Tag: Occitanie

  • La fronde anti-McDonald’s gagne du terrain dans le Gard

    La fronde anti-McDonald’s gagne du terrain dans le Gard

    C’est le paradoxe sur lequel mise la direction de McDonald’s : malgré la fronde d’une partie des habitants à chaque annonce d’implantation d’un nouveau restaurant, si celui-ci parvient à ouvrir, il est très vite pris d’assaut. Le nouveau fast-food inauguré à Saint-Geniès-de-Malgoirès, bourgade de 3 200 habitants située entre Nîmes et Alès, l’illustre parfaitement. « J’ai rencontré des riverains, des locaux et des paysans de Saint-Geniès pour leur demander comment ça se passe avec ce nouveau McDo en zone rurale. Ils me disent que c’est plein. C’est incompréhensible. Mais s’il y a des gens qui sont en demande de cette bouffe-là, à ce prix-là, et que McDo offre ça, en tant que paysan, je n’ai pas grand-chose à dire », regrette Simon Le Berre, porte-parole de la Confédération paysanne du Gard qui s’était mobilisé contre cette ouverture.

    La direction de McDo en est bien consciente et a d’ailleurs affiné sa stratégie ces derniers mois autour de la ruralité. L’objectif désormais affiché par l’enseigne est simple : posséder un « restaurant » à moins de 20 minutes de chaque Français. Cette ambition est désormais lancée dans tous les départements. Dans le Gard, trois McDo ont ainsi ouvert en 2025 à Saint-Geniès donc, à Garons (5 400 habitants) et Langlade (2 300).

    Exploiter

    la désertification

    Après avoir maillé la banlieue nîmoise, le groupe américain cherche désormais à s’aventurer dans le reste du département. Un projet est actuellement à l’étude aux Mages, commune de 2 100 habitants au nord d’Alès. Un permis de construire déposé en avril est actuellement à l’étude. Mais la population locale a décidé de se mobiliser pour arrêter le projet en lançant une pétition qui a déjà rassemblé 600 signatures sur papier et près d’un millier en ligne. Elle avance plusieurs arguments pour s’opposer au projet comme « l’augmentation importante de la circulation automobile », les « risques accrus pour la sécurité des piétons et des enfants », les « nuisances sonores et olfactives », la « pollution visuelle et lumineuse dans une zone classée Réserve internationale de Ciel Étoilé », ou encore « l’impact économique très négatif sur l’ensemble des restaurants et commerces déjà présents ».

    Il y a un peu plus d’un mois, les habitants du territoire d’Anduze se sont aussi mobilisés. En effet, une zone commerciale est à l’étude sur la commune voisine de Boisset-et-Gaujac où seraient implantés une boulangerie Marie Blachère, un Carrefour Market et un McDo. Une pétition a également été lancée et dépasse les 1 500 signatures. Ici aussi les élus s’opposent au projet mais les maires font aussi part de leur impuissance face à des projets construits sur des terrains privés. Il y a quelques mois, c’était à Laroque, petit village héraultais à la frontière du Gard, que s’est constitué un collectif pour s’opposer au McDo qui a rassemblé 3 000 personnes pour sa pétition.

    « Ces nouvelles implantations ne vont pas dans le bon sens », regrette Claude Gaubert de l’association Que choisir de l’Hérault. « Ça va mettre en difficulté tout un tas de petits restaurants et cantines. Cela va à l’encontre d’une approche tournée vers les circuits courts et les produits locaux. Ça pose finalement un problème d’éducation à la nourriture puisqu’ils rencontrent un public. L’éducation nutritionnelle devrait être abordée dans les écoles. »

    Aujourd’hui, élus et collectifs s’interrogent effectivement sur leur capacité à lutter face à une telle multinationale. Ses installations posent aussi une question démocratique. « On peut le faire comme à l’ancienne, à la José Bové, et tout casser. Aujourd’hui trouver des militants qui sont prêts à faire de la prison pour s’opposer à un projet de construction, c’est compliqué. Certains seraient quand même motivés chez nous. Mais pour quel but ? Nous avons un doute à la Conf’ sur la pertinence de ces actions pour faire arrêter un projet », explique Simon Le Berre.

