Tag: Pâte à papier

  • La mise en sécurité de Fibre Excellence toujours pas assurée

    La mise en sécurité de Fibre Excellence toujours pas assurée

    Les ex-salariés de l’usine à papier liquidée dénoncent « un débit permanent de 2 m3 d’effluents dans le réseau pluvial » depuis que les administrateurs judiciaires sont aux manettes de l’usine à papier. Le premier geste de l’entreprise mandatée avait été de couper l’électricité par économie d’énergie. Même s’il reconnaît qu’on « ne stoppe pas un site Seveso en appuyant sur un interrupteur », Realtec se révèle incapable de remettre en fonctionnement la station d’épuration. La partie n’est pas finie.

    « Ce week-end, on a relevé un pic de conductivité très inquiétant, note Jean-Michel Bulinge, délégué CGT du site. Il est compatible avec une arrivée ponctuelle d’eau chargée et soulève de sérieuses interrogations quant à une éventuelle pollution du Rhône. » Sur site, les salariés licenciés restent disponibles, bien que Realtec ait fait savoir devant le tribunal administratif de Marseille qu’il n’était pas question de les réembaucher pour procéder à la mise en sécurité des installations. Pour rappel, Realtec contestait l’arrêté de réquisition au nom de la très libérale liberté d’entreprendre. « Je fais ce que je veux », avait rétorqué la société au juge des référés, au mépris des principes de la République comme des règles exigées sur un site Seveso et dans une période où la protection de l’environnement crie urgence. Après quatre arrêtés ignorés, le préfet de région a fini par taper au portefeuille.

    Le 4 septembre, Jacques Witkowski a pris un « arrêté de réquisition de SELAS EGIDE, représentée par Maître Alix Brenac, et SELARL BDR&associés, représentée par Maître Marc-Antoine Rey, en tant que liquidateurs de la société Fibre Excellence Provence, les enjoignant notamment de procéder au redémarrage de la pomperie au Rhône qui alimente les poteaux incendie, les sprinklers et les couronnes d’arrosage » et au « redémarrage de la station d’épuration », indique la préfecture. En vain. Le préfet « a signalé cette situation au procureur de la République et a repris un arrêté, le 9 septembre, qui prescrit des mesures d’urgence afin de rétablir un niveau de sécurité incendie du site suffisant et qui demande le redémarrage de la station d’épuration pour protéger le Rhône d’éventuels effluents », précisent les services de l’état. Le préfet a « demandé au juge administratif de prononcer une astreinte de 50 000 euros par jour de retard d’exécution de son arrêté prescrivant les mesures d’urgence pour la mise en sécurité de ce site classé Seveso ».

    Lundi 14 septembre, rien n’a bougé sur l’usine. « Cette situation est d’autant plus dure qu’on a le sentiment d’être entendus mais que personne n’est en mesure de les arrêter dans leur volonté de détruire l’outil industriel au plus vite », lance, stupéfait, l’ex-technicien. « Il existe une solution. On a un projet pour repartir avec de faibles moyens », assure François Batista, secrétaire de l’UD CGT 13.

    Sophie Binet à l’usine

    Avec l’idée de travailler sur la revalorisation de déchets et éventuellement de fabriquer de la pâte à papier à partir de cartons recyclés. « Mais les liquidateurs ont l’air pressés de détruire cet outil, craint le responsable syndical. « Un outil qui, avec le savoir-faire des salariés, permettrait de faire vivre des milliers d’emplois dans la filière bois du département. »

    Une vidéo publiée par la CGT a été partagée par la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, et la militante pour le climat Camille Etienne. Elles exigeaient : « L’État doit immédiatement mettre le site sous protection. » Avec Carole Delga, présidente socialiste de la Région Occitanie, Sophie Binet avait volé au secours de Fibre Excellence à Saint-Gaudens. C’est maintenant sur celui de Tarascon que la secrétaire générale de la Confédération prévoit de se rendre le 17 septembre, convaincue que les deux sites sont à relever pour conserver la filière, l’emploi et la production industrielle.

