Tag: Pâte à papier

  • La Région Occitanie veut sauver l’usine Saint-Gaudens

    La Région Occitanie veut sauver l’usine Saint-Gaudens

    « Nous avons fait la moitié du chemin et allons poursuivre le travail jusqu’à la prochaine audience du Tribunal de commerce, le 8 septembre. Rien n’est gagné. Mais une dynamique est engagée. J’irai jusqu’au bout pour donner un avenir industriel durable à Saint-Gaudens, à ses salariés et à la filière pâte à papier française ». Déterminée à ne pas voir s’éteindre l’emploi industriel, la présidente de la Région Occitanie, Carole Delga (PS), a déposé lundi, via l’agence régionale des investissements stratégiques de la collectivité (Aris), une « offre consolidée » de reprise pour la deuxième usine du groupe Fibre Excellence située à Saint-Gaudens en Haute-Garonne.

    Le groupe Soprema

    autour de la table

    Contrairement au site provençal de Tarascon, le tribunal de commerce de Toulouse a laissé un sursis aux quelque 300 travailleurs occitans. L’offre pilotée par la Région Occitanie comprend « 90 millions d’euros d’investissement bouclés, un business plan solide et plusieurs industriels autour de la table », précise Carole Delga. Parmi eux, l’entreprise Soprema, un groupe indépendant alsacien au chiffre d’affaires de 5,2 milliards d’euros en 2025, spécialisé « dans le domaine de l’étanchéité, mais également comme un spécialiste de la couverture, des sous-couches phoniques et de l’isolation », comme l’indique le site de l’entreprise dont le siège est à Strasbourg. Soprema emploie 5 700 salariés en France, plus de 13 000 dans le monde.

    « Je garde aussi pour ambition d’offrir des perspectives pour le site de Tarascon » a aussi déclaré la présidente de la Région Occitanie.

  • Alerte au risque industriel sur le site Fibre Excellence

    Alerte au risque industriel sur le site Fibre Excellence

    « On relève de la mise en danger ! Si des produits chimiques se déversent dans le Rhône, ça va être une catastrophe environnementale. » Les mots de Jean-Michel Bulinge, délégué syndical CGT de l’usine de pâte à papier tarasconnaise Fibre Excellence sont forts mais l’inquiétude est bien réelle. Si le site a été liquidé judiciairement à la fin juillet, les installations classées Seveso trônent toujours au-dessus du Rhône et ce sont les salariés qui assurent surveillance et sécurité de leur ex-outil de travail. Mais plus pour longtemps : « Une société spécialisée dans le traitement des déchets industriels doit arriver sur le site ce mercredi et les salariés doivent définitivement le quitter, vendredi ». Sur le papier, la nouvelle pourrait paraître rassurante, mais c’est tout le contraire pour ceux qui officiaient sur le site. « En trois jours, comment va-t-elle faire pour maintenir l’état des installations, garantir la sécurité du site et éviter des fuites de produits chimiques ? », questionne le délégué syndical. Il prend un exemple concret de danger potentiel : « On a une station de puisage d’eau dans le Rhône, notre station d’épuration en recrache dans le Rhône après traitement… S’il n’y a pas une surveillance de tous les instants, il y a un risque que des produits chimiques passent ». Avec des effets qui pourraient être dévastateurs sur la faune et la flore environnante.

    6 000 m3 de produits chimiques sur l’usine

    L’alerte est telle qu’elle est reprise par la CGT à un niveau confédéral. La centrale syndicale de Montreuil tire aussi « la sonnette d’alarme » dans une communication pour le moins inquiétante : « Gérer des déchets ne signifie pas savoir conduire et sécuriser une papeterie de plusieurs dizaines d’hectares ». Avant de développer : « Protection incendie, installations électriques, équipements contenant de l’amiante, milliers de mètres cubes de produits chimiques : la sécurité industrielle ne s’improvise pas et ne peut pas être transférée en quarante-huit heures ! ».

