Tag: Nîmes

  • La gauche attaque la gestion de Nîmes Métropole

    La gauche attaque la gestion de Nîmes Métropole

    Le dernier conseil communautaire de Nîmes Métropole, marqué par ses 121 délibérations, a confirmé ce que la gauche locale redoutait : la majorité conduite par Franck Proust (LR) multiplie les décisions structurantes à quelques mois des élections municipales et communautaires. « Une fuite en avant qui engage le mandat suivant », résume Vincent Bouget (PCF), chef de file de la Gauche unie et candidat déclaré à la mairie.

    Sur l’aéroport, la contestation est vive. L’Agglo a validé un contrat de 855 000 euros avec un cabinet d’architectes pour concevoir un schéma de développement sur huit ans. « C’est toujours embêtant de trancher des orientations lourdes alors que le suffrage universel est imminent », dénonce Bouget, qui interroge la pertinence de dépenses et d’engagements de long terme alors que la situation financière s’alourdit. Sylvette Fayet, élue communiste, a pointé une dette de 480 millions d’euros « et des emprunts qui s’accumulent ».

    Les finances ne sont pas le seul sujet d’inquiétude. Sur l’eau, les écologistes du Gard, dans un communiqué, ont fustigé une décision « prise dans la précipitation » : la reconduction de la délégation de service public jusqu’en 2027. « Rien n’imposait une telle urgence. Ce choix prive la future majorité issue des urnes de toute possibilité de revoir le mode de gestion de ce bien commun », écrivent-ils, plaidant pour un passage en régie publique, à l’image de Bordeaux ou Lyon.

    Du côté du logement, le ton est tout aussi vif. Le rapport 2024 présenté par l’Agglo met en avant 800 logements livrés, mais Christian Bastid, élu départemental communiste, dénonce un « déficit de 5 285 logements depuis 2022 » et une réponse « très insuffisante aux besoins des familles populaires ». L’échange s’est tendu avec la vice-présidente Géraldine Rey-Deschamps, qui a répliqué en le qualifiant d’« enfant gâté et capricieux », toujours insatisfait malgré les chiffres avancés. Bastid n’a pas désarmé, rappelant que « pour les logements familiaux, on est à peine à 20 % de l’objectif ». Les projets urbains de la ZAC du Mas Lombard ou du Palais des Congrès alimentent eux aussi les critiques d’une gauche qui reproche à la majorité « une concertation au rabais » et des choix « dogmatiques » privilégiant les promoteurs privés.

    « Une entrave à la démocratie locale »

    Au fil des séances, l’impression domine pour l’opposition que la majorité veut verrouiller les grands arbitrages avant 2026, quitte à écarter le débat citoyen. « C’est une stratégie politique de court terme au bénéfice d’intérêts privés », résume les écologistes qui parlent d’« une entrave à la démocratie locale ». Dans un contexte où les droites apparaissent divisées pour la succession à la mairie de Nîmes, la gauche locale espère transformer cette critique en levier électoral.

  • La gauche attaque la gestion de Nîmes Métropole

    Le dernier conseil communautaire de Nîmes Métropole, marqué par ses 121 délibérations, a confirmé ce que la gauche locale redoutait : la majorité conduite par Franck Proust (LR) multiplie les décisions structurantes à quelques mois des élections municipales et communautaires. « Une fuite en avant qui engage le mandat suivant », résume Vincent Bouget (PCF), chef de file de la Gauche unie et candidat déclaré à la mairie.

    Sur l’aéroport, la contestation est vive. L’Agglo a validé un contrat de 855 000 euros avec un cabinet d’architectes pour concevoir un schéma de développement sur huit ans. « C’est toujours embêtant de trancher des orientations lourdes alors que le suffrage universel est imminent », dénonce Bouget, qui interroge la pertinence de dépenses et d’engagements de long terme alors que la situation financière s’alourdit. Sylvette Fayet, élue communiste, a pointé une dette de 480 millions d’euros « et des emprunts qui s’accumulent ».

