Tag: Nîmes

  • À Nîmes, premier bras de fer entre majorité et RN

    À Nîmes, premier bras de fer entre majorité et RN

    À première vue, le menu avait tout du conseil municipal technique ce 25 avril. 40 délibérations, pour l’essentiel consacrées à la désignation des élus dans les organismes liés à la Ville. Bref, la mise en route administrative de la nouvelle mandature.

    Le nouveau maire a d’abord voulu afficher les premiers marqueurs de sa méthode : conseil retransmis en direct au nom de la transparence, annonce de « Bonjour Nîmes », sept rencontres avec les habitants d’ici l’été, et lancement d’une concertation avec les agents municipaux.

    Le RN joue la procédure

    C’est surtout l’extrême droite qui a animé la séance, souvent moins sur le fond des politiques publiques que sur les procédures. Julien Sanchez a demandé des votes à bulletins secrets, présenté des listes dès que possible et contesté les modalités empêchant les candidats de participer aux scrutins les concernant. Sur le fond, la majorité a ouvert certaines instances à l’opposition : Julien Plantier siégera notamment à la SAT et à la commission taurine, Valérie Rouverand à la SPL Agate, Sophie Roulle à la SPL Éclat. Le RN obtient des représentants là où la proportionnelle l’impose : Monique Boissière à la commission d’appel d’offres, Titouan Thomas et Marc Taulelle au CCAS. Cette ouverture limitée a suffi à déclencher les cris d’orfraie de Julien Sanchez, dénonçant une supposée alliance entre la gauche et la droite.

    Autre épisode de crispation sur le bulletin municipal : la majorité proposait 1 500 signes par groupe politique ; le RN a réclamé une répartition proportionnelle, quitte à réduire les tribunes des petits groupes à presque rien. Une étrange conception du pluralisme, très extensive quand il s’agit de réclamer des postes, beaucoup plus étroite lorsqu’il faut partager la parole. Le RN a donc choisi sa ligne : contester et chercher l’incident. Reste à savoir si cette stratégie servira les Nîmois ou seulement la petite mécanique victimaire de l’extrême droite.

  • [1er-Mai] Des défilés poings levés dans le Gard et l’Hérault

    [1er-Mai] Des défilés poings levés dans le Gard et l’Hérault

    Le 1er-Mai est à nous ! Ils se sont battus pour le gagner, on se battra pour le garder ! », scande au micro une militante CGT. A Montpellier (4 500 personnes selon les syndicats), Sète (1 000 personnes), Béziers (500 personnes) ou encore Nîmes (2 500 personnes), les récentes attaques portées par les macronistes et l’extrême droite contre la journée internationale des travailleurs sont dans toutes les têtes. « Le 1er-Mai est une conquête arrachée par la mobilisation il y a plus de 100 ans. Et c’est encore la mobilisation qui nous a permis récemment de le conserver. Nos manifestations sont là pour fêter cette victoire mais aussi pour alerter solennellement le pouvoir politique et le patronat : ne touchez pas au 1er-Mai ! », assène Christine Boularasse, de Sud Solidaires 30. « Cette remise en cause du 1er-Mai est une tentative de détourner l’attention des véritables préoccupations des travailleuses et travailleurs, à savoir les salaires, les pensions, le pouvoir d’achat, l’emploi… », estime Serge Ragazzacci, responsable départemental de la CGT de l’Hérault.

    «On est là pour dire non

    à la guerre »

    Très présente également au cœur des cortèges : la question de la paix,
    « dans un monde où on voit les guerres se multiplier», alerte le syndicaliste héraultais. « On est là pour dire non à la guerre et aux budgets de guerre, oui aux créations de postes et aux services publics », insiste Sabine Reynaud, du Snudi FO 34. Des dizaines de pancartes dénoncent ainsi une économie tournée vers l’armement et affirment leur soutien aux travailleurs sous les bombes en Iran, au Liban ou en Palestine.

