Tag: Occitanie

  • Occitanie : les zones viticoles touchées par les pesticides

    Occitanie : les zones viticoles touchées par les pesticides

    Un pavé dans la mare. Voilà comment résumer les résultats d’une étude menée par Santé publique France et l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail), publiée le 15 septembre.

    Intitulée PestiRiv, cette dernière montre que les personnes vivant à côté des vignes (4% de la population française) sont les plus exposées aux pesticides. Pas moins de 56 substances -notamment le Folpel, un fongicide utilisé contre le mildiou- ont été mesurées dans 265 zones viticoles et non viticoles. Quelque 1 946 adultes et 742 enfants de six régions de métropole -dont une partie vit à moins de 500 mètres de vignes, l’autre à plus de 1 000 mètres de toute culture- y ont participé en répondant à des questionnaires pour décrire leur alimentation, leurs activités à l’extérieur, etc. Des milliers d’analyses d’urine, de cheveux, de poussières, d’aliments du jardin, d’air ambiant et extérieur ont été réalisées entre 2021 et 2022.

    Les résultats sont édifiants. Les échantillons ont montré que les urines des riverains vivant à côté de vignobles contiennent 15 à 45% de pesticides de plus que ceux qui sont éloignés de toute culture. Pire, la contamination des poussières peut être 1 000 fois plus élevée. Un autre objectif de PestiRiv a été de comparer ces contaminations en période de traitement des vignes. Là encore, toutes les analyses confirment la surexposition aux pesticides lors de l’épandage. De plus, les enfants de 3 à 6 ans présentent les niveaux d’imprégnation les plus élevés.

    Reprise du plan Ecophyto

    « Santé publique France et l’Anses recommandent en priorité de réduire l’utilisation de pesticides au strict nécessaire, en s’appuyant notamment sur la stratégie nationale Ecophyto 2030 », conclut l’étude. Cette stratégie prévoyait de réduire de moitié l’utilisation des produits phytosanitaires, mais a été suspendue en février 2024 par le gouvernement Attal, sous pression de la FNSEA et des JA, en pleine crise agricole. Les deux syndicats majoritaires doivent s’arracher les cheveux devant les conclusions de l’étude. De l’autre côté, les associations environnementales, elles, sont soulagées de cette publication. « Enfin ! Cela confirme nos études et nous avions fait campagne là-dessus », sourit Michel Tafon, membre de Générations futures du Gard. Un signal de plus pour mettre en place plusieurs mesures afin d’accompagner la transition écologique. « Il faut instaurer des zones de non-traitement de 100 mètres minimum. Cela peut poser problème, nous en sommes conscients ; auquel cas il faut passer en bio. Ensuite, il faut interdire toutes les substances dangereuses, comme les perturbateurs endocriniens », énumère Michel Tafon. Également revendiquée par Générations futures, la mise en place de ceintures vertes autour des communes.

    Côté Confédération paysanne, les avis sont un peu plus mitigés. « C’est un problème de santé publique mais la profession et le ministère sont dans le déni. Quand j’ai adhéré à la Conf’ en 1999, une étude montrait déjà des traces de glyphosate dans les testicules d’enfants vivant dans les zones agricoles de la Vallée du Rhône. On le savait déjà », soupire Didier Marion, porte-parole de la Confédération paysanne du Gard. « Ils veulent continuer à rester dans le marché mondial spéculatif qui assassine les paysans du monde entier. Il faut changer de logique, on n’a pas le choix », poursuit l’agriculteur. Pour autant, si l’opinion publique est sensible à cette problématique -en témoigne la pétition contre la loi Duplomb- force est de constater que les industriels ont toujours l’oreille de nos responsables politiques. « Nous sommes dans un contexte bizarre : les politiques prennent des décisions dangereuses alors que les gens sont inquiets pour leur santé », observe Michel Tafon. Le vent serait-il en train de tourner ?

  • La Boule Barquaise et La Boule Baterelloise en imposent

    La Boule Barquaise et La Boule Baterelloise en imposent

    Le comité des Bouches-du-Rhône avait trois fers au feu dans cette phase finale du championnat des clubs Jeunes 2025 qui s’est déroulé le week-end dernier à St Livrade-sur-Lot dans la région toulousaine.

