Tag: Occitanie

  • [C’est l’été] Depuis les Gilets jaunes, Sabine Raynaud n’a pas cessé de lutter

    [C’est l’été] Depuis les Gilets jaunes, Sabine Raynaud n’a pas cessé de lutter

    C’est « mains dans les poches » que Sabine Raynaud a rencontré pour la première fois un groupe de Gilets jaunes en 2018, sur le rond-point de la Lyre à Montpellier. « Ils m’ont tendu un tract et puis ils m’ont invitée à participer à une de leurs réunions, se souvient-elle. Ça a été le point de départ d’une prise de conscience accrue chez moi, et le début de mon militantisme. »

    À cette époque, à Montpellier, le mouvement social initié sur les réseaux sociaux pour protester contre l’augmentation de la taxe sur les carburants automobiles se structure autour du rond-point des Prés d’Arènes. Beaucoup de celles et ceux qui s’y retrouvent formeront par la suite un groupe de militants actifs dans plusieurs mobilisations, jusqu’à aujourd’hui. « Pendant longtemps, j’ai fait partie de ce collectif issu de la mobilisation de 2018, avec qui je garde des liens de fraternité », raconte Sabine Raynaud. C’est notamment à l’initiative des Gilets jaunes du rond-point des Prés d’Arènes qu’ont été organisées les premières assemblées de préparation du 10 septembre dernier.

    « À l’époque, le rond-point était un lieu où on se retrouvait pour tracter, mais aussi pour discuter, organiser des conférences et des assemblées », poursuit la militante, pour qui ces moments de lutte et de convivialité ont été formateurs à plusieurs niveaux. S’ils lui ont notamment appris à prendre la parole en public, Sabine Raynaud retient aussi que les Gilets jaunes ont permis de montrer qu’il était possible de se rassembler malgré certains désaccords. « Je retiens de cette période la soif de trouver des cadres permettant de se retrouver pour briser les divisions et regarder ensemble qui sont les vrais responsables. » Parmi les leçons apprises, la militante affirme que le mouvement a été la preuve que le peuple est capable de « s’extirper des pièges qui lui sont tendus », mais aussi que, pour cela, il faut s’organiser. « Nous ne sommes pas allés jusqu’au bout du cheminement concernant l’organisation collective. Il faut réfléchir désormais à la manière dont on peut s’organiser pour aller jusqu’au bout de ce type de mobilisation face à un gouvernement qui, de son côté, est très organisé et n’hésite pas à réprimer très violemment. »

    La colère n’a pas disparu

    Sabine Raynaud en est convaincue : « Tous les ingrédients qui ont conduit à la naissance des Gilets jaunes sont encore d’actualité. » Au premier rang desquels : le désaveu de la politique de Macron, contre laquelle la colère n’a fait que s’amplifier depuis. La militante ne tarit pas sur les exemples de crises successives qu’a connues le pays, lors de la réforme des retraites, mais aussi plus récemment avec l’explosion des prix des carburants. « Nous avons d’ailleurs assisté à une forme de réplique des Gilets jaunes lors du mouvement Bloquons tout, le 10 septembre 2025 », affirme-t-elle.

    Désormais, l’enseignante continue de militer sur plusieurs fronts. En plus de son combat syndical au SNUDI-FO 34, elle est membre d’un groupe d’action de la France insoumise. Son engagement a aussi pris une forme nouvelle qui n’était pas d’actualité lors du mouvement de 2018 : celle de la lutte contre la militarisation de la société française. Elle a notamment participé à deux meetings internationaux antiguerre, en octobre 2025 à Paris, puis en juin 2026 à Londres. « Je fais partie de ceux qui organisent une résistance active pour bloquer cette marche à la guerre. En tant qu’enseignante, j’assiste à une augmentation des partenariats entre l’armée et l’Éducation nationale. J’aimerais que la jeunesse ne tombe pas dans le piège. »