    Enfin, à l’image de l’intersyndicale héraultaise qui a appelé, en fin de manifestation, à « une riposte populaire et antifasciste », le mot d’ordre antifasciste était omniprésent dans les défilés à moins d’un an d’une élection présidentielle que l’extrême droite rêve de remporter. Amélie Goursaud

  • Les rendez-vous pour aller manifester ce 1er-Mai

    Les rendez-vous pour aller manifester ce 1er-Mai

    LES RENDEZ-VOUS PACA

    Marseille à 10h30 au Vieux-Port. Martigues à 10h, place Jean-Jaurès. Aix-en-Provence à 10h30, place de la Rotonde. La Ciotat à 10h30 à l’Union locale. Tarascon à partir de 10h30 à la gare. Salon-de-Provence à 10h, devant la mairie. Port-de-Bouc à 10h, parking des Sardinades. Port-Saint-Louis à 10h à la Bourse du Travail. Arles à 10h30, place de la République. Toulon à 10h30 à la Bourse du travail. Draguignan à 10h30 à la Bourse du travail. Saint-Raphaël à 10h30 au rond-point Kennedy. Avignon à 10h30, cours Jean-Jaurès, puis cortège vers le Palais des Papes. Digne-les-Bains à 10h30, place Général-de-Gaulle. Manosque à 11h place Rossini. Gap à 10h place de la République. Briançon à 10h30, esplanade de la mairie.

    LES RENDEZ-VOUS OCCITANIE

    Montpellier à 10h30 place Albert Ier. Sète à 10h30 place de la Mairie. Béziers à 10h30 Bourse du travail. Agde à 10h, haut de la promenade. Lunel à 10h30 hôpital. Bédarieux à 10h30 Maison des syndicats. Clermont-l’Hérault à 11h allée Roger Salengro. Ganges à 11h mairie. Nîmes à 10h30, Maison carrée. Alès à 10h30, devant la mairie. Bagnols-sur-Cèze à 10h30, devant la Poste. Le Vigan à 11h, devant la mairie. Vauvert à 10h30, à l’Union locale.

  • Table Ouverte : 40 ans de solidarité face à la précarité

    Table Ouverte : 40 ans de solidarité face à la précarité

    Quarante ans d’engagement et une même ligne directrice : « ne laisser personne seul face aux difficultés de la vie ». À Nîmes, l’assemblée générale de Table Ouverte, organisée à l’Espace Esperanza le 17 avril, a réuni plus de 80 participants, entre bénévoles, partenaires et élus venus saluer une action devenue indispensable.

    Autour du président Pietro Truddaiu, l’émotion était palpable, notamment en présence de la fille d’Odile Assmann, fondatrice de l’association disparue en 2014. « Cette idée simple est devenue une réalité vivante », a-t-il rappelé, évoquant « des mains tendues et des liens recréés ». Aujourd’hui, Table ouverte s’appuie sur 105 bénévoles mobilisés au quotidien et aide plus de 300 familles.

    Le combat continue

    Derrière cet anniversaire, le constat est clair : la pauvreté progresse. En 2025, l’association a fortement développé ses actions, doublant presque son budget. Cette dynamique s’incarne notamment dans le projet Esperanza, boulevard Talabot, où d’anciennes arches SNCF ont été transformées en véritable tiers-lieu solidaire. Épicerie sociale, friperie, salle d’exposition, mais aussi ressourcerie, atelier vélo ou futur jardin partagé : un « laboratoire social » qui illustre l’évolution de Table Ouverte.

    Pour 2026, le rapport d’activité et le bilan financier ont été adoptés à l’unanimité. Mais pour Pietro Truddaiu, l’enjeu dépasse les chiffres : « Il faut réunir partenaires et moyens pour faire reculer la pauvreté. » Dans un contexte où les besoins explosent, l’association appelle à renforcer les coopérations. L’exposition retraçant ces 40 ans a permis de mesurer le chemin parcouru. Mais pour Table Ouverte, l’essentiel reste à venir. « Nous avons 40 ans d’avenir », a conclu le président, fidèle à une conviction intacte : la solidarité est un combat collectif.

  • Nîmes Métropole : la majorité ferme la porte au RN

    Nîmes Métropole : la majorité ferme la porte au RN

    Ce devait être un conseil communautaire « technique ». Il a surtout été politique. Réunis le 21 avril, une semaine après l’élection de Vincent Bouget à la présidence, les 105 élus de Nîmes Métropole ont poursuivi l’installation de la mandature : 72 délibérations, des délégations attribuées au bureau, et surtout une rafale de désignations dans les satellites de l’agglomération (syndicats, sociétés publiques, commissions). Autant de postes où se jouent, loin des projecteurs, des décisions très concrètes : marchés publics, aménagement, déchets, répartition du foncier.