    Les minimes et juniors de la Boule Barquaise-Fuveau respectivement finalistes et demi-finalistes et les Cadets de la Batarelle, quart de finalistes.

    Un grand bravo à ces trois équipes qui ont brillamment représenté le comité des Bouches-du-Rhône, avec des parcours qui en impose.

    L’effectif des Marseillais Anthony Vierjon, Liam Conti, Thibault Monjo, Nathan Alzerra accompagnés par leur président André Roman et leur dirigeant Yves Fouque.

    Quant à la Boule Barquaise-Fuveau la formation minimes était composée de Lounes Kralfa, Modeste et Santiago Gomez, Anthony Bajolle, Meysson Herlemann, Esaie Cortes sous la direction d’Eve et Manu Molina.

    Cédric Géréaud, le coach des juniors, comptait lui, sur Louanne Bannuls, Léon Rodriguez Pinto, Lucas Bitan, Joseph Torrence, Meyss Winaud Tumbach

    Résultats

    Benjamins

    Demi-finales : Buche bat Tiago Pettini 13 -5 // Baudino – Léandro Tassis 13 – 10

    Finale : Eyden Baudino (B. Pelican) bat Wyatt Buche (B. Pelican) 13 à 4

    Minimes

    Quarts de finale : Emmerich bat Modeste Gomez 13 – 4 // Chandelier bat Malone Gascon 13 – 2 // Linares bat Anthony Bajolle 9 – 13

    Cortes bat Gabriel Verdoïa 13 – 7

    Demi-finales : Cortes bat Anthony Bajolle 13 – 5 // Chandelier bat Noé Emmerich 13 à 7

    Finale : Jules Chandelier (Amis de St Julien) bat Essaie Cortes ( B. Barquaise)13 – 8

    Cadets

    Quarts de finale : Rigaud bat Nathan Garcia 13 – 9 // L. Szczotkowski bat Mylan Terryn 13-7 // Alzerra bat Fabio Tola 13-4 ; N. Szczotkowski bat Thibault Monjo 13 -5

    Demi-finales : Alzerra bat Loni Szczotkowski 9 – 13 ; N. Szczotkowski bat Julien Rigaud 13 à 3

    Finale : Nathan Alzerra (B. Batarelloise)- Naïs Szczotkowski (B. Aixoise)13 – 9

    Juniors

    Demi-finales : Seignouret bat Joseph Torrence 13 à 11 // Alazay bat Sony Guermoud 13 à 10

    Finale : Gianni Seignouret (B. Barquaise) – Enzo Alazay (B. Aixoise) 13 – 12

  • La Région Occitanie en lutte contre le racisme et l’antisémitisme

    La Région Occitanie en lutte contre le racisme et l’antisémitisme

    En 2015, la France est frappée par une série d’attentats qui plongent le pays en deuil. « Dans les mois qui suivent, on se rend compte que l’antisémitisme émerge de manière spectaculaire dans notre société, tout comme le racisme. Parce que l’antisémitisme, c’est une parole qui se libère, ce sont des agressions. Et parallèlement, on a une montée aussi du racisme, certains considérants que tous les Arabes sont musulmans et que tous les musulmans sont islamistes et fanatiques. Et ils finissent par amalgamer toute la population musulmane », soupire Hussein Bourgi, sénateur PS de l’Hérault et conseiller régional.

