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  • À Lille, les communistes tournés vers l’avenir

    À Lille, les communistes tournés vers l’avenir

    D’une extrémité à une autre. Trois ans après avoir été accueillis sur les hauteurs du Vieux-Port de Marseille, c’est dans les terres nordistes que se rassembleront les délégués des fédérations communistes à compter de ce vendredi. Pendant trois jours ce week-end, le Grand Théâtre de Lille accueillera ainsi les débats du 40e congrès du Parti communiste français, la conclusion de plusieurs mois d’échanges pour les plus de 37 000 militants. Mais si en 2023 les échanges se tenaient dans un contexte de mouvement social d’ampleur contre la réforme des retraites, cette fois les esprits se tournent de plus en plus vers les échéances électorales de l’année à venir, de la présidentielle aux législatives, et la volonté de présenter une candidature communiste sera au cœur des débats.

    Processus démocratique

    Deux mois après l’adoption, le 29 mars dernier, d’une base commune par le conseil national du PCF, les deux tiers des militants s’étaient déplacés pour choisir le texte qui servirait de base à leurs débats. Avec plus de 14 000 voix et les suffrages de 61,4% des votants, c’est cette base commune présentée par la direction sortante, « Pour un communisme de conquête », qui avait été choisie les 6 et 7 juin face aux trois textes alternatifs déposés. « Les communistes ont la culture du débat ! » expliquait dans nos colonnes le secrétaire national du PCF Fabien Roussel (notre édition du 23 mai), même s’il regrettait la multiplication de ces textes face au risque de division dans les rangs du parti « à un moment où, au contraire, nous avons besoin d’un parti solide pour défendre la classe ouvrière ». « J’ai entendu à travers les textes alternatifs les remarques, les manques, les doutes. Nous allons avoir tout le temps du congrès pour les intégrer », promettait-il deux semaines avant ce vote en espérant « un parti le plus uni possible dans la préparation de ce congrès ».

    Du 12 au 14 juin, c’est dans les sections qu’ont eu lieu ces débats, avant que ceux-ci ne remontent aux congrès départementaux une semaine plus tard, le week-end du 19 au 21 juin. L’occasion pour chaque fédération d’amender les textes mais aussi de renouveler son exécutif départemental. Désormais, tous les amendements qui ont été débattus dans chacune des sections arrivent dans l’enceinte lilloise, portés par les délégués des différentes fédérations, pour réécrire, enrichir cette base commune « largement amendable » soulignait Fabien Roussel, et ainsi dessiner les orientations du PCF pour les années à venir.

    Parmi celles-ci, la base commune réintroduit la notion d’un « socialisme aux couleurs de la France », qui avait été abandonnée lors du 29e congrès du parti, à La Défense. Et défend donc ce principe d’une transition vers le communisme, « marquée par la coexistence et la confrontation entre des logiques héritées du capitalisme et des formes nouvelles de production, de propriété et de pouvoir appelées à se développer », décrit le texte. Une notion qui a déjà largement animé les débats des congrès locaux.

    Quelle stratégie en 2027 ?

    Mais surtout, elle s’inscrit dans la continuité des deux précédents congrès en affirmant que « les communistes considèrent avoir toute légitimité pour porter une candidature de rassemblement issue de leur rang, pour l’élection présidentielle comme pour l’ensemble des scrutins locaux et nationaux du pays ». De quoi faire un premier pas vers une nouvelle candidature pour le scrutin de 2027, qui doit encore recevoir l’aval des militants en septembre (lire ci-contre) mais est déjà au cœur des débats. Sans attendre le résultat de la présidentielle, le PCF veut aussi « engager les discussions nécessaires avec le reste de la gauche afin de déterminer, dans toutes les circonscriptions menacées d’un succès de l’extrême droite ou de ses alliés, les candidatures disposant de la meilleure implantation et de la meilleure représentativité pour l’emporter ».

