets de l’extrême droite, déterminée à faire main basse sur le département». Un objectif qui passe, selon lui, «par une gauche sociale, démocratique et écologique rassemblée», qu’il appelle de ses vœux « pour un retour du printemps. »

    A.C

  • Des rassemblements pour soutenir le peuple vénézuélien

    Des rassemblements pour soutenir le peuple vénézuélien

    Après l’agression impérialiste des États-Unis envers le Venezuela – qui a conduit à l’enlèvement du couple Maduro et des dizaines de morts à la suite de bombardements – la scène internationale semble être revenue au siècle dernier, où dominaient l’usage de la force et les logiques guerrières. Face à cette régression, plusieurs organisations* appellent à des rassemblements** dans l’Hérault, le 10 janvier. « Nous condamnons fermement l’agression américaine. C’est une menace pour la paix au niveau mondial. Nous ne voulons pas d’une nouvelle guerre mondiale dont les conséquences seraient encore plus dévastatrices que celles que nous avons connues dans le passé du fait des arsenaux nucléaires des États », soutient Alban Desoutter, de la Libre Pensée 34.

    Les arguments mis en avant par Washington – présentant Maduro comme un narcotrafiquant – pour justifier son agression ne passent pas. « Le seul but de cette agression est une captation des richesses [le Venezuela dispose du plus grand stock de pétrole au monde, Ndlr]. Une fois de plus, ce sont les travailleurs et le peuple vénézuélien qui vont se retrouver au milieu d’une guerre qu’ils ne veulent absolument pas. Deux choses sont possibles pour la CGT : la paix et le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes », fait valoir Myriam Rivoire, secrétaire CGT de Montpellier. L’occasion également, lors de ces rassemblements, de réaffirmer la solidarité avec le peuple vénézuélien face à la volonté des États-Unis de mettre sous tutelle le Venezuela.

    Surtout, le comportement tyrannique de Donald Trump est dénoncé avec véhémence. « De quel droit les États-Unis se permettent de juger Maduro ? On considère Orban [le président de la Serbie] comme un dictateur. Pour autant, est-ce que ça nous donne le droit de l’enlever et de le juger sur le sol français ? », s’indigne Francis Viguié, de la Carmagnole. D’autant que Washington n’en est pas à son coup d’essai. « Si l’on compare la situation avec l’Irak en 2003, on est dans la même logique : l’invasion sans mandat des Nations unies – les États-Unis l’avaient au moins demandée – d’un pays pour s’accaparer ses ressources pétrolières. Depuis 2003, le Proche et Moyen-Orient sont profondément déstabilisés. On peut avoir les pires craintes sur l’Amérique du Sud », redoute Nicolas Cossange, secrétaire PCF de l’Hérault. Et au regard de ses dernières déclarations très atlantistes, ce n’est pas Emmanuel Macron qui fera bouger les lignes. La rue alors ?

    *Libre pensée, la Carmagnole, LDH, le Mrap, PCF, LFI, CGT, FSU, Révolution permanente, l’Après, Rencontres Marx, Jeunes communistes de France, NPA, FO, Gauche écosocialiste.

    ** à 15h à Montpellier (Place Albert-1er), à Béziers (rond point Gagarine), à Sète (place de la mairie), à Pézenas (Place de la République), à 11h à Bédarieux (devant la mairie).

  • L’union de la gauche aux municipales s’agrandit autour d’Ariane Lombardi

    L’union de la gauche aux municipales s’agrandit autour d’Ariane Lombardi

    On aurait dû péter un mur » glisse Ariane Lombardi, la candidate communiste et tête de liste d’union de la gauche pour les municipales à Marignane, alors que son local de campagne de la rue Maurice-Noguès est rempli à craquer ce vendredi soir.