    Pour faire reculer ces actes, la Région Occitanie s’est lancée dans une série de consultations destinées à faire émerger un plan d’actions. Pendant un an et demi, les conseillers Hussein Bourgi et Marie Piqué ont mené des auditions auprès d’associatifs, de représentants de la justice, de l’Éducation nationale, etc. Ainsi, en 2020, était présenté un plan de lutte contre l’antisémitisme et le racisme, courant jusqu’en 2024 et se déclinant autour de trois objectifs : la déconstruction des préjugés en éduquant à l’antiracisme et l’antisémitisme ; la transmission de l’Histoire et de la mémoire – notamment via le mémorial de Rivesaltes ou encore la visite des camps d’Auschwitz, plus de 1 000 lycéens emmenés depuis 2019. Enfin, la collectivité dirigée par la socialiste Carole Delga soutient les initiatives des associations. « Par exemple, la Ligue de l’enseignement réalise depuis plusieurs années un DVD “Discrimétrage” avec des lycéens qui vont écrire un scénario puis le réaliser. La Région va accompagner financièrement le tournage, le montage. Il nous a semblé intéressant de parler de la question de l’intolérance et des discriminations, non pas à travers un propos très académique, une parole qui peut parfois apparaître comme moralisatrice, mais plutôt d’utiliser leurs mots, leur vécu », illustre Hussein Bourgi.

    Accompagner les victimes

    Pour ce faire, la Région a mobilisé pas moins de 11,8 millions d’euros qui ont bénéficié à 3,5 millions de personnes. Fière de son engagement, la collectivité ambitionne de lancer un second acte de ce plan pour la période 2025-2029. Une des premières actions devrait être l’hommage rendu aux Justes parmi les Nations avec le dévoilement de plaques commémoratives – Montagnac étant la première commune héraultaise à le faire, le 11 novembre prochain.

    « Aujourd’hui on réactualise, parce que le racisme, l’antisémitisme, ça bouge. L’antisémitisme et le racisme flambent sur les réseaux sociaux, sur des sites et des forums de certains médias et donc nous voulons vraiment sensibiliser les médias à la nécessité de modérer, tout comme les Gafam », fait valoir le sénateur. Cette seconde phase priorisera donc les réseaux sociaux, mais également un meilleur accompagnement des victimes et la création d’espaces de résistance, de lutte.

    Un combat crucial à l’heure où l’extrême droite dédiabolisée infuse dans toutes les strates de la société pour véhiculer son discours raciste et antisémite. « Les époques changent mais l’idéologie de l’extrême droite, elle, reste la même. »

    « Les époques changent mais l’idéologie reste la même. »

  • La Région Occitanie en lutte contre le racisme et l’antisémitisme

    La Région Occitanie en lutte contre le racisme et l’antisémitisme

    En 2015, la France est frappée par une série d’attentats qui plongent le pays en deuil. « Dans les mois qui suivent, on se rend compte que l’antisémitisme émerge de manière spectaculaire dans notre société, tout comme le racisme. Parce que l’antisémitisme, c’est une parole qui se libère, ce sont des agressions. Et parallèlement, on a une montée aussi du racisme, certains considérants que tous les Arabes sont musulmans et que tous les musulmans sont islamistes et fanatiques. Et ils finissent par amalgamer toute la population musulmane », soupire Hussein Bourgi, sénateur PS de l’Hérault et conseiller régional.

    Pour faire reculer ces actes, la Région Occitanie s’est lancée dans une série de consultations destinées à faire émerger un plan d’actions. Pendant un an et demi, les conseillers Hussein Bourgi et Marie Piqué ont mené des auditions auprès d’associatifs, de représentants de la justice, de l’Éducation nationale, etc. Ainsi, en 2020, était présenté un plan de lutte contre l’antisémitisme et le racisme, courant jusqu’en 2024 et se déclinant autour de trois objectifs : la déconstruction des préjugés en éduquant à l’antiracisme et l’antisémitisme ; la transmission de l’Histoire et de la mémoire – notamment via le mémorial de Rivesaltes ou encore la visite des camps d’Auschwitz, plus de 1 000 lycéens emmenés depuis 2019. Enfin, la collectivité dirigée par la socialiste Carole Delga soutient les initiatives des associations. « Par exemple, la Ligue de l’enseignement réalise depuis plusieurs années un DVD “Discrimétrage” avec des lycéens qui vont écrire un scénario puis le réaliser. La Région va accompagner financièrement le tournage, le montage. Il nous a semblé intéressant de parler de la question de l’intolérance et des discriminations, non pas à travers un propos très académique, une parole qui peut parfois apparaître comme moralisatrice, mais plutôt d’utiliser leurs mots, leur vécu », illustre Hussein Bourgi.