    En ouverture, Vincent Bouget a affiché la méthode qu’il veut imposer. Dans un territoire marqué par une abstention record, « le cœur des habitants bat encore moins pour leur agglomération », a-t-il lancé, appelant à des rendez-vous sur le terrain : « Pendant ces réunions, je vous propose que nous nous mettions en retrait pour laisser la place à la parole des habitants. Nous entendrons sûrement des choses avec lesquelles nous ne serons pas complètement d’accord. Mais je vous assure que cela nous fera du bien, collectivement. Cela donnera du sens à notre action commune. Et surtout, de la force à cette action. »

    L’extrême droite isolée

    Derrière ce discours, un exécutif se met en ordre de marche : 15 vice-présidents, un bureau où siègent les maires des 39 communes de l’agglo, et des délégations confiées pour fluidifier le fonctionnement. C’est précisément sur ce point que le RN, fort de ses 11 élus, a choisi d’ouvrir les hostilités. « Délégations abusives » et « sectarisme », a dénoncé Sylvie Josserand, contestant le périmètre financier confié au bureau. Bouget a répliqué en défendant la « qualité du débat » entre maires. Et Franck Proust, ancien président, est venu rappeler depuis l’opposition que le conseil garde la main : les décisions du bureau remontent à chaque séance, « l’avantage étant de réserver l’hémicycle aux débats primordiaux ».

    Mais c’est sur les représentations extérieures que la photographie politique s’est figée. À main levée, pour la SAT, la SPL Agate, le Scot Sud Gard, le PETR Garrigues et Costières, le RN n’a obtenu que ses seules voix : onze. Un contraste avec le vote d’installation, à bulletin secret, où la candidature de Julien Sanchez avait récolté 21 voix. Même lors d’un scrutin à bulletin secret réclamé par le RN pour le Sitom Sud Gard, l’extrême droite est restée cantonnée à ses 11 suffrages.

    La passe d’armes a eu sa phrase-clé. « Vous avez constitué une majorité avec des élus qui ne sont pas du même bord que vous. Mais manifestement, votre ouverture s’arrête aux frontières du RN », a accusé Stéphane Guillemin. Réponse sèche du président : « Oui, aux frontières du RN. » Une ligne rouge assumée, au nom d’une majorité ouverte dans sa composition mais décidée à ne pas banaliser l’extrême droite. Le RN a tout de même arraché deux sièges via les rares scrutins à la proportionnelle. Pour le reste, l’agglo a tranché : l’installation se fera sans le RN dans ses instances stratégiques. Et ainsi, le « technique » aura, déjà, dessiné l’axe du mandat.

  • Nemausus replonge trois jours dans l’Antiquité

    Nemausus replonge trois jours dans l’Antiquité

    Chaque printemps, Nîmes réussit un tour de force : faire cohabiter le quotidien et l’Histoire. Un centurion qui traverse les Halles, un « barbare » qui s’attarde en terrasse, des légionnaires qui surgissent au détour d’une rue… Du 24 au 26 avril, la ville remet les sandales cloutées et invite habitants comme visiteurs à un voyage vivant au cœur de l’Antiquité avec ses Journées romaines.

    Point d’orgue du week-end : trois représentations dans les arènes du grand spectacle « Spartacus, l’esclave qui défia Rome ». Une fresque XXL, avec plus de 500 participants en piste (reconstituteurs, cavaliers, cascadeurs, comédiens), des décors créés pour l’occasion et une mise en scène pensée comme une immersion totale. Le héros thrace, symbole universel de révolte et de dignité, revient hanter les gradins nîmois dans un récit qui puise dans l’histoire : la rébellion menée entre 73 et 71 av.
    J-C, tout en parlant au présent.

    Une feria antique à travers la ville

    Mais les Journées romaines ne se résument pas aux arènes : elles débordent, s’installent, s’invitent partout. Sur l’Esplanade, le village gallo-romain et ses ateliers font découvrir les savoir-faire d’époque, pendant que le marché antique aligne étals, costumes et trouvailles inspirées du monde romain. Sur la place Gabriel-Péri, combats, démonstrations et ateliers autour de la gladiature rythment les journées. Aux Jardins de la Fontaine, lectures théâtrales, spectacles interactifs, jeux de piste et ateliers créatifs transforment l’Histoire en expérience partagée.