    Enfin, en conclusion des débats le dimanche 5 juillet, le congrès désignera aussi les membres de la nouvelle direction nationale du PCF. Avec une volonté de réduire le nombre de membres de son conseil national : la commission des candidatures propose ainsi de faire passer le nombre de sièges de 186 à 154, à parité, sélectionnés parmi les 250 noms proposés par les fédérations pour représenter toutes les sensibilités et la diversité du parti, en insistant sur le respect des orientations choisies. Si ce choix est avalisé, 30% des responsables nationaux seraient ainsi renouvelés. Et à sa tête, Fabien Roussel est proposé pour un nouveau mandat de secrétaire national, huit ans après le congrès d’Ivry-sur-Seine en 2018.

    ILS Y SERONT

    Un vote des militants du 3 au 6 septembre sur la présidentielle

    À l’issue du congrès de Lille, dimanche 5 juillet au matin, le nouveau conseil national élu et les délégués des fédérations se réuniront en « conférence nationale ». Objectif : définir une proposition et un bulletin de vote qui sera soumis au vote de l’ensemble des communistes pour se positionner sur la présidentielle. En effet, comme le prévoient les statuts du PCF, ce sont les adhérents qui ont le dernier mot.

    La conférence nationale fera part de l’option qu’elle défend en matière de stratégie et de candidature puis listera les autres options en présence afin que les communistes puissent trancher démocratiquement lors d’un vote national qui se tiendra du 3 au 6 septembre.

    Dans l’intervalle, les adhérents du PCF pourront s’approprier le texte de congrès et débattre dans leurs cellules, sections et fédérations, du choix qu’il leur semble le meilleur pour la présidentielle.

    Au regard du choix de la base commune de discussion, intitulée « communisme de conquête », l’option d’une candidature de Fabien Roussel semble tenir la corde.

    L.P.

  • Les cent jours de mandat qui ont déjà changé Nîmes

    Les cent jours de mandat qui ont déjà changé Nîmes

    Vincent Bouget réussit-il une entrée en matière quasiment parfaite ? Pour l’heure, ni l’opposition de droite, toujours fracturée par les divisions, ni la démagogie du RN ne sont parvenues à faire tanguer la nouvelle équipe.

    Pourtant, après 25 ans sans alternance, lancer une nouvelle dynamique dans une administration centrale peu habituée à s’adapter était un véritable défi. Mais le nouveau maire de Nîmes s’est attaché en premier lieu à travailler avec les agents de la collectivité. C’est d’ailleurs sur ce point que Vincent Bouget a ouvert sa conférence de presse consacrée aux cent premiers jours de son mandat. « Nous avons réalisé huit réunions, organisé 60 ateliers avec 1 300 agents où la parole a été libre. Il fallait entendre les agents qui portaient des questions personnelles et globales. Ils ont fait 1 600 propositions pour rendre un meilleur service public », a présenté l’édile en précisant qu’un projet d’administration serait réalisé à l’automne.

    Ce dialogue, Vincent Bouget l’a également lancé avec les habitants de la Ville grâce à l’organisation de sept réunions publiques. Une restitution publique de ces discussions se tiendra d’ailleurs le 8 juillet à 18h30 au Parnasse.

    Des avancées concrètes

    Outre la méthode, Vincent Bouget s’est aussi félicité de plusieurs réalisations concrètes malgré « un budget 2026 décidé par l’ancienne équipe ». Parmi elles, le maire note la bonne organisation de la feria avec la mise en place des transports gratuits le week-end, expérience qui sera renouvelée pour la feria des Vendanges.

    « Nous sommes aussi allés plus vite que prévu pour le déblocage de fonds et de moyens humains pour le poste de police de Pissevin », s’est-il félicité. En effet, lors de son déplacement dans la capitale du Gard, Laurent Nuñez, le ministre de l’Intérieur, avait annoncé le déblocage d’une enveloppe de 620 000 euros pour la construction du poste de police dans le quartier populaire nîmois et l’arrivée de 16 policiers au 1er septembre au commissariat de Nîmes. Vincent Bouget a également confirmé que les élus de la majorité avançaient sur « les projets au long cours » comme la végétalisation de la ville et de ses écoles, la création des fameuses places communes, les questions de mobilité et la réhabilitation du stade des Costières.