    Accompagner les victimes

    Pour ce faire, la Région a mobilisé pas moins de 11,8 millions d’euros qui ont bénéficié à 3,5 millions de personnes. Fière de son engagement, la collectivité ambitionne de lancer un second acte de ce plan pour la période 2025-2029. Une des premières actions devrait être l’hommage rendu aux Justes parmi les Nations avec le dévoilement de plaques commémoratives – Montagnac étant la première commune héraultaise à le faire, le 11 novembre prochain.

    « Aujourd’hui on réactualise, parce que le racisme, l’antisémitisme, ça bouge. L’antisémitisme et le racisme flambent sur les réseaux sociaux, sur des sites et des forums de certains médias et donc nous voulons vraiment sensibiliser les médias à la nécessité de modérer, tout comme les Gafam », fait valoir le sénateur. Cette seconde phase priorisera donc les réseaux sociaux, mais également un meilleur accompagnement des victimes et la création d’espaces de résistance, de lutte.

    Un combat crucial à l’heure où l’extrême droite dédiabolisée infuse dans toutes les strates de la société pour véhiculer son discours raciste et antisémite. « Les époques changent mais l’idéologie de l’extrême droite, elle, reste la même. »

    « Les époques changent mais l’idéologie reste la même. »

  • Déambulation photographique à Béziers

    Déambulation photographique à Béziers

    « Il y a bien sûr une ambition artistique, mais également une ambition de convivialité et d’animation de la ville », explique Thomas Langlois, président de l’association Hors cadre, par ailleurs patron des Ostals, l’un des nombreux lieux participants.

    La première édition, en 2024, a rassemblé 25 photographes dans
    17 lieux de Béziers et attiré près de 10 000 visiteurs. Pour cette deuxième édition, « la manifestation s’étoffe et se structure », souligne Thomas Langlois. Outre une déambulation dans 18 lieux très différents (les Ostals, la Colonie espagnole, l’Hôtel de la prison, le Cirdoc, la Gorge fraîche, l’IUT de Béziers, la médiathèque Malraux…) à la découverte des univers photographiques qu’ils auront choisis d’exposer, une nouvelle proposition artistique baptisée Focus sera présentée au 26 Riquet, sur les allées du même nom (du jeudi au samedi, 15h-19h.) Le travail de 3 photographes professionnels, sélectionnés parmi une vingtaine de candidatures par un jury indépendant (constitué des directeurs de l’association Visa pour l’image à Perpignan, du Musée régional d’art contemporain (Mrac) situé à Sérignan
    et de la déléguée générale de Mécènes du sud, une association privée de collectionneurs), y sera exposé. Les lauréates sont trois femmes : Elsa Beaumont (Gard), Caroline Peyronel (Lot) et Sonia Reveyaz (Hérault).

    À découvrir également cette année, les images de 20 photographes amateurs sélectionnés parmi une cinquantaine, qui investiront le Korrigan (9, rue Paul-Riquet, du jeudi au dimanche à partir de 15h). Les visiteurs pourront voter pour leur artiste préféré(e) (remise des prix les 24 et 30 octobre) !

    A.G.

    horscadrebeziers.fr

  • [Quoi de neuf] Boris Chenaud : « La physique quantique on ne la comprend pas mais on s’habitue ! »

    [Quoi de neuf] Boris Chenaud : « La physique quantique on ne la comprend pas mais on s’habitue ! »

    Le prix Nobel de physique 2025 a été décerné mardi 7 octobre au Britannique John Clarke, à l’Américain John M. Martinis et au Français Michel H. Devoret pour leurs travaux dans la mécanique quantique. Un Nobel qui a mis en joie Montpellier et l’équipe métrologie quantique du Laboratoire Charles Coulomb dont le domaine de recherche porte également sur les circuits quantiques, de l’effet tunnel aux qubits. Explication avec le physicien Boris Chenaud*.

    Françoise Verna : Ce prix Nobel de physique est l’aboutissement d’une recherche fondamentale qui remonte à combien de temps ? Et, question complémentaire, dans quel domaine on se situe avec cette découverte, je cite, « de l’effet tunnel quantique macroscopique et de la quantification de l’énergie dans un circuit électrique » ?

