Tag: Occitanie

  • Le service postal recule au détriment de la population

    Le service postal recule au détriment de la population

    Beausoleil à Nîmes, Tamaris à Alès, Bouisson-Bertrand et Sarrail à Montpellier. Les bureaux de poste disparaissent les uns après les autres ces dernières années. Un coup dur pour les populations, qui voient par la même occasion un distributeur de billets et/ou un bureau de banque fermer. Depuis plusieurs années, la direction de La Poste assume cette politique en la justifiant par une baisse de l’envoi de courrier.

    « On ne peut pas nier que le courrier diminue, mais par contre le nombre de colis à distribuer, lui, augmente fortement. Il y a des livreurs privés mais beaucoup délèguent à La Poste surtout dans des coins reculés où ce n’est pas rentable pour eux », explique un postier. La ruralité n’est en effet pas épargnée par la diminution du service postal. C’est par exemple le cas à Mandagout, dans les Cévennes gardoises, où le maire Emmanuel Grieu vient d’alerter la sous-préfète du Vigan, Anne Levasseur, sur les changements opérés par La Poste. « Nous avons lancé une pétition qui a recueilli une centaine de signatures », explique l’édile. « Nous voulons que le service s’améliore donc on va en parler à la sous-préfète qui est référente poste pour le département, parce que la direction de La Poste n’est jamais joignable. Nous voulons recevoir notre courrier. Il n’est parfois pas livré, ou avec du retard, ou chez le voisin. Les facteurs changent tout le temps sauf que chez nous, il y a 36 hameaux et si on ne connaît pas, on est en difficulté. »

    Un postier ayant plus de quinze ans d’ancienneté et souhaitant rester anonyme, confirme : « Tous les deux ans, il y a une réorganisation et on nous rajoute toujours du travail. Sauf qu’on nous a dit qu’on ne pouvait plus faire d’heures supplémentaires. Moi, on m’a allongé ma tournée de l’équivalent de deux heures de charge supplémentaire alors que j’étais déjà en difficulté. La direction me dit que c’est possible, qu’elle a fait ses calculs et que ça passe. Je ne sais pas comment ils font leurs calculs, on essaie de leur expliquer que ce n’est pas possible mais ils ne veulent rien entendre. J’ai signalé tous les jours que je ne pouvais distribuer que l’urgent et les colis. Et même malgré ça, je ramenais des colis et le courrier restait dans le bureau pendant des semaines. »

    Pissevin en sursis, Estanove aussi

    La mobilisation s’organise aussi dans les capitales héraultaises et gardoises. À Nîmes, c’est le bureau de poste dans le quartier Pissevin qui a cristallisé la fronde depuis la fin mai, lorsque la direction de La Poste a informé le maire qu’elle allait fermer le bureau suite aux plaintes des agents obligés de travailler dans des locaux insalubres. Grâce à la mobilisation de la nouvelle municipalité et du préfet du Gard Jérôme Bonet, une solution transitoire a été trouvée. Le bureau restera ouvert au moins tout le mois de juin. En effet, il sera accessible quatre matinées par semaine (lundi, mardi, jeudi et vendredi), en espérant que de nouveaux locaux soient trouvés d’ici là.

    « Nous cherchons à pérenniser le bureau dans le cadre de la rénovation urbaine avec un nouveau site pour accueillir la poste  », indique le cabinet du maire Vincent Bouget, qui appelle la population à poursuivre la contestation. Le centre social des Mille Couleurs a également lancé une pétition pour mobiliser les habitants du quartier.

    À Montpellier, dans le quartier d’Estanove, le bureau de poste garde aussi ses portes closes depuis le 12 novembre. Officiellement, il est fermé pour travaux suite à des dégâts des eaux. Mais la population craint que cette fermeture ne soit définitive. Elle a donc aussi lancé une pétition, qui a récolté plus de 400 signatures. Le 27 mai, elle s’est également rassemblée devant la mairie de Montpellier pour faire entendre son mécontentement et son inquiétude. Un nouveau rassemblement est prévu le samedi 13 juin devant le bureau d’Estanove, même si la direction a promis, suite à la première manifestation, qu’il serait rouvert progressivement à partir de la deuxième quinzaine de juin.

  • Les cheminots en grève contre la politique de la SNCF

    Les cheminots en grève contre la politique de la SNCF

    Vingt-sept avril 2026 à Saint-Brès (Hérault). Un agent de la SNCF décide de mettre fin à ses jours en se jetant sous un TER. Un drame venant s’ajouter aux onze autres suicides recensés depuis le début de l’année chez les salariés de l’entreprise ferroviaire. La goutte de trop pour une profession déjà au bout du rouleau, malmenée par la politique de recherche de rentabilité mise en place par la direction.