  • Une pétition réclame une navette estivale Mosson-Plage

    Une pétition réclame une navette estivale Mosson-Plage

    Depuis que Hend Mendoza est devenue maman d’une petite fille il y a trois ans, son quotidien a été bousculé. « Beaucoup d’activités qui semblaient banales deviennent plus difficiles avec un enfant en bas âge », témoigne cette habitante du quartier des Hauts de Massane, à Montpellier. « Notamment effectuer de longs trajets en transports en commun. »

    Cette jeune maman a ainsi constaté que les familles qui ne partent pas en vacances rencontrent des difficultés pour échapper à la chaleur des canicules à répétition en été, notamment avec la fermeture des crèches et de certaines médiathèques : « Emmener ma fille à la plage serait une solution pour échapper à l’isolement pendant les fortes chaleurs. Seulement, depuis les quartiers de la Mosson ou de La Paillade, cela représente environ 1h30 de trajet, avec plusieurs changements. Ce n’est donc pas envisageable avec ma fille. » C’est pour cette raison qu’après avoir consulté toutes les alternatives, la jeune maman a lancé une pétition en ligne il y a environ un mois, pour réclamer une navette de bus estivale directe entre la Mosson et la mer. Celle-ci a déjà rassemblé 251 signatures.

    Réduire les inégalités

    « La mise en place d’une navette pourrait aussi aider les communes alentour, comme Grabels, poursuit Hend Mendoza. Je connais plusieurs jeunes mamans qui sont dans des situations difficiles et cela pourrait permettre de rompre leur isolement ou, a minima, de leur offrir un moment de répit. »

    Après avoir réfléchi à son idée, la jeune femme a contacté de nombreux élus, mais la plupart de ses relances sont restées sans réponse. Une seule a manifesté son intérêt pour le projet : Alenka Doulain, conseillère municipale d’opposition à la mairie de Montpellier et membre du groupe la France insoumise et les Verts populaires. Dans une vidéo publiée sur son compte Instagram le 31 juillet, celle-ci reprend la demande d’une navette « Mosson-Plage » en expliquant que rejoindre le littoral pour les familles avec des enfants en bas-âge est « mission impossible ». Face à la caméra, l’élue rappelle que la Paillade rassemble plus de 20 000 habitants, dont de nombreux enfants et adolescents qui vivent dans des logements collectifs. Elle affirme que l’initiative sera donc portée par son groupe à la connaissance de la mairie de Montpellier.

    Au-delà de l’accès aux plages, Hend Mendoza élargit sa réflexion sur les difficultés que peuvent rencontrer les familles modestes quant à l’accès aux loisirs pour leurs enfants durant les périodes estivales. « Beaucoup de parents connaissent des difficultés financières et ne peuvent pas emmener leurs enfants en vacances, déplore-t-elle. Il existe bien des initiatives pour réduire ces inégalités, notamment à travers ce que proposent les Maisons pour Tous, mais ces solutions concernent généralement les enfants plus âgés. Quand nos enfants sont encore trop petits, c’est comme si on était invisibles. »

    * La pétition est accessible sur www.change.org

  • Le vigneron gardois Franck Renouard a planté 2 500 arbres sur son domaine

    Le vigneron gardois Franck Renouard a planté 2 500 arbres sur son domaine

    C’était un pari insensé, mais Nadine et Franck Renouard l’ont fait ! Tout a commencé en 2000, lors d’un repas entre amis, un soir, en Petite Camargue : « On avait un peu fêté Bacchus et on s’est dit : tiens on va faire du vin. C’est parti comme ça… », se souvient Franck Renouard.

    Passionné de vin et d’écologie, ce couple de chirurgiens-dentistes qui vit alors à Paris décide de franchir le pas et de créer un vignoble de toutes pièces. « Quand on est arrivés, il n’y avait rien, que quelques vieilles vignes qu’on a récupérées. On a tout construit de zéro. C’était un projet complètement fou, inconscient, qui a été très dur pendant 10 ans », confie Franck Renouard. Mais ça en valait la peine ! 26 ans plus tard, le domaine Scamandre, situé à Vauvert, n’a plus rien à prouver : ses vins, dont l’élaboration repose sur une alliance subtile entre tradition et rigueur scientifique, comptent parmi les meilleures références de la Vallée du Rhône.