    S’il n’a pas voulu s’éterniser sur les squelettes laissés dans le placard par l’équipe précédente, il a confirmé qu’en plus du fort endettement de Nîmes Métropole et de la situation du stade des Costières, qui étaient connus, la Ville connaît une « dette grise », c’est-à-dire que nombre d’infrastructures n’ont pas été entretenues ou rénovées. « Deux écoles ont connu une rénovation énergétique, il en reste 81. Ici, au Carré d’art, le toit fuit quand il pleut », a-t-il illustré.

    Gratuité des bibliothèques

    Si Vincent Bouget a tenu à réunir la presse au Carré d’Art, c’est surtout pour annoncer plusieurs nouveautés concernant la culture et l’éducation. Ainsi, les bibliothèques seront gratuites à partir du 1er septembre « comme dans 60% des collectivités de France ». Le coût de la mesure est estimé à 75 000 euros. En parallèle, tous les enfants entrant en CP recevront désormais une carte de bibliothèque. Concernant la jeunesse érigée en « priorité », 10 euros de fournitures scolaires ont aussi été débloqués par élève de primaire, s’ajoutant aux 50 euros de dotation totale par enfant déjà consentis. La mesure coûtera 50 000 euros.

    Vincent Bouget a aussi confirmé la gratuité totale du musée des cultures taurines à la rentrée et l’extension de la gratuité dans les trois autres musées municipaux (musée des beaux-arts, muséum d’histoire naturelle et musée du vieux Nîmes) pour les moins de 26 ans. Toutes ces mesures seront votées lors du conseil municipal du 4 juillet.

    Vincent Bouget a conclu en donnant rendez-vous aux habitants le 13 juillet aux Jardins de la Fontaine pour un nouveau rendez-vous : « À la Table de Marianne ». Le principe est simple, les Jardins seront ouverts jusqu’à minuit pour un « pique-nique géant familial », où le partage autour des valeurs républicaines sera à l’honneur, avec en prime des animations culturelles.

  • La ligne stratégique du PCF affinée au congrès de Lille

    La ligne stratégique du PCF affinée au congrès de Lille

    Début juillet, on ne saura pas encore officiellement si Fabien Roussel est candidat à l’élection présidentielle 2027. Mais il sera possible de deviner si cette option tient ou pas la corde.

    Du 3 au 5 juillet, le 40e congrès national du PCF, qui se tient à Lille, va préciser la ligne du parti sur sa place dans la recomposition d’une gauche fracturée et bien sûr sa préférence en vue de l’élection reine d’avril 2027. Si Fabien Roussel a déjà laissé entendre qu’il serait si nécessaire « disponible » pour la présidentielle, ce congrès ne vise pas à désigner directement un candidat communiste mais à élire, via les délégués, le nouveau conseil national du PCF et donc sa direction.

    Si l’on se fie au vote des adhérents des 6-7 juin, la direction actuelle garde une longueur d’avance. Même si le plébiscite est moindre qu’en 2023 (24 608 suffrages contre 29 212) c’est bien le texte d’orientation porté par Fabien Roussel qui est majoritaire avec 61,38% des voix. Cette ligne devance le texte des « communistes à l’offensive » (25,35%) soutenu par Pierre Laurent ou Stéphane Peu, celui de « la lutte des classes comme boussole, le socialisme comme programme » (7,6%) et enfin le courant le plus minoritaire, « Résister et construire, une nouvelle page du communisme » (5,67%).

    C’est donc le texte d’orientation proposé par le conseil national qui sertde base commune de discussion. Reste à savoir dans quelles proportions il sera amendé. Le PCF préparera-t-il sa candidature autonome comme le souhaite l’actuelle direction ou bien laissera-t-il entrouverte l’hypothèse d’une candidature commune à gauche ?

    Dans la foulée du congrès les délégués se réuniront en conférence nationale pour proposer une option qui sera tranchée par le vote des adhérent début septembre.

  • [Entretien] Clara Gimenez : « On a besoin de reconstruire un Parti communiste qui soit fort »

    [Entretien] Clara Gimenez : « On a besoin de reconstruire un Parti communiste qui soit fort »

    La Marseillaise : Pouvez-vous nous résumer votre parcours
    au PCF
     ?