    Il y a une raison à cela. Outre la présence du PCF, du PS et des Écologistes (La Marseillaise du 22/11), la soirée d’inauguration est l’occasion pour la candidate d’annoncer « le soutien officiel de Debout!, L’Après, Génération.s et Gauche républicaine et socialiste » à la liste Mieux vivre à Marignane qu’elle conduit. « C’est avant tout une aventure collective portée par des valeurs de gauche assumées de solidarité de justice sociale et de respect et sens du commun », considère la candidate, pour qui « la commune est un refuge quand les crises se succèdent et les inquiétudes grandissent, son rôle est d’être au plus près avec du service public et du lien social ».

    « Un projet réaliste »

    Ariane Lombardi annonce trois projets d’ampleur pour son programme. « Nous créerons un centre de santé municipal pour garantir un accès aux soins de proximité sans dépassement d’honoraires », affirme-t-elle. Dans la même veine, « nous créerons un centre social ouvert à la jeunesse et à l’ensemble des habitants », un lieu « d’accompagnement des familles et d’aide à l’insertion » projette la candidate. Le renforcement des effectifs de police municipale et d’agents territoriaux spécialisés des écoles maternelles (Atsem) est également au programme d’un « projet humain, de gauche, réaliste et sérieux ».

  • Dans un contexte « inquiétant », la Ville comme stabilité

    Dans un contexte « inquiétant », la Ville comme stabilité

    Campagne électorale oblige, Gaby Charroux (PCF) a opté pour la « retenue » lors de ses vœux à la population. Pas d’évocation de programme ni d’attaque à l’encontre de ses adversaires, présents dans la salle, donc. C’est au sein d’une Halle de Martigues comble que le maire, qui brigue un 4e mandat, a fait part de ses craintes quant à l’état du monde, en cette nouvelle année qui s’est ouverte sur l’attaque de Donald Trump à l’encontre du Venezuela, en violation du droit international.

    « Oui je suis inquiet quand une grande puissance s’improvise gendarme du monde en ne respectant pas, au passage, ses propres lois, assume-t-il. Inquiet des menaces proférées, par cette même grande puissance, à l’endroit, notamment, d’un pays européen. Inquiet de la docilité de nos dirigeants. »

    Alors que les conflits se multiplient, Gaby Charroux l’assure : « Parler de paix n’est pas un caprice. (…) C’est refuser la tentation de la division pour privilégier la voie de l’unité, de la concorde et de l’amitié entre les peuples. »

    Des repères et du lien

    Au milieu de cette instabilité, tant de l’ordre international que de « nos institutions nationales », et de l’incertitude qu’elle engendre pour la population, le maire-candidat rappelle : « Les collectivités territoriales, et plus spécifiquement les communes, ont été des espaces de stabilité », fustigeant le gouvernement Bayrou d’avoir amputé leur budget faisant perdre, « pour près de 2 000 communes, plus de 250 millions d’euros » avec le dispositif Dilico, dont 2 millions à la Ville de Martigues en 2025.

    « Les communes offrent des repères, créent du lien (…) répondent présentes à chaque étape de la vie de nos administrés » affirme celui qui veut repartir afin de poursuivre les actions menées lors des derniers mandats.

    « Je suis content d’entendre les soutiens apportés à cette politique municipale, même si elle n’est pas parfaite, consent Gaby Charroux. On a besoin de batailler encore pour un certain nombre de dossiers difficiles dont nous avons perdu la compétence, je pense à la collecte des ordures ménagères qui agite chacun d’entre nous. Mais on a besoin de ces pôles solides que sont les collectivités territoriales, qui ne bougent pas dans la tempête malgré des budgets amputés. Ce sont grâce à elles que les habitants ont accès à des services publics de qualité et de proximité, qui sont d’intérêt général. »

  • [Entretien] Otto Vaillant Frías : « Cuba est un pays qui veut la paix mais nous allons nous défendre »

    [Entretien] Otto Vaillant Frías : « Cuba est un pays qui veut la paix mais nous allons nous défendre »

    La Marseillaise : Quelle a été votre réaction lorsque vous avez appris l’attaque des États-Unis sur le sol du Venezuela ?