    Les finances ne sont pas le seul sujet d’inquiétude. Sur l’eau, les écologistes du Gard, dans un communiqué, ont fustigé une décision « prise dans la précipitation » : la reconduction de la délégation de service public jusqu’en 2027. « Rien n’imposait une telle urgence. Ce choix prive la future majorité issue des urnes de toute possibilité de revoir le mode de gestion de ce bien commun », écrivent-ils, plaidant pour un passage en régie publique, à l’image de Bordeaux ou Lyon.

    Du côté du logement, le ton est tout aussi vif. Le rapport 2024 présenté par l’Agglo met en avant 800 logements livrés, mais Christian Bastid, élu départemental communiste, dénonce un « déficit de 5 285 logements depuis 2022 » et une réponse « très insuffisante aux besoins des familles populaires ». L’échange s’est tendu avec la vice-présidente Géraldine Rey-Deschamps, qui a répliqué en le qualifiant d’« enfant gâté et capricieux », toujours insatisfait malgré les chiffres avancés. Bastid n’a pas désarmé, rappelant que « pour les logements familiaux, on est à peine à 20 % de l’objectif ». Les projets urbains de la ZAC du Mas Lombard ou du Palais des Congrès alimentent eux aussi les critiques d’une gauche qui reproche à la majorité « une concertation au rabais » et des choix « dogmatiques » privilégiant les promoteurs privés.

    « Une entrave à la démocratie locale »

    Au fil des séances, l’impression domine pour l’opposition que la majorité veut verrouiller les grands arbitrages avant 2026, quitte à écarter le débat citoyen. « C’est une stratégie politique de court terme au bénéfice d’intérêts privés », résume les écologistes qui parlent d’« une entrave à la démocratie locale ». Dans un contexte où les droites apparaissent divisées pour la succession à la mairie de Nîmes, la gauche locale espère transformer cette critique en levier électoral.

  • À Nîmes, la guerre des chefs à droite bat son plein

    À Nîmes, la guerre des chefs à droite bat son plein

    Depuis l’annonce du non-remplacement de Jean-Paul Fournier après vingt-cinq ans de règne, Nîmes vit au rythme d’une primaire à ciel ouvert. L’entrevue du mardi 30 septembre entre Franck Proust, premier adjoint et président de Nîmes Métropole, et Julien Plantier, son prédécesseur à l’Hôtel de Ville devenu dissident, n’a rien réglé. Elle a, au contraire, confirmé la divergence stratégique : Proust plaide pour un pilote unique à la Ville et à l’Agglo au nom de la « cohérence » ; Plantier n’envisage que la mairie, la tête de liste et le nom sur l’affiche. Les proches du maire sortant l’assurent : l’accord espéré par Fournier n’est plus à l’ordre du jour. « Pas pour l’instant », souffle Plantier, qui cultive l’option d’alliances latérales.

    Car l’orbite de droite et du centre se densifie. Valérie Rouverand, porte-voix de la majorité présidentielle, avance ses pions et n’exclut pas une entente… si elle fait sens électoralement. À la périphérie, Yvan Lachaud, longtemps banni, redevient un acteur : étiquette Horizons en poche et vieux comptes à solder, il s’offre comme relais, voire pivot, pour recomposer un attelage. Dans ce jeu d’équilibristes, chacun teste son rapport de force, publie des soutiens, quadrille les quartiers, verrouille les réseaux économiques et associatifs. Les ego font le reste.

    Les dossiers de fond n’en disparaissent pas pour autant. Sécurité et narcotrafic minent le débat public, l’adaptation climatique, la mobilité (bustram, vélo), le logement social et Magna Porta s’invitent dans tous les éléments de langage. Proust met en avant l’entregent acquis à Paris et Bruxelles et promet des mutualisations Ville-Agglo « trop longtemps reportées ». Plantier, 39 ans, docteur en droit, joue la carte du renouvellement et promet une méthode « au plus près des habitants », épaulé par une part non négligeable d’anciens adjoints désormais tombés en disgrâce. Au-dessus de la mêlée, Jean-Paul Fournier martèle son avertissement : divisés, « ils sont voués à l’échec ». Message reçu… mais pas entendu.

    Une primaire à ciel ouvert

    Concrètement, la droite pourrait se présenter en trois, voire quatre listes au premier tour : Proust, Plantier, Rouverand et, selon les configurations, un ticket estampillé Horizons. Une telle dispersion transformerait le 1er tour en véritable primaire, avec une question clé : le perdant se désistera-t-il réellement pour le mieux placé ? Dans les coulisses, certains jurent qu’un engagement existe pour se ranger derrière celui qui sortira en tête. Encore faudra-t-il le tenir le soir venu.

