Tag: Nîmes

  • À Nîmes, le cordonnier qui fait marcher la profession

    À Nîmes, le cordonnier qui fait marcher la profession

    Tablier noué, regard attentif et gestes précis, Olivier Sébastien incarne une certaine idée de l’artisanat. Dans sa boutique L’Émile Pompe, nichée rue Émile-Jamais à Nîmes, le cuir reprend vie sous ses mains. Mais derrière l’établi, le cordonnier est aussi devenu un porte-voix. Celui d’une profession longtemps discrète, aujourd’hui en quête de reconnaissance.

    À 47 ans, l’artisan nîmois ne s’est jamais contenté de réparer des semelles. Depuis plus de quinze ans, il défend un métier qu’il juge « essentiel au quotidien », à la croisée du savoir-faire traditionnel et des enjeux contemporains. « Quand je fais quelque chose, je ne le fais pas pour ma boutique, mais pour le métier », insiste-t-il. Son engagement lui a valu d’être distingué compagnon du mérite fédéral par la Fédération française de la cordonnerie multiservice en 2025. Une reconnaissance qui récompense moins une carrière qu’une énergie constante à fédérer.

    C’est dans cet esprit qu’est né le Printemps de la cordonnerie. Une campagne désormais nationale, organisée du 20 mars au 21 juin, qui invite les Français à « réparer plutôt que jeter ». Une idée simple, mais qui répond à plusieurs urgences : économique, écologique et sociale. Car la réalité du métier est rude : des périodes creuses au printemps, puis des pics intenses à l’automne.

    L’initiative repose donc sur un changement d’habitudes : déposer ses bottes en avril, ses sandales en juillet. Une anticipation bénéfique pour tous. « Plus tu mets la pression à un artisan, plus le travail sera médiocre », tranche-t-il. Derrière cette logique, une volonté : redonner du temps au geste, donc de la qualité au produit.

    Dans le Gard, ils sont plusieurs à suivre le mouvement. Mais il insiste : « Le but, c’est de mettre le métier en avant, pas les individus. » L’histoire aurait pu s’arrêter là. Mais en 2026, le Printemps de la cordonnerie franchit un cap. Grâce à des échanges noués sur les réseaux, l’initiative traverse l’Atlantique. À Montréal, un cordonnier québécois, Patrick Marleau, s’empare du concept. Là-bas aussi, la réparation retrouve du sens, à la fois économique et écologique.

    Réparer, résister

    Au-delà de l’organisation collective, le cordonnier porte un discours plus large sur la consommation. Face à la montée du jetable et à la baisse de qualité des produits, il défend la réparation comme un acte militant. « Aujourd’hui, on fabrique des chaussures qu’on ne peut plus réparer », déplore-t-il. À ses yeux, le cordonnier devient alors un acteur de la transition écologique, mais aussi un rempart contre une économie du gaspillage. Dans son atelier, les objets passent, mais les histoires restent. « Ma plus belle récompense, c’est quand un client m’envoie une photo de ses vacances. Là, je me dis qu’on a gagné », confie-t-il, ému.

    À Nîmes comme ailleurs, la cordonnerie n’est plus seulement un métier d’hier. Elle se réinvente, s’adapte, s’ouvre à la seconde main, au multiservice, à la transmission. Olivier Sébastien en est l’un des visages. « Ce n’est pas un vieux métier. Il repart à la hausse », affirme-t-il. Et si, du Gard au Québec, la campagne continue de s’étendre, c’est peut-être parce qu’elle repose sur une conviction simple : réparer, c’est déjà résister.

  • [Maj] Nîmes Métropole bascule à gauche

    [Maj] Nîmes Métropole bascule à gauche

    C’est un basculement politique autant qu’un signal envoyé à l’ensemble du territoire gardois. Un mois après avoir remporté la mairie de Nîmes, Vincent Bouget réalise le doublé en étant élu ce mardi 14 avril président de Nîmes Métropole, avec 74 voix contre 21 à Julien Sanchez (RN), sur 95 suffrages exprimés (dix bulletins blancs ou nuls). Après Jean-Paul Fournier, Yvan Lachaud et Franck Proust, l’Agglo change de cap : pour la première fois depuis sa création en 2002, la présidence bascule à gauche. Et ce résultat a une portée particulière ici : dans un territoire où le vote RN s’est durablement installé depuis les législatives de 2017, cette élection acte un choix politique clair à l’échelle intercommunale. Elle dit aussi, en creux, qu’une majorité peut se construire pour tenir tête à l’extrême droite et refuser sa banalisation.

    Au Colisée, siège de l’agglo, la scène avait quelque chose d’une passation historique. La candidature de Vincent Bouget, portée par Rémi Nicolas (DVG, maire de Marguerittes) « au nom de l’ensemble des maires de l’agglomération », traduisait le travail de contact mené ces dernières semaines avec les 38 autres édiles. Face à Bouget, Julien Sanchez (RN) a tenté d’installer un contre-récit lors de sa prise de parole, dénonçant un supposé « sectarisme » et tentant de rallier au-delà de son camp. Mais le scrutin a confirmé un rapport de force net : après la ville-centre, c’est bien l’intercommunalité qui entre dans une nouvelle phase.