    Otto Vaillant Frías : Il y a plusieurs réactions qui se mêlent. Comme Cuba, je condamne, je n’accepte pas ce type d’action des États-Unis contre n’importe quel pays, que ce soit le Venezuela ou un autre. C’est une violation du droit international, de la loi des États-Unis, de la loi du Venezuela… Ils n’ont pas le droit d’aller agresser un pays et d’en kidnapper le président ! Et c’est une intervention terrible, avec la mort de nombreuses personnes dont des Cubains qui ont été tués au combat. En tant que Cubains, nous sommes tristes de ces pertes. Et nous rejetons cette politique qui prend forme dans l’administration Trump, et qu’ils vont poursuivre il me semble.

    Avec cette attaque, Donald Trump a franchi un cap supplémentaire, vous l’expliquez comment ?

    O.V.F. : Donald Trump prône désormais une politique de total manque de respect aux Nations Unies, au droit international. La doctrine Monroe revient, l’Amérique pour eux, en disant que c’est sa zone d’influence, qu’aucun pays ne peut agir indépendamment s’il ne le souhaite pas. Il y a deux siècles certains pays n’étaient pas encore indépendants, mais aujourd’hui, ils n’ont pas besoin de demander aux États-Unis que faire, comment agir, comment prendre des décisions dans leur politique intérieure ou extérieure. L’administration Trump n’a pas le moindre respect pour aucune organisation internationale, ni pour les gouvernements des autres pays. C’est très grave.

    Immédiatement après l’attaque, Donald Trump a menacé Cuba. Cela vous inquiète ?

    O.V.F. : Il a dit qu’il faudrait regarder le cas de Cuba, regarder d’autres cas… À Cuba, nous souffrons d’un horrible blocus depuis plus de soixante ans, ils font déjà souffrir le peuple cubain parce qu’ils cherchent depuis le début à faire tomber le gouvernement et la révolution cubaine. Ils n’ont pas encore réussi, mais ils ont tout fait : l’agression militaire, le blocus, la propagation de maladies… Faire tomber notre gouvernement est leur objectif principal depuis le triomphe de la révolution cubaine, le 1er janvier 1959. Mais nous continuerons notre lutte. Même si ce ne sera pas facile pour nous.

    Justement, dans son avion présidentiel Donald Trump disait que Cuba « est prêt à tomber », surtout si on lui coupe l’accès au pétrole du Venezuela… Que lui répondez-vous ?

    O.V.F. : Pendant le combat, il y avait aussi des Cubains au côté de Maduro. Le gouvernement du Venezuela avait demandé à Cuba du soutien pour la sécurité de son président, et ils étaient là. Ils étaient une trentaine à se battre contre 200 soldats des États-Unis. Ils ont réussi à tenir pendant plus d’une heure. Cela en dit beaucoup. Cuba est un pays qui veut la paix, mais nous sommes prêts à nous défendre s’il y a besoin. Nous n’accepterons aucune invasion chez nous. Les États-Unis ont les moyens de punir les pays, les entreprises, de prendre des mesures contre tous ceux qui voudraient vendre du pétrole à Cuba, et je ne sais pas ce qu’il va se passer à l’avenir dans les relations commerciales, économiques ou de coopération entre Cuba et le Venezuela ou avec d’autres pays. C’est difficile à dire aujourd’hui. Mais nous avons le droit d’exporter ce que nous voulons malgré les sanctions des États-Unis. Nous verrons comment le Venezuela pourra tenir ses engagements envers Cuba.

    Pourquoi cet acharnement persiste toujours selon vous, 67 ans après la révolution ?

    O.V.F. : La question de la relation des États-Unis avec Cuba remonte à avant la révolution. Depuis leur indépendance ils ont toujours pensé que l’Amérique leur appartient. Pour Donald Trump et ceux qui l’entourent, Cuba devrait être une étoile sur le drapeau des États-Unis.

    Dans ce contexte, est-ce que les timides réactions européennes et spécifiquement françaises vous surprennent ?