    Réunie début mai, une intersyndicale -composée de la CGT, SUD Rail, la CFDT et l’Unsa- appelle à une journée de grève le 10 juin. « On exige l’arrêt immédiat des réorganisations en série et l’ouverture d’un moratoire sur le niveau social dans l’entreprise avec ces suicides. Casser l’entreprise publique unifiée telle qu’elle existe par la filialisation et la compartimentation des différents services entraîne une perte de sens au travail et des casses dans les collectifs de travail », souligne Marc Brahier, secrétaire général CGT des cheminots de Montpellier.

    Des milliards de bénéfices

    Selon les cheminots, l’ouverture à la concurrence pousse la direction à épouser une logique de rentabilité qui accélère le découpage de l’entreprise au détriment des salariés. « Aujourd’hui, on est victime d’une politique du groupe SNCF où finalement, s’il faut favoriser certaines filiales hors groupe public, elle n’hésite pas à le faire au détriment des filiales qui sont encore considérées comme publiques et fatalement, ça pose des difficultés », reprend Marc Brahier. À l’instar de Géodis, premier transporteur européen routier et filiale de la SNCF, alors que Fret SNCF a été liquidé l’an dernier.

    Tout semble fait pour pousser les salariés à bout. « Il n’y a plus de recrutements. Donc quand il y a une charge de travail à couvrir mais qu’il y a moins d’emplois, on tire sur les salariés présents pour faire en sorte de tenir la production. On tire sur la corde en allongeant le temps des journées de service, en retirant des jours de repos, etc. », note le syndicaliste. D’autant que les salaires n’augmentent pas assez pour contrer l’inflation. « Nous avons été augmentés de 0,25% en octobre puis à nouveau de 0,25% en janvier. Mais quand on voit que sur certains produits l’inflation dépasse les 2%, ça devient extrêmement tendu », soupire Marc Brahier.

    L’augmentation des salaires sera également sur la table des négociations. Car la pilule a du mal à passer, le groupe réalisant « deux milliards de bénéfices sur l’année 2025 ». Une précarité des agents pouvant mener au drame d’avril dernier. « Quand on est cheminot, on s’engage pour le service public, pour rendre service à la population. Si notre travail est en plus totalement décorrélé de cet aspect-là, ça fait beaucoup », fait valoir Marc Brahier, qui n’exclut pas de donner des suites au mouvement si les négociations avec la direction échouent.

  • Nicole était sur une flottille pour Gaza : elle témoigne

    Nicole était sur une flottille pour Gaza : elle témoigne

    « Je me suis engagée sur la Flottille pour Gaza parce que c’est une noble cause, une action humanitaire non-violente, destinée à briser le blocus sur Gaza. Je suis révoltée, en particulier par le soi-disant cessez-le-feu à Gaza. Les Palestiniens sont tués, affamés, assoiffés, privés de tout par le colonialisme. Non seulement le peuple est détruit, mais aussi son pays, sa culture. »

    Nicole, infirmière montpelliéraine, a été contactée par Médecins du monde pour participer à la Global Sumud Flotilla (le mot « sumud » en arabe signifie « résistance », « ténacité », « persévérance » ou « fermeté » face à l’adversité). Après deux entretiens avec des responsables, sa candidature a été acceptée et Nicole est partie le 7 avril à Barcelone où elle a reçu une formation de 5 jours, tant sur l’histoire de la Palestine que sur les règles maritimes et les objectifs des Flottilles. Le 12, elle a été affectée au voilier Nablus, dont le capitaine était français et l’équipage luxembourgeois, français, anglais et turc.

    Avec 47 autres embarcations, son bateau a participé à une parade dans le port de Barcelone, sous les applaudissements et les chants de milliers de personnes solidaires. L’accueil des populations a été aussi magnifique en Sicile, puis en Grèce.

    Brutalité cruelle

    En pleine nuit du 29 au 30 avril, l’armée israélienne a attaqué violemment la Flottille, dans les eaux internationales, et arrêté 22 voiliers, dont ceux des deux responsables : Thiago Avila, militant brésilien pour le climat et les droits humains et Saif Abu Keshe, militant espagnol. Cette attaque a été si brutale et barbare que les militants ont été violentés y compris des violences sexuelles. 30 personnes ont été hospitalisées, « plus déterminées que jamais face à la barbarie de l’armée israélienne, nous avons continué vers Gaza. Nous avons mouillé en Crète et reçu là aussi un accueil chaleureux et généreux, puis en Turquie où 25 bateaux supplémentaires ont rejoint la Flottille. À aucun moment, il n’ait été envisagé d’entrer dans les eaux territoriales israéliennes, et c’est dans les eaux internationales encore que nous avons été assaillis le 18 mai au matin. Un après l’autre, les voiliers ont été attaqués, les équipages brutalement arrêtés et conduits dans des bateaux-prisons. »