    Conduit en agriculture biologique, le domaine s’étend sur 30 ha dont 10 ha de vignes, qui comptent 18 cépages différents. Les rendements sont volontairement maîtrisés, les vendanges réalisées exclusivement à la main et les vinifications se font en barrique. Mais ce qui fait surtout la singularité du domaine de Scamandre, c’est le choix qui y a été fait, très tôt, de planter des arbres, notamment au milieu et en bordure des vignes. Le domaine fait ainsi partie des quelques pionniers qui se sont lancés dans l’agroforesterie il y a environ 20 ans.

    « On s’était associés, dès nos débuts, avec un œnologue de Bordeaux, Stéphane Beuret. Quand je lui demandais de me parler des grands vins, à chaque fois on revenait sur la biologie, le sol. On s’est donc posé très vite la question : comment faire pour que le sol soit le plus équilibré possible ? », relate Franck Renouard.

    « Les arbres sont de grosses sources d’humus »

    La rencontre avec la Scop gardoise Agroof, spécialiste de l’agroforesterie, va déterminer le choix de la vitiforesterie (agroforesterie viticole). Outre une forêt d’un hectare de chênes plantée quelques années plus tôt, « on a commencé en 2010 à planter des arbres dans les vignes et en bordure, pour faire des haies. Avec l’expertise d’Agroof, on a développé l’agroforesterie dans une perspective de biodiversité et d’amélioration du sol. Si vous voulez que votre sol retienne l’eau, il faut de l’humus. Or les arbres sont de grosses sources d’humus par leurs racines et par leurs feuilles », détaille le vigneron. Aujourd’hui, le domaine compte 2 500 arbres. « Au début, on était un peu romantiques, on a mis des fruitiers dans les vignes, qui sont quasiment tous morts… Désormais on a restreint notre palette : on plante plutôt des chênes, des oliviers, des essences locales endémiques qui s’adaptent plus facilement. »

    Concernant le potentiel protecteur des arbres contre le dérèglement climatique, « il faut être très prudent », insiste ce scientifique de formation. « Il faudrait pouvoir comparer, avec deux parcelles identiques, une avec des arbres et l’autre sans. Toutefois, j’ai la sensation que ça sert à quelque chose. Par exemple, les haies protègent des vents. Car un des gros problèmes du dérèglement climatique, ce sont les vents chauds, qui brûlent les plantes. Par ailleurs, les arbres transpirent, donc apportent une petite humidité (2% de plus autour d’un arbre). Sans oublier que grâce à leurs racines, ils vont pomper de l’eau qu’ils font remonter, et je pense que c’est un bienfait pour la vigne qui est autour. »

    L’agroforesterie présente également un indéniable intérêt pour la biodiversité. « J’ai identifié 39 espèces d’oiseaux différentes sur le domaine ! Il y a aussi les lézards, les serpents. Un peu les insectes, mais on est une goutte d’eau car on est entouré de beaucoup de fruitiers qui traitent tout le temps », poursuit Franck Renouard, qui mentionne également « l’aspect esthétique » de ces paysages rompant avec la monotonie de la monoculture de la vigne.

    En décembre, Franck et Nadine Renouard planteront « 200 nouveaux arbres dans une parcelle de très vieux carignan. Et je vais refaire des haies qui vont protéger des parcelles du mistral ». Pour lui, ce choix est une évidence. « La question c’est : est-ce qu’aujourd’hui on peut encore faire de l’agriculture, de la viticulture avec 20 ha sans un arbre ? Si vous n’avez pas d’humus, le sol ne retient pas l’eau. Si je retournais 20 ans en arrière, je replanterais beaucoup plus vite des arbres », assure-t-il.