    « Chaque commune

    et habitant comptera »

    Depuis la tribune, Vincent Bouget a plutôt choisi l’axe du rassemblement, en insistant sur la réalité d’un territoire de 39 communes et de près de 260 000 habitants, où la Métropole décide du quotidien (transports, eau, déchets, développement économique) : « Cette confiance que vous m’accordez est à la fois un honneur et une très grande responsabilité. Depuis des siècles, notre territoire est un carrefour. Aujourd’hui, chaque commune de Nîmes Métropole tient à sa manière une partie de cet héritage (…) Je suis convaincu que cette diversité est une force et que nous n’en tirons pas encore suffisamment parti. Chaque commune et chaque habitant comptera dans notre métropole. À nous de faire en sorte que notre pluralité soit une force. »

    Le message n’est pas anodin. Dans une agglo souvent perçue depuis les petites communes comme trop nîmo-centrée, le nouveau président veut manifestement désamorcer les craintes d’écrasement par la ville-centre. Il assume aussi le cumul mairie-présidence, critiqué par ses adversaires, mais présenté par lui comme un outil d’efficacité : « Ce n’est pas une volonté de cumuler les pouvoirs, mais un gage d’efficacité pour dynamiser notre action collective. »

    Une promesse

    de réorientation

    Sur le fond, Vincent Bouget a esquissé plusieurs directions. Le développement économique restera un axe fort, mais avec une exigence de cohérence et de retombées concrètes pour le territoire. Magna Porta, l’aéroport, Oc’Via, le marché gare : autant de dossiers qu’il dit vouloir examiner « avec attention et pragmatisme », sans céder à l’éparpillement ni au pilotage hors-sol. Même logique sur les transports, où il promet de « franchir un cap » en matière de tarification, de dessertes et d’intermodalité, sans opposer la voiture aux transports collectifs. Il a aussi replacé la transition écologique, la question de l’eau, le logement et les filières économiques locales dans le cœur du mandat.

    Derrière ces premières annonces, une idée affleure : remettre l’agglo sur des politiques utiles au quotidien, loin des seuls effets de vitrine. Pour la gauche nîmoise, qui a longtemps dénoncé une intercommunalité verrouillée par la droite, l’enjeu est désormais clair : montrer qu’une autre pratique du pouvoir local est possible, plus concertée, plus lisible, plus attentive aux communes et aux habitants. L’après-midi, l’élection des quinze vice-présidents a prolongé cette volonté d’équilibre entre fidèles, les élus nîmois et les maires d’autres sensibilités politiques mais reconnus pour leurs compétences.

    Reste maintenant le plus dur : transformer l’essai. Car l’événement politique est là, incontestable. Mais à Nîmes Métropole, l’histoire retiendra moins le basculement que la capacité du nouveau président à faire vivre sa promesse : que, cette fois, chaque commune compte vraiment.

    Le profil des 15 vice-présidents

    Rémi Nicolas (PCF) : 1er vice-président, finances et administration. Maire de Marguerittes, proche de Vincent Bouget, et pilier de la majorité.

    Fanny Daguenet (PCF) : mobilités et transports. Conseillère municipale nîmoise, engagée sur les questions sociales et de déplacement.

    Bernard Clément (PCF) : eau et assainissement. Maire de Domessargues, président du Syndicat des eaux de Domessargues et Saint-Theodorit.

    Fidéline Sébileau (SE) : petite enfance et solidarité. Nouvelle maire de Bernis.

    Olivier Fabregoul (DVD) : développement économique. Maire de Caissargues, reconduit dans ses fonctions.

    Pierre Jaumain (PS) : urbanisme et rénovation urbaine. Adjoint à Nîmes, secrétaire PS du Gard.

    Eddy Valadier (LR) : attractivité et grands projets. Maire de Saint-Gilles, poids lourd politique du territoire.

    Sibylle Jannekeyn (EELV) : transition écologique. Adjointe nîmoise, co-secrétaire des Ecologistes du Gard.

    Gilles Gadille (SE) : ruralité et agriculture. Maire de Cabrières, relais des petites communes.

    Nicolas Cadène (DVG) : citoyenneté et participation. Conseiller municipal nîmois, issu de la société civile.

    Gaël Dupret (SE) : travaux et voirie. Maire de Sernhac, en prise avec les enjeux de proximité.

    Gilles Guillaud (PRG) : finances. Adjoint aux finances à Nîmes.

    David-Alexandre Roux (SE) : équipements publics. Maire de Manduel, nouvel élu en responsabilité.

    Michel Verdier (SE) : environnement et cadre de vie. Maire de Saint-Côme-et-Maruéjols, reconduit.

    Gaëtan Prévoteau (DVD) : culture et vie associative. Maire de Langlade, ouverture vers des profils moins politisés.

  • Vincent Bouget prend la tête de Nîmes Métropole

    Vincent Bouget prend la tête de Nîmes Métropole

    C’est désormais officiel : le nouveau maire de Nîmes, Vincent Bouget, a été élu ce mardi 14 avril au matin président de Nîmes Métropole, lors du conseil communautaire d’installation. Une élection attendue, au terme d’un scrutin à bulletin secret qui n’a laissé que peu de place au doute. Sur les 105 conseillers communautaires appelés à voter, 95 suffrages ont été exprimés. Vincent Bouget recueille 74 voix, contre 21 pour son unique adversaire, Julien Sanchez, chef de file du Rassemblement national à Nîmes. Dix bulletins blancs ou nuls complètent le décompte.