    Cet éclatement n’a pas échappé aux autres camps. Le RN, traditionnellement moins haut à Nîmes qu’ailleurs dans le Gard, observe et attend de dévoiler sa tête de liste. À gauche, en revanche, l’union patiemment construite autour de Vincent Bouget (PCF) sous la bannière Nîmes en commun est d’ores et déjà sur les rails. Dans une ville où la pauvreté touche une large part des habitants, le bloc progressiste mise sur la cohérence programmatique et la discipline d’appareil. Si la droite s’éparpille et si deux listes de centre-droit restent en lice au second tour, l’arithmétique peut soudain sourire à la gauche unie. D’ici là, tout se résume à une équation simple pour les héritiers de Fournier : additionner ou se soustraire.

  • Cinéma : changer de regard sur la santé mentale

    Cinéma : changer de regard sur la santé mentale

    La santé mentale s’invite dans les salles obscures nîmoises. Du 10 au 13 octobre, le cinéma Le Sémaphore accueille pour la première fois le festival Cinéma à la folie, nouveaux regards sur la santé mentale. Un événement inédit qui associe art et sensibilisation, pour briser les clichés persistants sur les troubles psychiques.

    Imaginé par la Fondation Érié, le Fipadoc et le Festival La Rochelle Cinéma, ce festival parcourt huit villes françaises en octobre, de Nantes à Nîmes. À l’affiche, douze films (fictions et documentaires) qui explorent avec sensibilité les réalités de la dépression, de la schizophrénie, du stress post-traumatique ou encore de l’addiction numérique. Isabelle Carré, marraine du festival, et le réalisateur Nicolas Philibert en sont les parrains engagés, convaincus du pouvoir du cinéma à « libérer la parole et briser les tabous ».

    Six films à découvrir

    À Nîmes, six films seront projetés gratuitement au Sémaphore. Le festival s’ouvrira vendredi 10 octobre avec Le Soleil de trop près de Brieuc Carnaille, avant une rencontre avec l’équipe et Aurélie Schandrin, cheffe du pôle psychiatrie du CHU de Nîmes. Samedi 11, place au documentaire Le Souffle du canon de Nicolas Mingasson, suivi en soirée des Rêveurs d’Isabelle Carré, en présence de professionnels de la Maison des adolescents de Nîmes. Dimanche 12, le public pourra découvrir Nos folies ordinaires d’Adèle Flaux et Jérémy Frey, puis replonger dans le classique Eternal Sunshine of the Spotless Mind de Michel Gondry. Enfin, lundi 13 octobre, la projection d’Emprise numérique d’Élisa Jadot permettra d’aborder la question brûlante de l’impact des écrans sur la santé mentale des jeunes. Au-delà des films, chaque séance se prolonge par un débat réunissant réalisateurs, experts, associations et personnes concernées. Un espace d’échange précieux pour témoigner, informer et rapprocher les expériences.

  • « Notre affaire » : un procès, une BD, un débat au Prolé

    « Notre affaire » : un procès, une BD, un débat au Prolé

    C’est un rendez-vous où littérature, justice et actualité se croisent. Vendredi 10 octobre, à 18h30, le Prolé, rue Jean-Reboul à Nîmes, accueille une table ronde consacrée à Notre affaire, bande dessinée collective publiée aux éditions L’Iconoclaste. Un ouvrage qui revient sur le procès des viols de Mazan, l’une des affaires judiciaires les plus marquantes de ces dernières années. Et la date n’a rien d’anodin : la rencontre a lieu au lendemain du procès en appel (6-9 octobre), devant la Cour d’assises du Gard, du seul accusé ayant choisi de maintenir son recours, quand cinquante autres hommes avaient été condamnés en première instance pour les violences sexuelles infligées à Gisèle Pélicot.

