Toulouse avait déjà montré les faiblesses marseillaises sur phases arrêtées.
En championnat, c’est d’une touche qu’est arrivée l’égalisation de Manuel Hidalgo, dans le temps additionnel de la 14e journée. Ce soir-là, les Olympiens avaient concédé le nul (2-2) dans le temps additionnel. Mercredi, dans un quart de finale qui était plutôt bien parti pour eux, les Marseillais ont concédé leurs deux buts sur corner.
« Nous avons manqué d’agressivité dans notre surface », a admis Habib Beye. À ce niveau, s’il est acceptable de se faire surprendre une fois, la récidive est une faute grave. « Nous n’avons pas le droit de prendre deux buts sur coups de pied arrêtés. Il nous faut progresse sur cet aspect », reconnaît l’entraîneur marseillais.
Sur la forme, il a raison. Mais, sur le fond, il ne fait qu’enfoncer une porte ouverte. Car ce n’est pas la première fois que l’équipe qu’il dirige depuis trois matches se fait surprendre sur ce genre d’actions. D’ailleurs, sur les quatre corners obtenus par les Toulousains, il y a eu deux buts et deux occasions nettes.
« J’ai le sentiment qu’un corner, c’est comme un penalty contre nous », soupire un supporter qui regrette d’avoir gâché sa soirée. « Je pensai que cette fois serait la bonne. Résultat, l’OM est éliminé. J’ai passé une nuit blanche à roussiner et je suis un fantôme au boulot aujourd’hui », confesse-t-il.
Au bout du rouleau
Cette figure du cours d’Estienne-d’Orves n’est pas le seul à remettre en question son engagement derrière les Phocéens. Mercredi, alors que le Vélodrome était encore copieusement garni, la séance de tir au but totalement ratée a déclenché une colère à la hauteur de l’immense désillusion.
Au-delà des chants habituels exprimant leur mécontentement, des fumigènes ont été allumés et dirigés à tirs tendus vers les joueurs, depuis un Virage Nord où certains ont tenté d’entrer sur la pelouse après l’élimination. Avec comme cible Leo Balerdi.
L’Argentin avait retrouvé le brassard. Et durant le temps réglementaire, il a relativement bien tenu son rôle. Malgré quelques petits retards dans ses interventions. Mais ce qui a mis le feu aux poudres, c’est son tir au but raté.
Habib Beye a justifié son choix à propos de Leo Balerdi. « J’aime sa personnalité, c’est un joueur volontaire. » Sur les noms et l’ordre des tireurs, l’entraîneur assume : « Il faut accepter l’ordre et chaque tireur prend ses responsabilités. Et si l’un rate, je ne le juge jamais. » Il a aussi éclairci le remplacement en fin de match d’Igor Paixão :« Il avait des crampes ».
Cherchant son cinq majeur pour lancer les tirs au but, Habib Beye y a intégré Ethan Nwaneri. Il n’est pas sûr que de lui confier la cinquième tentative ait été judicieux de sa part. Mais il en fallait cinq. L’Anglais a eu le courage d’y aller. Ce n’est pas sa faute si l’OM quitte la Coupe par la petite porte.
Un OM qui s’est peut-être vu trop beau, avec un quart de finale à domicile et un tableau libéré du PSG. Malheureusement, comme il y a trois ans, c’est un nouveau rendez-vous manqué avec son histoire.
En deux mois, les Olympiens ont donc laissé filer deux trophées, celui des Champions et la Coupe de France. Ils ont été expulsés de la Ligue des Champions, alors qu’ils avaient plus de 80% de chances d’aller en barrage. Il reste encore un mince espoir de sauver les apparences. Essayer de se rabibocher avec des supporters qui sont apparus à bout de nerfs, mercredi. Pour cela, les Olympiens doivent impérativement aller chercher une place sur le podium de la L1. Leur série négative les a repoussés à la quatrième place. Mais en battant Lyon, ils sont revenus à deux points. La reconquête débute samedi, à Toulouse.
Un virage au bord de la crise de nerfs
Des chants hostiles, des personnes qui tentent d’entrer sur la pelouse, des fumigènes à tir tendu sur les joueurs.
Le Virage nord a montré sa colère. « Leur déception est à la hauteur de l’espoir que cette campagne de Coupe avait suscité. Il nous faut regarder droit devant et accepter cette tristesse et faire face à la situation », a admis Habib Beye.
Côté supporters, le message est clair. « Le moment est venu de leur montrer notre colère en n’allant plus au stade ! », lance un pilier du Virage sud.