    Présentée « au nom de l’ensemble des maires de l’agglomération » par Rémi Nicolas, maire de Marguerittes, la candidature du nouvel édile nîmois s’inscrit dans une dynamique majoritaire construite dans les jours ayant suivi les municipales. Elle marque surtout un tournant politique : Vincent Bouget devient le quatrième président de Nîmes Métropole (après Jean-Paul Fournier, Yvan Lachaud et Franck Proust), mais surtout le premier président de gauche de l’intercommunalité. Malgré l’issue largement acquise, la séance n’a pas été totalement apaisée. Julien Sanchez a profité de sa prise de parole pour attaquer la nouvelle majorité, dénonçant un supposé « sectarisme » et tentant de rallier au-delà de son camp. Ses 21 voix traduisent toutefois un soutien limité.

    « Chaque commune, chaque habitant compte »

    Dans la foulée du vote, Vincent Bouget a pris la parole, pour mesurer le poids de la fonction : « Cette confiance que vous m’accordez est à la fois un honneur et une très grande responsabilité. La volonté d’être à la fois maire et président d’intercommunalité n’est pas une volonté de cumuler les pouvoirs, mais un gage d’efficacité pour dynamiser notre action collective. (…) Depuis des siècles, notre territoire est un carrefour. Aujourd’hui, chaque commune de Nîmes métropole tient à sa manière une partie de cet héritage », a déclaré le nouveau président, avant de citer une a une les 39 communes qui composent l’agglo. « Chaque lieu dans notre métropole a son caractère. Je suis convaincu que cette diversité est une force et que nous n’en tirons pas encore suffisamment parti. Chaque commune et chaque habitant comptera dans notre métropole. À nous de faire en sorte que notre pluralité soit une force », a-t-il martelé, cherchant à poser un cadre collectif dès l’ouverture de la mandature. Une façon, aussi, de répondre aux crispations politiques exprimées quelques minutes plus tôt.

    La journée devait se poursuivre avec l’élection des vice-présidents et la mise en place du bureau communautaire, premières pièces d’un exécutif appelé à piloter, dès ce printemps, les grands dossiers du territoire. Fanny Daguenet (PCF, transports), Pierre Jaumain (PS, logement), Sibylle Jannekeyn (Les Ecologistes, environnement), Gilles Guillaud (PRG, finances) et Nicolas Cadène (DVG) sont notamment pressentis côté Nîmes, tandis que Rémi Nicolas (DVG, Marguerittes) est annoncé premier vice-président, avec une place également pour Eddy Valadier (LR, Saint-Gilles) et Gaëtan Prévoteau (DVD, Langlade). En parallèle, l’équipe politique se renforce : Nicolas Koukas, opposant communiste à Arles et actuel directeur de cabinet à Port-de-Bouc, devrait intégrer le cabinet de Vincent Bouget à l’Agglo.

  • Sécurité et narcotrafic : Bouget pose ses premiers actes

    Sécurité et narcotrafic : Bouget pose ses premiers actes

    La gauche nîmoise savait qu’elle serait attendue au tournant. À peine l’écharpe enfilée, Vincent Bouget a choisi d’attaquer un sujet longtemps confisqué par les postures : la sécurité, et derrière elle, la réalité brutale du narcotrafic.

    Le 31 mars, le nouveau maire rencontre le préfet du Gard, Jérôme Bonet. Le lendemain, 1er avril, il écrit au gouvernement : deux courriers, l’un au Premier ministre Sébastien Lecornu, l’autre au ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez, pour demander des renforts policiers et judiciaires. Dans l’entourage municipal, le message est clair : la ville ne veut plus de réponses ponctuelles, mais des effectifs durables, côté police nationale comme côté justice, alors que l’actualité locale reste rythmée par des faits liés au trafic et ses violences.

    « Un fort besoin d’apaisement »

    Dans les premiers jours, l’exécutif cherche à tenir l’équilibre promis pendant la campagne : parler sécurité sans slogan, et sans angélisme. D’un côté, mettre l’État devant ses responsabilités. De l’autre, reprendre la main sur ce qui relève du pouvoir municipal : présence, règles, arrêtés, médiation. C’est là qu’arrive la mesure la plus visible : l’arrêté encadrant les épiceries de nuit, appliqué à partir du 1er avril et jusqu’au 31 octobre, avec fermeture entre 22h et 6h dans un périmètre ciblé. Un texte initialement annoncé sous Jean-Paul Fournier, jamais réellement mis en œuvre, et que la nouvelle majorité choisit de maintenir. L’objectif affiché : limiter attroupements, nuisances sonores, troubles de voisinage, et reprendre le contrôle d’espaces où la tension monte vite, surtout à l’approche de la belle saison.

    Nicolas Nadal, nouvel adjoint à la sécurité, assume un « signal d’apaisement ». Il évoque « un fort besoin d’apaisement et de tranquillité » exprimé pendant la campagne, et justifie une décision claire : « Ce sont bien trop souvent des points de rassemblement et de nuisances sonores pour le voisinage. » L’élu promet aussi « de la fermeté » sur l’application des arrêtés, tout en répétant que la ville doit marcher sur « deux jambes » : prévention et tranquillité. Au fil de ces premières décisions, Bouget cherche déjà à installer une méthode : exiger des moyens là où la mairie ne peut pas tout, et agir vite là où elle le peut. À Nîmes, ce tempo-là, et sa capacité à tenir dans la durée, sera le premier test politique.

  • Sécurité et narcotrafic : Bouget pose ses premiers actes

    Sécurité et narcotrafic : Bouget pose ses premiers actes

    La gauche nîmoise savait qu’elle serait attendue au tournant. À peine l’écharpe enfilée, Vincent Bouget a choisi d’attaquer un sujet longtemps confisqué par les postures : la sécurité, et derrière elle, la réalité brutale du narcotrafic.