    Sur le terrain, Jean-Michel Bulinge confirme : « Il y a des postes de conduite qui nécessitent un an d’expérience pour savoir exercer correctement. Mais là, à moins d’une semaine du départ du site, rien n’est calé ni calculé ! ». Le syndicaliste s’appuie aussi sur la manière dont la transition post-liquidation s’est réalisée comme source d’inquiétude pour l’avenir : « Lors de la liquidation, on nous assurait que les salariés quitteraient le site le jour même, mais finalement ils nous ont demandé de prendre les postes de travail pour assurer la sécurité des installations ! ». Concrètement, il n’y aurait aucun contact entre le syndicat, pourtant cheville ouvrière de la sécurité sur le site, et ladite société de gestion de déchets. « Il n’y en a pas non plus avec la direction », assure Jean-Michel Bulinge.

    Une situation lunaire lorsqu’on sait que 6 000m3 de produits chimiques divers et variés sont toujours sur l’usine, de même que la bagatelle de 17 000 tonnes de bois. « Si demain les salariés n’assurent pas le pompage de l’eau, il n’y aura tout simplement plus d’eau sur site. Avec tout ce que ça implique pour une intervention des pompiers par exemple », prend pour autre exemple le syndicaliste. D’où l’appel de la CGT à une réaction des pouvoirs publics : « Le mandataire judiciaire et la Préfecture doivent prendre conscience de la situation ».

    Et surtout à ce qu’un chemin pour donner un avenir industriel à l’usine soit trouvé alors que les offres de reprise pour son usine sœur de Saint-Gaudens, rescapée de la liquidation, doivent être déposées devant le tribunal de commerce de Toulouse, ce lundi.

  • La Région soutien Fibre Excellence

    La Région soutien Fibre Excellence

    La collectivité assure dans cette réponse qu’elle « s’est toujours tenue aux côtés de l’usine Fibre Excellence de Tarascon et de ses salariés, et elle continuera à le faire ». Concernant la demande du syndicat sur la recherche d’industriels pour reprendre l’activité, il est affirmé que « l’ensemble des outils de la Région est mobilisé pour accompagner l’avenir du site ». Et qu’elle reste disponible pour échanger avec les représentants des salariés et les acteurs concernés autour de l’avenir du site. Une attention est aussi portée à la possible dépollution de la structure. La Région « veillerait à ce que l’ensemble des responsabilités soient clairement établies, notamment les anciens actionnaires, le cas échéant ».

  • Nouvelle mobilisation pour sauver Fibre Excellence

    Nouvelle mobilisation pour sauver Fibre Excellence

    Toujours « mise sous protection » par ses salariés, l’usine de Fibre excellence de Tarascon espère recevoir du soutien, ce mercredi.

    Malgré sa liquidation judiciaire, le 29 juillet dernier, par le tribunal de commerce de Toulouse, les travailleurs du site produisant de la pâte à papier n’ont pas encore baissé les bras. « L’intersyndicale occupe le site depuis plus d’une quinzaine de jours. Maintenant, ce que l’on souhaite c’est une table ronde pour trouver une porte de sortie qui pérennise le site. Une table ronde en préfecture, avec la Région Sud, des acteurs économiques et institutionnels locaux », explique François Canu, secrétaire de l’Union départementale CGT des Bouches-du-Rhône (UD CGT 13).

    Concrètement, son organisation donne rendez-vous à ses militants devant l’usine, ce mercredi matin pour soutenir les travailleurs. Une conférence de presse est prévue, elle sera suivie d’une « initiative départementale » avec un temps fraternel et le traditionnel barbecue au programme. « Même si dans la période, c’est pas simple de mobiliser, on espère que la mobilisation va être fraternelle et solidaire », développe le syndicaliste. Manière de rappeler à tous que le site est encore loin d’être rayé de la carte. L’objectif reste aussi, et surtout, de maintenir la pression sur les acteurs impliqués dans le dossier pour tenter de sauver l’usine. « Il y a des contacts avec la Région, on espère que ça bouge rapidement sinon ça va être un carnage pour l’emploi local : pour les travailleurs de la filière du bois mais aussi les sous-traitants », rappelle François Canu, citant les 270 emplois directs mais aussi les 5 000 induits.

  • [Fibre Excellence] De l’espoir à la liquidation, le désarroi des salariés

    [Fibre Excellence] De l’espoir à la liquidation, le désarroi des salariés

    De l’extérieur, la trentaine de salariés attablés devant l’usine semble détendue. Entre quelques rires et des discussions animées, l’atmosphère paraît presque légère. Mais dès que la liquidation judiciaire de leur entreprise est évoquée, les sourires disparaissent.