    Boris Chenaud : Cette recherche remonte au moins à une trentaine d’années ce qui montre que les choses se construisent petit à petit, brique après brique. Avec cette découverte, nous sommes vraiment à la frontière entre le monde classique et le monde quantique. Avec les circuits électriques et électroniques dont on parle là. La physique quantique, on l’étudie à l’échelle atomique. Pour donner un ordre de grandeur : la taille d’un atome c’est très très petit. Si vous avez une barre d’un mètre, vous pouvez mettre 10 000 milliards d’atomes côté à côté pour montrer comment ils sont petits. Avec ces circuits électriques, on est de l’ordre du micro-mètre, six ordres de grandeur en dessous du mètre. Mais on arrive quand même à voir des effets quantiques parce que l’on travaille à très basse température. On a les moyens expérimentaux avec des frigos un peu spéciaux, des cryostats à dilution.

    Olivier Notalle : Pourquoi faut-il une température très très basse pour étudier ces phénomènes quantiques ?

    Boris Chenaud : Parce que dans la température il y a des énergies que l’on appelle d’agitation thermique, c’est des choses qui expliquent, par exemple, le mouvement brownien, Albert Einstein avait fait un article magnifique sur ces questions en 1905. Et donc la température c’est l’agitation des atomes, des molécules. Or, si vous voulez percevoir, mesurer des phénomènes quantiques, il ne faut pas être perturbé par l’extérieur, l’environnement avec des températures trop hautes. C’est l’inverse de la physique des accélérateurs de particules. Là, on essaie d’avoir des signatures très fines de phénomènes quantiques qui ont des niveaux d’énergie très fins.

    Françoise Verna : Qu’ont pu observer les lauréats du prix Nobel de physique ?

    Boris Chenaud : Ce qu’ils ont réussi à faire il y a trente ans c’est l’électronique à un électron. C’est-à-dire de manipuler les électrons un par un pour les mettre dans des boîtes qu’on appelle des transistors à un électron et ce pour pouvoir gérer la quantité d’électrons qu’il y a dans ces boîtes. Cela a été la brique de base de leur travail qui après a donné les qubits.

    Olivier Nottale : En quoi c’est exceptionnel ?

    Boris Chenaud : L’expérience montée par les trois lauréats qui a vraiment mis le pied à l’étrier à tout un domaine, celui de l’électronique quantique où on essaie de mesurer des effets quantiques, que cela soit sur la conduction, l’inductance, l’énergie de ces circuits électriques et de les utiliser un peu comme des atomes, ce qui va nous permettre de les manipuler et d’en faire des qbits, c’est-à-dire la brique de base des ordinateurs quantiques.

    Françoise Verna: La recherche fondamentale se déroule essentiellement dans le secteur public. On sait que l’enjeu est de développer l’ordinateur quantique. Cela existe déjà ?

    Boris Chenaud : Oui et la grosse course actuelle est d’avoir le plus de qubits, le plus de cellules actives possibles. Nous, au laboratoire Charles Coulomb de Montpellier, nous avons accès grâce à un partenariat avec IBM à des ordinateurs quantiques qui ont 5 ou 9 qubits. Mais il y a des programmes de recherche avec plusieurs centaines voire quelques milliers de qubits avec d’autres grandes entreprises. Cela demande beaucoup de moyens.

    Olivier Nottale : La physique quantique a des applications en astrophysique mais votre domaine c’est la métrologie. C’est-à-dire ?

    Boris Chenaud : On participe au mouvement international qui a pour but de définir des unités le plus précisément possible. Nous ne le faisons pas comme avant avec des objets mais à partir des constantes fondamentales que sont la charge de l’électron, la constante de Planck etc.

    Françoise Verna : Quels sont vos outils pour enseigner la physique quantique difficile à conceptualiser ?

    Boris Chenaud : On dit souvent à nos étudiants, la physique quantique, comme la relativité, on ne la comprend pas vraiment mais on s’y habitue ! Notre rôle d’enseignants c’est d’essayer d’habituer nos étudiants à ces phénomènes que l’on ne croise pas au quotidien car nous sommes baignés dans le monde classique.