    Nicole poursuit son récit. « Nous avons dû quitter nos vêtements chauds et nous avons été propulsés sur le pont mouillé vers 4 conteneurs. Nous sommes restés un jour et une nuit dans cet endroit lugubre et glacé, sans banc ni matelas. De temps en temps, les soldats nous lançaient, de 5 mètres de haut, des packs d’eau qui risquaient de nous assommer ou d’éclater sur le sol et du pain. Nous étions à la fois très mal et très solidaires, chaque nouveau prisonnier était ovationné par les autres. Certains avaient été frappés sur les bateaux et nous les réconfortions. Nous nous sommes épaulés, en particulier entre femmes ! Il faut dire que les femmes qui portaient un voile ont dû le retirer. Les soldats frappaient, agressaient, violentaient et nous tiraient des coups de fusil avec des balles de plomb quand on chantait. Quand l’armée israélienne a réussi à arrêter les équipages et larguer en mer les voiliers avec les vivres et les médicaments transportés, nous avons été, toujours avec une brutalité cruelle, amenés à terre, bras et jambes liés très serrés, et maintenus à genoux durant des heures. Nous avons été insultés et j’ai vécu la visite minable du ministre Ben Gvir, j’ai subi 4 interrogatoires. Puis on nous a mis des vraies menottes et des chaînes aux pieds et entassé dans un fourgon avec des cellules de 6 ou 10 prisonniers, et le chauffage à fond. Nous sommes arrivés à la prison de Ketziot, dans le désert du Néguev. Pieds liés, ils nous ont expulsés du fourgon et fait courir avec les chaînes. Quand je suis tombée, ils m’ont relevée en me tirant les cheveux. Il y avait les cris, les hurlements de chiens. Nous avons été jetés dans des cellules sans matelas, sans nos affaires qui ont été volées. Toutes les heures, nous étions réveillés pour des exercices comme marcher à quatre pattes à travers les sous-sols de la prison. Nous devions toujours avoir la tête baissée. Nous tenions le coup, malgré le sadisme des militaires israéliens en pensant à ce que vivent les prisonniers palestiniens et la population gazaouie. Je dois dire que les militants ont été victimes d’une véritable discrimination au faciès. Un médecin universitaire français, noir, a été tellement frappé au visage qu’il était méconnaissable, les militants turcs très nombreux, les Marocains, Algériens et Tunisiens ont été particulièrement maltraités. »

    Nicole garde en mémoire une « expérience très forte ». « Nous ne sommes pas des héros, mais des personnes humaines, solidaires et révoltées par le sort des Palestiniens. Nous gardons au cœur les gestes de solidarité collectifs et individuels qui ont émaillé notre parcours, puis notre retour à Istanbul, puis Paris et pour moi Montpellier où des amis, et même des voisins que je ne connaissais pas m’ont témoigné leur solidarité ».

    Témoignage retranscrit par Claire Britten

  • La Région Occitanie réajuste sa stratégie énergétique

    La Région Occitanie réajuste sa stratégie énergétique

    D’ici 2050, faire de l’Occitanie la première région d’Europe à énergie positive, c’est-à-dire qu’elle produise plus d’énergie qu’elle n’en consomme. Fixé il y a plusieurs années par Carole Delga, le cap ambitieux qui nécessite de réduire la consommation des ménages par deux et de tripler la production d’énergies renouvelables, n’a pas changé. Mais pour tenir l’objectif, la présidente de Région passe à la vitesse supérieure. « Nous ne sommes plus dans les mêmes perspectives de partenariat avec les États-Unis et le réchauffement climatique s’accélère », argumente-t-elle.

    Un contexte international complexe et incertain qui a convaincu le conseil régional, jeudi 4 juin, à ajuster sa feuille de route en votant une adaptation du modèle de développement qui vise l’indépendance énergétique régionale. L’Occitanie ne part pas d’une feuille blanche. Depuis 2016, 1 milliard d’euros a été investi dans les énergies renouvelables. Côté mobilités, au moment où le train à hydrogène Montréjeau-Luchon s’apprête à circuler, Carole Delga rappelle que « partout où c’était possible, on a fait le choix du train. On a aussi développé le covoiturage qui marche de plus en plus vu le prix du carburant à la pompe ». Côté éolien, un demi-milliard d’euros a été investi dans les éoliennes offshore de Port-la-Nouvelle (Aude). L’hydrogène vert a aussi été développé avec Genvia à Béziers, Narbonne et à Sète où le port s’est doté de la première drague à hydrogène. Un « techno-campus à hydrogène (coût 65 millions d’euros) verra le jour au premier semestre 2027 », renseigne le vice-président Jalil Benabdillah.