    Seuls quelques-uns acceptent de témoigner auprès des médias depuis l’annonce, mercredi, de l’arrêt de l’activité. Encore moins acceptent d’être photographiés, par peur de « se griller » auprès d’un futur employeur. Même si actions et projets sont évoqués pour les prochaines semaines et les prochains mois, beaucoup peinent à se projeter. « Tout le monde sera parti », glisse amèrement l’un d’eux. Tout en espérant simplement « qu’ils auront de quoi se nourrir pour les six ou douze prochains mois ». « On se retrouve pour être ensemble, ne pas rester seuls à la maison, à ruminer », ajoute un autre.

    « Ça nous inquiète »

    Ils sont une trentaine présents ce jeudi en fin de matinée. Selon eux, une soixantaine de personnes passent chaque jour sur le site au gré des allées et venues. Une grande partie des effectifs ne vient donc pas. « Certains sont en famille. Mais ceux qui sont seuls, ça nous inquiète », lâche un salarié au t-shirt gris frappé du logo Fibre Excellence.

    Aimé, technicien de pilotage depuis plus de 11 ans dans l’entreprise, a du mal à digérer : « J’avais des projets, notamment de faire un enfant. Mais un coup d’arrêt comme celui-ci met tout en suspens, parce qu’il n’y a pas d’avenir. » Déjà confronté au plan de sauvegarde de l’emploi de 2021, il dit ressentir une profonde fatigue après plusieurs années d’incertitude et tente désormais de se tourner vers l’avenir : « J’ai des possibilités, mais à la base, je suis électrotechnicien. Je dois reprendre du départ. »

    À côté, les discussions entre salariés au sujet de leur avenir sont difficiles. La plupart ne font guère confiance à la « prestation grands licenciements », annoncée par le ministre délégué chargé de l’Industrie, Sébastien Martin. « On nous considère comme des machines. Pour moi, il n’y a quasiment aucun accompagnement social ou psychologique », s’insurge Martine, qui affiche plus de dix ans d’ancienneté dans l’entreprise de pâte à papier. Elle en veut à son ancienne direction. « Je pense qu’il y a des miroirs qui ont dû se casser dans les salles de nos dirigeants. Ils n’ont même pas eu la décence de démissionner, alors qu’ils nous ont envoyés dans le mur », regrette-t-elle.

  • L’usine Fibre Excellence de Tarascon bloquée par les syndicats

    L’usine Fibre Excellence de Tarascon bloquée par les syndicats

    Le tas d’imposants rondins de bois, les plots en béton et les pierres disposés devant la sortie du site, ainsi que la tractopelle placée derrière les barrières de l’usine Fibre Excellence de Tarascon, ne laissent guère de doute : au lendemain de la liquidation judiciaire du site, qui laisse sur le carreau 270 salariés, tout ce qui s’y trouve y reste. Pour le moment.

    « On part du principe que cette usine, elle a encore des possibilités », résume Jean-Michel Bulinge, délégué syndical CGT Fibre Excellence Tarascon, qui regrette également d’avoir appris la décision du tribunal de commerce de Toulouse par l’intermédiaire d’un journaliste, mercredi. « On bloque l’accès à l’usine. Il ne faut surtout pas commencer à la démanteler et qu’on voit partir le matériel de valeur qui s’y trouve. C’est hors de question », abonde quelques mètres plus loin Frédéric Sanchez, secrétaire général CFDT du site. Un comité social et économique (CSE) est prévu, ce vendredi dans la matinée, à Tarascon. Des mandataires devraient alors annoncer leur venue sur le site dans les prochains jours. « Mais pour l’instant, il n’y a rien qui rentre, rien qui sort », rappelle le représentant de la CGT.

    Une banderole avec l’inscription « Le voyou de l’Élysée et ses sbires ont encore frappé » orne l’entrée de l’usine. L’occasion pour les syndicats de charger « les grands discours pour pas grand-chose ». « C’est la politique de notre gouvernement : il parle de réindustrialisation mais, depuis des mois, on ne fait que compter les entreprises qui perdent. Je n’ai pas vu d’annonce de presse avec de grandes créations », poursuit Jean-Michel Bulinge.