    O.V.F. : Chaque pays agit selon la façon dont il voit les choses. Moi, je transmets la position que je connais, la mienne. Pour les réactions européennes ou françaises, il serait intéressant de demander pourquoi ils le font, comment ils voient la situation. Chaque pays a ses propres intérêts. Chaque pays a sa vision. Mais pour nous, c’est inacceptable.

    Vous parliez du blocus des États-Unis, des containers ont justement été envoyés par la CGT, par le PCF pour soutenir Cuba. À quel point cette solidarité compte pour vous ?

    O.V.F. : C’est très important, parce que nous avons eu un ouragan récemment qui a fait des énormes dégâts. Nous avons dû protéger la vie de 1,2 million de personnes dans des écoles, dans des endroits publics. Mais après son passage, 150 000 personnes ont perdu leurs maisons, plus de 50 000 habitations ont été détruites. C’est très compliqué de faire face à cette situation. C’est dans ce moment si difficile que l’on reçoit le soutien du Parti communiste français, des organisations de solidarité qui envoient des dons, des médicaments pour aider ces gens. Cela, c’est pour l’aspect matériel. Mais il y a une solidarité en France qui est très importante pour nous, c’est la solidarité politique, celle du Parti communiste français, de la CGT ou des autres partis politiques et organisations de solidarité. C’est le résultat d’années de solidarité et d’amitié, qui compte énormément pour Cuba.

    Quels sont les besoins principaux pour Cuba aujourd’hui, dans ce contexte ?

    O.V.F. : C’est le droit à l’autodétermination, l’indépendance, la défense de la souveraineté nationale. Ce sont des principes non négociables. Le droit aux peuples à choisir leur destin, sans l’intermission de pays tiers, le droit au développement, le droit à la vie, le droit à la non-intervention, le droit à la non-ingérence de forces militaires sur son territoire… Pour Cuba, c’est absolument nécessaire qu’il y ait une concertation du monde entier concernant la politique menée aujourd’hui par les États-Unis. Hier, c’était le Venezuela. Mais demain on ne sait pas où ils vont intervenir. Vous avez vu les informations hier [mercredi, Ndlr] sur les envies des États-Unis concernant le Groenland… Et après le Groenland, qui sera visé ? Il y a une envie d’expansion territoriale des États-Unis vers l’Europe, c’est quelque chose de nouveau, qui devrait faire réagir.

    Que faudrait-il faire pour garantir ces droits ?

    O.V.F. : Il faudra pour commencer réunir les Nations Unies, le Conseil de Sécurité, pour que le monde entier parle. Il faut un mouvement international pour arrêter la folie des Américains, de Trump. Aujourd’hui, on se bat pour l’avenir du monde. À l’intérieur de l’administration américaine il y a des gens qui veulent faire la guerre, qui veulent tout détruire. Cela va continuer sans arrêt. Ils ont une liste de territoires, de pays où ils veulent agir. Ils voient où sont les terres rares, où est le lithium, et ils veulent aller chercher ces ressources par n’importe quel moyen. Soit ils les achètent, soit ils envoient des troupes et tuent, kidnappent n’importe qui pour faire ce qu’ils veulent. Ce n’est pas possible, c’est un ordre international injuste, qui doit changer.

    Vous avez de l’espoir justement que les États-Unis reviennent à la raison ?

    O.V.F. : Donald Trump ne respecte personne. Il ne respecte pas le droit international, il ne respecte pas les Nations Unies, il ne respecte pas les pays non plus. C’est une terrible réalité. J’espère qu’on arrivera à changer cela. J’ai sincèrement de l’espoir. Il ne sera pas toujours là. Mais le fait qu’il reste trois ans encore au pouvoir ne doit pas lui donner de chèque en blanc pour qu’il puisse faire n’importe quoi. Il faut qu’il respecte le droit, y compris celui de son propre pays.

  • Dans le Gard, le PCF et LFI se rassemblent au sein de la liste citoyenne «Alès, c’est vous !»

    Dans le Gard, le PCF et LFI se rassemblent au sein de la liste citoyenne «Alès, c’est vous !»