    15 000 formations à venir

    Si bien qu’aujourd’hui, la progression d’énergies renouvelables en Occitanie a bondi de 27% contre 16% dans l’Hexagone. La consommation finale d’énergie a baissé de 7% (-4% en France) et les émissions de gaz à effet de serre de 10%
    (-8% au niveau national). Actuellement, l’Occitanie est la seconde région française pour le solaire (4,4 GW installés) ou l’hydro-électricité (5,4 GW) et même la première pour la consommation électrique issue du renouvelable (58%). Mais à deux ans de la fin du second mandat de Carole Delga, il est temps d’accélérer. Un plan régional de 25 nouvelles mesures à lancer entre juin et décembre vient d’être validé.

    Il s’agit par exemple de rénover de nouveaux logements pour 50 000 habitants d’ici 2034 (coût : 70 millions d’euros, ME), ainsi que 500 copropriétés d’ici 2030 (30 ME) ou poursuivre la rénovation énergétique des lycées et autres bâtiments régionaux (230 ME). « Nos prêts permettent de baisser le reste à charge pour une transition juste », résume la vice-présidente Agnès Langevine.

    Côté mobilités, un éco-chèque de 1 600 euros va inciter les ménages à acheter une voiture électrique d’occasion (enveloppe de 8 ME). Les 30 premiers véhicules à hydrogène seront proposés aux professionnels en location (13 ME). Un pass TPE-PME permettra aux salariés de certaines entreprises de recharger leur véhicule aux bornes électriques. À noter aussi que 18 trains à deux niveaux avec une moindre empreinte carbone circuleront bientôt sur le réseau Lio.

    Pour s’affirmer comme un leader européen de l’éolien flottant, deux nouveaux parcs commerciaux doivent naître au large de Port-La-Nouvelle en 2032 et 2034 (5,8 GW escomptés). La Région compte aussi déployer le photovoltaïque sur les toits de ses bâtiments et des exploitations agricoles (8 GW en 2030), tout en travaillant le recyclage des panneaux.

    Outre le développement de l’hydrogène, un fonds d’électrification industrielle (100 ME) accompagnera les PME. La Région entend booster la géothermie qui ne pèse que 1% du renouvelable (bois-énergie 43%, hydroélectricité 39%, éolien 10%, solaire 6%) pour alimenter 440 000 habitants d’ici 4 ans contre 66 000 aujourd’hui. Enfin, la Région veut mettre le paquet sur la formation en visant 15 000 personnes aux métiers de la transition énergétique d’ici 2030.

  • Dans l’Aveyron, deux entreprises annoncées sur l’ancien site de la SAM

    Dans l’Aveyron, deux entreprises annoncées sur l’ancien site de la SAM

    C’était une promesse de la présidente de la Région Occitanie. Il y a cinq ans, en avril 2021, alors que la Société aveyronnaise de métallurgie (SAM) fermait ses portes, un crève-cœur pour le bassin d’emploi de Decazeville, fortement impacté par la désindustrialisation, la socialiste Carole Delga se lançait dans une bataille afin de rouvrir l’usine.

    « Ici, nous avons subi beaucoup de fermetures. Il y a eu les mines, la sidérurgie puis les 3 330 emplois de la SAM », raconte Pascal Mazet, conseiller régional PCF de la majorité et également élu à Vivez, où est implanté le site. Alors l’annonce, le 27 mai, de l’arrivée, fin 2026 de Matière, spécialisé dans la fabrication de pylônes électriques et fin 2027 de Paragon-ID, société britannique de production de puces de traçabilité, est perçue comme une bouffée d’oxygène.

    375 emplois annoncés

    375 emplois sont annoncés pour 2032. « C’est intéressant pour le territoire : nous perdons des habitants, là nous allons en attirer. Sans parler des emplois indirects : quand il y a des salaires, les gens consomment dans les commerces. Tout le monde est gagnant », fait valoir Pascal Mazet.

    Aux côtés de ces deux industries tournées vers des technologies d’avenir, la Région Occitanie entend construire un hôtel PME afin d’attirer d’autres entreprises sur le site, plus de la moitié du foncier étant encore disponible. Ces implantations d’entreprises montrent que la réindustrialisation reste possible dans l’Hexagone. Car, comme souvent, la puissance publique a été le moteur de l’opération. 11 millions d’euros ont été mobilisés par la collectivité socialiste pour le rachat, la dépollution et la réhabilitation du site et une trentaine de millions sont prévus pour la construction des futurs bâtiments, pour un montant total compris entre 45 et 50 millions d’euros. « Cela montre qu’avec de la volonté, on peut le faire. Le problème est le manque de conviction de l’État. Par exemple nous avons fait le choix de faire le train à 1 euro, si bien que de plus en plus de monde le prend. La SNCF aurait pu faire le même choix. Pour l’industrie, c’est pareil. Si la SAM a fermé, c’est l’État qui n’était pas intéressé et préférait que les fonderies partent à l’étranger. La réindustrialisation du pays se fait avec des actes, pas des mots », fait valoir Pascal Mazet.