    Au cœur de cette soirée, deux invités majeurs. Louise Colcombet, grand reporter et chroniqueuse judiciaire au Parisien, fut la première à révéler l’affaire. Elle a suivi de bout en bout les audiences de la Cour d’assises d’Avignon, devenant la voix par laquelle ce récit s’est construit. À ses côtés, le journaliste et romancier Mathieu Palain, dont les travaux interrogent sans relâche les racines de la violence masculine. Auteur du podcast Des hommes violents sur France Culture, de l’essai Nos pères, nos frères, nos amis ou encore du roman Les hommes manquent de courage, il poursuit ici un engagement au long cours.

    Ensemble, ils ont coordonné une œuvre graphique ambitieuse : 23 dessinateurs et 12 experts ont prêté leur plume et leur regard pour découper ce procès en trente séquences. Chaque chapitre mêle récit, portraits et pages documentaires, pour dénoncer la culture du viol et éclairer le travail de la justice.

    Mais cette sortie s’est accompagnée d’un épisode douloureux. Le lendemain de la publication de Notre affaire, l’illustratrice Flore Baudry a pris la parole publiquement pour accuser l’un des dessinateurs participants, Hippolyte, de violences graves commises à l’époque de leur relation. L’éditeur, ainsi que les coordinateurs et l’ensemble des auteurs, ont affirmé n’avoir jamais eu connaissance de ces accusations. Dans un communiqué, les éditions L’Iconoclaste ont dit leur désarroi : « Nous sommes rattrapés par notre sujet. » Une polémique qui a profondément marqué l’équipe éditoriale.

    Malgré cette controverse, la table ronde organisée par la librairie L’Eau Vive entend replacer le livre dans sa fonction première : restituer une affaire judiciaire qui a bouleversé l’opinion et poser les jalons d’un débat citoyen. L’animation de la soirée sera assurée par Marine Del Rio, professeure d’Histoire-Géographie et référente égalité filles-garçons au sein de l’Éducation nationale. L’événement arrive à un moment où la justice continue de s’écrire. Le procès en appel rappelle que, au-delà d’un verdict historique, les questions soulevées restent brûlantes : comment entendre la parole des victimes, comment juger équitablement, comment prévenir la répétition de tels crimes ?

    Pour les organisateurs comme pour les auteurs, Notre affaire n’est pas seulement un livre, mais un outil. Un outil pour dire, pour transmettre et pour comprendre. Comme le rappelle l’esprit du projet, cette histoire n’appartient pas qu’à une victime ou à un prétoire. Elle interroge l’ensemble de la société. En ce sens, « ce n’est pas seulement son affaire, c’est la nôtre ».

    Entrée libre, dans la limite des places disponibles.

  • « Assumez votre acte », lance Gisèle Pelicot à l’accusé

    « Assumez votre acte », lance Gisèle Pelicot à l’accusé

    Depuis un an et le verdict d’Avignon où 51 hommes, dont son ex-mari, avaient été condamnés, celle qui est devenue un symbole des violences sexuelles faites aux femmes n’avait plus pris la parole. Depuis lundi, ses entrées et sorties de la cour d’assises d’appel du Gard, à Nîmes, sont couvertes d’applaudissements.

    Chemisier blanc, gilet noir et blanc, Gisèle Pelicot, bien droite, la parole posée et affirmée, commence : « j’ai le sentiment d’être allée au bout de cette épreuve qui a duré cinq ans, je souhaite ne jamais retourner dans un tribunal de ma vie. » Elle ajoute : « Bien évidemment, monsieur Pelicot est responsable de ma souffrance, mais monsieur Dogan et les 50 autres aussi. La seule victime, c’est moi ! En aucun cas vous n’êtes victime de monsieur Pelicot, assumez votre acte, j’ai honte pour vous ! »

    Depuis lundi, Husamettin Dogan, le seul à avoir fait appel de sa condamnation en première instance à neuf ans de prison, continue de nier toute intention de violer Gisèle Pelicot. Même après la diffusion, mercredi, d’une douzaine de courtes vidéos tournées par Dominique Pelicot ce 28 juin 2019, où l’accusé s’est rendu à leur domicile de Mazan.

    L’accusé a fermement maintenu : « J’ai fait un acte sexuel, j’ai jamais violé personne », « c’est lui le manipulateur, pas moi. C’est lui qui m’a attiré là-bas », disant avoir été « sous l’emprise » de Dominique Pelicot. Mais pour Gisèle Pelicot : « Toute sa vie, il sera violeur » et il n’a ni fait demi-tour ni dénoncé la situation.