    Clara Gimenez : J’ai adhéré au PCF à 14 ans en 2009 après un cours d’histoire sur Marx où j’ai découvert que des gens avaient une grille d’analyse de la société qui me correspondait assez. J’étais depuis un an chez les Jeunes communistes et j’ai adhéré à la cellule de Pignan. Vers 2013, j’ai intégré l’exécutif du conseil départemental aux côtés de Michel Passet. En 2014, j’ai été élue d’opposition à la mairie de Pignan puis j’ai déménagé à Montpellier et donc démissionné. Je suis membre du conseil national du PCF depuis 2018. Dimanche 21 juin, le débat a eu lieu et ma candidature a été retenue. Je suis élue dans la majorité de la Ville et de la Métropole de Montpellier depuis 2020.

    Certains militants attendent une gestion plus collective. Comment pensez-vous gérer la fédération ?

    C.G. : Je partage le besoin du travail collectif. On est toujours plus intelligents à plusieurs. Seul on va plus vite, mais collectivement on va plus loin. À 31 ans, j’ai encore beaucoup à apprendre de mes camarades. Je vais aller à la rencontre des sections et des cellules qui organisent des fêtes durant l’été et des responsables dans les mois à venir. On va travailler collectivement à la proposition d’un exécutif départemental à la mi-juillet, qui sera composé d’une petite dizaine de personnes. Le conseil départemental désignera les camarades qui en seront. L’idée c’est d’avoir une représentation la plus diverse possible et d’avoir des camarades qui aient des responsabilités, des missions, pas un groupe de bureaucrates. L’ambition c’est, en septembre, de pouvoir adopter une feuille de route départementale qui vienne décliner les décisions du congrès départemental.

    Qu’attendez-vous du congrès national et pourquoi soutenir la base commune du conseil national ?

    C.G. : J’attends de ce congrès qu’il permette de partir en ordre de marche pour la période qui s’ouvre, qui n’est pas seulement la présidentielle. Je souhaite un débat sur : qu’est-ce qu’un Parti communiste utile demain pour le monde du travail ? J’attends des débats sur les modalités d’organisation, notre stratégie, notre vision. C’est pour cela que j’ai soutenu le texte du conseil national. Je crois que c’est un texte qui nous permet de nous réinscrire dans le paysage. Pas uniquement sur la présidentielle, même si je pense qu’il y a une nécessité d’avoir un candidat. Pas forcément pour le score qu’on fera, mais pour se saisir de tous les moyens qu’on aura pour parler à notre classe sociale, la reconquérir et faire grandir la conscience de classe. C’est aussi une étape dans la réflexion sur ce que pourrait être le socialisme à la française comme moyen d’atteindre une société communiste, qui rompe profondément avec la société capitaliste.

    Quelle sera votre position vis-à-vis des partenaires de gauche dans l’optique des futures élections ?

    C.G. : Je défendrai mon point de vue dans ma réunion de section mais au final ce sera une position collective, je crois à démocratie interne. Je porterai le choix de tous les communistes. Pour ce qui est des relations avec nos partenaires de gauche, c’est la question du rapport de force des luttes dans le pays. Ces dernières années, on a déjà prouvé qu’on savait faire des accords de sommet, ce n’est pas un problème. La réalité c’est qu’on a une gauche qui, toute mouillée, ne dépasse pas 30%. La question c’est : comment on fait grandir des choses dans la population. Pour moi, c’est la clé. Historiquement la gauche a toujours été forte quand le PCF était fort. On a besoin de reconstruire un Parti communiste qui soit fort. C’est la tâche à laquelle je vais m’atteler dans les mois qui viennent dans l’Hérault et au plan national. Ce sera l’une des conditions de la victoire de la gauche. Dans l’Hérault, on a eu davantage de votants
    [sur les 4 textes, Ndlr]. Quand on fait le travail, on arrive à enrayer l’érosion naturelle des adhérents en faisant des adhésions et en fidélisant nos adhérents. Il faut poursuivre le travail engagé de reconstruction des cellules au plus près des lieux de vie de nos adhérents, ce qui est de nature à encourager la participation régulière aux différents moments forts du parti. Avoir de plus petites réunions permet de s’exprimer plus facilement, notamment pour les nouveaux adhérents, c’est moins intimidant.