    Le 31 mars, le nouveau maire rencontre le préfet du Gard, Jérôme Bonet. Le lendemain, 1er avril, il écrit au gouvernement : deux courriers, l’un au Premier ministre Sébastien Lecornu, l’autre au ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez, pour demander des renforts policiers et judiciaires. Dans l’entourage municipal, le message est clair : la ville ne veut plus de réponses ponctuelles, mais des effectifs durables, côté police nationale comme côté justice, alors que l’actualité locale reste rythmée par des faits liés au trafic et ses violences.

    « Un fort besoin d’apaisement »

    Dans les premiers jours, l’exécutif cherche à tenir l’équilibre promis pendant la campagne : parler sécurité sans slogan, et sans angélisme. D’un côté, mettre l’État devant ses responsabilités. De l’autre, reprendre la main sur ce qui relève du pouvoir municipal : présence, règles, arrêtés, médiation. C’est là qu’arrive la mesure la plus visible : l’arrêté encadrant les épiceries de nuit, appliqué à partir du 1er avril et jusqu’au 31 octobre, avec fermeture entre 22h et 6h dans un périmètre ciblé. Un texte initialement annoncé sous Jean-Paul Fournier, jamais réellement mis en œuvre, et que la nouvelle majorité choisit de maintenir. L’objectif affiché : limiter attroupements, nuisances sonores, troubles de voisinage, et reprendre le contrôle d’espaces où la tension monte vite, surtout à l’approche de la belle saison.

    Nicolas Nadal, nouvel adjoint à la sécurité, assume un « signal d’apaisement ». Il évoque « un fort besoin d’apaisement et de tranquillité » exprimé pendant la campagne, et justifie une décision claire : « Ce sont bien trop souvent des points de rassemblement et de nuisances sonores pour le voisinage. » L’élu promet aussi « de la fermeté » sur l’application des arrêtés, tout en répétant que la ville doit marcher sur « deux jambes » : prévention et tranquillité. Au fil de ces premières décisions, Bouget cherche déjà à installer une méthode : exiger des moyens là où la mairie ne peut pas tout, et agir vite là où elle le peut. À Nîmes, ce tempo-là, et sa capacité à tenir dans la durée, sera le premier test politique.

  • L’épreuve de vérité de Nîmes Métropole

    L’épreuve de vérité de Nîmes Métropole

    Le 22 mars, Vincent Bouget a fait basculer la ville-centre. Le 14 avril, il peut faire basculer aussi l’agglomération. Ce « troisième tour » se joue au Colisée : 105 élus communautaires, 39 communes, dix-huit nouveaux maires, et un siège de président qui pèse lourd. Sur le papier, la route paraît dégagée : à ce stade, une seule candidature est officiellement déclarée, celle du maire de Nîmes. Mais, dans les couloirs, chacun vient avec ses priorités, ses craintes et ses lignes rouges.

    La force de Bouget, c’est son bloc nîmois : 37 voix (sur les 52 sièges de Nîmes) issues de sa majorité municipale. Pour atteindre la majorité absolue à l’agglo, il lui faut 53 voix : seize à aller chercher hors de Nîmes. Le travail a commencé, à la méthode : réunion collective, puis rendez-vous individuels à l’hôtel de ville avec les maires. Objectif affiché par son entourage : bâtir un fonctionnement « sans logique partisane », où la ville-centre ne dicte pas, mais entraîne.

    Le principal pivot, ce sont les communes regroupées autour d’Intérêt et esprit communautaire (IEC), groupe élargi et recomposé après les municipales. Selon les derniers comptages, 26 élus issus de 23 communes s’inscriraient dans cette dynamique, ce qui, additionné au bloc nîmois, assurerait une majorité confortable. Rémi Nicolas, maire de Marguerittes, revendique une ligne de « territoire » : s’inscrire dans la majorité du président, comme hier avec Franck Proust, tout en promettant d’être « constructif et vigilant ». Le groupe pourrait être présidé par Gaël Dupret (Sernhac), et Rémi Nicolas est pressenti pour un rôle majeur dans l’exécutif.

    En face, la droite des communes s’organise aussi. Eddy Valadier, maire de Saint-Gilles (six sièges), a écarté l’idée de se présenter, plaidant pour un mandat « apaisé » et une intercommunalité « technique » tournée vers les projets structurants. Derrière cette posture constructive, une réalité demeure : beaucoup de maires veulent peser dans la future équipe, notamment via les vice-présidences (quinze au total). C’est l’autre négociation, la plus sensible : qui prend quoi, et avec quelles garanties.

    Les dossiers

    en embuscade

    Car au-delà de l’élection, c’est la liste des dossiers brûlants qui attend le futur président. D’abord, les mobilités : l’agglo tient les transports en commun, les arbitrages sur les lignes, les parkings-relais, les nouvelles stations, et l’équation « service /coût » qui revient à chaque budget. Dans le même bloc, la gestion des déchets et la Teom (Taxe d’enlèvement des ordures ménagères) restent un marqueur politique : baisse de taxe revendiquée ces derniers mois, mais vigilance des communes sur la qualité du service et les investissements.

    Ensuite, le développement économique, où l’agglo joue le rôle de machine à projets : zones d’activités, attractivité, emplois. Sur ce terrain, la zone Magna Porta, sur Manduel, reste le serpent de mer : projet remodelé (160 hectares initiaux, réduit à 54 dont 29 constructibles), débats sur les coûts et la rentabilité, promesses d’entreprises, attentes d’emplois concrets. Un dossier symbolique esquissé dès 2010, qui engage des millions, et qui cristallise la question du cap de l’intercommunalité.