  • Fibre Excellence : l’ultimatum du préfet à la société Realtec

    Fibre Excellence : l’ultimatum du préfet à la société Realtec

    Ce qui était anormal aujourd’hui, c’est que les personnes chargées de la liquidation ont refusé de se conformer à ce qui a été demandé et nous mettent dans une situation à rebours où je suis obligé de taper du poing sur la table pour exiger quelque chose d’une banalité absolue » a justifié Jacques Witkowski en marge de la visite ministérielle de Jean-Didier Berger. « J’ai pris cette mesure pour défendre santé humaine et l’environnement ».

    La société Realtec missionnée par les administrateurs judiciaires pour procéder à la mise en sécurité du site Seveso sera-t-elle capable de réaliser la mise en sécurité du site ? « Cette décision de justice s’applique par elle-même et j’ai demandé une astreinte de 50 000 euros par jour pour non mise en œuvre des mesures demandées par les services experts », a-t-il précisé. Fort de la sanction financière, le préfet semblait ce 11 septembre plus confiant que les ingénieurs experts la veille devant tribunal administratif de Marseille.

    Pollution et réquisition évaporées

    Si Jacques Witkowski convenait d’un risque : « il est impératif que le site soit sécurisé. Nous avons eu une intrusion. Et il faut vérifier que les effluents soient traités pour ne pas avoir de rejets extérieurs », il rassurait quant à une pollution du Rhône : « avec toute la littérature dont je dispose sur cette question, à ma connaissance il n’y en a pas eu ». Or, lors de l’audience au tribunal administratif où Realtec contestait l’arrêté préfectoral de réquisition, Romain Delmon, secrétaire général de la préfecture des Bouches-du-Rhône avait indiqué : « à la sortie de l’usine vers le Rhône, les sondes de conductibilité enregistrent des mesures en hausse depuis l’arrêt ». Les mesures de conductivité servent de base au calcul du degré de pollution des sites industriels. Il confirmait ce que le délégué CGT du site avait annoncé après avoir eu connaissance des courbes : « Nous rejetons 2 m3 par heure d’eau chargée en conductivité ». L’UD CGT 13 demande « une analyse pour déterminer de quels produits chimiques il s’agit ».

    De même, Dan Meller, chef du service prévention des risques à la Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement Paca, qui remerciait « les salariés de Fibre Excellence qui ont répondu à toutes nos questions », s’est montré explicite : « sur le site il va y avoir des opérations de vidange plus complexes les unes que les autres. Il y a d’ailleurs déjà eu un déversement ». Avec guère plus d’assurance sur le process proposé par Realtec : « On nous dit qu’il y a une fosse à la sortie de l’usine mais ses volumes sont largement insuffisants pour recevoir des milliers de m3 de produits divers ».

    Le préfet appuie sur l’accélérateur : « si on suit une méthode fiable, nous aurons très rapidement un site inerté. Il reste à évacuer un certain nombre de matériaux dangereux. Dont 17 000 tonnes de bois ». Mais dès que le site sera dépollué, les offres pourront pleuvoir : « nous travaillons avec la région sur la reprise du site par un opérateur industriel ».

    Quant à la réquisition, bien que la demande en annulation de Realtec a été rejetée par le juge des référés liberté, elle n’est plus à l’ordre du jour : « à date, je n’ai pas information que cela nécessiterait une intervention tierce, a-t-il indiqué, nous avions proposé une solution à l’époque mais le liquidateur a préféré une autre solution ». La question sociale est rapidement évacuée : « Tous les salariés de Fibre Excellence Provence ont reçu leur licenciement et ils sont en cours de percevoir leurs indemnités. Nous avons mis en place un dispositif avec France travail ». Un traitement d’une « banalité absolue » pour un site Seveso dont la fin d’activité compromet près de 5 000 emplois dans la filière.

  • La requête des liquidateurs de Fibre Excellence déboutée

    La requête des liquidateurs de Fibre Excellence déboutée

    Après avoir ignoré quatre arrêtés pris en urgence et deux réquisitions, c’est à une attaque des institutions et des salariés, que l’avocat des liquidateurs judiciaires s’est attelé devant le juge des référés liberté. En face les représentants des services de la préfecture et le chef du service prévention des risques à la Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement Paca n’ont eu qu’à aligner les faits.

