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  • [Entretien] Sylvie Vinceneux : « Notre bataille première à Saint-Cyr, c’est le logement »

    [Entretien] Sylvie Vinceneux : « Notre bataille première à Saint-Cyr, c’est le logement »

    La Marseillaise : Quelles sont vos principales préoccupations pour la ville ?

    Sylvie Vinceneux : Pour nous, le problème aujourd’hui à Saint-Cyr, c’est le surtourisme. Pendant 25 ans, on a eu des politiques ultralibérales pour les touristes et rien pour les Saint-Cyriens qui vivent ici à l’année. C’est sur ça qu’on a basé notre programme, pour répondre au quotidien des habitants. Notre bataille première, c’est le logement. On est l’une des villes où le nombre de logements secondaires est le plus important. On est à 45%. Presque un logement sur deux est fermé dix mois sur douze. On a des quartiers entiers, comme le hameau de la Madrague, où vous n’avez que des volets fermés. Et puis on a des prix exorbitants en matière d’accession à la propriété, on est l’une des villes les plus chères du Var. Donc on a des jeunes, des salariés qui ne peuvent plus se loger.

    Quelles mesures proposez-vous pour améliorer les conditions d’accès au logement ?

    S.V. : Notre projet, c’est d’avoir un parcours résidentiel. Quand vous êtes jeunes, que vous commencez dans la vie active, vous avez accès à du logement social. Pour le moment, il n’y a que 9% de logements sociaux. Il faut changer ça. Ensuite, quand vous avez une situation qui s’améliore un peu, vous avez l’accession sociale avec le bail réel solidaire (BRS), qui est aujourd’hui le seul outil anti-spéculatif. En fin de vie, de vieilles personnes se retrouvent dans des maisons qu’elles n’ont plus les moyens d’entretenir et de chauffer, parce que ce sont des passoires thermiques. On souhaite construire une nouvelle résidence autonomie senior, publique, pour rompre avec l’isolement. Le dernier stade, c’est l’Ehpad. Sur la ville, nous en avons deux, privés, dont les coups sont assez élevés. Nous souhaitons faire un Ehpad public. Ensuite, avec l’intercommunalité, nous voulons mettre en place l’encadrement des loyers, pour pouvoir se loger à un prix compatible avec les salaires. Et puis, les résidences secondaires, c’est stop ! Nous voulons aussi durcir la possibilité de la location type Airbnb. Officiellement, il y en aurait 1 300, mais on sait très bien que ce n’est que la partie visible, on estime environ 30% de non déclarés.

    Comment concevez-vous l’évolution de la ville en cas d’élection ?

    S.V. : On ne veut pas bétonner, on veut des quartiers avec des services publics, de la mobilité. On veut des transports en commun gratuits pour avoir des quartiers qui vivent, avec des commerces et de l’artisanat, que l’on veut favoriser, car ce n’est pas polluant et c’est pourvoyeur d’emploi. On sait que dans les années à venir, on va avoir à donner de l’emploi, puisqu’on a prévu, dans le cadre de la transition écologique, un grand plan de réhabilitation des bâtiments. Donc on fera travailler toutes les entreprises du bâtiment. La réhabilitation thermique, c’est bon pour l’emploi, c’est bon pour le pouvoir d’achat, c’est bon pour le climat.

    Comment les habitants perçoivent-ils ce programme ?

    S.V. : On a fait la tournée chez les commerçants où il y a un mal-être affreux, ils sont confrontés aux problèmes de logements, de mobilité, de stationnement. Il y a un vrai problème de démocratie participative. Dans les portes à portes, on est très bien reçus. Ce qui revient régulièrement, ce sont les problèmes de logement, de mobilité et de santé. Quand on présente les grandes lignes de notre programme, on s’aperçoit qu’on a une écoute qu’on n’avait pas il y a encore deux mois. On est satisfait !

  • À La Ciotat, une liste d’union de la gauche sans LFI

    À La Ciotat, une liste d’union de la gauche sans LFI

    « On est extrêmement heureux de dire aux habitants que la gauche a pris ses responsabilités », amorce Karim Ghendouf. « Et qu’on est sorti de nos divergences nationales », renchérit le secrétaire de section PS, Toni Delogu. « Pour “La Ciotat nous rassemble”, c’est un moment important, car on aboutit à ce qu’on voulait collectivement : se rassembler sur un contenu politique », développe Karim Ghendouf. Aujourd’hui, LCNR, dont il est la tête de liste, rassemble « PS, PCF, Les Écologistes, la Gauche républicaine et sociale, Debout !, Génération.s. La moitié de LCNR est composée par des citoyens, responsables syndicaux, d’associations… »

    Toni Delogu ne fera pas partie de LCNR, mais le socialiste Jérôme Assier et Henri Lubrano, 84 ans, « doyen du PS et trésorier », également président de la Maison pour tous Léo-Lagrange, y figureront.. « LFI ne sera pas dans le rassemblement de la gauche, c’est officiel. Ce mouvement en prend la responsabilité. C’est dommageable, nous avons tendu la main, nous n’avons jamais posé d’exclusive, mais LFI ne souhaitait pas collaborer avec les socialistes », rend compte Karim Ghendouf. « À La Ciotat, ils ont fermé la porte, car ils ont toujours fait référence au débat national, or ça n’avait aucun lieu d’être », estime Toni Delogu.