  • Villes taurines : Céret élue, Ménard désavoué

    Villes taurines : Céret élue, Ménard désavoué

    Dans le petit monde très codifié de la tauromachie, le coup de théâtre aura finalement accouché d’un vote sans tremblement. Lundi 2 juin, le conseil d’administration renouvelé de l’Union des villes taurines françaises (UVTF) a élu à l’unanimité la ville de Céret, représentée par son premier adjoint José Angulo, à la présidence de l’association pour un mandat de trois ans. La cité catalane succède ainsi à Dax et à son maire Julien Dubois, dont la présidence a été saluée par ses pairs, jusqu’à lui valoir le titre de président d’honneur par acclamations.

    Un passage de relais feutré, qui tranche avec les semaines précédentes. Car avant Céret, un autre nom occupait l’arène : Robert Ménard. Le maire de Béziers, un temps annoncé comme unique candidat, rêvait de prendre la tête de l’UVTF et d’y imprimer sa marque, entre posture de franc-tireur, dénonciation de « l’entre-soi » et volonté de « dépoussiérer » la communication taurine. Particularité assumée : l’élu disait défendre la corrida sans vraiment l’aimer, au nom de la « liberté culturelle » et de la « diversité », reconnaissant même que le taureau pouvait souffrir. Une position paradoxale, qu’il présentait comme un atout pour parler au-delà du cercle des aficionados. Mais le scénario s’est retourné. Le 22 mai, après une rencontre tendue avec André Viard, chargé de mission à l’UVTF et président de l’Observatoire national des cultures taurines, l’édile biterrois a retiré sa candidature dans un communiqué rageur, annonçant dans la foulée le départ de Béziers de l’Union.

    Une présidence

    sans coup de force

    Robert Ménard a voulu faire de son retrait un acte d’indépendance. « Je n’ai pas l’intention d’être une marionnette », a-t-il lancé, accusant certains responsables taurins de défendre leur « chasse gardée ». Mais derrière la sortie bravache, le dossier était moins glorieux. Selon l’UVTF, les statuts imposent que la ville candidate et les arènes soient à jour de leurs cotisations. Or, la société Betarra, gestionnaire des arènes de Béziers, traînait un contentieux financier. L’épisode révèle surtout les limites de la méthode Ménard : cliver, dramatiser, puis claquer la porte quand l’organisation ne suit pas. Face à une corrida déjà contestée, l’UVTF a préféré préserver son unité plutôt que s’offrir une présidence inflammable, qui transforme sa cause en tribune personnelle.

    Le nouveau conseil d’administration rassemble ainsi Arles, Bayonne, Béziers, Dax, Mont-de-Marsan, Nîmes et Vic-Fezensac parmi les membres permanents, ainsi que Céret, Eauze, Istres, La Brède, Lunel, Parentis, Saint-Martin-de-Crau et Saint-Sever. La présence de Béziers dans cette liste, malgré l’annonce de son retrait, dit aussi le flou d’une séquence où les communiqués ont parfois précédé les actes administratifs. Dans tous les cas, le paseo n’aura finalement pas eu lieu pour Robert Ménard.

  • [Maj] Avec 61,38% des voix le texte « Un communisme de conquêtes » devient la base commune du congrès du PCF

    [Maj] Avec 61,38% des voix le texte « Un communisme de conquêtes » devient la base commune du congrès du PCF

    37 286 communistes à jour de leurs cotisations et adhérents depuis plus de trois mois étaient appelés à voter pour choisir la base commune de discussion pour le 40e Congrès parmi les quatre textes proposés.

    24 608 électrices et électeurs ont voté, soit 66% des inscrits. 481 bulletins blancs ou nuls et 24 127 suffrages exprimés, soit 98,05%, ont été recensés

    «Un communisme de conquêtes», le texte du Conseil national a obtenu 14 810 suffrages, soit 61,38 % des exprimés.

    Les textes alternatifs ont respectivement obtenu :

    «Pour battre l’extrême droite et ouvrir l’espoir. Communistes à l’offensive», 6 117 voix soit 25,35 %;

    «Stratégie communiste. La lutte des classes comme boussole, le socialisme comme programme», 1 833 voix, soit 7,60% ;

    «Résister et construire, une nouvelle page du communisme», 1 367 voix, soit 5,67 %.