    * Boris Chenaud est l’auteur
    de l’ouvrage «
     1905, l’année miraculeuse d’Einstein ». Éditions ellipses.

    À écouter ici

  • L’Hérault, nouvel ambassadeur du don d’organes

    L’Hérault, nouvel ambassadeur du don d’organes

    À l’occasion de la journée internationale du don d’organes, le 17 octobre, le Département de l’Hérault s’est engagé à devenir ambassadeur de cette cause afin de sensibiliser et permettre de sauver des vies. La collectivité -une des premières en France- a signé une charte, le 13 octobre, avec l’Association française des familles pour le don d’organes (Affdo). Une manière de promouvoir ce geste, peu ou mal connu du grand public. « Chaque jour, trois personnes en attente de greffe meurent, faute de greffon. Pourtant, 80% des Français sont favorables aux dons en cas de décès. Pour donner, il faut l’accord de la famille et du défunt. Mais une fois sur deux, la famille n’en a pas parlé, ce qui équivaut à un refus. Donc on ne prélève pas », souligne Didier Hève, président de l’Affdo.

    Le manque de communication est criant. Si 6 000 greffes sont réalisées chaque année dans l’Hexagone, pas moins de 30 000 personnes sont en attente de dons. « La solution pour ne plus avoir de morts est d’en parler. Un donneur peut sauver dix vies. Il n’y a pas plus beau geste que le don de soi », poursuit Didier Hève. De plus, les organes peuvent vivre bien plus longtemps que les personnes. En ce sens, il n’y a pas de limite d’âge pour les donneurs. Et le président de l’Affdo de prendre en exemple ce qui se fait de l’autre côté des Pyrénées. « En Espagne, ils ont bien communiqué, ils n’ont plus de morts. »

    La collectivité dirigée par le socialiste Kléber Mesquida s’est donc engagée à promouvoir les actions en faveur du don. « Au-delà de l’engagement du Département d’utiliser ses canaux de communication pour porter le message sur l’importance du don d’organes, cette charte a également pour objectif de contribuer aux manifestations en faveur du don comme la journée du 17 octobre, de promouvoir la culture du don au sein de la collectivité, de contribuer à l’information au sein des collèges, car la jeunesse est concernée », liste Nicole Morère, vice-présidente déléguée à l’administration générale et aux moyens. La mesure a été approuvée à l’unanimité.

  • Des PFAS présents dans l’air dans toute la région Occitanie

    Des PFAS présents dans l’air dans toute la région Occitanie

    Gendarme de la pollution
    atmosphérique, l’Atmo Occitanie analyse régulièrement la qualité de l’air dans la région. Un enjeu de santé majeur, la pollution de l’air étant responsable de 40 000 décès chaque année, d’après Santé publique France. « Le coût pour la Sécurité sociale est évalué à plus de 100 milliards d’euros. Donc il y a un certain nombre d’actions qui peuvent être mises en œuvre avec les données que nous produisons », souligne Émilie Dalix, présidente d’Atmo Occitanie.

    Si l’observatoire mesurait jusque-là la présence de pesticides, cette année -c’est la nouveauté- l’étude prend également en compte la détection des perturbateurs endocriniens (PE) et des Pfas, polluants éternels. « Les perturbateurs endocriniens sont issus de la combustion, de la dégradation de matières comme les plastiques ou encore les répulsifs anti-moustiques. Nous avons voulu suivre les Pfas dans les retombées de poussière et de pluie puisque des réglementations sont en train de se déployer. Nous souhaitons faire des premières évaluations pour avoir des éléments d’échange sur ce que l’on peut respirer », détaille Dominique Tilak, directrice d’Atmo Occitanie. Pas moins de 192 molécules (88 pesticides, 56 PE et 50 Pfas, deux molécules étant recherchées dans les pesticides et les PE) ont été analysées sur dix sites de la région.