    « Nous avons décidé d’être responsables »

    Si, dans l’été, Toni Delogu défendait la candidature de la socialiste Martine Cuccaroni à la tête d’un rassemblement de la gauche aux municipales, il explique ainsi son nouveau choix : « Avec deux listes d’extrême droite dans la ville, il y a un danger réel. Quand on interroge les Ciotadens, ils sont enclins à voter Daniel Salenc soutenu par le RN ou Hervé Itrac, de Reconquête. On n’allait pas s’éparpiller, de plus si Bernard Ougourlou-Oglou* dépose une liste. Nous avons décidé d’être responsables et de rallier la liste de Karim Ghendouf. »

    À ce risque d’extrême droite – Toni Delogu rappelle qu’« aux législatives en 2024, Joëlle Mélin a remporté la circonscription et aucun maire de celle-ci sauf Nicolas Bazzucchi n’a appelé à faire barrage au RN » – Karim Ghendouf évoque « cette droite qui communique beaucoup et fait peu ». Il fait référence à l’équipe du maire sortant (DVD) Alexandre Doriol, mais surtout, épingle-t-il, à une droite « dont le discours est ambigu ». Il parle notamment de Martine Vassal, candidate(DVD) à Marseille, et de sa sortie sur « travail, famille, patrie », et de Bruno Retailleau, qui a « hystérisé le débat sur l’immigration ». « Aujourd’hui, il y a un glissement de l’électorat de droite vers l’extrême droite. C’est factuel, il faut savoir qui on a en face de nous », ajoute-t-il.

    * Ex-secrétaire du PS à La Ciotat

  • Occitanie : deux femmes et un avenir à la Grand’Combe

    Occitanie : deux femmes et un avenir à la Grand’Combe

    Dans la cité communiste, l’église est au centre du village. L’édifice construit par la compagnie des mines, en plein pays camisard, reste l’église catholique la plus vaste du département, dont la voûte de la nef est plus haute que celle de Notre Dame de Paris… Aujourd’hui, elle trône fièrement entre les établissements scolaires, comme un lien entre le passé et le présent. Car l’ancienne cité minière n’a rien perdu de son histoire. À l’entrée de la ville, la « Maison du mineur » et le puits Ricard, classé monument historique, font vivre la mémoire de ces mineurs de fond qui ont contribué à l’essor de la France industrielle.

    Dans la commune, tous les anciens se souviennent de ce passé glorieux et regrettent la désindustrialisation, plongeant le territoire dans la précarité. Cette histoire, parfois fantasmée comme si elle ne s’était jamais accompagnée ni de tragédies (un incendie avait par exemple fait deux morts au puits Ricard en 1938) ni de dureté sociale, se confond aujourd’hui avec une certaine nostalgie chez les plus anciens. Bien sûr, la commune est passée de 14 600 habitants en 1954 à 4 700 aujourd’hui et avec cette chute s’est installée une certaine précarité. Mais La Grand-Combe garde de nombreux atouts.

    « On donne une mauvaise image de La Grand’ Combe, surtout quand il y a un drame. On dit que c’est une ville pauvre. Mais ça, ce sont les gens qui voient le négatif partout parce qu’ici, c’est tranquille, les gens sont sympas. Il y a des animations, beaucoup d’associations, le marché deux fois par semaine et le collège et le lycée. Beaucoup d’anciens regardent la Grand-Combe avec regret, mais ceux qui arrivent sont très heureux  », précise Aude, originaire de Belgique, qui tient une boulangerie dans le centre-ville.

    Près de 70 associations

    Dans la cité gardoise située à quinze minutes d’Alès, le nombre d’associations tutoie en effet les 70. « Ici, on est intégré dans la vie de la ville, en contact avec beaucoup de monde puisqu’on touche des personnes de 3 à 70 ans. On participe à toutes les actions locales comme Charbon Ardent et le carnaval. On essaie de s’intégrer à toutes les festivités », précise Amy-Charlotte, directrice artistique de l’association Soleil dansant, qui compte plus d’une centaine d’adhérents sur la commune.

    L’intégration des jeunes à La Grand’ Combe est un réel enjeu puisque pas moins de 1 264 élèves sont scolarisés dans les quatre écoles et le collège public ainsi que dans l’école, le collège et le lycée privés qui s’y trouvent. Et signe que la jeunesse est au centre des politiques publiques : la commune vient d’inaugurer un city-stade qui avait été soutenu par le conseil municipal des jeunes.

    Une seule liste en mars ?

    Dans ce contexte, les élus sortants partent favoris pour renouveler leur mandat, d’autant que la droite n’a réussi à ravir la cité cévenole qu’une seule fois depuis 1945. Si la maire Laurence Baldit (PCF) a choisi de ne pas se représenter, un duo de femmes a rapidement émergé pour prendre la relève. L’adjointe communiste en charge des finances Pascale Eugène et l’adjointe socialiste en charge de l’éducation Karine Montenez se sont entendues début juillet pour porter un nouveau projet. Elles ont fédéré derrière elles une liste qui s’appuie sur d’anciens élus, mais aussi pour moitié sur une nouvelle génération.

    En face, les opposants peinent à monter une liste. Il se murmurait que le député (UDR) Alexandre Allegret-Pilot tentait de construire une liste mais l’extrême droite reste atone à la Grand-Combe et ne semble pas en mesure de présenter un candidat. Seul Didier Merand, élu en 2020, a annoncé mi-février sa candidature dans la presse. Mais, à moins d’un mois du 1er tour, l’élu d’opposition n’a présenté ni colistier, ni programme et n’a pas commencé à faire campagne. Si bien que beaucoup s’interrogent sur sa réelle capacité à monter une liste.