    Le samedi soir, le décor change d’échelle : grand défilé nocturne de la Maison Carrée jusqu’aux arènes, à 21h, comme un cortège qui relie les pierres les plus célèbres de la ville. Et pour prolonger l’immersion, des visites aux flambeaux dans les coulisses des arènes sont proposées en amont tandis que des conférences gratuites à l’Université Vauban replacent Spartacus dans son contexte historique. Au total, l’événement joue sur tous les tableaux : transmission, spectacle, convivialité. Une fête grand public, oui, mais aussi une manière de rappeler que le patrimoine n’est jamais plus vivant que lorsqu’il se partage.
    A.J

  • À Nîmes, l’eau irrigue toute une saison culturelle

    À Nîmes, l’eau irrigue toute une saison culturelle

    À Nîmes, l’eau ne coule pas seulement dans les canalisations : elle irrigue désormais toute une saison culturelle. Après La Contemporaine puis Textiles, la Ville tient son fil rouge annuel avec « L’Eau, source d’inspirations », un cycle d’expositions, d’ateliers, de visites et de conférences déployé jusqu’au 22 novembre dans les musées municipaux. Objectif : faire dialoguer sciences, histoire et arts autour d’une ressource à la fois familière, vitale… et de plus en plus fragile.

    Le lancement a eu lieu au Muséum d’histoire naturelle, première étape d’un parcours pensé comme une traversée. Colin Gril, adjoint à la Transition écologique, insiste sur la méthode : croiser les regards pour sensibiliser « aux enjeux existentiels » de la raréfaction de la ressource, et faire de l’art un outil d’implication citoyenne.

    L’eau, du savoir au sensible

    Au cœur du dispositif, « Eau, l’expo » (galerie Jules-Salles, jusqu’au 22 novembre), conçue par le Muséum de Toulouse, propose un voyage immersif et pédagogique. Trois chapitres structurent la visite pour relier origines du vivant, usages humains et défis contemporains. Scénographie dynamique, dispositifs numériques et jeux interactifs côtoient maquettes, spécimens et même un moulage de tortue luth, pour rendre la complexité accessible sans l’édulcorer. En parallèle, le Muséum met en valeur ses collections avec « Aquamuséum  » (galerie Courbet) : poissons naturalisés, focus Méditerranée et une proposition plus ludique encore, avec casques de réalité virtuelle pour « nager » avec requins et dauphins.

    La saison, elle, s’étend bien au-delà du boulevard Amiral-Courbet. Au musée des Beaux-Arts, Lumières et ténèbres, la fascination de l’eau (17 avril-17 novembre) explore mythes, peurs et émerveillements, avec un parcours sonore. Au musée du Vieux Nîmes, Résurgence, l’eau à Nîmes (14 mai-22 novembre) raconte comment la ville s’est bâtie, protégée, au rythme de l’approvisionnement comme des excès. Au musée des Cultures taurines, Camargue, terre d’eaux (21 mai-31 octobre) rappelle qu’un territoire réputé « sauvage » est aussi une construction humaine, faite de digues, d’arbitrages et de tensions. Enfin, au Carré d’art, le photographe Sébastien Arrighi investit le Mur Foster avec Fall Off (4 juillet-4 octobre) : une réflexion en images sur la présence, l’absence et les conflits d’usages autour de l’eau. Point d’orgue annoncé : la Nuit de l’eau, le 27 juin, de 20h à minuit, avec animations, médiations et visites dans plusieurs lieux. Une invitation à s’immerger dans cette évidence : l’eau n’est pas inépuisable.

  • Vincent Bouget s’oppose aux 18 fermetures de classes à Nîmes

    Vincent Bouget s’oppose aux 18 fermetures de classes à Nîmes

    Mardi 14 avril, ils étaient encore nombreux, parents, enfants, enseignants, à se mobiliser devant l’école Prosper-Mérimée à Nîmes pour s’opposer à la nouvelle carte scolaire qui prévoit une fermeture de classe dans cette école du quartier de la Croix de Fer. Un cortège s’est ensuite rendu devant les locaux de la Direction des services départementaux de l’Éducation nationale (Dsden) pour faire entendre le mécontentement.

    Comme partout dans le département ces dernières semaines, de nombreuses mobilisations se sont déroulées à Nîmes pour s’opposer aux 18 fermetures de classe prévues pour la rentrée 2026. S’il a déjà fait part de son opposition à ces fermetures lors d’une réunion le 2 avril avec Christophe Mauny, le directeur académique, Vincent Bouget a cette fois pris la plume pour réaffirmer son « désaccord profond » dans une lettre envoyée au Dasen. Pour le maire communiste, professeur d’histoire-géographie de formation, la baisse des effectifs doit permettre au contraire de baisser le nombre d’élèves par classe plutôt que de faire des économies.