    « Arrêter une usine c’est compliqué, il ne s’agit pas juste d’appuyer sur un bouton », a assuré sans ciller l’avocat de Realtec, qui montrait pourtant un empressement exceptionnel à vouloir couper l’électricité, le jour où les contrats des salariés de Fibre Excellence ont pris fin. Un des liquidateurs, Alix Brenac, avait déjà mis la pression pour couper les fours de la fonderie SAM dans l’Aveyron pour les mêmes raisons d’économies d’énergie. « On a retrouvé le site plus pollué après sa liquidation », a souligné Romain Delmon, secrétaire général de la préfecture.

    Bénie l’eau de la Ville !

    Pour la partie demanderesse, c’est « la vétusté des tuyaux » et « l’usage anarchique du réseau » qui a conduit à un diagnostic préconisant « d’utiliser des moyens externes et ça fonctionne très bien ». Là encore, dès les premiers jours, des incidents ont été signalés par les ex-ouvriers sur le site qui alertent contre le risque d’incendie et de pollution. Il en voulait pour preuve « on a remis en place la défense incendie », « il suffit de se connecter sur le réseau d’eau municipal » car « la station dépuration ne sert à rien ». Le maire et la population apprécieront.

    Les ex-salariés ont aussi apprécié : « je ne connais pas leurs compétences, je ne sais pas s’ils vont obéir aux instructions, je ne vais pas les payer 7 500 euros brut en CDI », a estimé Me Galardo. « Vous en avez quand même embauché quelques-uns… » a objecté le juge. « Oui. Mais je fais ce que je veux ». C’est ainsi en effet que les liquidateurs ont procédé tout au long de cette opération de fermeture du site Séveso. Ce qui a poussé le préfet Jacques Witkowski à prendre autant de mesures. Avant de quitter la barre, Me Galardo s’entêtait encore : « Je vais déposer deux plaintes en pénal contre le préfet ».

    L’UD CGT 13 et la CGT Fibre Excellence Provence qui ont relevé des rejets de près de 400 m3 d’eau contaminée dans le Rhône ont demandé que des analyses soient réalisées en urgence. Du côté de l’UD FO 13, on s’aligne sur la nationalisation temporaire proposée par la présidente de région Occitanie Carole Delga pour préserver l’emploi et la filière.

  • Fibre Excellence : à Tarascon, la CGT alerte sur 400 000 litres d’eau contaminée dans le Rhône

    Fibre Excellence : à Tarascon, la CGT alerte sur 400 000 litres d’eau contaminée dans le Rhône

    Alors que les administrateurs judiciaires contestent, ce jeudi 10 septembre, devant le tribunal administratif de Marseille, l’arrêté de réquisition du préfet de région visant à assurer la mise en sécurité du site classé Seveso, le délégué CGT de l’usine a enfin pu accéder de nouveau aux données techniques. « Elles sont sans appel : de l’eau non traitée est déversée dans le Rhône », affirme-t-il.

    Les relevés dont dispose l’ancien salarié feraient d’ores et déjà état de « 400 000 litres d’eau contaminée » déversés directement dans le Rhône entre le 3 et le 6 septembre.

    Pour Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, « une catastrophe environnementale menace le Rhône à la papeterie de Tarascon, site Seveso en liquidation judiciaire, abandonné par l’Etat. Pourtant, le liquidateur judiciaire refuse d’exécuter la réquisition du préfet. L’Etat doit immédiatement mettre le site sous protection ».

  • Le bras de fer sur Fibre Excellence au tribunal

    Le bras de fer sur Fibre Excellence au tribunal

    « Il y a déjà des valeurs hors limites de produits toxiques rejetés dans le Rhône », suite aux pluies de la veille, informait François Batista, secrétaire de l’UD CGT 13, dans la matinée du 9 septembre. Ce 10 septembre c’est devant le tribunal administratif de Marseille, où ils seront reçus en audience, que les liquidateurs jouent l’avenir d’un vaste territoire.

    Les termes de l’arrêté pris par le préfet étaient pourtant très clairs. « La société Realtec est réquisitionnée afin d’assurer le redémarrage de la pomperie au Rhône et de la station d’épuration » en proposant « des contrats de travail aux personnels compétents dans les mêmes conditions que celles qui prévalaient à la date 28 août pour les salariés de la société Fibre Excellence Provence ». Une réquisition exécutoire « jusqu’au jeudi 10 septembre à 23h59 ».