    Autre sujet explosif : l’urbanisme. Le PLUi (Plan local d’urbanisme intercommunal), l’éventuelle montée en puissance institutionnelle, et la peur des petites communes de perdre la main sur leur plan local. Ici, les maires veulent entendre une méthode : consultation, pas de passage en force, et surtout une répartition équilibrée des efforts (logements, équipements, foncier). Enfin, le nerf de la guerre : les fonds de concours. Pour nombre de villages, c’est la condition de projets très concrets (écoles, voirie, équipements) et donc une ligne rouge. À cela s’ajoutent les satellites et syndicats où l’agglo pèse : déchets, SCoT, bassin-versant… des lieux plus discrets, mais stratégiques.

    Dans ce décor, les oppositions nîmoises arriveront en ordre dispersé : le RN dispose d’un groupe conséquent (dix élus nîmois, plus un élu d’opposition à Marguerittes) et entretient le flou sur sa stratégie. La droite nîmoise, elle, se retrouvera fragmentée, avec des élus parfois non inscrits. Si l’élection de Vincent Bouget semble largement acquise, le vrai vote commence après : celui des équilibres. Une présidence fluide entre Nîmes et les 38 autres communes, ou une présidence sous surveillance permanente, à chaque dossier structurant.

  • Nîmes Métropole : un enjeu majeur

    Nîmes Métropole : un enjeu majeur

    Le 22 mars, Vincent Bouget a fait basculer Nîmes. Le 14 avril, il peut réussir le doublé : prendre aussi la présidence de Nîmes Métropole, ce mastodonte de 39 communes et 105 élus communautaires. Sur le papier, l’affaire ressemble à un boulevard. Dans les coulisses, c’est un vote à la calculette, où chaque maire vient avec ses lignes rouges. Depuis 2002, l’agglo a toujours été présidée par un élu de Nîmes. Et la ville centre reste la clé : 52 sièges sur 105. Problème : sur ces 52, Bouget n’en contrôle pas la totalité. Sa majorité nîmoise pèse 37 voix. Pour être élu, il lui en faut 53 : 16 voix sont donc à aller chercher ailleurs. Pas impossible, mais tout sauf automatique dans une intercommunalité encore très marquée à droite.

    L’heure des compromis

    Premier signal : Eddy Valadier, maire de Saint-Gilles (2e ville de l’agglo, 6 sièges), ne sera pas candidat. « Vincent Bouget sera président, de toute évidence », glisse-t-il au Réveil du Midi, sans promettre pour autant un soutien. Les élus le répètent : mieux vaut peser dans l’exécutif que jouer l’affrontement permanent. Car l’agglo, ce n’est pas un symbole : c’est la machine des compétences lourdes : transports, déchets, développement économique, grands équipements, et des arbitrages qui touchent directement les communes.

    Bouget, lui, promet une gouvernance « respectueuse de tous » et assure qu’il n’y aura « pas de passages en force ». Les maires des petites communes veulent des garanties : sur le PLUi, sur l’urbanisme, sur la crainte d’une montée en puissance vers une communauté urbaine, sur la répartition des investissements. Et ils savent qu’ils peuvent monnayer leur vote : l’exécutif compte des vice-présidences où les communes hors Nîmes pèsent traditionnellement. Reste l’inconnue : une coalition « anti-Bouget » est techniquement possible, mais complexe à stabiliser, et risquée si elle devait compter sur les voix RN.

  • À Nîmes, l’ère Bouget démarre à hauteur d’habitants

    À Nîmes, l’ère Bouget démarre à hauteur d’habitants

    Il y a des mandats qui s’installent en douceur. Et puis il y a ceux qui prennent la ville à bras-le-corps, dès la première semaine, comme si le temps pressait. À Nîmes, celui de Vincent Bouget (PCF) a commencé le soir même de son installation, vendredi 27 mars, dans un Palais des Congrès rempli à craquer, jauge bousculée, des dizaines de personnes restées dehors. Ce premier conseil municipal ressemblait à une scène de bascule : l’ancienne ville LR s’asseyait face à la nouvelle majorité, et la foule venait vérifier, à hauteur d’humain, que l’alternance n’était pas qu’un score. D’abord, les leaders de l’opposition enchaînent les prises de parole. Julien Plantier promet « une opposition de terrain », Franck Proust une « opposition constructive », et enfin Julien Sanchez allume la mèche, annonce un recours, attaque la droite « la plus bête du monde » et prévient qu’il « ne laissera rien passer ». Puis le dépouillement ramène tout le monde au réel : 42 voix pour Vincent Bouget, correspondant à sa majorité, et 11 pour le RN. L’écharpe tricolore est remise dans l’émotion par Amal Couvreur, désormais première adjointe.

    Délégations, terrain, premiers signaux

    Dans son premier discours de maire, Vincent Bouget joue la hauteur et l’adresse directe : « Nîmes est une ville qui oblige. » Il promet de n’être « le maire d’un clan », parle de solidarité, de dignité, de quartiers, d’une ville méditerranéenne « où chacune et chacun compte ». Et très vite, il met un mot sur le fil rouge de son début de mandat : « Tout écouter, pour réussir. » Dans la foulée, il mène son premier conseil comme on tient une promesse d’efficacité : création de 22 postes d’adjoints, dont cinq tournés vers les quartiers, installation de la machine municipale, votes procéduraux, avec un RN qui choisit l’abstention systématique, façon de dire « nous surveillons » sans encore entrer dans le fond. La séance levée, place aux accolades, au buffet, et aux discussions avec les habitants : la politique, version « à portée de voix ».