    « Le maximum pour

    les salariés »

    Malgré la liquidation, les représentants syndicaux restent actifs. Et pas qu’un peu. Présents depuis le jeudi 23 juillet sur place, ils se mobilisent dans un premier temps pour « aller chercher le maximum pour les salariés ». « Qu’ils partent dans la dignité », glisse Jean-Michel Bulinge. Cela passe par le maintien de la mutuelle ou encore l’obtention de primes de reclassement. « Tant qu’on n’aura pas obtenu quelque chose, quoi que ce soit, on ne lâchera pas. Pour nous, c’est primordial. Les gens méritent quelque chose. Et pas uniquement les miettes que peuvent nous donner les indemnités conventionnelles ou légales. Mais ça va être dur », prévient Frédéric Sanchez.

    L’organisation est au rendez-vous. Des dizaines de bonbonnes d’eau sont stockées sur une installation dédiée tandis que, à proximité, une cafetière et un micro-onde permettent aux salariés de tenir dans la durée. Sans oublier les grillades du midi. Mais cela ne peut pas durer éternellement. « On se débrouille entre syndicats ou avec le personnel. Mais au bout d’un moment, ça va tirer la langue », confie le secrétaire CFDT, qui appelle à la solidarité de la population tarasconnaise. Implantée dans les années 1950, l’usine fait partie du quotidien des habitants, dont plus d’une centaine y travaillent.

    Des discussions sont en cours pour tenter de maintenir une activité sur le site. La CGT assure travailler sur un « projet alternatif » qu’elle présentera à la Région Sud et aux préfectures concernées en début de semaine prochaine. L’objectif est « d’essayer de trouver une solution de redémarrage du site dans les conditions actuelles ou avec un fonctionnement peut-être différent », afin « de sauvegarder les emplois sur le bassin ». Une « bataille jusqu’au bout » menée aussi en intersyndicale, avec FO. Mais les représentants n’étaient pas sur site ce jeudi en fin de matinée.

    Le ministre délégué chargé de l’Industrie, Sébastien Martin, indiquait dans un communiqué publié le mercredi vouloir « préparer l’avenir du site, engager sa reconversion et favoriser l’émergence de nouvelles activités ».

    Par ailleurs, la menace d’une liquidation judiciaire sur l’usine Fibre Excellence de Saint-Gaudens (Haute-Garonne) subsiste, mais un nouveau délai a été consenti, jeudi, par le tribunal de commerce de Toulouse, un industriel étant en train de formaliser un plan de reprise. Les offres seront examinées le 8 septembre et la décision communiquée dans les jours suivants.

  • Les salariés de Fibre Excellence en colère après la liquidation de l’usine

    Les salariés de Fibre Excellence en colère après la liquidation de l’usine

    Après plusieurs mois de lutte, le couperet est tombé pour les salariés de Fibre Excellence à Tarascon. Le tribunal de commerce de Toulouse a acté, mercredi, la liquidation judiciaire du site, évoquant une « situation irrémédiablement compromise, sans perspectives de redressement », avec un « passif [ensemble des dettes et obligations financières d’une entreprise envers des tiers, Ndlr] de 105 millions d’euros ». Près de 270 emplois directs, ainsi qu’une centaine de postes d’intérimaires et de sous-traitants, sont concernés par cette décision. Depuis jeudi, le site de l’usine est occupé par plusieurs syndicalistes de la Filpac-CGT, déterminés à inscrire leur combat « dans la durée ».

    La décision, malgré la mobilisation des élus locaux, était attendue depuis lundi, date à laquelle le tribunal a rejeté l’offre de reprise portée par le banquier d’affaires Matthieu Pigasse avec un soutien des Régions Occitanie et Provence-Alpes-Côte d’Azur., les « conditions suspensives n’ayant pas été levées ». La proposition du financier était en effet subordonnée à plusieurs engagements de l’État. Parmi eux, un rachat à un tarif plus avantageux de l’électricité produite par les turbines et la réintégration du fabricant dans le système européen des quotas carbone.

    Des exigences auxquelles le gouvernement n’a pas donné suite, comme le laissaient entendre les déclarations de Roland Lescure, ministre de l’Économie, qui affirmait, le 21 juillet à l’Assemblée nationale, que « l’offre n’était pas au niveau ». De quoi mettre en colère la CGT qui, dès mardi, dénonçait dans un communiqué « une lourde responsabilité politique incontournable : celle d’un État qui refuse d’assumer son rôle de stratège industriel alors même qu’une solution de reprise existe ».