    Le Rhône menacé

    Après les alertes des ex-salariés sur des écoulements dès la prise en main par Realtec (groupe Monticelli) et plusieurs inspections, le préfet de région, Jacques Witkowski, avait exigé le redémarrage « immédiat » de la pomperie au Rhône et de la station d’épuration, ne pouvant être arrêtées « que sur demande justifiée et motivée et après accord explicite de l’inspection des installations classées ». Mardi 8 septembre, l’arrêté, renouvelé, n’avait toujours pas été respecté, sachant « qu’un arrêt brutal rendra le redémarrage impossible », précise François Batista. Il ne l’était pas plus ce mercredi. Pour la CGT : « Sécuriser l’usine, c’est protéger les populations et le Rhône. C’est aussi maintenir l’outil industriel en état de redémarrer et préserver jusqu’au bout la possibilité d’une reprise et de l’emploi industriel à Tarascon. »

    Ce que ne souhaitent visiblement ni les mandataires, ni l’entreprise missionnée. Depuis le 28 août, Realtec, spécialisée dans les arrêts d’usines, refuse de réembaucher les salariés de Fibre Excellence qui maîtrisent le process complexe des installations. Sur le site, la présence d’employés de la filiale roumaine de la société, témoigne Jean-Michel Bulinge, délégué syndical CGT de l’usine, « ne facilite pas la compréhension des directives ». Depuis leur liquidation, les salariés licenciés continuent de protéger leur outil de travail et de se rendre disponibles, conscients des risques d’incendie sur le site et de pollution dans le Rhône à la soude, aux sulfures et sulfates. « En aval, ce sont 75 kilomètres de Rhône jusqu’à Port-Saint-Louis, la Camargue, ses nappes phréatiques, la riziculture, le maraîchage, l’ostréiculture et tout un écosystème qui sont menacés », rappelle l’UD CGT 13.

    Sur place, le directeur général délégué de Realtec a reçu la visite de la police nationale, de la Direction régionale de l’économie, de l’emploi, du travail et des solidarités (Dreets) et de la Carsat. Suite à l’intervention d’un inspecteur du travail, le badge du délégué syndical CGT a été réactivé. Jean-Michel Bulinge entend enfin « accéder à des données plus précises sur les nouveaux écoulements ». C’est ce jour dans la salle d’audience du tribunal de Marseille que se poursuit le bras de fer entre le préfet Jacques Witkowski et les administrateurs judiciaires qui contestent l’arrêté préfectoral de réquisition. En question, la responsabilité du risque d’une plus large pollution. « La mise en sécurité du site se déroule dans des circonstances préoccupantes », a affirmé le préfet.

  • Tarascon : les liquidateurs de Fibre Excellence contestent la réquisition devant le tribunal

    Tarascon : les liquidateurs de Fibre Excellence contestent la réquisition devant le tribunal

    Un arrêté préfectoral avait déjà été pris jeudi dernier pour la mise en sécurité de l’usine à papier liquidée où subsistent des tonnes de produits dangereux et polluants, mais il n’a pas été respecté. En tout ce ne sont pas moins de quatre arrêtés et deux ordres de réquisition pour sécuriser le site qui sont restés sans effet. A la barbe du préfet, les liquidateurs refusent de redémarrer l’outil de production et, alors qu’une pollution est déjà en cours, ils contestent la réquisition. Ce jeudi à 15h aura lieu l’audience devant le tribunal administratif de Marseille.

    Une situation qui alertait également Jérémy Bacchi, sénateur (PCF) des Bouches-du-Rhône, représenté sur place par une assistante parlementaire. « Le maintien à l’arrêt du site fait peser un risque sanitaire et environnemental considérable. Les conséquences d’un tel incident seraient désastreuses pour l’ensemble de l’économie locale en aval, notamment la riziculture camarguaise et les bassins ostréicoles », rappelle-t-il.

  • Fibre Excellence : les salariés appellent à sécuriser le site de Tarascon

    Fibre Excellence : les salariés appellent à sécuriser le site de Tarascon

    « S’il pleut ce soir, on se retrouve avec tous ces produits nocifs dans le Rhône », lance Jean-Michel Bulinge, secrétaire CGT Fibre Excellence Tarascon devant l’usine à l’arrêt suite à la liquidation judiciaire prononcée en juillet dernier. Il appelle le mandataire de mettre en route la station d’épuration avant que la pluie, qui est bien tombée ce mardi 8 septembre en soirée, ne fasse couler les produits accumulés dans les égouts directement dans le Rhône. Malgré les alertes, rien n’a été fait. Des dizaines de milliers de litres de produits polluants se sont potentiellement déversés dans le Rhône dans la nuit.