  • Regards croisés sur le rassemblement de la gauche

    Regards croisés sur le rassemblement de la gauche

    Première rencontre du genre en cette rentrée politique : le sénateur EELV Thomas Dossu, la député PS Anna Pic et la conseillère municipale de Toulouse LFI Victoria Scampa ont échangé leur point de vue avec Pierre Lacaze, responsable des relations extérieures du PCF et vice-président de la Région Occitanie, sur la situation de la gauche.

    Pour le communiste « la gauche ne gagnera pas si chaque formation ne se mobilise pas et ne réalise pas le score le plus important car pour gagner au second tour il faut faire 50% plus une voix ». Il ouvre la porte à un rassemblement pour les législatives à condition qu’il crée les conditions d’un renforcement de toute la gauche. L’insoumise plaide sans surprise pour la candidature de Jean-Luc Mélenchon et un accord sur son programme qui dit-elle « ressemble à un programme communiste », non sans susciter quelques remous dans la salle. L’écologiste considère que « dire ralliez vous à Jean-Luc Mélenchon et on discutera après, ce n’est pas possible de travailler comme ça » et met en garde : « le “vote utile” au premier amènerait le meilleur score pour l’extrême droite au second ». La socialiste quant à elle, se démarque des « renoncements » de l’ère Hollande. « Je suis une député Nupes puis NFP. j’ai toujours été une unioniste au PS », en appelant à ne pas confondre la tactique, la stratégie et la ligne politique pour éviter les invectives internes à la gauche.

    Les échanges devraient se prolonger à la Fête de l’Humanité les 11, 12 et 13 septembre au Plessis-Pâté (Essonne).

  • Nîmes : la feria Vendanges promet le grand frisson

    Nîmes : la feria Vendanges promet le grand frisson

    À la fin de l’été, tandis que la pierre blonde des arènes retiendra encore la chaleur, Nîmes remettra ses habits de feria. Du 18 au 20 septembre, cinq rendez-vous taurins composeront les Vendanges 2026, entre grandes figuras, jeunes pousses et paris audacieux. Dévoilés le 20 juillet, les cartels veulent mêler prestige, transmission et attachement à l’amphithéâtre.

    La Corrida Carmen ouvrira le bal vendredi à 17h30. Après une première édition remarquée en 2025, ce rendez-vous entre art et tauromachie revient avec un mano a mano de haute volée entre Alejandro Talavante et Andrés Roca Rey. Les deux maestros affronteront des toros de Jandilla, Victoriano del Río et El Freixo, dans un décor confié à Muriel Goro. Installée à Lunel, la peintre, céramiste et sculptrice a puisé dans la Camargue et les couleurs méditerranéennes pour habiller cette corrida que Simon Casas rêve d’installer comme un emblème nîmois.

    « Nîmes est une plaza à part »

    Samedi matin, la relève entrera en piste. Mario Vilau, Manuel Quintana et Clovis, vainqueur de la Cape d’Or à Pentecôte, se mesureront aux novillos des Hermanos Sandoval, présentés pour la première fois en France. L’après-midi, le public retrouvera trois toreros familiers des tendidos nîmois : Sébastien Castella, José María Manzanares et Tomás Rufo, face aux toros de García Jiménez.

    Mais le pari le plus spectaculaire attendra dimanche matin. À seulement 18 ans, Marco Pérez affrontera seul six toros de différents élevages. Une encerrona qui place le jeune Espagnol dans les pas des grands noms ayant déjà relevé ce défi à Nîmes. « Nîmes, pour moi, est une plaza à part. Mon cœur y bat différemment », a-t-il confié lors de la présentation. Derrière l’exploit physique, l’affiche dit surtout l’ambition d’un torero déjà adopté par l’amphithéâtre.