    Résolument citoyenne, la liste «Alès, c’est vous !» s’est officiellement lancée dans la campagne. Le PCF et LFI ont officialisé la nouvelle à l’occasion de la signature d’un «accord de rassemblement» ce lundi 5 janvier. L’objectif : «s’engager dans une démarche commune afin de construire une alternative solidaire et ambitieuse», stipule le texte collectif, avant de pointer une équipe sortante restée sourde «aux attentes et aux besoins réels des habitant.es». «Alès ressort abîmée (…) Alès mérite mieux qu’une politique d’abandon ou de résignation», poursuit l’accord.

    Après plusieurs semaines de négociations et «des échanges francs», communistes et insoumis se sont donc entendus sur la méthode, mais aussi sur une ambition commune dont les mesures phares seront détaillées dans les jours à venir. «Il ne s’agit pas d’un accord d’appareil, mais d’un engagement sur des priorités concrètes : le pouvoir d’achat, l’accès aux services publics, la justice sociale, la transition écologique, la participation citoyenne et le développement d’une démocratie municipale plus participative», a énuméré le candidat communiste Paul Planque. Un résumé partagé par son homologue insoumis Armand Crépin qui a salué la seule «alternative crédible» à la gestion façon Christophe Rivenq.

    Si les deux responsables politiques semblent faire office «d’armature nécessaire», cette liste réunira néanmoins une majorité de citoyens sans étiquette et des colistiers issus de toute la gauche. Un peu à l’image de ses premiers soutiens, dont la conseillère régionale socialiste Suzanne Coulet, l’étudiant écologiste Antoine Baguelin, la citoyenne Latifa Faraldo – en première ligne pour le maintien de la poste dans le quartier Tamaris -, ou encore la cégétiste Martine Sagit…

    Resté pour l’heure hermétique à la main tendue, le parti socialiste et les écologistes continuent de faire cavalier seul. Mais pas de quoi ternir l’humeur du secrétaire du PCF d’Alès, Giovanni di Francesco : «Dans ce monde qui se fracture et nourrit les replis et les inégalités, je prends une sacrée bouffée d’air frais».

  • Les communistes font vœu d’une année de victoire à Martigues

    Les communistes font vœu d’une année de victoire à Martigues

    « La camaraderie et la fraternité » ont réuni les communistes de Martigues à la Salle Dufy lundi soir, comme le caractérise le maire et candidat Gaby Charroux à l’occasion des vœux de la section du PCF.

    Des vœux qui se sont déroulés juste après le rassemblement en soutien au Venezuela, auquel le PCF a appelé à participer. « l’intervention impérialiste de Donald Trump au Venezuela marque un recul démocratique et humain terrifiant » selon le secrétaire du PCF de Martigues Axel Samuel, pour qui « le combat pour la justice sociale ici est indissociable du combat pour la paix là-bas ».

    Et pour cause, « la brutalité internationale trouve un écho dans la politique que nous subissons », affirme le responsable, au travers d’un « budget d’austérité aveugle » qui « sabre nos communes, dernière ligne de défense de la démocratie et du service public ». Axel Samuel considère que face au déficit invoqué comme raison d’économie, « le véritable déficit est celui de l’humanité et de la justice sociale, et à Martigues nous leur disons que nos services publics ne sont pas des variables d’ajustement mais notre bien commun ».

    « Une perspective communiste à Martigues »

    Le maire communiste Gaby Charroux partage l’analyse. « Le macronisme à bout de souffle persiste à vouloir imposer un budget austéritaire parmi les plus violents au niveau social », tance l’édile, « alors même que plus de 211 milliards d’euros sont versés chaque année aux entreprises sans contrôle ni contreparties ».

    Face aux « logiques marchandes et au recul des services publics » induits par cette politique, le maire oppose la perspective du « modèle martégal, où nous faisons le choix de l’investissement humain, de la solidarité et de l’intérêt général ». Gaby Charroux affirme que le PCF et ses élus « ont fait le choix de protéger » Martigues et ses habitants des « effets de l’inflation, des crises internationales et du désengagement de l’État ». En réponse, « la proximité, l’écoute, et par une démocratie locale vivante et exigeante », ainsi qu’une politique « d’accès à la culture, à l’éducation, au sport, aux loisirs, aux vacances, pensée comme un droit et pas comme un privilège », selon le maire.