    Pour vous, que signifie être communiste en France en 2026 ?

    C.G. : C’est vouloir rompre avec le système capitaliste tel qu’il est aujourd’hui, vouloir transformer profondément la société dans laquelle on vit. C’est avoir à cœur de reconstruire une conscience de classe qui nous permette de gagner la lutte des classes. C’est aussi être au plus près des habitants où qu’ils soient, apporter des réponses concrètes à leur quotidien. Mais c’est aussi coller des affiches, distribuer des tracts, car ce sont des moyens pour reconquérir cette conscience de classe.

  • Une « réforme de façade » sur le sport professionnel

    Une « réforme de façade » sur le sport professionnel

    Présentée comme une refonte destinée à moderniser la gouvernance du sport professionnel français, cette réforme, adoptée au Sénat il y a un an, divise entre promesses de compétitivité accrue et critiques d’un modèle jugé à bout de souffle.

    Cette proposition de loi, portée par les sénateurs Laurent Lafon (Union centriste) et Michel Savin (LR), a été adoptée en première lecture lundi à l’Assemblée nationale avec 75 votes pour et 2 votes contre.

    Elle vise notamment à adapter l’organisation du sport professionnel en lui donnant les outils nécessaires pour gagner en compétitivité dans un environnement de plus en plus concurrentiel.

    Cette réforme entend également renforcer le rôle du ministère des Sports dans ses relations avec les Fédérations et les Ligues, et s’articule autour de quatre grands axes présentés, lundi matin, par la ministre Marina Ferrari : la lutte contre le piratage, la réaffirmation de l’architecture du modèle sportif français, le soutien au développement du sport professionnel féminin, ainsi que la réforme de la gouvernance du football professionnel.

    Sur le papier, le programme apparaît structuré et comporte plusieurs pistes jugées sérieuses à explorer. Mais pour Soumya Bourouaha, députée communiste de la 4e circonscription de Seine-Saint-Denis et membre du groupe de la Gauche démocrate et républicaine, le constat est bien plus réaliste. « Ce texte ne réforme rien de fondamental. Il y avait pourtant à faire, tant le modèle du sport professionnel est un échec », a-t-elle réagi.

    Chute de 80% en six ans

    Elle dénonce notamment une stratégie qu’elle qualifie de « locomotive », consistant, au sujet du football, à concentrer toujours davantage de ressources sur un seul club, le PSG. « Elle est inefficiente. Nous avons tout sacrifié : la solidarité entre les clubs, les liens entre le football professionnel et amateur, le sport féminin, les intérêts des supporters, au nom d’une prétendue compétitivité économique », ajoute Soumya Bourouaha.

    Pour quel résultat ? « Les inégalités ont explosé, l’aléa sportif a quasiment disparu, une partie des clubs professionnels est au bord de la faillite et les droits télévisuels sont revenus à leur niveau d’il y a trente ans. La théorie du ruissellement n’existe pas, le tout business n’a construit aucun business », affirme-t-elle. Des villes comme Auxerre, Sochaux ou Guingamp n’existent souvent plus qu’au rythme des fermetures d’usines ou des exploits de leurs clubs. L’élue francilienne revient également sur la crise profonde que traverse le football professionnel, malgré « l’apport d’oxygène » amené par le fonds CVC, en 2022. Selon elle, la baisse des droits télévisés et les conflits entre diffuseurs ont mis en lumière les limites du modèle économique actuel et les difficultés structurelles de gouvernance.

    Les droits audiovisuels, qui s’élevaient à 1,153 milliard d’euros en 2021, pourraient chuter à environ 205 millions d’euros en 2026, soit une baisse estimée de plus de 80% en six ans. Un effondrement qui, selon elle, illustre les fragilités d’un système arrivé à bout de souffle.