    Lutter contre les inégalités

    « L’éducation, par l’apprentissage des savoirs, est le levier majeur de l’émancipation de notre jeunesse. L’école est également l’écrin d’une sociabilisation apaisée, de l’ouverture à l’autre, et de la confiance en soi. Or, les études, y compris celles de la Chambre régionale des Comptes dont l’objectif principal est la rationalisation des coûts et dépenses au regard des politiques publiques, démontrent que le nombre réduit d’élèves par classe amoindrit considérablement les inégalités et favorise la réussite scolaire de tous les enfants. », écrit-il.

    Une autre mobilisation a été particulièrement suivie à Nîmes : celle de l’école Georges-Bruguier, dans le quartier du Chemin-Bas d’Avignon où une classe de CP sur les cinq que compte l’établissement doit fermer en septembre. Jeudi 9 avril, 100% des enseignants étaient en grève. Avec cette fermeture, les effectifs par classe pourraient passer de 12 aujourd’hui à 15 en septembre. Or cette école possède l’indice de position sociale (IPS) le plus bas de l’académie et a donc des besoins spécifiques.

    C’est d’ailleurs sur ce point qu’insiste aussi Vincent Bouget dans son courrier soulignant que « le département du Gard est l’un des plus pauvres de France, et la ville de Nîmes compte plus de 40 000 personnes vivant sous le seuil de pauvreté ce qui représente près de la moitié des enfants scolarisés ». « L’ambition que nous portons à l’enfance et aux questions d’éducation implique de considérer la réussite comme un projet d’avenir. Et nous ne pouvons imaginer l’appréhender par le seul biais d’une gestion comptable qui s’appuie sur des ratios. Le dédoublement des classes étendu à l’ensemble des niveaux dans l’élémentaire est une des solutions qui répond à cette ambition », conclut le maire de Nîmes qui demande « le maintien de l’ensemble des classes existantes ».

  • André Chamson, le Cévenol universel

    André Chamson, le Cévenol universel

    Il y a des noms que les plaques de rue sauvent, mais que le temps finit par endormir. André Chamson (1900-1983) fait partie de ces figures immenses que l’on connaît de nom, sans toujours mesurer l’épaisseur d’une vie, ni la vigueur d’une œuvre. Du 14 avril au 11 juillet, la bibliothèque du Carré d’Art remet l’écrivain nîmois au centre du jeu avec une exposition au titre frontal : « Quels hommes sommes-nous devenus ? André Chamson, itinéraire d’un humaniste au XXe siècle ». Une question qui claque aujourd’hui comme un rappel à l’ordre, à l’heure des replis, des haines et des renoncements.

    Le parcours s’appuie sur une matière rare : le fonds Chamson, enrichi par un don majeur de sa fille Frédérique Hébrard en 2021, puis complété en 2024 par ses petits-enfants. Des dizaines de cartons, des milliers de documents, près de 150 boîtes cataloguées : manuscrits annotés, correspondances, photographies, dessins… Un trésor de première main, patiemment classé (Chamson et son épouse, Lucie Mazauric, étaient archivistes) et désormais conservé dans la réserve précieuse de l’une des bibliothèques municipales classées. Le soir du vernissage, la transmission avait aussi des visages : ses petits-enfants, Catherine et Nicolas Velle, étaient présents pour l’inauguration. Le petit-fils, très ému, a salué ce retour de Chamson « à la maison », au milieu de ses archives et de ceux qui continuent de le faire vivre.

    Un trésor d’archives

    De l’enfance cévenole, nourrie d’héritage protestant et de mémoire camisarde, aux responsabilités parisiennes (Archives, Petit Palais, Académie française), l’exposition suit un fil double, chronologique et thématique, sans perdre l’essentiel : la cohérence d’une pensée. Chamson n’écrit pas hors-sol. Il écrit contre l’abdication. Contre le fascisme. Avec le Front populaire et le journal Vendredi. Et quand vient l’Occupation, il choisit le refus du mensonge et l’obstination du travail. Dans un cahier de 1941, une phrase bouleverse encore : « J’écris pour le jour de la liberté. » Toute l’exposition est là, dans cette foi têtue : tenir, transmettre, résister. Le volet guerre frappe particulièrement : sauvegarde des œuvres, engagement, brigade Alsace-Lorraine aux côtés d’André Malraux. Puis le retour à la littérature comme acte moral avec Le Puits des miracles, La Superbe et, en creux, une même boussole : la dignité humaine.