  • Nicolas Koukas présente des mesures pour recoudre Arles

    Nicolas Koukas présente des mesures pour recoudre Arles

    Patrick de Carolis a « fracturé la ville », accuse Nicolas Koukas (PCF), candidat de l’Union pour Arles. La faute, peut-être, à une façon de gouverner « très verticale » dont il veut se démarquer. « Sur les six dernières années, les habitants n’ont pas eu le sentiment d’être écoutés, considérés, entendus, on a décidé à leur place. La question de la méthode est très importante. On a un fonctionnement tout à fait différent. » À commencer par « la réalisation du programme qui s’est fait en concertation pendant de longs mois. »

    Le candidat veut mettre en place une gestion communale du quotidien qui intègre les habitants, avec des services publics de proximité. « On rouvrira et on redonnera vie à toutes les mairies annexes, qui deviendront de véritables maisons des services publics pour que les démarches soient accessibles. » Le programme prévoit de doter les conseils de quartiers et de villages de budgets propres pour que les riverains « décident d’eux-mêmes des investissements ». Nicolas Koukas plaide également pour la tenue de réunions trimestrielles entre élus, administrés et services municipaux pour évaluer les avancées des politiques publiques et les adapter aux besoins.

    Une ville qui protège

    Le candidat veut non seulement une « ville plus juste », mais aussi « une ville qui protège ». Une ambition qui passe par des mesures comme le rétablissement de la gratuité de la première heure du périscolaire, un grand plan de rénovation des écoles doté de 12 millions d’euros sur six ans, la création d’un centre municipal de santé, en lien avec l’hôpital public, « pour permettre à chaque Arlésien de se soigner, même sans médecin traitant » ou encore la mise en place d’une brigade municipale du logement, chargée de lutter contre les marchands de sommeil et les logements indignes ou le renforcement de la présence des médiateurs sociaux et des éducateurs de rue pour une meilleure prévention.

    Côté pouvoir d’achat, Nicolas Koukas s’engage à ne pas augmenter les impôts locaux mais envisage une hausse du tarif d’entrée dans les monuments (entre 3,5% et 5%) pour obtenir de nouvelles recettes et investir dans d’autres politiques publiques, comme la gratuité des transports, « notamment pour les personnes âgées ». « On a fait estimer ce coût, qui est d’environ 300 000 euros à l’ACCM. On le prendra en charge. On va aussi enclencher une réflexion plus large pour l’ensemble de la population. »

    Le candidat veut également faire baisser les factures avec un projet de géothermie. « On travaillera en lien avec un opérateur public pour créer un réseau de chaleur urbain, sortir des énergies fossiles et des logiques de marché en valorisant les ressources renouvelables et chauffer les bâtiments publics, les logements collectifs et les entreprises », explique-t-il.

    S’agissant du budget communal, Nicolas Koukas compte bien pousser pour obtenir « la reconnaissance par l’État d’un statut particulier en association avec d’autres communes qui ont la même caractéristique que nous, à savoir qu’elles sont très étendues et que les recettes qui sont les leurs dépendent du nombre d’habitants et pas de leur superficie ».

  • Nicolas Koukas prône l’union des villages arlésiens

    Nicolas Koukas prône l’union des villages arlésiens

    Les villages se sentent abandonnés », assure Nicolas Koukas (PCF). Alors, pour y remédier, le candidat de l’Union pour Arles qui a déposé sa liste mercredi 18 février présente les élus qui deviendront, en cas de victoire, les adjoints spéciaux des composantes de la ville la plus étendue de France.

    Ils seront deux pour Salin-de-Giraud : Sandy Scandagliari et Katy Vrontos, tous deux retraités de la fonction publique territoriale et originaires de la commune camarguaise. Située à 40 km d’Arles et donc de son hôpital, celle-ci rencontre une problématique de désertification médicale. « Aujourd’hui, on a un médecin deux jours par semaine, témoigne Sandy Scandagliari. L’accès aux soins est le premier dossier à porter pour le village. » À ce sujet, la liste porte notamment un projet de maison de santé pluridisciplinaire. Éloignés, les villages rencontrent aussi des problématiques de mobilité et d’isolement. Gisèle Beltrando, désignée pour Raphèle, explique : « Les habitants se détournent d’Arles pour Saint-Martin-de-Crau pour leurs besoins de la vie quotidienne. Les seniors sont obligés d’aller à Pont-de-Crau pour avoir accès à un foyer et aucune navette n’est mise en place, ce qui isole ceux qui ne peuvent plus conduire. » L’Union pour Arles compte travailler avec le Centre communal d’action sociale pour y remédier. « Nous allons aussi travailler avec la communauté d’agglomération pour revoir les tracés, cahiers des charges et horaires des transports en commun », affirme Nicolas Koukas.

    Des moyens propres

    Pour obtenir un « choc de confiance », comme l’appelle le conseiller municipal d’opposition Mohamed Rafaï, les villages seront dotés « de moyens financiers propres pour qu’ils aient une latitude totale avec une enveloppe dédiée qu’on est encore en train de chiffrer », précise la tête de liste. Le candidat veut également mettre trois réunions par an en place, afin de « faire le point, avec les services municipaux, sur les sujets du quotidien », mais aussi déconcentrer les services publics. « C’est l’équité territoriale, l’égalité républicaine », appuie Mohamed Rafaï.