    Une ambition double de l’élu, pour que « 2026 soit une année de victoire » aux élections municipales, mais aussi pour « faire vivre la mémoire des 90 ans du Front populaire ».

    Et de la dissolution des ligues fascistes la même année.

  • Dominique Bucchini, figure majeure de la vie politique corse, s’est éteint

    Dominique Bucchini, figure majeure de la vie politique corse, s’est éteint

    L’émotion est vive. Dominique Bucchini est décédé ce vendredi 2 janvier. Cette figure du PCF local a notamment été président de l’Assemblée de Corse de 2010 à 2015 et maire de Sartène pendant 23 ans.

    Né le 23 janvier 1943 à Sartène, en Corse-du-Sud, Dominique Antoine Bucchini grandit dans le quartier populaire de Borgo, marqué par une culture politique où le souvenir de la Résistance est encore très vif. Fils de Jean‑Simon Bucchini, convoyeur devenu cafetier, et de Catherine Andréani, tous deux sympathisants communistes — sa mère en particulier — il forge dès l’enfance une conscience sociale nourrie par la parole des anciens.

    Son voisin, l’ancien maire résistant Joseph‑Pascal Tramoni, lui transmet une injonction fondatrice : « N’oublie jamais qui nous sommes et d’où nous venons ». Très tôt engagé, Dominique Bucchini adhère aux Jeunesses communistes en 1959 et diffuse le quotidien La Marseillaise dans sa ville. Après un baccalauréat philosophie en 1961, il entame des études à Aix‑en‑Provence avant de s’orienter vers l’École normale d’instituteurs. Les places en Corse étant réservées en priorité aux rapatriés d’Algérie, il est affecté en Vendée, où il devient instituteur en 1964. Il y enseigne trois ans, s’investit dans la défense de l’école laïque, organise des actions sociales et se distingue comme footballeur dans plusieurs clubs locaux.

    Engagement et fidélité aux valeurs communistes

    En 1967, il part effectuer son service militaire sous la forme d’une coopération au Sénégal, à Thiès, où il enseigne l’histoire‑géographie et le français. Il y entraîne également une équipe de football composée d’élèves, engagée en deuxième division sénégalaise. Une inspection favorable lui ouvre la perspective d’une promotion au grade de PEGC. Rentré en France, il reprend l’enseignement à Montreuil puis au lycée agricole de Sartène.

    Son engagement politique s’intensifie : il adhère au Parti communiste en 1972, et débute une carrière élective marquante. Bucchini devient maire de Sartène en 1977, charge qu’il occupera jusqu’en 2001. Il est également député européen de 1981 à 1984, conseiller général de 1988 à 2001, puis conseiller territorial de 1982 à 2017. Son influence culmine lorsqu’il préside l’Assemblée de Corse entre 2010 et 2015, consolidant son rôle central dans la vie politique insulaire.

    Militant opiniâtre, profondément attaché à la justice sociale et à la mémoire résistante, Dominique Bucchini demeure une figure emblématique du communisme corse, marqué par une fidélité constante à ses origines populaires et à l’idéal collectif transmis dès son enfance.

    Des hommages appuyés

    Les hommages se multiplient depuis l’annonce de sa disparition. Le porte-parole du Parti communiste français, Ian Brossat, déclare sur ses réseaux sociaux : « L’amour de la Corse, la révolte contre les injustices : deux fils rouges que Dominique Bucchini aura tissés tout au long de sa vie. Hommage à l’ancien maire et président de l’Assemblée de Corse, au grand communiste, à l’homme remarquable qu’il fut jusqu’au dernier souffle. »

    Gilles Simeoni, président du conseil exécutif de Corse, confie : « Président de l’Assemblée de Corse, maire de Sartène, sa ville qu’il aimait tant, militant infatigable au service de ses convictions communistes, homme de dialogue et de paix imprégné de culture corse et universelle, Dominique Bucchini est, et restera une figure majeure de l’histoire contemporaine de l’île. Il est parti mais nous conservons de lui son sourire, son regard empreint de détermination et de bonté, et les conseils en forme de proverbe dont il savait illustrer ses discours et ses propos : “À chì pesa a petra, à chì trova l’anguilla…” ».