    Surtout, McDo, qui promet à chaque projet de créer de l’emploi, exploite une ruralité abandonnée par les services publics et touchée par le chômage. Dans ces terres où les lieux de sociabilisation disparaissent, la multinationale s’implante pour devenir le lieu de rendez-vous du territoire. Au détriment du local : ses restaurants, ses camions pizzas et ses agriculteurs locaux.

  • [EQDD] Ils troquent leur bureau contre les champs, l’expérimentation toulousaine des Ateliers Icare

    [EQDD] Ils troquent leur bureau contre les champs, l’expérimentation toulousaine des Ateliers Icare

    Quitter un poste d’ingénieur chez Airbus pour aller travailler dans les champs. C’est le choix qu’a fait Frédéric Berthelot en 2021, cofondateur des Ateliers Icare, une association toulousaine née dans le sillage du Covid.

    « Je me suis rendu compte qu’on ne pouvait plus continuer comme ça », raconte cet ancien salarié du groupe aéronautique. Déjà sensible aux enjeux environnementaux, il décide de reprendre des études en éco-ingénierie à Toulouse et de s’engager dans un projet mêlant travail, agriculture et écologie. L’idée des Ateliers Icare : permettre à des salariés de consacrer environ 20% de leur temps de travail à une activité agricole, principalement dans des fermes maraîchères situées près de chez eux. Une manière, selon l’association, de « réconcilier travail et écologie ».

    Créé sous forme de collectif en 2020 avant de devenir une association en 2022, le projet a réellement commencé à se structurer en 2024. Une cinquantaine de bénévoles ont participé à une première phase d’expérimentation. Depuis 2025, plusieurs entreprises testent le dispositif avec des salariés volontaires, sur de petits effectifs. « On voit beaucoup de personnes qui ressentent une perte de sens dans leur travail », explique le cofondateur. «Elles ont besoin de retrouver un équilibre entre activité intellectuelle et activité manuelle, de participer à quelque chose de concret. »

    Une journée par semaine aux champs

    Le maraîchage constitue aujourd’hui le principal terrain d’expérimentation. « C’est une activité accessible, qui demande beaucoup de main-d’œuvre et peu de formation initiale », précise Frédéric Berthelot. Les fermes volontaires ne manquent pas. L’enjeu consiste plutôt à trouver des salariés prêts à franchir le pas et des entreprises disposées à adapter leur organisation.

    Le fonctionnement reste flexible. Une journée par semaine, quelques jours par mois ou des périodes plus intensives selon les saisons : tout se construit entre le salarié, l’entreprise et l’exploitation agricole. Pour les Ateliers Icare, cette polyactivité choisie pourrait répondre à plusieurs défis contemporains : la souffrance au travail, la difficulté de recrutement dans les métiers agricoles ou encore le manque de relève dans certaines exploitations.

    Un projet appelé à se développer

    « Aujourd’hui, les activités essentielles comme l’agriculture, la santé ou l’éducation sont souvent les moins reconnues et les moins rémunérées », estime l’association. « À l’inverse, certains secteurs très attractifs contribuent parfois davantage aux déséquilibres écologiques. »

    Un rapport doit être publié après l’été afin d’évaluer les premiers résultats des expérimentations. Les Ateliers Icare espèrent ensuite élargir le dispositif à davantage d’entreprises et de territoires, notamment autour de Paris et Lyon. L’association échange également avec des institutions publiques pour intégrer cette approche dans des dispositifs de retour à l’emploi ou de reconversion professionnelle.

    Pour ses fondateurs, l’objectif dépasse la simple expérience agricole. « Il ne s’agit pas forcément de tout quitter pour changer de vie, explique l’ancien ingénieur. Peut-être qu’une journée par semaine suffit déjà à retrouver du sens et un autre équilibre ».