    L’Union pour Arles souhaite aussi mettre le paquet sur la culture en réinstaurant le Relais du sel à Salin-de-Giraud, mais aussi en créant un festival de la ruralité pour mettre en lumière les traditions de ces communes. « Ces villages sont un trésor, il faut exploiter leur attractivité. »

  • Des médecins cubains à Alès ? « Nous sommes prêts »

    Des médecins cubains à Alès ? « Nous sommes prêts »

    Il y a un peu moins d’an, une quarantaine d’élus locaux et responsables associatifs du haut-Gard se réunissaient à Alès. Deux questions dominaient les débats : comment faire face à la pénurie locale de personnel sanitaire ? Comment renforcer les capacités et l’efficience de l’hôpital public alésien ? L’établissement compte près de 880 lits, mais souffre d’un manque chronique de personnel, malgré les efforts intenses de la direction qui recourt déjà aux PADHUE (personnel hors Union européenne).

    Les conséquences sont lourdes : des délais de consultation pouvant atteindre près de deux ans en dermatologie, et des urgences régulièrement « régulées ». Le centre hospitalier rayonne également sur cinq structures d’accueil et d’hébergement pour personnes âgées, où interviennent plusieurs médecins généralistes. Il coiffe aussi le centre hospitalier de Ponteils, qui comprend notamment 75 lits (médecine, chirurgie, obstétrique) ainsi que l’hôpital d’Uzès.

    La pénurie ne touche pas seulement l’hôpital. Dans le territoire de l’agglomération alésienne, où vivent près de 136 000 personnes, on comptait 71 médecins en 2021. Ils ne sont plus que 55 aujourd’hui. À Alès, sous-préfecture de 46 000 habitants, on ne recense que vingt médecins du secteur 1. Résultat : 16 000 résidents de l’agglo sont privés de médecin traitant ; on compte un médecin pour 2 400 habitants.

    Pour le seul bassin alésien, l’estimation des besoins humains fait apparaître un manque global d’environ quatre-vingt-quatre professionnels de santé, toutes catégories confondues. Face à cette carence qui nuit gravement à la santé des habitants, la direction hospitalière et les élus locaux se tournent de plus en plus vers les praticiens diplômés hors Union européenne, devenus indispensables au maintien de l’offre médicale. Mais une autre option prend corps : faire appel, à titre provisoire, à des médecins cubains dans le cadre de l’hôpital local. L’expérience existe déjà en Calabre (Italie), où le personnel cubain est réparti dans quatre grands centres hospitaliers. Une coopération reconduite chaque année.

    Alès, un test national

    Forts de ces expériences réussies, fin du printemps dernier, une quarantaine de maires et élus du haut-Gard, conduits par Sylvain André, ont engagé une démarche commune auprès du sous-préfet d’Alès pour soutenir la venue de médecins cubains. À l’échelle nationale, la démarche est défendue par André Chassaigne, député communiste durant 23 ans et ex-président du groupe de la Gauche démocrate et républicaine. Fin connaisseur du dossier, il travaille à lever les obstacles réglementaires, en lien avec le ministère des Affaires étrangères et celui de la Santé. « Ce n’est pas une démarche individuelle » insiste André Chassaigne. « Les praticiens sont sélectionnés, formés, et payés par l’État cubain. Ce sont des missions qui concernent aujourd’hui une cinquantaine de pays dans le monde. » Ce fut notamment le cas lors de la covid 19, avec des interventions en Caraïbe aux côtés de PADHUE en Martinique et en Guadeloupe.

    Pour Jean Michel Suau, du Comité de défense de l’hôpital, l’établissement public d’Alès « pourrait devenir un test à valeur nationale ». L’Alésien figure parmi les chevilles ouvrières de ce projet santé, soutenu par André Chassaigne, qui coordonne les nombreuses demandes formulées par les élus à travers le pays. La possibilité d’un renfort cubain intéresse également les centres et antennes de santé Filieris, issus de la Caisse Autonome Nationale de la Sécurité Sociale des Mines, présents notamment aux Mages, Saint-Florent/Auzonet, La Grand-Combe, Saint-Martin-de-Valgalgues, Bessèges, Saint-Ambroix, Salindres et Saint-Christol. D’ores et déjà vingt maires sont prêts à mettre à disposition des locaux pour accueillir les praticiens.

    Dans un territoire confronté à une désertification médicale accélérée, la venue de médecins cubains pourrait-elle marquer un tournant ? « Les besoins ont été évalués à 84 médecins environ » pour le bassin sanitaire, précise Jean-Michel Suau. Un bassin de 180 000 habitants (qui comprend aussi la basse Ardèche et la basse Lozère) dont 146 000 vivent dans l’agglo d’Alès (72 communes). La rencontre du 23 février pourrait bien ouvrir une nouvelle page pour la santé dans le haut-Gard.

    Lundi 23/02 à 18h, soirée au Prolé d’Alès en solidarité à Cuba.

  • Nicolas Koukas présente un plan de propreté pour Arles

    Nicolas Koukas présente un plan de propreté pour Arles

    Arles ne fait pas exception : la propreté urbaine figure parmi les thèmes centraux des élections municipales. Dans la commune la plus étendue de France, depuis l’arrivée au pouvoir de Patrick de Carolis (Horizons), également président de la communauté d’agglomération Arles Crau Camargue Montagnette (ACCM), le taux d’enlèvement des ordures ménagères est passé de 16,15% en 2020 à 18,67% en 2025. Pourtant « on n’en voit pas le résultat, il n’y a pas d’amélioration alors qu’on fait partie des villes les plus chères », affirme le candidat de l’Union pour Arles, Nicolas Koukas (PCF), qui pointe des dysfonctionnements, notamment dans « les hameaux et les villages ».