    La feria s’achèvera dimanche après-midi sur une corrida française. Juan Leal, Adriano et El Rafi affronteront les Fuente Ymbro. Les deux derniers, enfants de Nîmes, restent sur leur triomphe lors de la corrida française de Pentecôte. Une clôture qui entend récompenser les résultats plus que les passeports. Entre figures consacrées, jeunesse impatiente et fidélités locales, les Vendanges promettent de faire résonner le vieux cercle romain au rythme des clarines et des ovations.

  • [Entretien] Jean-Marc Touzard, Inrae : « Je crois en la capacité d’adaptation collective »

    [Entretien] Jean-Marc Touzard, Inrae : « Je crois en la capacité d’adaptation collective »

    La Marseillaise : En quoi le changement climatique met-il l’agriculture en danger ?

    Jean-Marc Touzard : Le changement climatique ne se résume pas à une hausse des températures. Il entraîne aussi une plus grande instabilité, avec des sécheresses, des événements extrêmes et des séquences inédites, comme l’enchaînement de plusieurs vagues de chaleur ou des hivers très doux. Les plantes démarrent plus tôt, les récoltes sont avancées et le déficit hydrique s’accentue. Les fruits et les grains sont plus petits, les rendements baissent et leur composition change. Dans la vigne, par exemple, les raisins sont davantage concentrés en sucre, ce qui augmente le degré d’alcool des vins et réduit leur acidité, ce qui ne correspond pas forcément aux modes de consommation actuels.

    Qu’est-ce qui distingue la situation actuelle des aléas autrefois connus par les agriculteurs ?

    J.-M.T. : C’est à la fois l’intensité, la durée et la répétition des événements. Cet été, l’Occitanie a connu trois vagues de chaleur successives : nous savions que de telles séquences étaient possibles, mais nous les attendions plutôt vers 2030 ou 2040. Elles sont déjà là. À cela s’ajoutent des crises de marché, une baisse de la consommation de vin, des difficultés de succession et une perte de reconnaissance du métier. C’est ce que nous appelons une « polycrise » : les crises climatiques, économiques et sociales interagissent et se renforcent.

    Les ajustements déjà engagés seront-ils suffisants ?

    J.-M.T. : Il n’existe pas de solution miraculeuse. Il faut combiner plusieurs leviers : choisir des espèces et des variétés plus résistantes, mieux gérer les sols pour conserver l’eau, planter des arbres, modifier les densités de plantation ou les méthodes de taille. Il faut aussi adapter la transformation des produits, gérer les risques et parfois déplacer certaines cultures. Mais surtout, il faut agir à la fois dans l’urgence et à long terme. Les solutions de bricolage permettent de tenir quelques années, pas davantage.

    L’irrigation peut-elle suffire, ou faut-il repenser plus largement les modèles agricoles ?

    J.-M.T. : L’irrigation peut sécuriser une récolte, surtout lors d’une année extrême, mais elle ne constitue qu’une solution parmi d’autres. La ressource en eau est limitée et toutes les cultures n’ont pas les mêmes besoins : elle peut être plus stratégique pour les fruits, les légumes ou les légumineuses que pour la vigne. Il faut donc développer une irrigation économe, responsable et suffisamment flexible pour servir plusieurs productions. Plus largement, l’adaptation passe par la diversification. Cela peut signifier cultiver plusieurs cépages, associer vigne, arbres et élevage, introduire des pistaches, des grenades, des olives ou des légumineuses, mais aussi développer la vente directe, l’accueil touristique ou des services de prévention des incendies. En ne dépendant plus d’une seule production, l’exploitation répartit mieux les risques climatiques et économiques. On ne peut plus faire l’impasse sur la diversification.

    Le coût de l’adaptation menace-t-il les petites exploitations ?

    J.-M.T. : Pas forcément. Certaines réponses sont coûteuses et technologiques, mais d’autres reposent sur des pratiques simples, la coopération et le partage d’expériences. De petites exploitations peuvent rester viables grâce aux coopératives, à la vente directe, au tourisme ou à la diversification. Il faut aussi mieux rémunérer les services rendus par les agriculteurs qui passent le pas de la diversification.

    L’Occitanie peut-elle encore préserver son agriculture ?