    Lundi, un industriel avait manifesté à la dernière minute son intérêt pour le site de Saint-Gaudens (Haute-Garonne), où travaillent également 270 salariés. Le tribunal lui avait laissé jusqu’à mercredi pour effectuer un versement de deux millions d’euros, condition pour obtenir un nouveau délai afin de formuler une offre de reprise en bonne et due forme. Cette seconde décision n’a pas été rendue mercredi matin et pourrait l’être ce jeudi.

    « Ça recommence »

    À Tarascon, l’annonce a été accueillie avec colère et résignation. Mercredi matin, une cinquantaine de salariés se sont réunis devant les grilles de l’établissement avant la décision de « la dernière chance ».

    Sous une casquette bleue, Hubert Costa, 46 ans, employé du site depuis deux ans, verse des larmes : l’ouvrier vit son deuxième plan social en peu de temps après avoir dû quitter une autre usine à papier près d’Avignon : « Quand je suis arrivé ici, on nous annonçait des investissements, des projets. Je pensais retrouver une entreprise solide. Et là, ça recommence. » Père de trois enfants, il s’inquiète désormais de l’avenir. « Quand on n’a pas de diplôme, les usines sont parmi les seuls emplois qui permettent encore de vivre correctement. »

    Pour lui, la fermeture dépasse le sort des seuls salariés : « C’est quand même important la souveraineté industrielle. Pendant le Covid, pour tout ce qui était produit en France, t’étais un dieu. Aujourd’hui, quand on écoute les informations, on n’entend parler que de fermetures ».

    Même amertume chez Frédéric Sanchez, délégué syndical CFDT. « Bien sûr que c’est une trahison, lance-t-il. On va faire venir de la pâte du Brésil ou de Chine alors qu’on a les capacités pour la produire ici. Économiquement, c’est aberrant. » Il souligne aussi les difficultés de reclassement dans la région : « Pour retrouver de l’industrie lourde, il faut aller vers le bassin de Fos-sur-Mer. Ici, les entreprises du secteur recrutent peu ».

    Placée en redressement judiciaire fin avril, Fibre Excellence a déjà cessé toute activité sur ses deux sites de Tarascon et Saint-Gaudens. Son actionnaire indonésien, le milliardaire Jackson Wijaya, qui affirme avoir injecté près de 300 millions d’euros dans le groupe, avait décidé au printemps de ne pas poursuivre son soutien financier, invoquant l’absence de rentabilité.

    Amers, les salariés rappellent que la dépollution du site est estimée à plusieurs dizaines de millions d’euros, beaucoup plus, selon eux, que le soutien nécessaire à la poursuite d’activité.

    RÉACTIONS

    Sébastien Martin, ministre délégué chargé de l’Industrie

    « Mes premières pensées vont aux salariés qui ont travaillé pendant des années sur ce site et qui vivent aujourd’hui un moment d’une grande incertitude, tout comme leurs familles. Notre priorité est désormais d’être aux côtés des salariés concernés et de les accompagner concrètement dans cette période difficile. Une prestation “grands licenciements” sera mise en place afin de proposer à chaque salarié un accompagnement renforcé et un suivi individualisé pour faciliter son retour à l’emploi et sa reconversion. L’état va aussi collaborer étroitement avec les élus locaux et les acteurs du territoire pour préparer l’avenir du site, engager sa reconversion et favoriser l’émergence de nouvelles activités industrielles. »

    Syndical CGT, national

    « La CGT soutiendra pleinement les mobilisations décidées par les salariés. Nous ne laisserons pas démanteler un outil industriel stratégique et fonctionnel construit par des générations de travailleurs pour qu’il finisse à la ferraille », a déclaré dès mardi la centrale syndicale.