    Par Anaïs Jean-Baptiste La Dépêche du Midi

  • [EQDD] À Trèbes, apprivoiser le fleuve pour mieux vivre demain

    [EQDD] À Trèbes, apprivoiser le fleuve pour mieux vivre demain

    À Trèbes, le grondement des pelleteuses a remplacé celui des eaux en colère. Sur la rive droite de l’Aude, les engins redessinent le paysage, décaissant un important volume de terre sur plus de 13 hectares. Huit ans après avoir connu une crue meurtrière, la ville panse ses plaies en réinventant son rapport au fleuve.

    « Ici, on a compris qu’on ne pouvait plus lutter contre la nature », confie le maire, Eric Menassi. Cette nuit du 15 octobre 2018, l’eau est montée en quelques heures, emportant tout sur son passage. Six habitants ont perdu la vie, des dizaines de maisons ont été détruites. « Si on reconstruisait à l’identique, on savait qu’on risquait de revivre la même chose, c’était inconcevable », poursuit le premier édile.

    Alors la commune a fait un choix difficile : reculer pour mieux protéger. Une cinquantaine de maisons ont été rasées, laissant place à une vaste zone d’expansion des crues. « Il a fallu convaincre la population du bien-fondé de ce projet, car on ne peut pas imaginer ce que ça représente de quitter une maison familiale, poursuit l’élu. Mais notre responsabilité, c’était de dire la vérité : nous ne pouvions plus garantir leur sécurité ».

    Sur une étendue aujourd’hui herbeuse, une habitante désigne un point invisible. « Ma maison était là », dit-elle simplement. Évacuée avec ses enfants en pleine nuit, elle n’y est jamais retournée. « C’est dur, mais je préfère ça que revivre cette peur. » Plus loin, un commerçant installé en bord de quai observe le fleuve avec attention : « Cet hiver, l’eau est montée… mais elle est restée à sa place. Avant, on aurait eu les pieds dans l’eau ».

    Faire accepter les changements à la population

    Car l’idée est là : redonner de l’espace au fleuve pour réduire sa violence. En doublant par endroits la largeur du lit, la ville diminue la vitesse du courant et la hauteur des crues. « Ce sont les vitesses qui détruisent tout, insiste Eric Menassi. En élargissant, on absorbe les flux d’eau supplémentaires en cas de forte pluie ».

    Ce choix s’inscrit dans une logique plus large d’adaptation à la nature, portée par le Syndicat mixte des milieux aquatiques et des rivières (SMMAR). Et si l’exemple de Trèbes n’est pas reproductible partout, chaque cas de figure étant unique, la philosophie qui a porté ce projet devient un exemple à suivre pour le SMMAR, qui insiste sur la nécessité de faire accepter ces changements à la population. « Il s’agit en réalité de réapprendre à vivre avec la rivière, de se réapproprier cet espace que l’on voyait uniquement comme un danger auparavant, souligne Jean-Marie Aversenq, directeur général du syndicat. Au-delà de l’élargissement, on a donc imaginé avec le maire de nouveaux usages permettant aux habitants de profiter du fleuve comme un verger citoyen, conçu grâce aux 17 000 mètres cubes de terre décaissée du fleuve, mais aussi un sentier pour les pêcheurs, des passerelles, des plages et une forêt alluviale ».

    Une école sur pilotis

    Mais si cette partie aménagement pour les nouveaux usages est en cours de finition, les travaux déjà réalisés depuis juillet 2025 ont fait leurs preuves cet hiver. Lors des crues récentes, aucun dégât majeur n’a été constaté. « Ce n’est pas non plus le risque zéro, tempère le maire de la commune, mais grâce aux travaux réalisés, on réduit fortement notre vulnérabilité face aux crues ».

    Au-delà du fleuve, c’est toute une ville qui s’est adaptée : l’école a été reconstruite sur pilotis, la maison de retraite déplacée sur les hauteurs. Certains équipements, comme la piscine, n’ont pas été rebâtis. « On a fait des choix pour préparer l’avenir, assume Eric Menassi. Aujourd’hui, notre priorité n’est plus de grandir, mais d’être résilients ». Ces choix forts ont vraisemblablement convaincu la population communale qui a choisi de redonner sa confiance au maire lors des dernières municipales, malgré le scepticisme suscité par le projet de réaménagement au départ.