    J.-M.T. : Cela dépendra de l’ampleur du réchauffement et de notre capacité à agir. Si le climat est stabilisé rapidement, des solutions existent encore pour la majorité des filières. Mais avec un réchauffement mondial de trois degrés, certaines productions et certains territoires seront fortement menacés. L’espoir vient des expérimentations déjà engagées sur les cépages, l’agroforesterie, la pistache, la grenade, l’olivier ou les légumineuses. Face à l’urgence climatique, nous ne pouvons pas attendre quinze ans qu’une solution soit validée. Il faut expérimenter, partager les résultats et construire l’adaptation avec les agriculteurs, les chercheurs, les collectivités et les citoyens.

  • Un enfant sur cinq privé de vacances : le Secours populaire français agit

    Un enfant sur cinq privé de vacances : le Secours populaire français agit

    Un lac, des forêts à perte de vue et surtout un endroit loin de la ville. « Chaque année, plus d’un enfant sur cinq n’a pas ce droit aux vacances », rappelle Gilles Loison, secrétaire fédéral du Secours populaire de l’Hérault. C’est tout l’enjeu de la Journée des oubliés des vacances (JOV), une opération qui permet, chaque année, à des enfants de six à douze ans de s’évader le temps d’une journée. « L’essentiel est qu’ils aient vécu quelque chose dont ils puissent parler. C’est pour cela que ces journées se déroulent souvent à la mer ou à la montagne », explique Gilles Loison. Le site, un espace de loisirs habituellement ouvert au public, sera entièrement réservé aux enfants du Secours populaire pour l’occasion.

    Les vacances, un luxe pour un Français sur trois

    Au programme : activités nautiques, sorties en bateau, accrobranche et de nombreux jeux. « L’objectif est qu’ils passent une journée entièrement consacrée au plaisir et aux loisirs », résume le secrétaire fédéral.

    Selon le Credoc (Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie), environ 35% des Français ne partiront pas en vacances cet été. Parmi les plus modestes, la proportion est bien plus élevée, elle s’élève à 51% des Français.

    « Si l’on revient à l’Histoire, le droit aux vacances date de 1936. Mais avoir un droit ne signifie pas forcément avoir les moyens d’en profiter. À l’époque, partir en vacances coûtait beaucoup moins cher, ajoute Gilles Loison. Aujourd’hui, les vacances représentent une dépense importante et elles ne sont plus accessibles à tout le monde. Pourtant, elles devraient être considérées comme un droit fondamental, car elles participent à l’éveil des enfants et sont essentielles à leur développement », estime-t-il. Pour mener à bien cette journée, la fédération cherche encore de nouveaux bénévoles : une dizaine à une quinzaine de volontaires supplémentaires seraient les bienvenus, tout comme des dons financiers. Ces derniers permettent de financer le transport en bus, les repas, les goûters et une partie des activités proposées aux enfants, pour de prochains événements.

  • L’Urssaf Languedoc-Roussillon conciliante en cas de bonne foi

    L’Urssaf Languedoc-Roussillon conciliante en cas de bonne foi

    Des défaillances (570 côté employeurs, 90 chez les indépendants en 2025) et des taux d’impayés de cotisations nettement supérieurs (respectivement 2,37% et 11,51%) à la moyenne du secteur privé (0,85% et 5,3%). Ce n’est pas un scoop : le secteur des hôtels, cafés et restaurants (HCR) n’est pas le plus zélé qui soit en matière sociale.

    L’Urssaf Languedoc-Roussillon affirme pourtant qu’elle peut être compréhensive eu égard aux difficultés récurrentes du secteur. À condition qu’il n’y ait « pas de distorsion de concurrence » et que « les parts salariales soient payées », des délais de paiement peuvent être accordés en cas de problèmes de trésorerie de 3 à 6 mois. En 2025, 3 200 délais de ce type ont été octroyés à 11,9% des entreprises du secteur HCR contre 6,5% des entreprises, tous secteurs confondus.