    Conseil régional Paca

    « Au-delà des 270 emplois directement concernés, cette liquidation menace toute une filière économique (…). » Aussi, « la Région Sud demande la tenue en urgence d’une réunion avec l’ensemble des acteurs concernés pour mesurer l’impact de cette liquidation et examiner toutes les solutions susceptibles de préserver une activité industrielle à Tarascon et assurer la pérennité de la filière bois. »

    Stéphane Paglia, président de la CCI d’Arles

    « C’est un choc pour le pays d’Arles. Sincères pensées pour les 275 salariés et leurs familles mais aussi pour les nombreuses entreprises du territoire qui seront directement ou indirectement touchées. Cette décision aura des conséquences bien au-delà du seul site industriel. Elle affecte tout un écosystème économique et humain auquel beaucoup d’entre nous sommes attachés. »

    Jérémy Bacchi, sénateur (PCF) des Bouches-du-Rhône

    « L’état n’a pas pris ses responsabilités ! Son inaction condamne notre souveraineté industrielle. Soutien total aux salariés et à leurs familles. »

    La France Insoumise, Bouches-du-Rhône

    « C’est un scandale industriel et social. C’est un savoir-faire stratégique qui est sacrifié sur l’autel des logiques financières. (…) Nous exigeons le maintien de tous les emplois de Fibre Excellence. »

  • Fibre Excellence : l’usine de Tarascon liquidée

    Fibre Excellence : l’usine de Tarascon liquidée

    Le tribunal de commerce de Toulouse a rendu sa décision ce mercredi 29 juillet : le site de Tarascon de Fibre Excellence, dernière usine de pâte à papier française, est mis en liquidation judiciaire, sa “situation [étant] irrémédiablement compromise, sans perspective de redressement”, a justifié la juridiction en dépit de la mobilisation des syndicats, des Régions Occitanie et Sud Paca et d’une offre de reprise. Ce sont donc près de 270 salariés qui s’apprêtent à perdre leur emploi. Cette décision intervient deux jours après le rejet de l’offre de reprise de l’homme d’affaire Matthieu Pigasse, qui n’avait pas été retenue, les « conditions suspensives n’ayant pas été levées », avait précisé Christophe Clerc, avocat du Comité social et économique (CSE) de l’entreprise.

    Placée en redressement judiciaire le 27 avril dernier, la société dispose d’un autre site d’exploitation à Saint-Gaudens, en Haute-Garonne. Son avenir n’est pas encore scellé, un nouvel industriel s’étant manifesté pour sa reprise récemment. Le tribunal de commerce doit rendre sa décision ce mercredi.

  • Fibre Excellence : « Ni fermeture ni abandon » pour la CGT

    Fibre Excellence : « Ni fermeture ni abandon » pour la CGT

    « Si la liquidation du site de Tarascon devait être confirmée, une lourde responsabilité politique reste incontournable : celle d’un État qui refuse d’assumer son rôle de stratège industriel alors même qu’une solution de reprise existe » : le message de la CGT alors que le tribunal de commerce doit rendre sa décision ce mardi.

    L’audience de lundi, qui a retoqué la proposition de reprise portée par Matthieu Pigasse et affirmé qu’aucune offre existait pour le site de Tarascon, avant de vouloir examiner une nouvelle offre pour Saint-Gaudens, a provoqué une « profonde inquiétude et révolte » de la CGT.

    « Depuis des mois, les salariés et leurs représentants ont accompli un travail considérable pour préserver l’activité et ils ont contribué à bâtir un projet industriel crédible, à identifier un repreneur français solide, à élaborer un plan de diversification de l’activité et à sécuriser des engagements financiers », martèle le syndicat avant d’asséner : « Là où l’État aurait dû être moteur, ce sont une nouvelle fois les salariés qui ont pris leurs responsabilités ».

    Pour la CGT, l’affaire dépasse le seul cas de Fibre Excellence. Elle y voit un « abandon préoccupant » de l’État face aux fermetures industrielles et aux délocalisations des productions à l’étranger et souligne l’importance de la filière bois-papier-carton, « tant du point de vue industriel qu’environnemental ».

    Elle appelle donc l’État à utiliser le délai accordé pour le site de Saint-Gaudens « pour rechercher toutes les solutions permettant de consolider le projet industriel » et « d’empêcher la disparition du site de Tarascon ». Sans quoi, le syndicat prévoit de soutenir pleinement les mobilisations à venir.