    Désormais, à Trèbes, l’Aude n’est plus seulement une menace. Il devient un allié, imprévisible mais apprivoisé. Et dans cette ville marquée par le drame, une conviction s’impose peu à peu : face au changement climatique, l’adaptation n’est plus une option, mais un chemin.

    Par Joffrey Marcelin Midi Libre

    EN CHIFFRES

    2,5 millions d’euros : le coût du réaménagement, assumé à 50% par l’État, 20 % par la région, 10% par le département et 20% par le Smmar.

    17 000 mètres cubes : le volume de terre décaissée pour réaménager le fleuve.

    1,3 km : la distance sur laquelle le fleuve fut réaménagé.

    13 hectares : l’espace total réaménagé.

    8 ans : le temps qu’il a fallu entre la crue de 2018 et le réaménagement du fleuve.

  • En Occitanie, des nappes phréatiques bien rechargées

    En Occitanie, des nappes phréatiques bien rechargées

    « Les précipitations hivernales et printanières ont permis une recharge efficace des aquifères du département de l’Hérault. Dans l’ensemble, les niveaux des nappes sont au-dessus des moyennes en cette fin de printemps. Les restrictions d’usages sur les aquifères étant fonction de leur état de remplissage, ces restrictions devraient être limitées dans les semaines à venir, par rapport à celles observées les années précédentes », assure Perrine Fleury, hydrogéologue pour le bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) en charge du périmètre de l’Hérault.

    « Toutefois, en ces périodes de très forte chaleur, le suivi des nappes se poursuit afin de qualifier l’évolution des situations dans les semaines et mois à venir, en effet le tarissement des nappes risque de s’accélérer en lien avec l’augmentation des prélèvements », précise tout de même cette dernière, au regard des épisodes de forte chaleur prévus avant l’été.

    Pour rappel, les restrictions d’usage de la ressource en eau ont été levées par la préfète de l’Hérault Chantal Mauchet en février 2026, après des épisodes pluvieux très encourageants.

    Après plusieurs années marquées par des sécheresses répétées et des restrictions d’usage parfois sévères, l’Hérault aborde l’été 2026 dans une situation hydrique plus favorable.

    Les pluies abondantes de l’hiver et du printemps ont permis de recharger efficacement les nappes phréatiques du département, poussant même la préfecture à lever dès février dernier les restrictions d’eau en vigueur. Une amélioration saluée par les spécialistes, qui restent néanmoins prudents face aux épisodes de fortes chaleurs déjà annoncés pour les prochaines semaines.

    Une situation meilleure, mais encore fragile

    Pour Guillaume Latgé, hydrogéologue, les pluies importantes enregistrées ces derniers mois ont permis de sortir d’une situation particulièrement critique. « On a eu une recharge pluviométrique nettement plus importante que les moyennes habituelles en fin d’année dernière et en début d’année, avec des épisodes assez conséquents et répétés qui ont permis une recharge efficace de la plupart des aquifères », explique-t-il. Résultat : les nappes affichent aujourd’hui des niveaux « modérément hauts », voire localement « hauts », une situation qu’il qualifie de « plutôt favorable par rapport à d’habitude ».

    Cette amélioration tranche avec les années précédentes, marquées par l’accumulation des déficits hydriques. Dans certains secteurs de l’Hérault, notamment dans les hauts cantons et la vallée de l’Orb, des communes avaient dû être approvisionnées par camions-citernes pour faire face au manque d’eau potable. « A priori, cette année, on ne devrait pas se retrouver dans des situations aussi critiques », estime l’hydrogéologue.

    Mais ce répit pourrait rester temporaire. Car la situation dépend désormais largement des précipitations à venir et surtout des températures estivales. « S’il ne pleut pas du tout, la situation va quand même s’aggraver un petit peu », prévient Guillaume Latgé, qui rappelle que certains aquifères disposent de faibles capacités de stockage et peuvent rapidement retomber en tension.

    L’hydrogéologue alerte également sur les conséquences du réchauffement climatique. « Les scientifiques mettent en évidence des étés de plus en plus chauds, de plus en plus précoces, avec des périodes de fortes chaleurs plus longues », souligne-t-il. Ces épisodes accélèrent la consommation d’eau par la végétation mais aussi par les usages humains. « On va vers des situations de plus en plus tendues si la météorologie continue comme ça », conclut-il.