    La préfecture de Région est également intervenue aux
    alentours de 17h. Contactée par La Marseillaise, elle confirme qu’un arrêté de réquisition a été signé et notifié dans la journée, mais, qu’il « ne fait que demander l’application de l’arrêté du 03.09.2026 ». Qui n’aura donc pas été appliqué en ce mardi 8 septembre.

    La décision prise ce jeudi 3 septembre par le préfet de région, Jacques Witkowski, exigeait le redémarrage de la pomperie au Rhône et de la station d’épuration. Ce, après les premières alertes des salariés concernant des incidents. Ce que confirmait le préfet dans son arrêté, considérant après inspection que « cette situation constitue un manquement aux obligations réglementaires ». Et affirmait que la pomperie et la station d’épuration ne pouvaient être arrêtées « que sur demande justifiée et motivée et après accord explicite de l’inspection des installations classées ».

    Mais celle-ci ne fonctionnait toujours pas en début de matinée ce mardi. « Dans les égouts, on retrouve toutes les liqueurs noires qui ont été déversées ces derniers jours ainsi que d’autres produits », assure la CGT. Qui ajoute également que les badges d’accès au site des responsables syndicaux ont été bloqués par le mandataire. Autour de ces derniers, quelques dizaines d’ex-salariés attendaient de pouvoir intervenir sur place. Une situation qui alertait également Jérémy Bacchi, sénateur (PCF) des Bouches-du-Rhône, représenté sur place par une assistante parlementaire. « Le maintien à l’arrêt du site fait peser un risque sanitaire et environnemental considérable. Les conséquences d’un tel incident seraient désastreuses pour l’ensemble de l’économie locale en aval, notamment la riziculture camarguaise et les bassins ostréicoles », rappelle-t-il.

    Baguette magique

    Avec la présence d’élus locaux, l’occasion de remettre également une couche sur la possibilité de continuer l’activité. « On a un projet pour repartir avec de faibles moyens », assure François Batista, secrétaire de l’UD CGT 13. Avec l’idée de travailler sur la revalorisation de déchets et éventuellement de fabriquer de la pâte à papier à partir de cartons recyclés. Mais subsiste un problème. « Dans une liquidation normale, il faudrait un mois pour que les produits soient retirés, mais ils ont décidé de procéder autrement. S’ils arrêtent l’usine comme ça, il sera impossible de la redémarrer. C’est le seul acteur qui est contre l’ensemble des autres et cherche par tous les moyens à ce que l’usine ne puisse plus redémarrer », peste-t-il. Et demande l’aide de la Région, qui était représentée par le conseiller régional et élu municipal arlésien Cyril Juglaret. « On se rencontre régulièrement. On n’attend pas que l’État fasse une table ronde car ils ne le font pas. Mais on n’a pas non plus de baguette magique », pose-t-il. « En attendant, on tombe dans la précarité et personne ne fait rien », peste Martine, ex-salariée qui assure ne pas avoir reçu les papiers nécessaires pour s’inscrire à France Travail.

  • [Fibre Excellence] Carole Delga : « Nous avons eu raison de nous battre »

    [Fibre Excellence] Carole Delga : « Nous avons eu raison de nous battre »

    « Une étape majeure vient d’être franchie. Avec les industriels engagés dans le projet, nous nous battons pour obtenir ces trois mois supplémentaires indispensables à la finalisation de la reprise. Aujourd’hui [lire mardi], devant le Tribunal de commerce, cette demande collective a reçu le soutien de l’ensemble des parties. Le sérieux et l’engagement des investisseurs ont été reconnus » a réagi mardi la présidente de la Région Occitanie, Carole Delga (PS), à l’issue de l’audience du tribunal de commerce de Toulouse. « Nous avons eu raison de nous battre et de ne jamais renoncer ! Depuis des mois, nous travaillons et prenons nos responsabilités pour donner un avenir au dernier producteur français de pâte à papier. Nous avons construit un projet industriel solide, pérenne et rentable » insiste l’élue. « Je pense aujourd’hui d’abord aux salariés et à leurs familles, qui vivent depuis des mois dans l’incertitude et se battent eux aussi pour leur usine. Ces trois mois vont désormais nous permettre de travailler sereinement avec les industriels pour finaliser et consolider le projet de reprise. », appuie Carole Delga.