    Andréa Goyard-de Castro

  • La gauche arlésienne mobilisée pour l’avenir de Fibre Excellence

    La gauche arlésienne mobilisée pour l’avenir de Fibre Excellence

    La décision du tribunal de commerce de Toulouse, attendue ce mercredi quant à l’avenir de Fibre Excellence, laisse place aux prises de position de la classe politique locale. Les réactions se sont multipliées depuis l’annonce, lundi à la mi-journée, du sursis de 48 heures accordé par le tribunal pour le site de Saint-Gaudens (Haute-Garonne), en raison de l’émergence d’un potentiel repreneur. Quant à l’usine de pâte à papier de Tarascon, le tribunal a requis la liquidation judiciaire.

    « Une catastrophe sociale pour le territoire »

    Les élus de l’Union pour Arles, au conseil municipal et communautaire Arles-Crau-Camargue-Montagnette (ACCM), dont Tarascon fait partie, ont rapidement réagi en parlant d’une « catastrophe sociale et industrielle pour notre territoire ». « L’État ne peut pas se contenter d’accompagner les conséquences. Il doit agir pour prévenir les fermetures, soutenir les projets industriels crédibles et protéger les filières stratégiques », considère le groupe d’opposition. Ce dernier affirme « rester pleinement mobilisé aux côtés des salariés et de leurs syndicats pour défendre chaque emploi et préserver une activité industrielle sur ce site ».

    Le maire d’Arles et président de l’Agglomération, Patrick de Carolis (Horizons), parle également d’une « perspective d’une gravité exceptionnelle » quand « un site industriel majeur, des centaines d’emplois directs et indirects et une part essentielle de l’avenir économique de Tarascon et du territoire arlésien » pourraient disparaître.

    Le vice-président du Département des Bouches-du-Rhône et ancien maire (DVD) de Tarascon, Lucien Limousin, s’est quant à lui tourné vers la préfecture de région. Dans un message adressé au préfet, l’élu rappelle qu’au-delà des 270 emplois directs concernés, la fermeture représenterait une « perte pour l’intercommunalité d’une recette annuelle de près de 800 000 euros et, selon le directeur de l’usine, de 100 millions d’euros pour les finances publiques ». D’autre part, l’ancien édile pointe le fait que « l’usine consomme plus d’un million de tonnes de bois par an provenant essentiellement de la forêt française » et s’interroge sur le devenir de cette ressource à l’heure où les grands incendies se multiplient.

    De son côté, la section du PCF de Beaucaire, sur l’autre rive du Rhône, dénonce « l’hypocrisie d’un gouvernement qui prône la réindustrialisation du pays, alors qu’il mène une politique opposée à cet objectif ». Elle estime que « le démantèlement de l’usine, la dépollution et l’indemnisation des salariés auront un coût supérieur à celui du sauvetage de ce fleuron de notre indépendance économique ». Au niveau national, le PCF appelle à « une prise de participation publique du site de Tarascon pouvant aller jusqu’à la maîtrise, afin de préserver les emplois, les compétences et les machines et construire une solution industrielle. Il faut sécuriser durablement l’avenir de la filière, notamment par un prix de l’énergie compatible » avec son activité, une décision qui relève de l’État.

    Le RN chasse la CGT et FO de la maison des syndicats

    S’il est possible de trouver des mots de soutien dans son communiqué à l’égard des salariés, le maire (RN) de Tarascon, Alexandre Ducouret, a parallèlement décidé de chasser les syndicats CGT et FO de la maison des syndicats qu’ils occupent depuis 2014. Selon La Provence du 23 juillet, une procédure a été engagée par l’élu d’extrême droite afin de récupérer ce bâtiment. Selon le maire, il s’agit d’une décision budgétaire, visant à « récupérer les bâtiments donnés gratuitement à la CGT », qui « fait de la politique », explique-t-il à La Provence. Peut être n’a-t-il pas apprécié le cordon sanitaire dressé autour de lui lors de la conférence de presse tenue par les salariés, le 18 juin, à laquelle il avait tenté de s’inviter.

    Mais « défendre les emplois, c’est aussi défendre ceux qui les défendent », tance l’opposant arlésien Nicolas Koukas. « Les syndicats sont indispensables, ils sont en première ligne pour défendre l’avenir de Fibre Excellence et des emplois », estime l’élu d’opposition, considérant « préoccupantes » les situations de la Bourse du travail d’Arles et de la maison des syndicats de Tarascon, où les syndicats sont mobilisés pour conserver leurs locaux. « La cohérence, c’est défendre les travailleurs et les outils qui leur permettent de se mobiliser », conclut-il.