    En cas d’irrégularités, « le droit à l’erreur peut être demandé » par les entreprises « la première fois », assure le directeur Pierre Ramon-Baldié. Qui tempère : « Il faut être de bonne foi et fournir des éléments de preuve. » Dans ce cas, les sanctions (majorations, pénalités…) peuvent parfois être évitées. Sans quoi, les majorations s’élèvent souvent à environ 5% avec +0,2% par mois de retard.

    Turnover important

    Autre gage de bonne volonté de l’Urssaf vis-à-vis du secteur, son activité de conseil gratuit, notamment la première année de lancement d’une société. « Nous pouvons rendre visite pour conseiller et mener des actions de prévention contre les fraudes », illustre le directeur adjoint Frédéric Azemard, qui conseille aux entrepreneurs d’être plus attentifs. « Une déclaration préalable d’embauche doit être envoyée avant le début du contrat ! »

    Si, en Languedoc-Roussillon, le secteur HCR, qui emploie plus de 51 000 salariés (restauration 40 700 ; hébergement 10 700) est en « demande de sécurisation juridique », c’est qu’il croule sous les difficultés en raison notamment d’une main-d’œuvre volatile. Le turnover y est plus important qu’ailleurs avec 15 à 17% de CDD contre 10% dans le privé. Les horaires décalés et les conditions de travail souvent pénibles sont d’autres facteurs majeurs qui expliquent que les démissions (41%) et les fins de période d’essai (20% à l’initiative de l’employeur, 13% du salarié) sont des motifs de rupture de CDI surreprésentés comparés à l’ensemble du secteur privé.

    Enfin, le faible niveau de rémunération est un autre facteur majeur de la fragilité du secteur qui choisit souvent de s’adapter en recourant aux heures supplémentaires. Dans l’hébergement de la région, le salaire mensuel moyen brut plafonne à 2 220 euros dans l’hébergement et à seulement 1 874 euros dans la restauration. C’est loin du salaire moyen pratiqué dans le secteur privé (2 549 euros) et proche du salaire minimum « en raison de cotisations sociales faibles autour du Smic ».

    Si le secteur HCR de la région paye donc plutôt mal ses travailleurs, il est paradoxalement celui qui en a le plus besoin dans une région touristique. Si l’emploi salarié régresse légèrement (-0,3%) en Languedoc-Roussillon depuis un an, le secteur HCR est, lui, bien plus dynamique (+1,7%). Il n’y a qu’en Corse (9,2%) et en Sud-Paca (8,6%) que les hôtels, cafés et restaurants ont un poids supérieur dans l’emploi salarié (7,7% ici).

  • À Sète, la Saint-Louis renoue avec sa tradition

    À Sète, la Saint-Louis renoue avec sa tradition

    Comme chaque été, la ville de Sète a dévoilé le programme de cette nouvelle édition de la Saint-Louis. Joutes, concerts et spectacles vont envahir les rues et les canaux emblématiques de la ville, sous l’œil attentif de Robert Combas, invité d’honneur de cette édition. « Mon choix a été naturel », explique Hervé Marquès, maire de Sète, ravi d’accueillir cet artiste sétois à la renommée internationale. Le maire se languit d’ailleurs d’entendre les trois coups de bombe, symboles de l’ouverture de cette nouvelle édition. « Ce moment-là est frissonnant, voire bouleversant », ajoute-t-il.

    Un retour des traditions

    Après les joutes, les touristes et les Sétois pourront admirer des spectacles et des animations parfois spectaculaires. Parmi elles, la course des garçons et des filles de cafés va faire son grand retour. Elle permettra de mettre en lumière le personnel qui fait vivre les cafés et brasseries de la ville. Le Grand Prix cycliste, absent de la Saint-Louis depuis plus de 20 ans, fait également de nouveau partie de la fête. « Ça fait extrêmement plaisir à nos anciens », souligne l’édile. Les cyclistes de tous niveaux vont pouvoir s’élancer pour une course mémorable au départ de l’avenue Victor-Hugo.