    Mais que contient réellement cette proposition de loi ? Un renforcement du contrôle exercé par les Fédérations sur les Ligues ? « Une mesure bienvenue, mais d’une portée limitée tant les Fédérations restent soumises aux mêmes logiques de marché », estime-t-elle. Un encadrement des droits télévisuels ? « Minimaliste et largement vidé de sa substance par de nombreuses exceptions. » Un renforcement des pouvoirs de la DNCG, le gendarme du football français ? « Souhaitable, mais fragilisé par le manque d’indépendance de cette instance. » Des engagements en faveur de la visibilité des compétitions sportives féminines ? « Nécessaires, mais insuffisants pour consolider durablement leur modèle économique », poursuit la députée communiste, en indiquant que ce texte « fait le choix de la répression ».

  • À Marignane, Sabena technics jette l’éponge et ses soixante-dix salariés

    À Marignane, Sabena technics jette l’éponge et ses soixante-dix salariés

    Bonjour, on a appris la fermeture du site et on vient vous proposer notre aide et notre solidarité », lance François Le Verne au premier automobiliste se présentant au portail de Sabena Technics, à Marignane. Ce lundi, dès 5h30, ce militant retraité de l’Union locale CGT de Vitrolles-Marignane, accompagné d’autres syndicalistes, s’est présenté devant les emblématiques hangars Boussiron, investis par l’entreprise de maintenance aéronautique spécialisée dans les hélicoptères.

    Certains travailleurs s’arrêtent et échangent quelques mots. D’autres passent, la mine grise. Pour l’un d’entre eux, « c’est fini ! Je prends ma retraite », lance-t-il. Car l’entreprise ferme, aussi étonnant que cela puisse paraître dans le secteur aéronautique. 70 emplois directs sont menacés. Le climat est évidemment morose. « C’est incompréhensible. Il n’y a que colère et dégoût », livre ce mécanicien, présent depuis trois ans dans l’entreprise. « Il n’y a quasiment que des jeunes dans l’équipe, et si tu dis quelque chose, tu te fais dégager », dépeint-il, estimant que « l’aéronautique est un petit monde, faut pas faire de bruit si on veut travailler à côté ». Un autre salarié dit attendre juillet « pour se décider, si on bouge », en fonction des annonces de la direction.

    « La Ville doit agir »

    Le milieu de l’été est donc la période durant laquelle les travailleurs rencontrés estiment que sera mis en place le plan de sauvegarde de l’emploi. Dans ce contexte, l’Union locale CGT de Vitrolles-Marignane joue son rôle. « On a une permanence juridique à Vitrolles avec un expert des lois qui siège aux prud’hommes », explique François Le Verne aux salariés. « Si on te propose un PSE avec juste les indemnités légales, c’est pas la peine. Se mobiliser d’une manière ou d’une autre peut permettre d’aller chercher un peu plus », lance directement le syndicaliste à l’un d’entre eux. La démarche est assumée : « Nous, on amène la solidarité et on accompagne l’éventuel mouvement social. Mais ce sont les salariés qui décident », assure le syndicaliste.

    Dans le même temps, la conseillère municipale d’opposition (PCF), Ariane Lombardi, présente avec son colistier Youssef El Ouanaghly (PS), s’interroge : « On parle de 70 emplois directs, mais combien d’indirects ? ». « Nous sommes aux côtés de la CGT, en soutien des salariés, dans cette période difficile. Ils n’ont pas à subir des décisions prises sans eux », affirme l’élue. « Nous demandons à la mairie de prendre conscience de la situation et d’aller demander le reclassement digne des salariés auprès de la direction. La majorité ne peut pas se dispenser de cette initiative quand la casse sociale a lieu sur son territoire », estime Ariane Lombardi.

    Sollicitée, la direction de Sabena Technics n’a pas donné suite à nos demandes.