    Face à « l’urgence » et aux « préoccupations des habitants », il présente un plan intitulé « Arles propre et responsable ». C’est en échangeant avec les agents de la Ville et d’ACCM qu’il a nourri ses pistes de réflexion, et c’est aussi en lien avec eux qu’il souhaite améliorer le service. « On fera quatre points par an, en réunissant aussi, autour de la table, les représentants économiques, les commerçants et les artisans. Le premier travail à mener est de repenser les circuits avec les équipes et les usagers et de faire le point sur le matériel à remplacer, l’organisation à moduler. C’est indispensable si on veut donner de la confiance à nos agents et si on veut défendre le service public. L’objectif est de travailler avec eux, main dans la main. »

    « La propreté, c’est aussi de l’entretien », poursuit Nicolas Koukas. Pour identifier les problèmes, le candidat entend mettre les habitants à contribution grâce à une application mobile simplifiant et centralisant les signalements qui arriveront « automatiquement dans le service concerné, permettant d’avoir une bonne réactivité ».

    Une déchetterie mobile

    Il compte également mettre en place une brigade anti-graffiti, en partenariat avec la police municipale, pour nettoyer les espaces publics en 48 heures.

    Le candidat souhaite aussi développer les poubelles de rues et les éteignoirs à mégots, en mettant en place une filière de recyclage pour valoriser ces déchets. Concernant les dépôts sauvages, Nicolas Koukas souhaite améliorer l’efficacité des caméras. « On ne connaît actuellement pas le taux de verbalisation », explique-t-il.

    Enfin, la tête de liste envisage la création d’une déchetterie mobile, avec un dispositif qui reste à définir. « La déchetterie de Trinquetaille a été rénovée, mais il en manque, notamment dans le nord », appuie-t-il.

  • [Entretien] Paul Planque : « Une bataille pour la santé et pour l’emploi industriel »

    [Entretien] Paul Planque : « Une bataille pour la santé et pour l’emploi industriel »

    La Marseillaise : Comment se déroule la campagne ?

    Paul Planque : Cela fait un an maintenant que l’on va à la rencontre des Alésiens pour entendre quelles sont leurs attentes pour la ville. Il nous semblait indispensable d’aller dans une démarche citoyenne à la rencontre de ceux qui vivent la ville au quotidien. Nous avons donc accumulé un ensemble de demandes concernant cette ville que nous avons tenté de réintroduire dans ce que l’on appellera non pas un programme, mais un projet pour la ville car cette démarche, nous souhaitons la poursuivre, y compris dans la gestion à venir de la ville.

    Quels sont les thèmes que vous portez dans cette campagne ?

    P.P. : Il y a d’abord la santé car 7 000 Alésiens sont sans médecin traitant. Ensuite, il y a la question de la jeunesse et de la réussite éducative. C’est un domaine dont la municipalité actuelle s’est totalement désengagée puisqu’elle privilégie une population âgée. C’est légitime de s’occuper des personnes âgées mais ça ne peut pas se faire au détriment de l’avenir d’Alès qui est sa jeunesse. Aujourd’hui, il n’y a plus de maisons de quartier, il y a une maison de la jeunesse qui est très mal placée par rapport aux besoins réels de la jeunesse. Nous avons aussi travaillé sur l’emploi pour que cette jeunesse reste travailler à Alès après ses études. Le nombre d’emplois industriels a été divisé par dix et il y a une bataille à mener pour recréer de l’emploi industriel. Notre préoccupation est aussi de redynamiser le centre-ville, ce qui passe par la revalorisation du pouvoir d’achat des Alésiens.

    Alès est aussi une ville fracturée. Comment comptez-vous reconnecter tous les quartiers de la ville ?

    P.P. : Il y a un problème de communication entre le centre-ville et certains quartiers comme ceux du Prés-Saint-Jean, de Clavières ou des Cévennes. Mais il y a aussi un problème de communication des quartiers entre eux. Quand j’habite la Prairie, pourquoi je ne peux pas aller directement à Tamaris ? Aujourd’hui, il y a des navettes qui tournent comme des guêpes autour du centre-ville et dont la population regrette qu’elles ne viennent pas dans leur quartier.

    Pourquoi l’union avec Basile Imbert (PS) n’a pas été possible ?

    P.P. : J’ai encore relancé nos camarades du PS et des Écologistes la semaine dernière mais j’ai reçu une fin de non-recevoir de la part de Basile Imbert. Nous avons aussi appris que l’ancien secrétaire de la section alésienne du PS, Christophe Clauzel, était sur la liste de Rivenq. Est-ce inéluctable sur Alès que le PS finisse toujours à droite ? C’était le cas avec Christian Chambon, maintenant avec Clauzel, qu’adviendra-t-il de Christiane Thomas ? Aujourd’hui j’ai plus envie de m’adresser aux électeurs socialistes qu’à leurs dirigeants. Le 15 mars, le vote utile, c’est nous. Mais je ne doute pas qu’on retrouve avec les socialistes au second tour.