    Autre point d’orgue de ces festivités : les spectacles pyromélodiques. Le premier, intitulé « Incandescence » fera virevolter des Luminéoles au rythme du show pyrotechnique. Pour la première fois, ce spectacle proposera au public de participer à l’éclairage de l’une des scènes. Le second spectacle clôturera la semaine de fête : un feu d’artifice sera tiré depuis le brise-lames, le 25 août au soir. Lors de la dernière édition, près de 300 000 personnes ont foulé les rues sétoises et profité des animations, toutes gratuites.

  • Oignons doux : parvenir à retenir et stocker l’eau

    Oignons doux : parvenir à retenir et stocker l’eau

    « La récolte a débuté il y a peu, on n’a pas de recul. Mais il y aura un impact, c’est certain. Sur le volume, le calibre et la qualité. Après, quelle sera l’étendue des pertes ou du désastre, je ne peux pas le dire », déclare Thomas Vidal, directeur général et commercial de la coopérative agricole Origine Cévennes. Située à Saint-André-de-Majencoules, dans le Gard, elle rassemble 60 producteurs d’oignons doux des Cévennes, répartis sur une douzaine de communes. « Il y a des zones plus ou moins touchées que d’autres par la problématique du manque d’eau. Mais globalement on sait qu’on aura des lots très petits, donc ça va causer des problèmes au niveau de la commercialisation », poursuit Thomas Vidal.

    « Il va falloir trouver des solutions »

    Après avoir reçu jusqu’à deux mètres d’eau de pluies tombées cet hiver, les producteurs d’oignons doux des Cévennes affrontent, depuis mi-mai, des canicules à répétition et une sécheresse intense qui a poussé la préfecture du Gard à prendre des mesures de restriction d’eau, notamment l’interdiction d’irriguer. Face à cette situation, certains exploitants ont carrément décidé d’arrêter d’arroser certaines zones pour concentrer le peu d’eau dont ils disposent sur les plants les plus prometteurs. Des choix difficiles.

    « L’oignon doux est une culture en terrasse, forcément exposée au soleil en plein sud. C’est un modèle qui existe depuis des décennies voire des centaines d’années dans les Cévennes. On est obligés de faire avec. Reste que les canicules et les sécheresses sont de plus en plus récurrentes. C’est pour ça qu’on travaille sur la sécurisation en eau des exploitations avec des projets de retenues collinaires », explique le directeur de la coopérative. « On était en sous-préfecture à ce sujet début juillet avec la DDTM, la Région, les financeurs pour essayer de trouver des solutions. Car il va falloir en trouver : la coopérative, c’est 60 producteurs, 60 familles, 20 emplois », insiste-t-il.

    « On est déjà assez vertueux, puisqu’on dispose du stockage de 24% de nos besoins sur l’ensemble des exploitations, contre une moyenne en France qui se situe en dessous de 5%. Seulement les bassins qui ont été creusés il y a 20 ou 30 ans sont aujourd’hui sous-dimensionnés. On a besoin de plus d’eau à l’hectare. Il faut revoir les volumétries. » Un exemple qui illustre la rapidité avec laquelle le dérèglement climatique bouleverse les choses. « L’hiver dernier, on a pris deux mètres d’eau en 4 mois sur la haute vallée de l’Hérault. On en aurait retenu un peu, personne ne l’aurait vu. Il faut retenir l’eau l’hiver pour l’utiliser l’été, c’est du bon sens. Les pouvoirs publics doivent donner leur accord », martèle Thomas Vidal. Emmagasiner les pluies d’hiver pour ne plus puiser dans les rivières en été. Sachant que ces retenues collinaires pourraient également servir de réserve pour alimenter les camions de pompiers lors des incendies. « On ne va pas lâcher prise. Les Cévenols sont résilients et résistants. On va y arriver. On va trouver des solutions pour faire des stockages. »

    A.G.