    Dès les jours suivants, le nouveau maire s’attaque à ce qui, dans une mairie, fait tenir -ou craquer-un mandat : l’administration. La rencontre avec les agents municipaux devient un marqueur, presque un rituel inaugural. « Ce qu’on a fait pour la ville, on va le faire pour les agents », répétait-il pendant la campagne ; il l’a remis au centre. Rencontrer, écouter, rassurer, remettre de la confiance dans une administration marquée par 25 ans d’habitudes. Dans cette première semaine, l’image revient : Vincent Bouget et ses proches « au contact », comme un contre-modèle à la mairie forteresse.

    Dans le même mouvement, l’exécutif se structure. Le 1er avril, le nouveau maire dévoile l’architecture politique : 22 adjoints et 18 conseillers délégués, avec une idée martelée : transversalité, proximité, présence permanente. Amal Couvreur aux solidarités et à la prévention, Pierre Jaumain à l’urbanisme et au logement, Denis Lanoy à la culture, Bruno Ferrier aux sports, Nicolas Nadal à la sécurité, Maya Amer-Moussa aux « Places communes » et à la vie de quartier… Une équipe large, censée couvrir la ville quartier par quartier, et donner corps à la promesse de démocratie du quotidien.

    Sur le terrain, ces mêmes adjoints se mettent déjà en mouvement. Denis Lanoy représente la Ville à la Maison de Ma Région pour une inauguration culturelle avec l’École de la deuxième chance : un symbole de plus dans un mandat qui veut remettre la culture et l’éducation populaire au cœur. Dans le cadre du tournoi de tennis Bastide UTS organisé dans les Arènes les 3 et 4 avril, Vincent Bouget et Bruno Ferrier vont à la rencontre des enfants, plus de 300 élèves invités, ateliers, initiation, sport accessible à tous. Même si l’événement est hérité de la mandature précédente, la nouvelle équipe s’y montre : présence, transversalité, terrain.

    La semaine est aussi celle des premières mesures, modestes en apparence, significatives politiquement. Sur les épiceries de nuit, la nouvelle équipe met en œuvre l’arrêté pris sous Fournier : fermeture entre 22h et 6h dans un périmètre ciblé, pour six mois. Nicolas Nadal, nouvel adjoint à la sécurité, assume la ligne : répondre au « besoin d’apaisement », limiter les nuisances, réaffirmer un cadre. Un choix qui veut dire : pas de posture, mais du concret, même quand la mesure vient de l’ancienne majorité.

    Enfin, la semaine est faite de rendez-vous politiques : échanges avec Françoise Laurent-Perrigot, présence dans la ville, rencontres répétées avec les habitants. Les poignées de main, les discussions sur les marchés, les attentes qui tombent sans filtre (propreté, écoles, santé, sécurité, pouvoir d’achat) dessinent vite une évidence : la première semaine se joue à hauteur de rue, là où la parole remonte brute. C’est précisément dans ce va-et-vient entre institutions et terrain que Bouget choisit de frapper fort sur la sécurité. Le 31 mars, il rencontre le préfet Jérôme Bonet ; le 1er avril, deux courriers partent vers le Premier ministre et le ministre de l’Intérieur pour réclamer une réponse « durable et structurée » dans un contexte local marqué par le narcotrafic. Le maire demande des renforts d’effectifs pour la police nationale, mais insiste surtout sur le nerf de la guerre : des moyens judiciaires à la hauteur pour que la réponse ne soit pas seulement ponctuelle. Il remet aussi sur la table un dossier attendu : la confirmation d’un poste de police à Pissevin, pensé comme un point d’appui partagé entre police nationale et police municipale. La nouvelle majorité le sait : elle est attendue au tournant, sommée de prouver qu’une gauche de proximité peut parler sécurité sans slogans.

    Une semaine, ce n’est rien. Et pourtant, à Nîmes, cette première semaine de mandat a déjà dessiné une méthode : ouvrir les portes, occuper le terrain, et envoyer des signaux aux agents, aux quartiers, à l’État, aux oppositions. La suite dira si l’élan tient. Mais le démarrage, lui, a un tempo : celui d’un mandat qui refuse de s’installer dans les bureaux.

    Les adjoints

    1. Amal Couvreur

    Première adjointe comprenant la solidarité, l’inclusion, la prévention et la sécurité. Assistante sociale de formation, figure de la société civile, vice-présidente du Département.

    2. Pierre Jaumain

    Adjoint à l’urbanisme et au logement. Patron du PS gardois, passé par des exécutifs locaux. Il porte un dossier explosif : logement, rénovation, vacance et rééquilibrage des quartiers.

    3. Sibylle Jannekeyn

    Adjointe au patrimoine municipal, à la rénovation énergétique et thermique des bâtiments communaux. Co-responsable des Écologistes, elle incarne l’axe sobriété.

    4. Bruno Ferrier

    Adjoint aux sports. Conseiller municipal sortant, ancien élu de l’époque Clary, vice-président du PRG dans le Gard. En charge d’un chantier massif sur les équipements sportifs.

    5. Soukaina Benjaafar

    Adjointe chargée de l’administration générale et à l’accès aux services publics. Juriste, présidente associative au Mas de Mingue. Elle symbolise l’entrée des quartiers populaires à l’hôtel de ville.