    Si les restrictions d’eau devraient donc rester limitées à court terme, le département de l’Hérault demeure sous surveillance à l’approche de l’été.

  • Total Festum fait vivre la culture occitane

    Total Festum fait vivre la culture occitane

    Du 9 mai au 5 juillet, la Région Occitanie déploie la 21e édition de Total Festum, son grand festival dédié aux langues et cultures occitanes et catalanes. Plus d’une centaine d’événements populaires irrigueront l’ensemble du territoire régional : concerts, spectacles, contes, ateliers, expositions, balades ou encore rencontres intergénérationnelles. Une programmation pensée pour rappeler que l’Occitan et le Catalan restent des langues vivantes, ancrées dans le quotidien de nombreux habitants.

    « Chaque année avec Total Festum, l’Occitanie célèbre toute sa richesse, sa diversité et ses traditions », souligne ainsi la Région dans un communiqué. La présidente de Région, Carole Delga, insiste sur la dimension populaire de l’événement : « Nos langues et nos cultures ne sont pas des vestiges du passé, mais portent en elles nos identités et notre singularité. »

    Le festival s’inscrit dans une politique plus large de soutien à l’oralité et à la transmission culturelle. Pendant près de deux mois, communes, associations et artistes proposeront des rendez-vous destinés à tous les publics. Parmi les temps forts annoncés figure un marathon de la langue occitane organisé le 13 juin à Brousses-et-Villaret, avec quinze heures ininterrompues de paroles et de chants.

    Une politique régionale sur le long terme

    Le lancement officiel de cette édition s’est tenu le 21 mai à Hôtel de Région de Toulouse. Quatre cents élèves bilingues occitans des écoles de Haute-Garonne y sont attendus pour une journée placée sous le signe de la danse et de la musique, en présence du trio Pique Poque.

    Cette année, l’affiche du festival a été confiée au duo sétois Les Crafties. La Région précise que les artistes ont voulu représenter « des silhouettes en mouvement » traduisant « la joie de se retrouver au rythme de la musique », avec « une palette solaire et chaleureuse » à l’image de l’esprit festif de Total Festum.

    Au-delà du festival, la collectivité poursuit son plan « Parlem una cultura viva », lancé en 2023 pour promouvoir les langues régionales. Signalétique bilingue, développement des sections occitanes et catalanes à l’école, outils numériques pédagogiques ou soutien aux structures culturelles : selon la Région, « plus de 93% des mesures prévues » sont déjà engagées ou réalisées. Une manière d’inscrire durablement ces langues dans l’espace public et de sensibiliser les générations à venir.

  • À Béziers, Robert Ménard veut généraliser l’uniforme à l’école

    À Béziers, Robert Ménard veut généraliser l’uniforme à l’école

    Deux ans après la mise en place de l’uniforme scolaire dans certains établissements, quel bilan en tirer ? Les résultats sont plutôt mitigés, à en croire une enquête du ministère de l’Éducation nationale publiée le 12 mai. Si 75% des directeurs interrogés font état d’une progression du sentiment d’appartenance à l’école, ils ne sont plus que 36% à noter un effet bénéfique sur le climat scolaire. Pire, pas moins de 57% des écoliers interrogés déclarent ne pas aimer porter la tenue. Si le nombre de moqueries sur les vêtements semble avoir diminué, « l’influence [de l’uniforme] sur les apprentissages, le comportement, le sentiment de sécurité, la réussite scolaire et la motivation demeure, à ce stade, imperceptible ou essentiellement symbolique », fait valoir l’étude. Justifiée pour gommer les inégalités scolaires, l’uniforme semble bien loin de cet objectif initial.

    Les parents séduits ?