    Marie Antoinette Maupertuis, présidente de l’Assemblée de Corse, déclare : « Bienveillant à mon égard depuis mon élection, je retiens son engagement pionnier en matière de lutte contre la violence et sa prise de position en faveur de la co-officialité de la langue corse. Je salue avec respect l’homme au franc parler, l’inlassable militant, l’élu devenu une des figures politiques emblématiques de notre île. »

    L’association Kallisté salue la mémoire de Dominique Bucchini, « grande figure de la vie politique et démocratique corse, qui vient de nous quitter. »

  • [Témoignages] Que représente 36 pour vous ?

    [Témoignages] Que représente 36 pour vous ?

    Anthony Gonçalvès, chef de file des communistes aux municipales à Marseille

    « Une résonance avec le monde actuel »

    Chef de file des communistes pour les municipales à Marseille, Anthony Gonçalvès ne peut s’empêcher de dresser un parallèle entre la période du Front populaire et l’époque actuelle. « Même si c’est très loin de nous aujourd’hui, il y a beaucoup de résonance avec le monde actuel », pointe l’oncologue. Et d’énumérer une crise économique persistante, l’ambiance guerrière en Europe, la montée de régimes fascistes, autoritaires.

    « Mais 1936 représente aussi, pour moi, l’exemple flamboyant de la mobilisation massive, d’abord de la classe ouvrière, et puis de tout le monde du travail, devant laquelle plus rien ne peut résister », poursuit-il. En tête, il a ces photographies de la jeunesse, le poing levé, des occupations d’usines. « Et il y a ce rassemblement très large, dans lequel les communistes jouent un rôle très important, et qui en quelques semaines va faire adopter des lois qui construisent du progrès social. » De quoi en tirer des leçons pour le présent, pour le professeur de médecine. « Quand le rassemblement est aussi large, aussi massif, il n’y a rien qui peut lui résister, appuie-t-il. Et finalement, construire du progrès social comme cela a été fait en 1936, c’est une bonne façon de faire reculer le fascisme : il ne réussira pas à gagner en France jusqu’à la guerre. C’est le souffle du Front populaire et ses conquêtes sociales qui font reculer le fascisme ! »

    Offrir une autre vie

    Parmi ces conquêtes sociales justement, le militant communiste pense particulièrement aux semaines de congés payés, aux personnes qui enfourchent leurs bicyclettes, vont voir la mer pour la première fois. « à l’époque, ça devait paraître complètement fou de partir deux semaines, payées par le patron ! partage-t-il. ça devait paraître impossible aux ouvriers, le patronat devait leur expliquer que ça mettrait leurs usines sur la paille… » Une conquête particulièrement symbolique, « à une période où la plupart des travailleurs passaient leur vie à travailler sans faire autre chose que survivre ». « C’est le moment où l’on découvre que la vie peut être autre chose, une vie qui n’était pas autorisée, explique Anthony Gonçalvès. Cela paraît aujourd’hui quelque chose de tellement essentiel, cette possibilité de se reposer et faire autre chose que le travail, grâce aux richesses produites toute l’année ».

    Y.S.