    Dans notre région, les résultats sont :

    Bouches-du-Rhône inscrits 2 396, votants 1 390, participation 58,01% « Un communisme de conquêtes » 1 019, 74,06% « Communistes à l’offensive » 247, 17,95%, « Stratégie communiste » 57, 4,14%, « Résister et construire » 53, 3,85%.

    Var inscrits 409, votants 271, participation 66,26% « Un communisme de conquêtes » 127, 48,11%, « Communistes à l’offensive », 27, 10,23%, « Stratégie communiste », 14, 5,30%, « Résister et construire » 96, 36,36%.

    Vaucluse inscrits 344, votants 207, participation 60,17%, « Un communisme de conquêtes » 140, 68,63%, « Communistes à l’offensive » 35, 17,16%, « Stratégie communiste » 12, 5,88%, « Résister et construire » 17, 8,33%.

    Alpes-de-Haute-Provence inscrits 205, votants 132, participation, 64,39%, « Un communisme de conquêtes » 84, 63,64% « Communistes à l’offensive » 33, 25%, « Stratégie communiste » 9, 6,82%, « Résister et construire » 6, 4,55%.

    Hautes-Alpes inscrits 112, votants 66, participation 58,93%, « Un communisme de conquêtes » 54, 84,38%, « Communistes à l’offensive » 8, 12,50%, « Stratégie communiste » 1, 1,56 %, « Résister et construire » 1, 1,56%.

    Gard votants 845, inscrits 650, participation 76,92%, « Un communisme de conquêtes » 346, 54,32%, « Communistes à l’offensive » 219, 34,38%, « Stratégie communiste » 66, 10,36%, « Résister et construire » 6, 0,94%.

    Hérault inscrits 654, votants 610, participation 93,27% « Un communisme de conquêtes » 375, 62,09%, « Communistes à l’offensive » 185, 30,63%, « Stratégie communiste » 31, 5,13%, « Résister et construire » 13, 2,15%.

  • [Sénatoriales] Julien Audemard : « Un corps électoral politisé avec un vote stratégique »

    [Sénatoriales] Julien Audemard : « Un corps électoral politisé avec un vote stratégique »

    La Marseillaise : Le rôle du Sénat est méconnu. À quoi sert-il ?

    Julien Audemard : C’est une chambre parlementaire, une chambre haute qui ne représente pas directement les individus mais les territoires au travers de leurs élus. C’est donc une élection indirecte. Les sénateurs ont un rôle législatif même s’il est moindre et que les députés peuvent avoir le dernier mot. C’est tout de même un contre-pouvoir fort. Les sénateurs ne peuvent pas censurer le gouvernement mais ne peuvent être touchés par une dissolution.

    Comment vont être désignés

    les délégués le 5 juin ?

    J.A. : Le collège électoral qui va élire les sénateurs le 27 septembre est constitué de tous les conseillers régionaux, départementaux, des parlementaires (députés, sénateurs), des élus municipaux (maires, élus municipaux) et leurs délégués élus le 5 juin qui représentent à eux seuls 95% du corps électoral. Dans les communes de moins de 9 000 habitants, les élus municipaux vont élire entre 1 et 15 délégués en fonction de la taille de la commune. Au-delà de 9 000 habitants, tous les conseillers municipaux sont délégués de droit. Et dans les villes de plus de 30 000 habitants, ils vont en plus élire des délégués supplémentaires en dehors du conseil municipal : un par tranche de 800 habitants. Il n’y a pas de restriction, il faut juste être inscrit sur les listes électorales de la commune.

    En quoi les municipales ont-elles modifié le corps électoral ?

    J.A. : Au niveau national, on a eu environ 40% de renouvellement dans les mairies. Dans l’Hérault, les rapports de force restent à peu près stables même si des communes ont basculé, la plupart du temps de la gauche vers la droite ou le centre (Grabels, Juvignac, Villeneuve…). Mais cela ne pèse pas grand-chose à côté de Montpellier. Le RN a pris Agde mais ailleurs l’extrême droite a obtenu peu d’élus. La gauche ne devrait pas s’écrouler mais restons attentifs à l’offre de gauche.

    Justement la multiplication des listes est-elle risquée à gauche ?

    J.A. : Il y a un risque d’émiettement qui va surtout concerner les petits partis. Hussein Bourgi (PS) devrait être réélu. La question se pose pour Florence Brutus (PRG) qui pourrait pâtir de cet éparpillement. Ceci étant, le mode de scrutin est spécifique dans le Gard et l’Hérault : c’est un scrutin de listes proportionnelles avec l’attribution des sièges restants à la plus forte moyenne, ce qui en général est plutôt favorable aux listes qui ont obtenu peu de voix. Il faudra (maximum) 600-650 voix pour obtenir un siège sur environ 2 000 votants dans le Gard, 2 500 dans l’Hérault.