    Mais pas de quoi inquiéter l’édile d’extrême droite biterrois, Robert Ménard, qui a annoncé la généralisation de la tenue à la rentrée prochaine. Dans un courrier adressé aux directeurs d’école, le maire met en avant une mesure qui « va dans le bon sens pour encourager l’esprit d’appartenance à un groupe, affirmer les valeurs de laïcité et réduire les effets de mode », le port de l’uniforme étant associé à un « véritable outil pédagogique ». « Parler de laïcité alors que Robert Ménard est condamné par la justice chaque année pour atteinte à la laïcité en accueillant une crèche de la Nativité dans la mairie nous pose problème. D’autant qu’il n’y a pas d’atteinte à la laïcité à l’école, un enseignement est dispensé dans ce sens », abonde Rémi Combettes, représentant du personnel pour la FSU-SNUipp héraultaise. Les signes religieux ostensibles sont d’ailleurs interdits à l’école depuis plus de 20 ans.

    Si l’uniforme est rejeté par les élèves, leurs parents, eux, semblent l’accepter. « L’uniforme crée un sentiment d’appartenance commune, favorise la cohésion, on se réfère plus à l’identité de son école », fait valoir Véronique Gréard, présidente de la FCPE du Biterrois, estimant n’avoir que des « bons retours » sur l’uniforme mais qu’il « ne règle pas les problèmes de fond de l’Éducation ». C’est ce qu’il ressort également de l’étude, notant le « décalage récurrent entre les attentes portées par les adultes et le vécu plus nuancé des enfants ».

    Aussi, la mesure représente des frais pour les Biterrois. En 2024, le trousseau complet coûtait 200 euros. Si l’intégralité des élèves est équipée – près de 7 000 – le prix pourrait monter au maximum à 1,5 million d’euros. « Les écoles publiques sont délabrées, cet argent aurait pu être mieux investi », soupire Rémi Combettes. La mesure doit être soumise au vote des conseils d’école. En attendant, Ménard sourit, il est (encore) filmé.

  • Des associations portent plainte après un déboisement

    Des associations portent plainte après un déboisement

    « C’est un patrimoine commun qu’il est nécessaire de conserver », lancent les membres de l’association écologiste Sorève. Alertés par un riverain, en début d’année 2026, de l’existence d’importants travaux de déboisement en cours sur le bois de Castille, ils se sont alors rendus sur place pour constater l’avancée des travaux. Ce massif boisé, à cheval sur Uzès et Blauzac, est en effet classé en EBC par ces deux communes depuis plus de 40 ans et renferme aussi un site archéologique datant du néolithique. Mais le propriétaire d’une partie de ce bois, un « viticulteur influent du territoire » selon les associations, a décidé de couper une partie du bois et d’abattre des centaines de chênes blancs et verts dont certains sont pourtant centenaires. Au total, ce sont 4,5 hectares qui ont été déboisés.

    « Nous avons porté plainte auprès du procureur de la République. On espère qu’une enquête va maintenant être diligentée. Le propriétaire est passible d’amendes lourdes qui peuvent aller jusqu’à 300 000 euros », ont annoncé les membres de la Sorève et de France nature environnement qui ont tenu un point presse sur le sujet mardi 26 mai. L’occasion pour eux d’alerter aussi la population face à des communes qui déclassent ces EBC pour développer des projets comme la construction de parcs de panneaux solaires. Car l’association rappelle qu’il est interdit de déboiser une zone classée en EBC. « Cette réglementation interdit tout défrichement du bois, tout abattage d’arbres sauf pour l’entretien mais c’est limité. Lorsqu’un propriétaire souhaite faire des travaux forestiers, il doit au préalable informer la commune en présentant son projet. Ça n’a pas été le cas pour le bois de Castille », fustige les membres de l’association.

    Face aux associations, le propriétaire s’est justifié en présentant ces coupes d’arbres comme des mesures de défense contre les incendies. Il a ensuite informé les associations que les travaux réalisés ne respectaient pas sa demande et qu’il préparait même un recours contre le prestataire qui a réalisé ces travaux. « Une piste DFCI fait 6 mètres de large, ici il y a des passages où la largeur atteint 20 m », précise la Sorève.