    Ce second procès touche à sa fin. Les plaidoiries des avocats de la défense sont attendues ce jeudi, avant le verdict.

  • Le chef d’enquête et Dominique Pelicot accablent l’accusé

    Le chef d’enquête et Dominique Pelicot accablent l’accusé

    « Je n’ai aucun doute du fait qu’il ait eu pleinement conscience de l’état de la victime », sédatée préalablement par son ex-mari Dominique Pelicot, a estimé le commissaire divisionnaire Jérémie Bosse-Platière, au deuxième jour du procès devant la cour d’assises d’appel du Gard.

    « Toute personne qui voit les vidéos le comprend immédiatement », a-t-il ajouté, alors que les deux versions opposées de l’accusé et du « chef d’orchestre » de ce dossier se confrontent. D’un côté, Husamettin Dogan, seul des 51 hommes jugés en première instance en 2024 à avoir fait appel de sa condamnation à neuf ans de prison, qui ne cesse de répéter qu’il a été « piégé » par le « manipulateur » Dominique Pelicot. De l’autre, l’ex-mari de Gisèle Pelicot, 72 ans, qui « reste sur son positionnement selon lequel il ne l’a pas manipulé et qu’il est venu en connaissance de cause », selon son avocate, Béatrice Zavarro.

    Dominique Pelicot persiste

    Lors du procès de première instance à Avignon, Dominique Pelicot avait lancé : « Je suis un violeur et tous les hommes dans cette salle sont des violeurs. » Cette fois, il est entendu comme simple témoin, n’ayant pas fait appel de sa peine de 20 ans de prison.

    Cette « étiquette de violeur », Husamettin Dogan la trouve trop lourde à porter. « Je suis là car je n’ai jamais voulu violer cette dame que je respecte », a-t-il déclaré devant la cour. L’accusé assure avoir cru participer au jeu consenti d’un couple libertin et affirme n’avoir « jamais su qu’elle était droguée », que son mari ne lui a « jamais dit ça ».

    Dominique Pelicot a affirmé, mardi, que l’accusé savait qu’il cherchait une personne « pour abuser de (son) épouse (Gisèle) endormie à son insu » par les médicaments qu’il lui administrait. Comme aux autres accusés du procès, il a indiqué avoir publié sur le site Coco.fr, à Husamettin Dogan, le message « je cherche une personne pour abuser de mon épouse endormie à son insu ». « Je n’ai jamais forcé qui que ce soit », a poursuivi l’homme de 72 ans, précisant que l’accusé lui avait même demandé de soulever la jambe de son épouse « endormie » pour « l’aider à la pénétrer sur le côté », le tout « à son insu ».

    Entre 2011 et 2020, Dominique Pelicot a reconnu avoir régulièrement drogué Gisèle Pelicot avant de la violer et la faire violer par des inconnus recrutés sur internet.

  • Quand des vies simples deviennent poétiques

    Quand des vies simples deviennent poétiques

    « J’ai versé ma larme », confie Raymonde, 85 ans, en découvrant sa vie racontée par un autre. Ce mardi 16 septembre, l’association la Table ouverte recevait habitants, bénévoles et curieux pour présenter Raconte-moi ton histoire, un ouvrage écrit par Denis Lanoy, directeur de la Maison théâtre des littératures à voix haute.

    Fruit de huit rencontres, ce recueil rassemble neuf dialogues, retranscrits au plus près de l’oralité. Des existences parfois minuscules en apparence, mais qui, à travers les mots, révèlent une richesse insoupçonnée. Sous les voûtes du train, au cœur des nouveaux lieux d’entraide créés par la Table ouverte – épicerie sociale, friperie, ressourcerie – les participants ont écouté l’auteur lire des extraits. « C’est dans les interstices et les silences de nos rencontres que naît la poésie », sourit Denis Lanoy, qui dit avoir voulu restituer la force brute de l’oral.