    6. Denis Lanoy

    Adjoint aux arts, à la culture, aux équipements culturels, et à l’éducation populaire. Homme de théâtre, responsable du PC nîmois. Il porte la ligne de la culture pour tous.

    7. Marianne Bernède

    Adjointe à l’égalité, au handicap et à la lutte contre les discriminations. Conseillère sortante, co-référente Génération.s, pour une délégation mêlant social et services publics.

    8. François Séguy

    Adjoint à la qualité des espaces publics et à la propreté. Élu d’opposition depuis 2014, figure de terrain chargée du quotidien.

    9. Corinne Giacometti

    Adjointe aux festivités et grands événements. Socialiste, ancienne élue de l’exécutif régional. En première ligne sur les temps forts (Feria, etc.) pour populariser et apaiser.

    10. Colin Gril

    Adjoint à la transition écologique. Agronome, ingénieur, écologiste : un profil technique pour traduire en actes le plan de végétalisation.

    11. Sylvette Fayet

    Adjointe à la tauromachie, à l’alimentation et à l’agriculture locale. Élue municipale depuis 1989, très identifiée sur la culture taurine et le lien ville-campagne.

    12. Nicolas Nadal

    Adjoint à la sécurité, tranquillité publique et prévention de la délinquance. Sapeur-pompier professionnel et responsable PS local.

    13. Cécile Jourdan

    Adjointe à la ville inclusive, au handicap et à la mobilité active. Ancienne travailleuse sociale : elle devra incarner la ville pour tous et les mobilités du quotidien.

    14. Pierre-Edouard Détrez

    Adjoint à l’éducation et à la réussite scolaire. Ancien international de rugby, élu sortant de l’opposition : il hérite de la promesse de l’école comme priorité.

    15. Jo Menut

    Adjointe au social et au CCAS. Élue d’opposition sortante, très investie sur les politiques de solidarité.

    16. Laurent Mespoulet

    Adjoint au développement économique, tourisme, emploi et insertion. Socialiste, ancien directeur de développement : un portefeuille clé dans une ville marquée par le chômage et la bataille de l’attractivité.

    17. Sabine Oromi

    Adjointe à la jeunesse. Communiste, professeure d’espagnol, syndiquée : elle porte la promesse de redonner du pouvoir aux jeunes.

    18. Gilles Guillaud

    Adjoint aux finances et affaires juridiques. Fonctionnaire d’État, passé par la préfecture du Gard : l’homme des arbitrages budgétaires.

    19. Maya Amer-Moussa

    Adjointe aux places communes et vie de quartier. Enseignante et syndicaliste : chargée de déployer le projet dans les quartiers.

    20. Emmanuel Bois

    Adjoint aux commerces, foires, marchés et halles. Professeur, ex-responsable FSU : au cœur des dossiers sensibles du centre-ville.

    21. Catherine Fénech

    Adjointe à la santé publique et environnementale. Médecin de PMI : elle pilote une urgence nîmoise, l’accès aux soins.

    22. Jean-Yves Chabanel

    Adjoint au personnel et à la sécurité des bâtiments communaux. Professeur d’éco-gestion : dédié à l’administration et aux agents.

  • Gard : une campagne marquée par la violence

    Gard : une campagne marquée par la violence

    Hélas, chaque campagne électorale peut entraîner son lot de violences. Mais cette campagne municipale a été un record en la matière. Si le suffrage universel sert justement à trancher de manière pacifique les sujets qui divisent, certains individus utilisent ces périodes pour jouer de l’intimidation ou même des poings. Un peu partout en France, la campagne 2026 a été émaillée de menaces de mort, d’insultes, d’actes de vandalisme et parfois même de violences physiques. Si bien qu’Emmanuel Macron a fait part de sa « préoccupation » devant une augmentation des violences durant cette période.

    Le Gard, où l’extrême droite est en perpétuelle progression, a été particulièrement touché. L’apogée de cette violence s’est déroulé à Nîmes le 20 février lorsque quatre militants communistes ont été violemment agressés par des soutiens de Franck Proust (LR). Les faits se sont déroulés devant un panneau d’affichage sur les hauts de Nîmes juste avant minuit, heure officielle de fin de campagne. « Il y a d’abord un jeune gars qui arrive et nous dit qu’il veut coller pour Franck Proust, on lui dit que ce n’est pas possible », raconte Grégory, l’un des militants agressés. « Il a alors téléphoné et plusieurs voitures sont ensuite arrivées. Dans la première, un gars sort comme une bombe et il commence à venir nous gueuler dessus. Cette personne, c’est un patron de bar bien connu de Nîmes qui est colistier sur la liste de Proust. Il me dit qu’ils vont passer en force et ils sont rapidement dix autour de nous. »

    La situation se tend et face à la fermeté des militants communistes bien décidés à garder le panneau, deux des soutiens de Vincent Bouget sont violemment agressés. « Ils étaient plus nombreux donc on en a pris plein la g… On a été projetés par terre et on a été roués de coups, de coups de pieds et de poings. Ils ont ensuite pris la fuite en voiture. Quelques minutes après, la police arrive. La scène a été filmée par un passant et nous avons pris en photo les plaques d’immatriculation », poursuit Grégory. Deux des militants sont transportés à l’hôpital. Résultat : Grégory souffre d’une fracture du nez et du plancher orbital ainsi que des contusions, qui lui ont valu 15 jours d’ITT. Édouard, l’autre militant agressé, a des côtes et une dent cassée et l’oreille interne touchée également (10 jours d’ITT). Ils ont porté plainte pour violences en réunion. Depuis, six personnes ont été placées en garde à vue avant d’être libérées mercredi 1er avril.