    Des Pfas sur tous les sites

    Ainsi, ce ne sont pas moins de 105 molécules qui ont été retrouvées dans l’air occitan (47 pesticides, 50 PE et 10 Pfas). « Au niveau des pesticides, on retrouve depuis plusieurs années fréquemment le prosulfocarbe, le Folpel, fongicide utilisé sur les vignes et le pendimethaline, un désherbant que l’on retrouve dans les grandes cultures », poursuit Dominique Tilak. Une tendance à la baisse est observée sur la plupart des sites, sauf le Gard viticole « mais la concentration cumulée est basse ». Les zones urbaines ne sont pas épargnées par les pesticides puisque dix ont été retrouvés à Montpellier -50 PE et 10 Pfas – et 14 à Toulouse – 56 PE et 6 Pfas. Les polluants éternels sont donc présents sur l’ensemble des sites (10 ont été enregistrés sur le site gardois urbain -mais le TFA, produit à Solvay n’était pas recherché). « C’est une première en France. Quel que soit l’endroit ou le moment, nous respirons des PE et des Pfas dans les environnements suivis. Nous sommes au début d’une étude qui durera au moins trois ans. On espère pour pouvoir continuer et voir les évolutions. »

  • [Entretien] Eddie Jacquemart : « La Sécurité sociale du logement, c’est du gagnant gagnant »

    [Entretien] Eddie Jacquemart : « La Sécurité sociale du logement, c’est du gagnant gagnant »

    La Marseillaise : Dans quelle ambiance s’est déroulé ce congrès ?

    Eddie Jacquemart : Nous avons eu des débats très intéressants qui étaient globalement assez techniques. Mais il y a de l’inquiétude autour des financements et notamment du financement de l’Anru [Agence nationale pour la rénovation urbaine, Ndlr]. C’est un secteur où il y a beaucoup d’idées mais où les acteurs se sentent freinés par le poids de l’État.

    Comment qualifieriez-vous
    la situation du logement aujourd’hui ?

    E.J. : La situation du logement est dramatique. Ceux qui galèrent au niveau du boulot, au niveau du pouvoir d’achat, sont désabusés parce que personne ne répond à leur problème. Nous avons un Président qui veut finir le boulot qu’il a commencé au lendemain de sa première élection quand il voulait baisser de 5 euros les APL.

    Que pensez-vous de Vincent Jeanbrun, le nouveau ministre du Logement ?

    E.J. : Il est dans la lignée de Guillaume Kasbarian, qui voulait virer les pauvres des HLM pour mettre des gens encore plus pauvres. Malgré le résultat des élections après la dissolution, le Président ne change pas de politique. On sait donc ce que ça va donner avec un gouvernement qui repart bien à droite et ça m’inquiète pour la situation du logement.

    Qu’allez-vous lui demander ?

    E.J. : Nous allons lui demander de supprimer la RLS (Réduction de loyer de solidarité) qui est une ponction de 1,3 milliard sur les budgets des organismes sociaux. Si on redonne 1,3 milliard d’oxygène aux bailleurs sociaux, ils ne vont pas les mettre de côté. Ils vont construire, entretenir, rénover et ça va donc relancer la machine économique. Aujourd’hui, nous sommes dans un moment où il faut relancer la machine économique et quoi de mieux que d’investir dans le logement pour cela ? Si l’on construit beaucoup, on va avoir des entreprises du bâtiment qui vont avoir du boulot, des ouvriers locaux qui vont pouvoir travailler, il va y avoir du chiffre d’affaires et du PIB. Donc allons-y ! Construisons du logement social. On va résoudre à la fois la crise du logement et la crise économique. Mais pour cela, il faut accepter de faire de l’investissement.

    Que proposez-vous contre les maires qui ne respectent pas le nombre légal de logements sociaux ?

    E.J. : Aujourd’hui, la loi de la République prévoit des amendes. Je pense qu’il faut supprimer la possibilité d’amende et mettre en place l’inéligibilité des maires récalcitrants. Il faut les obliger à construire. Il faut changer la loi SRU pour enlever la possibilité de payer des amendes, sauf dans les cas exceptionnels de villes de littoral qui n’ont plus de terrain par exemple. Nous avons donné consigne à nos fédérations d’être très attentives sur cette question lors des prochaines élections municipales.