    Dans le Gard, la progression du RN peut-elle lui faire rafler un siège ?

    J.A. : Aux municipales, le RN n’a pas gagné Nîmes mais a confirmé son ancrage dans le Gard. Il a gagné Vauvert et Bagnols-sur-Cèze en conservant Beaucaire. Ils avaient déjà les 6 députés. Ceci étant, je ne pense pas que ce sera suffisant pour avoir un sénateur. Peut-être plus dans le Tarn avec le basculement de Castres, dans le Tarn-et-Garonne (Moissac, Montauban) voire dans l’Aude avec Carcassonne. Mais obtenir le soutien des élus des petites communes ne se fait pas du jour au lendemain. Pour le PCF c’est compliqué parce que, finalement, Denis Bouad (PS) repart [lire page 7]. Et il n’y aura pas que les communistes qui vont essayer de se positionner sur sa liste. L’élection à Nîmes change toutefois la donne : il y a pour le PCF un vrai levier de pression avec le PS. Il risque d’y avoir un arbitrage entre le national et le local.

    Les maires sans étiquette rendent-ils ce scrutin imprévisible ?

    J.A. : Sans tenir compte du contexte, oui sans doute. Ceci dit, les maires soi-disant sans étiquette sont soit dans de petites communes soit proches de forces partisanes donc, en réalité, on connaît leur tendance. Les autres sont très dépendants de leur intercommunalité ou du Département. L’idée d’une fronde de leur part me paraît très hypothétique. Je verrais une relative stabilité dans l’Hérault à une incertitude près. Dans le Gard, à voir à quel point la gauche peut être dispersée et s’il peut avoir des accords locaux entre la droite et des élus RN. Le corps électoral est très politisé avec une forte dimension de vote stratégique.

    Certains parlent de rapports
    de force entre le président du Département Kléber Mesquida,

    le maire de Montpellier, Michaël Delafosse et la présidente de
    la Région Carole Delga…

    J.A. : Les motivations peuvent être multiples mais dans le cas d’Aurélien Manenc (PRG et candidat dans l’Hérault) j’ai du mal à penser que cela n’a pas de lien. Kléber Mesquida [qui n’est plus au PS] a ses propres stratégies. Au-delà des guerres de personnes, il y a eu des précédents aux législatives avec des candidats soutenus [par Carole Delga] contre ceux de la Nupes.

  • M. Chat prend ses quartiers d’été à Montpellier

    M. Chat prend ses quartiers d’été à Montpellier

    Cet été, il a décidé de faire escale à Montpellier. Après l’Américain JoneOne, figure majeure du street art et de l’abstraction lyrique contemporaine, la galerie éphémère Laurent Rigail, installée au 1 rue Voltaire, en plein cœur de l‘écusson, à quelques pas de l’église Saint-Roch, accueille depuis le 2 juin Thoma Vuille, alias M. Chat.

    C’est à Orléans que l’artiste franco-suisse, né en 1977, s’est formé aux arts plastiques et a fait faire, à la fin des années 1990, ses premiers pas à M. Chat, devenu sa signature. Depuis, le félin jaune rondelet et tout sourire a vu du pays : de Paris à New York en passant par Lisbonne, Tokyo ou Hong Kong, les rues le reconnaissent, les galeries et les institutions l’exposent.

    Si M. Chat est avant tout une présence bienveillante incarnée par son sourire, une réflexion plus profonde se dessine derrière ce dessin d’apparence un peu naïf. « Ce sourire peut aussi être vu comme un sourire crispé par rapport à ce qu’on vit actuellement, à l’état de la société », explique Laurent Rigail, responsable de la galerie parisienne du même nom, organisatrice de l’expo-vente présentée à Montpellier jusqu’au 1er août. « Il y a également une symbolique sur la façon dont le chat se positionne : il y a “le chat accolade”, avec les bras grands ouverts, le chat avec des ailes, qui prend de la hauteur et essaie de voir plus loin, le chat recroquevillé sur lui-même, le dos rond… C’est un personnage plus complexe qu’il n’y paraît », assure le galeriste.

    Pour ceux qui souhaiteraient observer de plus près les nuances de M. Chat – et pourquoi pas acquérir un tableau –, une trentaine d’œuvres, essentiellement sur toile mais aussi sur papier ainsi que quelques sérigraphies, sont à découvrir tout l‘été. Et pour ceux qui voudraient échanger avec l’artiste ou repartir avec une dédicace, Thoma Vuille sera présent à la galerie samedi 6 juin, de 14h30 à 19h. Des ateliers pour les enfants – sur inscription ou non – sont par ailleurs proposés tous les mercredis et samedis (5 sessions par jour entre 11h30 et 17h), en partenariat avec le musée d’art urbain et contemporain Parcelle473.