    Graffitis et menaces

    Sur place, d’autres présences interrogent, comme celle du fils du sénateur (LR) Laurent Burgoa. Son père a confirmé qu’il était bien présent « sans pour autant être l’un des protagonistes » et confirme qu’il fait « confiance aux enquêteurs pour établir la vérité ». « Il y avait aussi une voiture de l’Usam, le club de hand avec trois personnes qui en sont sorties avec des joggings de l’Usam », précise Grégory. Une présence d’autant plus problématique que le puissant président du club de handball nîmois, David Tebib, figurait aussi sur la liste de Proust. Contacté, Franck Proust n’a pas donné suite à nos sollicitations.

    La violence a également fait irruption à Bessèges. Déjà très tendue, la campagne dans la ville du nord du Gard, émaillée par de nombreuses « boules puantes », a pris une tournure encore plus inquiétante lorsqu’une bagarre a éclaté dans un bar entre des colistiers de Christine Roux et des soutiens de la liste d’extrême droite qui se présentaient dans la commune voisine de Molières-sur-Cèze. « L’un de nos colistiers a été blessé », a confirmé Christine Roux, la future maire.

    L’ancien maire communiste de Saint-Jean-du-Pin, Eric Maubenard, aujourd’hui président du Prolé d’Alès, a également vu débouler chez lui un homme qui a tenté de rentrer dans son domicile tout en proférant des insultes. Il lui a reproché à la fois d’avoir voté pour Christophe Rivenq alors que Maubenard ne vote pas à Alès et d’avoir évincé sa femme du conseil municipal. Celle-ci était sur la liste de Philippe Fages, battue par la maire sortante. Eric Maubenard a déposé une main courante.

    Outre les nombreuses annonces de dépôts de plainte pour diffamation, certains candidats ont aussi été victimes de vandalisme et de graffitis injurieux. Ainsi, à Saint-Jean-de-Valériscle, bourgade de 600 habitants au nord du département, plusieurs élus de la liste du maire sortant Marc Jekal (qui a été réélu) ont été victimes d’incivilités et un ancien élu a même retrouvé sa porte avec une croix gammée et l’inscription « sale nazi ». Trois plaintes ont été déposées.

    Des tags insultants ont également été découverts sur les affiches des deux candidats à Saint-Jean-de-Serres (540 habitants) mais aussi sur le bitume devant leur maison. « Dans la nuit du 14 au 15 mars, avant le premier tour donc, il y avait une flèche qui désignait mon domicile avec écrit « pute et facho », explique Fabien Engelibert. Cet élu d’opposition et membre de l’Après a déposé plainte pour outrage à personne dépositaire de l’autorité publique. Il n’en est pourtant pas à sa première dégradation. Depuis qu’avec sa femme ils ont fait campagne pour le Nouveau front populaire en juin 2024, accrochant même parfois des affiches sur leur voiture, il dit être régulièrement ciblé : « Pendant la campagne, la porte arrière de notre voiture a été forcée. Après les élections, nous avons eu du vandalisme sur notre ferme puis notre voiture a été vandalisée avec les quatre pneus crevés, les essuie-glaces arrachés. Quelques mois plus tard, un pavé a été lancé sur notre voiture, cassant la vitre. »

    Fabien Engelibert s’interroge sur ce climat de violence dans sa commune depuis 2024, où les actes de vandalisme se sont multipliés : « Des véhicules ont brûlé et toute une série de pneus ont été crevés. J’étais adjoint au maire jusqu’en décembre 2025, en charge de la sécurité et j’ai constaté une accélération à partir des législatives. On s’est posé la question de savoir s’il n’y avait pas une volonté de faire monter un sentiment d’insécurité. Fin août, j’ai pu consulter les vidéos de surveillance et on voit une personne, un grand bonhomme, crâne rasé, chaussé de rangers, qui sort d’une voiture et donne des coups de couteau dans des pneus avant de repartir en petites foulées. »

    Dans le Gard, marqué aussi par des attaques contre les personnes LGBT à Nîmes ou contre le bar communiste du Prolé à Alès, la violence politique est bien de retour.

  • Beau succès pour le loto des Amis de La Marseillaise du Gard

    Beau succès pour le loto des Amis de La Marseillaise du Gard

    Ambiance fraternelle au cercle de l’avenir samedi. Le comité départemental des Amis de La Marseillaise du Gard présidé par Jean-Paul Sorriaux avait mis les petits plats dans les grands pour accueillir les participants du loto organisé au profit de notre journal.

    L’événement s’est déroulé en présence de Serge Baroni, président de l’association et de Christian Bastid, vice-président du conseil départemental du Gard.

    Rendez-vous l’année prochaine

    Trois abonnements à La Marseillaise hebdo d’Occitanie ont été gagnés durant le loto et le dernier numéro dont la Une était consacrée au « récit d’une victoire populaire » après l’élection de Vincent Bouget à la mairie de Nîmes, a été abondamment diffusé.

    L’opération a permis de faire un chèque de 500 euros au profit de notre journal. Les Amis de La Marseillaise réfléchissent désormais à faire de ce loto nîmois un rendez-vous annuel.

    Merci à eux pour leur soutien à l’existence et au développement de notre titre dans un paysage médiatique dominé par les grands groupes.