    Comment fonctionnerait la sécurité sociale du logement que vous portez ?

    E.J. : La sécurité sociale du logement ne coûtera quasiment rien à l’État car il y a deux volets. Le premier se compose d’une caisse de solidarité nationale comme pour la sécurité sociale de la santé. Nous la finançons en centralisant tous les dispositifs qui existent actuellement comme le Fonds de solidarité logement (FSL) des départements, l’argent des CCAS ou celui des bailleurs sociaux qui ont aussi des fonds de solidarité. On rajoute une petite taxe sur les bailleurs : de 2% pour le privé et 1% pour le conventionné. On va ensuite donner une indemnité sociale aux locataires qui seront dans des situations d’accident de la vie comme la perte d’un proche, perte d’un travail, maladie grave, arrêt de travail de plus de X mois. Cette aide est dégressive tous les six mois car en parallèle, on aide le locataire à trouver une solution à sa situation. Ça coûtera bien moins cher que l’hébergement hors structure et permettra de limiter l’hébergement d’urgence qui coûte très cher à la société. Le deuxième volet consiste à sanctuariser tous les dispositifs existants qui sont protecteurs pour l’habitant, comme l’encadrement des loyers, les DPE (Diagnostic de performance énergétique), le permis de louer, etc. pour créer un véritable service public du logement. La Sécurité sociale du logement, c’est du gagnant-gagnant pour tout le monde.

  • En Occitanie, des PFAS présents dans l’air

    En Occitanie, des PFAS présents dans l’air

    Gendarme de la pollution
    atmosphérique, l’Atmo Occitanie analyse régulièrement la qualité de l’air dans la région. Un enjeu de santé majeur, la pollution de l’air étant responsable de 40 000 décès chaque année, d’après Santé publique France. « Le coût pour la Sécurité sociale est évalué à plus de 100 milliards d’euros. Donc il y a un certain nombre d’actions qui peuvent être mises en œuvre avec les données que nous produisons », souligne Émilie Dalix, présidente d’Atmo Occitanie.

    Si l’observatoire mesurait jusque-là la présence de pesticides, cette année -c’est la nouveauté- l’étude prend également en compte la détection des perturbateurs endocriniens (PE) et des Pfas, polluants éternels. « Les perturbateurs endocriniens sont issus de la combustion, de la dégradation de matières comme les plastiques ou encore les répulsifs anti-moustiques. Nous avons voulu suivre les Pfas dans les retombées de poussière et de pluie puisque des réglementations sont en train de se déployer. Nous souhaitons faire des premières évaluations pour avoir des éléments d’échange sur ce que l’on peut respirer », détaille Dominique Tilak, directrice d’Atmo Occitanie. Pas moins de 192 molécules (88 pesticides, 56 PE et 50 Pfas, deux molécules étant recherchées dans les pesticides et les PE) ont été analysées sur dix sites de la région.

    Ainsi, ce ne sont pas moins de 105 molécules qui ont été retrouvées dans l’air occitan (47 pesticides, 50 PE et 10 Pfas). « Au niveau des pesticides, on retrouve depuis plusieurs années fréquemment le prosulfocarbe, le Folpel, fongicide utilisé sur les vignes et le pendimethaline, un désherbant que l’on retrouve dans les grandes cultures », poursuit Dominique Tilak. Une tendance à la baisse est observée sur la plupart des sites, sauf le Gard viticole « mais la concentration cumulée est basse ». Les zones urbaines ne sont pas épargnées par les pesticides puisque dix ont été retrouvés à Montpellier -50 PE et 10 Pfas – et 14 à Toulouse – 56 PE et 6 Pfas. Les polluants éternels sont donc présents sur l’ensemble des sites (10 ont été enregistrés sur le site gardois urbain -mais le TFA, produit à Solvay n’était pas recherché). « C’est une première en France. Quel que soit l’endroit ou le moment, nous respirons des PE et des Pfas dans les environnements suivis. Nous sommes au début d’une étude qui durera au moins trois ans. On espère pour pouvoir continuer et voir les évolutions. »