  • « Une fête qui crée de l’intelligence collective »

    « Une fête qui crée de l’intelligence collective »

    Il y a ceux qui font la fête pour « oublier », pas nous. Nous, nous la faisons pour nous rassembler, nous organiser, réfléchir et lutter pour ne pas rester seul dans cette société où l’individualisme et la compétition entre les citoyens sont érigés en valeurs suprêmes. Cette société où la culpabilité est renvoyée à celui qui est en difficulté. Tu ne trouves pas de travail ? C’est de ta faute. Tu n’arrives pas à boucler ton budget, c’est de ta faute. Ton gamin ne s’en sort pas, c’est de ta faute. La planète brûle, c’est de ta faute…

    Si les services publics, la santé, la justice dysfonctionnent, c’est sûrement de la faute de certaines personnes et on ne remet jamais en cause ce système ultralibéral.

    Alors non, ce n’est pas notre faute à nous si la société va mal, très mal. En revanche, c’est notre responsabilité collective de faire face. Ce ne sera jamais une réponse individuelle qui pourra résoudre quoi que ce soit.

    Voilà pourquoi nous sommes communistes et pas populistes et que nous luttons depuis toujours contre les forces d’extrême droite.

    Si nous sommes ici aujourd’hui, c’est pour faire la fête, une fête qui crée de l’intelligence collective, une fête de luttes, une fête de fraternité. »

  • Christian Bastid, une vie au service du collectif

    Christian Bastid, une vie au service du collectif

    Bien sûr il a participé à la bataille pour défendre Nelson Mandela. Mais contrairement à de nombreux militants, poussés dans le grand bain politique par les tumultes du monde, les injustices nationales ou les lectures de Marx, l’engagement de Christian Bastid est né dans les batailles locales. « J’ai adhéré au Parti communiste en 1983 lorsqu’on a perdu la Ville de Nîmes. J’étais sympathisant mais à ce moment-là, je me suis dit qu’il fallait être partie prenante pour contribuer à reconquérir la ville de Nîmes, ce qui est arrivé à deux reprises », explique-t-il.

    Natif de la capitale du Gard, Christian Bastid a d’abord multiplié les métiers dans le privé, monteur, élagueur, métallurgiste… des postes d’ouvriers qui lui ont permis de « comprendre ce qu’était l’exploitation par le capital ». Puis, il intègre les collectivités territoriales. Dans le même temps, c’est d’abord l’engagement syndical qui marque son parcours, en adhérant à la CGT puis en devenant secrétaire de l’union locale CGT de Nîmes. « Nîmes est une ville de cheminots mais l’industrie y était aussi très forte. Le PCF a toujours eu un rôle important dans cette ville », ajoute-t-il.

    Ce passionné de football et de rugby, mais aussi de spéléologie qui lui a permis d’ouvrir très tôt les yeux sur les problématiques environnementales, est élu conseiller général pour la première fois en 2011 sur le canton de Nîmes 3. Marqué par le mandat et la personnalité d’Alain Clary, il a d’abord lutté pendant la première partie du XXIe siècle contre une droite hégémonique à Nîmes avant d’engranger les responsabilités. Au Département, il est en effet vice-président délégué à l’Habitat, au logement et au renouvellement urbain et il préside aussi la Coopérative des élu.e.s communistes républicain.e.s et citoyen.ne.s du Gard. Depuis mars, il est aussi conseiller municipal délégué à la Mémoire, aux Anciens combattants et à la Culture de paix et siège également comme conseiller communautaire.

    Préparer 2027

    L’élu nîmois, reconnu pour son expérience et son attachement au Parti, a souhaité placer son élection sous le signe « du rassemblement et de l’unité de tous les communistes ». Parmi, ses priorités, il veut engager une réflexion sur « quel Parti nous voulons pour demain ». Pour cela, il souhaite s’emparer des thématiques de « la jeunesse, la paix, des questions sociales, la lutte pour l’emploi, la précarité, l’égalité entre les hommes et les femmes et la lutte contre le racisme ». « Ces axes sont étroitement liés avec les problématiques du département du Gard », précise-t-il.

    Mais Christian Bastid devra aussi préparer les prochaines échéances électorales de 2027 avec en ligne de mire l’élection présidentielle et les législatives. « L’enjeu, c’est de savoir quel rôle aura le PCF, parce que nous proposons des choses différentes, dans un contexte où il y a un risque d’élection de l’extrême droite », conclut-il.