  • Sénatoriales : 23 sièges en lice en Occitanie

    Sénatoriales : 23 sièges en lice en Occitanie

    Ce vendredi 5 juin, les délégués municipaux qui voteront le 27 septembre pour élire les sénatrices et sénateurs, sont désignés par les conseils municipaux, eux-mêmes élus par les citoyens en mars dernier. C’est en quelque sorte le « top départ » de la campagne des élections sénatoriales ; un scrutin au suffrage universel indirect où chacune des communes concernées, selon sa taille, aura au moins un délégué.

    Cette année, 178 sièges sont en lice, soit un peu plus de la moitié des 348 sièges du Sénat. En 2023, 170 ont été renouvelés. Pour le scrutin du 27 septembre, les « grands électeurs » seront environ 87 000. Donnée importante à avoir en tête, l’essentiel du corps électoral, dans chaque département (la circonscription de ce scrutin), est composé par les élus des communes de moins de 10 000 habitants. Ce corps électoral est donc le fruit, à 95%, des élections municipales de 2026 mais aussi des élections départementales et régionales de 2021 et, dans une moindre mesure, des législatives anticipées de juin 2024, puisque les élus départementaux, régionaux et les parlementaires votent également le 27 septembre. Pour autant, il est difficile de plaquer les résultats de ces élections passées sur l’issue des sénatoriales. Comme le souligne le politologue montpelliérain Julien Audemard, « le corps électoral est très politisé avec une forte dimension de vote stratégique ». Analyse également partagée par Émeric Bréhier et Sébastien Roy de l’Observatoire de la vie politique de la Fondation Jean Jaurès, qui insistent, dans une note dédiée aux élections sénatoriales, sur la « désaffiliation partisane des élus territoriaux [qui ] rend les campagnes, et les additions, plus complexes qu’auparavant ». Les enjeux locaux sont au cœur de cette campagne bien plus que les enjeux nationaux. Et pour cause, le Sénat représente les collectivités territoriales. Cela étant dit, la perspective de l’élection présidentielle du printemps 2027 va sans nul doute jouer un rôle. En effet, la nouvelle assemblée sénatoriale élue le 27 septembre sera celle que trouvera le ou la futur.e président.e de la République. Et, à l’inverse de l’Assemblée nationale, l’hôte de l’Élysée ne peut pas dissoudre la chambre haute.

    Les enjeux sont particulièrement cruciaux en Occitanie, une région qui compte un total de 30 sénateurs et dont 23 sièges sont en lice en septembre prochain : un en Ariège, deux dans l’Aude, deux dans l’Aveyron, trois dans le Gard, cinq en Haute-Garonne, deux dans le Gers, quatre dans l’Hérault, deux dans le Tarn et deux dans le Tarn-et-Garonne. Le mode de scrutin est différent selon le nombre de sénateur à élire. Ainsi, en Ariège, l’Aude, l’Aveyron, le Gers, le Tarn et le Tarn-et-Garonne, le mode de scrutin est uninominal majoritaire à deux tours. Si un candidat atteint plus de 50%, il est élu. Si ce n’est pas le cas, un second tour est organisé le jour même et le vainqueur est celui qui recueille le plus de voix. Pour les départements qui élisent trois sénateurs ou plus, le scrutin est de liste à la proportionnelle : les sièges sont répartis selon le nombre de voix obtenues par les listes. Autant dire que chaque bulletin va compter dans le Gard, l’Hérault et la Haute-Garonne.

    Au regard de ses résultats obtenus aux élections municipales, l’extrême droite RN et son supplétif ciottiste l’UDR, seront-ils en capacité de gagner des sièges en Occitanie ? C’est une des grandes inconnues du scrutin. L’objectif du parti de Le Pen et Bardella est de pouvoir créer un groupe au Sénat et donc d’atteindre 10 sièges contre 3 aujourd’hui. Dans le Gard, le RN a raflé Vauvert et Bagnols-sur-Cèze tout en conservant Beaucaire mais n’a pu faire main basse sur Nîmes, remportée par la gauche emmenée par Vincent Bouget (PCF). Ce qui fait dire à Julien Audemard que le RN fera sans doute chou blanc dans ce département. Mais il est moins affirmatif à propos du Tarn où Castres a fini dans les filets du RN, de l’Aude avec la chute de Carcassonne à l’extrême droite et du Tarn-et-Garonne où, après Moissac, Montauban est désormais aux mains du RN. D’où, pour la gauche, la nécessité de ne point s’éparpiller et de jouer à fond la carte de l’union.