  • Alès : le pari de réunir une ville fracturée

    Alès : le pari de réunir une ville fracturée

    Il y a un peu moins d’un an, lorsque Max Roustan laissait son fauteuil de maire à l’omniprésent premier adjoint et président d’Alès agglomération Christophe Rivenq, la survie du « roustanisme » semblait assurée. Mais onze mois plus tard, rien n’est moins sûr tant les problèmes à Alès s’accumulent, bien loin de l’image du « sud ingénieux » vantée par Christophe Rivenq.

    Les fusillades liées au narcotrafic se succèdent ces derniers mois et viennent souligner l’abandon des quartiers populaires où les services publics disparaissent les uns après les autres à l’image de la fermeture du bureau de poste de Tamaris. Ces quartiers manquent aussi d’une réelle connexion avec le centre-ville qui aurait lui aussi à y gagner tant les fermetures de commerces y sont récurrentes. Touchée par un important taux de chômage (23,8% en 2022) notamment chez les jeunes (39,3% pour les 15-24 ans), la ville doit retrouver une économie florissante qui embauche, clé pour retrouver l’attractivité d’Alès. Un développement économique qui ne pourra se faire qu’en lien avec l’écologie car Alès sera la troisième ville de France la plus impactée par l’augmentation des températures due au dérèglement climatique.

    Face à tous ces enjeux, avec la liste « Alès, c’est vous ! » Paul Planque a lancé une initiative citoyenne de consultation de la population pour construire un projet au plus près des attentes des 46 000 habitants de la ville. Ingénieur architecte et ancien premier adjoint de la ville de Saint-Ouen en banlieue parisienne où il a lancé le plus vaste projet d’écoquartier d’Île-de-France, il souhaite désormais mettre son expérience au profit de sa ville natale. Pour cela, il mènera une liste soutenue par La France insoumise, L’Après, le Parti animaliste et des militants syndicaux et associatifs.

    Mais Planque n’aura pas réussi à réunir toute la gauche au premier tour puisque Basile Imbert (PS) soutenu par les Écologistes, est bien décidé à aller au bout. « Je vous remercie pour ce énième appel solennel à se ranger derrière le candidat du PCF et pour votre généreuse proposition sur votre liste, une méthode qui me confirme que vous n’avez toujours pas saisi pourquoi il y a aujourd’hui deux listes de gauche à Alès », a répondu le jeune socialiste à l’appel d’union lancé par « Alès c’est vous » fin janvier. S’il a dévoilé une partie de son programme, Basile Imbert n’a toujours pas communiqué sur sa liste et certains s’interrogent sur sa capacité à cocher la quarantaine de noms nécessaires pour se présenter.

    Le RN en embuscade

    À l’instar d’un Jean-Paul Fournier à Nîmes, Max Roustan parvenait à chaque élection à capter un électorat populaire habituellement acquis à la gauche. Pas sûr qu’il en soit de même pour Christophe Rivenq. S’il annonce dans tout Alès que des sondages le donnent large vainqueur au premier tour, sa popularité dans la deuxième ville du Gard reste largement à prouver tant les voix critiques sont nombreuses. « Tout le monde nous dit la même chose : Rivenq n’est pas Roustan. Rivenq n’est pas apprécié du tout car il a gardé ce côté directeur. Les gens attendent une alternance et une autre proposition », soutient Armand Crépin (LFI).

    D’autant que Rivenq devra faire face à deux listes sur sa droite. Le président de l’association Agir pour Alès et son Agglomération (AAA) Marc Infantès a en effet décidé de se lancer dans la bataille avec sa liste « Alès Moderne et Authentique ». Ce retraité de la gendarmerie a axé sa campagne sur la sécurité, ciblant là aussi une faiblesse de la municipalité sortante dans une ville gangrenée par le narcotrafic. Le Rassemblement National suit la même stratégie. Si le parti d’extrême droite n’a pas envoyé de poids lourd en Cévennes, il s’appuie lui aussi sur un fonctionnaire de police pour mener sa liste et compte marteler un discours sécuritaire. Anthony Bordarier, 40 ans, a en effet officialisé sa candidature le 6 février, entouré des députés Pierre Meurin et Yoann Gillet. Il confirme vouloir « créer la surprise ». Et dans une triangulaire, voire une quadrangulaire, au second tour, les chances de Christophe Rivenq de l’emporter sont tout sauf acquises. À Alès, tout reste donc ouvert.

  • Gaby Charroux face à la presse

    Gaby Charroux face à la presse

    La candidaturE

    Norhène Ouerfelli : C’est une liste citoyenne, avec 50% de renouvellement, que vous proposez ?

    Gaby Charroux : La liste est diverse, citoyenne, comme elle l’a toujours été. C’est drôle d’entendre le contraire, alors Paul Lombard avait décidé, en 1989, que la majorité communiste et socialiste allait s’ouvrir aux citoyens, dont je faisais partie par mes engagements professionnels et associatifs sportifs. C’est une liste citoyenne avec des gens du PCF, du PS, de Génération écologie et de Place publique, et des gens sans engagement politique. Ils sont à mon image : ils n’ont pas de dogme et prennent des décisions dans l’intérêt des Martégaux. Par exemple, je défends dans le même temps la clinique privée et l’hôpital, car on a besoin de ces médecins et chirurgiens dans ces deux pôles, avec les deux maisons de santé.

    Norhène Ouerfelli : Vous parlez souvent du bouclier martégal. De quoi s’agit-il concrètement ?