    13 millions votés par les élus

    Pour assurer la continuité de l’activité de l’usine Fibre Excellence de Saint-Gaudens, La Région mobilisera 3,5 millions (sur une enveloppe globale de 13 millions d’euros), d’octobre jusqu’à début de décembre. Le financement régional sera versé mensuellement, en fonction de l’avancement du projet de reprise. L’État aura assuré la continuité en engageant 2 millions jusqu’au 30 septembre. Ces financements permettront d’assurer les charges courantes, de préserver l’outil industriel et de maintenir les emplois, tout en laissant aux industriels le temps nécessaire pour finaliser leur projet de reprise.

    Lundi, Les élus régionaux ont voté une enveloppe de 13 millions d’euros en faveur de la relance de Fibre Excellence. Sur cette enveloppe, 3,5 millions seront donc mobilisés pour financer la poursuite de l’activité pendant les trois prochains mois. « Le reste de l’engagement régional accompagnera le projet industriel de 90 millions construit ces derniers mois avec l’ARIS [Agence régionale des investissements stratégiques] et les partenaires industriels, destiné à relancer la production de pâte à papier et à développer de nouvelles activités sur le site ». En parallèle, « les échanges se poursuivent avec les deux investisseurs solides et sérieux, dont Soprema, qui travaillent activement à la finalisation du projet, de son business plan et de ses activités », précise la Région. Ils avaient eux-mêmes exprimé le besoin de disposer d’environ trois mois supplémentaires.

  • [Maj] Vers un délai de trois mois pour l’usine Fibre Excellence de Saint-Gaudens en Occitanie

    [Maj] Vers un délai de trois mois pour l’usine Fibre Excellence de Saint-Gaudens en Occitanie

    Le tribunal de commerce de Toulouse rendra sa décision mardi 15 septembre. Mais il fait peu de doute qu’il devrait, sauf très mauvais coup de théâtre, prononcer la poursuite de l’activité de l’usine Fibre Excellence de Saint-Gaudens (Haute-Garonne) pour au moins trois mois.

    Objectif de ce délai : permettre aux industriels candidats à la reprise de proposer un projet solide. Un enjeu majeur après la liquidation du site Fibre Excellence de Tarascon dans les Bouches-du-Rhône où l’espoir pourrait aussi renaître à la faveur de la reprise de l’usine occitane.

    « Les salariés ne baisseront pas la garde »

    Ce délai doit permettre « de sécuriser le site et de donner le temps nécessaire à la finalisation d’une solution industrielle pérenne. Pour permettre la poursuite de l’activité pendant cette période », explique la Région Occitanie qui met sur la table 3,5 millions, l’État assurant pour sa part un engagement de 2 millions jusqu’au 30 septembre.

    « C’est une nouvelle étape, mais ce n’est pas encore la victoire qui aura lieu le jour où l’usine redémarrera », a déclaré Pauline Salingue, représentante de la CGT de Haute-Garonne. « Le projet (de reprise) est là, on a gagné un peu de temps pour avancer sur ce projet, il y a des repreneurs, les salariés ne baisseront pas la garde et resteront mobilisés dans les prochaines semaines ». La représentante du ministère public a demandé trois mois supplémentaires de poursuite d’activité, conformément à la volonté de la Région pour permettre à un repreneur de finaliser une offre de reprise. Le ministre de l’Industrie Sébastien Martin a demandé « des engagements précis » de la part des porteurs du projet de reprise.

    Un industriel portugais

    a manifesté son intérêt

    La présidente de la Région Occitanie, la socialiste Carole Delga (lire ci-dessous), avait appelé l’État à nationaliser temporairement Fibre Excellence pour une durée de plusieurs mois afin de permettre à un éventuel repreneur de finaliser une offre de reprise. Selon les informations du journal La Tribune, un industriel portugais serait très intéressé et aurait visité le site de Saint-Gaudens. Il pourrait s’agir du groupe Papermar. Une lettre d’engagement aurait été déposée. Un autre partenaire industriel, le groupe alsacien Soprema fait aussi partie du tour de table.