    Informée par les associations, la municipalité d’Uzès a pris un arrêté de suspension des travaux sauf que celui-ci est intervenu alors que des centaines d’arbres avaient déjà été coupées. La commune a alors demandé aux propriétaires de déposer une déclaration préalable a posteriori. Après une enquête de la commune de deux mois, la mairie d’Uzès a finalement décidé de rejeter la demande d’autorisation de défrichement.

    Sorève, interdit

    de communiquer

    Si les membres de la Sorève ont souhaité rester anonymes, c’est parce qu’un commissaire de justice leur a interdit de communiquer sur le sujet. En effet, pour constater les travaux en cours, les membres de l’association ont été contraints de se rendre sur un terrain privé. Et quelques jours plus tard, ils ont reçu une injonction pour leur interdire d’aller sur cette propriété privée. « On nous a demandé de cesser nos agissements et publications ainsi que leur parution dans tous nos supports », précise la Sorève. « C’est un dossier sensible car le viticulteur est très connu dans la région. Mais pour nous, c’est une affaire importante car si on valide ce qui a été fait, ça veut dire qu’on accepte le fait accompli et n’importe qui peut faire ce qu’il veut d’un bois classé. C’est important que la faute soit reconnue et que des sanctions soient prises sinon tout le monde fait ce qu’il veut. »

    Les associations attendent désormais un retour de la justice mais restent vigilantes pour qu’aucune coupe d’arbres sur le bois de Castille n’intervienne dans les prochains mois.

  • L’Occitanie doit s’habituer aux fortes chaleurs

    L’Occitanie doit s’habituer aux fortes chaleurs

    « Les projections climatiques de Météo-France montrent des vagues de chaleur, plus intenses, plus fréquentes, plus longues et étalées sur une période plus étendue du printemps à l’automne », explique Florence Vaysse, prévisionniste pour Météo-France. « C’est la conséquence la plus visible du changement climatique que nous sommes en train de vivre », affirme cette dernière.

    Selon les projections de Météo-France fondées sur la trajectoire de réchauffement de référence pour l’adaptation au changement climatique (Tracc), la température moyenne annuelle augmenterait en Occitanie de +2,2 °C à l’horizon 2050, et de +3,5 °C à l’horizon 2100. Un réchauffement légèrement supérieur à la moyenne nationale, accompagné d’hivers plus humides.

    À l’horizon 2050 en Occitanie, les températures estivales moyennes (juin, juillet, août) augmenteraient de l’ordre de +2,3 à +2,7 °C, les températures hivernales moyennes (décembre, janvier, février) augmenteraient quant à elles de +1,9 °C à +2,2 °C par rapport à la période 1976-2005. La chaleur est donc une composante avec laquelle il faudra apprendre à vivre.

    De plus en plus d’épisodes caniculaires

    Les plans de vigilances orange canicules ont été mis en place en 2004, suite à la canicule de 2003. Depuis 2006, les épisodes caniculaires ne cessent d’augmenter dans la région. « De 2004 à 2014 nous avons eu un été avec deux épisodes vigilances orange canicule, de 2015 à 2025 nous avons enregistré six étés impactés avec huit épisodes, dont 2023 et 2025 avec deux longs épisodes », détaille Florence Vaysse.

    « Les neuf températures les plus chaudes enregistrées à Montpellier-Fréjorgues datent toutes d’après 2017 », précise la prévisionniste. Des températures qui ont déjà dépassé les 40 °C à deux reprises : 40,3 °C le 16 août 2025 et 43,5 °C le 16 juin 2019.

    Selon Florence Vaysse, ces hausses de températures sont bel et bien une conséquence du dérèglement climatique. Des études comparent les évolutions de jours très chauds enregistrés depuis 1946 et les résultats ne laissent aucun doute quant à la direction. « Avant 1980 on enregistrait un à trois jours de temps en temps. Sur la période de 2016-2025, dernière décade, on relève 50 jours très chauds soit cinq par été en moyenne dont 16 jours en 2025 », alerte Florence Vaysse. Des résultats de mauvais augure pour la suite.