    G.C. : Ce sont toutes les actions sociales portées par la municipalité, comme le maintien à domicile avec portage de repas, ou le développement des foyers avec un cinquième ouvert au début du mandat, par exemple. Ce sont toutes les crèches municipales. C’est les gratuités, le prix du repas à la cantine de 2,30 euros, les colonies de vacances… Nous avons calculé une moyenne 400 euros de dépenses en moins par mois et par famille. Les centres d’initiation sportive, gratuits, permettent aux plus jeunes de découvrir le sport, dès 2 ans avec des activités adaptées, sans oublier l’inclusion des enfants handicapés. L’accès à la culture aussi, au conservatoire Picasso, où l’on peut apprendre un instrument jusqu’à 12 ans gratuitement.

    Philippe Boccara : Quelle est votre stratégie de succession ?

    G.C. : Ma seule stratégie est d’être au service de l’intérêt général des habitants de ma ville. Vous me voyez me présenter aux électeurs pour passer la main dans six mois, un an ? Les accidents de la vie, Il y en a pour tout le monde, tout peut arriver. Moi, j’ai la forme et la santé. On verra la suite en avançant. Ça fait 10 ans que je regarde autour de moi pour savoir qui pourra être là 24h sur 24, comme moi, et j’ai des idées. Des échéances électorales vont venir, comme les législatives au moins dans 2 ans, Pierre [Dharréville] sera notre candidat sans aucun doute et j’espère qu’on regagnera cette circonscription.

    La Sémivim

    Philippe Boccara : L’affaire de la Sémivim (Société d’économie mixte immobilière de la Ville de Martigues) a empoisonné votre mandat. Aujourd’hui, vous êtes encore mis en examen ?

    G.C. : Je rappelle qu’il s’agit d’une mise en examen seulement au motif de favoritisme. La corruption, l’enrichissement ou tout autre sujet ont été éliminés. Je remarque aussi qu’on parle de l’affaire Sémivim, alors que la victime, c’est la Sémivim ! Car des personnes ont considéré qu’elles pouvaient détourner de l’argent par le lien établi entre des agents et des entreprises, auxquelles elles ont fait croire que, pour bénéficier de marchés, il fallait les intéresser. La mise en examen repose essentiellement sur les fonctions occupées alors par quelques élus, membres de la CAO [commission d’appel d’offres], et moi en tant que président directeur général, à ce moment-là. Et aucun élu, ni moi, sommes concernés par la corruption ou la prise illégale d’intérêts. Nous sommes aujourd’hui partie civile. Nous avons été reconnus comme victime, également la Ville et la Sémivim.

    Léo Purguette : Est-ce que cela a abîmé le lien de confiance avec la population ?

    G.C. : J’ai chaque jour des preuves de la confiance que m’accorde la population. Elle a compris la réalité de cette affaire. Les entreprises ont reconnu leurs fautes et ont versé des indemnités à la Sémivim et la Ville. Le procès traitera de la corruption et je n’ai aucun lien avec ça. Sur la question qui me concerne, oui, j’étais PDG de la société, mais complètement étranger à ces agissements et je n’ai rien à me reprocher.

    La Santé

    Norhène Ouerfelli : Il est parfois difficile de trouver un médecin spécialiste aujourd’hui. Quelles mesures pour y arriver ?

    G.C. : L’accès à la santé n’est pas égalitaire pour tous aujourd’hui. J’ai l’exemple de quelqu’un qui s’est fait opérer de la cataracte par un ophtalmo à Châteauneuf, il a payé 400 euros de dépassement d’honoraires. Il peut payer, il le fait. Mais combien d’autres renoncent aux soins ? Mon obsession, c’est l’accès au droit à la santé égal pour tous.

    Thierry Bezer : Martigues est parfois vue comme un désert médical…

    G.C. : Au contraire ! Quand je vois des villes comme la nôtre et non loin sans les mêmes moyens… On a une perspective, pour l’hôpital, de mettre à disposition le foyer de l’Adret. La Chrysalide va déménager et les internes seront à 100 mètres de l’hôpital. Nous avons une politique d’acquisition de locaux commerçants pour les mettre à disposition des cabinets à loyer très bas, pas comme le privé. Il y a deux cas : un en centre-ville avec des médecins généralistes, l’autre à Croix-Sainte avec le cabinet dentaire.

    La sécurité

    Philippe Boccara : Vous proposez une brigade de police de centre-ville dans votre programme. Dans quel but ?

    G.C. : La brigade de centre-ville a pour but de remplacer la police de proximité. Les gens sont contents, même dans les quartiers, car ça vient contrecarrer les dealers. On a perdu 50 policiers nationaux depuis 15 ans. Je l’ai dit au ministre de l’Intérieur Laurent Nunez : je veux plus de police. L’Assemblée nationale travaille un projet de loi qui donnera plus de compétences à la police municipale. Ça veut dire plus de moyens humains à la charge des communes et moins pour la police nationale ? Ça donne une sécurité à deux vitesses : les villes qui peuvent donner des moyens et celles qui ne peuvent pas.

    Philippe Boccara : Et les caméras, elles fonctionnent toutes ?

    G.C. : On a 180 caméras de surveillance et 18 lectures automatiques de plaques d’immatriculation, qui ont permis de résoudre beaucoup d’affaires, et elles marchent toutes. On a des agents au central devant les caméras de 6h à 1h du matin. On est aussi exemplaires sur la prévention que sur la répression.