    « On s’est parfois raconté des choses qu’on ne se serait pas dites sinon », observe Pietro Truddaiu, président de l’association. Lui-même a dialogué avec Lou, un jeune handballeur : « Je n’avais jamais vu de match, depuis, je suis allé trois fois voir l’Usam », plaisante-t-il. Une rencontre féconde : le club nîmois s’est engagé à soutenir Table ouverte en organisant des collectes. Mais au-delà de cette belle complicité, le livre témoigne d’un projet
    qui mobilise largement. Institutions, associations et habitants ont uni leurs forces pour le rendre possible : la CAF a apporté son soutien, tandis que la Politique de la ville, à travers la Ville, le Département et l’État, a contribué à son financement.

    À travers ce livre, l’association poursuit son travail d’ouverture, de lutte contre l’isolement et de création de passerelles. « L’homme ne se nourrit pas que de pain », insiste Pietro Truddaiu, rappelant que ce projet s’inscrit dans une dynamique culturelle plus large : spectacles, cinéma de plein air, expositions, sorties collectives… « On veut aider à sortir de ces journées grises qui parfois se résument à se nourrir, le loyer, le chômage. » Deux lectures publiques ont déjà permis à d’autres de découvrir l’ouvrage à la Maison théâtre des littératures à voix haute. D’autres sont prévues en décembre, dans le quartier Richelieu.

    * L’ouvrage est disponible à l’association, Arche n°3 du boulevard Talabot (éditions Sansouire, 5 euros)

  • Nîmes. 3 000 manifestants pour maintenir la pression sur le budget

    Nîmes. 3 000 manifestants pour maintenir la pression sur le budget

    À 15 heures précises, le cortège nîmois s’est ébranlé des Jardins de la Fontaine. Derrière les banderoles de l’intersyndicale, la foule s’est dirigée en direction de la Maison Carrée, en passant par le centre-ville, ce jeudi 2 octobre. « Le monde du travail a assez souffert », a lancé d’entrée Thierry Biville, secrétaire départemental FO, donnant le ton de cette journée : « Aucune de nos demandes n’a été satisfaite au cours des dernières semaines. Alors nous recommencerons, autant de fois que nécessaire. La justice sociale, fiscale et environnementale ne peuvent plus attendre un budget qui ne vient pas. »

    Comme le 18 septembre, la manifestation a réuni des enseignants, des agents hospitaliers, des retraités, mais avec une affluence en léger retrait : 3 000 participants selon les syndicats, 1 000 selon la préfecture. Le cortège a marqué une halte symbolique devant la préfecture du Gard à 16h30, avant de se disperser sur l’avenue Feuchères. Cette fois, les slogans ont visé un nouveau responsable politique : Sébastien Lecornu, fraîchement nommé Premier ministre, a supplanté François Bayrou dans la bouche des manifestants. Il faut dire que l’impatience se fait attendre. Rencontré le matin même par les syndicats, « M. Lecornu nous a annoncés ce matin ne pas pouvoir agir faute de budget. Nous le pouvons, nous, en maintenant la mobilisation », avait annoncé d’entrée Thierry Biville. La reconduite dans le cortège de la banderole piquante qui avait marqué les esprits le 18 septembre, sur laquelle était inscrit « Lecornu entre dans l’arène, vivement la feria », témoigne de cette pression maintenue sur le nouveau numéro 2 de l’État. Emmanuel Macron et Bruno Retailleau sont restés, eux, les autres cibles habituelles.

    « Le moment ou jamais »

    Dans les rangs, l’ambiance oscillait entre fatigue et détermination. « Il faut maintenir la pression mais c’est dur, les citoyens s’épuisent », reconnaît Melissa Gil, présidente gardoise de la CFE-CGC. Marie Dufresne, secrétaire générale de l’UD CGT 30, reste quant à elle convaincue que « c’est le moment ou jamais d’agir. Nous en avons encore dans le ventre. Il faut profiter de ce moment propice où le budget est encore en construction pour que l’espoir que nous portons ait une portée réelle, pas seulement symbolique. » Elle rappelle que la question budgétaire n’est pas l’unique moteur de la mobilisation syndicale : l’abrogation de la réforme des retraites demeure également centrale. Elle dit également la CGT prête à reconduire une nouvelle fois la mobilisation « tant qu’un nouveau budget décent et juste ne sera pas proposé et appliqué. »

    Si la mobilisation reste syndicale, les partis de gauche, notamment le PCF, avaient relayé l’appel et étaient largement présents sur place. Dans un communiqué, les communistes dénonçaient un budget « austéritaire » et rappelaient que « le problème, ce n’est pas la dette, mais le coût du capital », qui fait écho à leur « pacte d’avenir pour la France » axé sur l’investissement public, l’emploi et la transition écologique. À la veille d’un automne social qui s’annonce tendu, syndicats et partis de gauche entendent maintenir une dynamique commune. La prochaine étape pourrait être annoncée dès la semaine prochaine.