    Autour de l’exposition, deux grandes journées (24 et 25 avril) prolongent le dialogue avec conférences, projections et spécialistes : une manière de faire de cette redécouverte un moment vivant, pas un mausolée. Car Chamson ne se lit pas comme une gloire locale rangée sur une étagère : il se reçoit comme une exigence. Dans ses notes de guerre, il laisse ces mots, bouleversants et d’une actualité brutale, comme un viatique pour temps incertains : « J’écris pour le jour de la liberté. J’écris pour conjurer les maléfices de la défaite. (…) Qui n’y retrouvera pas le ton d’une voix déjà entendue en lui-même n’y retrouvera rien. (…) Car il existe une espérance au-delà de tous les désespoirs. » Au Carré d’Art, cette voix revient, intacte.

  • Dans le Gard, 59 classes fermées en septembre ?

    Dans le Gard, 59 classes fermées en septembre ?

    « Une gifle. » Voici comment le syndicat Unsa a qualifié l’annonce jeudi 9 avril du Dasen qui prévoit de fermer 59 classes sur tout le département. Nîmes, Alès, la ruralité, les maternelles, les primaires, l’éducation prioritaire, aucun secteur n’est épargné. Face à cette présentation, les syndicats ont évidemment voté contre cette carte scolaire alors qu’une manifestation réunissant enseignants, parents et syndicats se tenait devant le siège du Dasen.

    Dans le détail, le Dasen prévoit 14 ouvertures de classes dont dix à Nîmes (neuf en éducation prioritaire) mais aussi à Saint-Ambroix, Beaucaire (éducation prioritaire), Milhaud et Redessan. Le Dasen a aussi consenti à revenir sur trois fermetures prévues à Nîmes (à Georges-Bruguier, Mont-Duplan et Rangueuil). Mais il reste tout de même 59 classes menacées de fermeture dont 17 à Nîmes, six à Alès ou encore deux à Saint-Gilles.

    « La baisse démographique est réelle mais on n’améliore pas les conditions d’enseignement. Il y a des points comme Bessèges par exemple où on avait sauvé la classe l’an dernier mais il prévoit à nouveau de la fermer sauf que ça va faire des classes en maternelle à 25 ou 26 avec des cas pas possibles et une misère sociale importante… C’est une catastrophe. On fait tout peser sur la maternelle alors que c’est le début de la scolarité », fustige Myriam Vermale, co-secrétaire du Snuipp-FSU du Gard.

    Mais ces arguments n’ont pas influencé le Dasen. « Le Dasen, il est honnête, il nous l’a dit, s’il ouvre une classe, il doit en fermer une. S’il ne ferme pas une classe, il en fermera une autre ailleurs. Aujourd’hui, aucune école n’est tranquille parce que la carte scolaire n’est pas arrêtée », avertit Myriam Vermale. D’ailleurs, dix classes sont « sous surveillance » des syndicats dont des classes à Barjac, Vénéjean ou Lassalle qui pourraient avoir de mauvaises surprises.

    Sur ces 59 fermetures, toutes ne sont pas non plus à défendre. Les syndicats ont contacté les écoles concernées et tentent d’influer sur celles qui affirment avoir des effectifs suffisants pour s’opposer aux fermetures.

    Nouvelles négociations

    le 17 avril

    La FSU du Gard regrette également les suppressions de postes d’enseignants : « Le Dasen appuie les directives ministérielles donc il crée des postes mais hors de la classe avec les pôles d’appui à la scolarité pour la gestion des élèves en difficulté. Il dit que ça va tout révolutionner mais il pompe neuf postes d’enseignants sur le premier degré. On part avec une dotation de moins 27 postes. »

    Le Dasen a aussi prévu de créer à nouveau trois classes Ulis, poursuivant la dynamique de déploiement de ces Unités localisées pour l’inclusion scolaire dans le département. Mais ces ouvertures pèsent aussi sur le nombre d’enseignants puisque ces postes sont ponctionnés dans les effectifs des enseignants. « Puisqu’il crée des Ulis dont on a besoin, il crée aussi un poste de coordonnateur Ulis ce qui nous fait encore perdre un poste d’enseignant », s’agace Myriam Vermale.

    Une nouvelle réunion s’est tenue jeudi 16 avril mais la nouvelle véritable négociation se déroulera vendredi 17 avril en conseil départemental de l’Éducation nationale (CDEN). L’occasion de voir si les nombreuses mobilisations à Aimargues, Nîmes, Bagnols-sur-Cèze, Bessèges, Moulézan, Tornac, les Salles-du-Gardon, Cavillargues, Saint-Julien-de-Peyrolas ou encore Vers-Pont-du-Gard influeront sur les choix du Dasen.