    Le Logement

    Norhène Ouerfelli : Martigues est au-delà du seuil légal de logements sociaux. Est-ce qu’il faut arrêter d’en construire ?

    G.C. : Nous avons 28% de logements sociaux, soit 6 000 sur les 25 000 de Martigues. Il y a 12 000 demandes, car 72% des Français sont éligibles au logement social. Sur les 12 000 demandes, 5 000 concernent des Martégaux. Faut-il arrêter de construire ? Au domaine de Manon, il y 250 logements sociaux, mélangés avec de l’accession à la propriété, du locatif à coût maîtrisé, et vous ne faites pas la différence quand vous passez devant. C’est fini les cités de 745 logements comme avant.

    Philippe Boccara : Est-ce que ça marche, les contrôles sur les ventes pour garantir que ce sont des martégaux qui achètent ?

    G.C. : Oui ça marche, on contrôle, les promoteurs doivent nous dire à qui ils vont vendre et on vérifie que ce soient des Martégaux. C’est un accord avec le promoteur. Cette préférence n’est pas contre ceux qui viennent d’ailleurs, mais contre les autres maires qui ne construisent pas les logements ! Ça explique aussi les 12 000 demandes, car les gens savent où chercher. Pas comme sur le reste la Côte bleue…

    L’industrie

    Léo Purguette : Martigues est un territoire industriel historique concerné par les projets de décarbonation. Comment faire pour accueillir les 10 000 nouveaux travailleurs qu’on nous promet ?

    G.C. : Depuis 100 ans, Martigues a une zone industrielle pétrochimique à Lavéra. Nous en sommes fiers et nous voulons préserver ce qui existe. Soit des milliers d’emplois, avec de bons salaires car les syndicats luttent. On y est attaché. La décarbonation pourra peut-être enfin réconcilier l’industrie et l’environnement. J’ai proposé une organisation de la gouvernance au Président de la République, à territoire d’exception, loi d’exception. Il l’avait acté. Même si la gouvernance n’est pas encore mise en place.

    Léo Purguette : Pour décarboner, il faut de l’électricité. Pour ou contre la ligne à très haute tension ?

    G.C. : Je suis pour, y compris pour préserver l’environnement. On peut enterrer tout ou partie, c’est toujours une question d’argent. Il faut préserver la Camargue, mais aussi la richesse du territoire.

    Léo Purguette : Martigues est aussi une terre de cinéma…

    G.C. : Le cinéma offre une opportunité extraordinaire, avec les studios d’Olivier Marchetti. Il y a un projet d’hôtel 4 étoiles de 80 chambres en cours, sur le boulevard maritime, au bord du canal, c’est acté. Accor est dessus, mais je voudrais mieux, on discute pour augmenter d’un cran.

    La Métropole

    Norhène Ouerfelli : Jusqu’où êtes-vous prêt à aller dans le bras de fer que vous avez engagé avec la Métropole ?

    G.C. : Le sujet qui fâche, c’est les ordures ménagères : c’est catastrophique. Quand on était en responsabilité, on gérait Port-de-Bouc, Saint-Mitre et Martigues, ça marchait parfaitement. Avec la Métropole, on éloigne les décideurs de la population et ça produit le résultat qu’on avait prédit. À l’automne, sur 24 bennes dédiées aux trois communes, 20 avaient besoin de réparations et ne sont pas envoyées au garage. J’en veux aux services de Martine Vassal qui ne nous entendent pas quand ça va mal. On a dû suppléer et engager de nouvelles équipes à la propreté urbaine de Martigues. C’est la multi-peine ! J’ai demandé qu’on nous rende la compétence, les trois communes sont d’accord. La réponse, c’est « on peut pas c’est la loi ». Il y a une autre solution, nous rendre seulement l’organisation locale. Peut-être peut-on arriver à faire changer la loi avec la grande ville centrale, Marseille.

    Léo Purguette : Vous avez été candidat à la présidence de la Métropole. Le serez-vous encore ?

    G.C. : Je ne crois pas que je serai candidat. On n’en est pas là, on prépare des municipales, on verra ce qui en ressort, car la seule Ville de Marseille n’a pas la majorité à la Métropole. C’est un enjeu très important sur l’eau et l’assainissement, aujourd’hui, on voit l’alignement du prix alors qu’on avait les plus bas du département et tout le bénéfice était réinvesti. Les partages de subventions devraient être équitables pour tous. Ça n’est pas le cas.

    L’étang de Berre

    Antonin Maja : Vous avez soutenu le classement de l’étang de Berre à l’Unesco. Quelle est la suite ?

    Gaby Charroux : L’étang de Berre est le cœur de notre métropole et de notre département. La candidature à l’Unesco a réveillé tout le monde. On n’a pas réussi, mais l’essentiel est de sauver l’étang et poursuivre sa réhabilitation, pour la pêche ou le tourisme. On a besoin de rouvrir le tunnel du Rove, mais surtout de la dérivation de l’eau de la Durance, qui ne va pas coûter 16 millions, mais 2 milliards d’euros. Il faut que la Région aide quand elle aura fini de financer les JO. Je suis pour, en tant que passionné de sport.

    La presse

    Léo Purguette, président et directeur éditorial – La Marseillaise

    Norhène Ouerfelli, journaliste – Maritima

    Philippe Boccara, grand reporter – Ici Provence

    Thierry Bezer, journaliste – France 3

    Antonin Maja, journaliste – La Marseillaise