    « Il faut profiter de ce moment propice où le budget est encore en construction pour agir. »

  • Où manifester jeudi 2 octobre dans le Gard et l’Hérault ?

    Où manifester jeudi 2 octobre dans le Gard et l’Hérault ?

    Pas moins de 12 rassemblements ou manifestations sont au programme de la deuxième journée de grèves et mobilisations dans le Gard et l’Hérault, jeudi 2 octobre.

    A l’appel des 8 formations qui composent l’intersyndicale, 5 cortèges sont prévus dans le Gard. Dès 10h à Alès (sous-préfecture), Bagnols-sur-Cèze (monument aux morts), et Uzès (mairie). La manifestation de Nîmes s’élancera à 14h30 du quai de la Fontaine. Enfin, Le Vigan donne rendez-vous à 18h (sous-préfecture).

    Dans l’Hérault, 7 mobilisations sont prévues. Trois à l’appel de l’intersyndicale à 10h30 à Montpellier (place Albert 1er), Sète (bourse du travail) et Béziers (place de la mairie). Quatre autres rassemblements sont prévus à l’appel de la CGT à 10h30 à Bédarieux (maison des syndicats), à 11h à Lodève (sous-préfecture) et enfin à 11h30 à Ganges (mairie) et Lunel (place de la République).

    Dans l’Hérault, Stéphane Audebeau (FSU 34) appelle à « continuer à mettre la pression au gouvernement pour faire valoir les intérêts du monde du travail : salariés, fonctionnaires, retraités et demandeurs d’emplois ». Lesquels seront, avec les services publics, « les premiers touchés par la politique d’austérité » à venir. « Nous réclamons plus de justice fiscale et sociale », insiste l’enseignant qui déplore le manque de profs et d’AESH.

    A la CGT 34, Sébastien Boudesocque rappelle que 1,1 million de personnes (près de 40 000 dans le Gard et l’Hérault) ont défilé lors du premier round intersyndical le 18 septembre. Face à la « langue de bois » du Premier ministre qui n’a eu que faire de « l’ultimatum », le secrétaire départemental de la CGT 34 rappelle que d’autres choix existent. Le cégétiste souhaite mettre à contribution les grandes fortunes et les grosses entreprises. « La France est championne d’Europe du versement des dividendes et dans le top 5 mondial pour le nombre de milliardaires ». Il rappelle que les 35 heures ont créé 350 000 emplois et le CICE seulement 100 000. « La théorie du ruissellement ne fonctionne pas. L’Espagne a fait d’autres choix en taxant les capitaux des banques », illustre-t-il.

    A la CFE-CGC 34, on alerte sur « la souffrance au travail », les cas de « burn-out » et de « dépression » qui se multiplient chez les cadres. Chez l’Unsa 34, Jean-Robert Biggio déplore « qu’aucune mesure de l’intersyndicale n’ait été retenue » par le Premier ministre et « qu’aucune recette fiscale supplémentaire n’ait été trouvée » alors même que 211 milliards d’euros annuels sont octroyés par l’État aux grandes entreprises « sans aucun contrôle ». Quant à la CFDT 34, Glawdys Klapka insiste sur le pouvoir d’achat et « les fins de mois difficiles à boucler » pour bon nombre de salariés.

    Enfin, du côté de FO 34, Franck Mary-Montlaur déplore que la rencontre avec le Premier ministre Sébastien Lecornu n’ait absolument « rien donné ». « Les salariés en ont marre d’attendre », s’agace le responsable héraultais. Il est pour l’heure le seul à émettre des réserves sur la stratégie des journées de mobilisation « saute-moutons ». « Elles coûtent trop cher. Soit on y va pour de bon…»