  • À Nîmes, le Refuge ouvre une porte aux jeunes LGBT+

    À Nîmes, le Refuge ouvre une porte aux jeunes LGBT+

    Il suffit parfois d’une phrase, d’une porte qui claque, pour qu’une vie bascule. Pour les jeunes LGBT+ rejetés par leur famille, parfois poussés vers la rue, la Fondation le Refuge veut désormais être une présence visible dans le Gard. Créée le 7 mai à Nîmes, sa délégation entend offrir écoute, accompagnement et protection à celles et ceux qui ne savent plus vers qui se tourner.

    Reconnue d’utilité publique, la Fondation le Refuge accompagne depuis plus de vingt ans des jeunes LGBT+ victimes de violences, de discriminations ou de rupture familiale. Après Montpellier, Avignon ou Toulouse, l’antenne gardoise vient combler un vide. « Il y avait un vrai besoin ici », souligne Nicolas Caseiro, responsable de la délégation. Dans un département où la ruralité pèse parfois sur les silences, le coming out peut devenir une épreuve redoublée. Le regard des autres y semble plus proche, plus dense, plus difficile à fuir.

    Écouter et protéger

    Pour l’heure, la délégation gardoise n’ouvrira pas de places d’hébergement propres. Les jeunes pourront toutefois être orientés vers les dispositifs existants dans la région. À Nîmes, l’urgence est d’abord de créer un point d’appui : « Recruter des bénévoles, trouver un local, tisser des liens avec les associations, les établissements scolaires, les services publics et les collectivités. »

    Car derrière les sigles et les débats publics, il y a des existences suspendues. Des jeunes qui n’osent pas parler. D’autres qui fuient. D’autres encore qui reconstruisent, pas à pas, un logement, un emploi, une confiance. À eux, le Refuge adresse un message simple, presque vital : « Vous n’êtes pas seuls. »

    Contact : Fondation le Refuge,
    09.39.03.63.03., 7
     jours sur 7,
    de 8h à minuit.

  • À Montpellier, Manu Reynaud prend la tête de la Régie de l’eau

    À Montpellier, Manu Reynaud prend la tête de la Régie de l’eau

    Le conseiller métropolitain Manu Reynaud a été élu à la présidence de la Régie des eaux de la Métropole de Montpellier, établissement chargé de la gestion de l’eau et de l’assainissement sur les 31 communes formant cette dernière, le 19 mai. Il succède ainsi à René Revol, ex-maire de Grabels battu lors des dernières municipales. À ses côtés, l’élu montpelliérain sera épaulé par deux vice-présidents, Céline Pintard, adjointe au maire du Crès, et Thierry Ruf, directeur émérite à l’Institut de recherche pour le développement (IRD). Une gouvernance partagée entre élus mais aussi avec des représentants d’associations et universitaires.

    La nouvelle organisation va s’atteler à plusieurs défis, telle que la question de la qualité de la ressource. « C’est un sujet majeur de ces prochaines années. Notamment sur la question des pesticides mais aussi des micropolluants. Nous devons être en capacité d’être une force de transparence, d’information, de prévention », insiste Manu Reynaud. À l’heure où les Pfas s’invitent dans nos robinets, ce devoir de transparence est érigé comme la priorité du mandat de la Régie.

    Miser sur la qualité mais également sur la quantité. En six ans, les fuites de canalisation ont été réduites de 23 à 13%. « Nous avons eu un beau gain sur la performance du réseau. Nous allons continuer, c’est une nécessité pour la ressource. C’était un argument pour passer en régie publique du point de vue de la gestion des investissements. Il ne s’agit pas de réparer les fuites mais de financer la rénovation des réseaux. Ce n’est pas la même logique, nous investissons pour la suite », reprend l’élu. Des investissements plus coûteux et nécessitant de gros travaux mais qui bénéficieront aux administrés sur le long terme. La Régie des eaux gère également l’assainissement. En ce sens, Manu Reynaud entend développer la réutilisation des eaux usées. « Le cadre réglementaire est très contraint, heureusement. Mais la législation évolue et nous expérimentons l’irrigation de l’agriculture, le nettoyage des rues, l’arrosage des parcs, etc. L’objectif est de généraliser son utilisation », indique Manu Reynaud, promettant des annonces à ce sujet en septembre. L.D.