    À l’issue de l’audience, Cédric Byé, président du CSE de Fibre Excellence, délégué CGT chez Fibre Excellence, a qualifié de « geste fort » l’annonce du gouvernement et de la Région d’un soutien financier nécessaire pour la poursuite de l’activité. Un représentant de la Région a indiqué que le sérieux des repreneurs potentiels justifiait ce délai de trois mois pour bien préciser leur projet de reprise.

  • Les liquidateurs de Fibre Excellence sous surveillance

    Les liquidateurs de Fibre Excellence sous surveillance

    Il y a urgence à donner du temps ! C’est ce que demandent les salariés et leurs syndicats CGT et FO, la Région Occitanie ou encore l’Union des coopératives forestières. À Saint-Gaudens, comme à Tarascon. Et à Grand-Couronne, où le projet de relance de la papeterie Chapelle-Darblay est suspendu à l’avenir des deux sites.

    L’audience dédiée à l’étude des offres de reprise de Fibre Excellence au tribunal de commerce de Toulouse est prévue le 8 septembre. Carole Delga, présidente socialiste de la Région Occitanie, annonce qu’un acteur du secteur de la pâte à papier manifeste son intérêt. Il lui faut quatre mois pour transformer l’essai en offre ferme. À Tarascon, la mise en sécurité du site exige la prudence et les salariés ont proposé un plan sur six mois. Ces délais, l’État peut les donner en réunissant, d’urgence, autour de la table « les acteurs engagés sur ce dossier, exige la CGT à Montreuil. Cette réunion doit permettre aussi de traiter les graves carences en matière de sécurité constatées sur le site de Tarascon en dépit des alertes faites auprès de la préfecture et des solutions proposées par les salariés avec leur syndicat CGT ».

    C’est jusqu’à Jean-Louis Borloo qui s’en alarme. « C’est un drame. On ne peut pas laisser partir des bouts de tissus industriels. Ce n’est pas possible », s’est offusqué l’ancien ministre de l’Économie, ajoutant que Carole Delga faisait « un boulot formidable en région Occitanie. Il faut l’épauler. Merci le Premier ministre de vous en occuper », a insisté l’ex-député et président de l’UDI en référence à la demande de « nationalisation temporaire » de l’usine. Mais c’est l’ensemble de l’industrie qu’il faut relever, pas un seul morceau, si l’on veut éviter une immense casse sociale avec les 10 000 emplois induits par l’activité de Fibre Excellence.

    Toute l’usine, toute la filière

    Pour Tarascon, la présidente de la Région Occitanie a aussi prié « de ne pas démanteler ». Dans un communiqué, FO appuie, au nom de l’intersyndicale CGT FO CFDT : « Il est plus que temps de liguer toutes les forces pour exiger la nationalisation de Saint-Gaudens et de Tarascon. »

    À Tarascon, les salariés, toujours présents sur le site pour protéger l’outil industriel, ont une nouvelle fois alerté sur la présence de produits toxiques et dangereux ; trois incidents ont donné des sueurs froides au préfet Jacques Witkowski, qui a pris un arrêté en urgence le 3 septembre. Il y met en demeure la SELAS Egide de redémarrer la station d’épuration et la pomperie « immédiatement ». Ce 4 septembre, les inspecteurs des installations classées sont revenus constater que les liquidateurs n’ont rien mis en œuvre pour fermer le site de manière à garantir la sécurité des installations, des populations comme de l’environnement.

    « Des intervenants entrent sans pointage systématique. Des salariés de l’entreprise mandatée, censés travailler avec les anciens salariés de Fibre Excellence, ne parlent pas français et ces derniers ne disposent même pas de leurs numéros de téléphone pour les joindre en cas d’urgence », témoigne François Batista, responsable UD CGT 13, qui demande « la mise sous protection industrielle immédiate du site de Tarascon ». Pour « préserver toute cette filière industrielle qui permettrait d’assurer en particulier notre indépendance de production », précise les responsables FO de la Fédération Construction secteur Papier-carton et des départements des Bouches-du-Rhône et de Haute-Garonne.