    Laurence de Villèle, secrétaire générale de l’UD CGT Vaucluse

    « Un repère essentiel et un héritage vivant »

    « Le Front populaire est un repère essentiel : un moment de l’histoire où la mobilisation ouvrière et populaire a forcé le patronat et le gouvernement à concéder des avancées sociales majeures. La CGT a été au cœur de cette histoire », rappelle Laurence de Villèle. La secrétaire générale de l’UD CGT Vaucluse ajoute : « Les conquêtes issues du Front populaire sont un héritage essentiel, une mémoire fondatrice pour le monde du travail : des conquis à défendre, face à un patronat puissant et décomplexé ». Le Front populaire fait aussi écho à nos luttes d’aujourd’hui, selon la responsable syndicale : « Exigence d’augmentation de salaires, défense du droit syndical ou nouvelle réduction du temps de travail à 32 heures. Pour porter nos revendications, notre lutte contre l’extrême droite, et transformer la société, notre organisation syndicale doit continuer à se renforcer. Il nous faut construire un rapport de force massif, par la grève dans les entreprises et services publics. Dans un contexte de crise sociale et démocratique, l’héritage du Front populaire nourrit la conviction qu’une autre répartition des richesses et des pouvoirs est possible, par la mobilisation collective. »

    F.C.

    Frédéric Rosmini, ancien élu socialiste et président de Vacances Léo Lagrange

    « C’est la dignité des travailleurs retrouvée »

    Pour Frédéric Rosmini, vice-président de la coordination nationale Parcours, ensemble d’associations de tourisme social, et ancien élu socialiste de Marseille, le Front populaire représente des jours heureux. « Cette période de l’histoire se résume en deux mots : revendications et fêtes. Car c’étaient des grèves joyeuses pour accompagner le gouvernement à aller plus loin sourit cet ancien ouvrier. C’est la dignité des travailleurs retrouvée ».

    Le militant des vacances pour tous affirme que les avancées sociales apportées par cette période sont également sociétales. « Les congés payés permettent à la société de s’ouvrir. Garçons et filles peuvent pour la première fois partir. Léo Lagrange disait d’ailleurs que les vacances sont un formidable outil pour l’émancipation des travailleurs. » Une période qui a aussi permis le développement de politiques culturelles importantes : « Le gouvernement a dit aux ouvriers que eux aussi avaient le droit au bonheur et les a encouragés à se cultiver. C’est redonner la fierté à toute la classe des ouvriers ».

    Eva Janus

    Olivier Masini, direction de la fédération varoise du Secours Populaire français

    « Un moment d’unité syndicale et politique »

    « Si on est arrivé à gagner des conquis sociaux en 36, c’est qu’on est arrivé à faire l’unité, aussi bien au niveau politique qu’au niveau syndical », commence Olivier Masini, membre de la direction de la fédération varoise du Secours populaire. La prise de conscience de cette absolue nécessité s’est faite, rappelle-t-il, face à la menace fasciste. Et d’insister : « Il faut rappeler le coup de force du 6 février 34 où véritablement, l’extrême droite était décidée à prendre le pouvoir par la force ».

    Le militant associatif revient d’ailleurs sur les grandes manifestations de riposte du monde du travail des 9 et 12 février 1934, à Toulon notamment. « J’ai d’ailleurs une photo que je garde dans mon bureau de cet immense cortège qui défile devant la chambre de commerce, pour répondre à cette menace fasciste », ajoute-t-il. Il poursuit : « C’est pour ça que pour moi 36, même si la mémoire populaire retient essentiellement les congés payés, incarne des valeurs sur lesquelles on ne transige pas. Et avec la montée du fascisme, on ne transige pas. Je pense que ça a été vraiment le message qui a été lancé en 1936 » .

    L’occasion, aussi, pour l’observateur avisé du monde social et politique de mettre en avant la situation à laquelle la population est confrontée aujourd’hui aussi. Avec, pour y répondre, des forces progressistes qui avancent pour l’instant, malheureusement, en ordre dispersé.

    « 1936 c’est aussi l’année où le Secours rouge international devient Secours populaire de France et des colonies », ajoute-t-il. Et où, en cette période marquée par la guerre d’Espagne, « il s’impose comme un acteur majeur de la solidarité internationale, soutenant les combattants et les civils républicains ». « D’ailleurs, de nombreux dirigeants du Secours populaire s’engagent alors dans les brigades internationales », insiste Olivier Masini. De quoi redonner espoir et envie de résister.

    T.T.